Appel à contribution – Une histoire comparée de la marginalisation sociale et spatiale des minorités en Europe et en Méditerranée (XVe- XIXe s.)

Rome, 29 août – 1er septembre 2018
Appel à contribution pour la conférence de l’AEHU

Organisation : Luca Andreoni, Michaël Gasperoni, Lucia Masotti Informations et inscription : https://eauh2018.ccmgs.it/

Cette session se propose d’engager une réflexion sur la structure sociale des minorités et sur la relation qu’elles entretiennent avec les espaces urbains où elles habitent, dans une perspective pluridisciplinaire, comparative et de longue durée. Le lien entre minorité, « étrangers » et villes a été au centre d’une série d’études particulièrement fécondes qui, à partir de l’Europe centrale et méridionale, s’est ouverte au versant oriental et méridional du bassin méditerranéen au cours des périodes médiévales et modernes (Bottin, Calabi 1999 ; Kaiser, Moatti 2007 ; Calabi, Christensen 2007 ; González-, Martini, Kaplan 2008 ; Dumons, Hours 2010, Dakhlia, Vincent 2011).

Trois principales lignes de recherche se distinguent de ces recherches. La première insiste sur la question du statut juridique des minorités comme terrain d’enquête des mécanismes d’inclusion ou d’exclusion des villes, à l’intérieur du processus de formation des États modernes (Kirschner, Mayali 2002 ; Sonkajärvi 2008 ; Cerutti 2012, Todeschini 2016). La deuxième se focalise sur la question de la propriété. La focale est ici posée sur les dynamiques dérivant des différentes formes de jouissances des biens immobiliers, sur la relation entre droit et économie et sur les mutations que ces processus produisent au niveau spatial (Barbot 2008 ; Béaur, Schofield, Chevet, Pérez Picazo 2013; Bargaoui, Cerutti et Grangaud 2013; Andreoni 2013; Gasperoni 2015). La troisième approche interroge les évolutions de l’articulation de l’espace urbain avec les espaces de vie des minorités, ainsi que les mécanismes et l’évolution des pratiques d’appropriation de l’espace dans les différentes phases de leur installation (Calabi, Lanaro 1998, Masotti 2004 ; Calafat 2012). Ces trois aspects ne sont évidemment pas dissociés mais étudient trop souvent le lien qui existe entre tissu urbain et minorité à partir d’une conception unitaire et homogène du groupe marginalisé minoritaire. Enfin, les différences existantes d’une cité et/ou d’un groupe minoritaire à l’autre et à l’intérieur même des communautés supposent et génèrent des dynamiques politiques, économiques sociales et spatiales qui restent en grande partie à étudier (Wirth 1928 ; Sebag 1959 et 1991 ; Kriegel 1979 ; Allegra 1996 et 2009; Calabi 1997 ; Bottin-Calabi 1999; Miović 2005 ; Siegmund 2006 ; Raymond 2006 ; Klein 2006).

Tout en gardant à l’esprit que le lien entre marginalisation et protection est souvent étroit et impossible à scinder en deux concepts distincts et séparés à l’époque moderne, ce panel se propose d’élargir horizontalement l’enquête à l’ensemble de la Méditerranée et en particulier à l’Empire ottoman et à l’Afrique du Nord et, verticalement, aux mécanismes de fonctionnement internes des communautés singulières dans le but de relever les modalités d’interaction avec l’espace et ses structures. Les études comparatives et diachroniques concernant tout type de minorités, entendues comme groupe en infériorité numérique (et/ou juridique), sont les bienvenues.

Liste de sujets potentiels se rapportant au thème de la session :

1. La relation que les élites minoritaires entretiennent avec le contexte majoritaire (processus d’imitation, de différentiation, de distinction).
2. Le lien entre espace et société : « concession / négation/négociation » et gestion des espaces entre la société majoritaire et les différentes composantes du groupe minoritaire.
3. La relation entre les choix matrimoniaux et patrimoniaux des minorités et les investissements sur et dans les espaces urbains.
4. La comparaison entre les statuts juridiques qui régulent la propriété et les modalités de la possession des maisons de la part des minorités.
5. Dans quelle mesure et selon quel(s) critère(s) les stratégies d’acquisition du prestige social s’insèrent dans les dynamiques d’acquisition, de modification / amélioration et de vente des immeubles dans les quartiers habités par les minorités.
6. Impact des flux migratoires et des structures démographiques sur les quartiers habités par des minorités, tant du point de vue spatial que social, culturel ou économique.
7. Évolution et mutation des quartiers habités par les populations minoritaires en lien avec le changement économique de ces populations ou du contexte urbain.
Nous favoriserons les approches interdisciplinaires et comparatives entre les différentes modalités et contextes de marginalisation de populations en Europe et en Méditerranée à la lumière du récent renouvellement historiographique et de la réflexion et interprétation géographique, en favorisant une approche globale, interdisciplinaire et de longue durée.

Informations et inscriptions : https://eauh2018.ccmgs.it/

Coordonnées des organisateurs de la session :
Luca Andreoni (historien)
Chercheur indépendant – Email : luca.andreoni20@gmail.com

Michaël Gasperoni (historien)
CNRS – Centre Roland Mousnier (UMR 8596) – Email : michael.gasperoni27@gmail.com

Lucia Masotti (géographe)
Università degli Studi di Verona – Email : lucia.masotti@univr.it

Source : Academia.edu

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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