Publication – Thomas d’Aquin, « Les substances séparées », trad. et commentaire Nicolas Blanc

Le traité Sur les substances séparées, bien que resté inachevé, n’en est pas moins l’un des chefs d’œuvre de Thomas d’Aquin. Dans cet écrit de maturité composé à Paris ou à Naples dans la seconde moitié de 1271, l’auteur aborde les questions de l’origine, de la nature, du statut et du rôle des créatures spirituelles que la tradition biblique, distinguant les bons des mauvais, appelle anges et démons. Adoptant une perspective aussi bien philosophique que théologique, il se confronte tout d’abord aux diverses opinions antiques sur le sujet, depuis les présocratiques jusqu’aux philosophes de langue arabe, en passant par Platon, Aristote, les penseurs médio et néo platoniciens, avant de reprendre dans un deuxième temps les mêmes questionnements à la lumière de la doctrine chrétienne (Bible et Pères de l’Église). Les problèmes, abordés de façon à la fois historique et systématique, couvrent des thématiques d’une grande richesse et complexité, telles l’hylémorphisme universel d’Avicébron et la théorie émanatiste d’Avicenne, la connaissance divine des singuliers ou encore la présence du mal dans les anges. Devant la démultiplication des médiations philosophiquement posées entre Dieu et le monde sublunaire (moteurs célestes, Idées, hénades, âmes des sphères), Thomas d’Aquin cherche à établir le caractère immédiat et universel de la causalité divine créatrice, tout en soulignant la consistance des substances séparées dans leur ordre propre.

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Nicolas Blanc est docteur de l’École Pratique des Hautes Études (Paris) en Philosophie, Textes et Savoirs. Il a soutenu sa thèse sur le De natura hominis de Némésius d’Émèse. Ses recherches portent sur la philosophie antique, la théologie patristique et la métaphysique médiévale.

Informations pratiques :
Thomas d’Aquin, Les substances séparées, trad. et commentaire Nicolas Blanc, Paris, Les Belles Lettres, 2017 (Sagesses médiévales, 18). 150 pages, 13,5 x 21 cm. ISBN : 9782251446882. Prix : 23 euros.

Source : Les Belles Lettres

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