Appel à contribution – Communautés Graphiques – Graphic Communities

English version below

International Medieval Congress – Leeds – 2-5 July 2018

Le groupe de recherche ReScript organise plusieurs sessions au Congrès de Leeds 2018, dont un ensemble de sessions dédiées aux Communautés Graphiques.

Brian Stock proposait le modèle de la « communauté textuelle » pour définir les rapports entre un groupe aux pulsions identitaires fortes et un écrit structurant. Cet écrit ou ces écrits ne construisent pas directement le cadre qui organise ou détermine le groupe social, mais bien la perception que le groupe en a, directement ou par l’intermédiaire des autorités qui s’appuient sur lui.

D’autres modèles d’appropriation de l’écrit, plus larges que le simple « texte à message », peuvent être mobilisés, pour la plupart des groupes. Ils sont plus larges et moins évidents à interpréter, moins directement signifiants. Ils consistent en toute la palette des moyens graphiques dont peut user un groupe à la fois pour s’administrer, se gérer mais aussi communiquer, poser un discours, construire des actions et des interactions avec « l’extérieur », sur un plan très pragmatique. J’étendrai donc le concept de Brian Stock et parlerai de « communauté graphique », dans la ligne de la « culture graphique » définie par Roger Chartier . Une communauté graphique se reconnaît aux outils d’écriture et aux attributs graphiques qu’elle maîtrise et développe : ils lui sont souvent spécifiques, plus ou moins fortement. Ainsi la communauté graphique du monde paroissial, déterminée par les statuts synodaux et toute la déclinaison d’écrits qui en résulte ; ou encore la communauté urbaine liée aux règlements urbains et à la panoplie d’écrits qu’elle génère, jusqu’aux actes d’échevinage bien spécifiques, comme les chirographes. Cette communauté graphique peut se visualiser par des points forts qui la distinguent : Hugues de Saint-Cher fait rédiger ses chartes de légats par des religieux mendiants ou en imitant les modèles diplomatiques des ordres mendiants ; les échevinages du Nord (d’Ypres, de Douai, de Tournai) ou du Brabant (Nivelles) usent du chirographe ; les offices d’écriture du comte d’Artois (et de Thierry d’Hireçon) préfèrent utiliser les rouleaux que les codices pour leur comptabilité – comme ceux du comte de Hainaut, d’ailleurs. Ces pratiques de l’écrit sont aussi fortement oralisées, même si l’oral semble de plus en plus soumis à l’écrit, du moins autour des sources conservées. Cette communauté graphique s’ouvre largement à toutes les formes et pratiques de connaissances de l’écrit et de l’écriture.
Au sein de ces communautés plus ou moins amples, plus ou moins structurées et plus ou moins connotées identitairement, travaillent les uns avec les autres un nombre plus ou moins important d’individualités, des scribes, des rédacteurs, des techniciens, des spécialistes des techniques comptables, gestionnaire, du droit ou de l’ars dictaminis… Chacun a sa propre identité graphique (écriture, styles, formules, types documentaires…), mais celle-ci prend en compte les exigences de l’identité collective.

Ces sessions que nous voudrions consacrer aux « communautés graphiques » sont ouvertes à des communications de tous horizons, liées au monde occidental, mais pas seulement, concernant le bas ou le haut Moyen Âge, les documents ecclésiastiques comme laïques.

Tout chercheur désireux de proposer une communication peut nous écrire, en accompagnant son projet de communication d’un petit curriculum vitae abrégé, ceci avant le 25 septembre 2017.

Contact: Paul Bertrand – paul dot bertrand at uclouvain dot be – @medieviz

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The Research Group ReScript is organizing several sessions of the International Medieval Congress of Leeds, 2018. Among them, some sessions will be dedicated to « Graphic Communities ».

Brian Stock proposed the theoretical concept « textual communities », as an attempt to define the connections between a group with a strongly motivated identity and the writings that structured it. Such writings did not directly construct the framework organising and determining the social group, but they did affect the group’s perception of it either directly or through the authorities that depended on it.

Whilst adhering broadly to this model, we might wish to propose another, which might better capture the complexity of medieval society. Other models of the appropriation of writing, which take account of more than the plain textual message, can be suggested for the majority of groups. Such models are broader and less easy to interpret, being less direct in what they signify. They consist in a whole range of graphic means that can be harnessed by a group not only to administer or manage itself but also communicate, establish discourse, and create actions and interactions with “the outside” on a pragmatic basis. Brian Stock’s “textual community” can be extended to embrace the concept of a “graphic community” with the sort of “graphic culture” that has been defined by Roger Chartier. A graphic community has its own writing attributes and tools that it masters and develops; they are frequently specific to it, and more or less narrowly so. The graphic community of the parish was determined by the synodal statutes and the documentation that flowed from them; the urban graphic community was linked to the municipal regulations and the panoply of writings they generated down to and including highly specific eschevinal acts like chirographs. The graphic community would be distinguishable through its salient features. Hugh of Saint-Cher, for example, had his legate charters written by mendicant brothers or in imitation of the legal models of the mendicant orders; northern eschevins (in Ypres, Douai, and Tournai) or in the Brabant (Nivelles) used chirographs; the writing studios of the count of Artois (and of Thierry d’Hireçon) used rolls rather than codices for their accounting records—just like those of Hainaut, incidentally. Such writing practices also had a highly oralised dimension, even if the oral seems to have been increasingly subjected to the written, as indicated at least by the surviving sources. Graphic communities were able to avail themselves of all the forms and practices, where known, of writing and the written record. Inside these more or less broad, more or less structured communities, with their varying degrees of self-identifying features, a greater or lesser number of persons worked together, each with their own individuality—scribes, drafters, technicians, specialists in accounting techniques, in management, law, and the ars dictaminis (style, the “art of writing”). They each had their own graphic identity (handwriting, styles, formulae, documentary types, and so on), but it every case it had to take into account the exigencies of their community’s collective identity.

This session want to propose papers around that topic, related to early, high as late Middle Ages (and not only western areas), to lay as to religious documents, in order to improve this concept and to define and contextualize it more precisely.

If you want to participate to this session, we propose you to send us a summary of your proposal and a short curriculum vitae, before September 25th.

Contact: Paul Bertrand – paul dot bertrand at uclouvain dot be – @medieviz

Source : LouvanHist

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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