Conférence – François De Vriendt, « Les reliques des saints à Mons sous l’Ancien Régime. Inventaire, signification, stratégies »

Cercle archéologique de Mons
Mercredi 21 mars à 19h
Museum régional des sciences naturelles – Rue des Gaillers, 7 – Mons
Entrée libre

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À Mons, comme dans les anciens Pays-Bas, le culte des reliques fut une composante majeure du système religieux de jadis. De l’an mil à la Révolution française, celles-ci s’accumulent peu à peu dans diverses institutions de la ville. Des châsses de Ste Waudru à l’omoplate de S. Médard, du morceau du tombeau de S. Bernardin de Sienne à la dent de S. Ghislain, des cheveux de Marie-Madeleine à l’une des épines de la couronne du Christ, du corps de Circercule à l’oreille de S. Véron…: des dizaines de reliques liées à une bonne centaine de saints ont été repérées.

À partir des inventaires disponibles (parchemin de 1305, répertoires de Vinchant, de Raisse, Brasseur, etc.), de mentions ponctuelles dans les sources, et des reliquaires encore existants, l’exposé proposera un panorama de l’omniprésence des reliques à Mons, mais aussi de leurs fonctions et de leur instrumentalisation. Dans un monde précaire, ces reliques revêtirent un sens religieux indéniable, mais elles jouèrent aussi un rôle politique ou juridique non négligeable: elles pacifient les conflits, elles entérinent les serments, elles servent aux exorcismes, elles donnent espoir aux malades et, surtout, elles solennisent les liturgies et autres cérémonies.

À quel(le)s saint(e)s ces reliques étaient-elles liées ? Où étaient-elles entreposées ? Perçoit-on entre elles un rapport de concurrence ou de complémentarité ? Si les églises en furent les principales propriétaires, ces reliques se retrouvent dans des strates assez variées de la société, y compris chez les laïcs (aristocrates, confréries, édiles…).

Au-delà de l’inventaire de ces reliques, quelques enseignements historiques inédits se dégagent, comme le rôle du 17e s. dans l’essor de leur vénération, ou la place majeure de certaines reliques (Ste-Croix, 11000 Vierges de Cologne…) dans ce patrimoine sacré. Enfin, ce survol permettra de mettre l’accent sur quelques très belles pièces d’orfèvrerie religieuse, toujours conservées en nos murs.

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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