Appel à contribution – Filmer le Moyen Âge aujourd’hui

« Encore du Moyen Âge, toujours du Moyen Âge ! qui me délivrera du Moyen Âge, ce Moyen Âge qui n’est pas le Moyen Âge ? Moyen Âge de carton et de terre cuite qui n’a du Moyen Âge que le nom- Oh! Les barons de fer, dans leur armure de fer, avec leur cœur de fer, dans leur poitrine de fer! – Oh! les cathédrales avec leurs rosaces toujours épanouies et leur verrières en fleurs, avec leurs dentelles de granit, avec leur trèfles découpés à jour (…) Le Moyen Âge ne répond à rien maintenant, nous voulons autre chose. » — Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin

La filmographie des trois dernières décennies est particulièrement riche d’œuvres qui cherchent à filmer le Moyen Âge, selon plusieurs perspectives. « Filmer le Moyen Âge » au sens large, à travers les films, mais aussi à travers les séries, qui connaissent, actuellement, un succès toujours plus remarquable.

Jamais plus qu’aujourd’hui, les récits attachés à la matière arthurienne n’ont été si nombreux. Ses héros et ses symboles fournissent un réservoir thématique largement exploité par les réalisateurs contemporains. En 2017, Guy Ritchie a réalisé l’énième film sur le roi Arthur, qui s’inscrit dans une lignée bien plus vaste et les films de l’arthuriana autour de la Table Ronde et de ses chevaliers traversent la plupart des traditions cinématographiques occidentales. Plus encore, par sa quête avortée dès l’origine, puisque Chrétien de Troyes n’achèvera pas le Conte du Graal, l’univers arthurien apparaît comme un monde fictionnel dont la sérialité est presque constitutive, se prêtant ainsi aisément au format de la série, que l’on songe à Kaamelott d’Alexandre Astier qui a fait récemment l’objet d’un colloque en Sorbonne.

Plus encore ces dernières années, les légendes s’articulant autour des croisades, des Templiers, des personnages religieux comme Saint François d’Assises (ajouter référence) ou de puissantes figures politiques médiévales sont un imaginaire dans lequel le cinéma et les séries sont venus puiser abondamment.

À mi-chemin d’une époque fantasmée et d’une retranscription historique quoi se voudrait la plus fidèle possible, quelle image de la période médiévale ces films et ces séries donnent-il à voir ?  Comment les réalisateurs contemporains pensent-ils le Moyen Âge ? En sommes-nous toujours réduits à l’image de ces âges sombres, guerriers et sans culture ? On s’interrogera particulièrement sur la place des œuvres littéraires ainsi que des sources historiques et les consultations d’experts dans ces tentatives de « filmer » le Moyen Âge. On se penchera également sur les représentations que l’industrie cinématographique se fait des attentes des spectateurs en se demandant, par exemple si représenter le Moyen Âge implique toujours un glissement vers la fantasy et la mise en scène du bestiaire fantastique.

Les interventions proposées s’intéresseront, entre autres, à ces questionnements, pour voir comment l’imaginaire médiéval s’est re-joué, s’est re-présenté à l’écran. Les propositions de communication porteront sur la représentation de l’époque médiévale et de ses avatars dans les films et les séries de toutes les traditions culturelles des trois dernières décennies.

Cet appel à participation s’adresse à des étudiants, en master ou en thèse. Leurs interventions ne devront pas excéder 20 minutes de paroles après lesquelles 10 minutes seront accordées à d’éventuelles questions.

La journée d’études se tiendra le 2 Juin 2018, à l’École normale supérieure en salle d’Histoire.

Pour participer, vous êtes invités à nous faire parvenir, avant le 25 avril 2018, une  présentation de votre proposition (400 mots maximum), accompagné d’une courte notice biographique, aux adresses suivantes  :

Source : Fabula

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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