Publication – Les matrices de sceaux. Actes de la journée d’études internationale de la Société d’héraldique et de sigillographie

Les matrices de sceaux forment un très abondant corpus qui n’a pas encore été regardé au plus près, ni par les historiens de l’art, ni par les historiens et les archéologues. En France, leur prise en compte n’a pas souvent dépassé le cadre des savantes études sigillographiques. Les raisons de cette méconnaissance reposent sur le fait que les matrices ont longtemps été considérées comme des objets de curiosité conservés dans les cabinets de collectionneurs privés ou les bibliothèques publiques. Par nature, détachées de leur contexte diplomatique, les matrices de sceaux sont des « orphelines de l’histoire », n’offrant pas l’avantage, comme les sceaux de cire, de fournir une datation très précise. Depuis quelques années, d’abord en Italie, puis dans les pays anglo-saxons et en Belgique, de grandes collections ont fait l’objet de publications, d’expositions et de journées d’études.

Avec un certain retard, la France se joint au mouvement avec la parution du catalogue de la collection conservée à la Bibliothèque nationale et bientôt celle tout aussi importante des Archives nationales. La réalisation d’inventaires de collections et la journée d’étude du 14 octobre 2014 témoignent du regain d’intérêt pour les matrices de sceaux. La publication des catalogues permettra bientôt de mieux appréhender cette abondante production, porteuse d’images inédites, et de multiplier les questionnements soulevés par ces productions d’orfèvrerie médiévale notamment autour de la fabrication de ces objets illustrés, de la définition des programmes et de leur mise en oeuvre.

Enfin, la journée d’étude a été l’occasion de réfléchir aux évolutions récentes et au devenir de ces collections, publiques et privées. Alors que durant plusieurs décennies les matrices avaient cessé d’attirer la curiosités des amateurs d’art, ces objets reviennent aujourd’hui en vente publiques, tant dans les salles des ventes que sur Internet alors même que le nombre total des pièces conservées n’a jamais été évalué avec précision et que de nombreux faux, pastiches et copies peuplent les collections.

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Table des matières :

Présentation, par Jean-Luc CHASSEL

UN NOUVEAU CHAMP DE RECHERCHES

Ambre VILAIN – Matrices de sceaux : un nouveau corpus pour des recherches pluridisciplinaires
Clément BLANC-RIEHL – Pour l’histoire des matrices de sceaux : sources documentaires et instruments de recherche

LES COLLECTIONS DE MATRICES : CONSTITUTION, CONSERVATION

John CHERRY – French seal-matrices in the Lorenzani and Rawlinson collections in the Ashmolean Museum, Oxford
Dominique DELGRANGE, Les collections de matrices de sceaux en France
Marc LIBERT, Deux acquisitions récentes des Archives générales du Royaume de Belgique : les matrices du Conseil d’État de Maximilien Emmanuel de Bavière et du souverain bailliage de Namur
Guilhem DORANDEU, À propos de la conservation des matrices de sceaux médiévaux
Dominique DELGRANGE, L’horrible aventure de la matrice de sceau de Raoul de Bocquiaux
Clément BLANC-RIEHL et Dominique DELGRANGE, En mémoire de Gilles Rondel († 2016) : l’homme qui voulait « sauver les meubles »

VRAIES ET FAUSSES MATRICES

Dominique DELGRANGE, Pour une typologie des matrices, d’après les prises et appendices de suspension
Christian de MÉRINDOL, De quelques critères de reconnaissance d’une matrice fausse attribuée à René d’Anjou
Dominique DELGRANGE, Le pedigree de la fausse matrice de sceau de Philippe d’Alsace, comte de Flandre :un bel exemple de forgerie
Clément BLANC-RIEHL, Les matrices des sceaux dites du Concordat de 1516

LA GRAVURE DES MATRICES : ARTISTES ET CLIENTS

Inès VILLELA-PETIT, Orfèvres et graveurs de sceaux
Christophe MANEUVRIER, Des graveurs de sceaux au service de l’affirmation du pouvoir royal. Autour de quelques sceaux de juridiction de Normandie (fin du XIVe-début du XVe siècle)
Markus SPÄTH, Une innovation technologique : les matrices dans le milieu monastique anglais au début du XIIIe siècle

Les auteurs :

Clément Blanc-Riehl, chargé d’études documentaires aux Archives nationales (Paris), responsable des collections sigillographiques.
Jean-Luc Chassel, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre, président de la SFHS.
John Cherry, conservateur honoraire au British Museum.
Dominique Delgrange, secrétaire général de la SFHS.
Guilhem Dorandeu, doctorant, chargé d’enseignement à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Marc Libert, docteur en Histoire, chef de section aux Archives générales du Royaume (Bruxelles).
Christophe Maneuvrier, maître de conférences à l’université Caen-Normandie.
Christian de Mérindol, conservateur honoraire au Musée national des monuments français.
Markus Späth, professeur à l’université Justus-Liebig de Gieβen.
Ambre Vilain, docteur en Histoire de l’art, chargée d’enseignement à l’université de Nantes.
Inès Villela-Petit, archiviste-paléographe, conservateur au département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France.

Informations pratiques :

Les matrices de sceaux. Actes de la journée d’études internationale de la Société d’héraldique et de sigillographie, dans Revue française d’héraldique et de sigillographie, Paris, Le Léopard d’Or, 2018.

Source : Academia.edu

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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