Publication – « Communautés d’habitants au Moyen Âge (XIe-XVe siècles) », dir. Joseph Morsel

La formation des communautés d’habitants (sous une forme villageoise ou urbaine, groupée ou non) est un phénomène clé qui a touché l’ensemble de l’Occident latin à partir du XIe siècle. Son étude a connu une certaine vogue dans le dernier quart du XXe siècle, dans divers pays d’Europe, où l’on s’est toutefois appuyé sur des présupposés notionnels et méthodologiques très variables qui ont abouti à des résultats intéressants mais peu articulés.

Le travail collectif mené dans le cadre du LaMOP (Paris 1) a visé à dépasser l’hétérogénéité des points de vue, à l’aide d’hypothèses de travail spécifiques. En particulier, il s’est agi de prendre au sérieux le fait social qu’est « l’habiter », impliquant entre autres que la cohésion des communautés reposait moins sur des rapports de parenté que sur l’idée d’appartenance commune à un lieu. Cet attachement se fondait quant à lui sur la définition d’un certain nombre de ressources réservées et liées à l’habitat lui-même, d’une part, et sur la définition de pôles d’attraction durable et eux aussi monopolistiques : les églises paroissiales et leur cimetière. Avec ces deux référents que sont l’habitat et la paroisse, le statut dépendant des tenanciers paysans passe à l’arrière-plan : les agriculteurs dépendants ne sont donc plus pensés par rapport à leurs seigneurs mais par rapport à leur lieu de résidence et de culte. Les dépendants sont ainsi transformés en habitants, et les communautés d’habitants peuvent donc être considérées comme des formes d’enchantement, de la domination sociale, contribuant ainsi à la reproduction à long terme du système seigneurial.

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Table des matières :

Communautés d’habitants médiévales. Position des problèmes et perspectives – Joseph Morsel

PREMIÈRE PARTIE. L’HABITER

Chapitre 1 — De la demeure à l’habiter ? Remarques à propos de l’hypothèse d’une spatialisation du social au Moyen Âge (1035 ; 893/1222) – Ludolf Kuchenbuch
Chapitre 2 — La spatio-temporalisation scripturaire à Paris. Changement social et langue des actes aux XIIe-XIIIe siècles – Hélène Noizet
Chapitre 3 — Le statut de l’habitator dans les communautés mauriennaises au XIVe siècle – Michael H. Gelting

DEUXIÈME PARTIE. APPROPRIER LES RESSOURCES

Chapitre 4 — La question des communautés d’habitants en pays d’habitat dispersé. Un exemple rouergat, XIVe-XVe siècle – Juliette Dumasy-Rabineau
Chapitre 5 — Communauté, terroir et champs. Répartir les ressources des champs au Moyen Âge – Samuel Leturcq
Chapitre 6 — Les communautés d’habitants de Belpech, Molandier et Mazères au XIIIe siècle – Roland Viader
Chapitre 7 — L’envers d’un document. La charte de franchise de Montepinzutolo (1240) – Emmanuel Huertas

TROISIÈME PARTIE. ARTICULER COMMUNAUTÉS ET PAROISSES

Chapitre 8 — La faucille ou le goupillon ? Observations sur les rapports entre communauté d’habitants et paroisse en Europe du Nord-Ouest (notamment en France aux XIIe-XIIIe siècles) – Joseph Morsel
Chapitre 9 — Paroisse et communauté. Un lieu incertain dans les monts Dôme (Auvergne) : La Moréno – Emmanuel Grélois
Chapitre 10 — La faucille et le goupillon. Observations sur les rapports entre communauté d’habitants et paroisse d’après les registres de visite pastorale de l’Empire au XVe siècle – Joseph Morsel

Postface — Les communautés d’habitants médiévales, ou la spatialisation autonome comme domination – Julien Demade

Présentation des auteurs
Index des noms de lieux
Table des tableaux, planches, graphiques et cartes

Informations pratiques :

Joseph Morsel (dir.), Communautés d’habitants au Moyen Âge (XIe-XVe siècles), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018. 584 pages, 16 x 24 cm. ISBN : 979-10-351-0086-5. Prix : 37 euros.

Source : Éditions de la Sorbonne

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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