Journée d’étude – Dictionnaires de l’hébreu biblique au Moyen Âge et à la Renaissance

Au XVIe siècle, la place de l’hébreu et l’interprétation de la Bible furent au coeur d’intenses débats religieux. Parmi les manuels utilisés par les hébraïsants chrétiens qui souhaitaient apprendre la langue hébraïque, le Sefer ha-Shorashim ou Livre des racines (Narbonne, 1210) de David Qimḥi occupa une place de choix. L’objectif de son auteur était de permettre à un large public, et non aux seuls érudits, d’accéder à l’étude de la langue hébraïque et de surmonter les difficultés liées à la compréhension du texte biblique. De fait, ce dictionnaire devint un outil essentiel pour les savants humanistes et les kabbalistes chrétiens, et ce jusqu’au XIXe siècle.

Cette journée d’étude du mardi 26 février sera d’abord consacrée à la place du Sefer ha-Shorashim dans la tradition lexicographique de l’hébreu. Cette dernière a connu, au Moyen Âge, un développement important, non seulement parce qu’elle contribuait à la préservation de la langue de la Bible, mais aussi parce que de nombreuses autres disciplines en dépendaient. Bien que revêtant des formes assez comparables, les dictionnaires reflètent souvent une approche personnelle de la langue. Ibn Kaspi reprochait à David Qimḥi d’ignorer la dimension philosophique que reflètent les racines hébraïques et les schèmes dérivationnels. Gilles de Viterbe, quant à lui, recherchait, au-delà des mots et du texte biblique, des significations cachées et des interprétations kabbalistiques. Une seconde session sera dédiée aux manuscrits du Sefer ha-Shorashim, à ses traductions et à ses adaptations latines. L’étude des premiers dictionnaires hébreu-latin à la Renaissance permettra de montrer le conservatisme des lexiques et de s’interroger sur les sources de ces ouvrages. L’analyse et la comparaison des deux manuscrits de Gilles de Viterbe qui nous sont parvenus semblent attester l’existence d’au moins une copie antérieure. Enfin, seront évoqués les premiers résultats du relevé des variantes dans le texte hébreu, avant la présentation de l’environnement XMLMindXML Editor, adapté au projet Racines.

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Programme :

9h – Accueil François Bougard (IRHT-CNRS)
9h15 – Présentation du projet RACINES, Judith Kogel (IRHT-CNRS )

Traditions lexicographiques de l’hébreu, aspects généraux

9h30 – The Hebrew and Judeo-Arabic Lexicographical tradition in al-Andalus (10th-12th centuries), José Martínez Delgado (Campus Universitario de Cartuja, Grenade)
10h – David Qimḥi as perceived by Joseph Ibn Kaspi and Efodi, Cyril Aslanov (AMU/CNRS /IUF, The Academy of the Hebrew Language)
10h30 – À la recherche de la langue parfaite : Gilles de Viterbe, traducteur et lexicographe, Emma Abate (IRHT-CNRS , Paris)

Pause

Transmissions des savoirs lexicographiques, au Moyen Âge et à la Renaissance

11h30 – The Beginning of Hebrew Latin Lexicography in the Renaissance : towards a collective lexicon of the Hebrew language in Latin, Saverio Campanini (Université de Bologne)
12h – Quelques remarques sur les traductions de Gilles de Viterbe, Giacomo Corazzol (IRHT , Projet Racines)
12h30 – Reading, Detecting, and Encoding Manuscript Variants. Sefer ha-Shorashim and Its Challenges, Martina Mampieri (Harvard, Rothschild Foundation Europe, Projet Racines)

Pause déjeuner

Aspects pratiques du projet

14h – Présentation de l’édition électronique, Emmanuelle Khury (IRHT-CNRS , Orléans)
14h30 – Le carnet hypothèses : Liber radicum, Sefer ha-shorashim, Karima Pedemas (IRHT-CNRS , Orléans)
15h – Table ronde / objectifs du projet / calendrier / blog

Informations pratiques :

Institut de recherche et d’histoire des textes
Site Iéna, Salle Jeanne-Vielliard
40 avenue d’Iéna, 75116 Paris

L’accès est libre dans la limite des places disponibles. Merci de signaler votre présence à Judith Kogel : judith.kogel@irht.cnrs.fr

Source : IRHT

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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