Exposition – Mystérieux coffrets. Estampes au temps de la Dame à la licorne

Musée de Cluny – Paris
18 septembre 2019 – 6 janvier 2020

Le musée de Cluny, musée national du Moyen Âge, poursuit son cycle d’expositions autour de sa tenture iconique, après un volet consacré à la licorne et un deuxième consacré aux cinq sens.

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Du 18 septembre 2019 au 6 janvier 2020, l’exposition «Mystérieux coffrets. Estampes au temps de la Dame à la licorne» vous entraîne sur la piste de Jean d’Ypres, le peintre qui a réalisé les dessins préparatoires de la célèbre tenture et d’après lequel de nombreuses estampes, qui ornent pour certaines d’étranges coffrets, ont été gravées.

Jean d’Ypres est un artiste majeur de la fin du XVe siècle. Les estampes, tapisseries et vitraux réalisés d’après ses dessins comptent parmi les chefs-d’œuvre des dernières décennies du Moyen Âge.

Les estampes gravées d’après ses compositions – comme le saint Sébastien collée dans un coffret acquis par le musée de Cluny en 2007 – révèlent un style aux détails minutieux, faisant la synthèse entre le réalisme des peintres flamands et l’art parisien. C’est également Jean d’Ypres qui a dessiné les modèles des vitraux de la chapelle de l’hôtel parisien des abbés de Cluny, actuel musée de Cluny. L’un des rares vestiges de cet ambitieux cycle vitré, le Portement de Croix, est présenté dans l’exposition non loin des tapisseries de la Dame à la licorne.

Le style de Jean d’Ypres se diffuse jusqu’au cours du premier quart du XVIe siècle, grâce notamment à l’estampe, technique permettant la reproduction d’une image en de nombreux exemplaires, à partir d’une même matrice. Ces gravures pouvaient être imprimées seules, en feuilles, ou à l’intérieur de livres imprimés, comme illustrations.

Un grand nombre d’estampes gravées d’après Jean d’Ypres ont été découvertes collées à l’intérieur de coffrets, que l’on nomme à juste titre « coffrets à estampe ». Ces petits meubles sont constitués de hêtre, un matériau à la fois léger et solide, couverts de cuir et bardés de fer. Ils sont tous pourvus d’une serrure à mécanisme secret, et certains étaient dotés d’une logette secrète ménagée puis scellée dans leur couvercle, indécelable pour l’œil non averti et qui renfermait sans doute un bien prisé de très petite taille.

Ces images, coloriées à l’aide de pochoirs, constituent parfois des séries thématiques, comme celle, partiellement conservée, autour du miracle de Notre-Dame-de-Lorette ou celle, plus ambitieuse, de la Passion du Christ. Elles sont, en feuilles isolées, malheureusement très fragiles et le peu qui ont traversé les siècles sont celles qui étaient collées dans ces coffrets qui les ont protégées des aléas du temps. Leur contenu religieux, allié à l’élément caché dans la logette, fait de l’ensemble coffret et estampe un objet mystérieux, qui devait jouer un rôle dans la dévotion à Paris et en France autour de 1500.

Moins de 140 «coffrets à estampe» ont été identifiés à travers le monde. L’exposition «Mystérieux coffrets. Estampes au temps de la Dame à la licorne» présente pour la première fois près d’un quart d’entre eux.

Grâce à de nombreux prêts et au concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France, cette exposition rassemble une centaine de pièces, estampes, coffrets, livres imprimés, tapisseries, vitraux, dessins évoquant le style de Jean d’Ypres, et propose des pistes de réflexion sur les usages possibles qu’un tel objet, mariage de petit mobilier et d’image gravée, pouvait avoir.

Le commissariat en est assuré par Michel Huynh (conservateur général, musée de Cluny), Séverine Lepape (conservatrice responsable de la collection Edmond de Rothschild, musée du Louvre) et Caroline Vrand (conservatrice chargée des estampes des XVe et XVIe siècles, Bibliothèque nationale de France).

Source : Musée de Cluny

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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