Exposition – Quand les artistes dessinaient les cartes. Vues et figures de l’espace français, Moyen Âge et Renaissance

Exposition du 25 septembre 2019 au 6 janvier 2020
Archives nationales site de Paris – Hôtel Soubise

L’exposition Quand les artistes dessinaient les cartes, Vues et figures de l’espace français, Moyen-âge et Renaissance met en valeur le corpus méconnu des « vues figurées » qui apparaissent au tournant du Moyen Âge et de l’époque moderne (XIVe-XVIe siècle). Il s’agit de représentations de territoires de dimension restreinte (terroir, ville, seigneurie, petit comté), qui montrent les lieux comme si le spectateur les avait sous les yeux. Le dessin vise alors à identifier des lieux et à se repérer dans l’espace. en dehors souvent des techniques de projection savante de l’espace alors en cours de redécouverte.

Beaucoup de ces « figures » ont été faites par des peintres, parfois parmi les plus renommés de leur époque (Jean Cousin, Bernard Palissy, Nicolas Dipre…). Elles se trouvent ainsi au confluent de l’art et de la cartographie. Exposées pour la plupart pour la première fois au grand public, elles offrent un éclairage exceptionnel sur les paysages et les décors de la vie quotidienne au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance.

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Survoler ou parcourir les villes et campagnes de France du Moyen Âge et de la Renaissance ? Découvrir une autre cartographie, aux confins du relevé, de l’observation et de l’art ? C’est à cela qu’invite l’exposition « Quand les artistes dessinaient les cartes. Vues et figures de l’espace français, Moyen Âge et Renaissance ».

Les dépôts d’archives et les bibliothèques conservent un grand nombre de cartes, plans et vues de territoires pour l’ensemble de la France réalisés entre 1300 et 1600, qui donnent à voir, littéralement, les paysages de la France de cette époque. L’exposition en présentera les plus beaux exemples connus.

Ces « figures » (comme on les appelait à l’époque) sont spectaculaires : manuscrites, peintes sur du parchemin, parfois de très grand format (certaines font plus de 5 mètres de long), elles sont finement dessinées, joliment colorées, abondamment annotées, indéniablement pittoresques. Elles sont aussi très variées. De fait, la plupart ont été faites par des artistes, parfois parmi les plus renommés de leur époque : Léonard de Vinci, Bernard Palissy, Jean Cousin… Précédant la mise au point des normes et outils cartographiques « modernes », les auteurs ont usé de procédés originaux pour restituer l’espace : relevé empirique et observation du terrain depuis un point élevé (clocher, éminence), représentation des lieux en plan ou en perspective, par vue panoramique, aérienne ou plongeante. Elles se trouvent ainsi au confluent de l’art et de la cartographie dont l’évolution, à la même période, vers la construction mathématique et le support imprimé sera aussi évoquée.

Assez curieusement, aucune de ces cartes n’était faite pour montrer le chemin d’un lieu à un autre ou pour guider le voyageur. Faites à la demande de commanditaires prestigieux (rois, princes, abbayes, villes), elles étaient liées à des pratiques de gouvernement. Elles délimitaient une frontière ou des droits, aidaient à trancher des procès, illustraient des travaux d’aménagement, appuyaient des opérations militaires, décrivaient des événements historiques, cataloguaient des possessions ou célébraient l’identité d’un lieu ou d’un territoire. Ces usages expliquent le souci d’exactitude et de véracité du dessin, mais aussi parfois certaines déformations ou occultations de la réalité.

A l’heure du GPS, de Google View et Google Earth, qui remettent d’actualité l’ambition d’embrasser par le regard un large espace à l’aide d’une image le reproduisant, ces cartes « au vrai » ne laissent pas de nous surprendre et de nous faire réfléchir sur notre rapport à l’espace et sa retranscription. A travers cette exposition, les Archives nationales ont pour ambition de porter à la connaissance de tous ces documents méconnus, et dont la plupart seront présentés pour la première fois au public.

Une centaine de cartes sont exposées. La plupart sont des œuvres manuscrites de grande dimension. Un certain nombre sont contenues dans des manuscrits enluminés, quelques autres sont imprimées. Des documents d’archives éclairant leur confection, ainsi que des livres de référence pour les peintres et les cartographes de l’époque sont également présentés.

L’exposition présente 97 cartes originales dont :
– 89 manuscrites
– 10 de très grand format (supérieur à 2 mètres)
– 65 de grand format (supérieur à 70 cm)
– 46 jamais exposées (hors expositions dans le lieu de conservation)
– 28 inédites (au sens de non publiées ou publiées de façon confidentielle)
– 1 maquette de reconstitution de l’îlot Saint-Croix sur l’île de la Cité à Paris, à partir de la figure datée des environs de 1499
– 6 animations audiovisuelles

Commissariat de l’exposition

– Juliette Dumasy-Rabineau, maîtresse de conférences en histoire médiévale à l’Université d’Orléans, est l’initiatrice du projet. Depuis plusieurs années, ses recherches portent sur les cartes locales françaises et sur leur place dans l’histoire des pratiques de gouvernement et l’histoire des représentations. En plus de sa thèse (Le feu et le lieu. La baronnie de Sévérac-le-Château à la fin du Moyen Âge, Paris, CTHS, 2011), elle a publié plusieurs articles sur ce thème.

– Nadine Gastaldi, conservatrice générale du patrimoine, archiviste-paloégraphe a accompli toute sa carrière aux Archives nationales. Après quatre années à la Section des Archives privées, elle a rejoint en 1992 la Section moderne (puis Section du XIXe siècle) où elle a eu en charge le fonds des Cultes et des fonds de Beaux-arts (architecture et arts plastiques). Elle a publié de nombreux articles sur les sources et l’histoire institutionnelle dans ces deux domaines. Depuis 2011, elle est responsable de la mission Cartes et plans

– Camille Serchuk est professeur de l’Histoire de l’art à Southern Connecticut State University à New Haven, dans l’état de Connecticut, aux Etats-Unis. Diplômée en l’histoire de l’art médiéval de l’université de Yale (Ph. D.) elle a, depuis plusieurs années, travaillé sur l’importance des peintres et de leur formation pour la cartographie locale, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance.

– Un commissaire associé en charge des animations numériques / audiovisuelles
Gaël Lebreton est commissaire associé de l’exposition, en charge des animations numériques / audiovisuelles de l’exposition. Il est ingénieur, chercheur associé au laboratoire Framespa (UMR 5136 Université de Toulouse / CNRS). Il s’intéresse particulièrement à décrire la façon dont l’objectivité cartographique est influencée par les motivations subjectives des cartographes et des commanditaires. Il a publié son travail sur la figure de Castelferrus de 1525 dans la revue du Midi Médiéval (En pleine figure !, Tome 34 – 2016).

INFORMATIONS PRATIQUES

Site de Paris
Archives nationales – Hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
Métro : Saint-Paul, Hôtel de Ville et Rambuteau
Horaires et tarifs
Du lundi au vendredi de 10h00 à 17h30
Samedi et dimanche de 14h00 à 17h30
Fermé le mardi
Plein tarif : 8 €, tarif réduit : 5 €

Graphisme : Costanza Matteucci

Source : Archives Nationales

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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