Appel à contribution – Archaeologia Medievalis, 43 : Feu !

Namur (Moulins de Beez) : 12-13/03/2020
Feu !

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Après le thème de l’Eau, pourquoi ne pas aborder le thème du Feu ?

Au Moyen Âge, le feu maîtrisé a désigné le foyer dont ce fut l’unité de recensement par métonymie de l’habitation familiale. Cela signifie que cette source de chaleur s’immobilisa à l’intérieur de l’habitation au point de s’identifier à cette dernière. La structure même du foyer a pris en français le nom d’âtre, un mot qui a la même origine qu’astre, étoile. Et c’est bien de la lumière du feu dont il s’agit, qu’elle soit entretenue à l’intérieur de la maison ou dans le ciel de la nuit. Le conduit de cheminée fait son apparition au Moyen âge puisqu’il était absent de l’habitation romaine. En effet, en dehors des salles chauffées par hypocauste, avant tout réservées aux installations de bains, la source de chaleur dans la maison antique était déplaçable, portative. La maison du premier Moyen Âge a longtemps prolongé les modes rudimentaires ancestraux d’un foyer au sol et de la simple ouverture dans la toiture. Puis, la résidence aristocratique, religieuse ou profane, va se construire autour de cette innovation technique, que la cheminée soit centrale ou rejetée sur un mur, d’abord sous forme de simple percement avant le véritable conduit de cheminée élevé jusqu’au faîte. Le célèbre Plan de Saint-Gall en témoigne. La cheminée est à la fois source de chaleur et structure de cuisson des aliments. L’âtre se double souvent d’un four ou d’un fourneau-potager dont les traces archéologiques sont rares.

À l’intérieur des grandes églises, le luminaire participe de la liturgie ; on pense aux offices de la Semaine sainte. Des sommes importantes furent dépensées pour l’achat de cire mais la question du chauffage reste mal documentée en dehors des braséros portatifs disposés dans les stalles de chœur et avant les poêles en céramique apparus au XIVe siècle mais surtout propagés au XVIe siècle.

Sous sa forme tragique, dévastatrice, incontrôlable par l’homme, le feu s’est attaqué à un monument phare de l’art gothique ce 15 avril 2019 à Paris. Traumatisme planétaire, enfin relativisons, disons dans la chrétienté. Avec l’incendie de Notre-Dame, on mesure combien les ravages sont grands mais aussi à quel point une destruction « totale » par le feu n’implique pas d’office une reconstruction « totale » ex fundamento.

C’est ce qui explique que les archéologues, guidés par une mention écrite d’incendie, peuvent être amenés sur des fausses pistes. Tant il est vrai que, dans leurs coupes stratigraphiques, les archéologues attendent des couches d’incendie des repères chronologiques utiles.

C’est le risque d’incendie qui va imposer des prescriptions urbanistiques dans les villes : les murs pare-feu à défaut de ruelles, l’interdiction des toits en matière végétale, l’entretien des cheminées, etc.

Le développement des armes à feu à partir du XVe siècle va de pair avec les progrès de la métallurgie. La maîtrise du feu s’est exprimée dans l’artisanat et les productions préindustrielles regroupées sous l’appellation des arts du feu. Pour la terre, selon les stades de cuisson, on parle de petit ou de grand feu pour la faïence. Pour la production du fer, le choix du combustible fut déterminant. Ce fut le cas aussi pour les verreries, souvent éphémères dans nos régions avant la fin du xviiie siècle. Au sein du village, un artisan en particulier maîtrisait le feu : le forgeron dont la place dans la société médiévale a, depuis longtemps, été soulignée.

Ce ne sont là que quelques pistes de sujets pour la journée thématique de notre prochain Archaeologia Mediaevalis.

Informations pratiques :

Si vous désirez présenter une communication concernant vos travaux de l’année 2019 ou sur le thème du feu, nous vous prions de nous renvoyer la fiche jointe en annexe complétée avant le 13 janvier 2020.

Vu l’affluence grandissante des communications chaque année, les organisateurs vous confirmeront si votre communication a été acceptée.

Nous vous prions de nous faire parvenir vos textes relatifs aux recherches et études archéologiques avant le 13 janvier 2020 à l’adresse courriel suivante : archaeomed@gmail.com. Ces textes doivent être de courts résumés (Max. 8000 signes, espaces compris) relatifs aux sujets traités. Les références bibliographiques concernant 2019 seront envoyées séparément.

Fiche : AM 2020_form_communication_FR-NL

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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