Appel à contribution – « Représentations ». Colloque Jeunes Chercheurs International Transdisciplinaire

ORGANISE PAR LES JEUNES CHERCHEURS UNITE DE RECHERCHE 1339 LINGUISTIQUE, LANGUES, PAROLE (LILPA) UNIVERSITE DE STRASBOURG (FRANCE)

25 AU 27 JUIN 2020 STRASBOURG / FRANCE

Alors que la notion de représentation constitue un objet d’étude de plus en plus répandu pour de nombreux chercheurs, sa transdisciplinarité nécessite un ancrage à la fois théorique et appliqué permettant d’approcher ses aspects fondamentaux au sein de chacun des domaines choisis pour l’aborder. Étymologiquement du latin repraesentatio (« action de mettre sous les yeux »), les « représentations » portent initialement le sens d’« image ». Dans une conception plus étendue, l’image renvoie à plusieurs idées telles que les questions de figure(s), de symbole(s), de signe(s), de projection(s), de perception(s), de stéréotype(s), etc. En tant que concept transversal aux différents champs scientifiques, les représentations possèdent par conséquent de très nombreuses acceptions. Parmi elles figurent autant l’image que l’on se fait du monde ou d’une expérience que celle que l’on attribue à autrui ou aux objets (concrets comme abstraits). Plusieurs définitions peuvent ainsi être données, allant des représentations collectives et sociales (Jodelet, 2003 ; Abric, 2016) aux représentations mentales et individuelles (Bernoussi & Florin, 1995 ; Fernandes & Vinter, 2009 ; Bault et al., 2011), en passant par les représentations visuelles (Ginzburg, 1991 ; Treilhou-Balaudé, 2003), ou encore les représentations des structures (par exemple, algébriques : Assem et al., 2006 ; informatiques : Sabouret, 2006).

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AXE 1 Si l’on veut comprendre le rôle central du concept de la représentation dans les sciences humaines et sociales, il faudra certainement revenir d’abord aux écrits de Platon et d’Aristote qui se sont rendu compte les premiers de l’aporie du eikôn et de son paradoxe d’une présence in absentia. Ce même paradoxe va intriguer dès lors toute une panoplie de philosophes, de Rousseau, Freud, Wittgenstein, Bolzano, Piaget jusqu’à Émile Durkheim, Lévy-Bruhl, Marcel Mauss ou Paul Ricœur, pour ne citer que ceux-là. Jean Clenet (1998, p. 70) affirme que « la représentation construite par une personne (ou un collectif) est son lien, son rapport le plus intime avec l’organisation et l’environnement dans lequel elle se situe ». La représentation aborde donc l’aspect cognitif et social des relations de l’individu avec soi-même, de l’individu avec ses actions et de l’individu avec son environnement. Cet engouement nous confronte avec la question à la fois épistémologique et philosophique de la relation entre ce qui est ou était dans le passé et ce que nous sommes capables de et disposés à percevoir. Cet axe invite à s’occuper soit des représentations de concepts telles que celles liées à l’homme, à la langue, au langage à l’histoire, à la psychè, à la culture, à l’art, à la musique, etc., soit en tentant d’éclairer des phénomènes spécifiques comme, par exemple, la notion de la typicalité, de l’altérité ou de l’ipséité.

AXE 2 L’étude des représentations est aussi fondamentale dans le domaine des sciences formelles. « Tout concept mathématique doit nécessairement se servir de représentations, vu qu’il n’y a pas d’objets à exhiber à leur place ou à leur évocation » (Astolfi et al, 2008). Cela est également vrai pour les autres disciplines en sciences formelles. Ce colloque jeunes chercheurs sera donc l’opportunité de discuter entre autres des représentations graphiques ou géométriques (figures, dessins, schémas), des représentations théoriques de la logique du fonctionnement d’un ordinateur en informatique (machines à état, machines de Turing), les représentations des nombres en mathématiques (numération), la représentation de l’infini en théorie des nombres et enfin de la propre théorie de la représentation en algèbre. La représentation étant toujours représentation de quelque chose, on ne saurait l’étudier que dans un contexte défini (D’amore & Fandiño Pinilla, 2001).

AXE 3 Les représentations occupent aussi une place prépondérante dans les sciences du vivant et permettent de mieux visualiser un fait, une réalité (Guérin & Gumuchian, 1986). En géographie physique, les cartes permettent d’appréhender non seulement les notions topographiques et de distance (reliefs, cours d’eau, végétation…), mais également de comprendre les évolutions passées et futures de la terre, en lien avec l’activité humaine (Bonin, 2004). Le biologiste, par exemple, se sert souvent des représentations pour illustrer le vivant dans son aspect complexe (Glade & Stéphanou, 2013). Cependant, ces représentations peuvent constituer des obstacles à la compréhension de certains phénomènes particulièrement complexes (Clément, 2014). De ce fait, dans les sciences du vivant, on ne se limite pas au dogme de la biologie moléculaire par exemple et à sa finalité purement scientifique, mais on tient nécessairement compte, dans ce domaine, de tous les paramètres extérieurs à ses sciences pour montrer non seulement leur impact sur la représentation du vivant, mais aussi l’influence mutuelle qui existe entre ces paramètres et le vivant.

La notion de représentation est ainsi un phénomène intéressant de nombreux domaines. Fort de ce constat, notre colloque réunira des jeunes chercheurs issus de diverses disciplines des sciences humaines et sociales (la linguistique, la philosophie, la littérature, la sociologie, l’ethnologie, l’anthropologie, l’histoire, l’archéologie, la psychologie, les arts…), des sciences formelles (les mathématiques, l’informatique, la géographie, les sciences physiques, l’astronomie, la chimie…) et les sciences du vivant (la biologie, sciences cognitives, les neurosciences, l’éthologie…), et sans que la liste soit exhaustive. L’objectif de ce colloque est de permettre aux jeunes chercheurs dans les diverses disciplines qui constituent les sciences humaines et sociales, les sciences formelles et les sciences du vivant, de présenter leurs travaux sur la notion de représentations tant du point de vue épistémologique, que théorique et pratique. Il s’agira d’explorer les divers aspects de la notion, mais aussi d’en étudier la productivité, notamment en mettant en évidence sa transversalité.

CALENDRIER – Soumission du résumé : 21 février 2020 – Notification d’acceptation : 28 mars 2020 – Soumission d’un formulaire d’inscription en ligne : 30 avril 2020

Les soumissions sont à envoyer sous forme de résumé de 500 mots maximum, bibliographie non comprise, avec 5-6 mots clés. Le résumé peut être rédigé en français ou en anglais. Les résumés sont à envoyer à l’adresse mail suivante : cjcrepresentations2020@gmail.com

COMITE D’ORGANISATION

Anissa Hamza, Delphine Charuau, Emmanuelle Dantan, Eva Feig, Seto Kossi Yibokou, Elodie Lang, Fadila Azzag, Christiane Bosso, Vitor Bueno Figueiredo de Paula, Seynabou Fall, Nadjia Gaci, Stephanie Debaize

COMITE SCIENTIFIQUE (EN COURS DE CONSTITUTION)

CONFERENCIERS INVITES (A VENIR)

Contact : cjcrepresentations2020@gmail.com

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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