Publication – « Bulletin de la Commission royale d’Histoire », 185, 2019

Bulletin de la Commission royale d’Histoire, 2019 (185), 319 p.

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Table des matières :

Sébastien de Valeriola, Le corpus des chirographes yprois, témoin essentiel d’un réseau de crédit du XIIIe siècle, p. 5-74.

Au cours des bombardements de 1914 disparaissaient la grande majorité des archives médiévales d’Ypres, et avec elles l’important fonds de chirographes. Ceux-ci ne sont pour autant pas complètement perdus pour l’historien, puisque certains d’entre eux ont été transcrits ou analysés avant leur destruction. La grande quantité de reconnaissances de dette conservées sous ces deux formes permet entre autres choses d’étudier le réseau de crédit de la ville flamande au XIIIe siècle. Dans cette perspective, nous avons rassemblé toutes les éditions et tous les résumés disponibles aujourd’hui, et avons versé tous les renseignements récoltés à la base de données Diplomata Belgica. Cet article accompagne ce versement, et donne une description du corpus d’actes ainsi constitué.

Jelle Haemers, Étuves, bordels et maisons de bains à Louvain au XVe siècle: une édition de contrats de location des stoven trouvés dans les registres échevinaux de la ville, p. 75-120.

Cette contribution propose l’édition de quatorze contrats de location du XVe siècle relatifs à des étuves situées à Louvain. De tels contrats sont très utiles pour les historiens, car ils fournissent un aperçu unique de la riche culture matérielle et de l’histoire des établissements thermaux médiévaux [appelés « stoven » (soit poêles en français)]. Certains de ces établissements servaient également de maisons de passe, où des prostituées vendaient leurs charmes. Les historiens considèrent encore trop souvent la prostitution comme un phénomène marginal, mais ces contrats montrent en tout cas que ni les propriétaires ni les gérants de ces lieux de plaisirs ne vivaient en marge de la société. Une autre raison qui justifie la publication de ces contrats est le fait qu’ils appartiennent à une source à peine exploitée jusqu’à maintenant, à savoir les registres échevinaux. Il s’agit de séries de sources contenant d’innombrables actes de juridiction gracieuse relative aux citadins, lesquels furent à peine consultés par les historiens en raison de leur inaccessibilité. Cette publication constitue donc une première étape dans la découverte des registres de Louvain. En mettant l’accent sur un type de document spécifique contenu dans cette source, nous espérons avoir montré que ces registres sont une véritable mine d’or pour les historiens désireux d’étudier l’histoire des étuves en particulier, et la vie citadine médiévale en général.

Leopold Auer & André Vanrie, La correspondance entre Guillaume Des Marez et Hanns Schlitter, Bruxelles et Vienne 1900-1911″, p. 121-245.

Guillaume Des Marez et Hanns Schlitter, tous deux historiens, professeurs dans l’enseignement supérieur et archivistes, l’un à Bruxelles, l’autre à Vienne, ont échangé une importante correspondance au cours de la première décennie du XXe siècle. Les 83 documents qui la composent, en langues française et allemande, font ici l’objet d’une édition critique. La correspondance apporte des éléments biographiques précieux sur les deux érudits et témoigne de la poursuite de leurs travaux ainsi que du réseau de leurs relations professionnelles et privées, mais est également un vivant témoignage de la mutation de l’archivistique et des études historiques au tournant du siècle et de la méthodologie appliquée par les érudits et ce sur un plan international. Enfin, les lettres apportent des éléments surprenants sur l’opinion de Des Marez et de Schlitter vis-à-vis de l’actualité politique et sociale, mais surtout sur leurs relations avec la franc-maçonnerie.

Source : Commission royale d’histoire

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