Appel à contribution – Les inscriptions spatiales de la réglementation des métiers / The spatial implications of trade regulations (Middle Ages and Early Modern Times)

Les formes de réglementation des métiers
4e journée d’études internationales
Les inscriptions spatiales de la réglementation des métiers (Moyen Âge et époque moderne), 10-12 juin 2021

À la suite des trois rencontres de 2017, 2018 et 2019, l’enquête sur Les formes de réglementation des métiers dans l’Europe médiévale et moderne se poursuit pour un quatrième et dernier colloque international sur la dimension spatiale des normes professionnelles. Si l’Europe au sens large a été choisie comme point de départ, des contributions pourront envisager l’apport d’autres aires culturelles ou d’expériences coloniales… Pour rappel, la réglementation est envisagée ici comme processus, depuis l’élaboration de règles jusqu’à leur mise en application, sans se limiter aux formes écrites et stabilisées des statuts, ni aux organisations de type corporatif : les ordonnances princières ou municipales, la jurisprudence ou les coutumes non-écrites peuvent faire partie de cet encadrement normatif des professions, de même que des groupements non institués peuvent se régler à travers la fabrication ou l’écoulement de tel ou tel produit.

La diffusion et l’ancrage spatial de ces différents types de droits dans les sociétés médiévales et modernes est donc à interroger à plusieurs échelles, du périmètre souvent débattu des associations de métiers locales jusqu’aux normes valables dans des territoires ou des réseaux plus vastes, comme la législation sur les prix et salaires adoptée par plusieurs royaumes à partir de la fin du XIIIe siècle, les hanses, l’inspection des manufactures, les compagnonnages…

1/- Comment se construisent les espaces juridiques : par polarisation autour d’un texte ou d’un acteur appliquant des normes non écrites, par délimitation de frontières spatiales, ou selon d’autres modalités ? Dans quelle mesure ces espaces sont-ils reliés à ceux de juridictions, d’organisations de sociabilité (confréries…), d’entreprises (mines et carrières, chantiers, manufactures, arsenaux, sociétés commerciales…), d’aires de marché ou de réseaux économiques ? Il sera bienvenu d’aborder des espaces réputés marginaux sur le plan géographique (forêts, marais, montagnes, littoraux, mer…), ou socio-juridique (les collèges, les hôpitaux, les couvents, les quartiers privilégiés…) où des travaux récents ont mis en valeur la régulation de professions.

2/- Quelles sont les modalités de diffusion ou de concentration des normes à l’intérieur de ces espaces (publicité, renouvellement, conservation, contestation, application) ? Comment des pôles de réglementation comme les foires et marchés ou les manufactures s’articulent à des lieux inégalement contrôlés comme les boutiques, les « chambres », les faubourgs, les villages ou les espaces dits « marginaux » cités ci-dessus ? On pourra mettre l’accent sur les vecteurs concrets de répartition de la norme dans l’espace. Quels en sont les acteurs ? Quels sont les médias empruntés ? Si les sources sont parfois ténues, il semble important de replacer la formation de ces territoires réglementés dans le cadre large des circulations et communications du monde médiéval et moderne.

3/- Quelle est la circulation des normes professionnelles entre les espaces juridiques locaux ou nationaux ? Dans quelle mesure existe-t-il des modèles dont s’inspirent plus ou moins explicitement d’autres réglementations, comme cela a été suggéré pour Paris ou Barcelone par une historiographie à renouveler ? Les règles de certaines professions sont-elles empruntées ou imitées localement par d’autres activités ? Des réseaux de textes semblables rapprochent-ils des activités similaires bien qu’elles soient distantes spatialement ?

4/- Enfin, quel peut être l’apport du spatial turn, entamé dans d’autres champs historiques, quant à la réglementation des métiers ? Doit-on retenir l’espace comme producteur même d’une réglementation donnée ? En quoi la ville ou le village peuvent-ils être les supports mêmes d’une labellisation des produits, des marchandises, en lieu et place des individus ou des métiers qui les y confectionnent, qui les y vendent ? Un espace peut-il s’auto-créer par possession ou revendication d’une réglementation, autant qu’un collectif humain ?

Tous ces processus spatiaux sont dynamiques, ce qui implique de prendre en compte les conflits ou les coopérations, les dominations ou les accords, les innovations ou les restaurations qu’ils ont abrités.

Cette rencontre sera aussi l’occasion de dresser un bilan du projet mené depuis 2017 sur les formes de la réglementation des métiers.

Les rencontres auront lieu du 10 au 12 juin 2021, à l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines. Un dispositif de visio-conférence sera prévu en cas de restrictions sur la mobilité des participants dues aux conséquences de la pandémie de Covid-19.

Les langues utilisées lors de ces journées sont le français et l’anglais. Les communications seront de 20min suivies de 10min de discussion. Si vous souhaitez proposer une communication pour cette rencontre, veuillez faire parvenir à l’adresse espace.reglementation@gmail.com un abstract d’environ 2500 signes (ou 400 mots) dans une de ces langues, ainsi qu’une courte biographie indiquant votre rattachement institutionnel avant le 2 novembre 2020.

Comité d’organisation de la quatrième rencontre :

Robert Carvais (CTAD – Université Paris Nanterre) ; Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC) ; Mathieu Marraud (CRH); Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho); François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES)

Comité scientifique de l’ensemble des rencontres :

Philippe Bernardi (Paris 1-Lamop) ; Caroline Bourlet (IRHT) ; Robert Carvais (CTAD – Université Paris Nanterre) ; Maxime L’Héritier (Paris 8-ArScAn) ; Corine Maitte (Université Gustave Eiffel-ACP) ; Mathieu Marraud (EHESS-CRH) ; Judicaël Petrowiste (Université de Paris-ICT) ; François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES) ; Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho- Lab2Pt) ; Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC) ; Jean-Louis Roch (Université de Rouen-GRHIS)

4th International Workshop
The spatial implications of trade regulations (Middle Ages and Early Modern Times)
10-12 June 2021

After the three meetings in 2017, 2018, and 2019, the investigation into The forms of trade regulations in medieval and modern Europe continues with a fourth and final international conference on the spatial dimension of professional regulations. While Europe, in a broad sense, has been chosen as a starting point, papers could also consider other cultural areas or colonial experiences. As a reminder, regulations are viewed as a process, from the making of the rules to their implementation, without being restricted either to the written and stabilised forms of the statutes or to organisations of a corporative nature: royal or local orders, judicial precedents, or unwritten customs could also be part of the normative framework of trades, just as non-institutional groups could regulate themselves through the manufacture or sale of a particular product.

The diffusion and spatial concentration of these different types of regulations in medieval and early modern societies can thus be investigated on various scales: from the much discussed area of influence of local trade associations to the norms that apply to larger territories or networks, such as the legislations on prices and wages adopted by several kingdoms after the end of the 13th century, the Hanseatic Leagues, the inspection of factories, journeymen’s associations, and so on.

1/- How were legal spaces established: through a polarisation around a text or a stakeholder who applied unwritten rules, through the delimitation of spatial borders, or in other ways? How far were these spaces linked to those of jurisdictions, brotherhoods, firms (mines and quarries, building sites, factories, arsenals, trading firms, …), market areas, or economic networks? Reflections would be welcomed on spaces seen as “marginal” from a geographical point of view (forests, marshes, mountains, coastlines, the sea, …) or from a socio-legal perspective (colleges, hospitals, convents, privileged neighbourhoods), where recent research has highlighted the regulation of trades.

2/- In what ways were craft rules disseminated or concentrated within those spaces (advertising, updating, preservation, questioning, enforcement)? How did centres of regulation such as fairs, markets, or factories interact with places that were not as evenly overseen, such as shops, outworkers’ “rooms”, suburbs, villages, or the abovementioned “marginal” spaces? Attention could also be paid to the tangible vectors of spreading craft rules through geographic spaces. Which stakeholders were involved? Which means of communication were applied? While the sources available are sometimes overly scarce, it is still important to try to place the establishment of those regulated spaces in the broad context of the patterns of circulation and communication at work in the medieval and early modern world.

3/- How were professional norms circulated between local or national jurisdictions? To what extent did models exist that were imitated by other regulations, more or less explicitly, as suggested by a dated historiography concerning Paris and Barcelona? Were the rules of some trades borrowed or locally imitated by other activities? Did networks of similar texts tend to bring together similar activities even when they were spatially distant?

4/- Lastly, how might the spatial turn, already broached in other fields of history, contribute to the study of the regulation of trades? Should a space be seen as the producer of a given regulation? To what extent could a town or village provide the support for the labelling of products or goods, instead of the individuals who make and sell them? Could a space be self- created through possession or a claim to regulation as much as a human community?

These spatial processes are all dynamic, which implies that the conflicts or cooperation, dominations or agreements, innovations or restorations associated with them should be taken into account.

This meeting will also be an opportunity to assess the project that has been underway since 2017 on forms of trade regulation.

The conference will take place from 10 to 12 June 2021, at Université Versailles Saint- Quentin en Yvelines. As a precaution, a visio-conference system will be put in place in the event that travel restrictions are still in place due to Covid-19.

The languages used during the conference will be French and English. Papers should last 20 minutes, followed by 10 minutes of discussion. If you wish to submit a paper for this conference, please send an abstract of approximately 2,500 characters, including spaces (or 400 words) in French or English, as well as a short biography containing your institutional affiliation, before 2 November 2020:
espace.reglementation@gmail.com

Organising Committee of this 4th workshop:

Robert Carvais (CTAD-Université Paris Nanterre); Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC); Mathieu Marraud (CRH); Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho); and François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES)

Scientific Committee of all four workshops:

Philippe Bernardi (Paris 1-Lamop); Caroline Bourlet (IRHT); Robert Carvais (CTAD-Université Paris Nanterre); Maxime L’Héritier (Paris 8-ArScAn); Corine Maitte (Université Gustave Eiffel- ACP) ; Mathieu Marraud (EHESS-CRH); Judicaël Petrowiste (Université de Paris-ICT); François Rivière (Université d’Évry-Val d’Essonne-LaMOP-IDHES); Arnaldo Sousa Melo (Universidade do Minho- Lab2Pt); Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC); and Jean-Louis Roch (Université de Rouen-GRHIS)

Source : LAMOP

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
Cet article a été publié dans Appel à contributions. Ajoutez ce permalien à vos favoris.