Publication — « La vie de saint Didier, évêque de Cahors (630-655). Introduction, édition, traduction et notes », éd. et trad. Élisabeth Carpentier, Georges Pon et Keith Bate

La Vita de saint Didier, évêque de Cahors au VIIe siècle, rédigée peut-être à la fin de ce siècle et remaniée par la suite avec adjonction d’une série de miracles post mortem, est connue par deux manuscrits principaux, le ms. lat. 17002 de la Bibliothèque nationale de France qui date du début du XIe siècle et le ms. 136 de la Bibliothèque royale de Copenhague, du XIVe ou XVe siècle. Nous en présentons ici, après celles de René Poupardin en 1900 et de Bruno Krusch en 1902, une nouvelle édition critique. Cette nouvelle édition est accompagnée de sa première traduction française qui permettra au plus grand nombre d’accéder à un texte qui se démarque de la plupart des vies des saints évêques du haut Moyen Âge par son enracinement historique exceptionnel.

Issu de la plus haute aristocratie de la Gaule méridionale, Didier est formé au Palais des rois mérovingiens. Protégé des rois Clotaire II et Dagobert Ier dont il est le trésorier, son accession à l’évêché de Cahors est un parfait exemple du fonctionnement des institutions politico-religieuses du royaume mérovingien. Installé à Cahors dans des circonstances difficiles, Didier n’est pas seulement un évêque modèle par sa piété, la valeur de son enseignement, son attachement au culte divin et son amour des pauvres. Il est aussi un aristocrate, un grand propriétaire terrien, gestionnaire d’immenses biens qui sont soigneusement énumérés dans la Vita et dont il fait don à son Eglise.

Cette richesse sert sa vocation particulière, celle d’un grand bâtisseur qui a transformé et enrichi, dans la tradition romaine, les monuments civils et religieux de sa ville de Cahors. La description de ces travaux, unique en son genre, est un des plus précieux apports de ce texte.Une Vita d’un style vivant qui s’adresse aussi bien aux hagiographes et aux historiens qu’aux linguistes et aux archéologues.

Cet ouvrage est issu d’un atelier de traduction de textes médiévaux du Centre d’études supérieures de Civilisation médiévale de Poitiers. L’introduction, l’édition et la reprise de la traduction ont été mises en œuvre par Elisabeth Carpentier, Georges Pon et Keith Bate.

Elisabeth Carpentier, professeure honoraire, et Georges Pon, maître de conférences honoraire d’histoire médiévale à l’Université de Poitiers, collaborent depuis plusieurs années pour éditer et traduire des sources narratives et hagiographiques médiévales.

Keith Bate, spécialiste de l’édition des textes médiolatins, a enseigné le latin l’université de Reading et fut associé aux universités de Poitiers et de Rennes.

Table des matières :

Avant-propos de Cécile Treffort, professeure à l’Université de Poitiers 

Introduction

I. Le texte manuscrit
1. Les manuscrits
2. Corrections, lacunes, additions
3. Capitulation

II. L’auteur, ses méthodes et la date de rédaction du texte
1. Date de rédaction et langue de la Vita
2. La date de rédaction des Miracula
3. L’auteur, ses sources, ses methodes

III. La Vita sancti Desiderii
1. La formation d’un saint au Palais
2. L’accession de Didier à l’épiscopat
3. La construction de la cite chrétienne
4. La mort de Didier et la naissance de son culte 

IV. L’intérêt historique de la Vita sancti Desiderii
1. L’état, la cité et l’évêque
2. L’évêque et la société
3. La richesse d’un grand propriétaire
4. L’évêque et la vie religieuse dans le diocèse de Cahors
5. La « fièvre bâtisseuse » de Didier

Conclusion

V. Principes d’édition Édition, traduction et notes

Informations pratiques :

La vie de saint Didier, évêque de Cahors (630-655). Introduction, édition, traduction et notes, éd. et trad. Élisabeth Carpentier, Georges Pon et Keith Bate, Turnhout, Brepols, 2021 (Hagiologia, 16). 280 p., 4 colour ill., 156 x 234 mm. ISBN: 978-2-503-59145-2. Prix : 85 euros.

Source : Brepols

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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