Exposition – La Meuse, les hommes – Les hommes, la Meuse

Du 18/03/2022 au 17/06/2022Archives de l’État à Namur – Boulevard Cauchy 41 – 5000 NamurHeures d’ouverture :

Du lundi au vendredi, de 9h à 16h30.Tarifs : Entrée libreContact :archives.namur@arch.be – 081 654 198

Du 18 mars au 17 juin 2022, découvrez aux Archives de l’État à Namur la double exposition « La Meuse, les hommes » et  « Les hommes, la Meuse ». Partez à la rencontre de la Meuse, depuis sa lente formation à l’ère géologique jusqu’à sa domestication par l’homme. La double exposition a été conçue par l’équipe de la Maison du Patrimoine médiéval mosan en 2012-2013.

Jusqu’au XIXe siècle, la Meuse était encore fougueuse et brouillonne, imprévisible, sortant fréquemment de son lit, se répandant par-dessus les berges herbeuses ou habitées. Aujourd’hui, nous la voyons soigneusement contenue, contrôlée. Domestiquée par des ouvrages d’art performants qui maîtrisent son débit, en hiver comme en été. La Meuse nous paraît contingentée à jamais.

Mais il n’en fut pas toujours ainsi. La Meuse que nous aimons, qui inspire les poètes, n’a pas toujours été un cours d’eau tranquille, une belle « endormeuse », selon la formule de Péguy. Vaillamment, la petite rivière descendue des plateaux français a fait son lit comme elle se couche, creusant son sillon, traçant sa route, à travers les terres et les roches, sculptant la vallée au gré des plissements et des mouvements terrestres.

Le monde scientifique s’interroge encore : pourquoi, cette Meuse, s’est-elle mise dans la tête de traverser le massif ardennais, alors qu’elle aurait très bien pu le contourner ? Et pour quelle raison a-t-elle voulu subitement bifurquer vers l’est, à Namur, plutôt que de filer tout droit vers la mer ? En effet, les questions relatives à la formation de la vallée passionnent toujours les géographes, les géologues, les géomorphologues, les hydrologues qui apportent les éclairages de leurs diverses disciplines pour mieux comprendre le processus de création du cours d’eau et de sa vallée.

Outre sa dimension économique, patrimoniale et, de nos jours, touristique, le territoire mosan recèle toujours des attraits pour le scientifique, comme il en a eu, dans le passé, pour le pouvoir politique, le cartographe, le militaire et le stratège. Leurs représentations sont d’ailleurs devenues, à leur tour, des témoins remarquables de l’évolution du fleuve : les dessins des îles, des gués, des passages d’eau, des méandres et des berges, des embarcadères  viennent s’ajouter à l’étude des roches et des sédiments, des fossiles et des multiples traces de vie conservées par le sol.

« Les hommes, la Meuse »

Le second volet de l’exposition choisit d’aborder la même thématique sous l’angle des hommes : qui étaient-ils ? où et comment vivaient-ils ? quelles étaient leurs relations avec la Meuse ? Pour les habitants d’une vallée, a fortiori lorsque celle-ci est irriguée par un grand fleuve, le cours d’eau, c’est le lit, la route, le bassin de vie. Tout vient du fleuve et y retourne. Les eaux en mouvement attirent, fascinent, magnétisent.

Le cours d’eau s’inscrit dans le paysage qu’il a façonné. Avec la même vigueur, avec la même pérennité, le fleuve inscrit aussi son empreinte dans chacune des activités humaines, dans l’ensemble des références mentales et affectives des habitants de la vallée.

Au fil du temps, le cours d’eau finit par constituer une identité supplémentaire. Faut-il rappeler les innombrables avantages et ressources apportées, presque spontanément, par le fleuve et ses affluents ? Le don de l’eau qui désaltère les hommes et abreuve le bétail ; l’eau qui lave le linge et arrose les cultures ; l’eau qui transporte le bois, les matériaux de construction, le grain, le vin, les peaux, le minerai,… ; l’eau qui apporte sa force motrice aux moulins ; l’eau qui engendre de multiples activités économiques de pêcherie, de batellerie, de papeterie, de passeurs, de pontonniers,… L’eau, encore, qui protège, qui trace les frontières des territoires, qui permet de prélever des taxes à chaque traversée. L’eau, enfin, qui emporte les déchets.

Dès l’époque mérovingienne, la Meuse prend une place considérable dans la vie locale et démontre toute son utilité dans les échanges à longue distance. Au fil du temps, le trafic fluvial s’intensifie. La Meuse devient un vecteur de communication essentiel aux échanges commerciaux et à l’approvisionnement des villes comme de l’arrière-pays. Tant les produits de consommation courante que les matières premières indispensables à l’artisanat et à l’industrie circulent par voie d’eau. En parallèle, l’émergence des centres urbains sur les rives mosanes favorise l’aménagement d’infrastructures fluviales propres à l’accostage des bateaux. Les barques « marchandes » assurent le transport des personnes et des biens, ce qui intensifie les liaisons interrégionales. Peu à peu, la navigation se perfectionne, les marchands-bateliers délaissant cette activité et confiant leur fret à des bateliers professionnels, appelés naiveurs*. De cette interaction permanente entre les hommes et le fleuve, cette sorte de symbiose qui unit les habitants de la vallée à leur cours d’eau, vont naître aussi les rejets et les nuisances qui, progressivement, réduiront les qualités naturelles du cours d’eau. La pollution fluviale ne date pas d’hier mais les souillures médiévales sont sans communes mesures avec les déversements urbains, agricoles et industriels que nos sociétés modernes essaient d’enfin réduire.

Catalogues de l’exposition

Les deux catalogues d’exposition, réalisés en 2012 et 2013, seront en vente aux Archives de l’État à Namur au prix chacun de 15 €.

  • Cahiers de la MPMM n° 5 – La Meuse, les hommes, format A4, 136 pages, 2012
  • Cahiers de la MPMM n° 6 – Les hommes, la Meuse, format A4, 160 pages, 2013

Pour en savoir plus

Les Archives de l’État conservent, dans leurs différents dépôts, plusieurs fonds d’archives relatifs aux divers cours d’eau et canaux. N’hésitez pas à les découvrir en salle de lecture. Vous trouverez ci-dessous, une liste non exhaustive. De nombreux cartes et plans sont également en ligne, notamment sur le site Cartesius.

Aux Archives générales du Royaume

Aux Archives de l’État à Namur

Aux Archives de l’État à Mons

Aux Archives de l’État à Tournai

Source : Archives de l’État

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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