Appel à contribution – Dialogues interdisciplinaires. Actualités de la recherche sur les objets métalliques non-ferreux en Europe occidentale (Moyen Âge & Temps Modernes)

Le Centre d’Excellence des Arts Décoratifs des Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, en collaboration avec le Centre d’Archéologie de l’Université de Liège, lance un appel à communication pour un séminaire, organisé à partir d’octobre 2022 à Bruxelles, aux KMKG-MRAH.

Ces rencontres ont pour objectif de dresser un panorama de l’actualité de la recherche relative à l’étude des objets métalliques non-ferreux (cuivre, laiton, bronze, plomb, étain, or et argent), quelle que soit l’approche envisagée (anthropologie historique, histoire de l’art, histoire sociale, histoire économique, histoire culturelle, histoire technique, etc.). Le thème retenu pour cette première session s’articule autour de la notion d’atelier, et particulièrement sur la façon dont on peut/doit définir l’identité d’un espace de production.

La définition de l’atelier ne s’envisage pas de la même façon, selon le type de sources documentaires sollicité. L’étude croisée des textes, des images, des vestiges archéologiques, et même des analyses scientifiques ne fournit en effet pas de conception concordante de ce qu’est, ou représente, un atelier pour les sociétés médiévales et modernes. La difficulté tient à ce que le concept se construit généralement, à travers les sources, en négatif, à partir de l’interprétation critique de ce qu’il n’est pas. La recherche s’accorde ainsi à mettre en évidence les images stéréotypées, la reconstitution lacunaire des vestiges, ou les conceptions règlementaires éloignées de la réalité. Il est en revanche moins évident de déterminer sur quelles caractéristiques s’établit l’identité d’un atelier, notamment parce que celle- ci se construit à différentes échelles : celle du lieu en lui-même, à la fois espace de travail et espace de vie, celle des hommes, des sociabilités et des mobilités que cela suppose et celle des marchandises.

À l’échelle des objets, même lorsque la provenance et l’attribution peuvent être établies sans ambiguïté, la façon dont les consommateurs envisagent et perçoivent l’identité d’un espace de production, susceptible d’influencer leurs choix à l’achat, soulève également des interrogations. Elle dépend en effet de facteurs qui ne sont pas clairement explicités dans les sources : caractéristiques typologiques, techniques, matérielles, ou encore esthétiques.

La perception et la compréhension de l’activité métallurgique des métaux non- ferreux est, inévitablement, tributaire de biais disciplinaires et méthodologiques, qui induisent des disparités et des lacunes en fonction des périodes, des espaces et des objets étudiés. Or, ces cloisonnements rendent les analogies, ou les comparaisons, entre les métiers difficiles à percevoir.

Par le biais d’une étude transdisciplinaire du concept d’atelier en Europe occidentale, sur un temps long (XIIIe – XVIIIe siècle), ce séminaire entend poser les bases d’un travail exploratoire et collectif. Celui-ci est susceptible de révéler, non seulement la diversité des rapports qui lient les protagonistes de la production entre eux (ententes, luttes, entraides, conflits, ou concurrences), mais aussi leurs similarités, notamment l’utilisation de techniques et de pratiques communes, la production de marchandises analogues et leur diffusion sur un marché, certes éclectique et protéiforme, mais qu’ils se partagent.

Nous encourageons les communications à développer l’une ou plusieurs des thématiques des trois axes suivants :

1. Transmissions et dynamiques.

  • –  transferts artistiques
  • –  construction de réseaux
  • –  développement des sociabilités
  • –  circuits des mobilités
  • –  créations et innovations
  • –  émulations, collaborations et concurrences 2. Constructions identitaires
  • –  polyvalence
  • –  apprentissage des savoirs et des savoir-faire
  • –  mutualisation des pratiques
  • –  spécialisations
  • –  outils, équipements et emplacements 3. Élaboration des cadres et des normes
  • –  règlementations et pouvoirs publiques
  • –  revendications et résistances
  • –  valorisations et reconnaissance Ce séminaire s’adresse aux spécialistes (universitaires, archéologues, scientifiques, professionnel(les) de la conservation-restauration), chercheurs/chercheuses en début, ou en cours de carrière, souhaitant réfléchir collectivement, d’une part aux problématiques et aux méthodes relatives à l’étude de corpus d’objets et d’autre part, aux perspectives et aux enjeux de la construction d’une histoire interdisciplinaire de la métallurgie des métaux non-ferreux. Le cadre de l’appel se veut suffisamment vaste pour prendre en compte les caractéristiques communes sur lesquelles repose chaque production, à commencer par la nature des objets conservés (objets de musée, vestiges archéologiques, objets de collection, objets liturgiques), la variété des marchandises (ustensiles, outils, accessoires, objets de culte, objets d’apparat, etc.), ainsi que les propriétés et les valeurs – inhérentes ou symboliques – des matériaux. Afin de privilégier les échanges, chaque séance de séminaire sera organisée autour de la présentation d’un projet de recherche, ou d’un cas d’étude, suivie d’une discussion, animée par un(e) ou plusieurs répondant(e)s invité(e)s. Cette discussion participera à la mise en perspective critique des thématiques abordées au cours des séances. Modalités de soumission Les interventions sont acceptées en français ou en anglais, pour des présentations individuelles ou collectives de 15 à 30 minutes.
    Les propositions de communication (titre et résumé d’environ 300 mots), accompagnées d’une brève présentation biographique (affiliation, domaines de recherche, adresse de contact), sont à envoyer avant le 13 juin, au plus tard, à l’adresse suivante : a.dumargne@kmkg-mrah.be

Modalités pratiques

Les rencontres se tiendront – pour autant que la situation sanitaire le permette – une fois par mois, l’après-midi, aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles (Parc du Cinquantenaire, 10 – 1000 Bruxelles).
En fonction des communications présentées, des visites des collections du KMKG- MRAH pourront être envisagées à la fin des séances de séminaire.

Comité d’organisation

Anne-Clothilde Dumargne (KMKG-MRAH), Sophie Balace (KMKG-MRAH), David Strivay (ULiège).

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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