Dans la seconde moitié du XVIe siècle se diffusèrent des tableaux singuliers, représentant des personnages absorbés dans leurs activités quotidiennes, au marché ou à la cuisine, entourés d’impressionnants amas de victuailles envahissant l’espace pictural.
Cette veine picturale, inaugurée dans les anciens Pays-Bas par Pieter Aertsen et Joachim Bueckelaer, connut un succès remarquable. Elle suscita très tôt des échos en Italie du Nord, notamment dans la peinture de la famille Bassano, de Vincenzo Campi, de Bartolomeo Passarotti et du jeune Annibale Carracci.
Quel sens donner à ces images à la fois fascinantes et déroutantes, qui produisent une impression de profusion, submergent les sens et visent parfois à susciter le rire ? Doivent-elles être comprises comme de simples scènes de la vie quotidienne, oscillant entre anecdote pittoresque et satire des mœurs ? Quels éclairages apportent-elles sur l’histoire culturelle, économique et sociale de la Première Modernité ? Que nous disent-elles des rapports de classe et de genre ? Comment interpréter, dans certaines d’entre elles, la présence discrète d’un épisode religieux relégué à l’arrière-plan ? Les déclinaisons italiennes de ce type d’images ont-elles infléchi leurs formes et leurs significations ? Enfin, peut-on mettre ces tableaux en relation avec des traditions textuelles héritées de l’Antiquité gréco-latine ?
Ces questions seront au cœur de la journée d’étude qui se tiendra à l’Université de Liège le 6 mai 2026. En réunissant spécialistes, jeunes chercheurs, étudiants et un public plus large, cette rencontre vise à favoriser un dialogue interdisciplinaire et à renouveler l’analyse de ces œuvres, à l’intersection de la culture visuelle, des héritages antiques et des pratiques sociales de la Renaissance.
In the second half of the sixteenth century, a distinctive type of painting emerged, depicting figures absorbed in everyday activities—at the market or in the kitchen—surrounded by abundant displays of food that spill over and invade the pictorial space.
This pictorial trend, pioneered in the Low Countries by Pieter Aertsen and Joachim Bueckelaer, enjoyed remarkable success and quickly spread to Northern Italy, where it found echoes in the works of the Bassano family, Vincenzo Campi, Bartolomeo Passarotti, and the young Annibale Carracci.
How should we interpret these fascinating yet disconcerting images, which evoke abundance, overwhelm the senses, and sometimes provoke laughter? Are they merely scenes of everyday life, oscillating between picturesque anecdote and social satire? What insights do they offer into the cultural, economic, and social history of the early modern period? What do they reveal about class and gender relations? How should we understand the discreet presence, in some cases, of religious scenes relegated to the background? Did Italian adaptations transform the forms and meanings of this pictorial type? Finally, how might these works be related to textual traditions inherited from Greco-Roman antiquity?
These questions will be at the heart of the study day to be held at the University of Liège on 6 May 2026. By bringing together specialists, early-career researchers, students, and a broader audience, the event aims to foster interdisciplinary dialogue and offer new perspectives on these works at the intersection of visual culture, classical heritage, and Renaissance social practices.
Programme : ici
Informations pratiques :
Lieu / Venue : UNIVERSITÉ DE LIÈGE, Salle académique
Place du Vingt-Août, 7
4000 LIÈGE
6 mai 2026
Organisation : Dominique ALLART (Service d’Histoire de l’art des Temps modernes) et Elena FUMAGALLI (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia).
Source : Transitions – ULiège







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