Dans le contexte de l’essor des fêtes médiévales et des reconstitutions historiques à travers l’Europe, la musique occupe une place centrale, à la fois comme vecteur d’ambiance, outil de médiation culturelle et espace de réinvention du passé. Aux côtés des répertoires dits « anciens », les musiques actuelles (folk, néo-médiéval, métal, techno « médiévale », musiques hybrides, etc.) participent pleinement à ces manifestations, contribuant à brouiller les frontières entre reconstitution, création, tradition et imaginaire, ainsi qu’entre passé et présent.
Ces journées d’études proposent d’interroger un objet encore peu exploré dans le champ académique : les pratiques musicales au sein des fêtes médiévales contemporaines, dans toute leur diversité stylistique, sociale, culturelle et économique. Elles entendent également questionner les usages contemporains du Moyen Âge comme ressource esthétique, symbolique et commerciale, dans un contexte où l’imaginaire médiéval constitue un puissant vecteur d’attractivité culturelle et touristique. Une attention particulière sera portée aux formes d’hybridation entre références historiques et pratiques contemporaines, notamment à travers les usages, transformations et réinventions des instruments de musique.
L’objectif est double : d’une part, contribuer à définir les contours de cet objet d’étude à travers une approche interdisciplinaire ; d’autre part, faire émerger des problématiques spécifiques liées aux usages, aux représentations et aux enjeux sociaux, culturels, économiques et esthétiques de la musique dans ces contextes festifs.
Une attention particulière pourra également être portée aux articulations entre pratiques amateurs et professionnelles, ainsi qu’aux différentes formes de transmission, d’appropriation et de réinvention des traditions musicales dans les contextes festifs contemporains. Les journées souhaitent également encourager une réflexion méthodologique sur l’étude de ces terrains : enquêtes ethnographiques, observations participantes, constitution de corpus audiovisuels, analyses numériques des pratiques culturelles et usages de l’intelligence artificielle dans l’analyse des corpus, des représentations et des dynamiques musicales liées au médiévalisme contemporain.
Plusieurs axes de réflexion pourront être explorés (liste non exhaustive) :
- définition et construction d’un « médiéval sonore » : authenticité, recréation, hybridation et rapports entre passé et présent ;
- usages, circulations et transformations des instruments de musique : reconstitutions, adaptations, innovations organologiques ;
- coexistence et interactions entre musiques anciennes, traditions réinventées et musiques actuelles dans les fêtes médiévales ;
- pratiques musicales in situ : répertoires, instruments, performances et interactions avec les publics ;
- relations entre pratiques amateurs et professionnelles : statuts, économies, légitimités et circulations ;
- enjeux de médiation et de transmission : pédagogie, vulgarisation, patrimonialisation ;
- approches sociologiques : publics, communautés, identités et imaginaires collectifs ;
- médiévalisme et réinvention : liens entre fiction, fantasy, cultures populaires et scènes musicales contemporaines (folk, métal, etc.) ;
- dimensions économiques et commerciales des fêtes médiévales : industries culturelles, tourisme, marchandisation de l’imaginaire médiéval ;
- approches méthodologiques et numériques : étude des terrains, constitution de corpus, humanités numériques et usages de l’intelligence artificielle ;
- circulation des modèles et des influences : festivals, scènes spécialisées, industries culturelles.
Les propositions pourront s’appuyer sur des terrains variés : festivals médiévaux, marchés historiques, reconstitutions, scènes de musiques actuelles associées à ces événements, ou encore dispositifs numériques et médiatiques. Les travaux des jeunes chercheurs et chercheuses sont particulièrement encouragés. Les communications feront l’objet d’une publication dans la revue en ligne Textus & Musica.
Organisation
Christelle Chaillou et Léontine Fortin
Modalités de soumission
Les propositions de communication (environ 250 mots), accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 30 juin 2026 à l’adresse suivante : leontine.fortin@univ-poitiers.fr.
Notification aux auteurs et autrices : 15 juillet 2026.
Source : Fabula







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