Appel à contribution – Monastères et genre au haut Moyen Âge : espaces, fréquentation, vénération, inhumation. Approches croisée des textes, de l’iconographie et de l’archéologie

Dans le cadre du projet ANR “DenMon” (2026-2029), un appel à communication est lancé sur le thème Monastères et genre au haut Moyen Âge : espaces, fréquentation, vénération, inhumation. Approches croisée des textes, de l’iconographie et de l’archéologie.

Parmi les questionnements du projet ANR « DenMon » (2026-2029), relatifs aux monastères fondés au haut Moyen Âge, à leur organisation spatiale et à leur ouverture sur l’extérieur, figure le genre. Celui-ci peut se définir comme une catégorie d’analyse qui renvoie à l’étude de la construction sociale et culturelle des identités masculines et féminines et des relations entre femmes et hommes, propres à chaque société. Nous avons choisi de le placer au coeur de nos réflexions lors du colloque organisé à Valenciennes les 11-12 mars 2027.

Le Projet ANR « DenMon » – Dentileni Monastica. Archéologie des espaces monastiques royaux en Gaule du Nord (VIIe-XIe siècles)

Le projet se concentre sur l’étude des monastères – masculins et féminins – fondés, au haut Moyen Âge, par le pouvoir royal, dans le nord de la Gaule (approximativement le duché de Dentelin du VIIe siècle), dans un contexte d’approfondissement de la christianisation des populations rurales et de la création de nouvelles formes de contrôle politique et religieux. Il vise à analyser l’organisation spatiale de ces monastères royaux, chacun pour partie voué à la clôture et la spiritualité, pour partie ouvert sur l’extérieur à des fins sociales, économiques et culturelles, ce qui en fait des lieux de vie et de production, à l’intérieur et autour de l’espace monastique. Il s’agit de comprendre les choix et modèles de ces fondations privilégiées, de s’interroger sur leur diffusion dans d’autres espaces européens et de questionner le rôle des bourgs monastiques autour de ces établissements dans le renouveau urbain dans le nord de la Gaule dès la fin époque carolingienne. Le projet entend (ré)étudier 14 sites identifiés, en croisant les données des textes, de l’iconographie, des fouilles archéologiques et des techniques non invasives (LIDAR, relevés électromagnétiques, ground penetrating radar – GPR). Ces 14 sites sont : Saint-Vaast d’Arras, Sithiu (Saint-Bertin et Saint-Omer), Saint-Jean-du-Mont de Thérouanne, Saint-Amand, Cysoing, Saint-Aubert et Saint-Géry de Cambrai, Corbie, Péronne et Saint-Riquier, Saint-Médard de Soissons, Saint-Valery, Saint-Jean et Saint-Vincent de Laon. Evaluer leur spécificité implique néanmoins de les comparer à des monastères issus d’autres espaces. L’équipe, coordonnée par Adrien Bayard, est pluridisciplinaire et regroupe notamment des altomédiévistes, issus de quatre des universités régionales (Arras, Lille, Amiens et Valenciennes). Elle est composée de deux archéologues (Adrien Bayard et Mathieu Béghin), d’une historienne de l’art spécialisée dans l’étude de l’architecture (Sara Nardi Combescure), de trois historiens des textes étudiant respectivement les collections de manuscrits (François Bougard), les saints et sanctuaires (Charles Mériaux) et les interactions entre genre et âge (Emmanuelle Santinelli-Foltz), ainsi qu’un épigraphiste (Daniele Ferraiuolo).

Monastères et genre : des questionnements multiples
Le colloque entend étudier les monastères au prisme du genre selon plusieurs axes, amenés à se croiser :

1) Organisation spatiale des monastères et genre
Il s’agit d’évaluer si les monastères présentent une organisation spatiale différente selon qu’ils sont masculins, féminins ou doubles. Cela implique de s’intéresser à la clôture, aux espaces de dévotion et de vie commune, aux lieux de production scripturaire et aux zones funéraires, mais aussi aux lieux de conservation des reliques accessibles ou non aux pèlerins et pèlerines, ainsi qu’aux secteurs d’activités établis à la périphérie du monastère (artisanat, atelier monétaire, douane, etc.) et donc d’installation de populations. Il importe aussi d’analyser les évolutions de cette organisation et de questionner les conséquences sur ce plan, notamment lorsque qu’une communauté féminine se trouve remplacée par une communauté masculine ou inversement.

2) Le genre des commanditaires des fondations et réaménagements des monastères
Le colloque sera aussi l’occasion de questionner de quelle manière le genre du commanditaire peut avoir une influence sur les monastères, sur le choix d’y installer des communautés masculines ou féminines, sur leur organisation que ce soit lors de la fondation ou à l’occasion de réaménagements.

3) Le genre des reliques
Le genre peut aussi être mobilisé pour analyser la vénération des saints et des saintes dans les monastères : saints et saintes font-ils l’objet de la même attention ? du même type de culte ? leurs reliques sont-elles du même ordre ? accessibles aux fidèles de la même manière ? dans le même type de lieux ou d’occasions ?

4) Le genre de la fréquentation des monastères
La réflexion conduit aussi à s’interroger sur le genre des populations qui fréquentent occasionnellement le monastère ou y séjournent plus ou moins durablement. Les monastères sont, en effet, des lieux ouverts. Ils accueillent des élites, laïques ou religieuses, qui y font étape à l’occasion d’un déplacement, y séjournent quelques temps pour des raisons diverses, voire s’y établissent à un moment de leur vie sans pour autant prêter des voeux. Les femmes et les hommes le font-ils autant ? dans les mêmes occasions ? pour les mêmes raisons ? en fréquentant les mêmes espaces monastiques ? Les mêmes questions peuvent être posées pour les femmes et hommes des autres catégories sociales amenées à fréquenter le monastère pour y être nourris, soignés, accueillis sur la route d’un pèlerinage, ou encore pour vénérer les reliques du monastère.

5) Le genre des sépultures
Enfin, dans la mesure où les monastères accueillent les sépultures de femmes et d’hommes extérieurs à la communauté, issus des élites laïques et religieuses, il convient de s’interroger sur l’influence du genre dans les choix opérés, que ce soit le fait des intéressés ou de leurs proches, et de ce qui les motive. Il importe ensuite de s’intéresser à la traduction spatiale de cette pratique : femmes et hommes sont-ils inhumés ensemble ou séparément ? à l’intérieur de la clôture ou en dehors ? dans une église ou à l’extérieur ? en privilégiant des localisations particulières ? Les sépultures en elles-mêmes peuvent enfin être aussi analysées au prisme du genre de manière à évaluer si l’on a cherché à affirmer ou non l’identité sexuée du défunt ou de la défunte, que cela soit par le biais des matériaux utilisées, des inscriptions qui y figurent, des rites funéraires pratiqués, etc.

Approches pluridisciplinaires dans un cadre chronologique et géographique large
Ces questionnements multiples invitent à mobiliser une documentation variée : textes, données archéologiques et iconographie. Les propositions pourront s’appuyer sur l’un des types documentaires ou en croiser plusieurs.

Le cadre géo-chronologique privilégie celui du projet ANR : la Gaule du Nord (VIIe-XIe siècles), avec une attention particulière aux 14 sites monastiques identifiés. Les propositions sur des monastères du haut Moyen Âge implantés dans d’autres espaces sont néanmoins attendus et seront examinés avec intérêt pour les comparaisons qui pourront être permises par ce biais.

Une publication est prévue à la fin du projet (2029), synthétisant les principaux résultats obtenus. Cela n’exclut pas des restitutions intermédiaires, notamment sous la forme d’un carnet Hypothèse ou d’expositions virtuelles.

Prise en charge, calendrier et modalité de soumission des propositions
Le transport, l’hébergement et les repas seront financés par l’ANR.

Les propositions sont à envoyer avant le 15 juillet 2026
Réponse : 30 septembre 2026

Le formulaire ci-dessous est à adresser à :
Emmanuelle.Santinelli@uphf.fr, adrien.bayard@univ-artois.fr, f.bougard@irht.cnrs.fr, charles.meriaux@univ-lille.fr

NOM, Prénom :
Statut / fonction :
laboratoire de rattachement :
email :
téléphone :
titre de la communication :
approche principale privilégiée :
résumé (1page maximum) :

Comité scientifique et d’organisation :
Adrien Bayard (CREHS, Artois)
François Bougard (IRHT)
Charles Mériaux (HARTIS, Lille)
Emmanuelle Santinelli (LARSH, UPHF)

Source : Nordoc – Archéo

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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