Ces nouvelles rencontres bisannuelles ont pour but de faire enfin se retrouver la multitude d’acteurs et d’actrices qui étudient le passé des régions appartenant à l’ancienne principauté de Liège ou à l’actuelle province éponyme. La deuxième partie du xxe siècle a en effet été marquée par la dilution des liens qui, depuis la structuration des sciences humaines, avaient intimement uni les mondes de l’érudition locale, des institutions culturelles et de la recherche académique. En a résulté à la fois un émiettement des énergies ainsi que l’affaiblissement global de la considération témoignée par la société aux sciences historiques dans le plus large sens du terme, deux phénomènes contre lesquels il nous revient de lutter.
Afin de favoriser les discussions et synergies entre individus, associations et institutions, les présentations seront réservées à des entreprises en cours, y compris celles qui, tout en ayant déjà donné lieu à des publications, assurent une veille effective en vue d’une actualisation des connaissances, et non à des travaux parfaitement clôturés. Suivant la même logique, le programme réservera autant de temps aux échanges qu’aux présentations elles-mêmes (soit deux fois 20 minutes).
Cette première édition abordera quatre thématiques complémentaires, qui chacune pourront être envisagées dans leurs dimensions politiques, économiques, sociales, patrimoniales, muséales et archéologiques :
1°) Activités et mobilités économiques et patrimoine industriel : Des premiers ateliers de taille de la pierre aux grandes usines de l’époque contemporaines, l’histoire de nos régions a été structurée par les flux de marchandises, de capitaux mais aussi de travailleurs. Produites de part et d’autre de la Révolution industrielle, de nombreuses sources, matérielles comme comptables ou administratives, attendent encore d’être exploitées, et d’être articulées avec ce que l’on sait ou peut encore chercher à savoir des itinéraires artisanaux, industriels ou commerciaux.
2°) Genres et société : La recherche des dernières décennies du xxe siècle a été marquée par une prise en compte plus nette des définitions des genres qui se sont opérées au cours des siècles passés. Souvent présentées comme « naturelles », les divisions genrées ont largement contribué à la configuration des sociétés, passées comme actuelles. Elles furent et demeurent pourtant le produit de relations dynamiques, et largement conscientes, dont il importe encore d’élucider bien des aspects.
3°) Vie politique et relations internationales des villes et des campagnes : Très urbanisées, nos régions étaient dans le même temps structurées par un réel maillage campagnard. Or, contrairement à ce que l’historiographie a longtemps considéré, ni les villes ni les villages ne se trouvaient déconnectés des mouvements plus larges qui marquèrent l’histoire des Pays-Bas, de l’Europe ou du monde. On se concentrera ici sur les dynamiques culturelles et gouvernementales que les pouvoirs urbains et ruraux ont pu exprimer localement mais aussi projeter au niveau international.
4°) Pratiques religieuses et philosophiques : La principauté comme la province de Liège virent se développer des cultes indigènes, mais plus encore s’implanter des religions et des systèmes philosophiques qui leur étaient initialement extérieurs avant d’être investis, et influencés, par les populations locales. C’est ce double mouvement d’assimilation (établissements de lieux de culte, immigration des clergés…) et de reconfiguration (création de fêtes locales, accueil d’athées dans les loges maçonniques…) qui sera au centre des travaux liés à cette thématique.
Les candidatures doivent être envoyées pour le 30 octobre prochain à l’adresse christophe.masson@uliege.be. Elles comprendront le titre et un résumé de la communication proposée ainsi qu’une courte biographie de la ou des personnes qui la prononceront. Le comité d’organisation établira et diffusera le programme au cours de la première quinzaine du mois de novembre.
L’inscription aux journées sera gratuite pour les oratrices et orateurs. Toute personne désireuse d’y assister devra adresser un courriel à christophe.masson@uliege.be et verser une Participation aux Frais de 5 € à auprès de l’a.s.b.l. Trésor Trésor Saint-Lambert [IBAN : BE40 7755 9936 7263]. L’accès à la manifestation est gratuit pour les étudiants, chômeurs et bénéficiaire de l’article 27.
Comité d’organisation : Thomas Briamont (Royale Société verviétoise d’Archéologie, d’Art et d’Histoire), Éric Geerkens (Université de Liège), Julien Maquet (Trésor de la Cathédrale), Christophe Masson (F.R.S.-FNRS/Université de Liège), Fanny Moens (Musée de la Boverie), Cécile Quoilin (Musée de la Vie wallonne), Stéphanie Ratz (Société hutoise des Sciences et des Beaux-Arts), Line Van Wersch (Université de Liège).
Informations supplémentaires : christophe.masson@uliege.be







Vous devez être connecté pour poster un commentaire.