Publication – « Die Vita Abt Wilhelms von Hirsau », éd. Denis Drumm

Die in der handschriftlichen Überlieferung stets ohne Autorennamen auf uns gekommene Vita Abt Wilhelms von Hirsau stellt für die deutschsprachige Mediävistik eine zentrale Quelle für die Erforschung des Mönchtums und der Kirchenreform im 11./12. Jahrhundert dar. Ihre Darstellungen zum Leben des berühmten Abtes von Hirsau, der dem Kloster zwischen 1069/71 und 1091 vorstand, sowie zum Machtkampf zwischen König- und Papsttum während des sogenannten Investiturstreits wurden für zahlreiche Thesen und Forschungskonstrukte benutzt, die noch bis heute prominent in der wissenschaftlichen Literatur vertreten sind. Die Edition der Vita Abt Wilhelms, die Wilhelm Wattenbach 1856 in den MGH Scriptores 12 vorgelegt hat, ist nach heutigem Stand der Forschung korrekturbedürftig. Mittlerweile hat sich nämlich nicht nur die bekannte handschriftliche Überlieferung verdreifacht, sondern auch die monastische Forschung der letzten Jahrzehnte hat deutlich aufgezeigt, dass Texte wie die Wilhelmsvita anders zu interpretieren sind als es die noch junge Geschichtswissenschaft des 19. Jahrhunderts vorgab. Der vorliegende Band bietet erstmals eine kritische Neuedition auf Basis aller heute bekannten Abschriften sowie ein metrisches Epitaph auf Abt Wilhelm (BHL 8920) und einen Hymnus. Die beigegebene Konkordanz mit der Wattenbach-Edition sowie ein Register der Stellen sowie der Namen und Wörter bieten einen schnellen Zugriff auf die verwendeten Vorlagen und zentrale Begriffe der Vita Wilhelms von Hirsau.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Die Vita Abt Wilhelms von Hirsau, éd. Denis Drumm, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2025 ; 1 vol., VIII–196 p. (Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum separatim editi 86). ISBN : 978-3-447-12337-2. Prix : € 50,00.

Source : Monumenta Germaniae Historica

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Exposition – Les Très Riches Heures du duc de Berry

Les Très Riches Heures du duc de Berry désignent le manuscrit le plus célèbre du monde. Qualifié de « Joconde » des manuscrits, ce recueil d’offices et de prières personnalisé pour le duc de Berry, frère du roi Charles V, témoigne du faste et du raffinement artistique de la fin du Moyen Âge.

Réalisé tout au long du XVe siècle, ce livre exceptionnel compte parmi ses enlumineurs les frères de Limbourg, éminents artistes attachés à la cour de Bourgogne puis de Berry, qui ont révolutionné l’histoire de l’art. Composées de 121 miniatures, les Très Riches Heures captivent par leurs représentations de châteaux historiques, de scènes princières et des travaux des champs rythmés par les saisons qui ont façonné notre imaginaire du Moyen Âge.

À l’occasion de la restauration de ce chef-d’œuvre, montré seulement deux fois au public depuis la fin du XIXe siècle, une exposition d’ampleur internationale, composée de près de 150 pièces provenant du monde entier, permet d’appréhender chaque étape de la création des Très Riches Heures pendant près d’un siècle et de comprendre les raisons de l’engouement que le manuscrit suscite encore.

L’exposition s’attarde notamment sur la figure de Jean de Berry, son fastueux mécénat et son goût des livres. Pour la première fois depuis la mort du prince en 1416, tous ses livres d’heures aujourd’hui connus sont réunis en un seul et même endroit. Manuscrits, sculptures, tableaux ou précieux objets d’art offrent un panorama complet du contexte de création et de diffusion du plus ambitieux des ouvrages du duc.

Grâce à la restauration du manuscrit en cours, son si célèbre calendrier est exposé dérelié. Venez admirer les Très Riches Heures du duc de Berry comme on ne les verra plus jamais !

Consulter le manuscrit en ligne.

L’histoire d’une découverte progressive

En décembre 1855 réapparaît à Gênes un manuscrit ayant appartenu au duc Jean de Berry (1340-1416). Il est signalé à Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), qui en perçoit le caractère exceptionnel, l’achète aussitôt et en entame l’étude avec les meilleurs érudits de l’époque.

Les Très Riches Heures sont, selon leur dénomination au début du XVe siècle, un livre de prières insigne, commandé vers 1411 par le duc Jean Ier de Berry, frère du roi Charles V, à trois jeunes artistes talentueux, originaires de Nimègue, les frères Paul, Jean et Herman de Limbourg. Ceux-ci sont les neveux du peintre Jean Malouel (v. 1370-1415) et s’entourent des meilleurs copistes et ornemanistes. Commanditaire et peintres meurent en 1416 laissant le manuscrit inachevé.

Tout au long du XVe siècle, d’autres enlumineurs se succèdent pour compléter le manuscrit, tels Barthélémy d’Eyck vers 1440 pour la famille royale, et Jean Colombe vers 1485 pour Charles Ier de Savoie qui hérite à son tour du livre. Dans ce joyau devenu un « livre-cathédrale » sans perdre son unité, se croisent des influences multiples, flamandes, françaises, italiennes, orientales et antiques, peu à peu mises au jour par les spécialistes.

À partir de son installation à Chantilly et des premières reproductions initiées par le duc d’Aumale, le livre acquiert une célébrité mondiale qui lui confère une valeur d’icône du Moyen Âge. Il façonne encore une image poétique et idéale du Moyen Âge dans l’imaginaire collectif.

Les Très Riches Heures comme on ne les a jamais vues

La restauration des Très Riches Heures permet d’exposer les 12 premiers feuillets du manuscrit dérelié. Il s’agit des 6 bifeuillets abritant le calendrier qui se présenteront de manière verticale et seront lisibles recto-verso. Au coeur de l’exposition, des caissons climatiques spéciaux pour chaque bifeuillet seront fabriqués par les restaurateurs pour protéger les pages déreliées.

Cœur du cœur de l’exposition, le manuscrit lui-même, est présenté dans une vitrine particulière. Le livre sera ouvert sur une double page régulièrement changée. Les visiteurs auront aussi la possibilité de se référer à l’ensemble du livre à travers deux feuilletoirs numériques et un fac-similé papier offert au feuilletage.

La restauration, accompagnée par les plus grands experts, a offert l’occasion de mener des analyses jamais réalisées sur l’ouvrage, pour en comprendre chaque étape de création et chaque touche de pinceau. Le récit des découvertes et l’imagerie scientifique des analyses confiées au C2RMF feront l’objet d’une restitution audiovisuelle, dans une salle dédiée.

Une bibliothèque princière

Un partenariat exceptionnel avec la Bibliothèque nationale de France permet la présentation d’une grande partie de la riche bibliothèque du duc de Berry, l’une des plus fameuses du Moyen Âge. Une trentaine de manuscrits complète l’ensemble qu’abrite déjà Chantilly pour refléter le faste, le goût et la culture du prince.

Les étapes de création des Très Riches Heures

L’exposition met en évidence le rôle majeur des frères Limbourg, concepteurs du livre, et présente les principales personnalités artistiques qui s’y sont exprimées, leurs spécificités et leurs sources d’inspiration.

Campagne participative

Pour préserver ce chef-d’œuvre unique hérité du Moyen Âge, le musée Condé mène un projet de restauration historique, visant à stopper les dégradations du parchemin et de la couche picturale ainsi qu’à réparer la reliure.
J’adopte le mois de septembre

Informations pratiques :

Château de Chantilly

Exposition du 7 juin au 5 octobre 2025
Tous les jours sauf le mardi

Exceptionnellement, le Jeu de Paume fermera ses portes à 16h le 7 juin. 

Lieu : Salle du Jeu de Paume

Source : Château de Chantilly

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Journée d’étude – La sculpture monumentale médiévale à l’épreuve du musée : enjeux, conceptions, réceptions

Lundi 30 juin 2025, de 14h à 17h
Mardi 1er juillet 2025, de 9h à 12h30
Centre Dominique-Vivant Denon (Musée du Louvre, entrée Porte des Arts, face au Pont des Arts)

Entrée gratuite, sur inscription à l’adresse : programmation-centre-vivant-denon@louvre.fr

La présentation de sculptures provenant d’édifices religieux du Moyen Âge dans des musées pose de nombreuses questions. Les visiteurs peuvent légitimement être déroutés par des œuvres arrachées à leur cadre architectural et détachées de leur contexte culturel. Comment répondre aux attentes du public et « faire parler les pierres », pour reprendre le beau titre d’une exposition récente ? À partir des interrogations du musée des Augustins à Toulouse, dont les collections sont exemplaires à cet égard, et d’un programme de recherche mis en œuvre il y a quelques années à l’Institut national d’histoire de l’art, nous avons convié des spécialistes provenant d’horizons géographiques et professionnels très variés, pour réfléchir ensemble aux défis que posent la transmission, l’interprétation et la réception du message (ou plutôt des messages) de ces sculptures souvent magnifiques, mais parfois difficiles à appréhender sans quelques clés.

14h
Accueil

Première session

Présidée par Pierre-Yves Le Pogam, conservateur général, département des Sculptures, musée du Louvre

14h15
Les mises en scène immersives de la sculpture médiévale. À la recherche muséographique du temps perdu
Wolfgang Brückle, professeur, Hochschule Luzern – Design Film Kunst

14h35
Écrire une histoire de l’architecture grâce à la sculpture : l’exemple du musée des Monuments français
Isabelle Marquette, conservatrice du patrimoine, Cité de l’architecture et du patrimoine

14h55
(Re-)construire le Moyen Âge dans les musées américains des années 1930 : de Philadelphie aux Cloîtres
Iñigo Salto Santamaria, collaborateur scientifique postdoctorant, Technische Universität Berlin

15h15
Discussion

15h35
Pause

Deuxième session

Présidée par Sophie Jugie, directrice, département des Sculptures, musée du Louvre

16h05
Entre chapiteaux et chimères. Discours fragmentaires et fragmentés au Musée d’Art Décoratif de Buenos Aires
Nadia Mariana Consiglieri, professeure et maîtresse de conférences, Facultad de Filosofía y Letras, Universidad de Buenos Aires, et chercheur assistant, Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas

16h25
L’inclusion au service des collections : enrichir la médiation en déployant la conception universelle sur chaque cartel de musée
Muriel Molinier, maîtresse de conférences, Université Versailles Saint-Quentin / Paris-Saclay

16h45
Discussion

17h05
Fin de la première journée

9h
Accueil

Troisième session

Présidée par Philippe Cordez, directeur adjoint, direction des études muséales et de l’appui à la recherche, musée du Louvre

9h30
Sculptures from the Destroyed Romanesque Cathedral of Novara. A Proposal for Musealisation
Eleonora Casarotti, chercheuse, Dipartimento di Studi Umanistici, Università degli Studi di Pavia

9h50
Le musée de Souvigny : une collection lapidaire en écho à une prestigieuse église prieurale clunisienne
Matthieu Pradels, référent scientifique, musée de Souvigny

10h10
Problématiques pédagogiques de restitution et de mise en contexte d’un monument disparu : le cas du tombeau de saint Lazare d’Autun
Axelle Goupy, conservatrice-adjointe du Panoptique d’Autun, musée Rolin, et Agathe Mathiaut-Legros, directrice des musées et du Patrimoine de la ville d’Autun

10h30
Discussion

10h50
Pause

Quatrième session

Présidée par Damien Berné, conservateur en chef, musée de Cluny – musée national du Moyen Âge

11h20
La sculpture monumentale médiévale à l’épreuve d’un musée de collectionneurs : le cas du musée Dobrée (Nantes) rénové
Mathilde Villette, conservatrice du patrimoine, musée Dobrée

11h40
Medieval Death at The Metropolitan Museum of Art
Shirin Fozi, Paul and Jill Ruddock associate curator, The Metropolitan Museum of Art and The Met Cloisters, et Lucretia Kargère, conservator, The Metropolitan Museum of Art and The Met Cloisters

12h
Présenter des éléments lapidaires altérés de Notre-Dame de Paris en « réalité mixte » : retour sur deux dispositifs innovants de mapping holographique
Delphine Syvilay, maîtresse de conférences, Université Sorbonne Abu Dhabi, et Jonathan Truillet, conservateur en chef du patrimoine, adjoint de la directrice générale déléguée de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris
Co-auteurs : Thibault Guillaumont, président, Société Holusion, Damien Berné, conservateur en chef, musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, Elise Baillieul, maîtresse de conférences, Université de Lille, Dany Sandron, professeur, Sorbonne Université, Grégory Chaumet, ingénieur d’étude, Sorbonne Université, et Livio de Luca, directeur de recherche, CNRS

12h20
Discussion

12h40
Fin de la deuxième journée

Lundi 30 juin 2025, de 14h à 17h
Mardi 1er juillet 2025, de 9h à 12h30
Centre Dominique-Vivant Denon (Musée du Louvre, entrée Porte des Arts, face au Pont des Arts)

Entrée gratuite, sur inscription à l’adresse : programmation-centre-vivant-denon@louvre.fr

Deuxième partie de ces journées d’étude : Toulouse, Université de Toulouse, IUT Paul Sabatier, 2-3 octobre 2025

Organisées par le département des Sculptures, le Musée des Augustins de Toulouse, le Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, l’Université de Toulouse, le Groupement d’intérêt scientifique « Patrimoines en partage », réseau de chercheurs en sciences humaines et sociales et de professionnels du patrimoine, avec le soutien de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS, et l’Université de Lille

Programme détaillé ci-après : PROG-journée-étude-sculpture-monumentale-médiévale-3006_01072025-diffusion

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Publication – Glauco Maria Cantarella, « L’impero di Cluny. I monaci della corte celeste »

Il nome di Cluny evoca un connubio indissolubile di spiritualità e potere; tra il X e il XIII secolo, infatti, il monastero che fondò la sua regola sul silenzio si trasformò nell’abbazia più grande della cristianità occidentale, un vero impero della fede, più potente della stessa Roma papale. Il volume racconta come quella di Cluny non fu solo una storia di osservanza e innovazione della regola benedettina, ma un’inarrestabile ascesa spirituale che, grazie al carisma degli abati e all’ambizione di dominare il mondo monastico, rese i suoi monaci un’aristocrazia della preghiera, capace di trattare alla pari con papi e imperatori. Cluny fu il centro di un grande impero che estendeva le sue reti nell’Europa occidentale, dalla Borgogna all’Italia, alla penisola iberica all’Inghilterra. I monaci cluniacensi erano la corte celeste che aveva come perimetro il mondo terreno e come prospettiva i cieli divini. Il percorso tracciato da questa aristocrazia della fede non fu lineare ma fu inarrestabile, la sua influenza mutò nei secoli, e pian piano si spense, molto lentamente.

Breve introduzione
1. Alle origini della regola della perfezione

La rinuncia al mondo/Il monachesimo di Cluny/L’imprevedibile crescita
2. La vita quotidiana verso la perfezione
La castità come esercizio della volontà/Il silenzio garanzia dell’ordine di vita/Il regime alimentare, senza eccessi/L’abito, il dovere dell’humilitas/Il canto, lavoro di Dio
3. L’abate re: Odilone
L’impero della preghiera/La verginità e il trionfo sulla morte/Un mondo a parte: l’espansione di Cluny
4. La gloria
Tecnica del colpo di Stato: l’elezione di Ugo I/Cluny tra papato e impero/La galassia cluniacense: la corte celeste
5. Il cantiere della cristianità
Oro e pietra/Secolo nuovo, soluzioni nuove/L’abate Ponzio e la via di Spagna/L’ambizione frustrata: essere papa
6. Roma, il buco nero
L’obbedienza al papa/Lo scontro con Roma/Le investiture/Il primato del papa
7. La crisi sotterranea
Tecnica del colpo di Stato con destituzione: Ugo II, Pietro il Venerabile/I seniores e l’interregno/La partita mortale
8. La fine dell’egemonia
Cluniacensi e cistercensi/Diversi, ma non nemici/Lotta aperta/Come gli altri? Lo scisma del 1130 e il mondo nuovo/La cittadella della cultura
9. I castelli del cielo assediati dai demoni
Tecnica del colpo di Stato con delitto: Ugo III/Monaci contro monaci/Vestigia dell’impero della fede
Note
Indice dei nomi

Informations pratiques :

Glauco Maria Cantarella, L’impero di Cluny. I monaci della corte celeste, Rome, Carocci, 2025 ; 1 vol., 212 p. (Frecce). ISBN : 978-8-82903-035-4. Prix :€ 21,00.

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Table-ronde – Lire le droit du Moyen Âge Comprendre et utiliser les sources juridiques (XII -XV siècle)

Vendredi 4 juillet
14h-18h

Faculté de droit et de science politique
Université de Versailles Saint-Quentin-en-
Yvelines (UVSQ)

3 rue de la division Leclerc 78280 Guyancourt
Inscription obligatoire à l’adresse :
diane.baudoin@uvsq.fr

En présentiel et distanciel sur Zoom.

TABLE RONDE N°1
14H00-15H40

Présidence : Dario Mantovani, Professeur de droit romain, Collège de France, Chaire Droit, culture et société de la Rome antique

14h20 – Emanuele Conte, Professeur titulaire d’histoire du droit, Université Roma Tre et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
14h40 – Corinne Leveleux-Texeira, Professeur d’histoire du droit, Université d’Orléans etdirectrice d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes
15h00 – Frédéric Martin, Professeur d’histoire du droit, Université Paris-Est Créteil
15h20 – Raphaël Eckert, Professeur d’histoire du droit, Université de Strasbourg
Échange entre discutants et discussion avec le public
Pause (15 min)

TABLE RONDE N°2
16H20-18H00

Présidence : Sophie Petit-Renaud, Professeur d’histoire du droit, UVSQ Paris-Saclay

16h40 – Louis Genton, ATER en Histoire du Moyen Âge, Université de Lorraine (Metz) et
chercheur associé au laboratoire DYPAC, UVSQ Paris-Saclay
17h00 – Nicolas Kermabon, Professeur d’histoire du droit, Université des Antilles
17h20 – Floriane Masséna, Maître de conférences en histoire du droit, Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne
17h40 – Florian Reverchon, Professeur d’histoire du droit, Université Toulouse Capitole
Echange entre discutants et discussion avec le public

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Offre d’emplois – Call for Applications: 2 postdoc positions (Naples ‘L’Orientale’, ERC TabulaRasa project)

The University of Naples ‘L’Orientale’ invites applications for two postdoctoral positions within the ERC-funded project TabulaRasa. Clay, wax, and the impact of erasable writing technologies on manuscript cultures (2025–2030, PI: Michele Cammarosano).

Each position is offered as a two-year contract, renewable up to a total of five years (gross salary: €40,000 p.a.).

The two researchers will study the use of rewritable media—especially wax tablets—in (1) the Greco-Roman world and (2) Medieval and Early Modern Europe, focusing on historical, codicological, and palaeographical aspects. They will also support material analysis and experimental activities.

TabulaRasa takes the use of clay and wax tablets in the Ancient Near East, the Classical world, and Medieval to Early Modern Europe as the centerpiece of a comprehensive exploration of the role of rewritability in manuscript cultures, adopting an interdisciplinary approach combining artefact study, material analysis and experimentation.

Official job ad: https://titulus-unior.cineca.it/albo/ , no. 392 (June 17, 2025).

Project info: https://sites.google.com/view/ductulivesuviani/neverending-manuscript/tabularasa 

For further information and support on formalities, please contact Michele Cammarosano(mcammarosano@unior.it).

Source : Tabula Rasa

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Publication – « Konrad II. (1024–1039). Die Anfänge des salischen Königtums in europäischer Perspektive », éd. Julia Exarchos, Florian Hartmann

Am 4. September 1024 wurde Konrad II. als erster Herrscher der salischen Dynastie in Kamba zum römisch-deutschen König gewählt und bald darauf in Mainz gekrönt. Zwei Wochen später bestieg er symbolträchtig den Thron Karls des Großen in der Aachener Marienkirche. Das 1000-jährige Jubiläum dieser Ereignisse gibt Anlass, die Zeit Konrads II. in einer europäischen Perspektive neu zu beleuchten. Denn während die spätere Zeit der Salier infolge der Verwerfungen des Investiturstreits, der Exkommunikation von Konrads Enkel Heinrich IV. und der Papstschismen die Forschung zuletzt intensiv beschäftigte, ist die erste Hälfte des 11. Jahrhunderts aus dem Blick geraten. Der vorliegende Band, der aus einer wissenschaftlichen Konferenz in Aachen hervorgeht, schließt diese Lücke. Forschungsgegenstand sind nicht nur Konrad II., seine Frau Gisela und die mächtigen politischen Akteure Europas, sondern auch struktur- und kulturgeschichtliche Prozesse auf dem gesamten Kontinent, deren Auswirkungen im Verlauf des 11. Jahrhunderts noch folgenreich werden sollten.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Konrad II. (1024–1039). Die Anfänge des salischen Königtums in europäischer Perspektive, éd. Julia Exarchos, Florian Hartmann, Göttingen, 2025 ; 1 vol., 482 p. (Papsttum im mittelalterlichen Europa). ISBN : 978-3-412-53211-6. Prix : € 80,00.

Source : Vandenhoeck und Ruprecht

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Colloque – Les ducs de Bourgogne dans les conflits de leur temps (XIVe-XVIe siècles)

En partenariat avec l’Université de Paderborn. Avec le soutien de l’Institut zur interdisziplinären Erforschung des Mittelalters und seines Nachwirkens (IEMAN) und des Belgienzentrums (BELZ) et de la Fondation pour la Protection du Patrimoine Culturel, Historique et Artisanal (Lausanne).

Les ducs de Bourgogne ont mené de nombreux conflits bien connus : contre les Armagnacs, Charles VII, les villes de Flandre, l’empereur ou les Suisses, et ces conflits ont marqué de manière décisive l’image des ducs. Mais, s’ils ne seront pas exclus par principe du champ balayé par les Rencontres organisées à Paderborn, les grands conflits n’y seront pas mis en exergue. Il s’agira plutôt d’analyser le comportement des ducs dans les conflits régionaux et locaux dans lesquels ils n’ont pas d’emblée agi en tant que partie du conflit, mais se sont efforcés soit de trouver un équilibre avantageux, en ce compris pour leur personne, soit d’aider un allié, soit de provoquer une décision allant dans le sens de leur politique. Dès lors, il conviendra d’examiner de plus près d’une part les formes d’influence sur les parties en présence et d’autre part les modalités de règlement des conflits, soit les légations, les négociations, les alliances, la création de réseaux, la mise en place d’une clientèle noble à laquelle il était possible de faire appel en cas de conflit, mais aussi le recours à des médiateurs ou à l’arbitrage, le rôle des accords oraux, des contrats et des rituels.

Dans la mesure où les interventions des ducs ont parfois servi à étendre leur propre influence dans les régions voisines, il est possible de lier à l’étude du comportement ducal en cas de conflit les questions relatives aux formes et aux instruments de la politique d’expansion des ducs Valois (par ex. en Hollande, Hainaut, Gueldre, Utrecht, Cologne ou Liège). En outre, il peut également être intéressant d’analyser comment les ducs se sont comportés lorsqu’ils ont été confrontés, en tant que partie au conflit, à l’exigence d’accepter une médiation par une tierce partie (Gand, 1452) ou de se soumettre à un tribunal arbitral (Tournai, 1438 ; Luxembourg, 1454). Les interventions ducales lors de litiges dans certaines villes entre le clergé et le gouvernement municipal et certains groupes sociaux peuvent également constituer un champ d’étude fructueux (Besançon, Liège). Comme de coutume, ce même examen peut être mené au XVIe siècle par leurs successeurs Habsbourg.

Toute une série de questions possibles peuvent découler de ce qui précède : pour quelles raisons les ducs et les Habsbourg sont-ils intervenus dans les conflits ? Par l’intermédiaire de quelles personnes ont-ils établi des contacts ? De quelle manière et avec quels moyens ont-ils tenté d’imposer leurs propres intérêts et d’instrumentaliser le conflit dans leur sens ? S’efforçaient-ils consciemment d’apparaître comme des faiseurs de paix ou du moins d’être perçus comme tels et comment présentaient-ils généralement leur propre engagement ? Leurs objectifs et leurs méthodes ont-ils évolué au cours du conflit ? Peut-on identifier les facteurs qui leur ont permis d’agir avec succès ou les raisons pour lesquelles ils ont échoué ?

Jeudi 25 septembre 2025

Dès 9h00

Accueil des participants

9h30-10h00

Mot de bienvenue au nom de l’Université de Paderborn par Monsieur Hermann Kamp, professeur d’histoire médiévale

Réponse au nom du CEÉB par S.A.S. le Duc Léopold d’Arenberg, Président du Centre

Les ducs de Bourgogne, acteurs de conflits dynastiques et urbains

10h00-10h30

Georg Jostkleigrewe (Halle), Les ducs Valois face à la longue durée des conflits capétiens

10h30-11h00 Pause

11h00-11h30

Camille Rutsaert (Bruxelles), Entre manipulation et profits mutuels, les enjeux de la succession brabançonne en contexte des guerres de Gueldre (1385–1390 et 1397– 1399). Philippe le Hardi face à Jeanne de Brabant, sauveur magnanime ou héritier cupide et sans scrupule ?

11h30-12h00

Julien Lagalice (Besançon), « Pour en parler a monseigneur le duc et tant fere envers ly ». Philippe le Bon, Besançon et l’archevêque : apaiser, négocier et gouverner la cité (1444–1454)

12h00-12h15 Pause

12h15-12h45

Anne-Frédérique Provou (Lille), Soutenir ou réprimer ? Philippe le Bon et Charles le Téméraire comme arbitres dans les conflits audomarois au XVe siècle

Pause-déjeuner – reprise à 14h15

Droit, faide et justice

14h15-14h45

Michael Depreter (Bruxelles), Pierre de Hagenbach face à la Ligue de Constance. Un procès pour en finir avec l’influence bourguignonne en Empire ?

14h45-15h15 Pause

15h15-15h45

Malte Prietzel (Paderborn), La Faide de Soest

15h45-16h15

Alison Leininger (Nancy), Charles le Téméraire, acteur ou arbitre en Lorraine ? Le cas du conflit entre les Neufchâtel et les Angevins (1467–1472)

17h00-18h30

Visite guidée de la ville de Paderborn (Palais de Charlemagne, Église cathédrale, Musée de Kaiserpfalz)

19h00

Réunion du Comité exécutif du CEÉB (Repas libre)

Vendredi 26 septembre 2025

Politique étrangère et exercice du pouvoir en Bourgogne

9h00-9h30

Fabio Ventorino (Liège), Les nécessités de la défense. L’action de Philippe le Hardi dans le duché de Bourgogne contre les ennemis du royaume (1363–1369)

9h30-10h

Nils Bock (Münster), Faire la paix pour mieux s’imposer ? La médiation bourguignonne entre le Danemark et l’Angleterre au XVe siècle

10h00-10h30 Pause

10h30-11h00

François Foulonneau (Paris), Être juge et partie. Les ducs et la possession de la seigneurie de Jonvelle (XVe siècle–1510)

11h00-11h30

Yves Huybrechts (Paderborn), Die Brabanter und Gelderner Lehnsrechte als Teile der Interventionspolitik Karls V. in Ostfriesland, 1530–1548

Pause-déjeuner

14h00

Visite de Soest

20h00

Repas officiel du CEÉB (Galeriehotel Abdinghof, Bachstrasse 1)

Samedi 27 septembre 2025

Stratégies de maintien au pouvoir, communication, opinion publique

9h00-9h30

Mauréna Benteboula (Lille), Au nom de l’oncle, du fils et de la Bourgogne. Catherine de Clèves, une duchesse prise entre les feux de la guerre et les déchirements familiaux

9h30-10h00

Marie Verbiest (Neuchâtel), Les feuilles d’actualité sur les guerres de Gueldre (1538– 1543), chambre d’écho des guerres d’Italie ?

10h00-10h30 Pause

10h30-11h

Jean-Marie Yante (Louvain), Le Luxembourg et Metz face à l’expansionnisme français (1542–1559)

11h15-12h15

Assemblée générale statutaire du CEÉB Fin des travaux

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Colloque – Good Governance and the Built Environment of Late Medieval Cities (1200-1700)

Royal Library of Belgium in Brussels (KBR)
Kunstberg 28, 1000 Brussels
Salle Panorama

Wednesday 3 September 2025

13:00 Welcome

13:30-15:15 Session 1: Governing and Building the City: An Introduction (Session chair: Jan Dumolyn)

Nele De Raedt (UCLouvain) – Good Governance and the Built Environment: Central Themes and Questions

Philip Muijtjens (UCLouvain) – A Curriculum for a City? The Library in the Palazzo Comunale of Pistoia (1458-1461)

Minne De Boodt (KU Leuven/UCLouvain) – Building Brussels in Time of Political Transformation: Dialogues on Good Governance and the Built Environment (1400-1466)

15:45-17:00 Session 2: Governing Ideals and the Built Environment (Session chair : Jelle Haemers)

Niklas Groschinski (Oxford University) – Leisure Spaces, Sensorial Pleasure, and Public Health in Premodern City Planning

Julien Régibeau (ULiège) – Order and Architecture: Policing the City of Liège during the Chiroux–Grignoux Conflict

Thursday 4 September 2025

09:00-10:15 Session 3 : Municipal Authorities and the Design, Instrumentalization and Regulation of the Built Environment (Session chair: Chris Fletcher)

Frans Camphuijsen & Nathan van Kleij (Amsterdam University) – A Matter of Morals: Stone Fines, Good Governance and the Urban Fabric in Late Medieval Towns

Anna Pomierny-Wąsińska (University of Warsaw) – Just Measures: Surveyors, Space, and Urban (Good) Governance in Late Medieval Florence

10:45-12:30 Session 4: The Endowment of Semi-Public Organisations (Session chair: David Napolitano)

Angela Isoldi (Radboud University) – Spatial and Social Networks: Endowments Shaping the Urban Fabric in Mamlūk Cairo (1250-1517)

Theodora Giovanazzi (Swiss Federal Technology Institute Lausanne) – Governing through Housing: The Scuole Grandi and Urban Welfare in 16th-Century Venice

Emine Öztaner (Ibn Haldun University) – Nurbanu Sultan’s “Waqf Neighborhood” in Üsküdar: Constructing, Populating and Governing Ma‘mûre (16th and 17th Centuries)

13:30-15:00 Visit to collections of the KBR

15:00-16:45 Session 5: Collaborating Social Groups (Session chair: Minne De Boodt)

Merlijn Hurx (KU Leuven) – “Civic” and “Royal” Meat Halls in the Low Countries in the 15th and 16th Century

Emmanuel Joly (UCLouvain/IRPA) – The Prince and the Canons: Collaboration and Decision-Making in the remodelling of Liège’s Built Environment in the First Half of the 16th Century

Giuliana Mosca (Independent Scholar) – “In grande honore de la cità”: Government, Urban Space, and Architecture in 15th-century Perugia

Friday 5 September 2025

09:00-10:15 Session 6: The Representation of Governance (Session chair: Philip Muijtjens)

Elizabeth Den Hartog (Leiden University) – Local Lords on the Façade of Veere’s Town Hall (Netherlands). The Lords of Veere and their Relations with the Habsburg Regime in the Late 15th and Early 16th Centuries

Susan Tipton (Independent Scholar) – Good governance and the Built Environment: The Great Map of Augsburg (1626) and the Renewal of Civic Architecture in the Imperial City around 1600

10:45-12:00 Session 7: Ideal of Good Governance and Architectural Theory (Session chair: Nele De Raedt)

Miara Fraikin (KU Leuven) – “Building on the Foundations of Piety”: Architecture and Female Governance in 16th-Century France and the Low Countries.

Mats Dijkdrent (UCLouvain) – Engelbert of Admont as an Architectural Theorist: Ideas on Morally Good Architecture in 14th-Century Mirror Literature

13:30-15:00 Final discussion

Publié dans Colloque | Commentaires fermés sur Colloque – Good Governance and the Built Environment of Late Medieval Cities (1200-1700)

Appel à contribution – Présents prodigieux. Représentations, usages et savoirs de l’extraordinaire à l’épreuve du temps (XVe – XVIIe siècle)

Objet aux contours fluctuants, le prodige, dans l’Europe des XVe–XVIIe siècles, se décline sous de nombreux quasi-synonymes (événements surnaturels, merveilleux, admirables ou terrifiants). Pour en cerner les contours sans en exclure les débats, nous suivrons la définition de Nicolas Balzamo (2014), qui voit dans le prodige un événement surnaturel — comète, tempête, naissance monstrueuse, désastre — ne manifestant pas de façon indiscutable la puissance divine, contrairement au miracle — conversion soudaine, source tarie qui rejaillit… Depuis les travaux de Jean Céard (1977), cet objet a retenu l’attention des historiens, historiens de l’art et littéraires (voir Jensen et al., 2022) et continue de faire ses preuves, comme l’illustre le projet Spectacles célestes dirigé par Florian Métral. Ce colloque propose d’en renouveler l’approche en l’inscrivant dans une réflexion sur les temporalités — et tout particulièrement sur le présent, ce moment instable où surgit l’extraordinaire et où se cristallisent interprétation et alerte (Blanc et al. 2023).

Quel que soit le terme employé ou la nature de l’événement, le prodige se distingue en effet par une temporalité singulière. Il réintroduit l’inattendu dans le présent et permet d’interroger la manière dont une époque se comprend elle-même, dans son actualité et son immédiateté. Ce « présent prodigieux » n’est pas une simple transition : il constitue un moment saturé d’enjeux affectifs, politiques et cognitifs. Par ses effets immédiats — peur, émerveillement, rire, sidération —, le prodige reconfigure le présent et suscite un foisonnement de récits, d’images ou de discours. Objet de controverses orales ou écrites, il circule dans des formats variés, du traité érudit à la polémique, du libelle à la chronique. Le réel fissuré se reconstruit alors dans les signes qu’il délivre et dans les savoirs qu’il permet de forger.

Ce colloque entend montrer en quoi la période 1400–1700 constitue un moment d’intense diversification des appropriations du prodige. Il s’agira d’identifier les acteurs qui s’en emparent, les formes qu’ils mobilisent et les outils interprétatifs qu’ils élaborent. L’ampleur chronologique retenue permettra d’éclairer ruptures et continuités dans les représentations, fonctions et théorisations du prodige, au fil des mutations techniques — comme l’imprimerie — et des bouleversements politico-religieux liés à la Réforme.

Ce colloque aborde des thématiques en résonance avec Capturing the Present in Northwestern Europe (1348–1648), projet interdisciplinaire porté par les universités de Lille, Lausanne et Neuchâtel. Nous invitons les chercheuses et chercheurs dont les travaux portent sur la France, les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Angleterre (XVe–XVIIe siècle) à proposer une communication relevant d’un ou plusieurs des trois axes suivants.

Axe 1 : Représenter le prodige

Le prodige est une notion instable, traversée de débats sur son origine, sa signification et sa légitimité. Entre les XVe et XVIIe siècles, il peut être signe divin ou illusion risible, événement destructeur ou source d’émerveillement (Céard 1977 ; El Kenz et Vignaud 2016). Cette ambivalence rend sa définition délicate. La distinction moderne entre miracle et prodige ne s’impose qu’au début du XVIe siècle, notamment avec le Dialogorum de Prodigiis de Polydore Vergile, et le vocabulaire demeure fluctuant. Monstra, prodigia, ostenta, portenta, merveille, miracle coexistent sans hiérarchie fixe (Fontaine 2019). D’où la nécessité d’une approche nuancée, fondée sur la diversité des sources — textes savants, imprimés, images, récits populaires —produites dans un contexte traversé par les conflits confessionnels et les progrès scientifiques.

Par sa nature étonnante, le prodige nourrit autant les récits littéraires que les représentations iconographiques. Il s’inscrit dans des narrations de l’instant (feuilles d’actualité, premières presses) (Arblaster 2014 ; Pettegree 2014) mais aussi dans des chroniques du quotidien (journaux, almanachs) et dans des recueils que l’héritage paradoxographique antique continue d’alimenter. Peintures, enluminures et gravures fixent à leur tour le prodige en image et en construisent un récit visuel. Chaque médium, avec ses contraintes propres, influe sur la manière de représenter l’irruption de l’extraordinaire dans le temps ordinaire (Berns 2016) et offre un point d’entrée fécond pour reconsidérer la question classique des réceptions populaires (Chartier 1987), en révélant des appropriations multiples au sein de publics très divers.

Les recueils de prodiges articulent souvent le présent et des événements antérieurs. Les incendies naturels, par exemple, sont mis en parallèle avec la destruction de Sodome et Gomorrhe, tandis que dans les tableaux de Joachim Patinir ou Herri met de Bles, ces cités bibliques prennent l’apparence de villes contemporaines. À l’inverse, certains auteurs mobilisent le passé pour souligner l’inédit du présent : Rege Sincera, dans son récit de l’incendie de Londres, relègue le feu de Malines au rang d’épisode exagéré ou limité. L’organisation chronologique des recueils participe à la construction d’un sens historique du prodige déterminant la portée morale ou théologique des événements. Pierre Boaistuau, dans ses Histoires prodigieuses, affirme rapporter les cas « les plus memorables » depuis la naissance du Christ jusqu’à son siècle : il inscrit ainsi les prodiges dans un temps chrétien continu. D’autres, comme le Livre des Miracles d’Augsbourg, les encadrent entre Genèse et Apocalypse, soulignant leur fonction eschatologique.

Dans les imprimés, manuscrits ou recueils illustrés, texte et image collaborent pour figurer le prodige. Tandis que le récit recompose l’événement dans une temporalité linéaire, les images en condensent l’instant le plus spectaculaire ou juxtaposent plusieurs scènes, créant un « présent visuel » intensément lisible. Ainsi, dans le manuscrit des Histoires prodigieuses (1559) de Pierre Boaistuau, l’enluminure du deuxième chapitre montre simultanément une comète et le siège de Jérusalem, induisant visuellement un lien de causalité entre deux événements historiquement disjoints dans le texte. Ces représentations mobilisent un large registre d’émotions — effroi, émerveillement, stupeur, parfois même rire — qui favorise l’adhésion du lecteur ou du spectateur.

Le prodige devient un théâtre affectif dans lequel l’observateur se projette, voire se constitue en témoin ou en acteur (Chiari, 2019). À travers ces dispositifs formels, un présent prodigieux se rejoue dans la réception, saturé d’intensité et porteur d’interprétation.

Axe 2 : Fonctions de l’extraordinaire

Si le prodige fascine par ses formes, il opère aussi comme vecteur de discours, d’interprétation et d’autorité. Objet de savoir, d’action et de controverse, il pénètre toutes les sphères du présent — non comme simple événement, mais comme révélateur de la manière dont une société se pense dans son actualité. Il peut dénoncer ou alerter, mais aussi réjouir, consoler ou légitimer. Cette puissance herméneutique fait cependant débat. Dès le XVIe siècle, Montaigne dénonce les « quetteurs de signes » qui prétendent percer les intentions divines (Céard, 1977).

Qui peut parler du prodige, et comment ? Le croisement de la rhétorique, de l’analyse du discours, de l’iconographie et de l’histoire du livre permettra d’évaluer les configurations — matérielles ou textuelles — qui favorisent la construction d’un sens (Jeanneret, 1994). Le prodige devient ainsi l’un des vecteurs par lesquels le présent est mis en récit, en débat ou en tension. En cela, il éclaire le régime d’historicité d’une époque (Hartog, 2003), c’est-à-dire la manière dont elle articule passé, futur et actualité.

Dans le contexte de la Réforme, des affrontements confessionnels ou des tentatives de pacification, le prodige, inscrit dans des usages religieux dynamiques, fonctionne comme médiateur ou catalyseur, comme un outil rhétorique et pédagogique ou encore comme activateur du culte des saints (Vauchez, 2006) ou des reliques (Guyard, 2016). Il renforce le lien entre cités terrestre et céleste et, par son pouvoir d’attraction, il recentre l’attention sur le présent : non plus seulement sur l’éternité ou le salut, mais sur l’actualité du monde. Il peut également manifester la bienveillance divine ou protéger une communauté dans l’incertitude, assumant ainsi une fonction consolatrice, édifiante voire réparatrice.

En matière de politique, le prodige constitue un outil stratégique de lecture et de mise en scène du présent. Dans un contexte de guerre ou de crise, signes célestes et catastrophes deviennent autant d’oracles politiques : ils désignent les coupables ou les élus, justifient une victoire ou annoncent une chute. Le prodige accompagne ainsi la construction du pouvoir, notamment monarchique. Il peut légitimer le souverain — ou, au contraire, nourrir une critique de son règne. Ainsi, le 21 juin 1660, le tremblement de terre pyrénéen survenu lors du retour de Louis XIV de son mariage donne lieu à deux lectures opposées : présage de malheur ou manifestation de puissance (Quenet 2010). Cette souveraineté herméneutique n’est jamais acquise. Le roi peut tenter de monopoliser l’interprétation des signes — par la loi, la censure ou la parole autorisée — mais reste exposé à des discours concurrents. La longue durée permettra de repérer les permanences de cette dynamique, des présages de la royauté d’Uther Pendragon dans l’Historia regum Britanniae (1135–1138) à La comete de l’ire de Dieu (1611), qui, à l’avènement de Louis XIII, appelle à un durcissement du catholicisme.

Loin d’être un simple symptôme de désordre, le prodige devient une forme active d’élaboration du présent. Il articule perception, interprétation et action — parfois immédiate, comme dans le Memoriaelbouck, où l’incendie de Haarlem (1576) suscite des processions publiques pour conjurer le mal. Au croisement du théologique, du politique et du sensible, il active les affects et légitime les discours. Il engage ainsi la capacité d’une société à construire une lecture de son actualité, à produire du sens face à l’événement. Le prodige permet dès lors d’interroger ce que la cité, l’État ou la chrétienté attendent de son présent — et ce qu’ils cherchent à y inscrire.

Axe 3 : Théoriser le prodigieux

Qu’il soit attribué à Dieu ou à la nature, le prodige devient, du XVe au XVIIe siècle, un objet de savoir, progressivement intégré aux tentatives de compréhension du monde. L’imprimerie joue un rôle clé dans ce processus : elle assure une diffusion élargie des textes et favorise leur actualisation. Ainsi, la Cosmographia Universalis de Sebastian Münster connaît 35 éditions entre 1544 et 1628, chacune enrichie de données nouvelles. Les traités de médecine, de botanique ou d’astronomie, en pleine expansion, ne sont pas les seuls vecteurs de savoir : les imprimés d’actualité, les mémoires et les textes hybrides participent eux aussi à la diffusion voire à la théorisation du prodigieux. Ainsi, l’auteur de l’opuscule intitulé L’effroyable incendie et bruslement general de la grande forest de Boisfort en Picardie choisit d’ouvrir son récit non par les faits eux- mêmes, mais par un exposé savant sur la hiérarchie des éléments, qui en éclaire l’interprétation.

Ces supports mêlent spéculation, récit et observation, souvent à la frontière entre science et croyance. Certaines œuvres, comme Les Monstres des hommes (XIIIe siècle), proposent même une forme d’anthropologie spéculative, où l’extraordinaire devient instrument de réflexion sur les normes, les corps et la condition humaine (Dittmar et Pérez-Simon 2014).

De l’humanisme aux prémices des Lumières, les lectures savantes du prodige s’inscrivent dans un enchevêtrement de temporalités. Tandis que les savoirs antiques sont repris, corrigés ou contestés à la lumière d’observations nouvelles, témoignages contemporains et matériaux historiques se côtoient dans des textes aux formes composites (Vandamme 2015). Les traités scientifiques, notamment, articulent un discours actualisé à des images encore marquées par la tradition médiévale. À cette tension entre passé et présent s’ajoute une projection vers l’avenir : astrologues et naturalistes interprètent les prodiges comme des signes précurseurs (Niccoli 1987, Talkenberger 1990 et Drévillon 1996). Le prodige devient alors un lieu d’articulation entre mémoire, expérience et anticipation — un outil pour penser le présent à travers ses écarts (Baille 2005). Loin d’être un résidu de croyance archaïque, le prodige peut servir de déclencheur à une enquête méthodique : en 1620, L’Histoire veritable de la descouverte de l’eau minerale de la Fontaine de Segray conserve un ton merveilleux tout en élaborant un discours proto-scientifique sur les propriétés curatives de l’eau (Catel 2019).

Le surgissement du prodige impose une réponse immédiate : il faut nommer, expliquer, classer l’inattendu. Ce savoir sous pression met en tension deux temporalités : celle, longue et cumulative, des théories savantes ; celle, brève et réactive, de l’événement. Le « présent prodigieux » devient une épreuve du savoir en train de se faire — une scène de confrontation entre autorité, expérience et croyance. Les traités scientifiques reconfigurent aussi le rapport entre texte et image : l’écrit affirme un savoir actualisé, tandis que l’iconographie reste souvent ancrée dans des codes médiévaux.

Les lectures prophétiques du prodige — qu’elles relèvent de l’astrologie ou de formes de rationalité alternatives — contribuent à produire un avenir pensable à partir d’un présent déstabilisé. Le prodige installe une logique d’alerte, de prévision, parfois de mobilisation. En 1499, les astrologues Johannes Stöffer et Jakob Pflaum publient à Ulm un prognosticon annonçant un déluge universel pour 1524. Ce type de discours inscrit le phénomène dans une continuité interprétative, reliant observation du monde, mémoire des signes et anticipation collective. Il fait du présent un point de bascule, une scène où se rejouent les peurs anciennes et se formulent les attentes nouvelles — entre eschatologie, savoir et gouvernement des possibles.

Pistes de réflexion

Les communications pourront, sans s’y limiter, explorer les liens entre les prodiges et le présent à travers l’une ou plusieurs des questions suivantes :

• Comment les récits de prodiges redéfinissent-ils le présent en le coupant du quotidien ou, au contraire, en l’intégrant à une continuité temporelle plus large ?

• Quelles stratégies narratives ou iconographiques sont mobilisées pour inscrire le prodige dans une chronologie, et que révèlent-elles des régimes d’historicité à l’œuvre ?

• De quelle manière les prodiges servent-ils de jalons dans l’histoire collective ou individuelle — comme marqueurs de rupture, de fondation, de conversion ?

• Comment les temporalités multiples (présent de l’observation, passé scripturaire, futur prophétique) s’articulent-elles dans les discours scientifiques ou religieux sur le prodige ?

• Quels effets produisent les recueils de prodiges lorsqu’ils adoptent une structure chronologique ? Que disent leurs seuils et bornes temporelles de la vision du monde qu’ils proposent ?

• En quoi les controverses autour de l’interprétation des signes prodigieux révèlent-elles des tensions sur le droit de lire le présent et d’en prédire l’avenir ?

• Comment les différentes confessions chrétiennes mobilisent-elles les prodiges pour ancrer leur vision du temps sacré ou eschatologique ?

• Le prodige est-il toujours un événement qui « fait date » ? Peut-il aussi être perçu comme répétitif, cyclique, ou intégré dans une typologie intemporelle ?

• Comment les auteurs articulent-ils un discours de vérité scientifique ou naturaliste avec le temps du récit prodigieux ? Quelles temporalités scientifiques (observation, accumulation, déduction) croisent-elles les temporalités extraordinaires ?

• Comment les figures d’autorité (rois, prédicateurs, astrologues, polémistes) instrumentalisent-elles les prodiges pour façonner une lecture orientée du présent et influer sur les devenirs politiques ou religieux ?

Modalités pratiques

Le colloque aura lieu à l’Universités de Lausanne les 12-13 février 2026. Seront pris en charge le transport et l’hébergement des participant·es ne disposant pas d’un budget de fonctionnement.

Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Une publication des actes est prévue. Les propositions de communication (maximum 300 mots + 1 page de CV avec sélection bibliographique) sont à envoyer aux adresses cordelia.flochic@unil.ch et alexandre.goderniaux@unine.ch avant le 1er octobre 2025. Une réponse sera apportée d’ici au 15 octobre.

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