Dieser dritte und letzte Faszikel schließt nach mehr als 90 Jahren das Editionsprojekt der Briefe des Erzbischofs Hinkmar von Reims ab. Das Layout sowie die Brief- und Seitenzählung der Faszikel MGH Epp. 8,1 (1939) und 8,2 (2018) werden nahtlos fortgesetzt, die Kopfregesten und die Erläuterungen hingegen ausführlicher gestaltet und Editionen dem heutigen wissenschaftlichen Standard angepasst. Für den Zeitraum von 872 bis 882 werden nicht nur die Briefe des Erzbischofs selbst, sondern auch Schreiben Karls des Kahlen, die mit hoher Wahrscheinlichkeit von Hinkmar verfasst wurden, sowie Synodalbriefe, Traktate und hagiographische Schriften berücksichtigt. Ein Anhang bietet 14 Nachträge zu den ersten beiden Teilbänden. Unter den 249 bearbeiteten Nummern finden sich neue Datierungen und Zuordnungen; von den 49 erhaltenen Brieftexten werden 26 neu oder erstmals kritisch ediert. Der Band enthält neben Vorwort und Einleitung zudem Verzeichnisse der Abkürzungen und der abgekürzt zitierten Quellen und Literatur, dazu Register der Handschriften, Absender und Adressaten, Quellen und Zitate sowie Konkordanzen. Die Register und Verzeichnisse erfassen alle drei Faszikel und machen damit die Briefe Hinkmars in ihrer Gesamtheit für die weitere Forschung erschließbar.
Die Briefe des Erzbischofs Hinkmar von Reims, t. 3, éd. Isolde Schröder, Matthias Schrör, Wiesbaden Harrassowitz Verlag, 2025 ; 1 vol., XLI–370 p. (Monumenta Germaniae Historica. Epistolae, 8,3). ISBN : 978-3-447-11971-9. Prix : € 130,00.
Cet ouvrage s’intéresse aux registres notariés d’Apt-en-Provence de 1460 à 1560. Il pose deux questions : peut-on faire de l’histoire sociale sans ou avec seulement les actes notariés ? Cette cité, au tournant du moyen âge et des Temps modernes, était-elle encore médiévale ou déjà une ville de la Renaissance ?
Gabriel Audisio, Une ville au sortir du Moyen Âge : Apt-en-Provence (1460-1560), Paris, Classiques Garnier, 2025 ; 1 vol., 439 p. (Bibliothèque d’histoire de la Renaissance, 6). ISBN : 978-2-8124-3064-0. Prix ; € 29,00.
Linguistic fragmentation contains the risk of cultural separation, while the concept of inclusion implies the recognition of the difference of the Other, which must be recognised in its specificity to develop a process of inclusion. One of the main means of overcoming the dangers hidden in linguistic fragmentation is unquestionably plurilingualism and, relatedly, translation. Translation enables the transmission of content from one linguistic-cultural system to another. Multilingualism is not just a peculiarity of the contemporary age, it is a fundamental phenomenon of the Middle Ages. The conceptual relationship between linguistic fragmentation and cultural inclusion, and the inter-relationships of these two apparently opposing poles with the communicative tool of translation, requires some reflection within the broader framework of translation studies in the Middle Ages. This collection of essays examines the seemingly paradoxical concept of linguistic fragmentation as an instrument of cultural inclusion thanks to the practice of translation.
The essays explain the relationship through translations between many medieval languages and texts, from Icelandic to Italian, from English to French, and more. They examine vernacular circulation of religious texts (translation of the Bible, of hagiographic or homiletic texts, etc.); circulation, thanks to translation, of literary texts (e.g., the translation of epic-chivalric cycles); translation from a koine language to another language and vice versa; and the relationship between the choice of the target language and the socio-cultural context.
Davide Bertagnolli and Alessandro Zironi are Professors of Germanic Philology at the Alma Mater Studiorum – University of Bologna. Davide Bertagnolli’s research field focuses on Middle Dutch, Middle High and Middle Low German languages and texts, while Alessandro Zironi is specialized in Gothic, Lombard and Middle High German languages and texts.
Table des matières :
Challenging Fragmentation, Striving for Inclusion ALESSANDRO ZIRONI
Part One: Adapting to Include
Dal latino al volgare: un’orazione « renana » nel XV e XVI secolo PAOLA SPAZZALI
La traduzione italiana della Vita di santa Brigida di Svezia SILVIA NOCENTINI
Among Languages and Writing Systems: Prayers in Latin and in the Vernacular in Medieval Scandinavia MARUSCA FRANCINI
Sketching Guthlac as a Model of Monastic Virtues: Vercelli XXIII, Guthlac A and the Vita Sancti Guthlaci RAFFAELE CIOFFI
Textual Alterations as Re-translations: John Lydgate’s Aureate Lyrics in Manuscript and Early Print TATSUYA NII
The Translator in the Text: The Narrative Voice of the Middle Welsh Otuel LUCIANA CORDO RUSSO
Part Two: Creation and Transformation
La traduction vieux-slave du Poenitentiale Merseburgense: modèle exemplaire d’entre-deux-langues au Moyen âge MARIYANA TSIBRANSKA-KOSTOVA and IRENA KRISTEVA
Creating a Literary Koine: How Gavin Douglas Translates Repetition in the Eneados MEGAN BUSHNELL
Fragmentation, Translation and Dido’s Diversity MARIAN ROTHSTEIN
Translation, Function, Semantics: from the Romance of Horn to King Horn PIERANDREA GOTTARDI
Inter-Codicality: The Case of Two Manuscripts Belonging to Jeanne d’Evreux, Queen of France ANNE MOURON
Part Three: Language Inclusions
Tristan in Munich, BSB, MS Cgm 51. Observations on an Intermodal Romance ADELE CIPOLLA
Illumination and Text in the Pearl-Manuscript (London, British Library, MS Cotton Nero A.x.) SIBILLA SIANO
Informations pratiques :
Linguistic Fragmentation and Cultural Inclusion in the Middle Ages. Translation, Plurilingualism, Multilingualism, éd. Davide Bertagnolli, Alessandro Zironi, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 326 p. (The Medieval Translator, 22). ISBN : 978-2-503-61364-2. Prix : € 90,00.
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Échéance : 01 Mai 2025 Université du Québec à Montréal Organisé par Sarah Gruszka (Sorbonne Université / EHESS), Guillaume Pinet (UQÀM) et Cécile Rousselet (Sorbonne Université / Sorbonne Nouvelle)
Depuis les années 2000, l’intérêt des chercheurs pour le concept d’héroïsme a cru au point que certains parlent désormais d’heroism studies (Efthimiou et Allison, 2017) ou d’heroism science (Allison, Goethals et Kramer, 2017). Ce courant historiographique émergent dispose aujourd’hui d’une revue académique pluridisciplinaire, affiliée à l’Université de Richmond[1], de centres de recherche et même d’encyclopédies dans les mondes américain et allemand[2]. Les Lieux de mémoire de Pierre Nora ou l’ouvrage collectif La Fabrique des héros (Centlivres, Fabre et Zonabend, 1998) sont à cet égard exemplaire de cet élan historiographique, dont témoigne encore la parution récente de l’étude Succès et échec de l’héroïsation (Cohen et Gangloff, 2025). Ce dynamisme, tout comme les productions qui l’illustrent, témoignent de l’intérêt non seulement scientifique, mais aussi social de cette thématique, dans un contexte de montée du présentisme (Hartog, 2003) et d’incertitudes qui caractérise la fin du xxe et le premier tiers du xxie siècle. La multiplication des commémorations qui accompagnent l’attachement actuel au devoir de mémoire, les bouleversements de la géopolitique mondiale liés aux conflits en Ukraine, au Moyen-Orient et aux tensions en Asie autour de la Corée et de la mer de Chine, ainsi que le retour du spectre des conflits de haute intensité, nourrissent en effet la recherche de repères stables, de personnes, réelles ou fictives, capables d’incarner un système de valeurs ou un idéal de comportement et de le porter à son plus haut degré. À l’inverse, l’attachement des historiographies nationales actuelles au paradigme héroïque, notamment lorsqu’il s’agit de personnages emblématiques, de Jeanne d’Arc à Eva Perón, au passé clair-obscur, comme John A. Macdonald, Hô Chi Minh ou Sékou Touré, ou d’épisodes tragiques comme les deux conflits mondiaux et les génocides des xxe et xxie siècles, rend parfois difficile son analyse, quand bien même s’élaborerait-elle dans une perspective académique. Les réactions émotionnelles teintées de moralisation sont parfois vives quand interroger l’héroïsme est perçu comme un acte presque blasphématoire.
La fabrique des héroïsmes
Défini comme une « force d’âme exceptionnelle » ou comme un « comportement exemplaire caractérisé par un extrême courage face au danger et un dévouement total à la cause pour laquelle on combat »[3], l’héroïsme possède un caractère extraordinaire et hyperbolique qui justifie l’emploi du substantif. Il faut pourtant observer avec Harrison Weinstein l’absence de consensus entourant sa définition[4]. Nombre de travaux qui interrogent la notion constatent en effet qu’un tel exercice résiste à toute approche univoque, tant les normes et les valeurs incarnées par l’héroïsme varient selon les époques, les lieux et les sociétés. Comment comprendre dès lors l’héroïsme autrement qu’au pluriel, tant leshéroïsmes n’apparaissent jamais qu’à travers des contextes, des documents et des conditions redéfinissant sans cesse les enjeux qu’ils soulèvent en pratique (voir Azouvi, 2024) ? Ainsi la Première Guerre mondiale s’accompagna-t-elle d’une « culture de guerre » bouleversant les anciens modèles d’héroïsmes (Becker et Audouin-Rouzeau, 2000). Les tapis de bombes et les gaz de combat rendent inutile la bravoure individuelle, tandis que la position allongée des soldats comme l’inanité des charges de cavalerie face aux premiers tanks renversent les attributs traditionnels de l’héroïsme guerrier (Audouin-Rouzeau, 2009 et 2014). La Grande Guerre a ainsi opéré des mutations dans les expériences de la guerre qui ont entraîné des évolutions dans l’appréciation même d’un possible héroïsme – sur le front comme à l’arrière (voir Campa, 2020, Loez, 2010, ou Lalanne-Berdouticq, 2025).
L’intérêt pour l’héroïsme est lui-même soumis à des variations épousant les dynamiques historiographiques. D’abord lié à l’histoire événementielle et à l’étude des grandes figures de l’histoire militaire, il a reculé ensuite au profit d’une histoire des structures et de la longue durée née durant l’entre-deux-guerres. Ce n’est qu’au tournant du xxe au xxie siècle qu’il renaît à la faveur du « retour de l’événement » (Norat, 1978 ; Rétat, 2001 ; Dosse, 2010) et de l’approche bibliographique (Dosse, 2005) et de l’intérêt renouvelé pour la singularité de la microhistoire (Ginzburg 1980 et 1989 ; Ginzburg et Poni, 1981 ; Levi, 1989). Dans le domaine martial, il est porté par une histoire renouvelée de la guerre sensible dorénavant à l’articulation entre pratiques et représentations (Duby, 1973 ; Bertaud, 1979 ; J. Keegan, 1976 ; Hanson, 1989 ; Lynn, 1984 ; Chaline, 1999 ; Drévillon, 2005). Les chercheuses et chercheurs se préoccupent toutefois désormais moins du héros pour lui-même que de l’héroïsme et de ce qu’il nous dit des groupes humains, de leurs valeurs, de leurs aspirations et de la manière dont elles structurent les relations sociales (Dosse, 2010).
S’il est question ici d’héroïsmes plutôt que de héros ou d’héroïnes, c’est que les réflexions récentes s’attachent moins à appréhender les acteurs, les événements ou les bénéficiaires du processus que les conditions (anthropologiques, sociales, culturelles, politiques et historiques) qui participent à l’élaboration des modèles héroïques, aux champs d’expériences qu’ils révèlent et aux horizons d’attente qu’ils dessinent. Les héroïsmes doivent ainsi être approchés comme des constructions historiquement datées et géographiquement localisées, qui font l’objet d’une fabrique discursive révélée par les gestes et les pratiques qui les rendent visibles et qui font la promotion non seulement d’un individu mais, au travers de celui-ci, d’un comportement, d’un groupe social ou d’une idée (Duby, 1973 et 1984). L’acte héroïque n’existe, dans une approche constructiviste, qu’en tant qu’il est mis en récit et en intrigue (Veyne, 1971, White, 1973, Ricoeur, 1983-1985). Les histoires d’héroïsmes sont consubstantielles aux mises en pratique de ces héroïsmes dans l’espace discursif (Auerbach, 1946, Eco, 1976).
Certains contextes produisent des formes particulières d’héroïsmes qui se doivent d’être interrogées, tels que les « héroïsmes institutionnels », à mettre en regard avec les « héroïsmes personnels/intimes ». Ce colloque propose donc de réfléchir à la fabrique de la normativité des héroïsmes, dans la mesure où ceux-ci sont des propositions axiologiques qui entretiennent des relations dialectiques avec les valeurs et les pratiques sociales. Il étudie la manière dont les héroïsmes et les imaginaires qui leur sont associés s’inspirent de, tout en participant à, la fondation des normes des sociétés. Comment leur analyse permet-elle d’identifier des continuités structurelles ou, au contraire, de révéler des discontinuités dans l’histoire des groupes humains qui les portent et les font vivre ?
L’apport des contextes de guerres et de persécutions à la réflexion sur les héroïsmes
Réfléchir à la fabrique des héroïsmes implique également de les confronter à des événements susceptibles d’en faire évoluer les ressorts. C’est dans ce cadre que les contextes de guerres et des violences et persécutions qui l’accompagnent seront étudiés en ce qu’ils sont propices à l’irruption de discours et de pratiques de valorisation du paradigme héroïque. Dans les États et les sociétés en guerre s’exacerbe en effet le besoin de mythes, de légendes et de héros – réels ou fictionnels – qui ont pour fonction de préparer les esprits, de mobiliser les individus, les groupes sociaux, voire les nations, ou de réduire les contestations (Cronier et Deruelle, 2019).
À notre époque, les héroïsmes en temps de guerre semblent aller de soi. Les documentaires, les ouvrages de vulgarisation ou les œuvres artistiques n’hésitent ainsi pas à recourir à la notion de « Hero of War » ou à faire l’éloge de l’héroïsme guerrier[5]. Les études menées depuis une vingtaine d’années révèlent cependant les processus de construction (institutionnels ou non) dont ils procèdent et la cristallisation a posteriori de postures idéalisées qu’ils induisent. Les héroïsmes sont désormais étudiés comme des « mythes » à déconstruire (Luigi Mascili, 2002 ; Charles Taylor, 1989), parfois influencés par l’histoire des sensibilités et de « la virilité militaire » (Corbin, Courtine, Vigarello, 2011). Une déconstruction qui a pu être opérée par les acteurs du passé eux-mêmes pour revivifier ou s’affranchir des héroïsmes anciens, penser ou repenser leur identité en renouvelant leurs modèles héroïques (Pinet, 2025). Les héroïsmes sont également pensés au regard de l’action ou de la passivité des individus en guerre (Forrest, 2002 ; Conte, 2011), de comportements comme l’altruisme ou la dénonciation, ou encore de la construction de l’épique (Braudy, 2005). Dans sa conférence inaugurale du colloque international organisé en 2022 par le Museum of the Slovak National Uprising, « Heroism and Violence during the Second World War », Roger Griffin s’interrogeait, quant à lui, sur la « sacralisation » de la violence à laquelle contribuaient les modèles héroïques du Troisième Reich (Griffin, 2022). C’est donc également à la part d’ombre des héroïsmes que l’historiographie récente s’est attachée. Dans ce sens, le « retour des héros » (i.e. Heller, 2009) est l’un des terrains privilégiés du recul par rapport au paradigme héroïque.
Les sciences sociales ont également fait évoluer l’appréciation de ce phénomène protéiforme. Ainsi en est-il des études en littérature et philosophie (Gaucher, 1994 ; Poulain Gautret, 2005 ; Castillo, 2011 ; Worms, 2009) ou en psychologie, à partir de la deuxième moitié du xxe siècle (Franco, Blau et Zimbardo, 2011). Les travaux produits à la suite de la retentissante expérience de Stanley Milgram donnaient déjà à réfléchir sur les postures adoptées en temps de guerres. Plus récemment, des ouvrages interrogent les actes et les discours de l’héroïsme dans ces contextes de crise dans une perspective pluridisciplinaire (i.e. Scheipers, 2014). La réflexion s’est par ailleurs nourrie d’une approche concernant la matérialité des violences sur les corps, et permet d’envisager de nouveaux questionnements sur des positionnements « héroïques », notamment dans le contexte des guerres napoléoniennes (Dwyer et Ryan, 2012) ou plus récemment de l’exposition « With Blind Steps » proposée par Judith Lenglart au Mamuta Art and Research Center (Jérusalem).
Nombre d’études abordent enfin les héroïsmes dans des contextes paradoxaux. Ainsi en est-il des réflexions académiques sur l’héroïsme et l’enfance (Maslinskaya, 2017 ; Audoin-Rouzeau 1993, Pignot, 2012 ou Levy-Bertherat et Zamour, 2020), ou romancées comme dans le roman Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma, sur les enfants-soldats au Liberia, où la posture donquichottesque réinterroge la construction même d’un héroïsme de l’enfance. Ces questionnements, comme ceux qui se nouent autour de l’héroïsme et du genre, interrogent des « situations limites », et ainsi les contours d’une notion qui s’émancipe des cadres, souvent stéréotypés, dans lesquels elle a été longtemps utilisée et l’est encore souvent aujourd’hui.
Dans ces processus de construction, déconstruction et reconstruction de l’héroïsme, les périodes de guerres jouent un rôle particulier. Le « bruit » de leurs événements exceptionnels porte à la lumière des phénomènes difficilement visibles par ailleurs (Duby, 1973). Elles fonctionnent ainsi comme des « opérateurs de lisibilité » (Cornelia Brink et Olmo Gölz, 2022) et révèlent les soubassements des sociétés et de leur culture. Si l’intérêt pour l’« héroïsme en temps de guerre » n’est donc pas neuf, il est encore souvent étudié cependant au travers de personnages particuliers, comme José de San Martín, O’Connell, Jawaharlal Nehru ou Mandela, respectivement pères des Nations argentine, irlandaise, indienne et sud-africaine (Navarro García, 1999 ; Colantonio, 2023 ; Zachariah, 2004, Lodge, 2006), de contextes spécifiques comme les Croisades (Almeida, 2007), les guerres de religion (El Kenz, 1997, 2008 ; Apostolidès, 2004) ou la Révolution française (Gainot, 2017), ou encore de cultures singulières à l’exemple de la culture chevaleresque (Deruelle, 2015) et du Bushido (Carbonnier, 2018 ; Pelletier, 2023) sans faire l’objet d’une approche systématique et globale. Bien que réduites dans leur ambition, quelques études interrogent la construction des discours sur les héroïsmes dans des contextes pluriels et dans une perspective transnationale et diachronique (Deruelle et Vissiere, 2021). Elles témoignent de l’intérêt de cette approche, placée au cœur de ce colloque, pour en déconstruire les fondements.
« GUERROÏSMES – WAR/OISMS »
C’est l’objet de la réflexion du projet « GUERROÏSMES – WAR/OISMS » dans lequel s’inscrit ce colloque organisé en partenariat avec le Groupe de Recherche en Histoire de la Guerre qui travaille sur ces questions au sein de l’axe « Pratiques et représentations de la guerre ». Il s’agit de considérer avec le recul nécessaire non pas tant les manifestations jugées « héroïques » en temps de guerres, que les fabriques de l’héroïsme et ses spécificités dans le contexte martial. En envisageant celles-ci comme des phénomènes complexes, qui impliquent des acteurs, des outils, des horizons d’attentes variés, parfois irréductibles ou concurrents, il s’agit de décrypter l’élaboration des imaginaires de l’héroïsme martial, d’en distinguer les ruptures, les évolutions, les particularités temporelles et spatiales ou, au contraire, les constantes, tout en les confrontant en permanence aux pratiques – discursives, martiales ou commémoratives – à travers lesquelles ils cristallisent. Qu’est-ce que les temps de guerres font à l’héroïsme ? Dans quelle mesure ces mécanismes d’élaboration sont-ils spécifiques ? Comment les modèles qui se veulent positifs se confrontent-ils à la réalité des combats et aux atrocités de la guerre ? À l’inverse, en quoi l’affinement du paradigme héroïque permet-il d’apporter un éclairage original sur le fait guerrier, voire de renouveler notre compréhension de l’histoire, de la culture et du monde sensible dans lesquels ils sont ancrés ? La diversité des contextes de violence permet-elle d’écrire une histoire de l’héroïsme face à la tourmente ?
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Le colloque et, plus largement le projet « GUERROÏSMES », entend donc donner des éléments de réponse à ces questions en posant les jalons d’une étude approfondie et articulée autour de trois axes :
Axe 1. L’héroïsme en théorie : définir la notion et comprendre la fabrique des discours sur les héroïsmes
Un axe de réflexion se penchera sur les questions de définition. Il s’agira d’identifier les acceptions variées de l’héroïsme en contexte guerrier, selon les disciplines, les époques, les espaces et les cultures. Comment, dans quelles conditions et par quels acteurs, militaires ou civils (Jouhaud, 2000), ces différentes définitions se sont-elles élaborées ? De quelles références (historiques, littéraires, religieuses) et de quels héritages se sont-elles nourries ? Comment se distinguent-elles d’autres notions comme l’honneur ou la réputation, et comment la fabrique des héros se démarque-t-elle de celle des martyrs ou des saints (laïques ou non) (Chovanec, 2020) ?
Une attention particulière sera accordée aux contextes dans lesquels ces héroïsmes ont été pensés, aux formes qu’ils prennent (masculin, féminin, animalier), aux fonctions qui leur sont attribuées et à leur réception et appropriation : dans quelles circonstances les acceptions de l’héroïsme se sont-elles infléchies ? S’articulent-elles de manière spécifique aux notions de crises et de modernités, aux moments de violence, ainsi qu’aux discours de la subalternité, donnant à penser des « formations discursives » (Foucault, 1970) particulières en fonction des contextes et des rapports de force sociaux ? Quelle place occupe le paradigme héroïque dans une culture donnée ? Dans quelle mesure est-il perméable aux évolutions sociétales ? Par quels canaux ces différentes définitions des héroïsmes ont-elles été véhiculées et se sont-elles perpétuées ?
En explorant minutieusement ces questions et les mises en récit de l’héroïsme, nous chercherons à identifier les caractéristiques propres à l’héroïsation et à son évolution dans le temps et l’espace. In fine, il sera possible de mieux saisir en quoi l’« héroïsme de guerre » se distingue des autres formes d’héroïsmes, et de quelles manières il a influé sur les représentations des contemporains et des historiens. Les formes d’héroïsmes, étudiées d’un point de vue diachronique, selon les genres, les médias convoqués, les espaces (lieux, objets, champs culturels), nous permettront ensuite d’analyser les mécanismes mêmes de cette « fabrique » des discours héroïques en temps de guerre.
Cette exploration se fera selon une approche à la fois chronologique et thématique. Le but est d’établir une typologie des discours sur les héroïsmes en temps de guerre, en mettant en exergue un certain nombre de couples à la fois complémentaires et antinomiques : héroïsme collectif / individuel ; héroïsme militaire / civil ; héros sacré / déchu ; héroïsme fictionnel / réel ; héros / victimes ; héros / non-héros / antihéros. Comment ces différents discours interagissent-ils entre eux ? Les outils théoriques et méthodologiques pour penser ces formes plurielles de discours sont-ils les mêmes ?
Une attention particulière sera dévolue à l’origine de la qualification héroïque : quels acteurs ou quelles institutions attribuent, et travaillent à imposer, ce statut dans les contextes de guerres et de persécutions ? Selon quelles logiques et quels enjeux ? Ces questions impliquent d’explorer minutieusement les fonctions de l’héroïsme à divers égards (historiques, sociaux, idéologiques, psychologiques). Il s’agira d’interroger la façon dont se construisent et se pensent les héroïsmes vis-à-vis des discours (Gruszka, 2019) ou des normes (Oestreich, 1982 ; Drévillon, 2002) officiels qui portent sur eux. Enfin, dans cette réflexion sur l’auctorialité de la qualification héroïque, nous nous intéresserons aussi aux phénomènes d’auto-identification et d’imposture héroïque.
Cette réflexion nous permettra d’imaginer une cartographie des « mots de l’héroïsme », confrontant la terminologie associée à ces phénomènes.
Axe 2. Les héroïsmes en pratique face aux contextes de violence
Si la notion d’héroïsme peut être définie à travers les discours et les commentaires qui la fabriquent, ceux-ci doivent aussi être confrontés à la réalité particulière de la violence des contextes étudiés. Cet axe vise donc à mettre le modèle à l’épreuve de la guerre. Comment ont-ils modelé les manifestations d’héroïsme ? Mais aussi, en retour, dans quelle mesure viennent-ils enrichir, infléchir, voire déconstruire nos représentations du paradigme héroïque ?
La convocation de plusieurs époques, aires géographiques et disciplines permet une réflexion plurielle, qui offre la possibilité d’une « herméneutique de la défamiliarisation » (Lavocat, 2012). La démarche comparative nourrira donc cette étude des « héroïsmes » en temps de guerres et de persécutions. Dans une approche transnationale, il s’agira de montrer que les processus d’héroïsation, loin d’avoir les mêmes modalités et les mêmes rythmes partout, procèdent de phénomènes d’asynchronie, de régionalisation et de provincialisation (Grataloup, 2014). Ceux-ci dévoilent des jeux d’échelles temporelles et géographiques qui donnent des appréciations plurielles aux manifestations concrètes d’héroïsme (Revel, 1996). En les prenant en compte, nous chercherons à identifier des dynamiques d’influences, d’enrichissements mutuels et de déplacements (des héros de comics devenant des héroïnes au cinéma, par exemple).
La perspective transversale permet de faire émerger un certain nombre de questionnements spécifiques. Toutes les sociétés ont-elles des héros dans les contextes de guerres ? Des héroïsmes peuvent-ils exister sans héros ? L’héroïsme a-t-il nécessairement besoin de s’incarner dans des actes ? Quels liens entretient-il avec les supports de sa médiatisation sans lesquels les héroïsmes restent invisibles pour la société ? Qu’en est-il des héroïsmes ordinaires, des « héros malgré eux », des actes commis selon les impératifs du devoir, de l’obéissance aux ordres, voire des menaces, plutôt que de l’initiative libérale ? Il conviendra ainsi d’explorer en profondeur la question des motivations – individuelles et collectives – de l’action en temps de guerres. Pourquoi passer à l’action ? Ce choix peut-il être désintéressé, ou procède-t-il immanquablement d’une attente – celle d’une reconnaissance ou d’une rétribution ? Comment et pourquoi ses actions sont-elles élevées au rang d’actes héroïques ?
Cet axe vise donc à comprendre comment la confrontation à des contextes pluriels donne à penser autrement la notion d’héroïsme.
Axe 3. L’héroïsme : une notion actuelle et opérante ?
Cet axe porte sur l’actualité du recours à la notion d’héroïsme. Dans quelle mesure persiste-t-elle au xxie siècle, aussi bien pour écrire que pour se penser et pour mettre en mémoire les actes héroïques ?
D’un côté, nous serions à l’ère de la désacralisation des héros, où les discours sur le sacrifice et la glorification des exploits seraient dépassés, voire déplacés. Il conviendra de distinguer, dans cette obsolescence de l’héroïsme, une tendance globale des affections plus particulières à certaines de ses figures seulement. À cet égard, il faudra se pencher sur les processus de déboulonnement des héros déchus et de ce que l’on pourrait appeler des phénomènes de péremption de certains héros.
De l’autre, force est de constater que le contexte actuel, celui du retour de la guerre en Syrie, en Ukraine au Proche-Orient et des tensions en Afrique et en Asie, semble rendre leur pertinence aux héros et, comme un réflexe naturel, le recours à l’héroïsation. En fait, celui-ci s’applique à la fois aux contextes contemporains, par l’identification de nouveaux héros, et aux contextes plus anciens, par la convocation de « héros immortels ». Pourquoi continue-t-on à parler de Léonidas, de Boucicaut ou de Bayard ? Comment expliquer la pérennité non seulement de certains héros, mais aussi de l’héroïsation, qui semble s’actionner comme un réflexe en temps de guerre, en dépit des évolutions culturelles ? Dans quelle mesure l’héroïsme reste-t-il opérant de nos jours ?
Dans cette exploration de l’actualité des héroïsmes, une attention particulière sera accordée aux pratiques de muséographie et de panthéonisation mettant en scène les héros d’hier et d’aujourd’hui.
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Ce colloque est par ailleurs pensé comme un atelier de réflexion méthodologique. Il s’agira de mettre en place des outils pour approcher ces questions de façon transversale, en faisant dialoguer les spécialistes de différentes périodes et de disciplines variées – histoire, sociologie, sociologie politique, psychologie, anthropologie, littérature, arts, etc. Nous entendons dépasser les limites non seulement géographiques, mais aussi chronologiques, et travailler aussi sur les périodes de césure, souvent laissées pour compte. Ce faisant, l’objectif est de constituer un réseau de chercheurs intéressés par ces questions, réseau qui sera amené à se développer et à s’institutionnaliser à mesure que le projet, pensé sur le long terme et en plusieurs étapes, prendra de l’ampleur.
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[1] Heroism Science est une revue « peer-reviewed open source » fondée en 2016. Elle compte 9 volumes à ce jour. [2] Compendium heroicum est une encyclopédie en ligne publiée par le Sonderforschungsbereich 948 « Helden – Heroisierungen – Heroismen » (Centre de recherche collaborative « Héros – Héroïsations – Héroïsmes ») de l’Université de Fribourg. En France, voir le colloque international « Succès et échec de l’héroïsation de l’Antiquité à l’actualité européenne » organisé à l’Université Rennes 2 les 25-27 janvier 2023 par la Chaire Jean Monnet FABER. [3] Trésor de la Langue française informatisé [En ligne : http://atilf.atilf.fr/]. [4] Cf. « L’absence d’une définition standard acceptée est un obstacle majeur » (Weinstein, 2013, p. 2). [5] Voir par exemple le recueil édité par Ariane Charton, Petit éloge de l’héroïsme, Paris, Folio, 2017.
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Le colloque se tiendra à l’Université du Québec à Montréal les 29 et 30 octobre 2026. Les propositions de communications (1500 caractères), en anglais ou en français (une compréhension passive des deux langues est demandée) accompagnées d’un bref curriculum vitae, doivent être adressées avant le 1er mai 2025 par voie électronique, au choix à :
Benjamin Deruelle – Département d’histoire – Université du Québec à Montréal : deruelle.benjamin@uqam.ca
Note importante. Dans toute la mesure du possible, les organisateurs chercheront à assurer le transport et le logement des participants au colloque. Cependant, tous ceux ou toutes celles qui peuvent assurer leur financement, par la voie de leurs universités ou de centres de recherche, sont invités à le faire savoir au moment de l’envoi du dépôt de leur proposition. L’existence de tels financements externes (même encore non assurés), en effet, est un important prérequis pour la demande de subvention générale qui sera déposée pour l’organisation du colloque.
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Comité scientifique :
Andrew Barros (Université du Québec à Montréal) Arnaud Bikard (INALCO) Benjamin Deruelle (Université du Québec à Montréal) Anne Gangloff (Université Rennes 2) Sarah Gruszka (Sorbonne Université – EHESS) Luba Jurgenson (Sorbonne Université) Frédérique Leichter-Flack (Sciences Po) Lucie Malbos (Université de Poitiers) Chetima Melchisedek (Université du Québec à Montréal) Guillaume Pinet (Université du Québec à Montréal) Emmanuelle Poulain-Gautret (Université de Lille) Cécile Rousselet (Sorbonne Université – Université Sorbonne Nouvelle)
Comité d’organisation :
Andrew Barros (Université du Québec à Montréal) ; Deborah Barton (Université de Montréal) ; Benjamin Deruelle (Université du Québec à Montréal) ; Sarah Gruszka (Sorbonne Université – EHESS) ; Chetima Melchisedek (Université du Québec à Montréal) ; Guillaume Pinet (Université du Québec à Montréal) ; Cécile Rousselet (Sorbonne Université – Université Sorbonne Nouvelle).
A special issue of Religions (ISSN 2077-1444). Deadline for manuscript submissions: 30 November 2025
Prof. Dr. Lucie Doležalová Guest Editor Institute of Greek and Latin Studies, Faculty of Arts, Charles University, Prague, Czech Republic Interests: medieval manuscripts; transition from manuscripts to print; reception of the bible; biblical mnemonics; medieval scribe
Today, as we navigate the transition between print and digital culture, we can clearly see that the mode of transmission always influences the use, interpretation, and social role of particular texts. This influence is especially significant in the case of texts connected to religion. The invention of print in the mid-fifteenth century has often been linked to the spread of the Protestant Reformation and considered a major factor in its success. However, the story is far more complex. Even as print technology gradually expanded in the latter half of the fifteenth century, manuscript production actually experienced an unprecedented boom, and continued to play a significant role. For some texts, print enabled a wider and faster spread; for others, it signaled their decline. Notably, books intended for personal devotional practice—such as books of hours—continued to thrive in their deluxe manuscript form well into the late 16th century. The reasons behind these varying outcomes—particularly the impact of media change on religious communities and practices—remain unclear and warrant further investigation.
We invite you to contribute your original research studies to this Special Issue, which explores the character of media change in the fifteenth century—“one of the most curious and confused periods in recorded history” (Curt F. Bühler, The Fifteenth-Century Book: The Scribes, the Printers, the Decorators, p. 15)—and its impact on religious communities and practices. We welcome research that examines the production of manuscripts and printed books, as well as their uses and roles in religious, social, and cultural contexts. While studies covering later periods are also welcome, the primary focus of this Special Issue is 1450–1500.
Potential research areas include, but are not limited to, the following:
Transmission of specific texts or text types between manuscripts and print (e.g., Bibles, catechisms, prayer books, sermons, manuals, treatises, religious polemics) and their impact on religious communities.
Scribes and printers of religious texts (textual adjustments, rewritings, and appropriations by scribes and printers; paratexts such as colophons, prologues, epilogues, and explanatory notes)—individuals and communities behind religious production.
Uses of religious texts in manuscripts and print (readers, owners, collectors, libraries; book promotion and dissemination, book burnings).
Materiality of devotional texts—the “matter” of religious practices (layout, composition, miscellaneity, illuminations and illustrations, tables, readers’ aids).
We ask that interested authors submit a proposed title and an abstract (200–300 words) summarizing their intended contribution before submitting a full manuscript. Please send your abstract to the Guest Editor (lucie.dolezalova@ff.cuni.cz) or to the Assistant Editor (clare.chai@mdpi.com) of Religions. Abstracts will be reviewed by the Guest Editor to ensure their fit within the scope of the Special Issue. Full manuscripts will undergo double-blind peer review.
We look forward to receiving your contributions.
Reference
Curt F. Bühler, The Fifteenth-Century Book: The Scribes, the Printers, the Decorators, University of Pennsylvania Press: Philadelphia, PA, USA, 1960; p. 15.
Prof. Dr. Lucie Doležalová Guest Editor
Manuscript Submission Information
Manuscripts should be submitted online at www.mdpi.com by registering and logging in to this website. Once you are registered, click here to go to the submission form. Manuscripts can be submitted until the deadline. All submissions that pass pre-check are peer-reviewed. Accepted papers will be published continuously in the journal (as soon as accepted) and will be listed together on the special issue website. Research articles, review articles as well as short communications are invited. For planned papers, a title and short abstract (about 100 words) can be sent to the Editorial Office for announcement on this website.
Submitted manuscripts should not have been published previously, nor be under consideration for publication elsewhere (except conference proceedings papers). All manuscripts are thoroughly refereed through a double-blind peer-review process. A guide for authors and other relevant information for submission of manuscripts is available on the Instructions for Authors page. Religions is an international peer-reviewed open access monthly journal published by MDPI.
Ease of navigation: Grouping papers by topic helps scholars navigate broad scope journals more efficiently.
Greater discoverability: Special Issues support the reach and impact of scientific research. Articles in Special Issues are more discoverable and cited more frequently.
Expansion of research network: Special Issues facilitate connections among authors, fostering scientific collaborations.
External promotion: Articles in Special Issues are often promoted through the journal’s social media, increasing their visibility.
e-Book format: Special Issues with more than 10 articles can be published as dedicated e-books, ensuring wide and rapid dissemination.
Further information on MDPI’s Special Issue policies can be foundhere.
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À la mémoire d’Yves Jeannin (1935-2020) Archéologue médiéviste, conservateur du patrimoine au Service régional de l’archéologie de Franche-Comté, enseignant à l’université de Franche-Comté.
Églises, monachisme, agglomérations et territoires en Bourgogne Franche-Comté entre l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, éd. Sébastien Bully, Morana Čauševič-Bully, Damien Martinez, Auxerre, Centres d’études médiévales d’Auxerre, 2025 (BUCEMA. Hors-série, 15). En ligne. DOI : https://doi.org/10.4000/13jxi
Table des matières :
Sébastien Bully, Morana Čaušević-Bully et Damien MartinezIntroduction
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M-Classi is a new digital tool in the field of knowledge organization. It is conceived primarily as a means of cataloging and interrogating the classifications of the sciences in Islam and those of the cultures with which the Islamicate world came into contact from antiquity to the pre-modern era. Practically, M-Classi is focused by priority on Arabic, Persian, and Turkish classifications, but for comparative purposes it also integrates taxonomies in languages such as Syriac, Greek, Latin, or Hebrew.
A thorough presentation of M-Classi and its main functionalities will be given in: G. de Callataÿ – R. Baranx – H. Naets, ‘M-Classi, a New Digital Tool for the Classification of the Sciences, in Islam and Beyond’, in G. de Callataÿ – S. Moureau (ed.), Micrologus. Nature, Science and Medieval Societies 33 (2025). Special Issue:Power, Religion, and Wisdom: Orthodoxy and Heterodoxy in al-Andalus and Beyond (forthcoming).
15–17 October 2025 (University of Oslo) Time: Oct. 15, 2025 – Oct. 17, 2025
In narratives, some characters invariably occupy more prominent roles than others. It would be almost impossible to narrate anything complicated if every single character received exactly the same amount of space in the story as every other. In medieval history writing, the unevenness with which attention, space, and importance are distributed throughout texts is strongly correlated with type. Emperors, kings, clergymen, and other elite men, tend to receive a greater proportion of narrative attention than labourers, women, eunuchs, slaves, soldiers, and foreigners. The narrative hierarchies of medieval historiographical corpora are often reflected in the modern historiographical narratives, which deploy them as source material. This remains true today, even after multiple waves of revisionist historiography have sought to decentre the lives and deeds of ‘great men’.
Although the composition of and hierarchies within historiographical casts of characters are of central importance to medieval history writing, it has rarely been delineated as the explicit object of analysis. This conference aims to bring different types of scholars and approaches to historiographical texts in the discussion of the casts of characters in medieval history writing. Particular emphasis will be placed on the types of characters which tend to be marginalised within historiography, medieval and modern, whilst acknowledging that such characters can only be studied within a wider systematic frame.
This call for papers invites contributions concerning specific medieval historiographical narratives, corpora, and minor characters from any medieval tradition. It also welcomes theoretical papers that draw on the narratology, the philosophy of history, or other critical traditions to think more systematically about minor characters in (medieval) historiographical narrative. Papers that combine both medieval and theoretical considerations and/or extend their contributions to consider the reception or transformation of minor characters in modern historiography are particularly welcome.
Questions and topics could include, but are in no way limited to:
Which types of characters are prioritised and which are marginalised in specific narratives, corpora, and traditions?
How do specific characterisations reinforce or subvert typological expectations concerning their narrative centrality or marginality?
Comparison between the character systems and narrative hierarchies of different medieval historiographical traditions
How can narrative theory change the study of medieval historiography? How does the study of medieval historiography challenge modernist narrative theories of character?
Short papers (c. 20 minutes) will be combined with roundtable discussions. The travel expenses and accommodation of participants will be covered by the project [pending final confirmation of funds].
Please send an abstract (max 300 words) and brief professional bio, including name and affiliation, (max 100 words) to matthew.kinloch@ifikk.uio.no by 17 April 2025.
Die Aussicht auf den individuellen Tod, die universale Endzeit und das Jüngste Gericht stiftete in der Karolingerzeit den Sinn dafür, die eigene Gegenwart kritisch zu betrachten, Zustände auf ihre Korrekturbedürftigkeit hin zu überprüfen und reformorientiert zu regieren. Die Absicherung des jenseitigen Heils war für das politische Handeln Antriebskraft und Bewertungsmaßstab zugleich. Unter besonderer Berücksichtigung der Herrschaftszeit Karls des Großen (768–814) und Ludwigs des Frommen (814–840) untersucht der vorliegende Band die Bedeutungen und Wirkungen eschatologischen Denkens in Zeitvorstellungen und Geschichtsdeutungen, in Herrschaftsidealen, Bischofsprofilen und Gesellschaftskonzepten sowie nicht zuletzt bei der Beurteilung des karolingischen Herrschers und der Qualität seiner Herrschaft.
Johanna Reitmeier-Filax studierte in Leipzig und in Halle (Saale) Evangelische Theologie und promovierte anschließend an der Theologischen Fakultät der Martin-Luther-Universität in Halle (Saale). Derzeit ist sie als Vikarin in der Evangelischen Kirche in Mitteldeutschland tätig.
Johanna Reitmeier-Filax, Eschatologisches Denken und politisches Handeln in der Karolingerzeit, Leyde–Boston, Brill–Schöningh, 2025 ; 1 vol., XII–275 p. (Contexts of Ancient and Medieval Anthropology, 11). ISBN : 978-3-506-79686-8. Prix : € 116,90.
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Passionné(e) d’archéologie et d’histoire, venez rejoindre l’équipe dynamique de l’Archéoforum de Liège !
SPW Territoire Logement Patrimoine Énergie Agence wallonne du Patrimoine Direction de la Promotion du Patrimoine Place Saint Lambert 4000 Liège
Spécifiquement pour la direction de la Promotion du Patrimoine :
vous assurez des visites guidées du site archéologique pour tout public (famille, groupe, individuel, scolaire)
vous dynamisez la promotion du site archéologique via notamment la communication digitale du site (réseaux sociaux…)
vous proposez et mettez en place l’organisation d’expositions, de conférences, de débats…
vous créez et entretenez des partenariats avec les différents acteurs locaux, régionaux et internationaux muséaux
vous participez à la gestion administrative du site archéologique (outil informatisé)
vous gérez les marchés publics nécessaires à la politique événementielle du site archéologique (lancement et attribution).
Votre profil
Diplôme requis : diplôme de base de 2e cycle (licence/master) ou de 3e cycle (doctorat) en histoire de l’art et archéologie délivré par une université belge.
OU
Certification professionnelle requise : certifications professionnelles positionnées au niveau 7 au moins d’un cadre de certification belge (vous pouvez notamment consulter le site suivant : https://cfc.cfwb.be) correspondant à la fonction à pourvoir.
Compétences techniques :
avis technique – émettre des avis techniques argumentés et pertinents
utilisation de matériels techniques – utiliser les appareils, les équipements et/ou les outils spécifiques
dispositions légales et normatives – appliquer et faire respecter les dispositions légales, les procédures, les normes et/ou les réglementations en vigueur
rédaction – s’exprimer par écrit dans un langage précis, grammaticalement correct et compréhensible pour le destinataire
vulgarisation – adapter des notions, des termes techniques ou scientifiques de manière à les rendre accessibles à un public non spécialisé
base de données – développer, optimiser et administrer des bases de données
expression orale – s’exprimer oralement dans un langage précis, grammaticalement correct et compréhensible pour le destinataire
gestion de l’information – capitaliser des informations, des procédures et de la documentation, les exploiter et les diffuser
gestion de projets – identifier les acteurs, les outils méthodologiques, les ressources nécessaires et les risques potentiels inhérents à un projet, le mettre en œuvre et en gérer les différentes phases de vie
informatique – utiliser les fonctionnalités de base d’outils web de communication.
Compétences comportementales :
intégrer l’information – établir des liens entre diverses données, concevoir des alternatives et tirer des conclusions adéquates
autonomie – accomplir son travail sans supervision directe
travailler en équipe – créer et améliorer l’esprit d’équipe en partageant ses avis et ses idées et en contribuant à la résolution de conflits entre collègues
communication – communiquer avec autrui en s’assurant de la compréhension de l’information reçue et transmise
agir de manière orientée service – accompagner des clients internes et externes de manière transparente, intègre et objective, leur fournir un service personnalisé et entretenir des contacts constructifs
collaboration – coopérer avec des acteurs internes et/ou externes en favorisant les échanges et en étant attentif aux objectifs communs
polyvalence – passer aisément d’une activité et/ou d’un projet à un autre en fonction des besoins du service.
Condition d’accès au poste : le permis B sera exigé à l’entrée en fonction.
Pour être recevables, les actes de candidature doivent :
répondre aux exigences communes et aux exigences reprises dans le profil de la fonction postulée
être adressés pour le 06-04-2025 au plus tard par mail à Madame Valérie CLOSSET, à l’adresse suivante : valerie.closset@awap.be
comprendre :
un CV à jour
une LETTRE DE MOTIVATION spécifique à la fonction, avec la référence : AWaP/DPP/Archéologue
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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