Séminaire – Occupation ou autorité légitime ? Le comportement des gens de guerre en procès, XIVe-XVIe siècles

This research workshop, organised as part of the F.R.S.-FNRS Welchange Project À l’origine du crime de guerre/The Cradle of War Crimes, seeks to address a crucial question regarding the conduct of war: how could military personnel, active in territorial control missions or armed occupations, be legally sanctioned? Late medieval and early modern occupations provide particularly fertile ground for studying the various processes of regulation between soldiers and local populations. These processes involve not only local authorities, military justice systems, or sovereign jurisdictions, but also more informal methods of conflict resolution. While regions such as Normandy and English-occupied Calais have been extensively studied, recent research has also highlighted other areas, such as the Boulonnais region invaded by Henry VIII, as well as the military conquests of colonial empires. Examining the regulation of military violence within contexts of occupation requires particular focus on the distinctions between ordinary wartime violence and war crimes. This workshop aims, in particular, to explore how the often-blurred line between the two is influenced by both the necessity of maintaining order and the occupying power’s need to present itself as a legitimate authority. As such, the aim of this workshop is to facilitate a collective discussion on justice practices and the regulation of military violence in contexts of occupation. We seek to consider the long-term impact of these judicial practices on perceptions of armed violence, the customs of war, and ultimately, the development of international law.

Programme :

10:00: Welcoming coffee

10:30: Eric Bousmar (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) – Introduction
10:40: Christophe Masson (ULiège) & Quentin Verreycken (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) – Doing Historical Research with a Social Impact: The ‘Cradle of War Crimes’ Project
10:55: Michael Depreter (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) – The Political Trial of History’s First War Criminal? Peter von Hagenbach Facing Historical and Historiographical Judgment
11:10: Perrine Stennier (ULiège) – A Journey Through the Archives of Communal Trials of the Papal Soldiers in Central Italy during the 15th Century
11:25: Discussions on the project

11:35: Coffee break

11:45: Anne Curry (University of Southampton) – English Military Disciplinary Ordinances, Late 14th-Early 16th Centuries
12:35: Lunch break

14:00: Rémy Ambühl (University of Southampton) – Recriminations Against English Captains After the Fall of Lancastrian Normandy (Around the Early 1450s)
14:50: Neil Murphy (Northumbria University) – Soldiers, Civilians and Henry VIII’s Wars of Occupation

15:40: Coffee break
16:00-17:00: Final discussions

Friday, 21 March 2025

UCLouvain Saint-Louis Bruxelles
43 boulevard du Jardin botanique – 1000 Bruxelles
Room P61 (Préfecture, 6th floor)

Contact : quentin.verreycken@uclouvain.be

Comité organisateur : Eric BousmarMichael DepreterPerrine StennierChristophe Masson et Quentin Verreycken.

Source : Université Saint-Louis – Bruxelles

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Appel à contribution – Pendant et après la conquête : gouverner la pluralité

Journées d’étude à l’Université de Calabre (Rende-Cosenza). 13-14 octobre 2025

Cette journée d’étude est organisée dans le cadre du programme Pax normanna[1] (resp. Pierre Bauduin, Université de Caen-Normandie/CRAHAM, et Annick Peters-Custot, Nantes Université/CRHIA) inscrit les programmes de recherche structurants 2022-2026 de l’École française de Rome. Elle fait donc suite aux précédentes rencontres scientifiques du programme : le colloque de Cerisy (octobre 2022) sur « la Pacification », les journées d’études consacrées aux « premières générations de la conquête » tenues à Oxford (octobre 2023) sur « Partir » et à Ariano Irpino (octobre 2024) sur « S’établir ».

Après avoir considéré les modalités et raisons multiples et croisées des mouvements de départ et des conditions d’implantation des conquérants au sein des « Mondes normands médiévaux », les journées d’études accueillies à l’Université de Calabre (Rende-Cosenza) veulent considérer ce qui est une réalité variable, mais constante des mouvements de conquête suivies de construction politique dans les mondes normands médiévaux : le gouvernement de la pluralité (et de l’altérité) par les conquérants, leur entourage et leurs inévitables auxiliaires locaux.

Cette réalité de gouvernement qui s’impose durant la conquête même et dans ses suites correspond à une expérience commune aux phénomènes ici envisagés, mais qui se manifeste à des degrés divers, tant en fonction du niveau de pluralité rencontré et qu’en raison des effets induits par une conquête qui ajoute un nouvel élément de pluralité, extérieur, au substrat local. C’est un phénomène bien connu et maintenant largement exploré pour le monde viking, dont des exemples pourront être explorés dans cette perspective. Cette pluralité atteint à l’évidence son degré extrême dans le contexte méditerranéen : en Italie méridionale et en Sicile, les conquérants rencontrèrent une grande diversité de constructions politiques et une plus grande diversité, encore, de peuples et de groupes de population pour lesquels la pluralité des langues d’usage écrit (latin, grec, arabe) et de religion ou de liturgie (christianisme « romain », christianisme byzantin, islam, judaïsme) ou de droit (lombard, romano-justinien, byzantin, islamique) ne se superposaient pas, créant une pluralité interne très forte, et par ailleurs partiellement territorialisée. La mosaïque qu’était alors le terrain de conquête eut un effet important sur les modalités de cette dernière, et sur celles de l’établissement des Normands, et de leur gouvernement.  Même si elle semble moins marquée, la diversité du « monde anglo-normand » – l’expression nécessite elle-même d’être utilisée avec précaution et discutée – s’impose aux gouvernants d’un ensemble qui ne fut pas constamment réuni sous le gouvernement d’un même prince. Lorsque c’était le cas, le roi-duc était roi en Angleterre et duc en Normandie (qui demeurait une principauté du royaume de France), et les deux entités restaient distinctes, même si des tendances similaires s’observent (comme ailleurs en Occident) dans l’administration et les pratiques gouvernementales. L’Angleterre conquise par les Normands avait réalisé son unité seulement un peu plus d’un siècle auparavant, et les différences régionales restaient loin d’être négligeables, en partie héritées des anciens royaumes anglo-saxons et de l’implantation des vikings dans le pays : les identités locales de ce « patchwork kingdom » (J. Green) trouvaient encore à s’exprimer après 1066 et influencèrent l’établissement de la domination normande. Le contrôle des comtés disputés à l’Écosse et les débuts de la conquête du pays de Galles, où les Marcher lords disposaient d’une large autonomie, contribuèrent aussi à cette diversité.

Le gouvernement de la pluralité interroge plusieurs secteurs de l’action politique et administrative :

  • Le gouvernement de la pluralité religieuse ou liturgique ou tout simplement des coutumes et dévotions ; la co-présence, à l’échelle de diocèses, de chapitres cathédraux, de monastères, d’individus relevant de traditions différentes ; la question de la hiérarchie des normes religieuses, liturgiques, ecclésiales ; celle aussi de l’introduction ou de l’adoption de nouveaux cultes (de saints notamment) par les conquérants, ou de la gestion de l’altérité religieuse.
  • Le gouvernement de la pluralité juridique, la question de la personnalité ou de la territorialité des lois, de la distinction entre des normes locales ou communautaires et le droit du souverain, qui contribue à définir le niveau royal d’intervention en matière de lois, de droit, ou de justice. Ce thème a des répercussions considérables sur divers aspects de la vie quotidienne, des activités et des pratiques sociales, culturelles et économiques, des populations.
  • Les outils de gouvernement déterminés par la pluralité interne. On peut en particulier évoquer la question de la ou des langues de gouvernement, langue unique ou au contraire plurielles, les choix fonctionnels attribués aux langues, les logiques de traduction ou, au contraire, le choix de ne pas traduire les textes et actes de gouvernement (chartes, législation…). On peut y adjoindre, par exemple, les questions de fiscalité ou de politique monétaire.
  • Dans un même ordre d’idées, le choix, ou non, d’utiliser ou de s’inspirer de pratiques administratives (parfois elles-mêmes issues de traditions complexes, comme le montre le Domesday Book) d’un territoire conquis pour le fonctionnement et/ou la légitimation du nouveau régime (le cas de l’administration Hauteville qui juxtapose diwân et Dohana Baronum est bien connu).
  • Les protagonistes de la délégation du pouvoir royal ou ducal : ils incarnent une bonne partie des enjeux de ces questions en ce qu’ils expriment le consensus et la participation d’individus ou de groupes culturellement, socialement, linguistiquement différents, avec des traditions administratives parfois bien plus sophistiquées que celles des conquérants, et donc reproduites, imitées, métissées au sein de l’ensemble édifié par les conquérants.
  • La gestion de la pluralité administrative interne et du caractère personnel ou institutionnel de l’association de plusieurs entités distinctes en un même ensemble politique. On a mentionné le cas anglo-normand et l’union personnelle des couronnes ducale et royale. Celui qu’on nomme communément le roi de Sicile, à partir de 1130, est en fait roi de Sicile, du duché de Pouille et de la principauté de Capoue. Maintenir, associer, gouverner un royaume et un duché, un duché dans un royaume, préserver les identités administratives, politiques, urbaines, importer des superstructures socio-politiques (la féodalité) tout en perpétuant des modes d’administration fondés sur la délégation de l’autorité publique et sur la bureaucratie : tels sont également les défis qui se posent aux conquérants et aux différents cercles qui les entourent.

Ces quelques points ne constituent pas une liste exhaustive des éléments concernés par le thème ici envisagé.

Enfin, la question interroge la nature même des constructions politiques issues d’un processus de conquête : dans ce qui est devenu un classique de l’impériologie, Empires in World History. Power and the Politics of Difference (Princeton, 2011), Burbank et Cooper ont précisément connecté la définition, et donc la nature de l’empire au mode de gouvernement de la pluralité, jusque dans le titre de leur ouvrage. Dans les multiples modalités possibles du gouvernement de la pluralité interne, celle qui contribue à maintenir les différences et les subdivisions tend donc, selon ces auteurs, à relever d’un mode impérial sinon d’un empire ce qui, évidemment, ne peut qu’inciter à explorer la notion d’impérialité des royaumes.

Les interventions (d’une durée de 30 mn maximum) seront présentées en français, italien ou anglais. Les propositions, accompagnées d’un argumentaire, seront transmises au plus tard le 1er juin 2025 à l’un des organisateurs :

pierre.bauduin@unicaen.fr
annick.peterscustot@univ-nantes.fr
mariarosaria.salerno@unical.it

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Colloque – Les pratiques aristocratiques du clergé. Transgresser la norme cléricale en Occident (IXe-XIVe siècle)

Un homme d’Église se doit d’être modeste. C’est en tout cas ce qu’affirment nombre de traités et de miroirs médiévaux, les moralistes ne se privant pas de rappeler que le clerc est un modèle pour les fidèles et qu’il doit illustrer l’humilité du Christ. Pourtant, il n’est pas rare que certains ecclésiastiques s’adonnent à des pratiques empruntées aux codes de comportements aristocratiques et, ce faisant, s’affranchissent parfois des normes qui leur sont peu à peu imposées par l’Église, quitte à outrepasser certains interdits. C’est au prisme de cette ambiguïté entre un idéal clérical qui se veut dépouillé et la réalité de pratiques aristocratiques ostentatoires chez certains ecclésiastiques, que nous proposons d’interroger la dynamique de transgression de la norme cléricale. 

Programme :

Jeudi 10 avril 2025
(Salle des Actes – Sorbonne Université)

9h : Accueil

9h30-10h : Valentine Ferreira et Harold Hans (Sorbonne Université) – Introduction

1ère discussion : Ecclésiastiques, solidarités familiales aristocratiques et pratiques transgressives

Présidence : Geneviève Bührer-Thierry (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

  • 10h-10h30 : Margot Laprade (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) – Robert de Rouen (v. 989-1037) : archevêque et comte, époux et père de famille – un prélat typique du XIe siècle ?
  • 10h30-11h : Romain Waroquier (Université de Namur) – Prince ecclésiastique ou prélat aristocrate? Ethos aristocratique et solidarité familiale chez Simon de Vermandois, évêque de Noyon-Tournai (1123-1146).

11h00-11h15 : Pause

  • 11h15-11h45 : Max Parada (Université du Littoral Côte d’Opale, Sorbonne Université) – Historia comitum Ghisnensium de Lambert d’Ardres. La carrière et les conflits de Baudouin de Guînes (av. 1169-av. 1229), chanoine de Thérouanne et recteur d’églises en Angleterre.
  • 11h45-12h30 : Table ronde

12h30-14h15 : Déjeuner

2ème discussion : Pratiques aristocratiques et stratégies de distinction des élites ecclésiastiques

Présidence : Frédérique Lachaud (Sorbonne Université)

  • 14h15-14h45 : Charles West (University of Edinburgh) – Birds of Pray : Local Priests and Hunting in the Ninth and Tenth Centuries.
  • 14h45-15h15 : Maxime Fulconis (Sorbonne Université) – À la cour de l’évêque. Réforme et comportement seigneurial des prélats d’Italie centrale aux XIe-XIIe siècles.
  • 15h15-15h45 : Table ronde

15h45-16h : Pause

3ème discussion : Des pratiques de gestion aristocratiques des biens d’Église ? 

Présidence : Laurent Ripart (Université Savoie Mont Blanc)

  • 16h-16h30 : Valentina Toneatto (Université Lumière Lyon II) – Normes et transgressions cléricales en matière économique, des Carolingiens au début du XIe siècle.
  • 16h30-17h : Anne Massoni (Université de Limoges) – Entre évêques et chanoines, quelles pratiques aristocratiques à la cathédrale de Limoges aux XIe et XIIe siècles ?
  • 17h-17h30 : Table ronde

Vendredi 11 avril 2025
(Salle des Actes – Sorbonne Université)

9h30 : Accueil

4ème discussion : Sanctions et ambitions réformatrices face aux pratiques aristocratiques des ecclésiastiques

Présidence : Cécile Caby (Sorbonne Université)

  • 10h00-10h30 : Bruno Dumézil (Sorbonne Université) – Un clerc peut-il jouer ? Les aleatores entre réforme carolingienne et grégorienne
  • 10h30-11h00 : François Wallerich (Université de Louvain) – Les moines nobles dans le monachisme réformé : idéaux, réalités et influence sur la société (seconde moitié du XIe s.- fin du XIIIe s)

11h-11h15 : Pause

  • 11h15-12h00 : Table ronde

12h00-13h30 : Déjeuner

5ème discussion : Ecclésiastiques et comportements guerriers : pratiques coutumières, pratiques transgressives ?

Présidence : Xavier Hélary (Sorbonne Université)

  • 13h30-14h00 : Matthieu Bayle (Casa de Velázquez, Sorbonne Université) – Pour le salut de l’âme, et la défense de la patria. Testaments et pratiques martiales du clergé dans les comtés ibériques marémontains au Xe siècle
  • 14h00-14h30 : Sébastien Fray (Université Jean Monnet Saint-Étienne) – Quand l’évêque méridional s’en va en guerre (XIIIe siècle)
  • 14h30-15h00 : Table ronde

15h00-15h30 : Pause

15h30-16h : Charles Mériaux (Université de Lille) – Conclusions du colloque

Informations pratiques :

Dates : 
Jeudi 10 avril 2025 (9h-17h30)
Vendredi 11 avril 2025 (9h30-16h)

Lieu : 
Salle des Actes, 
54 rue Saint-Jacques ou 17 rue de la Sorbonne, 75005, Paris.

Pour assister au colloque en visio-conférence : lien communiqué par mail aux personnes intéressées. 

Pour venir assister au colloque, si vous êtes extérieur à Sorbonne Université, merci de vous inscrire en envoyant un mail à pratiquesaristocratiquesclerge@gmail.com avant le 04 avril 2025. 

Comité d’organisation :
Valentine Ferreira (Doctorante, Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier)
Harold Hans (Doctorante, Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier)

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Publication – « Communautés déchirées ? Violences et divisions au sein des communautés de l’Occident grégorien (mi XIe-mi XIIe s.) », éd. Tristan Martine

La «réforme grégorienne» eut de nombreuses répercussions, à tel point que cette période est comprise par certains chercheurs comme un point de rupture entre deux Moyen Âge. Les différentes historiographies restent néanmoins divisées sur la compréhension de ce phénomène et de ses conséquences et l’objectif de ce volume est justement d’interroger la violence de ce conflit en s’intéressant à ses conséquences concrètes sur les communautés médiévales. Cet ouvrage questionne ainsi la manière dont les communautés, qu’elles soient laïques ou ecclésiastiques, ont pu être divisées et recomposées (ou ne pas l’être) en Occident pendant une période grégorienne comprise au sens large, du milieu du XIe à la deuxième partie du XIIe siècle.

Avec le soutien de l’université d’Angers

Tristan Martine est maître de conférences en histoire médiévale à l’université de Lille (IRHiS, UMR 8529), membre associé du laboratoire TEMOS (UMR 9016). Spécialiste du monde germanique, ses travaux portent sur l’étude de l’espace et l’analyse des réseaux de pouvoir, du IXe au XIIe siècle, en lien notamment avec les différents mouvements de réforme de l’Église

Table des matières : ici

Communautés déchirées ? Violences et divisions au sein des communautés de l’Occident grégorien (mi XIe-mi XIIe s.), éd. Tristan Martine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2025 ; 1 vol., 248 p. (Histoire). ISBN : 979-1-04130-077-8. Prix : € 25,00.

Source : Presses universitaires de Rennes

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Média – Actualités de la diplomatique : « InfoDiplo », la newsletter bimestrielle de Diplo 21

InfoDiplo, la newsletter bimestrielle de Diplo 21, rassemble les informations relatives aux publications et rencontres scientifiques intéressant les champs disciplinaires de la diplomatique et des pratiques de l’écrit du Moyen Âge. Retrouvez-la sur notre blog : https://diplo21.hypotheses.org/1042.

N’hésitez pas à nous signaler des annonces de publication et de rencontres scientifiques ainsi que des appels à communications relatifs à la diplomatique et aux pratiques de l’écrit, en nous écrivant un mail à contact.diplo21@gmail.com ; elles seront relayées dans la prochaine newsletter (mai 2025).

Pour s’abonner ou se désabonner : contact.diplo21@gmail.com.

InfoDiplo, the bimonthly newsletter of Diplo 21, features information on publications and academic conferences of interest in the fields of diplomatic studies and medieval writing practices. It can also be found on our blog: https://diplo21.hypotheses.org/1042.

Please feel free to email us at contact.diplo21@gmail.com to let us know about new publications, conference announcements or calls for papers related to diplomatics and medieval writing practices. These will be included in the next newsletter (May 2025).

To subscribe or unsubscribe, please contact: contact.diplo21@gmail.com.

InfoDiplo, der in zweimonatigem Turnus erscheinende Newsletter des Netzwerks Diplo 21 informiert über Publikationen und Veranstaltungen rund um die Themen Diplomatik und Schriftkultur im Mittelalter. Der Newsletter ist auch auf unserem Blog zu finden: https://diplo21.hypotheses.org/1042.

Zögern Sie nicht, uns per E-Mail an contact.diplo21@gmail.com auf Neuerscheinungen, Tagungsankündigungen oder Call for Papers mit Bezug zur Diplomatik oder mittelalterlichen Schriftkultur aufmerksam zu machen. Diese werden im nächsten Newsletter (Mai 2025) berücksichtigt.

An- und Abmelden per Nachticht an: contact.diplo21@gmail.com.

Source : Diplo21

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Exposition – Unfolding Time: The Medieval Pocket Calendar

Come and explore medieval concepts of the past, present and future through a rare and remarkable group of manuscripts: concertina-fold almanacs. Within the zigzag folds of these extraordinary books, time is vividly expressed in colourful pictures, poems, tables and devices.

With fewer than thirty manuscripts known to exist, this exhibition brings a group of them together for the first time and sets them alongside treasures from Lambeth Palace Library.

Keep an eye on this page for the latest updates on our program of free events and online resources as they become available.

Unfolding Time is made possible with The National Lottery Heritage Fund. Thanks to National Lottery players, we have been able to bring these precious manuscripts together, and make them freely accessible to the public.

The National Lottery Heritage Fund is the largest funder for the UK’s heritage. Using money raised by National Lottery players we support projects that connect people and communities to heritage. Our vision is for heritage to be valued, cared for and sustained for everyone, now and in the future. From historic buildings, our industrial legacy and the natural environment, to collections, traditions, stories and more. Heritage can be anything from the past that people value and want to pass on to future generations. We believe in the power of heritage to ignite the imagination, offer joy and inspiration, and to build pride in place and connection to the past.

Generous additional support comes from the Friends of Lambeth Palace Library.

14 February – 15 May 2025
Lambeth Palace Library

Source : Lambeth Palace Library

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Publication – Marion Dapsens, « Les Masa¯’il Kha¯lid li-Marya¯nus al-ra¯hib dans leurs versions arabe et latine. Éditions critiques et traductions »

Les Masa¯’il Kha¯lid li-Marya¯nus al-ra¯hib (Questions de Kha¯lid au moine Marya¯nus) sont un dialogue alchimique, qui porte sur le grand oeuvre et la fameuse pierre des philosophes. Elles se présentent comme une série de questions et réponses entre Kha¯lid b. Yazi¯d b. Mu‘a¯wiya (m. 704), fils du deuxième calife omeyyade, et Marya¯nus, moine byzantin alchimiste. Ce texte occupe une place de choix dans l’histoire de l’alchimie. Il a été rédigé en arabe, peut-être dans la première moitié du Xe siècle. Il est le premier traité d’alchimie à avoir été intégralement traduit en latin, en 1144 par Robert de Chester, sous le titre Morienus (Morien). Cette traduction a connu une très large diffusion en Occident, avec plusieurs éditions et traductions en langues vernaculaires dès le XVIe siècle. Le texte arabe n’avait jamais été édité. Quant aux deux versions latines principales, elles avaient connu des éditions, mais celle-ci étaient anciennes et non-critiques; de plus, elles ne tenaient pas compte de l’original arabe, désormais disponible. Le présent ouvrage offre au lecteur une édition critique et une traduction française du texte arabe et de ces deux versions latines. Il propose également une étude et un commentaire du texte. Du côté arabe, ceux-ci portent sur son contexte de production, ses sources et la doctrine qu’il véhicule. Du côté latin, l’étude s’intéresse à la place du Morienus dans le mouvement des traductions arabo-latines médiévales et aux spécificités de la traduction par rapport à son original. Les traditions textuelles des trois versions éditées sont également étudiées en détail.

Informations pratiques :

Marion Dapsens, Les Masa¯’il Kha¯lid li-Marya¯nus al-ra¯hib dans leurs versions arabe et latine. Éditions critiques et traductions, Florence, SISMEL–Edizioni del Galluzzo, 2024 ; 1 vol., VII–900 p. (Micrologus Library, 126 ; Alchemica Latina, 2). ISBN : 978-88-9290-365-4. Prix : € 120,00.

Source : SISMEL

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Publication – Adrien Aitanti, « Les comptes de la prévôté barroise de Longwy (vers 1318-1370). Aspects de la construction et de l’organisation administrative du comté-duché de Bar au XIVe siècle à travers sa documentation comptable »

Au cœur d’un renouvellement de l’approche des sources de l’histoire médiévale, la comptabilité domaniale publique connait depuis une quinzaine années la faveur des historiens des institutions et des origines de l’État. Les registres de comptes sont ainsi reconnus comme une source intrinsèque et non plus seulement comme une base de données factuelles alimentant de vastes synthèses historiques. En région lorraine, les registres de comptes des prévôts du comté-duché de Bar, par la richesse des collections chronologiques, permettent cette approche nouvelle où le document comptable, dans sa dimension codicologique et administrative, participe pleinement au renforcement des liens entre centre et périphérie et à l’élaboration des dynamiques de gouvernement.

La lecture et l’étude précise des registres de la prévôté de Longwy permettent de pénétrer au cœur des rouages administratifs de l’État barrois au temps de la régence de Yolande de Flandre, de la Peste Noire et du début de la guerre de Cent Ans en Lorraine. Apparaît alors, en pleine lumière, la genèse du compte domanial, instrument de pouvoir pour les décideurs centraux et preuve de la manière de servir pour les administrateurs locaux : prévôts, châtelains et clercs jurés. Mais la gestion domaniale ne saurait se passer d’une phase de contrôle administratif. L’examen des comptes, véritable tradition barroise, va peu à peu s’institutionnaliser et revêtir un caractère hautement technique avec la création d’un organe de gouvernement d’une importance majeure : la Chambre des Comptes. Cette dernière fait alors basculer les comptes et le contrôle comptable dans une nouvelle dynamique : celle de la construction de l’État.

Adrien Aitanti, archiviste, attaché principal de conservation du Patrimoine, est titulaire d’un master en histoire médiévale de l’université de Metz. Il est auteur de plusieurs articles relatifs au comté-duché de Bar à la fin du Moyen Âge. Ses recherches se concentrent essentiellement, à partir notamment des comptes des prévôtés barroises, sur les pratiques administratives et l’histoire des institutions.

Table des matières :

Introduction
Sources et bibliographie
Sigles et abréviations

I. Les registres de comptes de la prévôté de Longwy
A. Etude codicologique d’ensemble
B. De la rédaction des comptes à leur vérification
C. Pratiques, techniques et vocabulaire comptable

II. Le personnel de la prévôté de Longwy
Le personnel de la prévôté-châtellenie de Longwy : la période avant les comptes (XIIIe-début XIVe siècle)
Les responsables de la prévôté de Longwy à travers les comptes du XIVe siècle

III. Bilans et contrôles comptables
Les données comptables et les bilans
Contrôle et vérification des comptes

Conclusion

Adrien Aitanti, Les comptes de la prévôté barroise de Longwy (vers 1318-1370). Aspects de la construction et de l’organisation administrative du comté-duché de Bar au XIVe siècle à travers sa documentation comptable, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 400 p. (Atelier de recherche sur les textes médiévaux, 34). ISBN : 978-2-503-61166-2. Prix : € 115,00.

Source : Brepols

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Publication – « Translation Dynamics in Early Christian Literature », éd. Vittorio Berti, Emanuela Colombi, Carla Noce

This volume marks the culmination of the PRIN Project ‘Tradurre tradire tramandare’, funded by the Italian Ministry of University and Research and coordinated by the editors. Bringing together contributions on translations of patristic texts from Greek into Latin and Syriac, with excursions into other linguistic domains and types of translation and rewriting, the aim is to investigate specific case studies, highlighting at the same time common methodological issues: texts’ authorship and attributions; the relationships between theories and practices of Christian translations; receptions and adaptations; and promising future avenues for research.

This scholarly exploration of ancient Christian texts reveals the profound implications of translation as a conduit for comprehension, reinterpretation, and the enduring dissemination (as well as selection) of ideas across different eras and geographical landscapes. The contributions in this volume represent a diverse array of voices, collectively delving into the intricate interplay between translation, context, and transformation. Each contribution offers valuable insights into the labyrinthine corridors of linguistic metamorphosis, where the boundaries of faithfulness and creativity intersect, breathing new meanings into texts as they journey from the source to the target language.

Vittorio Berti, Emanuela Colombi, and Carla Noce are professors of Christian History, respectively at the Universities of Padua, Udine, and Roma Tre. They share a long-standing research interest in patristic translations across various source and target languages, as well as in the translational methodologies of ancient religious texts and the historical-cultural significance they hold. Together, they co-directed a National Research Project (PRIN) launched in 2012, focusing on early translations of Greek Fathers into Latin and Syriac.

Introduction: Translating, Betraying, and Transmitting in Early Christian Literature (Vittorio Berti, Emanuela Colombi & Carla Noce)

1. Greek Fathers in the Syriac World
Le epistole sulla verginità attribuite a Clemente di Roma. Appunti per una riconsiderazione della storia della traduzione in ambito siriaco (Marco Pavan)
Il movimento di traduzione dei padri antiocheni nella Chiesa di Persia, da Hiba di Edessa a Mar Aba (Vittorio Berti)
Riflessioni intorno ad alcuni excerpta tratti dalle versioni siriache dell’Historia Lausiaca di Palladio (Claudia Tavolieri)
Finding a Semitic Voice for Chrysostom: The Syriac Versions of Chrysostom’s Homilies on Matthew (Jeff W. Childers)
The Syriac, Arabic and Armenian Versions of Evagrius Ponticus’ Antirrheticus and Their Approach to Translating the Bible (Adrian C. Pirtea)
New Discoveries on Gregory of Nyssa in Syriac (Emiliano Fiori)
A History of Syriac Translation Techniques in their Wider Contexts. The Works of Severus of Antioch as a Case Study (Yonatan Moss)

2. Greek Fathers in the Latin World
La versione di Rufino della Storia ecclesiastica di Eusebio e delle Omelie di Basilio. Una traduzione letteraria (Carla Lo Cicero & Sabrina Antonella Robbe)
‘Anomalous’ Biblical Quotations in the Pseudo-Origenian Homilies on the Gospel of Matthew (CPG, 1510-17) (Emanuela Colombi)
Misled by a Title. The Hidden Ante-Nicene Fathers in Latin Manuscripts (with Some Methodological Remarks) (Marianna Cerno)
È di Rufino la traduzione latina dell’Epistula Clementis ad Iacobum (CPL, 198)? (Maria Veronese)
Hilario de Poitiers como traductor durante la crisis arriana (Samuel Fernández)

3. Further Directions
I Dialogi di Gregorio Magno nella versione greca di Zaccaria. Un papa traduttore come interlocutore storico (Giandomenico Ferrazza)
Tradurre il vangelo in versi. La parafrasi come pratica di ‘mediazione culturale’ nell’esegesi di Nonno di Panopoli (Arianna Rotondo)
Alcune considerazioni in margine al De lepra di Metodio di Olimpo (Federica Candido)

Indices

Informations pratiques :

Translation Dynamics in Early Christian Literature, éd. Vittorio Berti, Emanuela Colombi, Carla Noce, Turnhout, Brpeols, 2025 ; 1 vol., 500 p. (Lingua Patrum, 16) ISBN : 978-2-503-61080-1. Prix : € 245,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – Faire corps avec le passé : exposer l’Histoire par les pratiques corporelles

Le colloque “Faire corps avec le passé : exposer l’Histoire par les pratiques corporelles“, organisé par Justine Breton, Audrey Tuaillon Demésy et Orlane Messey, aura lieu à Autun les 4 et 5 décembre 2025.

Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2025.

Dans la continuité des colloques déjà conduits à Autun qui ont mis l’accent sur les processus d’évasion au Moyen Âge (2021) ou l’usage du langage dans les réceptions contemporaines du passé (2023), il s’agit désormais de porter le regard du côté des rapports au corps (activités physiques, pratiques hygiénistes et de soin, etc.) qui permettent d’appréhender des époques révolues. Ce colloque fait partie du programme de recherche Aiôn (Socio-anthropologie de l’imaginaire du temps. Le cas des loisirs alternatifs), soutenu par le Centre d’histoire vivante et la ville d’Autun.

Durant ces journées, il s’agira de questionner les différentes manières de raconter, de donner à voir et d’expérimenter l’Histoire aujourd’hui, sous l’angle spécifique des pratiques corporelles. Pour ce faire, il est possible de s’intéresser aussi bien aux re-créations (reconstitutions martiales, artistiques ou artisanales, mais aussi réappropriations du passé dans les pratiques sportives ou activités physiques) qu’aux productions (trans)médiatiques (séries, romans, jeux, etc.) qui mettent en scène différentes époques de l’Histoire par le prisme spécifique des usages du corps.

Axe 1. Les usages du corps contemporain pour penser l’Histoire

La permanence du passé dans le présent questionne différents champs de recherche, de l’histoire à l’anthropologie, en passant par les études littéraires ou médiatiques. Qu’il s’agisse de saisir une mémoire longue (Zonabend, 1999), de comprendre la construction d’une mémoire collective (Halbwachs, 1950), ou encore d’appréhender la permanence d’un récit écrit sur plusieurs siècles (Cherewatuk et Whetter, 2009), les traces laissées par les époques précédentes (proches ou lointaines) perdurent tout en étant modifiées, réappropriées par les acteurs sociaux. La malléabilité du passé se donne particulièrement à voir dans les usages faits du (ou des) corps. En effet, que l’on s’intéresse aux pratiques ludiques ou festives qui mettent en scène le passé, à la vulnérabilité physique ou aux façonnages de techniques appartenant à une autre époque, le corps reste le support à partir duquel est envisagé, étudié, compris le passé. Pour le dire autrement, comment le passage du temps participe-t-il à instaurer des modèles corporels ou, au contraire, à modifier les imaginaires que l’on porte sur des corps du passé ?

L’évolution des techniques a progressivement façonné et normalisé les façons de nous tenir et de nous mouvoir (Rousseau, 2008). Pourtant, si le capitalisme se caractérise par sa propension à supprimer les particularismes, certaines pratiques tendent à s’éloigner de cette conception linéaire et globalisante, invitant ainsi à redécouvrir des sensibilités propres à une époque appartenant au passé. Dans ce sens, la reconstitution historique (Tuaillon Demésy, 2014) ou encore les danses communautaires régionales (Postic, Laurent et al., 2003), reposant sur la recréation de cultures corporelles révolues, invitent à éprouver différemment nos manières de se tenir ou nos « habitus physiques » (Boltanski, 1971, p. 209), inhérents à un espace-temps donné.

Les pratiques dites do it yourself visant à se réapproprier des techniques oubliées (Messey et Hougue, 2024) s’inscrivent dans cette continuité. Qu’il s’agisse de redécouvrir des savoir-faire anciens tels que certaines formes de broderie, la vannerie, ou encore de concevoir manuellement ses teintures textiles ou remèdes, le loisir apparaît comme un temps d’expérimentation de traditions perdues. Dans ce contexte, posture, dextérité manuelle et fabrication d’outils amènent à penser de nouveaux usages des corps et les imaginaires ‒ contemporains ‒ qui les entourent. Dans un registre similaire, peuvent être questionnées les re-créations musicales ou chorégraphiques, qu’il s’agisse de retrouver des sons oubliés, de jouer des partitions de siècles passés ou de faire des emprunts pour élaborer de nouvelles formes musicales. Nous pouvons par exemple citer le travail de la chorégraphe Milicent Hodson et de l’historien Kenneth Archer, qui s’affairent à redonner vie à d’anciennes compositions artistiques comme les Ballets suédois, créations avant-gardistes des années 1920 (Archer, Hodson et Klasmer, 2022).

Dans le champ du médiévalisme, des axes de recherche ont été proposés récemment afin d’interroger la continuité des corps et des individualités à travers les siècles, tout particulièrement en s’intéressant aux réappropriations du et par le corps féminin. Des performances artistiques ont pu voir le jour, comme celle de Lorraine O’Grady en 2021 qui revêt elle-même une armure retravaillée pour interroger la place du corps féminin et construire un médiévalisme intersectionnel et surtout réparateur (Edwards et Vernon, 2024). De même, des récits de soins ou de maternités et des gestes traditionnellement codés comme féminins, que ce soit dans l’œuvre de Jane Austen ou celle de Virginia Woolf (Vishnuvajjala, 2024), ont par exemple été étudiés comme autant de traits d’union entre les femmes du Moyen Âge et d’aujourd’hui, non à travers une supposée nature ou essence féminine, mais par le prisme d’une communauté au-delà des époques. À l’inverse, l’histoire ancienne, des bains de lait d’ânesse de Cléopâtre aux remèdes d’Hildegarde de Bingen, a également pu être instrumentalisée pour devenir un argument commercial, à travers la valorisation d’un supposé lien avec la nature dans le cadre de la vente de soins pour le corps et de produits de beauté (White-Le Goff, 2024).

D’autre part, pur produit de l’industrialisation des sociétés occidentales, résultat d’une rationalisation des pratiques, le sport constitue lui aussi un objet d’étude intéressant pour penser le corps et le passé. L’anthropologie a depuis longtemps posé son regard sur ces sports qui, à travers la survivance de rituels, perpétuent des imaginaires de la tradition résistant à la globalisation (Soldani, 2015). Les réappropriations locales de pratiques globalisées, tel le cricket aux îles Trobriand étudié dans les années 1970 par Leach (2002), donnent à lire non seulement les réactualisations sportives mais aussi, et surtout, les façons dont une culture répond aux dominations symboliques, ainsi que la créativité inhérente aux réappropriations sportives dans d’autres contextes culturels. Plus récemment, des pratiques comme le quidditch ou le roller derby invitent à questionner le « frisson carnavalesque » (Gauthard, 2024, p. 61) qui traverse le champ sportif. Comment ce rite transforme-t-il les imaginaires sportifs et comment le carnaval, lorsqu’il est conjugué au présent, accompagne-t-il le passage d’un corps performant et normalisé à un corps subversif ?

Enfin, dans le cadre des pratiques ludiques, le corps devient aussi une manière de vivre aujourd’hui une époque révolue. Que l’on pense aux diverses pratiques d’histoire vivante (reconstitutions historiques, Arts martiaux historiques, etc.) ou aux jeux de rôle grandeur nature (voire sur table, dont le rapport au corps gagnerait à être approfondi), le corps est le matériau à partir duquel est vécu et exposé le passé, que celui-ci soit perçu comme étant « réel » ou « inventé ». Peut-on identifier des différences d’usages du corps en fonction du passé représenté ou re-créé ?  Menée dans la forêt de Brocéliande, l’enquête menée par Mélie Fraysse et Odile Parsis-Barube montre bien la manière dont s’imbriquent pratiques psychocorporelles et mythes anciens. Ces dernières montrent en effet comment l’imaginaire arthurien est mobilisé afin de générer « un réservoir de sensations et de visions de monde qui légitiment et orientent [les] pratiques » (Fraysse et Parsis-Barube, 2022, p. 66), générant par ailleurs un marché particulièrement lucratif. Ces analyses peuvent être étendues à d’autres études de cas comme, par exemple, la sorcellerie contemporaine (Théval, 2024). Personnage autrefois repoussant, devenue ces dernières années une figure d’émancipation et de pouvoir féminin, la sorcière invite à penser la permanence du passé (ou ses imaginaires) et leurs effets sur les corps féminins.

Axe 2. La mise en scène du passé par les corps : entre productions fictionnelles et expérimentations

Le rapport au corps met en lumière l’évolution non seulement des pratiques, mais aussi des imaginaires liés à l’Histoire. Suivant une évolution des codes esthétiques propres à nos sociétés contemporaines, l’on a vu les corps des interprètes masculins de films ou de séries anciennes – antiquistes ou médiévalistes, tout particulièrement – se sculpter, s’étoffer et se muscler à partir de la fin du XXe siècle (Breton, 2023). Le parallèle permet aujourd’hui d’établir un contraste frappant entre des gladiateurs ou chevaliers des productions des années 1950 et leurs homologues des années 2020. De même, l’évolution des imaginaires historiques est flagrante dans les choix capillaires et de pilosité des personnages principaux, des coupes adoptées sur le principe de la frange romaine (Barthes, 1957), aux couleurs de cheveux privilégiées pour signifier l’héroïsme, la passivité ou la trahison (Breton, 2019), en passant par l’imaginaire associé à la barbe tressée et ornée des vikings. Ces problématiques ne semblent pas être abordées a priori de la même façon dans les productions à destination d’un jeune public, bien qu’il soit nécessaire d’interroger également plus en détail ce que le rapport au corps fait de l’Histoire lorsque l’on s’adresse aux enfants.

D’autre part, les productions fictionnelles qui exposent des fragments du passé, en particulier celles qui sont audiovisuelles, accordent une importance particulière à l’apparence vestimentaire. Comment « faire voir » ou « faire croire » à une période historique donnée par le prisme de l’habillement ? Il s’agit ici, plus largement, de questionner les effets de la matérialité sur les corps. Comment le fait de porter tel vêtement, telle tenue traditionnelle, tel accessoire (pour un film, une série, mais aussi dans le cadre de pratiques ludiques, théâtrales, voire sportives) modifie-t-il les manières de se mouvoir, d’occuper l’espace, d’interagir avec les autres ? Par exemple, si le Moyen Âge est une « période intrinsèquement théâtrale » (Putov, 2022, p. 44), comment ses mises en scène ou en jeu contemporaines convoquent-elles déjà le théâtre, dans une forme de mise en abyme ? La question des tatouages, bijoux et piercings, conçus comme des vecteurs de temporalités spécifiques, pourra également être abordée.

D’autre part, la mise en scène du passé par le corps est-elle nécessairement genrée ? Dans les fictions antiquistes et médiévalistes, en particulier dans le jeu vidéo et les bandes dessinées, les formes des armures tendent à mettre en avant une distinction nette des corps, des plastrons antiques arborant des abdominaux stylisés aux corsets à coques pour mettre en valeur la poitrine féminine, comme l’ont souligné en 2025 les participants au colloque « Immortel Péplum ». Les équipements martiaux suivent régulièrement cette valorisation des genres, plaçant l’esthétisation des corps au premier plan, devant la reconstitution historique ou même le caractère pratique – pensons au bikini en cotte de maille, ou désormais en plates, de l’héroïne Red Sonja, des comics au grand écran.

Il est également possible de s’interroger sur les expérimentations menées du passé et la place et les usages du corps qui en découlent. Qu’il s’agisse de porter une attention aux pratiques de loisirs qui tendent à re-créer le passé ou de discuter les propositions faites par l’archéologie expérimentale, l’enjeu est celui de la permanence ou des changements corporels au fil des siècles. En effet, il semble difficile, voire impossible dans le champ du jeu ou du loisir, de restituer fidèlement des techniques anciennes, ne serait-ce que parce que le corps contemporain n’a plus la même musculature qu’auparavant (Jaquet, 2017). Par ailleurs, ces expérimentations doivent également cohabiter avec des modifications esthétiques propres à notre société de l’image telles que l’épilation des sourcils ou la mode des tatouages, créant ainsi des corps hybrides, entre imaginaires du passé et injonctions contemporaines. Néanmoins l’analyse de chaînes opératoires est justement l’un des objectifs spécifiques de l’archéologie expérimentale. Dès lors, en suivant les propositions de certains chercheurs (Bostal, 2020), il serait possible de distinguer l’« expérienciation », qui relève de la dimension subjective et personnelle d’une expérience vécue (en costume, par exemple), de l’« expérimentation », validée par des hypothèses scientifiques. L’entrée dans l’Histoire pourrait-elle ainsi se réaliser à différents niveaux ou degrés ?

L’enjeu de cet appel est ainsi de comprendre comment le corps peut servir de support à la mise en vie / en scène / en images du passé, quelle que soit l’époque considérée. Comment l’Histoire est-elle façonnée, pétrie, modulée pour permettre l’expression de nouvelles activités ou pratiques physiques et corporelles ? Plus encore, il s’agira de saisir les usages artistiques, ludiques ou littéraires qui peuvent être faits du (ou des) corps pour donner à penser une époque révolue. À cet égard, plusieurs facettes du sujet pourront être envisagées, parmi lesquelles :

– la construction de l’imaginaire du corps à différentes époques, entre permanence et ruptures ;

– les représentations et mises en scène contemporaines du corps « passé » ;

– la transmission de l’histoire par le corps ou le sensible ;

– la réappropriation ou le détournement de pratiques physiques ou corporelles appartenant à une autre époque ;

– la redécouverte et la transmission de traditions par le corps ;

– les liens entre corps et genre à différentes époques ;

– etc.

Ce colloque se veut pluridisciplinaire. Les propositions pourront ainsi relever des domaines suivants, sans que cela ne soit exhaustif : sociologie, anthropologie, linguistique, histoire, archéologie, géographie, sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, études littéraires, études audiovisuelles, sciences et techniques des activités physiques et sportives, etc.

Les propositions de communication en format texte modifiable (.odt ou .doc, pas de .docx) de 2000 signes maximum, présenteront clairement une question de recherche, un cadre théorique et méthodologique ainsi que les principaux axes d’analyse envisagés. Elles seront accompagnées de 5 mots-clés et d’une courte présentation biographique, et seront adressées conjointement, pour le 15 juin 2025 au plus tard, à :

audrey.tuaillon-demesy [at] univ-fcomte.fr

justine.breton [at] univ-lorraine.fr

orlane.messey [at] univ-fcomte.fr

Le colloque se déroulera à Autun, les 4 et 5 décembre 2025. Il n’y a aura pas de frais d’inscription et, dans la mesure du possible, un hébergement pourra être pris en charge par l’organisation.

Source : Modernités Médiévales

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