Appel à contribution – Faire corps avec le passé : exposer l’Histoire par les pratiques corporelles

Le colloque “Faire corps avec le passé : exposer l’Histoire par les pratiques corporelles“, organisé par Justine Breton, Audrey Tuaillon Demésy et Orlane Messey, aura lieu à Autun les 4 et 5 décembre 2025.

Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2025.

Dans la continuité des colloques déjà conduits à Autun qui ont mis l’accent sur les processus d’évasion au Moyen Âge (2021) ou l’usage du langage dans les réceptions contemporaines du passé (2023), il s’agit désormais de porter le regard du côté des rapports au corps (activités physiques, pratiques hygiénistes et de soin, etc.) qui permettent d’appréhender des époques révolues. Ce colloque fait partie du programme de recherche Aiôn (Socio-anthropologie de l’imaginaire du temps. Le cas des loisirs alternatifs), soutenu par le Centre d’histoire vivante et la ville d’Autun.

Durant ces journées, il s’agira de questionner les différentes manières de raconter, de donner à voir et d’expérimenter l’Histoire aujourd’hui, sous l’angle spécifique des pratiques corporelles. Pour ce faire, il est possible de s’intéresser aussi bien aux re-créations (reconstitutions martiales, artistiques ou artisanales, mais aussi réappropriations du passé dans les pratiques sportives ou activités physiques) qu’aux productions (trans)médiatiques (séries, romans, jeux, etc.) qui mettent en scène différentes époques de l’Histoire par le prisme spécifique des usages du corps.

Axe 1. Les usages du corps contemporain pour penser l’Histoire

La permanence du passé dans le présent questionne différents champs de recherche, de l’histoire à l’anthropologie, en passant par les études littéraires ou médiatiques. Qu’il s’agisse de saisir une mémoire longue (Zonabend, 1999), de comprendre la construction d’une mémoire collective (Halbwachs, 1950), ou encore d’appréhender la permanence d’un récit écrit sur plusieurs siècles (Cherewatuk et Whetter, 2009), les traces laissées par les époques précédentes (proches ou lointaines) perdurent tout en étant modifiées, réappropriées par les acteurs sociaux. La malléabilité du passé se donne particulièrement à voir dans les usages faits du (ou des) corps. En effet, que l’on s’intéresse aux pratiques ludiques ou festives qui mettent en scène le passé, à la vulnérabilité physique ou aux façonnages de techniques appartenant à une autre époque, le corps reste le support à partir duquel est envisagé, étudié, compris le passé. Pour le dire autrement, comment le passage du temps participe-t-il à instaurer des modèles corporels ou, au contraire, à modifier les imaginaires que l’on porte sur des corps du passé ?

L’évolution des techniques a progressivement façonné et normalisé les façons de nous tenir et de nous mouvoir (Rousseau, 2008). Pourtant, si le capitalisme se caractérise par sa propension à supprimer les particularismes, certaines pratiques tendent à s’éloigner de cette conception linéaire et globalisante, invitant ainsi à redécouvrir des sensibilités propres à une époque appartenant au passé. Dans ce sens, la reconstitution historique (Tuaillon Demésy, 2014) ou encore les danses communautaires régionales (Postic, Laurent et al., 2003), reposant sur la recréation de cultures corporelles révolues, invitent à éprouver différemment nos manières de se tenir ou nos « habitus physiques » (Boltanski, 1971, p. 209), inhérents à un espace-temps donné.

Les pratiques dites do it yourself visant à se réapproprier des techniques oubliées (Messey et Hougue, 2024) s’inscrivent dans cette continuité. Qu’il s’agisse de redécouvrir des savoir-faire anciens tels que certaines formes de broderie, la vannerie, ou encore de concevoir manuellement ses teintures textiles ou remèdes, le loisir apparaît comme un temps d’expérimentation de traditions perdues. Dans ce contexte, posture, dextérité manuelle et fabrication d’outils amènent à penser de nouveaux usages des corps et les imaginaires ‒ contemporains ‒ qui les entourent. Dans un registre similaire, peuvent être questionnées les re-créations musicales ou chorégraphiques, qu’il s’agisse de retrouver des sons oubliés, de jouer des partitions de siècles passés ou de faire des emprunts pour élaborer de nouvelles formes musicales. Nous pouvons par exemple citer le travail de la chorégraphe Milicent Hodson et de l’historien Kenneth Archer, qui s’affairent à redonner vie à d’anciennes compositions artistiques comme les Ballets suédois, créations avant-gardistes des années 1920 (Archer, Hodson et Klasmer, 2022).

Dans le champ du médiévalisme, des axes de recherche ont été proposés récemment afin d’interroger la continuité des corps et des individualités à travers les siècles, tout particulièrement en s’intéressant aux réappropriations du et par le corps féminin. Des performances artistiques ont pu voir le jour, comme celle de Lorraine O’Grady en 2021 qui revêt elle-même une armure retravaillée pour interroger la place du corps féminin et construire un médiévalisme intersectionnel et surtout réparateur (Edwards et Vernon, 2024). De même, des récits de soins ou de maternités et des gestes traditionnellement codés comme féminins, que ce soit dans l’œuvre de Jane Austen ou celle de Virginia Woolf (Vishnuvajjala, 2024), ont par exemple été étudiés comme autant de traits d’union entre les femmes du Moyen Âge et d’aujourd’hui, non à travers une supposée nature ou essence féminine, mais par le prisme d’une communauté au-delà des époques. À l’inverse, l’histoire ancienne, des bains de lait d’ânesse de Cléopâtre aux remèdes d’Hildegarde de Bingen, a également pu être instrumentalisée pour devenir un argument commercial, à travers la valorisation d’un supposé lien avec la nature dans le cadre de la vente de soins pour le corps et de produits de beauté (White-Le Goff, 2024).

D’autre part, pur produit de l’industrialisation des sociétés occidentales, résultat d’une rationalisation des pratiques, le sport constitue lui aussi un objet d’étude intéressant pour penser le corps et le passé. L’anthropologie a depuis longtemps posé son regard sur ces sports qui, à travers la survivance de rituels, perpétuent des imaginaires de la tradition résistant à la globalisation (Soldani, 2015). Les réappropriations locales de pratiques globalisées, tel le cricket aux îles Trobriand étudié dans les années 1970 par Leach (2002), donnent à lire non seulement les réactualisations sportives mais aussi, et surtout, les façons dont une culture répond aux dominations symboliques, ainsi que la créativité inhérente aux réappropriations sportives dans d’autres contextes culturels. Plus récemment, des pratiques comme le quidditch ou le roller derby invitent à questionner le « frisson carnavalesque » (Gauthard, 2024, p. 61) qui traverse le champ sportif. Comment ce rite transforme-t-il les imaginaires sportifs et comment le carnaval, lorsqu’il est conjugué au présent, accompagne-t-il le passage d’un corps performant et normalisé à un corps subversif ?

Enfin, dans le cadre des pratiques ludiques, le corps devient aussi une manière de vivre aujourd’hui une époque révolue. Que l’on pense aux diverses pratiques d’histoire vivante (reconstitutions historiques, Arts martiaux historiques, etc.) ou aux jeux de rôle grandeur nature (voire sur table, dont le rapport au corps gagnerait à être approfondi), le corps est le matériau à partir duquel est vécu et exposé le passé, que celui-ci soit perçu comme étant « réel » ou « inventé ». Peut-on identifier des différences d’usages du corps en fonction du passé représenté ou re-créé ?  Menée dans la forêt de Brocéliande, l’enquête menée par Mélie Fraysse et Odile Parsis-Barube montre bien la manière dont s’imbriquent pratiques psychocorporelles et mythes anciens. Ces dernières montrent en effet comment l’imaginaire arthurien est mobilisé afin de générer « un réservoir de sensations et de visions de monde qui légitiment et orientent [les] pratiques » (Fraysse et Parsis-Barube, 2022, p. 66), générant par ailleurs un marché particulièrement lucratif. Ces analyses peuvent être étendues à d’autres études de cas comme, par exemple, la sorcellerie contemporaine (Théval, 2024). Personnage autrefois repoussant, devenue ces dernières années une figure d’émancipation et de pouvoir féminin, la sorcière invite à penser la permanence du passé (ou ses imaginaires) et leurs effets sur les corps féminins.

Axe 2. La mise en scène du passé par les corps : entre productions fictionnelles et expérimentations

Le rapport au corps met en lumière l’évolution non seulement des pratiques, mais aussi des imaginaires liés à l’Histoire. Suivant une évolution des codes esthétiques propres à nos sociétés contemporaines, l’on a vu les corps des interprètes masculins de films ou de séries anciennes – antiquistes ou médiévalistes, tout particulièrement – se sculpter, s’étoffer et se muscler à partir de la fin du XXe siècle (Breton, 2023). Le parallèle permet aujourd’hui d’établir un contraste frappant entre des gladiateurs ou chevaliers des productions des années 1950 et leurs homologues des années 2020. De même, l’évolution des imaginaires historiques est flagrante dans les choix capillaires et de pilosité des personnages principaux, des coupes adoptées sur le principe de la frange romaine (Barthes, 1957), aux couleurs de cheveux privilégiées pour signifier l’héroïsme, la passivité ou la trahison (Breton, 2019), en passant par l’imaginaire associé à la barbe tressée et ornée des vikings. Ces problématiques ne semblent pas être abordées a priori de la même façon dans les productions à destination d’un jeune public, bien qu’il soit nécessaire d’interroger également plus en détail ce que le rapport au corps fait de l’Histoire lorsque l’on s’adresse aux enfants.

D’autre part, les productions fictionnelles qui exposent des fragments du passé, en particulier celles qui sont audiovisuelles, accordent une importance particulière à l’apparence vestimentaire. Comment « faire voir » ou « faire croire » à une période historique donnée par le prisme de l’habillement ? Il s’agit ici, plus largement, de questionner les effets de la matérialité sur les corps. Comment le fait de porter tel vêtement, telle tenue traditionnelle, tel accessoire (pour un film, une série, mais aussi dans le cadre de pratiques ludiques, théâtrales, voire sportives) modifie-t-il les manières de se mouvoir, d’occuper l’espace, d’interagir avec les autres ? Par exemple, si le Moyen Âge est une « période intrinsèquement théâtrale » (Putov, 2022, p. 44), comment ses mises en scène ou en jeu contemporaines convoquent-elles déjà le théâtre, dans une forme de mise en abyme ? La question des tatouages, bijoux et piercings, conçus comme des vecteurs de temporalités spécifiques, pourra également être abordée.

D’autre part, la mise en scène du passé par le corps est-elle nécessairement genrée ? Dans les fictions antiquistes et médiévalistes, en particulier dans le jeu vidéo et les bandes dessinées, les formes des armures tendent à mettre en avant une distinction nette des corps, des plastrons antiques arborant des abdominaux stylisés aux corsets à coques pour mettre en valeur la poitrine féminine, comme l’ont souligné en 2025 les participants au colloque « Immortel Péplum ». Les équipements martiaux suivent régulièrement cette valorisation des genres, plaçant l’esthétisation des corps au premier plan, devant la reconstitution historique ou même le caractère pratique – pensons au bikini en cotte de maille, ou désormais en plates, de l’héroïne Red Sonja, des comics au grand écran.

Il est également possible de s’interroger sur les expérimentations menées du passé et la place et les usages du corps qui en découlent. Qu’il s’agisse de porter une attention aux pratiques de loisirs qui tendent à re-créer le passé ou de discuter les propositions faites par l’archéologie expérimentale, l’enjeu est celui de la permanence ou des changements corporels au fil des siècles. En effet, il semble difficile, voire impossible dans le champ du jeu ou du loisir, de restituer fidèlement des techniques anciennes, ne serait-ce que parce que le corps contemporain n’a plus la même musculature qu’auparavant (Jaquet, 2017). Par ailleurs, ces expérimentations doivent également cohabiter avec des modifications esthétiques propres à notre société de l’image telles que l’épilation des sourcils ou la mode des tatouages, créant ainsi des corps hybrides, entre imaginaires du passé et injonctions contemporaines. Néanmoins l’analyse de chaînes opératoires est justement l’un des objectifs spécifiques de l’archéologie expérimentale. Dès lors, en suivant les propositions de certains chercheurs (Bostal, 2020), il serait possible de distinguer l’« expérienciation », qui relève de la dimension subjective et personnelle d’une expérience vécue (en costume, par exemple), de l’« expérimentation », validée par des hypothèses scientifiques. L’entrée dans l’Histoire pourrait-elle ainsi se réaliser à différents niveaux ou degrés ?

L’enjeu de cet appel est ainsi de comprendre comment le corps peut servir de support à la mise en vie / en scène / en images du passé, quelle que soit l’époque considérée. Comment l’Histoire est-elle façonnée, pétrie, modulée pour permettre l’expression de nouvelles activités ou pratiques physiques et corporelles ? Plus encore, il s’agira de saisir les usages artistiques, ludiques ou littéraires qui peuvent être faits du (ou des) corps pour donner à penser une époque révolue. À cet égard, plusieurs facettes du sujet pourront être envisagées, parmi lesquelles :

– la construction de l’imaginaire du corps à différentes époques, entre permanence et ruptures ;

– les représentations et mises en scène contemporaines du corps « passé » ;

– la transmission de l’histoire par le corps ou le sensible ;

– la réappropriation ou le détournement de pratiques physiques ou corporelles appartenant à une autre époque ;

– la redécouverte et la transmission de traditions par le corps ;

– les liens entre corps et genre à différentes époques ;

– etc.

Ce colloque se veut pluridisciplinaire. Les propositions pourront ainsi relever des domaines suivants, sans que cela ne soit exhaustif : sociologie, anthropologie, linguistique, histoire, archéologie, géographie, sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, études littéraires, études audiovisuelles, sciences et techniques des activités physiques et sportives, etc.

Les propositions de communication en format texte modifiable (.odt ou .doc, pas de .docx) de 2000 signes maximum, présenteront clairement une question de recherche, un cadre théorique et méthodologique ainsi que les principaux axes d’analyse envisagés. Elles seront accompagnées de 5 mots-clés et d’une courte présentation biographique, et seront adressées conjointement, pour le 15 juin 2025 au plus tard, à :

audrey.tuaillon-demesy [at] univ-fcomte.fr

justine.breton [at] univ-lorraine.fr

orlane.messey [at] univ-fcomte.fr

Le colloque se déroulera à Autun, les 4 et 5 décembre 2025. Il n’y a aura pas de frais d’inscription et, dans la mesure du possible, un hébergement pourra être pris en charge par l’organisation.

Source : Modernités Médiévales

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Offre d’emploi – Associate Lecturer (Education Focused) in Latin and in the History of the British Isles, c.1100-1500 (University of St Andrews)

Closes: 21st April 2025
Start: 1 September 2025

We wish to appoint an Associate Lecturer (Education Focused) within the School of History. The position will be held from 1st September 2025. You will be a scholar with a growing international reputation in the history of the British Isles between c.1100 and 1500 and with experience of and commitment to teaching Latin. The successful candidate will spend at least 50% of their time teaching Latin to post-graduate students in medieval and early modern history. The remaining time will be spent teaching first-year and third-year history students studying British history, with a particular focus on Scottish history c.1100-1500. Candidates should hold a PhD in a cognate discipline. Excellent language teaching skills are essential.

Employees of the University have access to a wide range of staff benefits including:

  • Annual leave of 34 days, plus 5 public holidays
  • Membership of the USS Pension Scheme with generous employer contributions
  • A hybrid working environment, including partial homeworking where appropriate and a range of family friendly policies
  • Staff discount scheme for local and national goods and services
  • Free staff parking, employee Carshare and Cycle to Work Schemes and subsidised local bus travel
  • Subsidised sports membership, reduced tuition fees on degree programmes for staff/children of staff, access to library facilities, salary sacrifice scheme and a range of wellbeing initiatives

Informal enquiries can be directed to the Head of School, Professor Bridget Heal, at hhis@st-andrews.ac.uk or to Professor John Hudson, at jghh@st-andrews.ac.uk

Applications are particularly welcome from women, people from the Black, Asian, Minority or Ethnic (BAME) community and with other protected characteristics who are under-represented in lectureship posts at the University. We also welcome applications from candidates who have had recent career breaks or other non-linear career paths (we invite you to describe any such circumstances in your covering letter).

Equality, diversity and inclusion are at the heart of the St Andrews experience and form a central pillar of the University Strategy. We strive to create a fair and inclusive culture demonstrated through our commitment to diversity awards (Athena Swan, Carer Positive, Race Charters). We celebrate diversity by promoting profiles of BAME, LGBTIQ+ Disabled and Neurodiverse staff and supporting networks including the Staff BAME Network; Staff with Disabilities or Neurodiversity Network; Staff LGBTIQ+ Network; and the Staff

Interviews will be held on 20 May 2025

Please quote ref: AO1974DD

Closing Date: 21 April 2025

Further Particulars: AO8929DD FPs.doc

Source : Jobs.ac.uk

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Publication – Émilie Tattu Carvalho, « Le jeu d’échecs, une allégorie politique dans la France des premiers Valois »

Royaume de France, fin du XIVe siècle. Alors que le Jeu des échecs moralisés de Jacques de Cessoles connait l’acmé de sa diffusion au sein d’une société où ce jeu est une référence commune, Philippe de Mézières s’en inspire et termine la rédaction du Songe du vieux pèlerin pour Charles VI. Fort d’une tradition littéraire et ludique, ce traité marque l’apogée de la politisation allégorique des échecs à travers 64 réformes présentées au prisme de l’échiquier pour parvenir au bon gouvernement dans un temps marqué par des affrontements.

Cet ouvrage montre la formation de communautés politiques autour de ces traités réformateurs et singuliers, à travers la temporalité et les raisons historiques de leur réception ou non-diffusion. Soit quand, comment, pourquoi et par qui l’allégorie politique des échecs fut convoquée afin de repenser la société et le pouvoir, éclairant la pensée politique française à la fin du Moyen Âge.

Émilie Tattu Carvalho, Le jeu d’échecs, une allégorie politique dans la France des premiers Valois, Paris, L’Harmattan, 2025 ; 1 vol., 264 p. (Historiques). ISBN : 978-2-336-50155-0. Prix : € 28,00.

Source : L’Harmattan

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Colloque – La céramique très décorée dans l’Europe du Nord-Ouest (XIIème-XVème siècle) : 30 ans après le colloque de Douai

Le colloque international de Beauvais “La céramique très décorée dans l’Europe du Nord-Ouest (XIIème-XVème siècle) : 30 ans après le colloque de Douai” aura lieu du 4 au 6 juin 2025.

30 ans après le colloque de Douai intitulé « La céramique très décorée dans l’Europe du Nord-Ouest (Xème-XVème siècle) » qui s’est déroulé en avril 1995, les recherches sur « la céramique très décorée » méritent un renouvellement des connaissances. Ce colloque se donne pour ambition de refaire le point sur cette production qui a été un phénomène européen du XIIe au XVe siècle. La chronologie constitue une des questions à approfondir lors de ces journées et doit être abordée de manière transversale à travers les différents thèmes proposés.

Il faudra en comprendre la genèse. Quand apparaissent ces récipients à décor élaboré ? Quels sont les précurseurs techniques (peinture, décor à la molette…) ? Il conviendra aussi bien sûr, d’en définir le déclin et d’en analyser les causes multifactorielles (politiques, économiques, sociales…). La question des acquis et des survivances techniques avec, notamment l’apparition de nouveaux objets et de nouveaux décors à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne, peut également être approfondie. En effet, à une échelle diachronique, il serait intéressant de souligner les influences et les héritages de la « très décorée » (techniques, inspirations…).

L’aspect géographique, toujours dans une perspective transverse, est également fondamental dans toutes les réflexions qui vont être menées. La céramique « très décorée » est désormais clairement identifiée dans les régions autour de la mer du Nord et plus largement de l’Europe du Nord-Ouest. Il convient là aussi de questionner les zones en marge (régions de tradition méditerranéenne ou baltique) pour une meilleure appréhension des limites spatiales de sa production et/ou de sa diffusion. À une échelle plus fine, ce type de céramique (formes et décors) montre des spécificités régionales particulièrement marquées qu’il apparaît primordial de définir, tant sur le plan technique et typologique que chronologique. C’est à la lecture de ces différentes synthèses régionales que se dessinera une origine de la « très décorée » mais aussi une diffusion, des rythmes spécifiques avec des écarts de datation sans doute importants entre régions mais aussi la mise en évidence de particularismes qui nous permettront d’embrasser au mieux le sujet.      

Comité scientifique

Anne Bocquet-Liénard, CRAHAM UMR 6273
Sophie Challe, SPW, Agence wallonne du Patrimoine
Koen De Groote, Agentschap Onroerend Erfgoed
Stéphanie Dervin, Inrap, CRAHAM UMR 6273
Marie-Christine Lacroix, Service régional de l’Archéologie – Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté, ARTEHIS UMR 6298
Elisabeth Lecler, Inrap, CRAHAM UMR 6273
Lauriane Miellé, Service archéologique municipal de Beauvais, HALMA UMR 8164
Sandrine Mouny, Université de Picardie, TRAME UR 4284
Rachel Prouteau, Inrap, SAMA UR 1132  
Fabienne Ravoire, Inrap, CRAHAM UMR 6273
Frans Verhaeghe, Professeur émérite, Vrije Universiteit Brussel (VUB)
Vaiana Vincent, Inrap, CRAHAM UMR 6273

MERCREDI 4 JUIN 2025

9h00 – Accueil des participants
10h00 – Ouverture du colloque – Discours officiels
10h30 – La céramique médiévale dite « très décorée » : un phénomène particulier, ses caractéristiques et évolution, sa production, sa consommation, ses significations. Une introduction à un colloqueFrans VERHAEGHE (Professeur émérite, Vrije Universiteit Brussel), Koen DE GROOTE (Agentschap Onroerend Erfgoed)

AXE 1 – PRODUCTION

11h00 – Le PCR TeR A POTS : Recherche sur les ateliers médiévaux des Hauts-de-France et de Belgique et apport sur la connaissance de la production très décoréeSandrine MOUNY (Université d’Amiens, TrAme UR 4284), Vaiana VINCENT (Inrap, CRAHAM-UMR 6273) et coll.
11h25 – La production de la céramique très décorée à Metz Pontiffroy : état de la rechercheRachel PROUTEAU (Inrap, SAMA UR 1132), Anne CLOAREC-QUILLON (CNRS, Aix Marseille Univ, LA3M, Aix-en-Provence, France), avec la collaboration de Anne BOCQUET-LIÉNARD (CRAHAM, CNRS, UMR 6273 Centre Michel de Boüard), Ayed BEN AMARA (Archéosciences Bordeaux UMR 6034), Gilles FRONTEAU (Université de Reims Champagne-Ardenne, GEGENA UR 3795, Reims, France), Agnès GENEVEY (Sorbonne Université, CNRS, Laboratoire d’Archéologie Moléculaire et Structurale, LAMS, F- 75005 Paris, France), Perrine TOUSSAINT (Inrap), Marilyne PRÉVOT (Inrap), Véronique DUREY (indépendante), Renée LANSIVAL (Service régional de l’Archéologie, Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est), Xavier PETIT (Archéologie Alsace)
11h50 – Poster : Medieval face jugs found in Scandinavia, where were they made ?, Torbjörn BRORSSON (Ceramic Studies)
12h00 – Déjeuner (sur réservation uniquement)

13h45 – Les cruches romanes polychromes orléanaisesCarine HARIVEL (Service d’archéologie Ville d’Orléans), Sébastien JESSET (Service d’archéologie Ville d’Orléans)
14h10 – La céramique très décorée médiévale. Aspects techniques de la fabrication des décors et des glaçures par le biais de l’expérimentationVéronique DUREY (céramologue potière, indépendante)
14h35 – The French Connection: Deritend Ware Jugs in the Highly Decorated StyleStephanie RATKAI (Independent Researcher and Director of Barbican Research Associates)
15h00 – Discussion Axe 1
15h15 – Pause

AXE 2 – DIFFUSION : ASPECT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

15h35 – Highly decorated redware in medieval Denmark – import and local productionJesper LANGKILDE (Roskilde Museum, Denmark)
16h00 – Aperçu typologique et significations de la céramique très décorée d’Ypres (Belgique) (XIIIe-début XIVe siècle)Koen DE GROOTE (Agentschap Onroerend Erfgoed), Frans VERHAEGHE (Professeur émérite, Vrije Universiteit Brussel)
16h50 – Poster : La céramique très décorée de Tourcoing, José BARBIEUX (retraité – ville de Tourcoing)
17h10 – Photos officielles devant la cathédrale
18h00 – Pot d’accueil offert à l’Hôtel de Ville de Beauvais

JEUDI 5 JUIN 2025

8h30 – Accueil des participants
9h00 – La céramique « très décorée » dans l’ancien Comté de Flandres : status quaestionis et nouvelles perspectivesSophie CHALLE (Agence wallonne du Patrimoine), Koen DE GROOTE (Agentschap Onroerend Erfgoed), Vaiana VINCENT (Inrap, CRAHAM-UMR 6273)
9h25 – La céramique très décorée mosane, ses prémisses et ses survivances. Données quantifiées à partir d’ensembles de consommation hutoisSophie CHALLE (Agence wallonne du Patrimoine), Sylvie DE LONGUEVILLE (Agence wallonne du Patrimoine), Catherine PÉTERS (Agence wallonne du Patrimoine), Sophie DE BERNARDY DE SIGOYER (Agence wallonne du Patrimoine)
9h50 – Florilège de couleurs et de formes en céramique entre mer du Nord et Île-de-France, des origines à l’héritageMarjorie GALOIS (Inrap), Lauriane MIELLÉ (Service archéologique municipal de Beauvais, Halma UMR 8164 Université de Lille), Sandrine MOUNY (Université d’Amiens, TrAme UR 4284), Vaiana VINCENT (Inrap, CRAHAM-UMR 6273) avec la collaboration de Hélène AGOSTINI (CD62), Camille CALOIN (Inrap), Irvin SPEURT (Grand Calais), Lionel VENRIES (Inrap)
10h15 – Poster : Le mobilier céramique très décoré à Arras : réouverture du dossier à travers le prisme du site de la Place du ThéâtreIrvin SPEURT (Communauté d’Agglomération Grand Calais Terres & Mers – GCTM), Mathieu BÉGHIN (Service Archéologique Municipal d’Arras, IRHiS, UMR 8529)
10h20 – Poster : Les céramiques « hautes en couleur » dans la vallée moyenne de l’Oise, du XIIe au XIVe siècle : production et utilisation, Marjorie GALOIS (Inrap), Sandrine MOUNY (Université d’Amiens, TrAme UR 4284)
10h25 – Pause
10h45 – Les lieux de découverte des céramiques très décorées à Beauvais : une production réservée à « l’élite beauvaisienne » ?Lauriane MIELLÉ (Service Archéologique Municipal de Beauvais, Halma UMR 8164 Université de Lille), Sébastien LEFEVRE (Service Archéologique Municipal de Beauvais)
11h10 – La très décorée dans le centre et l’ouest de l’Île-de-France entre les XIIe et XIVe siècles, Caroline CLAUDE (Inrap, CRAHAM-UMR 6273) avec la collaboration de Nathalie PACCARD (Inrap)
11h35 – La céramique très décorée francilienne des XVe-XVIe siècles : aspects économique et social, Fabienne RAVOIRE (Inrap, CRAHAM-UMR 6273)
12h00 – Déjeuner (sur réservation uniquement)

13h45 – Cruches, pichets et chopes très décorés entre le Xe et le XIVe siècle, quoi de neuf en Normandie orientale ?Elisabeth LECLER-HUBY (Inrap, CRAHAM-UMR 6273)
14h10 – La place des céramiques « très décorées » dans les contextes de la Normandie occidentale entre la deuxième moitié du XIIe siècle et la fin XIVe siècleStéphanie DERVIN (Inrap, CRAHAM-UMR 6273), Mathilde LECLERC (Université de Caen, CRAHAM-UMR 6273)
14h35 – La céramique très décorée en Bourgogne méridionale : état de la question, Anne Lise BUGNON (Inrap, UMR ArtéHis), Fabienne RAVOIRE (Inrap Midi- Méditerranée, CRAHAM-UMR 6273)
14h55 – Poster : Céramiques très décorées en Suisse, synthèse des découvertesMichelle JOGUIN REGELIN (République et Canton de Genève)
15h00 – Pause
15h20 – La céramique très décorée du nord au sud de l’Auvergne ; éléments de synthèse sur des productions aussi variées que méconnuesSophie LIEGARD (Ciham / UMR 5648)
15h45 – Poster : Focus sur la céramique très décorée du site de l’Hôtel-Dieu à Clermont-Ferrand (63-France) : un ensemble exceptionnel de pichets à fleur de lysSandra CHABERT (Inrap ARA, UMR5138 ArAr)
15h50 – Poster : Les pichets très décorés du Haut-Poitou au XIIIe siècle, Brigitte VÉQUAUD (Inrap, membre associé au CESCM), Marie DESPLAT (Master 2, Université de Poitiers, CESCM)
15h55 – La céramique très décorée en région Aquitaine. État de la questionArmelle GUÉRITEAU (Inrap, Ausonius UMR 5607), Yolaine ROUZO-LENOIR (Hadès)
16h20 – Poster : Entre production, circulation et consommation : diversité de la céramique très décorée PérigourdineClément RIGAULT (Inrap, UMR 7324 CITERES-LAT)
18h00 – Départ des bus pour la Maladrerie Saint-Lazare
18h15 – Visite de la Maladrerie
19h00 – Repas médiéval dans la grange du XIIIe siècle de la Maladrerie (sur réservation uniquement)

VENDREDI 6 JUIN 2025

9h00 – Visite de la ville
10h15 – Pause
10h30 – La très rare céramique « très décorée » du sud-est de la France : état de la question, Catherine RICHARTÉ-MANFREDI (Inrap, UMR 5658 CIHAM)
10h55 – North-European Highly Decorated Pottery Imports in Lisbon (Portugal): An Approach to their Historical and Archaeological significance, Rodrigo BANHA DA SILVA (NOVA/FSCH; CHAM-NOVA/FCSH; CALCentre for Lisbon Archaeology-DMC/DPC/CML), Sara DA CRUZ FERREIRA (NOVA-FCSH/ CHAM Center for the Humanities NOVA-FCSH), Filipe SANTOS OLIVEIRA (NOVA-FCSH/ CHAM Center for the Humanities NOVA-FCSH), André BARGAO (NOVA-FCSH/ CHAM Center for the Humanities NOVA-FCSH)
11h20 – Discussion Axe 2

AXE 3 : CULTURE VISUELLE ET MATÉRIELLE

11h35 – Highly decorated pottery in Southwestern-Norway: Colourful contacts to France and the Baltic ?Volker DEMUTH (Museum of Archaeology, University of Stavanger, Norway)
12h00 – Déjeuner (sur réservation uniquement)

13h45 – Un élément de mobilier religieux exceptionnel en céramique très décorée d’AndenneSophie CHALLE (Agence wallonne du Patrimoine), Sylvie DE LONGUEVILLE (Agence wallonne du Patrimoine), Eric GOEMAERE (Service géologique de Belgique, Institut des Sciences naturelles de Belgique), Carole HARDY (Espace muséal d’Andenne), Céline HERMANS (Espace muséal d’Andenne)
14h10 – Poster : Le lavabo du Bourget : découverte d’une céramique très décorée d’époque RenaissancePascal MÉTROT (Bureau du Patrimoine archéologique, Département de la Seine- Saint-Denis), Pauline SUSINI-COLLIN (Bureau du Patrimoine archéologique, Département de la Seine-Saint-Denis – UMR 7041 ArScAn – équipe GAMMA)
14h15 – Poster : La céramique à décor de cerf de ValenciennesMarie HUIN (Service archéologique de Valenciennes)
14h20 – Des animaux et des hommes : inventaires et symboliques de quelques décors du nord de la FranceCamille CALOIN (Inrap), Sophie CHALLE (Agence wallonne du Patrimoine), Marjorie GALOIS (Inrap), Lauriane MIELLÉ (Service archéologique municipal de Beauvais, Halma UMR 8164 Université de Lille), Sandrine MOUNY (Université d’Amiens, TrAme UR 4284), Lionel VENRIES (Inrap), Vaiana VINCENT (Inrap, CRAHAM-UMR 6273) avec la collaboration de Line PASTOR (Cellule archéologique des Ardennes)
14h45 – Poster : La céramique saintongeaise : une céramique très décorée, oui… mais. Tentative d’une chronologie et présentation du répertoire décoratif à partir de la fouille de la tour de Broue (Charente-Maritime)Pierre TESTARD (Inrap, UMR 6298 ArTeHiS), Eric NORMAND (Service régional de l’Archéologie – Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine)
14h50 – Les carreaux de pavement de Saint-Martin-d’Hardinghem (Pas-de- Calais)Laëtitia DALMAU (Reims Métropole)
15h15 – Pause
15h35 – Les effets de surface des carreaux de pavement en Bourgogne au XIIIe siècleMagali ORGEUR (UMR 5138 Laboratoire ArAr – Université Lyon II Lumière)
16h00 – Discussion Axe 3
16h20 – Conclusion du colloque

Source : Nordoc’Archéo

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Colloque – La Toison d’or, trophée pour des héros ambigus de l’Antiquité au Moyen Âge

Si la quête argonautique et son dénouement tragique sont bien étudiés dans leur versant gréco-latin, leur devenir au Moyen Âge fait l’objet d’analyses moins nombreuses. Dans l’ensemble du corpus, l’imaginaire de la Toison d’or et les récits encadrant la quête argonautique restent aussi moins explorés.

Phrixos, voué au sacrifice par son père Athamas, échappe à la mort grâce au bélier à la Toison d’or : l’animal mène le jeune homme en Colchide et prend symboliquement sa place sur l’autel. La Toison, dépouille sacrificielle, lui garantit pouvoir et fécondité. Une génération plus tard, Jason, parent de Phrixos, revendique ce trophée pour établir à son tour son royaume et sa lignée. Son mariage avec Médée assure temporairement sa victoire, mais la déloyauté du héros lui en ôte les fruits.

Ces deux mythes sont unis par des thèmes et motifs communs : voyages et mariages parallèles ; rapport au sacré, affirmation politique et dynastique, explorations et conquêtes. Cette interaction, souvent sous-estimée, éclaire les enjeux de la quête argonautique (et ses liens à d’autres cycles légendaires : guerre de Troie, voyages d’Héraclès).

L’ambivalence des héros et de leur trophée (entre affirmation et subversion de l’ordre religieux, politique, matrimonial), la richesse symbolique de la Toison (du polythéisme antique au christianisme), les transformations de l’imaginaire géographique (de la colonisation grecque à la croisade), le caractère glorieux ou transgressif du voyage aux confins, donnent lieu, de l’Antiquité au Moyen Âge, à des lectures diverses et contrastées, au sein d’un corpus littéraire et iconographique varié (épopée, mythographie, tragédie, roman).

Cette rencontre invite à replacer les deux héros dans leurs traditions parallèles et dans leur lien à ce trophée ambigu.

Jeudi 3 avril

14H00 Accueil des participants. Ouverture du colloque

  • 14H30 Anne-Claire Soussan (Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle) : « Du sacrifice humain à sa compensation : rites et motifs conclusifs »
  • 15H00 Christophe Cusset (ENS Lyon) : « À l’aune de Phrixos : un modèle et son renversement pour l’entreprise de Jason dans les Argonautiques d’Apollonius de Rhodes »
  • 15H30 Irene Salvo García (Universidad Autónoma de Madrid) : « Frixos et Jason dans la General Estoria d’Alphonse X (1221-1284) »

16H00 Discussion / pause

  • 16H45 Sandra Provini (Université de Rouen) : « La mauvaise foi de Jason dans les Contrepistres d’Ovide de Michel d’Amboise (1541) »
  • 17H15 François Ripoll (Université de Toulouse) : « Phrixus dans les Argonautiques de Valérius Flaccus : les ambiguïtés du précurseur »

17H45 Discussion

Vendredi 4 avril

  • 9H30 Florian Alves (Université de Lille) : « Jason suppléé et suppléant dans les Argonautiques orphiques »
  • 10H00 Charlotte Guionneau (Sorbonne Nouvelle) : « Conquérir la Toison d’or : enjeux et caractéristiques de la réécriture dans le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure et ses adaptations en prose »

10H30 Discussion / pause

  • 11H00 Charles Delattre (Université de Lille) : « Phrixos chez les mythographes. Conciliations, parti-pris et réécritures ».
  • 11H30 Florence Tanniou (Université Paris-Nanterre) : « L’invention de la Toison d’or dans le Roman de Jason de Raoul Lefèvre »

12H00 Discussion – déjeuner : buffet

  • 14H30 Pascale Linant de Bellefonds (CNRS, UMR 7041 ArScAn) : « De la Grèce à la Colchide et retour, images hellénistiques et romaines du bélier à la Toison d’or »
  • 15H00 Clara Pascual Argente (Université de Toulouse) et Rosa María Rodríguez Porto (Universidad de Santiago de Compostela) : « La section consacrée à Jason dans deux manuscrits castillans enluminés du xive siècle (Crónica troyana, Historia Troyana) »
  • 15H30 Maud Pérez Simon (Sorbonne Nouvelle) : « Jason dans la maison, iconographie du héros en intérieur domestique »

16H00 Discussion et clôture du colloque

Informations pratiques :

Salle Claude Simon – 4 rue des Irlandais
Paris, France (75005)

3-4 avril 2025

Colloque organisé par
L’Université de la Sorbonne Nouvelle (Centre d’études et de recherches antiques et médiévales – CERAM, UR 173)
L’Université Paris-Nanterre (Centre des Sciences des Littératures en langue Française – CSLF, EA 1586)
L’Université Versailles-Saint-Quentin (DYPAC, UR 2449)
L’Institut universitaire de France

Source : Calenda

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Journée d’étude du RMBLF – Individualité et ubiquité de l’expérience médiévale de « l’ailleurs ». 51e Journée d’étude du RMBLF

Date : 25 avril 2025
MRAH – Bruxelles

Inscription gratuite mais obligatoire auprès de a.dumargne@kmkg-mrah.be

Programme au format PDF : ici

9h00 : Accueil
9h20 : Géraldine David (directrice des MRAH) – Mot d’accueil
9h30 : Introduction

Présidence : Anne-Clothilde Dumargne (ULiège/MRAH)

9h45 : Julie Marchand (ULB/MRAH) – « Artisans itinérants : géographie du voyage des potiers mamelouks dans le monde islamique »
10h05 – Sarah Flitti (Lettres Sorbonne Université) – « Les écritures non-latines à la cour du roi René : pratiques artistiques et expérience de l’altérité linguistique »  
10h25 : Discussions
10h45 : Pausé café

11h15 : Visite-Ateliers des collections des MRAH
12h30 : Repas

Présidence : Antoine Bonnivert (ULB/Archives générales du Royaume)

13h30 : Alessandro Rizzo (ULiège) – « Entre Naples, Chypre et le Caire : altérité et assimilation dans l’exercice de la diplomatie à la fin du XVe siècle »
13h50 : Nissaf Sghaïer (UCLouvain – Saint-Louis Bruxelles) –  « Un Autre « emprunté » ? L’expérience du voyage comme outil de distinction sociale chez l’élite laïque bourguignonne (XVe siècle) »  
14h10 : Jonathan Dumont (ULiège) – « Penser le royaume en voguant : le premier voyage de Charles de Habsbourg aux Espagnes (1517) »
14h30 : Discussions
15h00 : Pause café

Présidence : Christophe Masson (F.R.S.-FNRS/ULiège)

15h30 : Quentin Bernet (ENS Paris Saclay) – « Cloisonnements, échantillons et lacunes de l′Europe gothique : une approche des mobilités artistiques par les données ». 

16h00 : Fin des travaux

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Publication – Melodie H. Eichbauer, « Law in a Culture of Theology. The Use of Canon Law by Parisian Theologians, ca. 1120–ca. 1220 »

Law in a Culture of Theology: The Use of Canon Law by Parisian Theologians, ca. 1120–ca. 1220 considers the study of law within its intellectual environment. It demonstrates that theologians associated with the schools of Paris in the twelfth century, particularly Peter the Chanter and his circle, had a working knowledge of Romano-canonical tradition and thought about the human context of the law, which, in turn, reflected the environment in which each master worked. It begins by showing the extent to which law was woven into the fabric of the schools of Paris, and follows with individual case studies.

These case studies—marriage in Hugh of St. Victor’s De Sacramentis and Peter Lombard’s Sententiae, excommunication in Peter the Chanter’s Summa de sacramentis et animae consiliis, crusade activity and heresy in Robert of Couçon’s Summa penitentiae, homicide in Robert of Flamborough’s Liber poenitentialis, and the faces of greed in Thomas of Chobham’s Summa confessorum—demonstrate how each theologian drew upon legal thought, for what end he was using it, and how his use of law fit into contemporary legal thinking. A competency in law proved valuable to, and was tailored for, different types of ecclesiastical  roles: teachers showing students how to analytically navigate complex questions of pastoral care, papal judge-delegate on the cusp of full-time administration on behalf of the papacy, penitentiarius of St. Victor and the students at the University of Paris, or diocesan management.

This book will be a useful resource for all students and researchers interested in medieval canon law, medieval theology and pre-modern law.

Melodie H. Eichbauer is Professor of Medieval History at Florida Gulf Coast University, U.S.A. Her research focuses on the dissemination of legal knowledge; the interpretation of law; and the ways in which social, political, and intellectual developments and trends shaped both between c.1000 and c.1500. She authored the second edition of Medieval Canon Law, an expanded and revised version of the first edition by James A. Brundage (2023). She is the editor of A Cultural History of Genocide, Vol. 2: The Middle Ages (2021), the co-editor with Danica Summerlin of The Use of Canon Law in Ecclesiastical Administration, 1000–1250 (2018); and the co-editor with Kenneth Pennington of Law as Profession and Practice in Medieval Europe: Essays in Honor of James A. Brundage (2011).

Table des matières :

Introduction

1.      Setting the Stage: Sharing and Producing Legal Collections in Northern France, ca. 1050–ca. 1130

2.      Twelfth-Century Paris Theologians and their Engagement with Legal Knowledge

3.      Hugh of St. Victor, Peter Lombard, and Northern French Canonical Collections: Intellectual Interplay on Marriage at the Dawn of the University of Paris

4.      Peter the Chanter: Using Excommunication to Teach the Pragmatics of Pastoral Care

5.      Robert of Courçon: Administering Crusading Activity and the Fight Against Heresy

6.      Robert of Flamborough: Penitentiarius to the Students of Paris and Homicide

7.      Thomas of Chobham: The Deadly Sin of Greed

Conclusion

Melodie H. Eichbauer, Law in a Culture of Theology. The Use of Canon Law by Parisian Theologians, ca. 1120–ca. 1220, Londres, Routledge, 2025 ; 1 vol., 278 p. ISBN : 978-1-03273-608-2. prix : GBP 39,99.

Source : Routledge

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Publication – Alessandro Barbero, « All’arme! All’arme! I priori fanno carne! »

Le rivolte popolari del Trecento, sostiene Alessandro Barbero, rivelano nei protagonisti consapevolezza dei loro interessi e chiarezza di obiettivi. Furono semi gettati nel futuro.
Antonio Carioti, “la Lettura – Corriere della Sera”

«All’arme! All’arme! I priori fanno carne!» grida un artigiano per incitare alla rivolta. È il 20 luglio del 1378, siamo a Firenze in piena rivolta dei Ciompi, una delle tante che infiammano l’Europa nel corso del Trecento. Rivolte popolari che arrivano completamente inaspettate. Durano pochissimo, talvolta solo qualche settimana, poi vengono represse. Ma in quel poco tempo succedono cose tali da rimanere per sempre incise nella memoria collettiva.

Utilizzando le cronache del tempo, Alessandro Barbero ci fa rivivere la concitazione, l’entusiasmo, la violenza di quelle giornate in cui una massa di persone decise che il futuro così come lo vedeva non gli piaceva e provò a cambiarlo.

Alessandro Barbero ha insegnato Storia medievale presso l’Università del Piemonte Orientale. Ha vinto il Premio Strega nel 1996 con il romanzo storico Bella vita e guerre altrui di Mr. Pyle, gentiluomo, ha collaborato per molti anni con il programma Superquark di Piero Angela e i suoi podcast sono tra i più seguiti. Tra le sue molte opere per Laterza: Carlo Magno. Un padre dell’Europa; La battaglia. Storia di Waterloo; 9 agosto 378 il giorno dei barbari; Barbari. Immigrati, profughi, deportati nell’impero romano; Benedette guerre. Crociate e jihad; Lepanto. La battaglia dei tre imperi; I prigionieri dei Savoia. La vera storia della congiura di Fenestrelle; Donne, madonne, mercanti e cavalieri. Sei storie medievali; Le parole del papa. Da Gregorio VII a Francesco;Caporetto; Dante; L’aristocrazia nella società francese del Medioevo.

Alessandro Barbero, All’arme! All’arme! I priori fanno carne!, Bari, Laterza, 2025 ; 1 vol., 176 p. (Economica Laterza). ISBN : 978-8-85815-683-4. Prix : € 12,00.

Source : Laterza

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Appel à contribution – La ruse au Moyen Âge et dans ses représentations médiévalistes

Marine Briey, Maxime Danesin et Justine Breton (Université de Lorraine) organisent, avec le soutien de l’UR Sciences de l’Antiquité et du Moyen Âge (SAMA), une journée d’étude sur le sujet “La ruse au Moyen Âge et dans ses représentations médiévalistes“. La journée aura lieu le vendredi 20 juin 2025 au Campus Lettres et Sciences humaines (23 boulevard Albert Ier) de Nancy.

Date limite d’envoi des propositions : 30 avril 2025.

Omniprésente, insaisissable, protéiforme, ambivalente… la ruse apparaît comme une notion complexe et variable, capable de fourvoyer et d’échapper aux tentatives de définition définitive. Ruses militaires, politiques, amoureuses, érotiques, économiques, artistiques, etc., ses domaines d’action sont pluriels et ne sauraient se limiter à la question du mensonge ou du déguisement.

La densité et la complexité de cette notion se manifeste au niveau de la langue elle-même au Moyen Âge. Référant initialement, en ancien français, aux « détours du gibier dans sa fuite », le mot ruse désigne par la suite la « tromperie, astuce, feinte », soit un art du retournement, voire du détournement. Tantôt valorisée et assimilée à l’intelligence, à la finesse, à l’habileté, tantôt condamnée par son association à la perfidie, à l’hypocrisie, à la déloyauté, la ruse et ses multiples acceptions constituent un ensemble axiologique contrasté et ambivalent.

Cette densité sémantique se retrouve également dans le terme médiéval d’engin. Compris à la fois en tant que faculté (l’habileté, l’ingéniosité, mais aussi l’art, le savoir-faire, le talent) et le produit de cette intelligence (l’invention, le dispositif, la machine), l’engin semble, à ce titre, se rapprocher de ce que les Grecs appelaient mètis, cette forme d’intelligence pratique, à l’acception variable, décrite de façon fameuse par Marcel Détienne et Jean-Pierre Vernant (2018 [1974]). « Bigarrée », « ondoyante », la mètis « a pour champ d’application le monde du mouvant, du multiple, de l’ambigu » (Détienne et Vernant, 2018, p. 36) ; plus encore, « sa souplesse, sa malléabilité lui donnent la victoire dans les domaines où il n’est pas, pour le succès, de règles toutes faites, de recettes figées, mais où chaque épreuve exige l’invention d’une parade neuve, la découverte d’une issue cachée » (ibid., p. 38).

Au-delà du lexique, le long Moyen Âge (Le Goff, 2004) forge des figures littéraires et légendaires, mythologiques et historiques, dont certaines sont devenues emblématiques de la notion même. Impossible de ne pas penser à Renart, dont la description première visait déjà à l’établir comme parangon de la ruse :

Ce goupil est à nos yeux le symbole de Renart, lui qui fut un maître accompli : tous ceux qui sont versés dans la ruse et les artifices sont désormais appelés Renart, à cause de Renart et du goupil. L’un et l’autre étaient très savants dans leur art. Si Renart sait couvrir de honte les hommes, et si le goupil de son côté trompe les bêtes, c’est qu’ils appartenaient bien à la même race, suivant les mêmes mœurs et partageant les mêmes sentiments. ( Le Roman de Renart, présentation et traduction de Gabriel Bianciotto, Le Livre de Poche, « Lettres gothiques », 2005, p. 99.)

Les Loki, Taliesin, Samak, Shéhérazade, Mélusine, Till Eulenspiegel, Machiavel, Sun Wukong et autres participent à incarner et façonner la ruse de bien des façons, au-delà des frontières culturelles et géographiques. Temporelles, également, au regard de la pérennité de certaines de ces figures dans les productions médiévalistes. La ruse y est déployée (et célébrée) à grande échelle, quels que soient le genre ou la forme narrative, au point qu’elle semble devenir une caractéristique centrale des personnages médiévalistes. On la croise ici dans une nouvelle itération de Renart (De Cape et de Crocs), là dans les nombreuses réécritures de Robin des Bois et Sinbad. Elle prend ses quartiers dans les anciens et nouveaux classiques de la fantasy, du Hobbit à The Witcher, en passant par Game of Thrones. La parodie reste un de ses lieux d’action privilégiés (Le Donjon de Naheulbeuk, Konosuba), tandis que son aspect sulfureux persiste à bien des degrés, en témoignent les œuvres de la littérature Young Adult américaine (A Court of Thorn and Roses) et les mangas (Spice and Wolf). La ruse se donne également à manipuler dans les jeux de rôle papier (Donjons & Dragons) et numériques (World of Warcraft, Assassin’s Creed), se recodifiant à travers des règles et classes (cf. la figure du Rogue) qui ont su s’installer au cœur de la fantasy contemporaine.

Cette journée d’étude vise à analyser les formes, enjeux et héritages de la ruse médiévale, en s’intéressant aux concepts auxquels elle renvoie ainsi qu’à ceux qui la pratiquent ou en sont victimes. Toutes les approches sont les bienvenues, y compris les études linguistiques, littéraires, historiques ou encore médiévalistes. Les jeunes chercheurs et chercheuses sont vivement encouragés à soumettre leur proposition de communication.

Axes d’analyse (non exhaustifs) :

  • La ruse : un anti-héroïsme ? Ambivalence morale et éthique de l’acte déceptif
  • Ruses masquées : jouer avec les apparences et reconfigurer les données du réel
  • Ruses de guerre, ruses militaires, ruses politiques
  • Ruses divines, ruses animales, ruses humaines
  • Motivations et contextes générateurs de ruse
  • Ruse et parodie : un art du détournement
  • La ruse comme moteur narratif
  • La ruse au-delà des frontières : la figure du Trickster
  • Ruse genrée, ruse identitaire
  • Ruse des marges : hors-la-loi et marginaux
  • Contextes culturels et transculturels de la ruse
  • La ruse dans tous ses états médiatiques

Les propositions, en français ou en anglais, d’environ 350 mots maximum, accompagnées d’une très courte bio-bibliographie, sont à envoyer à marine.briey [at] univ-lorraine.fr et à maxime.danesin [at] univ-lorraine.fr pour le 30 avril 2025.

Les réponses seront communiquées le 15 mai 2025 au plus tard.

Les communications de cette journée, en français ou en anglais, pourront faire l’objet d’une publication postérieure, sous forme d’ouvrage collectif.

Comité scientifique :

Justine Breton (SAMA, Université de Lorraine)
Marine Briey (SAMA, Université de Lorraine)
Damien de Carné (SAMA, Université de Lorraine)
Florent Coste (LIS, Université de Lorraine)
Maxime Danesin (LIS, Université de Lorraine)

Source : Modernités Médiévales

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Colloque – The French of the Celtic Worlds

We are holding a conference on 9-11 April 2025 at the University of Bristol to explore French-language texts produced and/or circulating in the Celtic-speaking countries of medieval Britain, in Wales, Scotland, and Ireland.

Programme : here

In recent years, much scholarship has been devoted to exploring medieval francophonies outside of
France, including across the Italian and Iberian peninsulas, in Flanders and the Low Countries, as well
as in different regions of Outremer. As a region of early and prolific Francophone textual production,
England has received especial attention, most recently under the rubric of the ‘French of England’.
Within and alongside this work, scholars have been increasingly exploring further francophonies,
including in Scotland, Ireland, and Wales. Under the rubric of ‘The French of the Celtic Worlds’, this
conference seeks to bring together and develop further these fields of research. Our aim is to (re)assess
French-language works––whether administrative documents or literary texts––produced, circulated,
or translated in Celtic-speaking territories, to consider various modes of cultural and linguistic contact,
and to attend to the wider contexts and dynamics in which these processes are implicated.

The conference is sponsored by the ‘Mapping the March‘ project (ERC/UKRI) and the British Academy Newton Fellowship scheme.

Venue:

Humanities Research Space, 
Arts Complex, 
7 Woodland Road,
University of Bristol, 
Bristol, BS8 1TB

HYBRID EVENT

Source : Mapping Literary Geography in a British Border Region

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