Publié dansColloque|Commentaires fermés sur Colloque – Les monastères de l’Adriatique orientale dans le contexte méditerranéen, de saint Jérôme à Grégoire VII
The proposal deadline is March 15, 2025. Organized by Mickey Sweeney (Dominican University) Oct 17–Oct 18, 2025 At the Newberry
This two-day conference will focus on the significance and role of monsters and monstrous themes in medieval culture up through adaptations and re-imaginings of medieval monsters in the modern day.
This conference is co-organized and co-sponsored by The Medieval Association of the Midwest (MAM), Mid-America Medieval Association (MAMA), and the Illinois Medieval Association (IMA).
Individual abstracts of 250 words should be submitted to: Monsterconference2025@gmail.com by March 15, 2025.
If you are graduate student, note if you want to participate in an on-line session in your proposal. Proposed panels are also accepted.
Abstracts focused on medieval, or medievalism monstrous themes are welcome; this topic is broadly conceived to encourage colleagues from all relevant disciplines, such as art historians, linguists, literature, theologians, historians, history of science, and forms of medievalism etc., to apply. We also have an active group of graduate students and emerging scholars who are interested in developing online sessions, as well as in-person workshops in teaching the medieval through medievalism, gaming, etc.
Please note on your abstract if you are interested in an in-person session or an online session and if you are proposing a graduate session/roundtable/traditional paper/session.
Click the button below for more information about the conference.
The history of cities and rivers is inextricably linked. As suppliers of water and energy, transport and traffic routes or waste disposal method, waterways were often the starting point and an indispensable prerequisite for the development of urban communities. In recent years, historians have therefore been focusing more intensively on the relevance of rivers for pre-modern cities. This research has shown that the relationship between cities and rivers cannot be understood as a dichotomous opposition of nature and culture. Instead, both are symbiotically intertwined as socio-natural sites.
The conference draws on these considerations by addressing the opportunities and challenges arising from the symbiosis of river and pre-modern city. To provide new research impulses, floodplains will also be taken into consideration. Despite their frequently emphasized importance, they remain an important desideratum, especially from the perspective of urban history. In the context of this conference, floodplains can be understood as a fluvial anthroposphere, i.e. as spaces in which, due to their intensive fluvial dynamics, a special concentration of socio-natural processes takes place. This causes far-reaching changes in the environment as well as the emergence of special patterns of human behavior and subsequently fluvial cultures.
The conference approaches the relationship between cities and rivers as well as floodplains from a transregional, comparative and cross-epochal perspective. Case studies from Western and Eastern-Central Europe will be discussed, covering the time period from the Middle Ages to the epochal threshold around 1800. Where possible, cities situated upon smaller waterways will also be included to broaden the focus of research, which is usually centered on large river metropolises.
Programme :
WEDNESDAY, March 12
13.00 : Welcome
13.15 : Erik Liebscher, Niels Lohse & Julia Schmidt-Funke, Leipzig – Introduction
14.00 : Michael Ruprecht, Leipzig – Von Fluten, Kälte und Hitze: Wetterereignisse in alten Chroniken Mitteldeutschlands
14.45 : Coffee break
15.15 : Briony McDonagh, Hull – tba
16.00 : Andrea Kiss, Wien – Large River, Small River – and the Medieval-Early Modern Hungarian Town
16.45 : Sylwia Lech, Wrocław – The Urbanistic Evolution of the Riverside Areas of Wrocław and Prague in the Medieval and Modern Periods (13th-18th Centuries)
17.30 : Coffee break
18.00 Keynote : Petra van Dam, Amsterdam – Blue Diversity. Drinking Water in the Netherlands, 1500-1850
THURSDAY, March 13
09.00 : Alexander Sembdner, Leipzig – Vertrauen ist gut, Kontrolle ist besser – Mühleninspektion im Raum Leipzig am Ende des 15. Jahrhunderts
09.45 : Matthias Hardt, Leipzig – Hochmittelalterlicher Mühlenbau an Elbe, Havel und Spree
10.30 : Coffee break
11.00 : Severin Hohensinner, Wien – Genug Holz für Stadt und Fluss? Wiens Holzressourcen in dynamischen Donau-Auen
11.45 : Sophie Lindemann, Leipzig – Die Bedeutung der Flurnamen für die mittelalterliche Auengeschichte
12.30 : Lunch
13.45 : Excursion
16.45 : Coffee break
17.15 : Johannes Schmidt, Leipzig – Leipzig‘s Urban Fluvial Dynamics – Multi Methodological Geoscientific Approaches and Interdisciplinary Perspectives
18.00 Keynote : Theo Spek, Groningen – Moving Mosaics: Landscape Biographies of River and Brook Systems in The Netherlands
FRIDAY, March 14
09.00 : Niels Lohse, Leipzig – Aquarum explorandum utilitas et necessitas – On the Informative Value of Early Modern Chemical Analysis of Water
09.45 : Davide Martino, Bern – The Emergence of Hydraulic Experts and Bureaucracies in Early Modern European Cities
10.30 : Coffee break
11.00 : Erik Liebscher, Leipzig – Urban Water Management in Times of War
11.45 : Marius Mutz, Dresden – A hydraulic technocracy? Dealing with water in early modern Dresden
12.30 : Martin Bauch, Leipzig – Conclusion and Discussion
Informations pratiques :
International Conference, Leibniz Institute for the History and Culture of Eastern Europe (GWZO), 12–13 March 2024
Journée d’étude du groupe « Essais de terminologie(s). Images, littérature, spiritualité » du GEMCA Louvain-la-Neuve, les 27 et 28 novembre 2025
Regroupant des chercheurs et chercheuses issu·es de diverses disciplines, le groupe de travail « Essais de terminologie(s). Images, littérature, spiritualité » initié au GEMCA en 2022 s’est donné pour but de questionner collectivement nos usages des termes relatifs aux usages des images et de la littérature dans le champ de la spiritualité entre le bas Moyen Âge et la Première Modernité : images de dévotion, images pieuses, manuels de dévotion, traités spirituels, dévotion, méditation, contemplation, piété, prière, expérience visionnaire, mystique, apparitions etc.
Nous sommes parti·es du constat que nos usages de ces termes varient, parfois fortement, d’une discipline à l’autre et selon les traditions historiographiques. Ainsi, selon la période, la région géographique ou le corpus considéré, on observe fréquemment l’utilisation de termes différents pour caractériser des pratiques et des objets similaires. Par ailleurs, il n’est pas rare d’observer un certain flottement dans le vocabulaire utilisé pour déterminer les images, les textes et leurs usages au sein d’un vaste ensemble de pratiques spirituelles. Nous nous interrogeons donc collectivement sur nos usages de ces vocabulaires afin de définir plus précisément nos objets de recherche et d’en proposer des appellations mieux informées. Cette exploration se fonde sur deux grands types de corpus, que nous veillons à croiser : la littérature secondaire et les sources primaires.
Dans le cadre de ces journées d’étude, qui s’adressent à des personnes issues de divers horizons disciplinaires, nous souhaitons élargir notre travail commun et notre réseau, en nous focalisant sur la notion d’« image de dévotion » ou image dévotionnelle (devotional image, Andachstbild) et les pratiques qui lui sont liées (dévotion, piété, prière, méditation…). À partir d’approches et de corpus variés (tant du point de vue géographique que chronologique), les journées d’étude visent à interroger collectivement le concept générique d’image de dévotion dans une perspective à la fois historiographique, épistémologique et terminologique.
Un tel questionnement est permis par un constat : quel que soit le champ disciplinaire ou la tradition historiographique, aucun consensus terminologique n’existe pour désigner et définir précisément les usages des images dans le domaine que l’on qualifie habituellement de « dévotionnel ». Cette absence de consensus, qui constitue une richesse interprétative, reflète l’absence, dans les sources primaires, d’un vocabulaire stable et entériné au fil des siècles pour évoquer ces interactions avec les images. La diversité géographique ainsi que la plasticité des langues – et plus, largement, du langage, qui peine à décrire des phénomènes spirituels de l’ordre de l’indicible – a donné lieu à une pluralité de termes, de définitions et surtout d’usages lexicaux. À ces remarques historiques s’ajoute la nécessaire variété des contextes 1intellectuels, parfois idéologiques voire politiques, plus largement linguistiques et géographiques, au sein desquels les chercheurs et chercheuses produisent du savoir, sélectionnent leurs corpus et établissent des terminologies.
Les journées d’étude considèreront l’absence de consensus terminologique comme un point de départ et non comme un constat à renforcer par des études de cas. Elles reposent sur deux dynamiques complémentaires : porter un regard critique sur l’historiographie tout en examinant les terminologies que nourrit voire produit l’actualité de la recherche. Nous souhaitons donc examiner nos appropriations de lexiques et de notions à partir de leurs usages historiques, ainsi que leurs variations historiographiques – d’une personne à l’autre ou au fil de la production scientifique d’un·e seul·e. Pour ce faire, on s’interrogera notamment sur les critères typologiques qui permettent de définir les images et les pratiques dites dévotionnelles, de la réception de l’Andachtsbild de Panofsky à l’histoire de l’image religieuse discutée collectivement sous la direction de Philippe Martin, en passant par les « enjeux et problèmes » de l’« image de religion » d’Olivier Christin et les « devotional images and imaginative devotions » de Sixten Ringbom, ou en considérant, par exemple, les liens entre textes, pratiques et images matérielles et mentales ou l’« image dévote » de Daniel Arasse, pour ne citer que quelques précédents fameux.
Par conséquent, les journées engageront des discussions relevant autant de l’histoire des images que de l’historiographie. D’une part, à titre indicatif, dans le champ des pratiques dévotionnelles, est-il plus pertinent de définir l’image ou les usages que l’on en fait ? Quel(s) terme(s) privilégier pour désigner les images impliquées dans ces pratiques ? En quoi l’idée d’une dévotion devant l’image se distingue-t-elle de celle d’un culte des images ? D’une méditation devant l’image ? Quel rôle l’orthopraxie (à une règle, un texte à visée spirituelle, des codes liturgiques, des injonctions implicites ou explicites exprimées par des images) joue-t-elle dans la nature et/ou l’usage dévotionnel d’une image ? D’autre part, toujours à titre indicatif, comment faire l’histoire de cette nature et/ou de ces pratiques ? En quoi des usages historiographiques de certaines terminologies possèdent-ils une valeur heuristique, lorsqu’ils sont appliqués à des corpus de la recherche actuelle ? Ces usages historiographiques permettent-ils aujourd’hui de constituer des corpus ? Au-delà, en quoi certaines historiographies et épistémologies, qui, a priori, ne concernent pas les images dites dévotionnelles, fournissent-elles des notions pertinentes à même de stimuler nos discours et nos catégories ?
ORGANISATION
Les journées d’étude se tiendront à l’UCLouvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) les 27 et 28 novembre 2025. Elle sera composée de séances lors desquelles seront présentées des communications (25-30 minutes) et interviendra ensuite un·e répondant·e de notre groupe de travail. Les intervenant·es seront invité·es à envoyer quelques jours au préalable un document de travail ou un extrait des sources étudiées, afin de stimuler les échanges pendant les sessions. Les propositions de communication (en français ou en anglais), d’une longueur de max. 1000 mots et accompagnées d’une brève biographie, peuvent être transmises avant le 15 mars à ingrid.falque@uclouvain.be.
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – L’image de dévotion, un concept à déconstruire ? Approches historiographiques des images dévotionnelles en Europe (14e-18e Siècles)
Thomas d’Aquin (c. 1225-1274) est né il y a huit cents ans, marquant l’histoire de la pensée non seulement en philosophie et en théologie, mais aussi en économie. Tandis que les textes traitant de questions directement économiques ne représentent qu’une petite partie de son œuvre, ils demeurent les plus important du Moyen Âge, tant par leur taille et la diversité des sujets traités, que par leurs apports et leur postérité. Cherchant à répondre à des questions morales et à statuer sur la justice des actes qu’il décrit, Thomas renouvelle et approfondit la compréhension des opérations dont il traite et fait ainsi progresser la connaissance des mécanismes que nous reconnaissons aujourd’hui comme économiques. S’il regroupe les échanges commerciaux et le prêt à intérêt sous le vocable d’« échanges volontaires » dans la Somme de théologie, il traite dans l’ensemble de ses œuvres de sujets aussi variés que le travail et sa rémunération, la production et son financement, l’approvisionnement, les échanges internationaux, la nature de la monnaie, les différents rapports d’échange, la nature de l’intérêt ou le juste prix.
La pensée économique de Thomas d’Aquin suscite encore aujourd’hui l’intérêt de chercheuses et de chercheurs issus de multiples champs disciplinaires : les philologues, paléographes et historiens des textes, qui s’attachent à éditer et à commenter les versions les plus authentiques ; les historiens, qui mettent en relation les écrits et la vie de l’Aquinate avec les réalités économiques de son temps ; les philosophes et théologiens spécialisés en morale sociale, qui traitent de la justice des opérations économiques, ainsi que les spécialistes de théologie fondamentale, qui étudient chez l’Aquinate le lien entre la relation avec Dieu et les relations sociale ; les économistes, tant pour saisir l’évolution que la pensée de Thomas a permise dans la compréhension économique au Moyen Âge que pour éclairer les questions économiques contemporaines ; les praticiens de l’économie, pour qui la pensée de Thomas d’Aquin demeure une source d’inspiration dans la conduite des opérations économiques.
De nombreuses disciplines sont ainsi mobilisées par l’étude du même corpus, mais les occasions de les faire se rencontrer et dialoguer sont rares, privant souvent les chercheuses et les chercheurs des apports extérieurs à leur discipline, tant en termes de méthodes que de résultats. À l’occasion du huitième centenaire de la naissance de Thomas d’Aquin, le Centre d’études du Saulchoir, centre de recherche pluridisciplinaire des dominicains de la Province de France, et le laboratoire PHARE, de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialisé en histoire de la pensée économique, en partenariat avec la Commission léonine, en charge de l’édition critique des œuvres de Thomas d’Aquin et la Société thomiste, entendent offrir par ce colloque une opportunité de rencontre interdisciplinaire centrée sur la pensée économique de l’Aquinate.
Honorant une approche interdisciplinaire de la pensée économique de Thomas d’Aquin, le colloque abordera la dimension historique des textes et du contexte, la dimension philosophique et théologique, la dimension propre à l’analyse économique et la dimension pratique. Les communications des différentes disciplines sont donc les bienvenues.
Seront également proposées une visite de la Commission léonine et une visite du Paris médiéval de Thomas d’Aquin, qui a rédigé la quasi-totalité de ses écrits économiques au couvent et collège Saint-Jacques, dans le Quartier latin, près des lieux où se tiendra le colloque.
Modalités de soumission
Les communications pourront se tenir en anglais ou en français.
Les jeunes chercheurs sont chaleureusement invités à soumettre une proposition de communication.
Les interventions seront composées de 25 minutes d’exposé, puis de 15 minutes d’échange avec l’assistance.
Des voies de publication pourront être envisagées avec les intervenants.
Les propositions de communication, en français ou en anglais, devront comporter le nom et l’affiliation de l’intervenant, quelques brèves lignes biographiques, et un résumé d’une demie-page à une page de l’intervention.
Elles seront à adresser à Pierre Januard et Nadeera Rajapakse aux trois adresses suivantes : ces.saulchoir@gmail.com ; pierre.januard@univ-paris1.fr ; nadeera.rajapakse@univ-paris1.fr
avant le 1er mai 2025.
La réponse du comité scientifique sera communiquée fin mai 2025.
Informations utiles
L’inscription est gratuite mais les frais de transport et de logement restent à la charge des intervenants et participants
Le colloque se déroulera à Paris du 11 au 13 septembre 2025
Responsables du colloque
Pierre Januard, directeur, Centre d’études du Saulchoir, professeur aggregatus, Faculté de sciences sociales, Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin – Angelicum, chercheur associé, PHARE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Nadeera Rajapakse, maître de conférences, PHARE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Comité scientifique
Camille de Belloy (président de la Société thomiste ; UCLy)
Pierre Januard (directeur du Centre d’études du Saulchoir ; PUST-Angelicum ; PHARE-Paris 1)
André Lapidus (PHARE-Paris 1)
Adriano Oliva (président de la Commission léonine ; LEM-CNRS)
Nadeera Rajapakse (PHARE-Paris1)
Jacques-Benoît Rauscher (Centre d’études du Saulchoir ; UCLy)
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PADERBORN (25-28 SEPTEMBRE 2025) Rencontres annuelles du Centre européen d’études bourguignonnes
Les ducs de Bourgogne ont mené de nombreux conflits bien connus : contre les Armagnacs, Charles VII, les villes de Flandre, l’empereur ou les Suisses, et ces conflits ont marqué de manière
décisive l’image des ducs. Mais, s’ils ne seront pas exclus par principe du champ balayé par les Rencontres organisées à Paderborn, les grands conflits n’y seront pas mis en exergue. Il s’agira plutôt d’analyser le comportement des ducs dans les conflits régionaux et locaux dans lesquels ils n’ont pas d’emblée agi en tant que partie du conflit, mais se sont efforcés soit de trouver un équilibre avantageux, en ce compris pour leur personne, soit d’aider un allié, soit de provoquer une décision allant dans le sens de leur politique. Dès lors, il conviendra d’examiner de plus près d’une part les formes d’influence sur les parties en présence et d’autre part les modalités de règlement des conflits, soit les légations, les négociations, les alliances, la création de réseaux, la mise en place d’une clientèle noble à laquelle il était possible de faire appel en cas de conflit, mais aussi le recours à des médiateurs ou à l’arbitrage, le rôle des accords oraux, des contrats et des rituels.
Dans la mesure où les interventions des ducs ont parfois servi à étendre leur propre influence dans les régions voisines, il est possible de lier à l’étude du comportement ducal en cas de conflit les questions relatives aux formes et aux instruments de la politique d’expansion des ducs Valois (par ex. en Hollande, Hainaut, Gueldre, Utrecht, Cologne ou Liège). En outre, il peut également être
intéressant d’analyser comment les ducs se sont comportés lorsqu’ils ont été confrontés, en tant que partie au conflit, à l’exigence d’accepter une médiation par une tierce partie (Gand, 1452) ou de se soumettre à un tribunal arbitral (Tournai, 1438 ; Luxembourg, 1454). Les interventions ducales lors de
litiges dans certaines villes entre le clergé et le gouvernement municipal et certains groupes sociaux peuvent également constituer un champ d’étude fructueux (Besançon, Liège). Comme de coutume, ce même examen peut être mené au XVIe siècle par leurs successeurs Habsbourg.
Toute une série de questions possibles peuvent découler de ce qui précède : pour quelles raisons les ducs et les Habsbourg sont-ils intervenus dans les conflits ? Par l’intermédiaire de quelles
personnes ont-ils établi des contacts ? De quelle manière et avec quels moyens ont-ils tenté d’imposer leurs propres intérêts et d’instrumentaliser le conflit dans leur sens ? S’efforçaient-ils consciemment d’apparaître comme des faiseurs de paix ou du moins d’être perçus comme tels et comment présentaient-ils généralement leur propre engagement ? Leurs objectifs et leurs méthodes ont-ils évolué au cours du conflit ? Peut-on identifier les facteurs qui leur ont permis d’agir avec succès ou les raisons pour lesquelles ils ont échoué ?
Les propositions sont à adresser au Secrétariat général du CEÉB avant le 24 mars au plus tard. Contact : alain.marchandisse@uliege.be
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – Les ducs de Bourgogne dans les conflits de leur temps (XIVe-XVIe siècles)
Dans le cadre du projet Access ERC de l’ANR : SiGMaH – Sigebert de Gembloux Maître de l’Histoire, Élisa Lonati (Centre Jean-Mabillon) organise un colloque du lundi 3 au mercredi 5 mars 2025 à l’École des chartes (sur inscription) autour du Chronicon de Sigebert de Gembloux (1028-1112).
Avec quelles stratégies écrit-on l’histoire du monde, et la transforme-t-on en histoire d’une abbaye, d’une région, d’un peuple, ou en un résumé de toutes les connaissances de l’Homme ? Ce colloque donnera quelques premières réponses en abordant la fortune du Chronicon de Sigebert de Gembloux (1028-1112).
Cette chronique universelle a été réélaborée sans interruption au fil de ses témoins manuscrits et des compilations historiques qui l’ont mise à profit, chaque œuvre construisant ainsi son propre sens du processus historique et contribuant à l’émergence de l’historiographie nationale française et à l’affirmation de nouvelles méthodes pour écrire l’histoire. À côté de quelques épisodes marquants de la revitalisation de Sigebert, d’autres textes historiques médiévaux seront examinés, qui inspirent des approches philologiques et historiques novatrices à prendre en compte pour réouvrir le chantier sigebertien, aussi afin de l’insérer de plus en plus dans un monde interconnecté de données, de textes et d’idées.
Programme :
Lundi 3 mars 2025 : Making sense of Sigebert’s Chronicon
15h : Introduction
15h20 : Isabelle Guyot-Bachy (Université de Lorraine, École Pratique des Hautes Études – PSL), Le succès français de Sigebert de Gembloux : les voies de la traduction
16h : Gabriele Passabì (Società Italiana per la Storia Medievale) Sigebert of Gembloux’s Chronographia and political identity in the twelfth century: outlining a research trajectory
16h40 : Discussion et Pause
17h20 : Antoni Grabowski (Tadeusz Manteuffel Institute of History, Polish Academy of Sciences), Alberic of Trois-Fontaines and the Cistercian Universal Chronicles
18h : Elisa Lonati (École nationale des chartes, Centre Jean-Mabillon), De Sigebert à Vincent, en passant par Hélinand : stratégies pour écrire l’histoire du monde
18h40 : Discussion
Mardi 4 mars 2025 : Reworking, adapting, translating : chronicles and compilations
9h30 : Fabio Mantegazza (Università degli Studi del Molise), For a new edition of Godfrey of Viterbo’s Pantheon: investigations into its manuscript tradition and modus operandi
10h10 : Alessio Marziali Peretti (Université de Montréal), Les Annales bénédictines mineures en français, entre Normandie, Flandre et Lombardie
10h50 : Discussion et Pause
11h30 : Frédéric Duval (École nationale des chartes, Centre Jean-Mabillon), Benedetta Salvati (ENC, CJM, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Pour une approche théorique et pratique de la macro-variance dans les textes historiques médiévaux : perspectives numériques
12h30 : Pause déjeuner
14h30 : Emmanuelle Kuhry (Institut de recherche et d’histoire des textes – CNRS), Caroline Macé (Universität Hamburg, Centre for the Study of Manuscript Cultures), L’édition numérique des plus anciennes versions du Physiologus : nouvelles approches, nouvelles problématiques
15h30 : Discussion et Pause
16h10 : Antoine Brix (Université catholique de Louvain), Anglia, quam Karolus Magnus cameram suam vocavit : Destinées franco-anglaises d’une bribe historiographique
16h50 : Inés Fernández-Ordóñez Hernández (Universidad Autónoma de Madrid), Actores and auctores in Medieval Iberian historiography: a three centuries overview
17h30 : Discussion
Mercredi 5 mars 2025 : Chronicles in an interconnected world
9h30 : Philipp Roelli (Universität Zürich), Corpus Corporum as a Tool to Present and Interconnect Text Data
10h10 : Eduard Frunzeanu (École Pratique des Hautes Études – PSL, ÉquipEx Biblissima+), Le portail Biblissima et la transmission des textes – des inscriptions aux éditions numériques
10h50 : Discussion et Pause
11h30 : Marie-Agnès Lucas-Avenel (Université de Caen, CRAHAM), Barbara Jacob (Université de Caen, MRSH Caen), Comment éditer les sources historiographiques des conquêtes normandes (XIe siècle) ?
12h30 : Discussion et Clôture
Informations pratiques :
École nationale des chartes – PSL 65 rue de Richelieu, Paris 2e (salle Quicherat) et en hybride
L’Institut historique allemand (IHA) est un centre de recherche de la fondation publique « Max Weber – Deutsche Geisteswissenschaftliche Institute im Ausland ». Nous travaillons sous la devise « Recherche – Médiation – Qualification » dans le domaine de l’histoire française, franco-allemande et ouest-européenne – de l’Antiquité tardive à nos jours – et jouons un rôle de premier plan dans la médiation entre l’Allemagne et la France.
L’histoire numérique et l’histoire de l’Afrique constituent des axes de recherche complémentaires. Les questions de migration et de mobilité, la discussion de leur présent par des sociétés passées ainsi que les relations internationales et la diplomatie constituent des thématiques privilégiées de notre travail.
L’Institut historique allemand recrute pour le 1.7.2025 (ou une date fixée d’un commun accord) une chercheuse ou un chercheur (postdoc) pour le département d’histoire médiévale (h/f/x). Ce contrat postdoctoral d’une durée de trois ans, avec possibilité de prolongation jusqu’à six ans, a pour objectif un travail de qualification académique et permet la réalisation d’un projet de recherche (thèse d’habilitation ou livre).
Vos tâches
la réalisation du projet personnel de recherche,
la collaboration active au sein du département (organisation d’événements scientifiques, évaluation des dossiers scientifiques, encadrement de boursières et de boursiers, etc.),
la collaboration active au sein de la rédaction des publications de l’IHA,
un rôle d’interlocuteur ou interlocutrice pour les chercheuses et chercheurs médiévistes d’Allemagne ou de France,
un engagement au sein des groupes de travail au niveau de l’institut et de la fondation.
Profil recherché et conditions requises
un projet de recherche étoffé avec un sujet défini librement par le ou la candidat/e, qui s’inscrit dans les champs de recherche de l’IHA et qui propose une démarche innovante.
une excellente thèse de doctorat en histoire,
une parfaite maîtrise de l’allemand ou du français et de bonnes connaissances de l’autre langue.
Nous proposons
une grande latitude pour développer en autonomie un profil académique international, notamment par le biais d’événements, de coopérations avec des institutions partenaires, etc.,
une insertion au sein d’une équipe dynamique,
un emploi avec des tâches variées en plein coeur de Paris,
si les conditions pour un détachement sont remplies, un contrat de droit allemand dont la rémunération suit la grille salariale du service public allemand – indice 13 (TVöD 13), avec une indemnité d’expatriation devant compenser le coût de la vie élevé à Paris, une aide au loyer, ainsi qu’une indemnité de déménagement incluant une prime d’installation,
si les conditions pour un détachement ne sont pas remplies, la rémunération s’aligne sur la grille tarifaire de rémunération locale de l’ambassade d’Allemagne à Paris,
un poste au sein d’une entité publique financée par le ministère fédéral allemand de l’Enseignement et de la Recherche.
À compétences égales, la préférence sera donnée aux candidatures de personnes en situation de handicap.
La Fondation Max Weber et l’IHA encouragent l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les femmes qualifiées sont donc vivement encouragées à déposer leur candidature. À qualifications égales, priorité sera donnée aux femmes, conformément aux directives fédérales en matière d’égalité entre les sexes. En tant qu’employeur, l’IHA est soucieux de prendre en compte la vie familiale de ses employées et employés. Vous retrouverez sur notre site web des informations concernant la conciliation de la vie professionnelle et personnelle à l’institut, ainsi qu’un guide relatif au congé maternité, au congé parental, aux indemnités parentales et à la garde d’enfants, adapté au cas particulier de l’IHA en tant qu’institut allemand à l’étranger. Le lieu de travail est Paris.
Modalités de candidature
Pour toute question relative au contenu du poste, veuillez vous adresser à Mme Kirsten Wallenwein, responsable du département d’histoire médiévale (kwallenwein@dhi-paris.fr). Pour les questions liées à la rémunération, à la conciliation de la vie professionnelle et familiale et au travail sur un site à l’étranger, veuillez contacter la directrice administrative, Mme Sarah Maunz-Parkitny (smaunz-parkitny@dhi-paris.fr ou +33 [0]1 44 54 23 81).
Merci d’adresser votre candidature avec les documents usuels (lettre de motivation, CV, diplômes, attestations de connaissances linguistiques si disponibles) ainsi qu’une description détaillée du projet de recherche (25 000 signes maximum espaces et bibliographie compris; le cas échéant publications déjà existantes) au directeur, M. Klaus Oschema, via notre portail de candidature.
au plus tard le 17 mars 2025.
Sous réserve de modifications, les entretiens se dérouleront le 7 avril à Paris.
Que la liturgie et l’architecture aient partie liée relève pour beaucoup de l’évidence. Une interdépendance qui soumettrait les formes architecturales – en l’occurrence les églises – aux besoins de la liturgie et inversement, conditionnerait le fonctionnement liturgique par le cadre architectural. Mais dès que les historiens et historiens d’art entrent dans les études de cas – ici tirés aussi bien du Moyen Âge que des Temps modernes – , il est patent que ce lien se trouve contesté, ou pour le moins discuté et repensé. La liturgie peut-elle se passer de l’architecture ? Les réformes liturgiques se faisant à un rythme plus rapide que le renouvellement de l’architecture, n’entraînent-elles pas à une adaptation des églises, notamment le réaménagement voire la destruction des chœurs ? Ce à quoi semblent aussi encourager les aspirations à voir les « saints mystères » que les fidèles affirment de plus en plus au cours des siècles, alors que les religieux rappellent la nécessité de ne pas être vus, de façon à préserver le retrait du monde inhérent à leur vocation. À partir du XVIe siècle, le retour de la pensée théorique qui touche aussi bien l’architecture que la liturgie introduit un nouveau discours, tantôt conciliateur tantôt polémique, sur le lien entre ces deux sciences apparemment proches dans le christianisme.
Telles sont les quelques problématiques développées dans cet ouvrage, qui est issu de réflexions menées dans le cadre de l’ANR Lodocat-Chrétientés lotharingiennes (IXe-XVIIIe siècles) et des échanges de deux journées d’études intitulées Liturgie et Architecture. Constructions, usages et aménagements des églises (13e-18e siècles), tenues sur le campus Lettres et Sciences Humaines et Sociales de l’université de Lorraine à Nancy, les 25 et 26 novembre 2016.
Table des matières :
Introduction, par Pierre Sesmat et Frédéric Tixier
Célébrer dehors ou dedans ?, par Philippe Martin
Le chant à la cathédrale de Metz au XIIIe siècle : architecture et espace sonore, par Océane Boudeau
Architecture, organisation de l’espace ecclésial et pratiques dévotionnelles. Évolution comparée de trois églises médiévales de Lyon, entre le XIIIe et le XVIIIe siècle (Saint-Nizier, Saint-Bonaventure et la collégiale de Fourvière), par Nicolas Reveyron
MURUS INTER POPULARES ET CORUM. Les structures de séparation à l’intérieur d’églises du sud du diocèse de Grenoble (XIVe-XVIe siècles), par Bruno Varennes
Des rapports d’influence entre les retables d’autel, les pratiques dévotionnelles et la configuration des espaces dans les sanctuaires (XIIIe-XVIIIe siècles), par Brigitte D’Hainaut-Zveny
Circulation et aménagements dans et autour de l’église de la Chartreuse féminine de Notre-Dame de Mélan en Haute-Savoie, par Mathilde Duriez
Liturgie, cérémonial et architecture des églises de congrégations féminines implantées en ville sur la « Dorsale catholique » (XVe-XVIIIe siècles), par Julie Piront
Architecture et réforme des ordres religieux. Le cas des églises franciscaines (XVIe-XVIIIe siècles), par Pierre Moracchini
Forme idéale VS usage liturgique : le plan centré et ses adaptations dans l’architecture religieuse (XVIIe‑XVIIIe siècles), par Raphaël Tassin
Les deux dissertations sur les autels et sur les jubés de Jean-Baptiste Thiers (1688) : un liturgiste aux prises avec les évolutions de l’espace cérémoniel dans la période post-tridentine, par Gilles Drouin
Les usages avant tout : les aménagements liturgiques selon Antoine Desgodets, par Hélène Rousteau-Chambon
Index
Informations pratiques :
Liturgie et architecture : quels liens ? (Moyen Age-Temps modernes), éd. Pierre Sesmat, Frédéric Tixier, Metz, Publications historiques de l’Est, 2024 ; 1 vol. (Collectif, 82). ISBN : 9-782-85730-089-2. Prix : € 25,00.
La légende de la Vie du pape Grégoire relate un double inceste ainsi qu’une longue et pénible pénitence permettant au héros de se laver de son péché et de racheter la faute de ses parents. L’action se situe en Aquitaine et dévoile comment Grégoire, fruit d’un inceste adelphique et abandonné aux flots par sa mère, est recueilli et élevé par un abbé, puis quitte le monastère pour devenir chevalier. Il délivre une comtesse, dont le château est assiégé par un comte, et l’épouse. Après avoir découvert que cette dame n’est autre que sa propre mère, il fait pénitence sur une île où il demeure enchaîné à une pierre pendant dix-sept ans, avant d’être désigné par un ange pour devenir pape à Rome.
Cette légende apparaît sous sa forme littéraire en langue d’oïl au milieu du XIIe siècle et nous est conservée à travers six manuscrits et un fragment. L’auteur anonyme semble avoir composé son texte en octosyllabes dans le domaine des Plantagenêts : B1 proviendrait d’Angleterre tandis que A1 auraitplutôt été composé dans le sud-ouest de la France. Si ce saint apocryphe ne doit pas être confondu avec Grégoire le Grand, il est possible que la notoriété de ce dernier ait joué un rôle dans le succès de lalégende, d’autant qu’il fut le premier moine à devenir pape. L’auditoire auquel la légende s’adresse est sans doute issu de la noblesse aquitaine ou anglo-normande. Il n’est pas interdit de penser que le thème de l’inceste ait pu avoir une résonnance particulière à une époque où des rumeurs reprochent à Aliénor d’Aquitaine d’avoir eu, lors de son séjour à Antioche en 1148, des relations incestueuses avec son oncle, Raymond de Poitiers. Quoi qu’il en soit, ce thème est assez répandu tant dans les textes hagiographiques qu’historiographiques, et permet à l’Église de défendre son éthique matrimoniale face à une société féodale parfois moins regardante sur les liens du sang.
Le récit du bon pécheur connaîtra tout au long du Moyen Âge un succès indéniable comme en témoignent les nombreuses réécritures dans les différentes langues européennes, telles que l’allemand, l’anglais, l’espagnol, le hongrois, l’irlandais, l’islandais, le latin, le néerlandais, le polonais, le russe et le suédois.
L’une des réécritures les plus marquantes de cette légende est celle qui a été rédigée par Hartmann von Aue à la fin du XIIe siècle. Elle a été conservée dans six manuscrits plus ou moins complets ainsi que dans sept fragments. Elle a également été à l’origine de nombreuses autres versions, notamment celle des Gesta Romanorum qui s’est diffusée à travers toute l’Europe. Si Hartmann conserve la trame narrative du texte français, il l’amplifie considérablement et en accentue la dimension religieuse.
À cette réécriture en langue allemande vient s’ajouter une version en moyen-anglais conservée dans quatre manuscrits dont le plus ancien date de la fin du XIIIe siècle. Cette version suit la trame du récit français en l’abrégeant fortement.
Il est impossible de savoir si la légende française remonte à un archétype aujourd’hui perdu, à une légende byzantine ou, plus probablement, si son origine est à chercher dans des sources à la fois diffuses et nombreuses. On songera bien entendu à l’histoire d’Œdipe telle qu’elle était connue au Moyen Âge (notamment à travers le Roman de Thèbes) ou à la légende apocryphe de la vie de Judas, qui rapporte que celui-ci a été mis à l’eau par ses parents puis sauvé par un pêcheur avant d’être amené à tuer son père et à épouser sa mère. D’autres textes traitant de l’inceste peuvent présenter des motifs communs, ainsi en est-il de la Manekine de Philippe de Beaumanoir où la main de Joïe est retrouvée miraculeusement dans le ventre d’un poisson. Enfin, la légende de Grégoire n’est pas sans rappeler celle de saint Métron qui, après avoir découvert l’inceste qu’il a commis involontairement, s’enchaîne devant la basilique de Vérone, jette la clé des chaînes dans l’Adige, et ne met un terme à sa pénitence qu’au bout de sept ans, après que la clé a été retrouvée dans le ventre d’un poisson.
C’est dans la perspective de la diffusion européenne de la légende que le colloque s’intéressera au
texte en langue d’oïl et à ses réécritures produites du XIIe au XVIIe siècle. Il prendra place, en outre, dans un contexte de recherche renouvelé : les textes sont au centre des projets d’éditions numériques développés d’une part à la Bibliothèque Universitaire de Heidelberg (« Vie de saint Grégoire – digital », « Gregorius – digital »), d’autre part à l’Université de Strasbourg (« Gregorius Digital – Estrades »). Il sera ainsi l’occasion de réfléchir, à partir de mises en récit diverses d’une matière commune, à de nouvelles approches d’ordres philologique, poétique et comparatiste, y compris dans la perspective des humanités numériques.
Proposition de pistes à explorer par les communications :
1.Approches philologiques, codicologiques et éditoriales
Les contributions pourront explorer les textes à travers leur tradition manuscrite (manuscrits et fragments) et s’intéresser aux questions relatives à la transmission, à la codicologie ou la paléographie.
On pourra, par exemple, analyser la langue et le style d’un manuscrit ou d’un fragment donné, étudier le lien entre texte et codex en tenant compte des apports de la « nouvelle codicologie » ou encore, s’il s’agit d’un recueil, interpréter le récit étudié en lien avec ses co-textes. Les contributions pourront également porter sur les pratiques d’édition, qu’il s’agisse des éditions imprimées, du XIXe siècle (Victor Luzarche, Karl Lachmann, Fritz Schultz) à nos jours (Henrik Bastiaan Sol, Burghart Wachinger, Volker Mertens), ou sur des éditions numériques évoquées ci-dessus, dont il s’agit d’interroger le potentiel pour l’analyse des textes.
2. Mises en forme et contextes de la matière
Les contributeurs pourront étudier des textes individuels en articulant leurs analyses autour de questions centrales comme, par exemple, celle du genre littéraire (influence de la chanson de geste ? / légende courtoise et aristocratique ou exemplum ?) ou autour de l’étude de certains motifs tels que la géographie, l’eau ou les lieux. Les contributions pourront également explorer les enjeux théologiques des textes. Une attention particulière pourra être portée au vocabulaire religieux employé, aux notions de Providence et de libre arbitre, de rédemption et de pardon, ou encore à la question de la culpabilité et à l’idée de felix culpa. L’analyse pourra mettre en lumière le traitement du personnage du bon pécheur : dans quelle mesure cette figure est-elle condamnée ou, au contraire, revalorisée, voire idéalisée ? Elle pourra également permettre de porter un regard nouveau sur le contexte socio-historique et culturel : que nous disent les textes sur les notions de chevalerie, noblesse, vassalité et parenté ? Comment les auteurs ou adaptateurs traitent-ils le rôle de l’argent ou la représentation de la pauvreté ? Que nous révèlent les lieux ou la géographie sur le sens des textes ? Des parallèles pourront être établis avec d’autres œuvres médiévales abordant les mêmes thèmes. On pourra notamment songer aux légendes hagiographiques traitant de l’inceste ou mettant en scène des figures de saints pécheurs : légende d’Albanus, légendes de Judas (Vita Judae) ou de saint Métron.
3. Circulation et transferts des textes
Les contributions s’inscrivant dans ce troisième axe pourront s’intéresser à la dimension européenne de l’œuvre du XIIe au XVIIe siècle et à sa diffusion, également à travers les Gesta Romanorum ou d’autres recueils de légendes hagiographiques. Les versions en langues allemande, anglaise, espagnole, hongroise, irlandaise, islandaise, latine, néerlandaise, polonaise, russe ou encore suédoise pourront être analysées dans une perspective comparatiste, intertextuelle et interculturelle susceptible de mettre en évidence leurs caractéristiques et leurs perspectives propres, mais aussi les phénomènes de transferts, de circulation et de réécriture des textes. Les contributions pourront notamment aborder les questions de l’amplificatio ou del’abbreviatio : dans quelle mesure les transferts et transformations modifient-ils le sens des textes par des ajouts, le développement ou l’omission de certains passages ? Dans quelle mesure remodèlent-ils la matière, lui confèrent-ils des significations nouvelles, et en révèlent-ils toutes les potentialités ? Une attention particulière pourra être portée au contexte historique et religieux dans lequel elles ont apparu. Une cartographie des manuscrits pourra également être établie. Les contributions permettront ainsi de s’interroger sur les raisons du succès persistant du récit et sur les contextes – culturels, sociologiques, historiques – favorisant sa diffusion.
Les propositions, d’une page maximum, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer conjointement à Françoise Laurent (francoise.laurent@uca.fr) et à Patrick del Duca (patrick.del_duca@uca.fr) d’ici le 1er septembre 2025. Les communications pourront être faites en français, en allemand ou en anglais. Le colloque se tiendra à Clermont-Ferrand du 10 au 12 juin 2026 (le recours à la visio-conférence ne peut être qu’exceptionnel). Une publication des actes est également prévue
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – Grégoire ou le bon pécheur en contexte européen. Textes, circulation et réécritures (XIIe –XVIIe siècles)
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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