Publication – « Du nouveau sur le fabliau ? Avec une bibliographie analytique (2008-2022) », éd. Philippe Haugeard, Silvère Menegaldo, Anne Cobby

Considérés parfois comme « la corne d’abondance de la médiévistique », les fabliaux n’avaient cependant pas fait l’objet d’études croisées ces dernières décennies. Ce volume, qui réunit les actes du colloque d’Orléans « Du nouveau sur le fabliau ? », entend réparer ce manque en proposant une approche plurielle et des perspectives innovantes sur les contes à rire en vers du Moyen Âge : il pose la question du fabliau comme élément d’un ensemble, au sein du manuscrit, du recueil ou de l’œuvre d’auteur ; il fait valoir la pertinence et l’intérêt d’une démarche stylistique, laquelle a déjà fait ses preuves sur le roman ; il interroge à nouveau les notions à la fois proches et différentes de réalisme et de matérialisme qui lui sont régulièrement associées ; il propose de lire les fabliaux dans une recontextualisation savante, théologique, juridique ou médicale ; il s’intéresse enfin à leur réception, dans un parcours qui va du Moyen Âge au début du XXe siècle. Les dix-huit contributions réunies dans ce volume sont suivies d’une importante bibliographie analytique réalisée par Anne Cobby, qui porte sur la période 2008-2022 et qui constitue ainsi un précieux complément à son ouvrage paru en 2009.

Philippe Haugeard est professeur à l’Université d’Orléans. Ses travaux portent principalement sur les textes littéraires narratifs des XIIe et XIIIe siècles, qu’il étudie dans une perspective anthropologique ou socio-historique. Il a récemment dirigé l’ouvrage collectif L’intelligence dans l’épopée médiévale européenne, Le Recueil ouvert. Projet Épopée, vol. 2021.

Silvère Menegaldo est professeur de langues et littératures de la France médiévale à l’Université de Tours et membre du CESR. Une partie de ses travaux est consacrée à la figure du jongleur ou du ménestrel, à ses différentes manifestations littéraires entre le XIIe et le XIVe siècle, et aux genres qu’elle illustre et qui l’illustrent, dont le fabliau.

Ont contribué à ce volume : Anne Cobby, Alain Corbellari, Corinne Denoyelle, Valentine Eugène, Jean-Marie Fritz, Nicolas Garnier, Anna Gesicka, Philippe Haugeard, Danièle James-Raoul, Nelly Labère, Baptiste Laïd, Françoise Laurent, Pierre Levron, Silvère Menegaldo, Sung-Wook Moon, Corinne Pierreville, Bernard Ribémont, Mathias Schonbuch, Julien Stout.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Du nouveau sur le fabliau ? Avec une bibliographie analytique (2008-2022), éd. Philippe Haugeard, Silvère Menegaldo, Anne Cobby, Paris, Honoré Champion, 2025 ; 1 vol., 504 p. (Colloques, congrès, conférences. Moyen Âge, 32). ISBN : 978-2-74536-219-3. Prix : € 70,00.

Source : Honoré Champion

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Appel à contribution – Approches archéologiques des bourgs et villages dans le Centre-Est de la France au Moyen Âge et aux Temps modernes (XIe-XVIIIe siècles)

Journée d’étude du jeudi 13 novembre 2025 à la MSH de Dijon

Le développement de l’archéologie en centre-bourg des dernières années a entraîné la multiplication des découvertes de vestiges relevant du second Moyen Âge et des Temps modernes. Cependant, un déficit de publications et de travaux de recherche sur les habitats groupés de cette période est constaté dans le Centre-Est de la France, région pourtant pionnière sur ces thèmes depuis les travaux de Jean-Marie Pesez à Dracy dans les années 1960.

En effet, si les thématiques liées à la formation des villages au cours du haut Moyen Âge ont été déjà largement débattues, a contrario, les caractéristiques des villages et des bourgs de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne demeurent nettement moins étudiées dans nos régions. En effet, les études sur les formes de peuplement se sont longtemps cantonnées aux composantes castrales et ecclésiales des sites. Le colloque de Perpignan de 2017 « L’archéologie au village. Le village et ses transformations, du Moyen Âge au premier cadastre » (Archéologie du Midi Médiéval, 36, 2018), montre en définitive l’apport des données récentes et ouvre de nouvelles perspectives de recherche.

Quelles sont les formes et composantes des villages médiévaux et modernes ? Sont-elles distinctes individuellement – de ce que l’on peut trouver sur des fermes isolées ou même des habitations urbaines ? Dans quels réseaux s’inscrivent-ils, et à quelle échelle ? Comment appréhender leurs emprises sur le territoire et les campagnes environnantes, spécialement à travers le réseau des voies et le parcellaire? Ces problématiques pourront être au coeur de cette journée d’étude. Son objectif est de réunir les acteurs de la recherche, de présenter différents travaux et études en cours et d’appréhender les possibilités de synthèses qui pourraient émerger.
Les présentations proposées pourront concerner les domaines et aspects suivants :

  • des présentations de fouilles sédimentaires en coeur de bourg ou en périphérie
  • des études de bâti sur l’habitat vernaculaire
  • des analyses consacrées à l’organisation des terroirs
  • des confrontations de résultats de fouille et d’études documentaires
  • des approches par le biais de la culture matérielle

Modalités de soumission :
Les propositions de communications orales ou de posters doivent être envoyées, par courriel,
à l’adresse stéphanie.morel@inrap.fr avant le 1er juin 2025.
Les propositions devront compter les éléments suivants : titre de la présentation, type de support (communication orale ou poster), nom et coordonnées du ou des auteurs, résumé d’une dizaine de lignes et une illustration (format .ai, .pdf pour un plan ; .tif ou .jpeg pour un cliché).

Format de présentation :
Les communications orales d’une vingtaine de minutes seront suivies d’un temps d’échange.
Les posters feront l’objet d’une courte session de présentation.
Support de publication envisagée : La publication des actes, probablement sous un format électronique, est d’ores et déjà envisagée et fera l’objet d’une discussion à l’issue de la journée.

Comité d’organisation :
Antoine Guicheteau, Vincent Marchaisseau, Stéphanie Morel-Lecornué

Comité scientifique :
Melinda Bizri (Université de Bourgogne
Antoine Guicheteau (Inrap, UMR 6298 ArTeHis)
Louis Hugonnier (Inrap, UMR 7058 Edysan CNRS)
Stéphane Joly (Inrap, UMR 7324 CITERES)
Vincent Marchaisseau (Inrap, UMR 6298 ArTeHis)
Stéphanie Morel-Lecornué (Inrap, UMR 6298 ArTeHis)
Emilie Tomas (Arkemine, UMR 7298-LA3M)

Source : ArTeHis

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Appel à contribution – Medieval Images of the Virgin: Materialities, Environments, Ecologies

University of Bamberg, Institute for Archaeological Sciences, Heritage Sciences and History of Art, Chair of Medieval Art History, 22–23 May 2025

Medieval images of the Virgin do not exist in isolation, but as part of living, constantly changing environments. They interact with human and non-human actors. And, most importantly, they possess a specific materiality that deepens their message as artefacts, but can also be in tension with it, complicate it or even call it into question.

A central assumption of the workshop is that both materials and environments of medieval images of the Virgin Mary are meaningful: The materials because of their chemical properties, their histories and cultural encodings. The environments – natural and artificial light, sound, scent, heat, cold, moisture, and the contact with living nature in general – because they have physical effects on the artefact and also determine the conditions for its perception.

The aim of the workshop is to examine these complex interactions and to explore possible references to the multifaceted and changing medieval concepts of Mary – Virgo, Theotokos, Sedes Sapientiae, Queen of Heaven, Mediatrix and many more.

The workshop will focus on three-dimensional, medieval images of the Virgin. The notion of sculpture is deliberately interpreted widely and explicitly includes all kinds of materials (stone, wood, metal, plaster, wax, ivory and many more). But contributions from the fields of painting, mural painting and book illumination are also welcome.

The environments and ecologies to be discussed include the multi-sensory church space and its liturgical settings, museum settings, as well as the contact with plants and the elements in specific outdoor scenarios (both historical and contemporary).

The keynote lecture is given by Heather Pulliam (Professor of Medieval Art, University of Edinburgh): “Eco-iconography of eighth-century Iona: The Virgin Mary, ‘dark waters’ and ‘the tabernacle of the sun’”.

The workshop is funded by the German Research Foundation (DFG) and will be published with University of Bamberg Press. The costs for travel and accommodation will be reimbursed within the usual limits. Conference language is English.

Application:

  • Please send proposals with an abstract of ca. 300 words together with a short CV to the following address by March 15, 2025: katharina.schueppel@uni-bamberg.de

Image credit: Tilman Riemenschneider (c. 1460-1531), The Virgin and Child Enthroned, Germany, Lower Franconia, Würzburg, c. 1500-1505

Source : Medieval Art Research

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Publication – Claire de Cazanove Hannecart, « Du chartrier au codex. La première cartularisation (IXe- début Xe siècle) »

Alors que le champ historiographique touchant les cartulaires s’est renouvelé en profondeur depuis les années 1990, les premières compilations datées du IXe siècle sont restées à l’écart de ce mouvement. Cette monographie entend donner un éclairage nouveau sur la première cartularisation. En considérant tous les témoins conservés, elle replace l’apparition d’un nouveau type d’écrit dans son contexte documentaire et spatio-temporel en Francie orientale. Huit ensembles documentaires sont comparés entre eux mais aussi avec d’autres écrits contemporains afin de déterminer les origines, les fonctions attribuées à ses premières compilations. Enfin une réflexion sur la matérialité éclaire les choix faits lors de la mise en codex. Un jeu constant sur les échelles est proposé pour comprendre pourquoi huit pôles cartularistes choisissent de produire un cartulaire parmi un arsenal d’écrits possibles pour répondre à des finalités précises.

Le croisement de différentes historiographies sur les cartulaires et les pratiques de l’écrit renouvelle les approches et les perspectives. Cette monographie replace le moment-cartulaire dans un paysage documentaire large et rend compte de la cartularisation comme un phénomène scriptural et culturel global inscrit dans les dynamiques de la société carolingienne.

Claire de Cazanove Hannecart est maîtresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne depuis 2023. Membre du Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP-UMR 8589), elle travaille sur des problématiques liées aux pratiques de l’écrit au haut Moyen Âge, notamment en Francie orientale. Sa thèse de doctorat propose une étude complète sur le phénomène de la première cartularisation.

Table des matières :

Introduction

Chapitre 1 : Les premiers cartulaires. Etat de la question
Chapitre 2 : Mise en contexte (fin VIIIe-début IXe siècle)
Chapitre 3 :  La première cartularisation en réseau
Chapitre 4: Le moment-cartulaire
Chapitre 5: Administrer par les cartulaires ?
Chapitre 6: La fabrique du cartulaire

Conclusion

Informations pratiques :

Claire de Cazanove Hannecart, Du chartrier au codex. La première cartularisation (IXe- début Xe siècle), Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 370 p. (Haut Moyen Âge, 50). ISBN : 978-2-503-61026-9. Prix : € 95,00.

Source : Brepols

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Colloque – Unfreedom and Ethnicity: Europe and the Middle East in Comparison (800-1500 CE)

The goal of the workshop is to use the methods of transregional comparison and entanglement analysis to identify similarities, differences, and interconnections between norms, concepts, and practices of unfreedom and ethnicity in Europe and the Middle East.

While ethnicity and unfreedom have in recent years received considerable attention by historians working on premodern Europe and the Middle East, these two topics are only rarely explored together despite their obvious interconnections. The workshop brings together historians of Europe and the Middle East who work on the period of ca. 800–1500 CE and share an interest in questions of ethnicity and/or various forms of unfreedom, including, but not limited to slavery and serfdom.

The goal of the workshop is to use the methods of transregional comparison and entanglement analysis to identify similarities, differences, and interconnections between norms, concepts, and practices of unfreedom and ethnicity in Europe and the Middle East. To do so, the participants are invited to reflect in their contributions on one or several of the following guiding questions based on their respective regional expertise:

– How were legal, social, and religious norms, concepts, and practices of unfreedom constructed, expressed, and applied regarding specific ethnic groups?
– Which roles did concepts of unfreedom play in the construction, application, and performance of ethnic identities?
– How were the semantics of unfreedom and ethnicity interconnected?
– Were specific ethnic groups considered to be better suited for unfreedom (or freedom) than others and if so, were specific ethnic identities linked to particular forms of unfreedom (e.g., military slavery vs. domestic slavery)?
– How did ethnicity impact processes of the acquisition, transfer, and change of status of unfree people, and how were ethnic identities constructed, expressed, performed, and transformed during these processes?

Friday, March 28

14.00
Thomas Ertl and Christian Mauder: Welcome and Introduction

14.30 : Panel 1: Late Antique and Early Medieval Traditions (Chair: Benjamin Scheller)

Jelle Bruning (Universiteit Leiden): Ethnicity and Dependency in Papyrus Documents from Early Islamic Egypt

Gerda Heydemann (Freie Universität Berlin): Ethnicity, Race, Slavery: Biblical Models in Late Antiquity and the Early Middle Ages

16.00-16.30
Coffee Break

16.30 : Panel 2: Ethnicity and Commodification (Chair: Ingrid Evans)

Laura Emunds (Universität Bern): Is Ethnicity a Marker of Commodification in Islamic Law?

Josephine van den Bent (Universiteit van Amsterdam): Ethnic Descriptions in Slave-Buying Manuals

18.30 : Dinner

Saturday, March 29

9.00 : Panel 3: Forms of Mediterranean Slavery (Chair: Maximilian Schuh)

Marc von der Höh/Hanna Wichmann (Universität Rostock): Domestic Others. “Tatar” Slaves in Late Medieval Florence (1300-1500)

Alasdair Grant (Universität Hamburg): Slavery and Ethnicity in the Byzantine Commonwealth

10.30 : Coffee Break

11.00 : Panel 4: Military Slavery and Ethnicity (Chair: Alexander Schunka)

Reuven Amitai (The Hebrew University of Jerusalem): Ethnicity, Warfare and Military Slavery in the Mamluk Sultanate

Christian Mauder (Freie Universität Berlin): Circassian Ethnicity in the Late Mamluk Period between Unfreedom and Rulership

12.30 : Lunch Break

13.30 : Panel 5: Slavery in the Late Medieval and Early Modern West Chair: Julia Burkhardt)

Roser Salicrú i Lluch (IMF–CSIC Barcelona): TBA

Corinna Peres (University of Vienna): Claiming Ethnicity and Resisting Slavery in the Italian-Iberian World around 1400

15.00
Coffee Break

15.30 : Panel 6: Concluding Panel (Chair: Thomas Ertl and Christian Mauder)

Julia Bühner (Goethe-Universität Frankfurt): Unfreedom in the Early Atlantic: ‘Old’ and ‘New’ Strategies to Legitimize Slavery (14-16th century)

Julien Loiseau (Université d’Aix-Marseille): Suited to Serve? Slaves from the Ethiopian Highlands and Ḥabashī Identity in the Mamluk Middle East

Concluding Discussion

Informations pratiques :

Freie Universität Berlin, Holzlaube, Fabeckstr. 23-25, 2nd floor, 2.2058

28.03.2025 – 29.03.2025

Kontakt :
thomas.ertl@fu-berlin.de
christian.mauder@fu-berlin.de

Source : H-Soz-Kult

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Publication – Mariarosaria Salerno, « Nel Regno del lusso. I consumi di pregio nei domini degli Angiò (secc. XIII-XIV) »

Nel tardo Medioevo le nuove mode dell’abbigliamento irrompono in Europa a un ritmo sempre più sostenuto, con la loro natura ambivalente; così il lusso, che attraverso i secoli ha avuto confini variabili, manifesta una frontiera ancor più delicata, tra necessità e superfluo. Il volume analizza i meccanismi dei consumi di abbigliamento, in particolare di lusso, alla corte degli Angiò e nelle gerarchie laiche, tra il Regno di Sicilia e la Francia, sede dei domini originari, nel periodo tra il XIII e il XIV secolo, quando la moda si impone come parte della cultura delle corti europee. La gerarchia delle apparenze, rivelata dai tessuti e dalle fogge degli abiti, si interseca con le modalità e le strategie del potere; gli indicatori del lusso mostrano l’eventuale unità di intenti con la monarchia, momenti di ascesa o di decadenza delle élite. Al centro della riflessione è altresì la questione della regolamentazione delle apparenze e del lusso, con le ragioni etiche, politiche, sociali, economiche che l’hanno determinata.

È professoressa associata di Storia medievale all’Università della Calabria. È membro dell’International Conference of Mediterranean Worlds, del Mediterranean Knowledge, International Centre for Studies and Research, della Scuola dottorale di alta formazione Mondi mediterranei e Italia meridionale nel Medioevo. Si occupa di storia del Mezzogiorno, nel più ampio contesto mediterraneo, di storia del costume, di ordini monastici, privilegiando aspetti economico-sociali.

Table des matières :

Pesi e misure
Introduzione
1. Agli ordini del re: i meccanismi della committenza di abbigliamento e il lusso alla corte angioina

Premesse/I domini angioini: dalla Francia a Napoli/Committenza e lusso tra politica, amministrazione ed economia del Regno angioino
2. Tipologie, consumi e valori dell’abbigliamento alla corte angioina
Il “sistema” dell’abbigliamento degli Angiò tra Napoli e Provenza/I colori e le immagini/I consumi e il valore del lusso: le materie prime e la provenienza/Gli artigiani del lusso di corte
3. I preziosi “di famiglia”: la nobiltà del Regno tra antagonismi e ascesa al potere
Nobiltà e aristocrazia nel Regno di Sicilia/I tesori dei proditores/Una famiglia regnicola in ascesa: i Sanseverino e i loro preziosi/Appendice documentaria
4. Il cavallo bianco parato a festa di Eleonora d’Angiò sposa
Politica e legami matrimoniali nella casa d’Angiò/Per suggellare la pace: il sontuoso matrimonio tra Eleonora d’Angiò e Federico d’Aragona
5. «Immoderatus cultus»: tradizione, lusso e divieti nel Mezzogiorno angioino
Il cultus fra tradizione e divieti/Le leggi suntuarie
Conclusioni
Bibliografia
Indice dei luoghi
Indice dei nomi e degli autori moderni

Informations pratiques :

Mariarosaria Salerno, Nel Regno del lusso. I consumi di pregio nei domini degli Angiò (secc. XIII-XIV), Rome, Carocci Editore, 2025 ; 1 vol., 216 p. (Studi Storici Carocci). ISBN : 978-8-82902-836-8. Prix : € 22,80.

Source : Carocci

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Web – SocMed. Une sociologie de la médiévistique contemporaine

Accès au carnet Hypothèses : ici

Compte BlueSky : https://bsky.app/profile/obsmed.bsky.social

L’une des dimensions de la sociologie médiévale est l’étude des conditions sociales de la production des savoirs nécessaires à la connaissance du Moyen Âge. Si certains travaux ont été menés par des historiens et des médiévistes, aucune recherche systématique n’a été entreprise, cette approche pouvant être considérée comme anecdotique, sans lien avec la pratique de la médiévistique, voire sacrilège, parlant des vivants dans une discipline où ceux-ci sont habitués à s’effacer derrière les morts.

Cependant, en dehors de ces dimensions les plus techniques, la faiblesse du formalisme dans le discours scientifique en histoire médiévale – caractéristique partagée avec l’ensemble des sciences sociales –  rend nécessaire une maîtrise du discours par d’autre voies, au risque sinon de faire glisser les notions vers le sens commun et de confondre position scientifique et position sociale.

La sociologie des médiévistes vise ainsi à dépasser les explications familières et les oppositions apparentes pour fournir aux agents les moyens de se déprendre des catégories de pensée qui leur permettent d’évoluer naturellement dans l’espace de la médiévistique. L’idée même d’un tel espace, pensé comme cohérent, constitue l’une des préconceptions dont il faut se détacher, raison pour laquelle les enquêtes proposées visent à la fois des sujets précis et non une description générale d’un groupe donné au préalable (« les médiévistes »).

Entamés de manière indigène pour des raisons conjoncturelles, les travaux présentés dans ce Carnet s’adressent aussi bien aux médiévistes qu’aux sociologues à la fois comme lecteurs et comme contributeurs. Concernant ce dernier point, toute proposition de contribution peut être envoyée à : sociologiedesmedievistes@gmail.com

Articles publiés au 13 février 2025 :

Une sociologie indigène de la médiévistique contemporaine : accès

« Faire un compte-rendu » : l’affaiblissement tendanciel d’une illusio savante : accès

Les « Églises » des médiévistes, enjeux d’une polémique scientifique : accès

« Clerc » et « laïc » : usage des mots et variations historiographiques : accès

Les interactions entre médiévistique et espaces médiatiques : références : accès

La Nouvelle Histoire du Moyen Âge : genèse, production, sociologie, 1 : accès

Les capitaux de la médiévistique : accès

La Nouvelle histoire du Moyen Âge : genèse, production, sociologie, 2 : accès

Équipe éditoriale :

Rédacteur en chef : Alexis Fontbonne

Équipe de rédaction : Justine Audebrand (Université de Poitiers / Université Paris 1), Blaise Dufal (The University of Sidney), Alexis Fontbonne (UNamur), Gaspard Fontbonne (Centre européen de sociologie et de science politique), Fanny Madeline (Université Paris 1), Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur / Archives de l’État), Pierre Vey (Université Paris 1 / École nationale des Chartes).

One of the dimensions of medieval sociology is the study of the social conditions of the production of the knowledge necessary for understanding the Middle Ages. Although some work has been carried out by historians and medievalists, no systematic research has been undertaken, as this approach can be considered anecdotal, unrelated to the practice of medieval studies, even sacrilegious, talking about the living in a discipline where they are used to fading into the background behind the dead.

However, apart from these more technical dimensions, the weakness of formalism in the scientific discourse in medieval history – a characteristic shared with all the social sciences – makes it necessary to master the discourse by other means, at the risk otherwise of allowing notions to slide towards common sense and of confusing scientific position and social position.

The sociology of medievalists thus aims to go beyond familiar explanations and apparent oppositions to provide agents with the means to free themselves from the categories of thought that allow them to evolve naturally in the space of medieval studies. The very idea of such a space, conceived as coherent, constitutes one of the preconceptions that must be broken away from, which is why the proposed investigations target specific subjects rather than a general description of a predetermined group (‘medievalists’).

Initiated in an indigenous manner for cyclical reasons, the work presented in this Carnet is aimed at both medievalists and sociologists as both readers and contributors. Regarding this last point, any proposal for a contribution can be sent to: sociologiedesmedievistes@gmail.com

Articles published up to 13 February 2024 :

Une sociologie indigène de la médiévistique contemporaine : here

« Faire un compte-rendu » : l’affaiblissement tendanciel d’une illusio savante : here

Les « Églises » des médiévistes, enjeux d’une polémique scientifique : here

« Clerc » et « laïc » : usage des mots et variations historiographiques : here

Les interactions entre médiévistique et espaces médiatiques : références : here

La Nouvelle Histoire du Moyen Âge : genèse, production, sociologie, 1 : here

Les capitaux de la médiévistique : here

La Nouvelle histoire du Moyen Âge : genèse, production, sociologie, 2 : here

Editorial team :

Editor in chief : Alexis Fontbonne

Editorial team : Justine Audebrand (Université de Poitiers / Université Paris 1), Blaise Dufal (The University of Sidney), Alexis Fontbonne (UNamur), Gaspard Fontbonne (Centre européen de sociologie et de science politique), Fanny Madeline (Université Paris 1), Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur / Archives de l’État), Pierre Vey (Université Paris 1 / École nationale des Chartes).

Source : SocMed

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Appel à contribution – Troisièmes Rencontres des jeunes chercheur·ses en linguistique historique

Appel à communications
Troisièmes Rencontres des jeunes chercheur·ses en linguistique historique
Grenoble, 4-5 décembre 2025

Après une première édition lyonnaise (2019), et une deuxième édition annulée en raison de la pandémie (2020), les Rencontres des jeunes chercheur·ses en linguistique historique reviennent pour une troisième édition à Grenoble les 4 et 5 décembre 2025. Ce colloque a pour but de permettre aux jeunes chercheur·ses travaillant sur l’histoire des langues indo-européennes de présenter leurs travaux et d’échanger à ce sujet avec les membres de leur communauté scientifique.

Ces troisièmes Rencontres ont pour objectif de favoriser les échanges entre jeunes chercheur·euses partageant des centres d’intérêt communs. Elles visent à regrouper des communications traitant soit de l’évolution linguistique en diachronie, soit d’un état synchronique révolu. De ce fait, nous acceptons les propositions relatives aux questions méthodologiques, théoriques, ou qui présentent des études de cas, dans toutes les approches de la linguistique : syntaxe, morphologie, phonologie, phonétique, sémantique, lexicologie, pragmatique, sociolinguistique, analyse de discours, dialectologie, graphématique, etc.

Aussi, nous encourageons fortement les travaux appliquant ou permettant des analyses computationnelles telles que la linguistique de corpus, la philologie numérique, la textométrie ou toute autre approche des humanités numériques dont le résultat peut intéresser la communauté scientifique. À ce titre, les études qui traitent de la conception ou de la diffusion de corpus adaptés à l’analyse linguistique ou philologique sont les bienvenues.

Nous aurons l’honneur d’accueillir cette année Bernard Combettes et Ariane Pinche en tant que conférencier·ières invité·es.

Format :

Les présentations seront d’une durée de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion. Les langues de communication seront le français et l’anglais.

Conditions :

Ces rencontres se tiendront à Grenoble, les 4 et 5 décembre 2025.

Elles sont destinées aux jeunes chercheur·ses : doctorant·es, ATER, post-doc et docteur·es jusqu’à la première année de CDI (maître·sse de conférences ou équivalent). Nous acceptons les communications collectives. Nous encourageons vivement les étudiant·es en master recherche à également proposer une communication.

Des frais d’inscription de 25,00 € seront demandés. Des exonérations pour les jeunes chercheur·ses non financé·es sont prévues.

Soumission :

Des résumés entre 300 et 500 mots, à l’exclusion d’une bibliographie, devront être envoyés anonymisés sur le site https://rencontreslh3.sciencesconf.org avant le 28 mars 2025.

Si vous souhaitez publier un article dans les actes des rencontres, vous devrez envoyer une première version de votre article un mois après la tenue du colloque, c’est-à-dire le 12 janvier 2026. Les articles seront par la suite soumis à une relecture en double aveugle.

Les articles devront faire entre 8 et 10 pages hors bibliographie. Un modèle de document Word et OpenOffice vous sera envoyé pour réaliser votre mise en page, ainsi qu’un fichier de formatage Zotero pour la bibliographie.

Vous pouvez poser toutes vos questions à l’adresse de l’événement : rencontreslh3@sciencesconf.org.

Comité d’organisation :

Timothée Celeyron | LIDILEM, Univ. Grenoble Alpes
Iris Fabry | LIDILEM, Univ. Grenoble Alpes
Tanguy Lemoine | Litt&Arts, Univ. Grenoble Alpes
Laurie Raymond | LLSETI, Univ. Savoie Mont Blanc & Projet ANR LIBEX
Zeina Tmart | IHRIM, ENS de Lyon

Comité scientifique :

Armand Fabio | UCLy, Institut Pierre Gardette.
Badiou-Monferran Claire | CLESTHIA, Univ. Sorbonne Nouvelle
Breitbarth Anne | Univ. Gent
Capin Daniéla | LiLPa, Univ. de Strasbourg
Carpitelli Elisabetta | GIPSA-lab, Univ. Grenoble Alpes
Carlier Anne | STIH, Sorbonne Univ.
Combettes Bernard | ATILF, Univ. De Lorraine
Denoyelle Corinne | Litt&Arts, Univ. Grenoble Alpes
Glikman Julie | ATILF, Univ. Lorraine
Goux Mathieu | CRISCO, Univ. Caen..
Guillot-Barbance Céline | IHRIM, ENS de Lyon
Kuyumcuyan Annie | LiLPa, Univ. de Strasbourg
Lagorgette Dominique | LLSETI, Univ. Savoie Mont Blanc & Projet ANR LIBEX.
Larrivée Pierre | CRISCO, Univ. Caen.
Lavrentiev Alexei | IHRIM, CNRS
Petit Daniel | AOeOc, ENS-Paris
Pinche Ariane | CIHAM, CNRS
Pɫocharz Piotr | ArScAn, Univ. Paris Nanterre
Premat Timothée | CEDITEC, Univ. Paris Est Créteil
Prévost Sophie | Lattice, CNRS
Saiz-Sanchez Marta | Univ. Complutense de Madrid
Sauzet Patrick | CLLE, Univ. Toulouse II Jean Jaurès
Siouffi Gilles | STIH, Sorbonne Univ.
Skupien Dekens Carine | ILCF, Univ. de Neuchâtel
Sorba Julie | LIDILEM, Univ. Grenoble Alpes
Surrel Vincent | SFL, Univ. Paris 8 et CNRS & Centre Jean-Mabillon, École nationale des chartes, Univ. PSL
Vangaever Jasper | Univ. Gent
Verjans Thomas | CLLE, Univ. Toulouse II Jean Jaurès.

Source : Sciences Conf.

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Appel à contribution – Rethinking the Holy Materiality

Venue: University of Turku and Åbo Akademi University, Turku, Finland

Call for Papers

While much has been published on relics, their understanding remains restricted and inflexible because of the prevalent definitions of the religious relic. Julia Smith has emphasized how our main concept and its different sub-categories are a creation of modern ways of thinking (by canon law and theology) to classify religious items, when medieval theology and thinking were in fact much more flexible. Encyclopedias, dictionaries but also single studies define the term “relic” primarily as bodily remains of saints and martyrs, and secondarily to objects that are directly associated with the life of Christ (the Cross, for instance) or of a saint, or again, objects which have touched the saint’s body. In other words, relics are seen to belong in two categories, “primary” and “secondary”, primary being “bodily relics” and secondary “contact relics”. Such terms of the categories explicitly and/or implicitly evaluate the items when for example early Christian authors such as Augustine did not differentiate in value objects and other materials in contact with living or dead saints, or their tombs from bodily relics. Thus, definitions in current scholarly use did not easily lend themselves to late medieval realities and ignored an important – even if hard to define – aspect of lay practices concerning relics. Consequently, reading late medieval sources and studying 14th-15th c. objects in the light of modern categorization and its restrictiveness at a practical level hinders or even prevents us from understanding what late medieval people regarded as relics.

Problems about the traditional categorizations of relics have also been acknowledged, but not much has been done yet. Especially objects which have been excluded from the established definitions, such as unofficial relics or objects which represent ‘the third or fourth generation’ of contact with the saint, are largely ignored in scholarship. An exception to the rule is a reliquary, acquiring the status of new-relic by contact with the relic it houses, the role of which was established in scholarship by Legner in 1995. In art history, other devotional objects that defy accepted conventions of classification, such as shrouds or imprints, have been taken into consideration only very recently. The current discussion of medieval materiality has already been augmented by the classic theory of agency by Gell in 1998, which has now been applied to the agency of the holy matter, especially by Bynum in 2011 and 2020. The ‘material turn’ has enriched research into medieval and early modern devotional objects, including emphasizing the role of texts in understanding the tangibility of the physical them, but the whole gamut of devotional materiality in late medieval contexts still awaits reconsideration, borrowing notions and methodologies used in the field of anthropology and religious sciences.

The workshop invites presentations exploring the relationship between bones and relics, as well as other material objects perceived to possess supernatural powers; how people engaged with (sacred) materiality in their everyday lives and what kind of significances they gave for these entities. We warmly encourage proposals from various academic fields to be able to offer a diverse and multidisciplinary program. Please submit your proposal by March 1, 2025 to the organizers (see below). The proposal should include a provisional title, a 200–300-word abstract, 5 keywords, the presenter’s name (or names if there are several contributors), title, and affiliation. The organizers will notify participants about the acceptance of their proposals by the end of March. Kindly note that we intend to publish the presentations as peer-reviewed articles in a journal special issue or a similar publication. The details regarding publication will be discussed further with the participants during the workshop.

Key-note lecture:

The key-note presentation of the workshop will be given by Professor Vincent Debiais (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris: http://crh.ehess.fr/index.php?6059)

“See-trough. Relics, Materiality, and the Dynamics of Deception”

In the devotion to relics, seeing or not seeing defines the whole faithful’s attitude. Entering the sanctuary, standing in front of the reliquary, the sight and expectation are whether fulfilled or deceived. The devices – object or building – used for the presentation of relics dating from the end of the Middle Ages seem to have built on this tension between the need to look and touch the saints’ bodily remains and the impossibility to fully grasp on the subject of devotional actions, using transparency, concealment, or distraction as enhancers for the spiritual possession of relics. This lecture presents an overview of the material, sensorial, and theological questions raised by these objects, focusing primarily on reliquaries that used glass and writing to showcase the virtus of the saints.

Organizers:

Organizers, and more information: Docent Marika Räsänen (marika.rasanen@utu.fi) & Professor Päivi Salmesvuori (paivi.salmesvuori@abo.fi), Turku Centre for Medieval and Early Modern Studies & Department of Church History, Åbo Akademi University

Sponsors: The project “Rethinking the Late Medieval Relic (c. 1200–1550)”, the Research Council of Finland, University of Turku, Åbo Akademi University, and The Polin Institute.

Source : University of Turku

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Appel à contribution – Byzance intime. Regards sur soi et sur l’autre : discours, pratiques, objets. XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes

Dès les années 1940, les travaux pionniers de Phaidon Koukoulès sur la vie quotidienne à Byzance ont ouvert la voie à un foisonnement d’études prenant l’intime et le privé comme objets d’histoire. Depuis, le nombre et la diversité des recherches n’ont fait que croître : des contributions d’Évelyne Patlagean sur l’enfance à celles de Martin Hinterberger sur les émotions, en passant par l’exposition Byzantine Hours, Works and Days. Everyday Life in Byzantium (Athènes – Thessalonique – Mistra, 2002), les études byzantines se sont emparées de sujets aussi variés que les contours de la sensibilité, le rapport au corps et l’archéologie du quotidien. 

Prenant acte de cet élan, les XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes mettent à l’honneur la notion d’intime en scrutant la culture byzantine au prisme de « ce qui est le plus intérieur ». Incarnant « le plus essentiel en même temps que le plus retiré et secret », l’intime est aussi « ce qui associe le plus profondément à l’Autre et porte au partage avec lui » ; il s’y reflète d’emblée une dialectique du “dedans” et du “dehors”, indissociable de l’émergence d’une idée de soi [1]. Cette frontière subtile s’exprime à tous les niveaux et dans toutes les dimensions de la vie sociale, des méandres de l’espace urbain aux pièces de la demeure, et jusqu’à la diplomatie des regards et des secrets. 

Le sens de l’intime se fonde sur la conscience de soi. Que ce soit par le biais du soin, de l’hygiène, de la médecine ou de la parure, c’est d’abord par le corps que le sujet se confronte à l’altérité. Il s’agit dès lors de cerner les soins dont l’enveloppe charnelle fait l’objet dans le monde byzantin, en précisant les pratiques et les discours qui la construisent et l’accompagnent. Le souci du corps n’exclut pas celui de l’âme, bien au contraire. L’introspection encouragée par les Pères de l’Église imprègne toute la société et prend, à Byzance, une envergure particulière : toutes sociales que puissent être ses manifestations extérieures, la foi est également matière intime. Nourrie d’une relation intérieure et sensible au divin, la dévotion privée se tient au cœur de l’expérience quotidienne des fidèles. 

Là où les textes sont souvent muets, l’étude des lieux et des objets de l’intimité apporte un éclairage précieux. L’analyse des restes humains dévoile une histoire secrète de l’alimentation, des blessures et des mobilités. Au cœur des habitations, la distinction entre les espaces ouverts aux visiteurs et ceux réservés à la maisonnée dessine tout un univers de pratiques sociales. Les vestiges d’établissements balnéaires, les objets de toilette, les outils du médecin donnent corps au soin de soi ; comme en un miroir, amulettes et icônes domestiques constituent les supports d’une autre intimité,  spirituelle celle-ci : celle du fidèle avec Dieu. En-dehors du texte lui-même, les notes marginales témoignent du rapport familier du lecteur à l’œuvre. 

L’amour et l’amitié transposent l’intime à l’échelle des relations sociales. Mais quel rôle peuvent-ils endosser dans une société hiérarchisée, où intérêts politiques et économiques sont inséparables des stratégies matrimoniales et des relations de patronage ? Maîtres et serviteurs, époux et concubins, parents et enfants charnels ou spirituels : la famille concentre les relations de proximité en même temps qu’elle met en jeu les normes de comportement, entre solidarité et rivalité. Prolongeant la maisonnée, les relations d’amitié se situent au croisement de l’intime et de l’intérêt : elles interrogent le rôle des sociabilités informelles dans les réseaux de pouvoir. Il n’est pourtant jusqu’à la mort qui ne parvienne à trancher ces liens, dont les pratiques funéraires trahissent la ténacité : le soin de l’autre s’exprime encore dans la mémoire de son nom, à laquelle s’adaptent, peu à peu, liturgies et lieux de culte. 

Les déclarations d’intimité, omniprésentes dans les lettres byzantines, éclairent la puissance d’une rhétorique de la proximité. Celle-ci souligne l’importance de modèles culturels de l’intimité qui, de la Vierge à l’Enfant aux compagnons d’Achille, modèlent l’expression de la familiarité et de l’affection. Quels sont alors les discours admis de l’émotion, quel est le partage des affects publics et privés ? 

Qu’il s’agisse du regard sur soi ou du regard de l’autre, l’intime est constamment modelé par le travail des apparences et les exigences de la norme. Émotions et sexualité reflètent une dialectique du licite et du honteux, de la dissimulation et de l’exhibition. Genre et statut social autorisent certaines formes d’intimité et en interdisent d’autres ; ils déterminent ce qui peut être connu et ce qui doit rester caché. Se pose alors la question du scandale et des déviances intimes que ne saurait tolérer la société. 

À travers ce thème inépuisable, les XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes se donnent pour ambition d’approcher, avec tout le respect qui lui est dû, l’intimité de Byzance.

Les communications pourront s’inscrire dans l’une des thématiques suivantes, citées à titre non-exhaustif: 

  • Rhétorique de l’intime et discours des émotions
  • Sensibilité et socialisation (toucher, regard, ouïe, odorat, goût)
  • Rapport au corps, soins du corps, hygiène et santé
  • Apparences, pudeur, honte et exhibition
  • Images de l’intimité 
  • Espaces et lieux de l’intimité
  • Œuvres, objets, outils intimes
  • Amours et amitiés 
  • Liens familiaux et cadre domestique 
  • Intimité avec Dieu (dévotion privée, mystiques, ascètes)
  • Intimité et ritualité 
  • Contrôle de l’intime, transgressions et scandales 
  • Sphère publique et sphère privée 
  • Écriture et intimité, manuscrits et autographes 

Les communications, d’une durée de vingt minutes, pourront être données en français ou en anglais. Les propositions de communications (250 à 300 mots), accompagnées d’une brève biographie incluant l’institution de rattachement, le niveau d’études actuel (master, doctorat, post-doctorat) et le sujet de recherche, devront être envoyées à l’adresse aemb.paris@gmail.com, au plus tard le 31 mars 2025. 

Les Rencontres se tiendront en présentiel, à Paris, les 3 et 4 octobre 2025. La prise en charge des frais de transports par l’AEMB est envisageable pour les candidats ne pouvant obtenir de financement de la part de leur institution d’origine. Les candidats retenus devront adhérer à l’AEMB. 

[1] Jullien, F., De l’intime. Loin du bruyant Amour, Paris, Grasset & Fasquelle, 2013, p. 2.

Source : Association des étudiants du monde byzantin

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