Web – More than 300 medieval manuscripts from the Bibliotheca Vossiana now available in open access

The most important group of medieval manuscripts from the Special Collections of the University Libraries of Leiden (UBL), the Codices Vossiani Latini, is now available in open access via the Digital Collections. The 324 Latin manuscripts copied in medieval Europe, along with 48 post-medieval manuscripts, were part of the private library of Isaac Vossius, which was purchased in 1690 by Leiden University.

Bibliotheca Vossiana

Isaac Vossius (1618-1689), classical philologist and collector of manuscripts and books, was the librarian of Queen Christina of Sweden. After Christina’s abdication in 1654, her enormous library was broken up. Vossius was allowed to choose items from the library as compensation for the loss of his own books and manuscripts, which he had brought with him from Amsterdam. These were mixed with the Royal Library (during Vossius’ absence from the court) and could not be found in the chaos resulting from several relocations.

By the time Vossius died, his carefully curated private library contained around 700 manuscripts and almost 4000 printed works. The heirs of Vossius sold the Bibliotheca Vossiana for 33,000 guilders to Leiden University, whereby the Library’s collection – then housed in the former church of the Begijnhof on the Rapenburg – doubled in size. The printed works belonging to Vossius were shelved among the existing books, according to their subject and size. The Codices Vossiani – the manuscripts – were kept together as part of the Western manuscript collection, classified according to language and format.

Fodder for philologists and book historians

On account of the, in excess of 300, medieval Latin manuscripts of Vossius, the name and fame of Leiden University Library spread worldwide. The manuscripts are of great intellectual value, not only for the reconstruction of classical texts but also for historical research into the production and use of early medieval handwritten books. The highlights include various ninth-century manuscripts: the Aratea, of course, with its miniatures of the constellations, which came from the Carolingian court library (VLQ 79), but also the oldest known manuscripts of the pedagogic poem of Lucretius (99-55 BC) – the De rerum natura (VLF 30 and VLQ 94) and of the philosophical works of Cicero (106-43 BC) – such as De natura deorum (VLF 84 and VLF 86). All of the Latin manuscripts of Vossius were described by Dr Karel de Meyïer (1906-1980), as detailed in his catalogue, the Codices Vossiani Latini. This four-part catalogue is available online: Codices in folio (1973), in quarto (1975), in octavo (1977); Index (1984).

Collaboration with Brill

Brill Publishers B.V. and the UBL have a long and rich history of collaboration in every possible area of publication. Brill, the oldest academic press in the Netherlands, published many of the catalogues of the collections of the library, including De Meyïer’s Codices Vossiani Latini. Given their extensive activities in online publishing, Brill was the logical partner in the 2010s for the digitisation and making available of various manuscript collections, including the Codices Vossiani Latini. From 2025 onwards, the Latin manuscripts of Isaac Vossius are available in Digital Collections under a CC-BY Creative Commons licence.

About Digital Collections

The UBL makes digitised and born-digital material available via Digital Collections. The platform facilitates various functionalities, such as full-text searching in printed books, zooming-in on images, and the option to download HD-images oneself. One can also search for particular types of materials, filter search actions, link to the library catalogue, while simultaneously searching different collections. Every collection is also separately accessible via the collection pages. The digitised materials are accompanied by permalinks suitable for referencing on websites and in academic publications. A CC-BY licence applies for many of the materials: the materials can be used by everyone. And the UBL is continuously making new material accessible through Digital Collections. Many of the items can be viewed in the Leiden IIIF Advanced Viewer. To optimise use of the functionalities of Digital Collections, users can view the Digital Collections’ instructional videos.

Source : Universiteit Leiden

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Conférence – Dominique Barthélemy, « Dédramatiser l’an mille ? Violences féodales et terreurs religieuses à l’épreuve de l’histoire critique »

Le 17 février prochain, sociAMM, en collaboration avec l’Institut des Hautes Études de Belgique (IHEB), aura le plaisir d’accueillir Dominique Barthélemy (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; EPHE), pour une conférence intitulée : « Dédramatiser l’an mille ? Violences féodales et terreurs religieuses à l’épreuve de l’histoire critique »

Dans l’histoire de la Lotharingie comme de la France, écrite à l’époque moderne, les abords de l’an mille paraissent marqués par une forte violence féodale. Des chevaliers fort peu chevaleresques, rassemblés dans les châteaux, imposent au pays leurs guerres incessantes et le poids de leurs taxations. L’oppression féodale désespère le peuple, au point que le XIXe siècle a souvent cru qu’il avait espéré la fin des temps à court terme (« terreurs de l’an mil ») ou que, d’une manière ou d’une autre, il s’était jeté dans les bras de l’Église, seule capable de lui donner de l’espoir et du soutien, de terroriser les chevaliers par ses anathèmes et de freiner ainsi leurs violences. Une histoire critique, soucieuse de bien lire les sources et de s’émanciper des idées modernes (sans les rejeter forcément toutes), peut mettre en lumière certaines limites de la domination féodale et une certaine ambivalence de l’Église à son sujet. Pour autant, les traces de luttes demeurent : jusqu’à quel point pouvons-nous dédramatiser l’an mille ?

Informations pratiques

  • Le lundi 17 février 2025, à 18h
  • Salle Henri Janne, S.S.15.331 (Bâtiment S, 15e étage), Université libre de Bruxelles – Campus du Solbosch
  • Entrée libre – Inscriptions : sociamm@ulb.be

Source : sociAMM

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Appel à contribution – L’œuvre du faux. Journée d’étude de Questes

Le 13 Juin 2025, Paris

Pour l’historien des siècles passés, le « mirage des sources » a un relief tout particulier. Le doute radical qu’il faut maintenir face au document, qui est pourtant tout ce dont nous disposons pour construire une interprétation des faits, est constitutif de l’éthique de la recherche. C’est pourquoi la critique du document est au fondement de la démarche des « sciences historiques » (histoire, philologie, histoire littéraire, histoire des arts etc.), et on ne s’étonnera pas qu’elle soit liée à leur processus d’institutionnalisation. En amont, la démonstration de la forgerie qu’est la Donation de Constantin par Lorenzo Valla en 1447 est considéré comme un acte fondateur de la critique textuelle moderne ; en aval, le travail d’Étienne Chavaray, archiviste paléographe ayant expertisé en 1870 les faux élaborés par Vrain-Lucas, appelé également comme expert comme lors du second procès de Dreyfus où les « chartistes » ont donné la mesure de leurs compétences spécialisées, montre la constitution d’un véritable secteur professionnel. Mais l’intérêt du faux ne s’épuise pas dans la preuve de son inauthenticité. Dans une perspective renouvelée par l’étude des cultures matérielles, la forgerie se présente comme un document à part entière, objet d’un véritable travail dont on désire interroger les tenants et aboutissants à l’occasion de cette journée d’études. Les contributeur.ice.s sont ainsi invité.e.s à interroger le faux comme un dispositif central dans les sociétés médiévales, en considérant sa fonction stratégique à l’intersection des relations de pouvoir et des relations de savoir. Matérialité, pragmatique et axiologie du faux constituent trois axes autour desquels pourront s’articuler les communications, dans une perspective ouverte sur l’ensemble des sciences humaines.

Axe 1 : Aspects matériels. Le travail du faux

Un premier axe portera sur la façon dont sont produits les faux. Reprenant la notion de forgery, on considère ici le faux comme un objet produit et construit, dont il s’agit de cerner les caractéristiques matérielles et le processus de fabrication. Le faux se présente d’abord comme imitation d’un objet authentique dont il tente de s’approprier l’autorité. Son aspect matériel est donc riche d’enseignements sur la façon dont il est produit et sur le rapport des faussaires à leur modèle. On pense bien sûr au domaine de la diplomatique, où l’on distingue une grande variété de cas, du pseudo-original complet, à l’acte sincère gratté ou remanié, jusqu’aux actes réécrits avec ou sans modèle. Il faut donc réfléchir aux critères d’authenticité médiévaux et aux moyens d’authentification, comme les sceaux ou écritures de chancelleries, créés pour combattre les faux mais aussi imités par les faux. Cependant la recherche d’autorité peut s’affranchir de celle de l’imitation stricte de l’authenticité, notamment en plongeant dans un pseudo-archaïsme qui peut nous paraître fantaisiste, comme dans les faux diplômes mérovingiens d’Hariulf à Oudenbourg. La fabrication de faux est donc un processus complexe et diversifié, dont il faut dans chaque cas identifier les sources, les instruments, et les lieux de production, à l’exemple de certains grands monastères bénédictins comme Saint-Pierre de Gand, qui établit un véritable modus operandi basé sur la falsification partielle d’actes sincères. Mais on envisagera aussi la culture matérielle et l’environnement intellectuel des faussaires, qui rend possible la fabrication de faux : ainsi, c’est le contexte réformateur et la meilleure formation des clercs au début du XIIe siècle qui amène les moines de Saint-Bertin à modifier en leur faveur et réinterpréter un acte comtal dans un sens grégorien. On s’intéressera donc à la fois aux savoirs techniques nécessaires pour produire des faux et aux milieux et champs favorables à leur émergence, afin d’interroger le faux de façon globale, non seulement comme une imitation, mais comme un fait à comprendre dans son contexte. De ce fait, même si les faux écrits, et en particulier les faux actes tiennent une place prépondérante liée à la constitution historique du champ de la critique documentaire, la recherche sur la production matérielle des faux doit s’étendre à tous types d’objets, qui ont leur régime d’authenticité propre : fausse monnaie, faux monuments comme la tombe d’Arthur prétendument découverte à Glastonbury sous Henri II, etc. Ainsi, la production et le commerce de fausses reliques semblent être particulièrement florissants, peut-être en raison de l’autorité naturelle et de la recherche constante d’objets porteurs de sacralité.

Axe 2 : Aspects pragmatiques. L’usage du faux.

Un deuxième axe de réflexion concerne la vie du faux après sa production. On peut, dans ce cadre, réfléchir sur les intentions des faussaires et sur les utilisations qu’ils font du faux. Si on est immédiatement porté à interroger le contexte documentaire, où des institutions ou des individus peuvent tenter d’influencer le résultat d’un procès en présentant aux juges des documents interpolés ou complètement forgés, dont la validité est souvent remise en cause, les usages du faux sont multiples. Pour les auteurs du Moyen Âge, par exemple, l’insertion d’un récit fictif dans une œuvre peut aider à mieux véhiculer des convictions : en présentant des situations paradigmatiques qui s’écartent de la réalité des faits, l’auteur est en mesure de proposer ses propres idées, ainsi que d’attaquer ses objectifs polémiques. On peut penser, par exemple, aux nombreuses visions oniriques qui se diffusent dans l’Europe carolingienne, dans lesquelles la fiction est fonctionnelle à la critique ou à l’exaltation de l’action de certains membres de la famille royale, ou à des textes comme la Chronique de la Novalaise, où l’auteur intègre de nombreux récits fictifs pour exalter le prestige de l’abbaye et critiquer les laïcs qui l’oppriment. Dans tous domaines passibles de falsification, qui dépassent largement ceux évoqués ici, des considérations semblables s’imposent : le faux est le lieu où les intentions et les idées de son auteur se manifestent le plus ouvertement, en raison de l’absence des limites de la réalité. 

Par conséquent, pour les chercheurs et les chercheuses, la falsification n’est pas seulement l’objet d’une critique qui vise à reconstituer les éléments de vérité à son sein et à la mise de côté du faux ; ce dernière représente, plutôt, un objet d’étude à part entière, que nous aimerions interroger. Comment les faux de tous genres deviennent-ils des sources et quelles utilisations la recherche en fait-elle ? Comment les usages du faux ont-ils évolué au fil du temps ?

Axe 3 : Aspects axiologiques. Les consciences du faux.

Un dernier axe dérivé d’une question simple mérite d’être considéré : comment ce que nous définissons aujourd’hui comme « faux » était-il perçu à l’époque médiévale ?

Le faux est d’abord un concept d’ordre théologique. Nécessairement accompagné de réflexes sur la « vérité » ou le « vrai », qui dans leurs définitions les plus rigoureuses, ne peuvent être que l’apanage de Dieu et de la Bible, le faux ou la fausseté sont attribués à Satan. D’un point de vue juridique, les « crimes de faux » pouvaient, par exemple, comprendre aussi bien le « faux en parole et en acte » (faux témoignages, faux-monnayages, etc.) que le « faux en écriture » et étaient poursuivis et sanctionnés selon les diverses lois qui pouvaient être appliquées, qu’il eût été question de droit romain, de droit civil ou de droit canonique. 

Cependant, le faux n’est pas simplement un méfait qu’il faut sanctionner. La définition pionnière de saint Augustin sur le mensonge, qui a tant influencé le Moyen Âge, « falsa significatio cum intentione fallendi », ne condamne pas la fausseté de la parole en soi, mais plutôt l’intention de tromper. Remarquons également que l’évêque d’Hippone distingua « l’intention malicieuse de la tromperie et le mensonge de l’art, c’est-à-dire de la fiction ». D’où les différentes tentatives de hiérarchiser et théoriser le mensonge, telle celle de Pierre Lombard, qui ont atténué le caractère pécheur du faux. 

Le faux donc, aussi réel et défini soit-il, semble avoir un statut ambigu et des cas extrêmes, comme celui du faux réhabilité par le pape Calixte II en est un exemple. Par conséquent, des approches variées, autant d’un point de vue disciplinaire que chronologique pourront être envisagées, pour éclairer des cas de figure jusqu’à présent négligés et éventuellement ouvrir sur un statut cohérent du faux et sur son évolution.

Conditions de soumission

Cet appel à communication s’adresse aux étudiant.e.s de master, de doctorat et aux jeunes chercheuses et chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication (300 mots maximum), accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à adresser avant le 1er Mars 2025 à : je.questes.faux@proton.me

Les communications seront présentées sur place, à Paris, en une vingtaine de minutes, et pourront faire l’objet d’une publication dans la revue Questes. Les participant.e.s sont aimablement prié.e.s de solliciter leurs laboratoires respectifs pour les frais de déplacement à engager.

La journée d’étude sera retransmise en visioconférence : le lien sera envoyé par mail, sur demande (contact : je.questes.faux@proton.me)

Comité d’organisation
Emma Belkacemi-Molinier (Sorbonne Université/EPHE)
Seong Joon Hong (Université Sorbonne Nouvelle)
Tommaso Laganà (Università degli Studi di Torino)
Max Parada (Université du Littoral Côte d’Opale/Sorbonne Université)

Comité scientifique
Cécile Caby (Sorbonne Université)
Catherine Croizy-Naquet (Sorbonne Nouvelle)
Frédérique Lachaud (Sorbonne Université)
Sylvie Lefèvre (Sorbonne Université)
Jean-François Nieus (Université de Namur)
Luigi Provero (Università degli Studi di Torino)

Bibliographie indicative

Berkhofer, Robert F. III., Forgeries and Historical Writing in England, France, and Flanders, 900–1200, Woolbridge, the Boydell Press, 2022.

Bertrand, Paul, Forger le faux. Les usages de l’écrit au Moyen Âge, Paris, Seuil, [à paraître] 2025.

Blaudeau, Philippe, et Sarrazin, Véronique (éd.), Faux et usage de faux, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2023.  

Constable, Gilles, « Forgery and Plagiarism in the Middle Ages », Archiv für Diplomatik, vol. 29, 1983, p. 1-41.

Declercq, Georges, « Centres de faussaires et falsifications de chartes en Flandre au Moyen Âge », Falsos y falsificaciones de documentos diplomaticos en la Edad media, Zaragoza, Real Sociedad Económica Aragonesa de Amigos del País, 1991, p. 65-74.

Fälschungen im Mittelalter. Internationaler Kongress der Monumenta Germaniae Historica München, 5 vol., Monumenta Germaniae Historica, Schriften, 33, Hanovre, 1988.

Geary, Patrick, Le vol des reliques au Moyen Âge. Furta sacra [1979], Paris, Aubier, 1993.

Guenée, Bernard. « “Authentique et approuvé”. Recherches sur les principes de la critique historique au Moyen Âge », dans La lexicographie du latin médiéval et ses rapports avec les recherches actuelles sur la civilisation du Moyen Âge, Paris, 18-21 octobre 1978, Paris, CNRS Editions, 1981, p. 215-229.

Juger le faux (Moyen Âge – Temps modernes), éd. Olivier Poncet, Paris, Publications de l’École nationale des chartes, 2011.

Le Vrai et le Faux au Moyen Âge, Actes du colloque de Lille (18-20 sept. 2003), textes réunis par Elisabeth Gaucher, Bien Dire et Bien Aprandre, vol. 23, 2005.

Lecuppre, Gilles, L’imposture politique au Moyen Âge, Paris, PUF, 2005. 

Maneuvrier, Christophe et Vieillard, Françoise, « La Briev histoire del navigaige mounsire Jehan Prunaut en Afrique: forgerie du XVIIe siècle ou témoignage d’un texte médiéval ? », Maîtriser le temps et façonner l’histoire : Les historiens normands au Moyen Âge, éd. Fabien Paquet, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2022, p. 233-265.

Margel, Serge, Le silence des prophètes : la falsification des Écritures et le destin de la modernité, Paris, Galilée, 2006.

Mimouni, Alexandre, Le crime de faux en droit romano-canonique médiéval. Doctrine et pratiques (XIIe-XVe siècle), Thèse de doctorat réalisée sous la direction de Franck Roumy et Salvatore Sciortino, Université Paris-Panthéon-Assas, 2023.

Nieus, Jean-François et Vanderputten, Steven, « Diplôme princier, matrice de faux, acte modèle. Le règlement d’avouerie du comte Baudouin V pour Saint-Bertin (1042) et ses réappropriations sous l’abbatiat réformateur de Lambert (1095-1123) », The Medieval Low Countries, vol. 1, 2015, p. 1-59.

Réécriture et falsification dans l’Espagne médiévale, dir. Carlos Heusch et Marta Lacomba, Cahiers d’études hispaniques médiévales, vol. 29, 2006.

Vrai ou faux ? Copier, imiter, falsifier, [catalogue d’exposition, BnF, Cabinet des médailles et des antiques, 6 mai-29 octobre 1988], préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie, Paris BnF, 1988.

Source : Fabula

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Offre d’emploi – Junior Research Fellowship in Manuscript and Text Cultures (University of Oxford – The Queen’s College)

University of Oxford – The Queen’s College
Closes : 17th February 2025

The Queen’s College, University of Oxford, is offering a fixed-term (non-renewable) Junior Research Fellowship in Manuscript and Text for candidates who hold, or are close to completing, a doctorate in history, literature, language or a related field specialising in the ancient and early medieval Near and Middle East, the ancient and early medieval Mediterranean, the ancient and early medieval East, South, and South-East Asia, or early medieval Europe. Candidates’ research should reflect the methods and concerns of the Centre for Manuscript and Text Cultures, i.e., candidates should have a research agenda examining material aspects of writing and text-production, as well as transmission and the interface between the oral and the written, before the widespread adoption of printed texts and across the literate societies within their area of expertise. Candidates researching areas that are underrepresented in UK universities are particularly welcome to apply, as are those combining traditional humanities research with innovative use of information technology or AI, and those who seek to enhance their research by collaboration with colleagues from other disciplines.

As well as engaging in their own research, the Junior Research Fellow will be expected to take an active role in the interdisciplinary research Centre on Manuscript and Text Cultures (CMTC) at the College, a platform for international specialists and research students to engage in close dialogue across areas of expertise and inform each other about different approaches and theories of knowledge-production and text-transmission in pre-modern manuscript cultures. It is further expected that between the second and third year of their fellowship the Fellow will play a major role in convening an international interdisciplinary conference relevant to the activities of CMTC, and contribute to the subsequent scholarly publication.

The Fellowship offers early career researchers the opportunity to develop their research within one of the world’s leading universities and so strengthen their future position in the academic job market. Many previous Junior Research Fellows have moved on to permanent faculty positions at leading world universities. The Junior Research Fellowship is tenable for a fixed term of three years and it is expected that the successful candidate will take up the post no later than 1st October 2025. Eligible candidates should have no more than two years of post-doctoral research experience by 1st October 2025.

We are committed to fostering equality, diversity, and inclusiveness. We particularly encourage applications from women, disabled people and people from Black, Asian and minority ethnic backgrounds, as these groups are currently under-represented in the College’s academic staff.

Place of Work

Main College site in central Oxford.

Salary and Allowances

The annual salary for this post is £37,174 plus a discretionary pensionable £1,500 per annum Queen’s Weighting payment which will be paid in monthly instalments. A personal academic allowance of £1,959 per annum is provided by the College for academic activities such as conference attendance, research assistance, and the purchase of books and IT equipment.

Closing Date

Midday 17th February 2025

Interviews are expected to be held in the week beginning Monday 17th March 2025.

Further Particulars and Application Guidance

Further Particulars are available at https://www.queens.ox.ac.uk/vacancies/junior-research-fellowship-in-manuscript-and-text-cultures/

Source : Jobs.ac.uk

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Colloque – La Bibbia nell’alto medioevo. LXXII Settimana di studio di Spoleto

Programme : ici

È ben noto che la Bibbia costituiva, nella societas christiana dell’alto medioevo, un referente di universale presenza nei paradigmi delle certezze collettive e in tanti ambiti della prassi e del vissuto. Non a caso già nel lontano 1962 il CISAM volle dedicare all’argomento una Settimana di studi. Da quella data, distante più di un sessantennio, l’avanzamento degli studi biblici è stato enorme, e non tanto e non soltanto per quanto concerne alcuni temi fondamentali già trattati nella Settimana del secolo scorso, ma soprattutto perché istanze e trasformazioni della società e della cultura hanno indotto nuove maniere di approccio alla Bibbia.

La LXXII Settimana di studio si propone da una parte di aggiornare, con uno sguardo rivolto anche all’Oriente bizantino, temi imprescindibili già presenti nella passata Settimana, quali la Bibbia nella dottrina e nell’esercizio del potere politico, nella legislazione, nelle collezioni canonistiche, nelle celebrazioni liturgiche, nell’agiografia, nella vita spirituale religiosa e laica, nelle arti figurative; ma d’altra parte la Settimana intende soprattutto estendere le sue lezioni a temi nuovi, alcuni impensabili nel 1962 e che al momento attuale si impongono grazie a tutta una serie di orientamenti e risultati di ricerca maturati tra la fine del secolo scorso e il nostro. Si pensi agli studi biblici sulle diverse tipologie testuali, sulle tecniche codicologiche e grafiche dei manoscritti in lingua greca o latina o bilingui, sull’ermeneutica e sull’esegesi greca, latina, ebraica e araba; o si pensi, ancora, alla speculazione filosofica, alla produzione letteraria, in particolare alla poesia, in ambito occidentale, bizantino e germanico, o alla documentazione pubblica e privata, alle iscrizioni incise, graffite o dipinte che alla Bibbia si rifecero, o infine al suo coinvolgimento negli studi di genere e dunque nel suo rapporto con le donne. In ultima analisi la LXXII Settimana, nel ripensare gli studi del passato, vuole confrontarsi con le nuove frontiere della ricerca biblica al fine di ricostruire un quadro che, pur senza alcuna pretesa di completezza, restituisca quella che fu nell’alto medioevo la pervasiva presenza della Bibbia nella realtà di libro per eccellenza, negli usi concreti, nelle diverse manifestazioni della cultura e nel mondo delle rappresentazioni.

Commissione scientifica della Settimana: Cavallo (P), Cremascoli, Crivello, Falluomini, Stella, Storti.

Source : CISAM

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Appel à contribution – Égologie : ce que « je » veut dire (du Moyen Âge à nos jours)

L’objectif de ce numéro de la revue Itinéraires est de prolonger la réflexion du séminaire pluridisciplinaire intitulé « Dire je : du Moyen Âge à nos jours » qui s’est tenu à l’Université Lyon 2 et à l’École Normale Supérieure de Lyon durant l’année 2023-2024. L’expression de la première personne est une question traditionnelle et qui demeure centrale dans de nombreuses études : le pronom je est tout aussi court et banal qu’il est un lieu indéfini, fuyant et inépuisable.

Nous souhaitons dans ce dossier mettre en avant les différentes approches possibles de l’expression de la première personne afin de souligner qu’il existe un vaste champ d’étude, qu’on pourrait nommer « égologie », qui transcende les disciplines et les méthodologies pour éclairer ce pronom je.

Dans ce numéro, nous croiserons les perspectives du séminaire de recherche lyonnais avec celles de la revue Itinéraires. Nous proposons d’orienter notre exploration autour de quatre axes principaux qui conservent l’esprit généraliste, transdisciplinaire et transhistorique du projet initial.

  • Les places du je : géographie, histoire et anthropologie du sujet ;
  • Les interactions et les mobilités du je : l’identité entre l’individu et le collectif ;
  • Les usages du je : méthodes et catégories du sujet ;
  • Les nouvelles émergences du je : marges, transmédialité et usages numériques.

Les places du je : géographie, histoire et anthropologie du sujet
« Est ego celui qui dit ego », la célèbre formule de Benveniste résume bien le fait que le je connaît une valeur sémantique stable quoique minimale : je désigne le destinateur du message. Il est moins une référence que le signal d’une présence. Je est d’abord à concevoir comme une coordonnée qui permet d’informer sur les conditions de l’énonciation : une personne, ici, maintenant parle. Une étude égologique est toujours une opération qui cherche à mesurer ce premier signal d’une présence consciente d’elle-même.

Situer le je dans le temps
L’étude de la première personne ne peut pas être simplement anhistorique. Le je signale une présence à un moment précis et dans une situation d’énonciation qui nous conduit à toujours recontextualiser ses apparitions. C’est donc d’abord en accordant, dans notre étude, une large place aux travaux diachroniques et historicisés que nous souhaitons éclairer notre objet. L’approche transhistorique permettra d’entamer une archéologie du sujet en décrivant les points de rupture et de continuité qui permettront de préciser ou de nuancer les différents jalons de son évolution du Moyen-Âge à nos jours.

L’égologie ne se réduit pas à faire l’histoire de la subjectivité individuelle, elle cherche à relier cette dernière à des faits de langue, des traits stylistiques, ou des stratégies énonciatives et textuelles. Les corpus anciens permettront de mettre en perspective l’historicité de la question dans le sillage d’études telles que La Subjectivité littéraire de Michel Zink (1985) pour le Moyen-Âge ou les récents actes de colloque Représentations de soi à la Renaissance sous la direction Véronique Ferrer, Eugenio Refini et Luc Vaillancourt (2023) pour la Renaissance. Ce numéro pourra rapprocher les travaux de chercheuses et de chercheurs de langues et littératures médiévales et d’Ancien Régime à d’autres études portant sur des corpus modernes et contemporains. Il s’agira d’appréhender le je dans le système de valeurs idéologique et morale auquel il appartient.

L’égologie vise à appréhender de manière globale le phénomène de l’expression du je, en associant dans la publication des approches synchroniques à d’autres diachroniques. Toute étude historicisée des formes de dire je peut intégrer le champ des études égologiques.

Situer le je dans l’espace
La première personne se construit en contexte et construit autour du locuteur un espace discursif. Certains usages de la première personne sont à lier directement au contexte géographique et à la sphère culturelle. Le numéro ne se réduisant pas à la sphère française, envisage également les allomorphes de je dans d’autres langues et invite à faire des comparaisons interculturelles mobilisant des études comparatives et contrastives de l’expression à la première personne. Les questions de formulation, de combinaison et de traduction du je dans d’autres langues étrangères permettront de questionner son apparente neutralité et son universalité mais pourraient aussi révéler certains invariants humains concernant l’autodésignation. L’égologie a besoin de décentrer l’étude de la subjectivité occidentale et de la confronter à d’autres sphères culturelles et linguistiques.

En effet, le je ne doit pas toujours être mis au centre de la carte. Il peut polariser l’attention lorsqu’il est le nœud d’interactions, mais il peut à l’inverse occuper des places périphériques, marginales, reléguées ou isolées. L’approche spatiale du je conduit inévitablement à des questions sociales et convoquent l’étude sociolinguistique de rapports de force.

Ainsi, le je n’est pas seulement un point à situer sur une carte, il faut également en mesurer les reliefs et l’étendue. Il est surtout à envisager dans sa réticularité : à partir du réseau des interactions qu’il tisse à chacune de ses occurrences. Il est relié à d’autres subjectivités et c’est aussi la nature de ses liens avec autrui, avec l’extérieur qui le définit.

Situer le je dans l’énonciation : l’effet de présence
Ego est lié à un hic et à un nunc. Plus le je est situé, actualisé dans la situation et plus il construit ce qu’Antonio Rodriguez nomme un « effet de présence » dans son Dictionnaire du lyrique (2024). On peut envisager plusieurs effets de présence allant de l’intimité à la distance en passant par des effets de proximité.

La théorie praxématique envisage l’actualisation du je comme une « égogénèse » (Détrie, 2001), c’est-à-dire comme un processus graduel avec différents stades de subjectivation. L’expression du sujet et la présence d’un locuteur n’ont alors plus rien d’uniforme. L’égologie par cette prise en compte de l’énonciation se fixe pour objectif de situer le je dès qu’il s’exprime.

Les interactions et les mobilités du je : l’identité entre l’individu et le collectif
Ego ne peut pas exister seul. Il implique une coprésence qui le construit en interaction et qui le rend instable puisque le je est toujours susceptible de devenir le tu de l’interlocuteur. Plutôt que voir dans le je l’icône figée de la subjectivité, il faut plutôt le comprendre comme ce qui rend possible l’intersubjectivité. La mobilité de cette forme conduit à repenser la place du je dans le système des personnes.

Concevoir le je dans l’intersubjectivité
L’étude des échanges et des interactions met en lumière les rapports de force, la possible symétrie ou dissymétrie créée dans la communication. Du corpus épistolaire des Héroïdes d’Ovide jusqu’à la grammaire du SMS (Robert-Tissot, 2018), le je est à envisager à partir de la question de l’adresse. Dans la relation je-tu, les apostrophes, les jeux d’interpellations et les analyses interactionnelles révèlent la manière dont les interlocuteurs se situent les uns par rapport aux autres. « Interpeller, c’est en effet construire une sphère interpersonnelle au sein de laquelle l’instance d’énonciation prédique non seulement la présence d’autrui, mais aussi son positionnement en tant que coénonciateur, et asserter de la sorte qu’il a toute sa place dans l’espace intersubjectif ainsi élaboré » (Détrie, 2006). On pourra réfléchir à la validité de ce propos selon les langues : Sophie Saffi (2015) a notamment montré dans une étude contrastive italien-français portant sur des bandes dessinées que l’italien présente « une sphère étendue de la personne qui favorise les représentations spatiales inclusives » contrairement à celle réduite en français qui favorise des représentations spatiales exclusives. L’adresse à autrui, en notifiant la présence de l’autre, renseigne aussi les positions et postures du locuteur.

Les rapports entre le je et la troisième personne sont d’un autre ordre. Le fait que l’autre soit délocuté, c’est-à-dire tenu hors de la situation d’énonciation ne crée pas d’effet de coprésence. Ces personnes s’opposent sur le plan de l’actualisation d’une subjectivité. Le processus d’actualisation de l’autre, nommé « allogénèse » (Détrie, 2001) dans la théorie praxématique, interroge la nature des relations entre je et l’autre.

La question de l’énallage de personne conduit à mettre en lumière des stratégies de mise en scène de soi. L’énallage peut servir aussi bien la volonté de se mettre en avant, d’objectiver une subjectivité pour mieux l’imposer ou à l’inverse, en créant une mise à distance de soi, et en s’effaçant, elle peut conduire à une disjonction du je.

Le choix du récit homodiégétique pose toujours la question traditionnelle qui consiste à interroger dans les différents genres du récit (roman, autobiographie, mémoires, confessions, journal, autofiction, etc.) les diverses relations qu’entretiennent entre eux l’auteur, le narrateur et le personnage. Les traces de la subjectivité dans le récit ne se limitent pas qu’à la première personne et l’effet de présence dans le récit est à l’origine de constructions narratives variées. L’égologie souhaiterait s’enrichir d’études de divers cas de brouillages énonciatifs et particulièrement de brouillages narratifs en s’appuyant sur le vaste champ de la narratologie. La première personne est à envisager comme agent de reconfigurations discursives et narratives.

Depuis sa conceptualisation par Bakhtine (1987), à propos de l’esthétique du roman moderne, la notion de polyphonie a connu de nombreux réemplois, notamment comme dans les années 1980 à l’intérieur de l’approche pragmatique et énonciative d’Oswald Ducrot (1984), qui resitue la subjectivité au cœur d’une multiplicité de voix, démontrant que l’expression de la subjectivité n’est jamais monologique. Cette notion nous invite à envisager le je comme un lieu traversé par d’autres voix. Chaque énoncé du je construit l’univers de référence, positionne le sujet dans cet univers et par rapport aux autres.

Concevoir le je avec la question du collectif, de l’intime et du public
Dire je ne se réduit pas à l’expression de l’individuel. C’est au contraire, un fait social. C’est donc la part collective du je qui doit être mise en avant afin de révéler les tensions entre l’intime et l’extime, entre le privé et le public.

La constitution de l’ethos discursif est un processus qui se fonde sur le rapport du singulier au collectif. Elle repose sur un socle de représentations collectives et de stéréotypes, comme l’a montré Ruth Amossy dans La présentation de soi. Ethos et identité verbale (2010). Les stratégies énonciatives s’appuient sur des scénographies qui vont selon les contextes insister sur l’effet de présence et sur l’auto-légitimation ou à l’inverse sur la disjonction et la mise à distance de la subjectivité.

La construction d’une autorité passe souvent par un réinvestissement du je afin de correspondre aux attendus de certaines époques. L’ethos est à lier avec les pratiques et les imaginaires sociaux. Afin d’en rendre compte, la dimension axiologique et le caractère conventionnel de certaines subjectivités devront être éclairés. Chaque genre ou type de discours implique certaines postures, voire certaines gestuelles ou certains rituels et peuvent aussi avoir tendance à les réinventer.

Concevoir le je dans la construction des identités
La manière de s’énoncer et de se présenter est aussi liée à la question de la construction identitaire. D’une part, la formation d’une identité doit être prise comme un processus. D’autre part, nous nous attacherons à mettre en valeur les tensions qui peuvent émerger entre des identités majoritaires et d’autres, dites minoritaires. La construction des identités allie l’imitation et la contestation : elle ne cesse de se reconfigurer par ses propres instances énonciatives.

Dans ses différentes transpositions textuelles, le je émerge au milieu de la polyphonie du discours et donc au milieu d’autres je. La conception universelle du je, héritée de la conception libérale des Lumières, a eu tendance à considérer la première personne comme étant un énoncé neutre. On a pu considérer que le je n’avait pas de bornes, que son caractère universel lui permettait de prendre en charge l’autre. Néanmoins, de nombreuses études ont pu prouver que le je pouvait aussi être le socle d’une parole autoritaire, qui a tendance à recouvrir l’autre, à parler à sa place et donc potentiellement à reconduire des discriminations. L’égologie a pour objectif de dégager et de décrire le système de normes sociohistoriques et discursives qui participe à la construction d’identités considérées comme majoritaires ou minoritaires. La philosophie du sujet héritière de Michel Foucault croisée à une réflexion sur le langage et sur les normes permettra aussi d’éclairer la formation identitaire des sujets.

Du point de vue des genres littéraires, il sera intéressant de voir en quoi certains genres prédéterminent ou appellent un certain type de je que les auteurs et autrices décident ou pas de réinvestir. Le je lyrique, par exemple, est marqué par une longue tradition de je masculins hétérosexuels. Différents réinvestissements féminins ou homosexuels ont pu mettre en débat ce je lyrique typé comme propose de l’étudier Christine Planté (2002) ou comme cela peut être lu dans la lyrique homoérotique de Pier Paolo Pasolini. Les confrontations en je contestataires et je dominants pourront mettre en scène les paradigmes socio-normatifs qui traversent le monde social.

Les usages du je : méthodes et catégories du sujet
L’expression de la première personne invite aussi à poser des questions méthodologiques et épistémologiques. La place de la subjectivité dans le discours scientifique ou dans la critique est une question de méthode : faut-il transmettre une lecture intime, subjectivée ou à l’inverse céder la place à une analyse objective et impersonnelle ? Construire une subjectivité critique conduit-il à adopter une subjectivité transparente, capable de se situer et de montrer ses propres limites ?

La présence du je se retrouve à l’intersection de la rhétorique, de la didactique et de l’épistémologie, mais c’est surtout l’éthique du locuteur critique qui est en jeu et qui fonde ou non la scientificité du discours. Les critères de scientificité ont évolué au cours de l’histoire et avec eux, les emplois de la subjectivité : la première personne a pu être un moyen d’attester les démonstrations ou de valoriser la connaissance empirique et le savoir pratique ou encore de vulgariser certains sujets.

Enfin, c’est la validité des catégorisations des genres discursifs et littéraires dans leur rapport à la subjectivité qui peut être réexaminée. La subjectivation des genres a priori non subjectifs comme l’écriture de l’histoire ou l’écriture journalistique peut, par exemple, apporter un critère de littérarité à certains textes et à l’inverse, l’effacement énonciatif et la dépersonnalisation des genres dits subjectifs comme dans le récit de soi impersonnel permet d’échapper au cadre de formes fixées. La recomposition et la mobilité de certains genres conduit à repenser certains classements. L’hybridité de formes ou de genres construits dans une tension entre deux genres opposés sur le plan de la subjectivité invite à repenser les catégories de la taxinomie traditionnelle. L’étude des formes hybrides comme l’enquête ont par exemple pu mener Laurent Demanze, dans Un nouvel âge de l’enquête (2019), à repenser le je à l’aune d’une typologie qui permet de mieux appréhender les nouveaux régimes de l’auctorialité : je d’interaction, je d’incarnation, je de diffraction et je de position.

Les nouvelles émergences du je : marges, transmédialité et usages numériques
Toujours dans la même volonté de saisir le je dans ses multiples variations, nous chercherons à décrire les autres et les nouvelles manifestations de l’expression de soi qui diffèrent en fonction du mode d’expression et du média employé.

Il est commun d’associer aux nouvelles technologies de nouvelles formes d’expression individuelle et de représentation de soi mais il reste encore à décrire les différences entre le je numérique et le je textuel traditionnel. Les recherches sur la construction des identités numériques, sur le pseudonymat comme création d’une double identité ou encore sur les traces numériques permettent d’interroger ces nouvelles formes discursives et de mises en scène de soi et montrent que le je virtuel est un je réel. De nombreux corpus numériques peuvent à ce titre être signifiants : les blogs, les twitts, les commentaires de vidéos YouTube, les posts Instagram ou Facebook, les bios Tinder, etc. L’analyse de discours et la sociolinguistique permettront d’éclairer ces nouveaux usages et aussi de mesurer certains invariants qui demeurent dans tous les différents contextes d’énonciation.

La question du numérique interroge aussi les nouvelles formes littéraires émergentes qui s’appuient sur une poétique numérique. Comme Gilles Bonnet, le propose dans Pour une poétique numérique. Littérature et internet (2017), la littérarité de certains contenus en ligne doit inviter à interroger l’expression de soi. De nouvelles catégories comme l’« autoblographie » permettent de rendre compte d’un je écrivain-internaute.

Dans cette exploration de la première personne, l’utilisation de nouveaux outils numériques issus des humanités numériques, comme la linguistique de corpus, peut aussi contribuer à nourrir de données précises et analysées des séries d’occurrences. Cette approche permet à la fois une étude statistique mais aussi une étude appliquée et contextuelle.

Dans l’espace numérique, l’expression du je est souvent associée à un autre contenu : à des images, des sons, des vidéos. Les posts sur les différents réseaux sociaux ou les mèmes intègrent le je dans des dispositifs qui méritent d’être analysés à l’aune de deux notions : la transmédialité et l’intersémioticité.

Dans le premier cas, les déclinaisons du je sur différents supports peuvent entraîner des modifications de ses bornes. Certains médias, comme le jeu vidéo, vont privilégier une identité narrative et fictionnelle, il s’agit dès lors d’apprécier le degré de « personnalisation » de la figure qu’on incarne. D’autres, comme les publications sur les réseaux sociaux, vont fabriquer des identités qui mettent en scène leur authenticité.

Dans le second cas, concernant l’intersémioticité, c’est aussi dans un dialogue avec les arts visuels que l’expression à la première personne peut être interrogée. Le cas de la photographie et de la peinture semble poser un régime de signification étranger à celui de la subjectivité verbale mais dans le champ des études cinématographiques ; il est tout à fait possible d’associer à l’étude de séquences celles de dispositifs techniques, comme celui de la caméra en vue subjective, ou des jeux d’insertion textuelle, ou encore de voix-off. Les arts scéniques comme le théâtre ou la danse peuvent envisager l’expression d’un je sous la forme d’une performance. Au travers de l’étude des codes sémiotiques, c’est finalement des pans entiers de l’histoire culturelle et de la culture visuelle qui sont convoqués.

Enjeux de la publication
L’égologie invite au partage des connaissances sur cet objet mouvant qu’est le je. Elle a l’ambition de montrer qu’il n’est ni fixe, ni neutre, ni préexistant au discours. Je est un praxème, il prend son sens au cœur de pratiques culturelles et sociales. Il est l’agent de nombreux mécanismes linguistiques, esthétiques, conceptuels et textuels.

Ce numéro de la revue est ouvert à toute étude qui envisage le fait de dire je comme une construction et qui prend place dans l’un des quatre axes de recherche.

Sont attendues dans cette publication des contributions issues d’horizons différents :

  • linguistique, analyse de discours, sociolinguistique, stylistique, rhétorique, énonciation, pragmatique, syntaxe, linguistique contrastive et comparative, langues étrangères, sémiotique,
  • littérature française, histoire littéraire, génétique (du Moyen-Âge à nos jours),
  • littérature comparée, littérature générale, littérature étrangère, littérature néolatine, traduction, (toutes aires culturelles),
  • arts visuels, études cinématographiques, théâtre, danse, photographie, arts graphiques et plastiques,
  • philosophie du langage, philosophie du sujet, métaphysique,
  • sciences humaines et sociales, histoire, géographie, sociologie

Envoi des propositions
Les propositions de contribution, sous forme de résumé (environ 400 mots environ), accompagnées d’une notice biobibliographique (500 caractères, espaces comprises, soit une centaine de mots environ), sont à envoyer aux directeurs du numéro :

Vianney Dubuc (ENS de Lyon), vianney.dubuc@ens-lyon.fr
Nicolas Mazel (Lyon 2/Université de Genève), nicolas.mazel@univ-lyon2.fr


Pour plus d’informations sur la sélection et la publication des textes, consulter la page https://journals.openedition.org/itineraires/2252.

Pour ce numéro, les auteurs ou autrices sont invités à proposer des textes de 25 000 signes minimum et 40 000 signes maximum (espaces comprises), en respectant les consignes de la revue (https://journals.openedition.org/itineraires/2255).

Les langues de rédaction acceptées pour ce numéro sont le français, l’anglais, l’italien et l’espagnol.

Les contributions pourront être accompagnées d’images libres de droits (voir la partie « Illustrations » des consignes auteurs sur le site de la revue).

Calendrier prévisionnel
Décembre 2024 : lancement de l’appel à contribution ;
15 février 2025 : date limite de réception des propositions ;
15 juin 2025 : date limite de réception des articles ;
15 janvier 2026 : date de retour des articles révisés ;
Publication prévue : 2026.

Source : Fabula

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Enquête – The Great Viking Survey

Accès : ici

The University of Oslo has recently launched the Great Viking Survey, a wide-ranging study to explore how people across the world perceive and engage with the vikings as history and heritage, and to map the many ways in which contemporary media and academia shape these views. This online survey invites anyone, anywhere, over 18, to share their thoughts on the iconic viking warrior figure, as well as the enduring legacy and memory of the vikings in the modern world. In doing so, researchers will be able to shine an unprecedented light on the means and mechanisms that allow images and myths of the vikings to be shaped and spread in the public sphere.

The survey is part of the Making a Warrior-project, a pan-Nordic network of scholars examining the concept of viking ‘warriorhood’ and its representations past and present. By determining how ideas and images of vikings are shared among different communities and demographics, the project is able inform future outreach and cultural heritage initiatives that respond to public interest, while fostering a nuanced appreciation of the Viking Age.

The Great Viking Survey is now live at vikingsurvey.org, and remains open until mid-May 2025.

The associated press release from the University of Oslo can be found here.

Source : The Medieval Academy of America

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Publication – Marie Ulrike Jaros, « Aristocracy at call. The Counts and Countesses of Manfred of Sicily (1198–1312) »

North of the Alps, King Manfred is more of an unknown. A Sicilian king with such a name? Yes, the great-grandson of Frederick Barbarossa. Oh, aha. South of Rome, on the other hand, the memory of Re Manfredi is alive. Streets and squares are named after him, as well as bars, hotels, and pizzerias, there is wine that bears his name, and the hearty Torta di Re Manfredi. A popular figure who died tragically. Nearby is a castle of Manfred, here in the church he is also said to have been … Anyone who follows in Manfred’s footsteps in the former Kingdom of Sicily likes to be questioned a little, reaps delighted astonishment, can listen to anecdotes. Oh, it’s supposed to be about the counts at Manfred’s side? There are also some names known: Corrado d’Antiochia, Galvano Lancia, Manfredi Maletta. They look like shining knights: courageous, noble, loyal, musical. But what tasks did these aristocrats take on in the Kingdom of Sicily, in this well-organized “model state” in which there were specially appointed functionaries for the administration? What distinguished the counts from other aristocratic groups, what connected them with each other? Why did the ruler need them when he could just appoint or depose them? And who belonged to this precarious, illustrious circle in the first place?

In order to be able to carry out a study of a part of the organisation of the Regnum Siciliae at the end of the High Middle Ages – in the case of the counts – it is necessary to take into account various specifics of this kingdom: 1) the still comparatively young kingship and the diverse cultural influences in the region; 2) the well-organized administrative structure; 3) the feudal sovereignty of the pope, which was not necessarily recognized by the kings. All these aspects are related to the counts and counties: they had an impact on the feudal structure and the anchoring of the nobles in their region; they were able to provide incentives for the development of offices and dignities; they provided the organizational structure into which the counts were incorporated as one of different groups; they offered an alternative to the leading noblemen of the kingdom, in that papal authority could be invoked in addition to royal authority.

Thus, both in the Reich and in (Upper )Italy, the well-known factors of office, heredity, military authority, jurisdiction, and variability again play an important role. The counts were subordinate to other aristocratic groups in the empire, but the counts were the highest-ranking aristocratic group in the Regnum Siciliae during the period under investigation. There were neither dukes nor margraves in the Mezzogiorno, and the only prince was Manfred himself, until this title was held under Conradin or the Anjou-dynasty again. The holders of the Sicilian fiefs were the comites, followed in rank by the barones and the milites. These three groups of Sicilian vassals were directly subordinate to the ruler by virtue of the nature of their fiefs. At the top of this hierarchy were the counts. Beyond the title, however, the boundaries in the hierarchy are difficult to draw. Although research has identified some criteria to describe the hierarchy of vassals, but they are rather diffuse.

So what was the role of the counts in the Kingdom of Sicily, that had been the subject of so much struggle since the death of the Emperor, but whose position always seemed to depend on the benevolence of the ruler, and who nevertheless led the nobility? Was it primarily a distinction or were there also specific rights and duties associated with the dignity as a count? First of all, it will be necessary to ask whom the men fighting for precedence in the Regnum tried to woo. And vice versa: whose side took the counts and when did they change them? Who – and this needs to be considered at both the ruler’s and nobility’s part – benefited from the uprisings? Did those nobles stand out due to influence, capability, a particularly close relationship to the ruler? What was the basis for claims to the title of a count? What tasks were they entrusted with, and where did they stay? Even after the disappearance of the Hohenstaufen in the Regnum, the counts once again faced the question of acceptance and partisanship. Were they able to defend their social position? What options did they still have as followers of Manfred?

In addition to structural issues, attention also will be paid to the count’s as issuer of charters. Beyond the count’s activities and their itinerary, questions arise about the formal design. Did the counts appear as a enclosed powerful group through the use of certain symbols, formats, a uniform formal structure, etc.? Who wrote the deeds of a count? What can be deduced from the formulas used about the political partisanship of the counts? In the end, the author tries to characterize the group of Sicilian counts, to determine their place and function in the structure of the kingdom.

Informations pratiques :

Marie Ulrike Jaros, Aristocracy at call. The Counts and Countesses of Manfred of Sicily (1198–1312), Leipzig, Eudora Verlag, 2024 ; 2 vol., 512 p. (Itlia Regia, 7). ISBN : 978-3-938533-71-0. Prix : € 139,00.

Source : Eudora Verlag

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Publication – Paschasius Radbertus, « On the Virgin Birth » and « On the Assumption of the Blessed Virgin Mary, trad. Mark G. Vaillancourt

On the Virgin Birth and On the Assumption of the Blessed Virgin Mary are two key Mariological treatises by the ninth-century Carolingian theologian Paschasius Radbertus. Written at a time when scholarship and erudition during the Carolingian Renaissance were at their height and prominence in the great monastery of Corbie, these two works offer important insights into ninth-century reception of the doctrines of Mary’s perpetual virginity and her assumption into heaven. Written for the nuns of the monastery of Notre-Dame de Soissons, they also provide important source material for the study of female spirituality during the Carolingian Reformation era.

This work presents for the first time an English translation with introduction and commentary of these texts, based on the critical editions found in Corpus Christianorum, Continuatio Mediaevalis (CC CM, 56C). References to the corresponding pages of the Corpus Christianorum edition are provided in the margins of this translation.

Mark Vaillancourt is the author of several works on Eucharistic theology and translator of Paschasius Radbertus’s treatise on the Eucharist, De corpore et sanguine Domini (Corpus Christianorum in Translation, vol. 34). He is a priest of the Archdiocese of New York, pastor of St. Mary the Assumption parish in Katonah, New York, and the President and Principal of John F. Kennedy Catholic Preparatory School located in Somers, New York.

Table des matières :

Introduction
Bibliography
Paschasius Radbertus, On the Virgin Birth
Paschasius Radbertus, On the Assumption of the Blessed Virgin Mary
Index of Scriptural References
Index of Non-Biblical Sources
General Index

Paschasius Radbertus, « On the Virgin Birth » and « On the Assumption of the Blessed Virgin Mary, trad. Mark G. Vaillancourt, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 156 p. (Corpus Christianorum in Translation, 47).

Source : Brepols

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Publication – Sultan Çetinkaya Tahtaci,  » Les récits des ghaza chez les Ottomans du XVe siècle »

Les ghazavatname, épopées populaires ottomanes, racontent les ghaza, guerres contre les chrétiens. Construits autour d’un ghazi, ils forment trois groupes. Certains, consacrés aux ghaza d’un sultan, forment un genre distinct. D’autres célèbrent un vizir ou un commandant. Enfin d’autres se concentrent à une conquête.

L’objectif était de répondre à des questions simples, à partir de l’analyse de textes. Qu’est-ce que les ghazavatname ? Quel est leur genre littéraire ? Pourquoi ont-ils été écrits ? À qui et à quoi servaient-ils ?

Née en 1982 dans un village en Turquie, Sultan Çetinkaya Tahtaci a dû interrompre sa scolarité après la primaire en raison du refus de sa famille. À dix-sept ans, elle s’inscrit secrètement au collège et lycée à distance, terminant ses études à l’âge de 23 ans. Après l’obtention de son diplôme de lycée, elle intègre l’université à Istanbul en 2006, département de la langue et de la littérature turques. Elle achève ses études et entreprend une maîtrise en littérature ottomane. Après avoir appris le français, elle rédige une thèse doctorale sur les Ghazavatname ottomans du 15e siècle.

Informations pratiques :

Sultan Çetinkaya Tahtaci, Les récits des ghaza chez les Ottomans du XVe siècle, Paris, L’Harmattan, 2024 ; 1 vol. (Histoire et Perspectives Méditerranéennes). Prix : € 28,00.

Source : L’Harmattan

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