Publication – « Fränkische Herrschererlasse (814–840). (Capitularia regum Francorum a. 814– a. 840) », éd. Stefan Esders, Sören Kaschke, Britta Mischke, Steffen Patzold, Dominik Trump, Karl Ubl

Die fränkischen Herrschererlasse (Kapitularien) gehören zu den wichtigsten Quellen der Geschichte des Frankenreichs. Sie zeigen die Versuche der karolingischen Herrscher, das durch Karl den Großen erweiterte Großreich regierbar zu machen, und sind für nahezu alle Bereiche der fränkischen Geschichte eine unverzichtbare Grundlage historischer Forschung: Sie informieren über Reformen in Kirche, Gesellschaft und Reich, über die Mechanismen der politischen Krisenbewältigung, über Anspruch und Grenzen herrscherlicher Eingriffe in lokale Strukturen, über die wirtschaftlichen Grundlagen politischer Herrschaft und über die Interaktion zwischen den Karolingern und ihren Amtsträgern.

Der erste Band der Neuedition umfasst die Regierungszeit Kaiser Ludwigs des Frommen und enthält die von ihm bzw. von seinem Sohn Lothar erlassenen Kapitularien mit umfassendem Kommentar und deutscher Übersetzung.

Informations pratiques :

Fränkische Herrschererlasse (814–840). (Capitularia regum Francorum a. 814– a. 840), éd. Stefan Esders, Sören Kaschke, Britta Mischke, Steffen Patzold, Dominik Trump, Karl Ubl, Wiesbden, Harrassowitz Verlag, 2024 ; 1 vol., 964 p. (Monumenta Germaniae Historica. Leges, Capitularia regum Francorum, Nova series, 4). ISBN : 978-3-447-11979-5. Prix : € 248,00.

Source : Harrassowitz Verlag

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Publication – Henri Bresc, « Au pays des villages perchés. Une Histoire des villages de Provence au moyen âge du pays de Fayence à La Napoule »

L’historien Henri Bresc présente l’Histoire inédite et passionnante des villages perchés du pays de Fayence à la côte provençale au Moyen Âge. En s’appuyant sur de nouvelles sources et par une cartographie innovante, son ouvrage aborde d’abord les relations entre communes, noblesse seigneuriale et pouvoir royal, ainsi que l’encadrement religieux et la vie dévotionnelle. Les malheurs du XIVe siècle, la peste et la guerre ont conduit à l’abandon de nombreux villages qui parsemaient le paysage provençal, avant que la Renaissance voit le repeuplement des communautés. À l’ombre des châteaux, des églises et du tissu urbain conservés, se dévoile le dynamisme d’une économie rurale et artisanale animée par la transhumance. La vie quotidienne des « laboureurs, des pâtres et gens des mas » se dévoile au fil des pages dans cet ouvrage important. Une édition de qualité, aérée, illustrée de schémas et de photographies, éclaire l’héritage de ces terroirs et rend accessible à tous ce remarquable travail scientifique.

Informations pratiques :

Henri Bresc, Au pays des villages perchés. Une Histoire des villages de Provence au moyen âge du pays de Fayence à La Napoule, Paris, Scudéry Éditions, 2024 ; 1 vol., 624 p. (Histoire et héritage). Prix : € 29,90.

Source : Scudéry Éditions

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Appel à contribution – Historical Documents and Digital Challenges: Debating the iForalProject

The project iForal. Portuguese Municipal Charters in the Middle Ages:  an Historical and Linguistic Approach in the Digital Era (*) developed an electronic edition of the first Portuguese royal charters, incorporating their most ancient documentary witnesses produced in Latin and the vernacular until the end of the 15th century. Urban and rural communities received rules from secular or ecclesiastical masters regulating social coexistence, rights and duties, economic activities, and administrative, jurisdictional, or tax practices. These norms, expressed in charters, resulted from the convergence of the interests of both parties. Over the centuries, the norm was successively rewritten, either in charters initially addressed to other lands or in ratifications of its content. Therefore, written words, graphic models, and forms of validation were circulated and adapted to each rewriting of the standard. The survival of these charters and their formal and linguistic variation throughout the medieval period (or even beyond) is the main object of study for the iForal team, which has been developing resources and collaborative work in history, linguistics, and information technologies. The project’s central resource is its digital text editing platform, EDICOLAB, which allows collaborative and interdisciplinary work and will be available for other documentary corpora.

This international conference aims to present and debate some of the research results of the iForal team, in dialogue with other national and international multidisciplinary projects, also focused on historical documentation from the medieval period. The use of digital tools and resources that challenge the way of reading, editing and criticising these texts, the scope of comparative analysis and the limits of historical-linguistic interpretation of data will be under analysis.

We invite researchers, especially young researchers (doctoral students and recent PhDs), to present ongoing work on medieval documentation, from different perspectives (History, Linguistics, Textual Criticism, and Information Technologies). 

Possible topics (for 20-minute contributions related to medieval charters or other historical documentation) include, but are not limited to:

– production, use, and circulation of historical documents

– power agents and strategies

– documentary heritage

– normative traditions in interaction

– norm and territoriality

– social, political, economic categories

– linguistic diversity and variation

– emergence of vernacular languages

– writing and orality

– linguistic and spelling standardisation

– genetics and textual transmission

– textual studies and scholarly editing

– digital tools and resources

– digital edition and technological innovation

Submissions should be sent by October 15th, using this online form, with name, e-mail address, institutional affiliation and position, title of the proposed paper, and abstract (200 words in Portuguese, Spanish, English or French). Abstracts will be reviewed by the members of the scientific committee. Decisions will be announced by November 15th, 2024. Selected papers shall be published in a post-conference volume. 

(*) Project iForal (PTDC/HAR-HIS/5065/2020), supported by Portuguese national funds from FCT/MECI.

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Colloque – La peinture française du XVe siècle dans tous ses états : hommage à Nicole Reynaud

Spécialiste de la peinture française du XVe siècle, Nicole Reynaud (1927-2022) joua un rôle majeur dans la redécouverte d’un grand nombre d’artistes de cette époque. Disciple de Charles Sterling, avec lequel elle collabora étroitement au Musée du Louvre à partir de la fin des années 50 avant d’intégrer le CNRS en 1963, et excellente paléographe, on lui doit la mise en lumière de plusieurs personnalités artistiques comme le Maître de Coëtivy, le Maître des Prélats bourguignons ou Georges Trubert. Surtout, elle fut l’une des premières historiennes de l’art à mettre en évidence la polyvalence des peintres à la fin du Moyen Âge et le fait qu’ils pouvaient travailler aussi bien sur panneaux que dans des manuscrits tout en réalisant des cartons pour les vitraux ou la tapisserie. La grande exposition qu’elle organisa en 1993 avec François Avril sur Les manuscrits à peintures en France 1440-1520 et le catalogue qui l’accompagna constituèrent un tournant dans la recherche sur l’enluminure. Pour autant, de tous les peintres qu’elle eut à étudier, Jean Fouquet fut sans doute celui qu’elle admira le plus : elle lui consacra en 1981 une exposition au Louvre qui fit date et ce sont à ses Heures d’Etienne Chevalier qu’elle dédia son unique monographie (2006) pour lequel elle reçut le Prix de la Dame à la Licorne.

Cette journée d’études rend hommage à cette grande historienne de l’art très discrète dont les travaux marquèrent profondément la recherche.

Programme :

10h : Introduction (Marie Jacob et Marie Tchernia-Blanchard, Université Rennes 2)

Peinture et enluminure
Modérateur : Philippe Lorentz (Sorbonne Université)

10h30 : Nicole Reynaud et la peinture dans l’est de la France au XVe siècle (Frédéric Elsig, Université de Genève)
10h50 : Un tableau picard de la 9in du XVe siècle au musée de Vitré (Marc Gil, Université de Lille)
11h10 : A Remarkable Co-Passion from the Circle of the Master of Antoine de Roche (Gregory Clark, University of the South-Sewanee)
11h30 : Discussions

Peinture et vitrail
Modératrice : Aurélia Cohendy (Musée du Louvre)

14h : Peintres et peintres verriers à la 9in du Moyen Âge : pratiques d’atelier, pratiques techniques. Quelques exemples (Michel Hérold, Centre André Chastel)
14h20 : Quitter le Maître de Coëtivy ? Revoir la rose de la Sainte-Chapelle et reconsidérer la production dite « d’Ypres » à la 9in du XVe siècle (Nicolas Oget, Université Rennes 2)
14h40 : Vitrail et architecture à Paris au début du XVIe siècle : remarques sur la chronologie de la chapelle d’axe de Saint-Gervais (Etienne Hamon, Université de Lille)
15h : Discussions et pause Peinture et objets d’art

Modératrice : Sophie Caron (Musée du Louvre)

16h : La circulation du style d’Ypres dans les objets d’art et le vitrail : de nouveaux éléments (Séverine Lepape, Musée de Cluny)
16h20 : 1974 : nouveaux regards sur la tapisserie (Pascale Charron, Université de Tours)
16h40 : Un œil pour l’or et les couleurs. Nicole Reynaud et la palette des peintres du XVe siècle (Elliot Adam, INHA)
17h : Discussions et conclusion

Informations pratiques :

Lundi 14 octobre 2024
INHA (salle Vasari)

Organisation et contacts :
Marie Jacob (marie.jacob-yapi@univ-rennes2.fr)
Marie Tchernia-Blanchard (marie.tchernia-blanchard@univ-rennes2.fr)

Informations pratiques :
Institut National d’Histoire de l’Art Galerie Colbert, salle Vasari (1er étage) 2 rue Vivienne, 75002 Paris

Journée d’études

La peinture française du XVe siècle dans tous ses états : hommage à Nicole Reynaud

Lundi 14 octobre 2024 INHA (salle Vasari)

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Appel à contribution – Nature, Labour, and Economy. New Perspectives on Europe, 500-1000

In the past, scholars have repeatedly depicted the medieval experience of nature, and wilderness in particular, as an antagonistic force which had to be cultivated. At the same time, people in the Middle Ages are also often seen as somehow living more closely together with nature than in modern Western societies. While technical possibilities and economies have undoubtedly changed in the last 1500 years, this is a problematic view. Narratives of nature often rely on a simplistic notion of the Middle Ages as either a period of increased exploitation or as an age of innocence. The aim of the conference is to draw a more nuanced picture of the complex relationship between nature and economy in the early Middle Ages (ca. 500 to 1000) with a particular focus on medieval labour.

The conference aims to bring together international experts in different subfields of early medieval history, including scholars working on early medieval economy, inequality and human labour as well as experts in environmental history and the human-animal studies. Its goal is to create an interdisciplinary space for detailed investigation of the interface between human and animal labour and between economy and nature. At the same time we want to encourage theoretical reflections and methodological pursuits that can help us unlock the potential of early medieval sources for such analysis. We would like to propose five thematic sessions to tackle these problems.

In the first session we would like to put the relationship between human and animal labour in focus. The papers will ask which activities were seen as labour and who or rather which species was considered working—in other words whose agency was brought to the fore. What and how much had to be “worked” to stop being “wild”? How was such labour conceptualised in early medieval texts?

The second session will look at the arrangement, appropriation and construction of landscapes such as forests, rivers and islands. How did early medieval societies shape the environment around them and how did they mobilise work (both human and animal) to do so? We would like to pay particular attention to the theological and governance aspect of such pursuits.

The third session will concern itself with the notions of “man-made” nature and the difficulty in delineating between what is “wild” and what is “cultivated”. Here gardens, canals, but also houses and various architectural constructions will stand in focus. What role did these ecosystems play in early medieval society? What was considered “wild” and was it “productive”? We are also keen to explore the ideas of man-made ecosystems, the difficulty of their maintenance and the ways of conceptualising it in literature, especially hagiography.

The fourth session will address the issue of inequality in the early medieval society, to what extent labour played a part in social differentiation and the connections between animals and unfree people Early medieval charters and laws offer a mixed picture of the interface between property, animals, and people. We want to look at these attitudes and see what they can tell us about inequality as a part of nature, the distribution of means of production, their ownership and the impact of these on governance.

The fifth and final session will be concerned with climate and weather. The impact of climate fluctuation and extreme weather events in the Middle Ages has gained prominence in recent years. While in this session we welcome contributions that concern themselves with them in general, we would like to shift the attention to the impact of those on non-human actors. What do the early medieval sources tell us about the consequences of those on animals and whole ecosystems?

We invite contributions touching upon any of these topics and questions. Please send a title, a short abstract (200 words) and short CV to Mateusz Fafinski (mateusz.fafinski@uni-erfurt.de) and Simone Wagner (simone.wagner@uni-potsdam.de) by the 7th of October 2024. We are in the process of securing funding for the conference and hope to be able to cover the costs of the conference in full. Whatever financial support we will be able to offer will be prioritized for scholars with early career and unprivileged or precarious backgrounds. A publication of the results of the symposium is planned.

Source : H-Soz-Kult

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Appel à contribution – Les pratiques aristocratiques du clergé : transgresser la norme cléricale en Occident (IXe -XIVe siècle)

10 et 11 avril 2025 – Sorbonne Université

Un homme d’Église se doit d’être modeste. C’est en tout cas ce qu’affirment nombre de traités et de miroirs médiévaux, les moralistes ne se privant pas de rappeler que le clerc est un modèle pour les fidèles et qu’il doit illustrer l’humilité du Christ1. Pourtant, il n’est pas rare que certains ecclésiastiques s’adonnent à des pratiques empruntées aux codes de comportements aristocratiques et, ce faisant, s’affranchissent parfois des normes qui leur sont peu à peu imposées par l’Église, quitte à outrepasser certains interdits. C’est au prisme de cette ambiguïté entre un idéal clérical qui se veut dépouillé et la réalité de pratiques aristocratiques ostentatoires chez certains ecclésiastiques, que nous proposons d’interroger la dynamique de transgression de la norme cléricale.

La question des transgressions au sein de l’Église n’a pas manqué d’interpeller l’historiographie récente. En témoigne, par exemple, la thématique des rencontres de Fanjeaux de 2021, consacrées au lien entre conformisme et transgression dans l’Église méridionale2. Qui plus est, dans le sillage des études récentes sur la réforme grégorienne, la transgression de la norme du célibat ecclésiastique, a fait quant à elle l’objet d’une attention particulièrement accrue, comme le montrent les travaux d’Isabelle Rosé3. Enfin, des études sociales du clergé, à l’instar de celle d’Hugh Thomas consacrée au clergé séculier anglais, ont montré les tensions et les ambiguïtés nées des liens qu’entretiennent le clergé et monde laïc4. À la croisée de ces deux axes de recherche, il s’agit de voir comment certains ecclésiastiques adoptent des comportements aristocratiques, perçus comme transgressifs par l’Église à plus d’un titre, bien que différemment selon les périodes.

Au sens strict l’aristocratie se définit comme un groupe restreint d’individus qui exercent une domination sociale et possèdent une identité commune distinctive5. En effet, l’aristocratie se distingue par des pratiques et des modes de vie qui valent à ses membres d’être reconnus comme des aristocrates et de se revendiquer comme tels. En ce sens, nous considérerons que l’aristocrate ecclésiastique n’est pas seulement celui qui, né dans une famille aristocratique laïque, est devenu membre du clergé, mais
également un membre du clergé qui, s’étant élevé au sein de la hiérarchie ecclésiastique, se comporte comme un aristocrate.

Pour autant, certaines pratiques inhérentes à l’ethos aristocratique entrent en conflit avec les normes du statut ecclésiastique et deviennent ainsi de facto transgressives dès lors qu’elles conduisent les ecclésiastiques à enfreindre les interdits qui leurs sont prescrits, notamment lorsque la norme évolue ou se renforce. À titre d’exemple, l’usage de la violence et des armes, notamment dans cadre militaire, s’oppose à l’interdiction de verser le sang6. Le mariage s’oppose à la pratique du
célibat ecclésiastique7. La possession de richesses personnelles, l’implication dans des affaires
commerciales, ou le port de vêtements fastueux, pratique régulièrement condamnée, s’éloignent de l’idéal de pauvreté du clerc. L’attachement aux liens de parenté, de patronage, aux liens féodaux, est susceptible de conduire à la simonie. La pratique de loisirs aristocratiques par les ecclésiastiques, tels
que la chasse, le jeu, ou le banquet sont également réprouvés8. Autant de pratiques auxquelles il conviendra de s’intéresser car, loin d’ériger les clercs en modèles d’humilité, elles les conduisent à s’adonner, entre autres, à la luxure, à la gloutonnerie9, à l’ivrognerie, et à la cupidité.

En définitive, il conviendra de montrer que si la liste de ces pratiques est aussi diverse que
difficile à établir de manière exhaustive, c’est parce que la perception de ce qui est considéré comme transgressif évolue selon la définition des normes, selon les contextes, selon les périodes et selon les points de vue. En ce sens, on portera donc une attention particulière à la pluralité des réactions suscitées par ces pratiques transgressives. Y a-t-il simple désapprobation, stricte sanction, accommodation et recherche de compromis, ou franche indifférence ? Comment évoluent ces réactions laïques et ecclésiastiques dans un contexte où les membres du clergé ont de plus en plus d’opportunités dans le monde séculier ? Pourquoi certains comportements autrefois considérés comme acceptables sont-ils de moins en moins tolérés, au point de devenir insupportables ? Il sera particulièrement intéressant de considérer les réactions parfois contradictoires des acteurs en présence, autorités laïques, autorités religieuses, ainsi que celles émanant des populations. Le caractère transgressif pourra également être interrogé au regard de la réitération de certaines pratiques, parfois coutumières, et des débats qui traversent l’Église et la société dans son ensemble à
leur sujet.

Si le clergé séculier offre des cas d’étude évidents en raison de ses liens avec le siècle, souvent soulignés par les moralistes médiévaux, les membres du clergé régulier ne sont pas exempts de pratiques aristocratiques déviantes et devront être étudiés. Le pape et les cardinaux seront exclus de cette étude, tant ceux-ci ouvrent des problématiques spécifiques à leur statut. Il en va de même pour les étudiants d’université, dont le statut particulier poserait des interrogations plus larges.

On s’intéresse ici à l’Occident latin, de la réforme carolingienne à la peste noire, période marquée par une continuelle tentative de mise en ordre de l’Église par elle-même. Premier
mouvement de réforme d’ampleur, la réforme carolingienne se traduit déjà par une tentative de (re-)définition des comportements appropriés pour un homme d’Église, en incitant ces derniers à adopter un mode de vie digne de leur statut qui les différencie des laïcs. Cet effort se poursuit dans les siècles qui suivent. Dès le début du Xe siècle la réforme monastique d’ampleur initiée à Cluny et, au siècle suivant, la réforme grégorienne, participent à cet effort de moralisation du clergé, et de distinction de la frontière entre clercs et laïcs. Le choix est fait de prendre comme borne de fin les années 1348, alors que la peste noire et ses répercussions marquent un bref temps d’arrêt dans les tentatives de réforme de l’Église médiévale. L’approche choisie est donc celle du temps long, afin d’étudier les évolutions des pratiques perçues comme transgressives, des sanctions et de la norme.


Comment cette norme s’adapte-t-elle aux évolutions tant de l’Église que de la société ? Bien souvent, le fait précède la norme : si le clerc guerrier ne pose aucun problème dans les premiers temps du Moyen Âge, celui-ci devient au fil de la période tout à fait inconcevable.

Trois axes de réflexion seront privilégiés pour expliquer la permanence de  comportements aristocratiques chez certains ecclésiastiques, en inadéquation avec les interdits qui leurs sont peu à peu imposés : le recrutement aristocratique d’une partie du clergé ; la proximité de certains ecclésiastiques avec les élites laïques aristocratiques, notamment dans les milieux curiaux ; l’existence d’une élite ecclésiastique cherchant à se distinguer par ses pratiques du reste du clergé et des élites laïques.


Axe 1 : Le recrutement aristocratique du clergé, un facteur de transgression.


Une partie du clergé est issue de l’aristocratie laïque. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne le haut clergé, à l’instar de l’épiscopat dont le recrutement est largement aristocratique. Le contrôle des évêchés par la haute aristocratie laïque alimente justement l’argumentaire des réformateurs grégoriens réclamant la liberté des élections épiscopales. Le clergé régulier n’est pas en reste : nombre d’abbés et de moines sont issus de l’aristocratie, d’autant que c’est à ces mêmes familles aristocratiques que l’on doit la fondation de nombreux monastères depuis le haut Moyen Âge. Si, notamment à cette période, clercs et laïcs proviennent en partie des mêmes familles aristocratiques et ont été élevés avec les mêmes valeurs, il n’est donc pas étonnant que ces ecclésiastiques se conforment aux pratiques de leur milieu d’origine, d’autant plus que certains continuent parfois d’entretenir des liens étroits avec leur parenté. Comment alors résoudre le dilemme de cette double appartenance au monde aristocratique et au monde ecclésiastique sans transgresser les normes ecclésiastiques ? Quelles pratiques réprouvées observe-t-on et quelles réactions suscitent-elles ?


Axe 2 : Pratiques aristocratiques ecclésiastiques et exigences des liens avec le pouvoir séculier


Un certain nombre d’ecclésiastiques vivent au contact des aristocrates et de leurs pratiques : un officier curial ou un moine d’une communauté qui reçoit fréquemment de grands personnages participe donc à des banquets, se retrouve parfois mêlé à des intrigues et peut éventuellement aller à la chasse. Comment, dès lors, concilier son état avec ces pratiques qu’il est difficile d’éviter ? Les moralistes les condamnent, mais comment est-ce perçu par le reste de la population, notamment les laïcs, et par la cour elle-même ? Existe-t-il précisément des stratégies d’évitement, d’accommodement ou d’adaptation de la part des officiers curiaux ecclésiastiques et comment se manifestent-elles concrètement ?


Axe 3 : Pratiques aristocratiques et stratégies de distinction d’une élite ecclésiastique


Aussi bien l’aristocrate de naissance, devenu évêque par son réseau, que le moine donné comme oblat encore enfant, et qui se hisse jusqu’au rang d’abbé, chacun se doit de démontrer son appartenance à une élite ecclésiastique. Prélats et ecclésiastiques de haut rang partagent ainsi, en raison de leur position, un certain nombre de points communs avec les aristocrates séculiers : hauts revenus, dépenses importantes, réseaux de patronage, culture littéraire, etc. Tout cela participe d’une stratégie de distinction sociale au sein même de l’Église, mais aussi de concurrence avec un pouvoir laïc dont il faut se démarquer. Pour autant, cette stratégie entre en conflit avec l’idéal déjà évoqué de pauvreté et d’humilité christique. Dans ce contexte, comment montrer que l’on est une élite ecclésiastique sans transgresser la norme ? Qu’attendent les laïcs d’un ecclésiastique de haut rang : le modèle du prélat humble souhaité par les moralistes ou bien la représentation de la puissance de l’Église ? Comment évolue cette représentation au cours du temps, notamment entre l’avant et l’après réforme grégorienne ?


Modalités de contribution :


L’appel s’adresse en priorité aux jeunes chercheurs et chercheuses. Les propositions de communication, rédigées en français, devront comporter un titre provisoire, une présentation en 500 mots maximum avec une bibliographie indicative, ainsi qu’une courte biographie. Elles devront préciser dans quel(s) axe(s) de l’appel à communication elles s’inscrivent. Elles devront être envoyées par mail, avant le 25 novembre, à l’adresse pratiquesaristocratiquesclerge@gmail.com.

Les communications, d’une durée de 25 minutes, devront être présentées sur place, à Paris, en français ou en anglais.

Comité d’organisation :
Harold Hans (Sorbonne Université)
Valentine Ferreira (Sorbonne Université)
Comité scientifique :
Bruno Dumézil (Sorbonne Université)
Frédérique Lachaud (Sorbonne Université)
Cécile Caby (Sorbonne Université)
Laurent Ripart (Université Savoie Mont Blanc)

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Journée d’étude – De la matérialité des sources. Journées d’étude organisées par les jeunes chercheurs du Centre Jean-Mabillon

Les sources, élément central de la recherche historique, peuvent être approchées non seulement par leur contenu, mais aussi par leur matérialité. Les supports des documents, qui ont évolué au fil des siècles, présentent une grande diversité, allant des volumens de papyrus aux livres imprimés, en passant par les chartes, registres ou encore les productions éphémères comme les tracts et affiches. Cette diversité ne se limite pas au matériau ou au format, mais touche également des champs plus larges comme l’image, le son, ou encore les supports numériques modernes. Tous ces aspects offrent des informations précieuses et permettent de situer historiquement, géographiquement et culturellement un document.

Le choix du support, loin d’être anodin, dépend de multiples facteurs tels que les impératifs économiques, la durabilité, la solennité ou la nature de l’information à conserver. À travers les époques, ces supports ont souvent dû être remplacés ou transférés sur de nouveaux matériaux pour assurer leur pérennisation. Ce processus n’est pas sans défis, notamment face à des supports fragiles comme les films en nitrate de cellulose ou le papier de mauvaise qualité. Ainsi, les pratiques de copie et de conservation montrent qu’il est souvent impossible de tout retranscrire, chaque choix impliquant des compromis.

Dans ce contexte, l’objectif de notre journée d’études est d’aborder la source comme objet matériel et d’étudier les enjeux liés à sa conservation et restauration, au transfert d’un support à un autre, à la distinction entre l’unique et le multiple, ainsi qu’à l’impact de la révolution numérique sur la production et la préservation des documents.

Journée du 5 novembre 2024

  • 9h30 : accueil des participants, café.
  • 10h15 : ouverture par Michelle Bubenicek, directrice de l’École nationale des chartes – PSL et Christophe Gauthier, directeur du Centre Jean-Mabillon

Thème 1 : « Partir du matériau »
10h30-12h
Modération : Clémentine Kruk (ENC-PSL)

  • Oriane Durand-Poussin (élève archiviste paléographe en 3e année) : « Le fossile et la question de la matérialité des sources en histoire »
  • Eva Smrekar (doctorante contractuelle en études théâtrales et en  philosophie, Université Paris VIII Vincennes) : « Scène théâtrale, carte postale, film : la constitution matérielle de la  corporéité travestie du music-hall au tournant du XXe siècle en France »
  • Marie-Elisabeth Jacquet (doctorante en histoire moderne, Paris 8), « “Preuves matérielles à l’appui” ? Les sources produites par la Lieutenance générale de police de Paris, un outil pour documenter le travail policier »

Thème 2 : « D’un support à l’autre : variations et enrichissements »
14h-15h30
Modération : Cyril Durain (ENC-PSL)

  • Alessio Marzialli Peretti (docteur – soutenance en avril 2024 – et chargé de cours, Université de Montréal) : « Transposer l’histoire universelle en français, entre rouleau et codex (XVe-XVIe siècles) »
  • Yaël Caugne (Doctorante ATER en Histoire médiévale, Université Lyon II) :« Du rouleau de parchemin au codex : Supports et formats multiples de la comptabilité savoyarde au Bas Moyen Âge »
  • Laurie Hoeben (doctorante en littérature française, Université de Zürich, Suisse) : « Du manuscrit à l’imprimé sur papier et sur vélin : le rôle du support dans l’iconographie de Guiron le Courtois »

Thème 3 : « Supports multiples et conservation : l’exemple du cinéma »
16h-17h30
Modération : Mathieu Aymon (ENC-PSL, CJM)

  • Marie Beauvalet (Docteure en histoire de l’art – soutenance déc. 2023 – Paris I Panthéon Sorbonne) : « Objets de divertissement ou de recherche ? De la difficulté à exploiter des films et séries “culte” : regards sur Star Wars et Star Trek »
  • Yaël Pignol (Master de muséologie, Ecole du Louvre, 2021, chercheur indépendant) : « Entre conservation du support et conservation spirituelle, quelle patrimonialisation pour les doublages de films ? »
  • Célia de Saint Riquier (Première année de thèse, ENC) : « Spolier et restituer : le rôle central de la pellicule dans la recherche de provenance en cinéma »

Matinée du 6 novembre 2024

  • 9h30-10h : accueil

Thème 4 : « Enjeux numériques »
10h-11h30
Modération : Martina Lenzi (ENC-PSL, CJM)

  • David Nivarlet (master Métiers de la science des patrimoines – Université de Tours) : « Les sources de la musique dialectale liégeoise dans le fonds Terry du Conservatoire royal de musique de Liège : État de conservation des manuscrits et perspectives numériques »
  • Ariane Jambé (docteure -soutenance en mai 2024 – et chercheuse post-doc en archéologie et sciences de l’Antiquité, Université de Lausanne, CH) : « Organiser les savoirs d’un manuscrit exégétique : les pratiques d’hier face aux problématiques d’aujourd’hui »
  • Noé Leroy (doctorant de première année, ENC) : « Homogénéisation de données numériques : le cas des actes des princes évêques de Liège entre 1150 et 1350 »

Comité d’organisation 

  • 11h30 : Lectio 2
  • 12h : apéritif

Campus Condorcet, centre des colloques, place du Front-populaire, Aubervilliers (salle 50)

Mardi 5 novembre 2024 – Mercredi 6 novembre 2024
9h30-17h30 & 9h30-12h

Comité d’organisation

  • Mathieu Aymon, Célia de Saint Riquier, Martina Lenzi, Noé Leroy (doctorants du Centre Jean Mabillon)
  • Cyril Durain, Clémentine Kruk (élèves du diplôme d’archiviste paléographe de l’École nationale des chartes – PSL)

Comité scientifique :

Christophe Gauthier (professeur d’histoire du livre et des médias, École nationale des chartes – PSL, directeur du Centre Jean-Mabillon, ea 3624 conservateur des bibliothèques), Yann Sordet (conservateur général des bibliothèques, directeur des bibliothèques Mazarine et de l’Institut de France), Nicolas Perreaux (chargé de recherches CNRS, UMR 8589 LAMOP université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Charlotte Denoël (chargée de cours École nationale des chartes – PSL, maîtresse de conférence Centre Jean-Mabillon, conservatrice en chef des bibliothèques BNF).

Source : École nationale des chartes

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Colloque – Accessing the Sea in the Middle Ages: Quantitative Approaches to Mediterranean Mobility

For almost two years now, a group of medievalists at Heidelberg University has been conducting research on maritime predation in a project financed by the German research Council and entitled “Medieval Maritime Predation: A Database Supported Analysis of Mediterranean Violence” (https://hcdh.hypotheses.org/451). Utilising the eponymous ‘Database of Medieval Maritime Predation’ as a tool, the project members are collecting and analysing documents from the Archives of Barcelona, Valencia, Mallorca, Genoa, Venice and Malta to track maritime predators from East to West and vice versa.

For the second anniversary of our project, we have organised an international workshop on the 30th and 31st of October 2024. Its main aim is to bring together historians working with quantitative medieval sources of the Mediterranean that convey information on maritime mobility.

An exchange of ideas on this systematic topic (“Medieval Maritime Mobility and its Sources”) is both innovative and promising. The meeting will also be a good opportunity to present and discuss our database with the participants.

09:30: Nikolas Jaspert (Heidelberg): Opening and introduction

09.45: Victòria Burguera and Laurin Herberich (Heidelberg): “Accessing Medieval Maritime Predation”

Quantitative sources for the Study of Maritime Mobility
Chair: Alexandra Sapoznik (London)

10:30: Giovanni Ceccarelli (Milan): “People moving and moving commodities: insights from insurance sources”

11.45: Alessio Sopracasa (Paris): “Moving people to and from Constantinople at the end of the Byzantine era: the unpublished deeds of a Venetian notary”

12:30: Tobias Daniels (München): “The Roman customs registers in the Western Mediterranean context”

Approaching Mobility in the Western Mediterranean
Chair: Roser Salicrú i Lluch (Barcelona)

15:00: Raúl González Arévalo (Granada): “A sea of sources. The Nasrid Kingdom of Granada and the Genoese navigation: systematization and results”

15:45: David Igual Luis (Albacete): “Sources for measuring port movement: Valencia in the second half of the 15th century”

16:30: Lluís Sales i Favà (London): “Taxes on trade and circulation of commodities in Late Medieval Catalonia: the Lleudes”

17:45: Enrico Basso (Torino): “A sea of documents: maritime mobility in the sources of the Genoese Archives”

18:30: Angela Orlandi (Firenze): “Mediterranean mobility: Datini’s records and their potential”

09:00: Presentation of the “Database of Medieval Maritime Predation” (DMMP),
“Risky business: Pricing, governance, and integration in European insurance markets, c. 1400-c. 1870”,
“MedEscl (Corpus Documental sobre l’esclavitud mediterrània als Països Catalans, segles XIV-XVI)”

Approaching Mobility in the Eastern Mediterranean
Chair: Dominique Valérian (Paris)

11.00: Damien Coulon (Strasbourg): “Notarial contracts by the thousands: mobility and routes of Catalan merchants to the Levant in the late Middle Ages”

11:45: Frédéric Bauden (Liège): “Maritime predators in Mamluk documentary and narrative sources”

14:00: Nicholas Coureas (Cyprus): “Notarial deeds from Famagusta concerning maritime associations and partnerships for purchasing cargo shares on board merchant ships, 1296-1310”

14:45: Aristea Gratsea (Rethymno): “Cretan shipping: Insights from Venetian Archives (15th-16th centuries)”

16:00: Nicolò Villanti (Duisburg-Essen): “Maritime shipping and life at sea: Eastern Adriatic sources (XIV-XV century)”

16:45: Johannes Preiser-Kapeller (Wien): “Sailors to Byzantium. Quantifying and visualising maritime mobility within the medieval Romania”

17:30 Closing discussion and end

Heidelberger Akademie der Wissenschaften – Akademie des Landes Baden-Württemberg
30.10.2024 – 31.10.2024

DFG-Project « Medieval Maritime Predation: A Database Supported Analysis of Mediterranean Violence » (Historisches Seminar Heidelberg)

Source : H-Soz-Kult

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Séminaire – Notre-Dame de Paris, la cathédrale des savoirs. Entre matérialité et interdisciplinarité

Séminaire organisé avec le concours du musée de Cluny-Musée national du Moyen Âge. Avec Étienne Anheim (directeur d’études à l’EHESS), Damien Berné (conservateur en chef au musée de Cluny) et Séverine Lepape (conservatrice générale, directrice du musée de Cluny).

Débuté immédiatement après l’incendie du 15 avril 2019, le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été l’occasion de découvertes majeures, d’autant plus importantes que la cathédrale demeurait paradoxalement mal connue.

Accompagnant la progressive réouverture au public de la cathédrale, le musée de Cluny lui consacrera deux expositions à partir du 19 novembre 2024, l’une sur la sculpture médiévale, l’autre sur la bibliothèque. Dans ce contexte d’émotion patrimoniale qui rappelle la place centrale de la cathédrale non seulement dans l’architecture urbaine, mais aussi dans l’organisation sociale, religieuse et politique des villes médiévales, ce séminaire voudrait replacer Notre-Dame dans son histoire et montrer l’ampleur des nouvelles recherches conduites au cours des dernières années.

En effet, le chantier de restauration a été l’occasion d’un intense travail interdisciplinaire, associant une grande diversité d’acteurs scientifiques issus des institutions patrimoniales, mais aussi de l’université et de la recherche. Entre matérialité et interdisciplinarité, cette nouvelle cathédrale de savoirs sera au cœur de ce séminaire.

Mardi 24 septembre 2024 de 16h à 19h
Introduction générale
Au Collège de France : Salle 5, Site Marcelin Berthelot, 11, place Marcelin-Berthelot (Paris 5)
Par Patrick Boucheron (Professeur au Collège de France) et Étienne Annheim (directeur d’études, EHESS)

Deux cathédrales ont brûlé en même temps le 15 avril 2019 : celle qui fut fondée en 1163 par l’évêque Maurice de Sully, et celle qu’on ne cesse de reconstruire par l’imaginaire depuis le 18e siècle. Par un paradoxe archéologique bien connu, la destruction peut être le préalable à la connaissance : le chantier scientifique qui accompagne la restauration de l’édifice produit donc un effet de révélation sur des structures médiévales mal connues – on comprend bien de ce point de vue l’inanité du concept même de « restauration à l’identique ».

Ces structures sont archéologiques, mais elles sont aussi culturelles, politiques et sociales. Voici pourquoi la « cathédrale des savoirs » ainsi mise à jour est aussi celle que construisent et reconstruisent nos imaginaires contemporains. En sauvant le passé, on en mesure l’épaisseur – c’est-à-dire tout ce qui s’est passé entre le Moyen Âge et nous.

22 octobre 2024
De l’étude scientifique à la restauration: les dimensions d’un chantier unique
Au Collège de France : Salle 5, Site Marcelin Berthelot, 11, place Marcelin-Berthelot (Paris 5)

Par Philippe Dillmann (Directeur de recherches au CNRS), Pascal Liévaux (Chef du département de la recherche, de la valorisation et du patrimoine culturel immatériel, Direction générale des patrimoines et de l’architecture, Ministère de la culture), Aline Magnien (Directrice honoraire du Laboratoire de recherche des monuments historiques), Martine Regert (Directrice de recherches au CNRS).

Avec la participation de Dorothée Chaoui-Derieux (Archéologue au service régional d’archéologie de la Drac Ile-de-France), de Jonathan Truillet (Adjoint « Science et patrimoine » à la directrice générale déléguée, Établissement public « Rebâtir Notre-Dame de Paris ») et d’un des Architectes en Chef des Monuments Historiques intervenant sur la restauration de la cathédrale. 

Le chantier de Notre-Dame de Paris, tel qu’il a été mené depuis cinq ans, a constitué une entreprise matérielle et intellectuelle inédite, au sein duquel la recherche scientifique a tenu une place essentielle.

En prenant pour point de départ l’ouvrage « Notre-Dame. La science à l’œuvre » (dir. Ph. Dillmann, P. Liévaux, A. Magnien et M. Regert, Paris, 2022), cette séance présentera ce chantier scientifique, souvent moins connu que le chantier de restauration lui-même, les modalités de sa mise en place et de son fonctionnement et les résultats obtenus, notamment concernant la matérialité du monument, qui était encore relativement méconnu, mais aussi des domaines aussi différents que l’acoustique ou l’anthropologie de l’émotion patrimoniale. Elle éclairera également la dimension fortement collaborative du projet, mêlant les corps de métiers, les institutions et les disciplines scientifiques au service d’une saisie globale de l’objet patrimonial.

5 novembre 2024
Les livres à Notre-Dame de Paris au Moyen Âge: bibliothèque, trésor et archives

Au Collège de France : Salle 5, Site Marcelin Berthelot, 11, place Marcelin-Berthelot (Paris 5)
Par Émilie Cottereau-Gabillet (Maîtresse de conférence à l’Université Panthéon-Sorbonne Paris I),  Fabrice Delivré (Maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Charlotte Denoël (Conservatrice en chef au département des Manuscrits de la BnF), Maxence Hermant (Conservateur en chef au département des Manuscrits de la BnF), Éric Landgraf (Chef de la documentation au musée de Cluny), Darwin Smith (Directeur de recherche, Lamop, Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

À l’occasion de l’exposition « Feuilleter Notre-Dame : chefs d’œuvre de la bibliothèque médiévale », organisée au musée de Cluny par la BnF, la séance réunira les spécialistes des manuscrits et des archives de Notre-Dame.

Elle reviendra sur les apports nouveaux que le projet ANR « e-NDP Notre-Dame de Paris et son cloître » a suscités grâce à la numérisation et à la transcription de vingt-six registres du chapitre de Notre-Dame (1326-1504) conservés aux Archives nationales, qui représentent une exceptionnelle source d’information sur les usagers des ouvrages et leurs centres d’intérêt, ainsi que sur les conditions matérielles de la conservation des livres au sein de l’enclos canonial. Des études de cas croisant les différentes sources documentaires disponibles sur les livres à Notre-Dame permettront aux intervenants de mettre en lumière les spécificités des différents ensembles de livres et le rôle moteur joué par la cathédrale et ses chanoines dans la transmission des savoirs et la diffusion des usages liturgiques parisiens au cours du Moyen Âge.  En fin de séance sera abordée la question de la préservation des biens de Notre-Dame, objets mobiliers et livres, entre la fin du 18e et la fin du 19e siècle, d’après les archives, afin de poser les jalons du long réveil de la conscience patrimoniale qui s’est forgée autour de la cathédrale.

26 novembre 2024
Images de pierre, images de parchemin: relecture du jubé et de la clôture de chœur de Notre-Dame à la lumière d’un manuscrit démembré

Par Damien Berné (Conservateur en chef au musée de Cluny), Françoise Viellard (Professeur émérite de philologie romane à l’École nationale des chartes), Darwin Smith (Directeur de recherche, Lamop, Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

La séance étudiera le dialogue singulier entre un recueil d’images de pierre, le jubé et la clôture du chœur de Notre-Dame, et un recueil d’images d’encre, une « Bible historiée toute figurée » peinte vers 1340 qui s’inspire de ces deux cycles sculptés.

Ce manuscrit démembré et éparpillé aux quatre coins du monde a fait l’objet de nouvelles découvertes à l’occasion de l’exposition au musée de Cluny. Il sera interrogé sous l’angle de la langue, de sa typologie littéraire et dévotionnelle et du style de ses enluminures, mais aussi de ce qu’il révèle du jubé et de la clôture, détruits à partir de 1699 pour faire place au vœu de Louis XIII. Les intervenants reviendront sur les hypothèses du contexte de commande de ce manuscrit mystérieux en relation avec le chapitre cathédral.

17 décembre 2024
Les fragments du jubé médiéval de Notre-Dame récemment mis au jour et les nouvelles connaissances matérielles sur les fragments sculptés du musée de Cluny

Au Collège de France : Salle 5, Site Marcelin Berthelot, 11, place Marcelin-Berthelot (Paris 5)
Par Christophe Besnier (Archéologue à l’Inrap), Hélène Civalleri (Archéologue à l’Inrap), Dorothée Chaoui-Derieux (Archéologue au service régional d’archéologie de la Drac Île-de-France), Damien Berné (Conservateur en chef au musée de Cluny), Lise Leroux (Ingénieure de recherches au LRHM), Stéphanie Duchêne (Ingénieure d’études au LRHM), Jennifer Vatelot (Conservatrice-restauratrice de sculptures). 

La retentissante découverte d’une partie du jubé médiéval de Notre-Dame mis au jour dans le cadre de fouilles préventives conduites par l’INRAP en 2022 à la croisée du transept de Notre-Dame, le travail conjoint de restaurateurs et d’ingénieurs de recherches sur les vestiges de la cathédrale après l’incendie et le programme de restauration et d’analyses des éléments sculptés de l’édifice conservés au musée de Cluny constituent un remarquable vivier de nouvelles découvertes. Les compétences de chaque intervenant au profil varié (géologie, polychromie, restauration, archéologie, histoire de l’art) ont ainsi renouvelé la connaissance sur le contexte matériel de la création de ces sculptures.

Qu’il s’agisse de la fourniture des pierres, de la polychromie des sculptures ou des possibilités de datation qu’offrent les analyses au Carbone-14 du blanc de plomb, ce véritable laboratoire interdisciplinaire réuni autour de la cathédrale et de l’exposition offre, grâce à l’interdisciplinarité de son approche, de nouvelles informations et de riches perspectives en matière de recherches futures.

Source : Collège de France et Musée de Cluny

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Exposition – Au fil des traces de l’histoire, un labyrinthe

Entrez dans le grand labyrinthe de l’histoire à travers un parcours choisi dans le patrimoine écrit et graphique cambrésien.

L’histoire n’est pas toujours linéaire. Ses chemins peuvent être tortueux, faits de détours, d’impasses et d’artefacts. Pour finalement nous ramener, de loin, des traces patrimoniales surprenantes, inédites autant qu’utiles à la compréhension. Au fil de l’histoire qu’ils rapportent, ont été façonnés, modelés, les documents qui font aujourd’hui le patrimoine.

L’exposition vous propose d’entrer dans le grand labyrinthe de l’histoire à travers un parcours choisi dans le patrimoine écrit et graphique cambrésien. Au détour d’un passage, d’une galerie, se dévoilent manuscrits, incunables, cartes, photographies et autres objets qui invitent à explorer l’histoire du territoire, à en lire les traces et ainsi en comprendre le fil.

Les documents anciens constituent un lien direct avec nos ancêtres. Ils nous aident à les comprendre, à découvrir les liens qui ont contribué à faire société dans le passé. À travers différentes thématiques, les documents présentés dans cette exposition illustrent les rencontres, les explorations, les recherches, les questionnements humains… 

Ils sont faits de manuscrits, d’images, de plans, de photographies qui nous révèlent les traces du passé et l’héritage des hommes. Venez à la rencontre de manuscrits racontant des explorations – comme le Ticho Brahé ou l’Imago Mundi -, découvrez les traces d’un passé disparu – avec le registre des confiscations révolutionnaires ou le pontifical – et revivez ce qui a lié les cambrésiens au fil du temps – au travers d’affiches anciennes de festivités ou encore d’un registre des enfants trouvés-.

28 septembre 2024 – 2 janvier 2025

Le Labo
2 rue Louis Renard
59400 Cambrai
03 74 51 00 00

L’exposition est visible, en accès libre, aux horaires d’ouverture du Labo.

Pour mieux vous accompagner dans l’exposition, un médiateur vous propose des visites guidées : les mercredis et dimanches de 16h30 à 17h30

Réservation au Labo ou au 03 74 51 00 00.

Retrouvez toutes les informations pratiques et l’ensemble de la programmation autour de l’exposition dans l’agenda du Labo.

Source : Le Labo – Cambrai

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