Publication – « New Perspectives on the ‘Civil Wars’ in Medieval Scandinavia », éd. Hans Jacob Orning, Jón Viðar Sigurðsson, Kim Esmark

In the twelfth and thirteenth centuries, Scandinavia was rocked by an ongoing period of ‘civil war’, conflicts traditionally characterized by medieval historians as internal struggles that took place in the context of predominantly national, state-centred, political and constitutional frameworks. This volume, however, aims to overturn these established narratives, with carefully curated essays written by experts in the field offering a new pan-Scandinavian perspective on the period in question that emphasizes the importance of fluid, often overlapping social networks, permeable borders between realms, and constant underlying hostilities between rival groups. Through detailed examinations of pivotal moments in Danish, Norwegian, and Swedish history, together with analyses of topographical patterns, gender issues, diplomacy, and three contributions that draw parallels within similar conflicts outside of Scandinavia, this book provides an important corrective to teleological narratives of the medieval ‘civil wars’ as a necessary stage on the route to state formation and modernity.

Hans Jacob Orning, Department of Archaeology, Conservation and History, University of Oslo, Norway

Jon Vidar Sigurdsson, Department of Archaeology, Conservation and History, University of Oslo, Norway

Kim Esmark, Department of Communication and Arts, Roskilde University, Denmark

List of Illustrations

Aknowledgements


1. Network Dynamics, Conflict as Context, and Internal War. Outline of a Scandinavian Medieval Case for Comparison
Kim Esmark, Hans Jacob Orning, and Jón Viðar Sigurðsson

Part I. Case Studies

Introduction to Part One
Kim Esmark, Hans Jacob Orning, and Jón Viðar Sigurðsson

2. Networks and flokkar. The Civil Wars in Norway c. 1134–1163
Jón Viðar Sigurðsson

3. Messy Conflict. Socio-political Competition and War in Denmark c. 1128–1137
Kim Esmark

4. Constant Crisis in Norway, 1202–1208
Hans Jacob Orning

Part II. Thematic Analyses

Introduction to Part Two
Jenny Benham, Lars Hermanson, and Bjørn Poulsen

5. Spatial Practices in the Twelfth and Early Thirteenth Century Scandinavian Power Game
Bjørn Poulsen

6. The Memory of Margrethe. Noblewomen as Power Agents in Multi-Party Conflicts c. 1120–1170
Lars Hermanson

7. Peacemaking and Negotiations in High Medieval Scandinavia
Jenny Benham

Part III. European Comparisons

Introduction to Part Three
Gerd Althoff, Warren C. Brown, and Stephen D. White

8. Political Networks in Conflict. A German Perspective
Gerd Althoff

9. War Stories. Re-Thinking Rebellion in Anglo-Norman and Angevin England, 1066 to 1217
Stephen D. White

10. Scandinavia in Medieval Europe
Warren C. Brown

Index

New Perspectives on the ‘Civil Wars’ in Medieval Scandinavia, éd. Hans Jacob Orning, Jón Viðar Sigurðsson, Kim Esmark, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 448 p. (Comparative Perspectives on Medieval History, 1). ISBN : 978-2-503-60150-2. Prix : € 125,00.

Source : Brepols

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Audrey Duchâtel-Munter, « Marguerite de Provence. Une reine de France au XIIIe siècle »

Marguerite de Provence, épouse de saint Louis est une reine peu connue. Elle fut pourtant l’une des quatre filles du comte de Provence Raymond Bérenger V, toutes épouses de rois. S’intéresser de plus près à son existence, c’est étudier la politique des relations inter-dynastiques du point de vue féminin.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Audrey Duchâtel-Munter, Marguerite de Provence. Une reine de France au XIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2024 ; 1 vol., 437 p. (Bibliothèque d’histoire médiévale, 39). ISBN : 978-2-406-17157-7. Prix : € 35,00.

Source : Classiques Garnier

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Équipements et pratiques équestres de la Protohistoire à l’époque moderne en Europe occidentale

Journée d’étude 12 juin 2025 – Équipements et pratiques équestres de la Protohistoire à l’époque moderne en Europe occidentale

La place du cheval dans les sociétés occidentales est un sujet qui intéresse de longue date les communautés scientifiques. Défini comme « la plus noble conquête de l’homme » par le comte de Buffon, cet animal tient une place importante dans de nombreuses sociétés, des représentations du Paléolithique aux épreuves olympiques modernes, où il est l’unique animal admis à concourir, en passant par sa divinisation et l’exploitation de ses ressources naturelles. Nécessitant un environnement naturel adapté et les ressources permettant son alimentation et son soin, le cheval est également très vite devenu un marqueur d’appartenance à une strate sociale privilégiée. Attelé ou monté, il peut être utilisé pour le transport, la guerre, l’agriculture, la sylviculture, la compétition ou le loisir. Ces pratiques équestres nécessitent des équipements spécifiques (selle, attelage, bride, éperons, fers) qui diffèrent selon l’usage, la chronologie et l’espace géographique concernés, et qui sont fréquemment retrouvés en contextes archéologiques, formant ce que l’on appelle le mobilier équestre. Ils sont par ailleurs représentés dans l’iconographie ou mentionnés dans les sources écrites, lorsqu’elles existent. Ces objets sont souvent étudiés par les archéologues et historiens. Ils peuvent en effet servir de marqueurs chronologiques, sociaux et d’activités. Les études liées à l’équipement équestre sont donc indispensables à la compréhension de la place du cheval dans les sociétés du passé, mais elles restent très inégales, en fonction des objets mais aussi des périodes et des régions concernées.

La journée d’étude a pour but de réaliser un bilan historiographique de ces travaux liés au mobilier équestre de la Protohistoire à l’époque moderne en Europe occidentale et d’en identifier les lacunes, selon trois axes :

  1. Renouvellement des études d’artefacts. Identifier les types d’artefacts et périodes pour lesquels les manques en matière d’études typochronologiques sont les plus flagrants ou nécessitant un renouvellement. Certains éléments de l’équipement équestre ont fait l’objet d’études parfois assez complètes et diachroniques, mais qui peuvent être anciennes (éperons à pointe). D’autres ont été abordés mais nécessitent des compléments (hipposandales, fers, mors, étriers). D’autres, enfin, n’ont été que rarement étudiés (éléments composites, systèmes d’attache, éléments décoratifs, éperons à molette).
  2. Pratiques équestres et représentations sociales. Définir les activités et les spécificités d’équipements, ainsi que discuter la notion d’élite, à laquelle la pratique équestre est souvent associée. Élites guerrières, politiques, religieuses ou agricoles n’ont pas les mêmes pratiques équestres, ni forcément les mêmes équipements et accessoires. La relation entre pratique et représentation de ces élites peut également être mise en avant (présence de chars dans certaines sépultures de la Protohistoire, glissement de l’éperon et du mors de bride de la pratique violente de la guerre à marqueur représentatif d’un statut social dans la seconde moitié du Moyen Âge).
  3. Effet des mobiliers équestres sur les cavaliers et les équidés. Recherche sur les microtraumatismes liées à l’utilisation de l’équipement équestre. Si certains microtraumatismes peuvent être liés à la posture et aux chocs répétés des mouvements sur les uns et sur les autres, d’autres peuvent être directement liés à l’utilisation de l’équipement équestre, en particulier sur les montures (usure des prémolaires par le mors).  Le développement des connaissances et des analyses ostéologiques et génétiques ces dernières décennies permet d’appréhender ces effets à plus grande échelle et de manière plus précise (distinction de matériaux, de la selle sur les lombaires).

La journée d’étude qui aura lieu à l’université de Caen le 12 juin 2025  a ainsi pour objectif de réaliser un bilan historiographique lié à ces questions et de préciser l’orientation à donner à un projet d’étude de l’équipement équestre de manière diachronique et de préparer un éventuel colloque en 2028. Les communications, d’une durée de 20 à 25 min, devront aborder l’un des axes exposés. Les propositions de communication sont à envoyer avant le 1er décembre 2024 et ne doivent pas dépasser 350 mots. Le programme sera défini en janvier 2025.

Organisation : Cécile Lagane, maîtresse de conférences en archéologie médiévale, CRAHAM, UMR 6273 – Université de Caen Normandie – cecile.lagane@unicaen.fr

En association avec CORPUS – Groupe de recherche sur le métal et l’instrumentum – associationcorpus@gmail.com

Source : ArchéoCaen

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Colloque – De Marguerite d’Autriche au couvent des Récollets de Nivelles. La valeur historique et artistique d’un ensemble architectural dans son contexte international, dynastique et religieux

Dans le cadre du 500e anniversaire du couvent des observants de Nivelles (1524 – 2024)

Organisation : UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, Domaine & Musée royal de Mariemont et Musées royaux d’Art & d’Histoire Avec le soutien de la Fondation pour la Protection du Patrimoine culturel, historique et artisanal (Lausanne) et de la Fabrique d’église Saints-Jean-et-Nicolas (Nivelles)

Lieu : Couvent des Récollets de Nivelles, aile est, salle de musique, 1er étage
Nivelles, vendredi 8 novembre 2024

Colloque in situ : comprendre et contextualiser l’introduction de l’Observance à Nivelles en 1524 sous l’impulsion de la cour, et ses conséquences matérielles et architecturales (la construction phasée d’une église et d’un quadrilatère conventuel durant un demi-siècle, avec reprises à la fin du XVIe siècle) en lien avec l’architecture civile et religieuse de son époque et le patrimoine des frères mineurs enWallonie.

Inscriptions : Le nombre de places étant limité, l’accès se fera sur inscription préalable auprès de Louise Hardenne (l.hardenne@kmkg-mrah.be). Merci de vous inscrire avant le 1er novembre 2024 au plus tard. La participation est gratuite pour les personnes inscrites

Programme :

9h30 – Mot d’accueil : Abbé Albert-Marie DEMOITIÉ, curé-doyen de Nivelles, et Jean-Paul ÉTIENNE, président de la Fabrique d’église Saints-Jean-et-Nicolas, et Introduction : Éric BOUSMAR (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), Gilles DOCQUIER (Domaine & Musée royal de Mariemont) et Patrice GAUTIER (MRAH)

Séance 1 « Histoire », présidée par Jean-Marie CAUCHIES (Professeur émérite de l’Université Saint-Louis et de l’Université de Louvain, membre titulaire de l’Académie royale de Belgique)

9h45 PanayotaVOLTI (Université Paris Nanterre) : La topographie des couvents mendiants
10h45 Pause

11h00 Monique MAILLARD-LUYPAERT (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles/Séminaire de Tournai) : L’Ecclesia semper reformanda dans le duché de Brabant (1500-1530)

11h30 Éric BOUSMAR (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) et Gilles DOCQUIER (Domaine & Musée royal de Mariemont) : Nivelles en 1524 et les Habsbourg. La ville, la cour et Marguerite d’Autriche : enjeux locaux, régionaux et dynastiques autour de l’Observance franciscaine

12h00 Matteo FERRARI (École pratique des Hautes Études/Saprat) : L’héraldique dans le couvent des Récollets à Nivelles : un outil de mise en signe de l’espace sacré

12h20 Discussion générale
13h00 Repas sur place et visite libre de l’église et du cloître

Séance 2 « Architecture et archéologie », présidée par Emmanuel JOLY (IRPA/UCLouvain)

14h00 Patrice GAUTIER (MRAH) et Christophe MAGGI (IRPA) : Lecture archéologique et dendrochronologique du couvent des observants de Nivelles

14h30 Krista DE JONGE (KU Leuven) et Merlijn HURX (KU Leuven) : Architecture comparée : le couvent des Récollets de Nivelles et les commandes princières de l’époque
15h15 Pause

15h30 Aperçu sur le patrimoine médiéval franciscain en Wallonie :

  • ▪  Marie VERBEEK (AWaP) et Geneviève LAURENT (AWaP) : Le couvent des franciscains de Namur, 800 ans et un grand projet. État des lieux archéologique préalable
  • ▪  Jean-Louis ANTOINE (conservateur honoraire du Musée archéologique de Namur) et ManonVANEL (ingénieure architecte) : L’église et le couvent des frères mineurs de Huy, de sa fondation au XIIIe siècle à la reconstruction du XVIIe siècle
  • ▪  Vincent MARTORANA (ARCHEO DIAG Sàrl) : L’église conventuelle des frères mineurs de Liège (Saint-Antoine de Padoue), 1244-2024

16h30 Discussion générale et mot de conclusion

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Masculinités bibliques 

Adonques crea l’ome a s’ymage, mahle et femele.

Gn 1, 27 dans la Bible d’Acre, éd. Pierre Nobel.
Une des costes d’Adan prist

Dom il fame forma et fist.
Quant Adan de dormir leva
Et celle joste lui trova :
« Ceu est, fist il, bien dire l’os,
Os qui est formez de mes os
Et char de ma char reformee ;
Icete est ‘barone’ nomee
Enssit pour voyr la nomeron
Quar el est prise de baron »

Bible de Macé de la Charité, éd. J. R. Smeets, v. 347-356.

La Bible et les études de genre.

Mettre la Bible à l’épreuve du genre paraît aller de soi : c’est bien elle qui propose le (ou plutôt, les) récit(s) étiologique(s) qui nourrissent une théologie de la différence sexuelle pour l’Occident et le monde byzantin médiéval[1]. Dans la droite ligne des premières gender studies ou études de genre entamées dans les années 1960 au sein du domaine anglo-saxon[2], l’intérêt pour les questions de genre appliquées au texte biblique s’est d’abord porté sur les femmes. Les recherches ont ainsi mis en avant l’élaboration de modèles bibliques féminins comme Marie, Marthe et Esther[3], leurs usages pour envisager des fonctions sociales dévolues spécifiquement aux femmes[4], jusqu’à penser une théologie d’un pouvoir féminin[5]. D’autres travaux ont mis au jour l’existence de communautés interprétatives féminines[6].

 Mais l’étude du genre ne se limite pas aux women studies. Opérant un nouveau tournant, les recherches des années 1990-2000 font valoir la nécessité de confronter masculin et féminin, de les mettre en lien, tout en montrant des femmes actives et puissantes, parfois viriles[7]. C’est dans ce contexte que naît l’histoire du genre, qui vise à faire « une histoire des catégories sociales » parmi lesquelles le genre n’est qu’une distinction parmi d’autres, sans « essentialiser les rapports de genre » (Lett 2013). Faire des gender studies implique ainsi d’étudier, aussi, les masculinités[8]. Là encore, les études médiévales n’ont pas été en reste, et se sont intéressées à différentes thématiques en lien, plus ou moins étroit, avec le texte biblique.

L’ouvrage désormais classique Jesus as Mother: Studies in the Spirituality of the High Middle Ages de C. W. Bynum montrait par exemple qu’avec la féminisation du langage spirituel dans deux directions inverses (l’image de l’Épouse du côté du moine/la métaphore de la mère du côté de Dieu), c’est la polarité de genre dans l’expression du rapport au divin qui se trouvait dépassée[9]. Des modèles masculins ont aussi été identifiés : Adam, créé à l’âge de trente ans, doté d’une raison et d’un savoir immenses alliés à un appétit sexuel maîtrisé, apparaît comme un idéal dans les discours/programmes éducatifs des ordres mendiants du XIIIsiècle étudiés par A.-L. Dubois[10]; pour la paternité, élément essentiel de la masculinité médiévale, Abraham et Joseph sont des figures étudiées par J. Baschet, P. Payan, D. Lett et A.-M. Certin[11] ; David comme Daniel font l’objet de différentes réceptions, les érigeant en modèle ou contre-modèles masculins[12]. Lié à l’épisode biblique de Sodome et Gomorrhe,le sujet de la sexualité homosexuelle s’est aussi développé depuis les années 1980 ; si les premiers chercheurs font mal la distinction entre sodomie et homosexualité[13], la grille de lecture de l’homosocialité[14] ou la revalorisation de l’amitié dans la « généalogie de l’homosexualité masculine » (Boquet 2007) ont éclairé d’une nouvelle lumière les textes et les images en croisant l’histoire des sensibilités et des émotions. Enfin, la masculinité de ceux qui sont au plus près du Texte et se définissent par le « renoncement à la chair » (Brown 1995) a elle aussi été scrutée ; certains chercheurs ont considéré que l’appartenance au clergé impliquait un renoncement à la masculinité jusqu’à parler de clerical sex voire de troisième genre[15], tandis que d’autres ont avancé que le concept de manhood transcendait l’opposition clercs-laïcs[16].

Tous ces travaux témoignent d’un intérêt pour les masculinités dans le monde chrétien médiéval, sans pour autant considérer leur rapport spécifique à la Bible, son exégèse et plus largement ses usages. C’est à l’intersection de ces deux champs, celui des études sur les masculinités et celui des études sur la Bible, que nous entendons ouvrir un espace de réflexion lors de la journée d’étude « Masculinités bibliques ».

Des masculinités bibliques : du texte à l’exégèse.

La construction de modèles masculins bibliques repose sur une science (ou une pratique) du Texte, l’exégèse, terme qu’on choisira d’entendre dans un sens large permettant de prendre en compte des acteurs variés. À la fin des années 1970, G. Dahan proposait de ne pas réserver le mot d’« exégèse » uniquement à la pratique des « professionnels », mais d’élargir le concept à d’autres formes de travail du Texte « non spécialisées » (Dahan 1979), prenant en compte une forme de transmédialité (exégèse littéraire, exégèse visuelle etc.). De plus, en tant qu’elle est « confessante », l’exégèse médiévale regarde dans deux directions : tournée vers le Texte et son élucidation (la Parole est destinée à s’ouvrir, et son intelligence progresse dans l’histoire[17]), elle se fonde en même temps sur un désir d’actualisation relatif à l’hic et nunc de l’Ecclesia, marqué par un contexte qui interroge le texte sacré en fonction des besoins d’un groupe social.

Dans les travaux cités plus haut, la Bible est indissociable de son commentaire, « lieu de réflexion et d’élaborations conceptuelles propres à rendre intelligible, à maîtriser ou à transformer la société » (Lauwers 2008). Par le commentaire, c’est-à-dire par tout développement interprétatif, la Bible conçue comme l’une des principales sources autoritatives apporte des propositions normatives qui constituent autant de réponses aux sollicitations ancrées dans un temps historique. Ainsi l’histoire des « usages de la Bible » (Lobrichon 2003) devient-elle consubstantielle à l’histoire de la Bible elle-même. Dès lors, considérer la Bible à l’aune des masculinités implique de considérer la pluralité, potentiellement concurrentielle, de ses usages par les groupes sociaux dans des typologies de discours variés, des textes littéraires aux textes documentaires, en passant par les littératures spirituelles (hagiographie, homilétique) ou les textes de savoirs spécialisés (médecine, droit, etc.).

Le genre comme outil d’analyse des masculinités bibliques

 Pour appréhender la Bible ainsi définie, la journée d’étude « Masculinités bibliques » propose d’exploiter deux faces de l’outil gender[18] : aussi bien considérer le corpus biblique dans sa longue vie transmédiale (le texte et ses traductions, réécritures, mises en images) comme un corpus où se performe le « masculin », qu’étudier au plus près du fait social la construction de masculinités dans les usages de la Bible. Du point de vue des men studies, cette approche répond d’ailleurs à deux pistes fécondes déjà frayées par la critique.

D’une part, en s’appuyant sur l’ouvrage Masculinities de R. Connell paru en 1995, enrichi en 2005 par l’article « Hegemonic Masculinity: Rethinking the Concept » coécrit avec J. Messerschmidt, les études de genre proposent d’étudier les masculinités en y distinguant plusieurs groupes, qui varient selon les contextes : les masculinités hégémoniques correspondent à l’identité masculine dominante, les masculinités subordonnées voient leur légitimité niée (par exemple les masculinités queer en Occident), des masculinités complices ne se conforment pas au modèle hégémonique mais ne le remettent pas pour autant en cause, et les masculinités marginales reflètent « the complexity of power relations generated by the intersection of gender with other axes of social stratification like ethnicity or class » (Griffin 2018). Selon R. W. Connell, cette organisation sociale des masculinités vise à soutenir la domination des femmes. Si, à juste titre, plusieurs objections ont été faites à ce modèle, il a le mérite, comme l’explique B. Griffin, de proposer non pas « a sequential catalogue of ideal types of masculinity » mais « a history of changes in a set of structural relationships between competing models of masculinity » (Ibid.) : la démarche ne pouvait que plaire aux historien·ne·s du genre. Partir à la recherche des « masculinités bibliques » implique donc de considérer différentes masculinités, en allant au-delà du modèle hégémonique.

D’autre part, une seconde piste ouverte par les men studies s’attacheà envisager les masculinités non pas en termes de représentations mais d’expérience. En 2001, la riche introduction du volume What Is Masculinity ? interrogeait :

Would sermons heard in the nave on Sundays carry greater or lesser weight than printed advice manuals read at home alone? Did people respond to governmental propaganda in the dutiful fashion expected, or (as some recent work tends to suggest) could the most ‘authoritative’ cultural productions in fact prompt some elements of counter- reaction? What, in any case, actually makes a cultural text ‘authoritative’, particularly with regard to something like masculinity?[19]

Si les plus récents travaux d’A.-L. Dubois indiquent que « la réalité effective de la circulation des enseignements destinés aux hommes ne peut être mesurée », l’autrice souligne aussi que, pour ce qui est du corpus qu’elle étudie,

Les moyens de persuasion utilisés pour amener les fidèles à adopter les principes énoncés, par les prédicateurs, les pédagogues et les confesseurs notamment, constituent en eux-mêmes un aspect important de l’histoire des masculinités pour cette période. En tant que « système efficace de communication », la prédication activement pratiquée en ce XIIIe siècle, en lien de manière directe ou indirecte avec tous ces textes, a certainement contribué à diffuser les modèles masculins qu’ils construisent.[20]

C’est aussi de cette « réalité effective » du texte biblique et de son exégèse, de l’expérience masculine qui en découle, que cette journée d’étude entendra, autant que possible, s’approcher.

Axes proposés

Les contributions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants, et ouvrir de nouvelles pistes encore :

Axe A. Modèles, contre-modèles et masculinités alternatives

Comment des modèles et contre-modèles masculins sont-ils construits par les discours hégémoniques à partir de figures bibliques telles Adam, David, Joseph, Abraham, Jésus, ‘les patriarches’ ou encore ‘les rois’ ? Dans quelle mesure des portraits de masculinités alternatives peuvent-ils aussi émerger du texte biblique ?

Axe B. Transmission et expérience des modèles masculins

Comment ces modèles masculins d’inspiration biblique sont-ils concrètement transmis ? Dans quelle mesure participent-ils à la formation de la masculinité ? Les propositions traitant d’expériences et de pratiques des masculinités dans différents groupes sociaux (milieux curiaux, familiaux, confréries, congrégations, formes de vie religieuses), sont les bienvenues.

Axe C. Masculinités et féminités

Dans quelle mesure le texte biblique et son exégèse servent-ils à justifier la fluidité de genre ou, au contraire, la condamner ? Dans la continuité des travaux récents de Clovis Maillet, nous serons ravies de recevoir des propositions mettant en avant des figures saintes dont la fluidité de genre est valorisée et mise en œuvre via différents supports.

Aspects pratiques

Les propositions de communication pourront être envoyées aux organisatrices jusqu’au 31 octobre 2024, et la journée aura lieu à Paris le jeudi 24 avril 2025. Une publication des communications est envisagée.

Organisatrices

– Emma Belkacemi-Molinier (Sorbonne Université / EPHE) – molinier.emma@gmail.com
– Clara de Raigniac (ceram, Sorbonne Nouvelle / trame, Université de Picardie – Jules Verne) – clara.de.raigniac@u-picardie.fr
– En coordination avec le réseau lima.ge (Littératures du Moyen Âge et Genre).

Comité scientifique

Sophie Albert (Sorbonne Université)
Dominique Demartini (Sorbonne Nouvelle)
Christopher Fletcher (CNRS / Université de Lille)
Anne-Isabelle François (Sorbonne Nouvelle)
Cédric Giraud (Université de Genève)
Didier Lett (Université Paris Cité)
Clovis Maillet (Haute Ecole d’Art et de Design, Genève)
Bénédicte Milland-Bove (Sorbonne Nouvelle)
Christiane Veyrard-Cosme (Sorbonne Nouvelle)


[1]Bain 2007.

[2]Si la notion de genre est désormais bien implantée en France en 2024, elle reste une notion polysémique et controversée. Issu de la psychiatrie et de la psychanalyse états-uniennes des années 1960, le terme gender est ensuite utilisé par la sociologie et arrive en France en 1988 via la traduction de l’article de l’historienne Joan W. Scott, « Gender: A Useful Category of Historical Analysis » (1986). En français, influencés par le modèle marxiste et le féminisme matérialiste, les chercheurs en sciences humaines utilisaient alors plutôt les expressions « différence sociale des sexe » ou « rapports sociaux de sexe ». Pour une synthèse historiographique sur la notion et son application à la période médiévale voir les travaux signés ou co-signés par Didier Lett, et notamment Lett 2020. Notons également que, dans les études suisses, c’est la dénomination agrammaticale études genre qui est préférée ; Y. Foehr-Janssens note qu’elle a l’avantage de renvoyer comme un tout au champ de recherche trandisciplinaire « qui implique tant les études sur le genre comme fait social que celles qui ont recours au concept de genre comme outil d’analyse ». Voir Foehr-Janssens 2018, 21.

[3]Perol 2021.

[4]Baumgarten 2022 ; Cersovsky 2020 ; Schroeder 2014 ; Vecchio 1990.

[5]Ventura 2000 ; De Jong 2001…

[6]Schroeder et Taylor 2022 ; Ardissino 2020 ; Boillet et Ricci 2017.

[7]Klapisch-Zuber 1999 ; Gauvard 1991.

[8]Alors que l’anglais possède les termes manhood, manliness et masculinity, la critique francophone oscille entre virilité et masculinité(s). Le premier, ainsi que le note A.-L. Dubois, « entretient certes des rapports étroits avec celle de masculinité, mais désigne cependant une partie restreinte de cette dernière » (Dubois 2022, 37) ; elle est, selon A. Corbin, J.-J. Courtine et G. Vigarello, la « part la plus “noble”, sinon la plus achevée » du masculin (Corbin et al. 2011, « Préface », p. 7.). Comme A.-L. Dubois et d’autres, nous lui préférons donc le terme masculinités au pluriel, qui permet d’envisager une palette large de pratiques masculines.

[9]Bynum 1982. Plus récemment, voir Smit et van Klinken 2013.

[10]Dubois 2019 et 2022.

[11]Lett 1997 ; Baschet 2000 ; Payan 2006 ; Certin 2016.

[12]Ringrose 2003 ; Karras 2021.

[13]La bibliographie est abondante depuis Boswell 1985. Voir du point de vue des savoirs (théologiques et scientifiques) Jordan 1997, Cadden 2013, Linkinen 2015 ou le récent Cottier et Giraud, 2023 ; et du point de vue de l’histoire des homosexualités Halperin 2002 et Lett 2017.

[14]Gaunt 1985 ; Jaeger 1999.

[15]Cullum, 2013 ; Cullum et Lewis, 2013.

[16]C’est ce que montrent tous les articles du volume Thibodeaux et Werner, 2010. On peut y ajouter deux autres ouvrages montrant que la sexualité des clercs est sévèrement punie dans le cadre de relations homosexuelles, mais a pu être tolérée dans le cadre de relations hétérosexuelles (Thibodeaux, 2015 ; Zieman, 2019).

[17]Voir Bori 1991.

[18]Comme J. Scott dans l’article déjà cité de 1986 et D. Lett plus récemment, nous considérons en effet le genre comme un « outil heuristique » qui permet d’observer différents « régimes de genre », lesquels sont définis comme « un agencement particulier et unique des rapports de sexe dans un contexte historique documentaire et relationnel spécifique. Plusieurs régimes peuvent coexister dans une même période historique. Dépendant d’une série d’opérations de contextualisation, ils sont instables, sujets à variation lorsque l’historien change de documentation, déplace son regard vers d’autres acteurs ou dès que les relations entre les acteurs observés se modifient » (Lett 2012, 565-566).

[19]Arnold et Brady 2001, 5.

[20]Dubois 2022, 31.

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Formation – Comprendre le latin médiéval : approche pratique et outils récents

L’Institut Arthur Piaget propose une prochaine journée de formation consacrée au Latin médiéval le 24 octobre 2024. Elle sera dispensée par le Pr Cédric Giraud, professeur ordinaire de latin médiéval à l’Université de Genève.

Une bonne partie de la documentation médiévale, notamment celle conservée dans les archives, a été écrite en latin, langue millénaire de culture mais aussi langue du pouvoir. Issu du latin classique, le latin médiéval présente cependant des spécificités linguistiques et lexicales qui nécessitent une approche particulière.

Le but de la formation est donc de faciliter l’accès aux actes latins en donnant des outils d’analyse et en fournissant des conseils pratiques pour aborder une documentation diverse (chartes, actes de la pratique, cartulaires, chroniques et autres textes narratifs utiles à l’historien, etc.). La manière dont sont écrits et présentés les actes fera l’objet d’une attention propre. Un accent particulier sera également mis sur les bases de données disponibles en ligne, qui permettent d’aider au déchiffrement des actes et à leur compréhension. 

La formation entend ainsi donner des clefs directement utilisables afin de rendre accessible la documentation latine présente dans les fonds patrimoniaux.

Tous les renseignements sont disponibles sur le site de l’Institut Arthur Piaget : https://www.iapiaget.ch/.

Intervenant : Cédric Giraud, professeur ordinaire de latin médiéval à l’Université de
Genève
Date, lieu : 24 octobre 2024, Archives de l’État de Genève
Coût : 500 CHF (repas de midi compris)
Contact : nr@iapiaget.ch

Source : Institut Arthur Piaget

Publié dans Enseignement | Laisser un commentaire

Séminaire – Séminaire de langue et littérature médiévales (Université Jean Monnet Saint-Étienne)

Université Jean Monnet Saint-Étienne
Site Tréfilerie – 33, rue du 11-Novembre – Bâtiment M, Salle M001

co-organisé par Pierre Manen (ECLLA) et Thibaut Radomme (IHRIM)

Contacts :
pierre.manen@univ-st-etienne.fr
thibaut.radomme@univ-st-etienne.fr

Lundi 23 septembre, 18h30
Yoan Boudes (Université de Rouen Normandie)
Le texte-ménagerie : les bestiaires français, discours du savoir et du vivant

Lundi 7 octobre, 18h30
Evelyne Oppermann-Marsaux (Université Sorbonne Nouvelle)
•Et il s’escrient tuit ensemble :“Or a lui !” Quelques propriétés de la parole collective et de ses modes de représentation dans la littérature médiévale.

Lundi 21 octobre, 18h30
Emmanuelle Poulain-Gautret (Université de Lille)
•“C’est épique !” Muances d’un genre plus indispensable qu’il n’y paraît.

Lundi 25 novembre, 18h30
Yan Greub (Université de Genève)
La variation régionale de l’ancien français. Un nouveau manuel.

Publié dans Séminaire | Laisser un commentaire

Publication – Marco Conti, « Gouverner l’argent public. Finance, fiscalité et écritures comptables à Bologne, de la commune du peuple (1288) à la seigneurie des Visconti (1360) »

En dressant un état de la fiscalité à Bologne entre la fin du XIIIe siècle et la première moitié du XIVe siècle, ce livre offre un éclairage remarquable sur le fonctionnement politique et administratif de l’une des villes les plus importantes et les plus peuplées de l’Europe médiévale.

Bologne offre un terrain d’étude très favorable en raison de la richesse documentaire de ses archives et d’un renouveau historiographique qui a permis de contextualiser aisément l’étude de la fiscalité urbaine. L’étude de plus de 200 registres de natures différentes, conservés à l’Archivio di Stato de Bologne, permet de montrer que dans le contexte de la guerre contre les seigneurs d’Este, ce sont la dépense publique et son difficile contrôle qui furent le vrai moteur des changements, la raison qui déstabilisa le pouvoir, força l’administration et les institutions à évoluer et poussa à la création de nouveaux outils et d’une nouvelle logique documentaire.

Marco Conti enseigne l’histoire médiévale à l’Université Bordeaux Montaigne. Ses principaux domaines de recherche sont la fiscalité médiévale et l’usage pratique de l’écriture.

Informations pratiques :

Marco Conti, Gouverner l’argent public. Finance, fiscalité et écritures comptables à Bologne, de la commune du peuple (1288) à la seigneurie des Visconti (1360), Bordeaux, Ausonius Éditions, 2024 ; 1 vol., 228 p. (Scripta Mediaevalia, 49). ISBN : 978-2-35613-609-1. Prix : € 19,00.

Source : Ausonius

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Du potager à l’Hortus Conclusus. Le jardin médiéval dans tous ses états / From vegetables to the Hortus Conclusus. The medieval garden in all its forms

English version below

Les traditionnelles Journées d’études organisées par les Jeunes Chercheur·euses Médiévistes (JCM) se tiendront cette année les 13 et 14 mars 2025 à l’Université de Fribourg. Selon une perspective interdisciplinaire, elles seront consacrées au thème du jardin médiéval. Qu’ils soient alimentaires ou d’agrément, courtois ou philosophiques, d’amour ou de médecine, qu’ils soient Hortus Conclusus ou Deliciarum, les jardins médiévaux constituent un monde à défricher et à cultiver sous tous leurs aspects.

Le jardin se définit avant tout en tant qu’espace délimité d’une nature domestiquée pour la subsistance et le plaisir des personnes qui l’exploitent. Des jardins privés – vivriers ou d’agrément ; tels verger, courtil et maix –, aux jardins monastiques – Hortus Major et Hortus Minor – en passant par les grandes exploitations – hort, huertas, vegas –, les jardins comptent au nombre des invariants de la communauté médiévale, puisqu’indispensables à l’alimentation et aux soins. Dès lors, comprendre les usages des jardins médiévaux devient un enjeu majeur (Coulet 1976) : quelles cultures sont pratiquées et quels aménagements celles-ci nécessitent-elles (Bouby 2000 et Ruas 1990) ? Quelle place les jardins occupent-ils dans l’habitat humain et quelle valeur économique leur accorde-t-on ?

Du francique gard, lieu clos, le jardin médiéval se veut fermé, protégé de l’extérieur. Il est un sanctuaire d’harmonie et de civilisation, triomphant de la nature sauvage. C’est le refuge qui permet le secret de l’aveu d’amour tel qu’il s’illustre dans les textes courtois, les délices et le délassement (Coulet 1989), et l’éveil des sens (Floire et Blancheflor). C’est aussi le lieu des débuts, où la reverdie initie les romans (Vigneron 2002) et

lance les aventuriers sur les routes (Gottfried von Strassburg), lieu où se joue également l’estoire allégorique (Roman de la Rose, Le Songe du Verger). Comment faire le lien entre ces représentations fictionnelles et les pratiques sociales qu’elles problématisent ? Quelles sont les activités qu’on y pratique, les symboliques qui lui sont attachées et leurs implications dans le quotidien ?

Le jardin, c’est également, celui de l’Eden, de la Création, et ultimement, du Paradis : le jardin dont l’homme a été chassé et auquel il est destiné (Gesbert 2003). Lieu de promesse et de Salut, le jardin terrestre est toujours l’image du Jardin Originel créé et voulu par Dieu, dans sa pureté et sa virginité (McAvoy 2021), en témoignent les nombreuses représentations de la Vierge dans un jardin. Il n’est dès lors pas étonnant de voir se multiplier les jardins métaphoriques comme l’Hortus Deliciarum de Herrad von Landsberg, somme du savoir et de l’art, les jardins des connaissances (Vincent de Beauvais, Barthélémy l’Anglais), mais aussi les jardins de santé (Hildegard von Bingen, Albert le Grand), les jardins de plaisir (Piero de’ Crescenzi) tout comme les anthologies, bouquets et florilèges de textes (Le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique, La Fleur des histoires).

Pour ces journées d’études, les JCM vous proposent d’explorer un ou plusieurs aspects des jardins médiévaux et de venir confronter vos recherches à d’autres, dans une perspective interdisciplinaire. Les présentations dureront une vingtaine de minutes, avec un intérêt tout particulier pour l’inclusivité linguistique. Ainsi, un support PowerPoint bilingue (langue de présentation + autre langue parmi le français, l’allemand, l’italien et l’anglais) vous sera demandé.

Nous invitons tous·tes les jeunes chercheur·ses médiévistes à nous faire parvenir leur proposition de contribution, d’une page, accompagnées de renseignements pratiques (titre du dernier diplôme obtenu, institution de rattachement, domaine de recherche), en format Word, d’ici au 15 novembre 2024 à l’adresse suivante : jcm.unifr@gmail.com.

The traditional research seminar held by the Jeunes Chercheur·euses Médiévistes (JCM) are going to take place this year on the 13th and 14h of March 2025 at the University of Fribourg. From an interdisciplinary perspective, they will be dedicated to the theme of the medieval garden. Whether they are for food or for leisure, courtly or philosophical, for love or for medicine, whether they are Hortus Conclusus or Deliciarum, medieval gardens are a world to be explored and cultivated in all their aspects.

The garden is defined above all as a delimited space of domesticated nature for the subsistence and pleasure of the people who use it. From private gardens – for food or leisure, such as orchards, courtil and maix – to monastic gardens – Hortus Major and Hortus Minor – and large-scale farms – hort, huertas, vegas – gardens were an integral part of the medieval community, as they were essential for food and health. From then on, understanding the uses of medieval gardens became a major issue (Coulet 1976): what crops are grown and what facilities they require (Bouby 2000 and Ruas 1990)? What place gardens occupy in the human habitat and what economic value are placed on them?

From the Franconian word gard, enclosed place, the medieval garden is built to be closed, protected from the outside world. It is a sanctuary of harmony and civilization, triumphant over wild nature. It is the refuge that allows the secret confession of love as illustrated in courtly texts, delights and relaxation (Coulet 1989), and the awakening of the senses (Floire and Blancheflor). It is also the place of beginnings, where the reverdie initiates the novels (Vigneron 2002) and launches the adventurers on the roads (Gottfried von

Strassburg). It is also the place where the allegorical story is played out (Roman de la Rose, Le Songe du Verger). How can we make the link between these fictional representations and the social practices they problematise? What activities are carried out there, what symbolism is attached to it and what implications does it have for everyday life?

The garden is also the garden of Eden, of Creation, and ultimately of Paradise: the garden from which man was driven and to which he is destined (Gesbert 2003). A place of promise and salvation, the earthly garden is always the image of the original garden created and willed by God, in all its purity and virginity (McAvoy 2021), as evidenced by the many representations of the Virgin Mary in a garden. It is therefore hardly surprising to see the proliferation of metaphorical gardens such as Herrad von Landsberg’s Hortus Deliciarum, the sum of knowledge and art, as well as gardens of knowledge (Vincent de Beauvais, Bartholomew the Englishman), but also gardens of health (Hildegard von Bingen, Albert the Great), gardens of pleasure (Piero de’ Crescenzi) as well as anthologies, bouquets of texts (Le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique, La Fleur des histoires).

For this event, the JCM invite you to explore one or more aspects of medieval gardens and to compare your research with that of others, from an interdisciplinary perspective. Presentations will last around twenty minutes, with a particular focus on linguistic inclusivity. You will be asked to provide a bilingual PowerPoint presentation (language of presentation + another language from among French, German, Italian and English). We invite all young medieval researchers to send us their proposal for a contribution, of one page, together with practical information (title of last degree obtained, institution to which they belong, field of research), in Word format, by 15th November 2024 to the following address: jcm.unifr@gmail.com.

Comité d’organisation :

Marine Pitteloud, Doctorante FNS, UNIFR ; Ludovica Quartiroli, Assistante doctorante, UNIFR ; Bastien Racca, Doctorant FNS, UNIFR ;
Clarisse Reynard, Assistante doctorante, UNIGE ; Hippolyte Souvay, Assistant doctorant, UNIFR.

Comité scientifique :

Michele Bacci, Professeur, UNIFR;
Prunelle Deleville, Maître-Assistante, UNIGE; Chloé Gumy, Assistante doctorante, UNIL ;
Sandy Maillard, Assistante doctorante, UNINE ; Ludovica Quartiroli, Assistante doctorante, UNIFR ; Quentin Savary, Assistant doctorant, UNIGE.

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Colloque – Loyautés politiques partagées de 1350 à 1490 (France, Angleterre, péninsule Ibérique)

Au Moyen Âge, la loyauté se distingue de la « foi » et de la « fidélité » par sa dimension juridique, même si la notion garde bien sûr une dimension concrète et religieuse. L’homme loyal est celui qui est fidèle à un engagement légal. Parmi tous les engagements légaux, la cérémonie de l’hommage est sans doute une des éléments structurants de la société médiévale. Pourtant, la loyauté qu’elle implique cause souvent des soucis, dès lors qu’elle rentre en conflit avec d’autres fidélités, ou avec ce que l’on considère comme son « bon droit ». La littérature médiévale regorge de récits de loyautés mises à l’épreuve, tiraillées.

Les loyautés partagées existent bien avant la fin du Moyen Âge : on a même inventé l’hommage lige pour tenter – sans succès – de les résoudre. Mais en France comme dans les pays voisins (Angleterre, Navarre, Castille), la question ne se pose jamais avec autant d’acuité que pendant la Guerre de Cent Ans. C’est l’époque des conflits fratricides, de la guerre civile de Castille (1351-1369) à la guerre entre Bourguignons et Armagnacs (1407-1435) ou la guerre des Deux roses (1455-1485). Les loyautés sont aussi partagées dans le cadre de conflits internationaux, comme le schisme pontifical (1378-1418) ou la guerre franco-anglaise. Les cas de seigneurs ou d’autorités urbaines qui naviguent entre les camps sont très nombreux, entre retournements de veste (cinq fois en cent ans pour les Albret) et stratégies familiales complexes pour plaire aux deux camps (chez les Grailly par exemple).

Face à ces conflits, de nouveaux liens de patronage politique apparaissent, sous la forme d’un « bastard feudalism » qui prend diverses formes selon les contextes nationaux. En France, comme l’a montré Peter Lewis, le phénomène s’accélère dans les années 1380, et provoque de plus en plus de conflits de loyautés, surtout à une époque où la monarchie a des intérêts qui s’opposent à ceux des grands féodaux.

Cette journée d’études a pour but de mieux comprendre comment ces loyautés partagées s’articulent avec les luttes de faction – certains ont même parlé de partis politiques – dans un Moyen Âge grandement acquis aux théories organicistes qui ne conçoivent le peuple que comme un seul corps devant obéir à un roi-tête, qui critiquent toute division d’opinion et qui condamnent tout ‘parti’ comme séditieux. Il s’agit d’inscrire les recherches dans une dimension comparative entre différentes régions, et de se décentrer du tropisme parisien trop présent dans les études sur le sujet en France, pour voir la manière dont la vie partisane a pu s’exprimer ailleurs en France.

Mercredi 25 septembre

8h30 – Accueil

9h –Introduction

9h20Séance 1 : Loyautés partagées dans la France lancastrienne

9h20 – Anne Curry (University of Southampton). Loyalty and Conquest: the evidence of the Norman rolls of Henry V 1417-1422

10h10 Pause

10h30 – Eleanor Bailey (University of Sheffield). Appealing to loyalty: Courts, precedent, and lettres de rémission in Lancastrian Normandy, 1415-1437

11h20 – Rémy Ambühl (University of Southampton). Reconquête et loyauté : l’exemple de Rouen (1449)

12h15 – Repas

14h15Séance 2 : La noblesse française face aux guerres civiles.

14h15 – Pierre Courroux (Université de Pau et des Pays de l’Adour). Comment devient-on Bourguignon ? Le cas de Jean II Larchevêque, seigneur de Parthenay (1401-1427)

15h05 – Bertrand Schnerb (Université de Lille). Noblesse et rivalités princières dans le Nord de la France (v. 1410-v. 1420)

15h55 – Pause

16h15 – Justine Firnhaber-Baker (University of Saint Andrews). Echoes of the French succession dispute of 1316-17: The Navarrese faction and the Hundred Years War

17h05 Pot d’honneur au château

Jeudi 26 septembre

8h30 – Accueil

9h00 –  Séance 3 : Propagande et prise de parti en France méridionale à la fin du XIVe siècle

9h00 – Paul Mironneau (Musée et domaine national du Château de Pau). « Adulatio » et loyauté. Quelques exemples autour du Prince Noir

9h50 – Vincent Challet (Université de Montpellier). Une voie étroite: les consulats languedociens entre Foix et Armagnac (circa. 1360- circa. 1390)

10h40 – Pause

11h00 – Visite du château

12h20 – Repas

14h00 – Séance 4 : Loyautés partagées en péninsule Ibérique et en Gascogne

14h00 Ekaitz Etxeberria Gallastegi (Universidad del País Vasco). “The most important thing in war is opinion”. Military strategy and war propaganda in Late Medieval Castilian civil wars.

14h50  Íñigo Mugueta Moreno (Universidad Pública de Navarra). Loyautés politiques divisées et alliances changeantes dans le Royaume de Navarre: les factions agramontaise et beaumontais (1461-1493)

15h40 – Pause

16h00 Katy Bennett (University of York). ‘Natural’ lordship and ‘true’ faith: the language of loyalty in Gascon changes of allegiance during the Hundred Years War

16h50 – Mot de conclusion

Informations pratiques :

Du 25 sept. au 26 sept. 2024

Sous la direction de Pierre Courroux (ITEM UPPA), en partenariat avec la Bristish Academy.

Musée national et domaine du Château de Pau.

Source : Université de Pau

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire