Colloque – Une histoire de goût. Production, consommation et typicité des produits laitiers en Europe (Moyen Âge-XXe siècle). 45e édition des Journées internationales de Flaran

Ce colloque propose un regard croisé entre archéologues et historiens sur les produits laitiers dans leur variété (lait cru et caillé, beurre, fromages) dans la longue durée du Bas Moyen Âge au XXe siècle.

9h Accueil des participants

9h30-10h10 Sylvain Burri (TRACES/Université Toulouse-Jean Jaurès), Christine Rendu (TRACES/Université Toulouse-Jean Jaurès) et Sylvie Vabre (FRAMESPA/Université Toulouse-Jean Jaurès) Rapport introductif

10h15-12h30

Séance de travail

Session 1 A l’origine du goût :savoirs, pratiques et culture matérielle laitiers et fromagers

  • [R] Peter J. Atkins (University of Durham) The evolution of English territorial cheeses 1200-1850
  • [C] Eugene Costello (University College Cork, Stockholm University) The environmental knowledge and adaptabilityof pre-modern dairy producers : insights from the north of Europe
  • [C] Catarina Tente (Institute for Medieval Studies, NOVA Lisbon University) et Maria João Valente (Centro de Estudos em Arqueologia,Artes, e ciências do Património,Algarve University) Medieval Portuguese Dairy Production : an analysis from Written Sources, Ethnoarchaeology, and Zooarchaeology

14h30-17h30

Séance de travail

  • [C] Ricardo Córdoba de la Llave et Javier López Rider(Universidad de Córdoba) Production et consommation de lait et de produits laitiers dans la péninsule ibérique à la fin du Moyen Âge
  • [C] Dominique Frère (TEMOS/Université Bretagne Sud) La culture matérielle de la production fromagère dans l’Antiquité et au Moyen Âge d’après les sources iconographiques

Session 2 Du local au commerce international : circuits commerciaux des produits laitiers

  • [R] Sabine Florence Fabijanec (Sveučilište u Zagrebu) La production et le commerce du fromage le long du littoral adriatique croate à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne
  • [C] Mohamed Ouerfelli (IREMAM/Aix Marseille Université) L’exportation du fromage sicilien à la fin du Moyen Âge
  • [C] Fabrice Mouthon (LLSETI/Université Savoie Mont-Blanc) Le paysan, le fromage et le marché dans les Alpes du Nord à la fin du Moyen Âge

18h30-20h30

Table-Ronde coordonnée par Corinne Marache (CEMMC/Université Bordeaux Montaigne) La typicité des fromages au lait cru en péril ? Regards croisés

9h15-12h

Séance de travail

  • [C] Fabrice Poncet (HisTeMé/Université de Caen-Normandie) La production et la commercialisation du beurre frais normand XVIIIe-XIXe siècle
  • [C] Marc Conesa (FRAMESPA/Université de Perpignan-Via Domitia) et Olivier Codina Vialette (Service de Recherche Historique-Patrimoni Cultural d’Andorra) « On ne va pas en faire tout un fromage » : productions, structures et diplomatie des fromages en Andorre à l’époque moderne

Session 3 De la consommation à l’appellation : goût et typicité

  • [R] Sylvie Vabre (FRAMESPA /Université Toulouse-Jean Jaurès) et Rita D’Errico (Università Roma 3) Roquefort et Pecorino romano. Les premiers fromages d’appellation d’origine de l’histoire se comparent
  • [C] Matthew Collins (McDonald Institute for Archaeological Research-University of Copenhagen) Dairy products in Medieval and Modern Europe : peptide traces from skin, teeth and bone

13h30-15h00

Séance de travail

  • [C] Lily Zách (Eötvös Loránd University)The historical significance of curds in the diet and culinary traditionsof Hungary and Central Europe
  • [C] Luciano Maffi, Stefano Magagnoli et Filippo Ranieri Tenti (Università di Parma) Le « capital réputationnel » du Gorgonzola et du Parmiggiano-Reggiano. Savoir-faire, typicité et appellations d’origine

14h30-15h00

Sylvain Burri (TRACES /Université Toulouse – Jean Jaurès), Christine Rendu (TRACES/Université Toulouse – Jean Jaurès) et Sylvie Vabre (FRAMESPA /Université Toulouse – Jean Jaurès), Conclusions du colloque

(R : Rapport ; C : Communication)

Pavillon de l’écomusée de Marquèze
Sabres, France (40)

10-11 octobre 2024

Contact et inscription : contact@journeesflaran.org

Source : Calenda

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Appel à contribution – Séminaire de philosophie médiévale

Doctorants en philosophie médiévale à Paris, nous lançons, en partenariat avec le Centre Pierre Abélard de la Sorbonne, un séminaire doctoral de philosophie médiévale. Ce séminaire a pour objectif d’encourager et de valoriser le travail des jeunes chercheuses et chercheurs en philosophie médiévale, en permettant un échange régulier et convivial entre doctorant.e.s et post-doctorant.e.s.

Chaque séance consistera en trois parties :

  • L’un.e des participant.e.s présente sa recherche en cours (chapitre de thèse, article, …) pendant environ une demie-heure. L’intervenant.e prépare si besoin un exemplier des textes commentés pendant son exposé.
  • Puis, pendant 45 minutes environ, on discute l’exposé présenté.
  • On échange sur les actualités de la philosophie médiévale (conférences, bourses et séjours de recherche, appels à contribution, etc.).

Ce séminaire s’adresse d’abord aux doctorant.e.s et post-doctorant.e.s en philosophie, travaillant sur la période médiévale (latine et arabe, mais aussi sur la patristique et la philosophie byzantine), mais les doctorant.e.s ou post-doctorant.e.s en théologie ou en histoire des idées sont également chaleureusement invité.e.s à participer et/ou à proposer une communication.

Les dates retenues pour le séminaire sont les suivantes :
jeudis 17 octobre, 21 novembre, 19 décembre 2024, 23 janvier, 20 février, 15 mai 2025.

Chaque séance commencera à 18h et aura lieu en Sorbonne (salle communiquée ultérieurement).

Nous invitons tou.te.s les doctorant.e.s et post-doctorant.e.s intéressé.e.s à nous proposer une intervention sous forme d’un titre et d’une courte description (quelques phrases) avant le 15 septembre. Merci de bien vouloir préciser également :

  • Année d’inscription en thèse
  • Titre de la thèse
  • Nom du/de la directeur.rice de thèse
  • Université et, le cas échéant, école doctorale de rattachement
  • Au moins deux dates de préférence pour la communication

Envoi à l’une des adresses suivantes : arman.farzan@ehess.fr ; irene.gay@campusicp.fr ; annasoph.lange@gmail.com

Nous nous réjouissons par avance de vos propositions !

Arman Farzan (EHESS)
Irène Gay (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg/ICP)
Anna-Sophie Lange (Sorbonne Université)

Source : Centre Pierre Abélard

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Colloque – Making Decisions as a Community. Records of Deliberation and Political Cultures in the Late Medieval Alps

Which political ideals inspired mountain populations in the late Middle Ages? Who could take part in politics and how? Which were the main themes at stake in the collective debate? How were the communities’ records produced and preserved?

Programme et informations pratiques au format PDF : ici

The ERC StG DEMALPS project (Democracies of the Alps. Issues, practices and ideals of politics in mountain communities, 1300-1500) examines mountain areas in the late Middle Ages as the basis for new political experiences, inspired by original values and practices of self-government. The project focuses on the Western Alps of the 14th-15th centuries, a vast territory (including regions that are now French, Italian and Swiss) that witnessed unprecedented political ferment and lively experimentation with political forms and institutions. Thanks to a rich corpus of sources scattered in the communities’ archives, DEMALPS will offer an exceptional insight into the political ideals of the inhabitants of the Alps, investigated with an interdisciplinary approach that combines medieval history, digital humanities, archival science and diplomatics. DEMALPS is a ‘digital native’ project, conceived expressly with a view to group research, thanks to the development of an online platform for collecting, analysing and sharing data within the research team and subsequently with the scientific community. The first steps of this work will be discussed next week! In the next few days we will present our team

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Atelier – La physicochimie du parchemin et des encres : approches expérimentales et historiques

L’Université de Namur organise un colloque-atelier résidentiel sur le thème de la physicochimie du parchemin et des encres selon des approches expérimentales et historiques.

Il se déroulera du 2 au 6 septembre 2024 au Gîte du domaine d’Haugimont (propriété de l’Université de Namur) et traitera des manuscrits médiévaux dans leurs aspects matériels et historiques (fabrication du parchemin et des encres). Cet évènement s’adresse à des historiens, des archéologues, et des chercheurs en sciences physiques et chimiques. La participation est gratuite pour les doctorants attachés aux écoles doctorales du FNRS dans les disciplines concernées.

À la croisée de l’archéologie, de l’histoire et des sciences exactes, ce colloque-atelier donnera la parole à trois orateurs (un physicien, un chimiste et un historien) qui présenteront les recherches interdisciplinaires qu’ils mènent de concert dans ce domaine. Des ateliers de reproduction de parchemin, d’encres, et de matériel d’écriture seront organisés chaque jour.

L’atelier sur les encres sera animé par Franck Bonnois qui a obtenu le titre d’enlumineur de France en 2017. Expert des enluminures du XIIIe siècle, il possède un atelier pour la confection de facsimile de documents historiques ainsi que de reproduction de peintures ou décorations médiévales.

La démonstration de fabrication de parchemin sera donnée par Jean-Charles Bavouzet, fils de parcheminier levrousain. Une visite guidée d’une demi-journée aux Archives de l’État à Namur permettra aux participants de découvrir de nombreux documents en parchemin.

Ce colloque-atelier vise à favoriser les collaborations et tisser des réseaux au sein de la communauté de recherche scientifique sur les écrits médiévaux.

Programme provisoire :

Lundi 2/09/2024


08h30 | Accueil des participants
09h00 | Mot de bienvenue, présentation des intervenants (O. Deparis), introduction à l’atelier de parcheminage par l’intervenant (J-C. Bavouzet)
09h45 | Pause-café
10h00 | Atelier parcheminage : pratique guidée
12h00 | Repas

13h30 | Atelier parcheminage : pratique guidée
18h00 | Diner

Mardi 3/09/2024


08h30 | Petit-déjeuner
09h00 | Conférence n°1 : Fabrication du parchemin et problématique de reconnaissance de l’espèce animale (O. Deparis)
09h45 | Pause-café
10h00 | Fabrication d’encre ferro-gallique : préparation de l’encre et préparation des ingrédients. Préparation du parchemin pour l’écriture. Préparation d’eau de gomme (F. Bonnois).
12h00 | Repas

13h30 | Visite guidée (N. Ruffini-Ronzani) des collections de manuscrits aux  Archives de l’Etat à Namur
18h00 | Diner
19h00 | Temps libre

Mercredi 4/09/2024


08h30 | Petit-déjeuner
09h00 | Conférence n°2 : Les encres et pigments dans les manuscrits médiévaux (N. Ruffini-Ronzani)
09h45 | Pause-café
10h00 | Essai d’encre ferro-gallique avec plumes sur papiers et parchemins (F. Bonnois).
12h00 | Repas

13h30 | Préparation d’encres de couleur : noir de pêche, rouge cinabre, minium/cinabre, bleu azurite, bleu lapis-lazuli et poudre d’or, par groupes de 2 ou 3. Essais de ces encres sur papiers et parchemins (F. Bonnois).
18h00 | Diner
19h00 | Temps libre

Jeudi 5/09/2024


08h30 | Petit-déjeuner
09h00 | Conférence n°3 : Physicochimie des encres et pigments médiévaux (D. Gravis)
09h45 | Pause-café
10h00 | Enluminure d’une lettrine : report du dessin, encrage, dorure et peinture (F. Bonnois).
12h00 | Repas

13h30 | Enluminure d’une lettrine : report du dessin, encrage, dorure et peinture (F. Bonnois).
18h00 | Diner
19h00 | Temps libre

Vendredi 6/09/2024


08h30 | Petit-déjeuner
09h00 | Conférence n°4: Méthodes scientifiques d’identification de l’espèce animale des parchemins (O. Deparis).
09h45 | Pause-café
10h00 | Enluminure d’une lettrine : report du dessin, encrage, dorure et peinture (F. Bonnois).
12h00 | Repas

13h30 | Discussions et bilan des ateliers, mot de conclusion (O. Deparis)

18h00 | Fin

Informations pratiques :

Le logement au gîte d’Haugimont ainsi que les repas sur place sont offerts à tous les participants inscrits (payants ou non).  Le prix pour la participation payante est fixé à 150€. Pour la bonne organisation, le nombre de participants est limité à une vingtaine.

Le logement, confortable mais modeste, est partagé (chambres communes avec lits superposés, sanitaires communs). La literie n’est pas fournie : les participants sont invités à amener draps, oreillers, couvertures ou sacs de couchage.

Inscription : ici


Cet évènement bénéficie des soutiens financiers du FNRS, du FSR-Ecoles doctorales et des instituts NISM et PaTHS de l’UNamur, et du centre de recherche en pratiques médiévales de l’écrit (PraME, UNamur). 

Comité scientifique : Dr David Gravis (UNamur), Dr Nicolas Ruffini-Ronzani (Fed-Twin, UNamur), Prof. Olivier Deparis (UNamur), Prof. Baudouin Van den Abeele (UCLouvain)

Comité organisateur : Karin Derochette (UNamur, admin. Comm.), Dr Nicolas Ruffini-Ronzani (Fed-Twin, UNamur), Prof. Olivier Deparis (UNamur)

Source : Pergamenum 21

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Appel à contribution – La Fleur des histoires de Jean Mansel, un trésor de clergie

Boulogne-sur-Mer, 22-24 octobre 2025
Université Littoral Côte d’Opale, UR 4030 HLLI
Organisatrices : Elena KOROLEVA et Prunelle DELEVILLE

« Notable clercq lay demourant a Hesdin en Artois1 », Jean Mansel (ca. 1400-1473) fit une belle carrière de fonctionnaire dans l’administration de la cour de Bourgogne, ce qui ne l’empêcha pas de s’adonner à l’écriture. Dans les années 1440, il composa La Fleur des histoires, destinée à devenir un best-seller de la seconde moitié du XVe siècle. Souvent désignée comme une histoire universelle, la Fleur déborde les limites d’un genre précis. Cette vaste compilation a pour objectif de raconter l’histoire de l’humanité, de la Création au couronnement de Charles VI (1380), et d’offrir une somme de connaissances encyclopédiques sur les pays et les peuples ; grâce à l’ajout de parties moralisantes et de recueils d’exempla, elle se veut aussi un véritable livre de bonnes mœurs2 voué à contribuer au progrès spirituel de ses lecteurs. Compte tenu de l’ampleur du projet, il n’est pas étonnant que la version la plus ancienne, dite brève, en trois livres, s’étale sur pas moins de 847 feuillets dans les deux volumes ayant appartenu au duc de Bourgogne Philippe le Bon (Bruxelles, KBR, 9231-9232). Pour donner un rapide aperçu du contenu d’après cet exemplaire ducal, précisons que le livre I relate l’histoire biblique, d’Adam et Ève aux Macchabées, et l’histoire profane de l’Antiquité, de Thèbes à Auguste ; le livre II comporte la vie et les miracles de la Vierge, la vie de Jésus et l’histoire des anges, puis offre une section consacrée aux commencements de Rome, suivie du traité des provinces du monde et de l’histoire du Hainaut ; enfin, le livre III, le plus long et varié, propose des vies de saints, une adaptation du Dialogue de saint Grégoire, un recueil d’anecdotes exemplaires, l’histoire de Rome et de France, celle des papes ainsi qu’un ensemble de récits et traités moraux. Ce texte foisonnant fut retravaillé par l’auteur au début des années 1460 afin de fournir une matière encore plus riche, cette fois-ci distribuée en quatre livres.


La réussite de l’entreprise ambitieuse de Jean Mansel est indéniable : nous avons conservé plus de cinquante volumes manuscrits de différentes versions du texte3. Nombre d’entre eux sont richement enluminés et offrent un programme iconographique complexe. Parmi les possesseurs de ces livres luxueux, on trouve Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, Pierre II de Bourbon, le roi Édouard IV d’Angleterre, le roi Louis XII, l’amiral Louis Malet de Graville, le cardinal Georges d’Amboise, le mémorialiste Philippe de Commynes ainsi que des nobles installés dans les provinces du Nord et proches de la cour ducale, comme Philippe de Hornes ou des membres de la famille de Croÿ. Certaines sections de la Fleur – les histoires romaines, le recueil d’exempla ou encore la partie portant sur l’histoire du Hainaut, région natale de l’auteur – ont été extraites du texte et ont circulé indépendamment de l’ensemble, une autre preuve, s’il en fallait, du succès de l’ouvrage de Jean Mansel.

Demeurée inédite jusqu’à présent, La Fleur des histoires (version en trois livres) fait actuellement l’objet d’une édition critique menée par une équipe internationale composée de onze chercheur.ses (https://fleur.hypotheses.org/equipe). En lien avec ce travail d’édition, nous souhaitons organiser un premier colloque international consacré à cette œuvre, encore largement méconnue et peu étudiée. Le colloque se tiendra à Boulogne-sur-Mer du 22 au 24 octobre 2025 et réunira des spécialistes de plusieurs disciplines (langue et littérature médiévales, histoire, histoire de l’art).

Les communications proposées pourront porter sur :
-l’évolution du texte de la Fleur et les relations entre ses différentes versions
-les sources des récits incorporés à la Fleur et leur traitement par Jean Mansel
-la langue et le style de l’auteur
-le caractère hybride de l’ouvrage et sa portée didactique
-la tradition manuscrite et les relations entre les témoins du texte
-les enluminures et le programme iconographique de différents exemplaires de la Fleur
-le rapport texte / image dans les manuscrits de la Fleur
-l’activité des ateliers où ces exemplaires furent copiés et enluminés
-les scribes et les artistes ayant contribué à la réalisation des manuscrits de la Fleur
-la place de la Fleur au sein de la production littéraire, historique et didactique des Pays-Bas
bourguignons.

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes
et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisatrices avant le 15 septembre 2024 :
elena.koroleva@univ-littoral.fr, prunelle.deleville@unige.ch

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Publication – Thomas d’Aquin, « Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote », trad. Barbara Ferré

e Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote rédigé par Thomas d’Aquin aux alentours de 1272-1273 est une énigme. Pourquoi le théologien, qui est alors au faîte de sa carrière, entreprend‑il le commentaire littéral d’un texte sur la nature qui, manifestement, n’était pas destiné aux étudiants en théologie ? Avait-il, comme Albert le Grand, le projet de « rendre Aristote intelligible aux Latins » ? Cherchait-il à préciser ce qu’on peut appeler à la suite de Wilfrid Sellars « l’image manifeste de l’homme-dans-le-monde » ? Ou était‑il en train d’accorder la vision aristotélicienne d’un Univers clos et éternel avec le Ciel de la Foi chrétienne ? Dans cet ouvrage, où il est question d’explorer conceptuellement l’Univers corporel à partir de la lettre d’Aristote, Thomas livre un témoignage très singulier de son propre style de pensée. À ce titre, le texte présente un intérêt à la fois historique et philosophique. Parce qu’il aborde la question de la nature et la place des mathématiques dans son traitement, ce commentaire thomasien est aussi une source d’information intéressante pour l’histoire des sciences.

La présente traduction fait le choix de la précision, laissant ainsi au texte thomasien le style caractéristique d’un commentaire à haute voix écrit sous la dictée.

Barbara Ferré, agrégée de Lettres Classiques, maître de conférences à l’IPC (Paris), membre titulaire de l’ER IPC (RNSR : 201624341T). Elle travaille actuellement sur la traduction de la Physica d’Albert le Grand.

Emmanuel Brochier, maître de conférences en philosophie, doyen de l’IPC (Paris) et directeur de l’ER IPC (RNSR : 201624341T). Il poursuit ses travaux sur la réception de la Physique d’Aristote au XIIIe siècle.

Table des matières :

SOMMAIRE
INTRODUCTION

Contextes, transmissions et censures
Le commentaire du De caelo d’Aristote et la révolution copernicienne
Les traductions et les commentaires du De caelo au XIIIe siècle
Le De caelo sous la censure parisienne et l’intérêt des dominicains pour les libri naturales
Les sources du commentaire thomasien
L’Aristoteles Latinus
Les commentateurs d’Aristote
Simplicius, Alexandre d’Aphrodise et Jean Philopon
Avicenne et Averroès
La foi catholique
Platon, Euclide et Boèce
Autour de trois philosophèmes
Le problème de l’unité du De caelo
Le ciel à la croisée des disciplines
Le De caelo et la philosophie première
Le De caelo et la géométrie
La nature et Dieu dans la science de la nature
Contre Ptolémée
Dieu et la nature
L’influence du commentaire thomasien du De caelo
L’influence sur les Auctoritates Aristotelis
Le rejet par la condamnation de 1277
L’influence sur Pierre d’Auvergne et sur Jean Buridan

NOTE SUR LA TRADUCTION

COMMENTAIRE DU TRAITÉ DU CIEL D’ARISTOTE

Livre I. L’Univers
Livre II. Les corps célestes
Livre III. Les corps inférieurs

BIBLIOGRAPHIE
INDEX NOMINUM

Informations pratiques :

Thomas d’Aquin, Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote« , trad. Barbara Ferré, avec la collaboration d’Emmanuel Brochier, Paris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 678 p. (Sagesses médiévales, 27). ISBN : 9782251455747 . Prix : € 55,00.

Source : Les Belles Lettres

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Colloque – His verbis exprime luctum. Supports, style et usages de la poésie funéraire (IXe-XIIe siècles)

Première session (Université de Poitiers, CESCM)
La matière de la poésie funéraire
Jeudi 26 septembre 2024

10h30. Accueil

11h. Mot d’accueil – Cécile Voyer (directrice du CESCM, Université de Poitiers)

11h10. Introduction – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

11h30. Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) – L’écriture poétique du deuil, IXe-XIIe siècle : état de la question. Discussion animée par Nicolas Tran (Université de Poitiers)

12h45. Lunch

14h. Andrea Ghidoni – Planctus itera: lingue, stili e tradizioni nella lamentazione funebre letteraria per i sovrani anglonormanni. Discussion animée par Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM)

15h15. Table ronde – Discussion animée par Amal Azzi (Université de Poitiers)

  • Fabien Aguglia (Bibliothèque nationale de France) – Des reines dans la pierre
  • Sébastien-Abel Laurent – Le duc est mort ! Expressions poétiques du deuil et questionnement protonational dans les sociétés aquitaines des XIe et XIIe siècles

17h. Visite du Musée Sainte-Croix – Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) et Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers)

Vendredi 27 septembre 2024

8h30. Accueil

9h. Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM) La poésie funéraire au Royaume de Jérusalem : le cas des épitaphes du roi Baudouin Ier. Modération à confirmer

10h15. Table ronde – Discussion animée par Blanche Lagrange (Université de Poitiers)

  • Benoît Traineau (Université de Poitiers) – Épitaphes monastiques dans les Carmina Centulensia : louer les vertus du moine
  • Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) – Les épitaphes de Bruno : une mémoire oubliée ?

11h45. Premières conclusions – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

Deuxième session (Université Catholique de Louvain)
Style et mise en scène de la poésie funéraire
Jeudi 28 novembre 2024

10h30. Accueil

11h. Mot d’accueil – Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain) et Xavier Hermand (Université de Namur)

11h10. Introduction – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

11h30. Andrea Ghidoni (Università degli Studi di Genova) – Tradizioni, raggruppamenti e tipologie del planctus latino medievale. Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

12h45. Lunch

14h. Vincent Debiais (École des hautes études en sciences sociales) – Poétiques de l’appartenance. Mise en scène du groupe dans la documentation épigraphique (XIIe-XIIIe s.). Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

15h15. Wim Verbaal (Universiteit Gent) – La mort et les maîtres : la poésie funéraire et les écoles. Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

16h45. Table ronde – Discussion animée par Caroline Supply (fnrs, Université Catholique de Louvain)

  • Paola Mocella (Società Internazionale per lo Studio del Medioevo Latino) – Post mortem melius vivit in arce poli: temi e stilemi nella poesia funeraria di Alcuino
  • Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève) – Les poètes ligériens et la matière funéraire

Vendredi 29 novembre 2024

8h30. Accueil

9h. Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) – Copier une épitaphe à l’époque carolingienne : œuvre de mémoire, support de méditation ou modèle littéraire ? Discussion animée par Baudouin Van den Abeele (fnrs, Université Catholique de Louvain)

10h. Table ronde – Discussion animée par Elise Philippe (fnrs, Université Catholique de Louvain)

  • Seán Karnani-Stewart (University of Toronto) – Incomplete Epitaphs in a Carolingian Sylloge
  • Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers) – Qui tumulum cernit. L’évocation poétique de la tombe dans les rouleaux mortuaires

11h30. Conclusions générales – Vincent Debiais (École des hautes études en sciences sociales)

La première session aura lieu à la Salle Crozet (CESCM, hôtel Berthelot E13, 24 rue de la Chaîne à Poitiers). Merci de signaler votre présence à Eléonore Venturelli.

La deuxième session aura lieu au Learning Center Christine de Pizan (31 place du Cardinal Mercier à Louvain-la-Neuve). Merci de signaler votre présence à Eléonore Venturelli.

Il sera possible de suivre les sessions en ligne en s’inscrivant auprès d’Eléonore Venturelli.

Pour toute question, veuillez utiliser l’adresse de contact eleonore.venturelli@uclouvain.be

Comité organisateur

Julien De Ridder (Aspirant fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève)
Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers)
Eléonore Venturelli (Aspirante fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

Comité scientifique

Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)
Xavier Hermand (Université de Namur)
Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM)
Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers)
Wim Verbaal (Université de Gand)

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Appel à contribution – Abandon de poste. Processus, usages et représentations de l’abandon du patrimoine bâti militaire, de l’Antiquité à nos jours

Comité scientifique : Philippe Bragard, Université Catholique de Louvain, (UMR 8529 – IrHIS Université de Lille); Charles Davoine, Université de Toulouse – Jean Jaurès, (PLH-ERASME – EA 4601); Aude Le Gallou, Université de Genève, UR Médiations; Nicolas Meynen, Université de Toulouse, (FRAMESPA – UMR 5136-CNRS); Nicolas Offenstadt, Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, (IHMC – UMR 8066); Émilie d’Orgeix, Ecole Pratique des Hautes Etudes, PSL Université (HISTARA – EA 7347); Alain Schnapp, Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, INHA; Valérie Toureille, Université Cergy-Paris Université

Date limite de l’appel : 15 décembre 2024 le 15 décembre 2025 à l’adresse
suivante : colloque.abandondeposte@unicaen.fr

Lien vers l’appel à communications (pdf) : Appel _Abandon _poste 2025
Link to the call for papers (pdf)  : Call_abandon_position_2025

ARGUMENTAIRE

Ce colloque international porte sur l’histoire de l’abandon du patrimoine bâti militaire, étudié dans une perspective diachronique et pluridisciplinaire. Il entend traiter le sujet de la manière la plus exhaustive possible, des problèmes de méthodologie et de gestion posés par ces édifices particuliers jusqu’aux représentations de l’abandon dans l’imaginaire collectif. À ce titre, la parole est donnée à tous les acteurs concernés, et les communications en histoire et histoire de l’art, archéologie, géographie, sociologie, architecture… seront toutes bienvenues.

Parmi les forts construits pour protéger Paris à la fin du XIXe siècle, celui du Haut-Buc, bâti pour abriter plus de 800 hommes en garnison, est aujourd’hui inoccupé, traversé par quelques explorateurs, photographes, ou militaires à l’entraînement. Comment ce lieu stratégique d’un important système de défense a-t-il perdu sa fonction militaire ? Comment le déclassement a-t-il provoqué son délaissement ? Qui s’occupe aujourd’hui de ce site pour en assurer la sécurité et à qui appartient-il ? Ce sont toutes ces interrogations qui traversent et structurent ce colloque.

Des peintres romantiques aux urbexeurs, l’intérêt pour les ruines et pour les sites abandonnés n’est pas nouveau bien que la abandonnés n’intéressent plus seulement les photographes, street-artistes, romanciers ou individus en quête de montée d’adrénaline mais ils sont investis par la sphère académique. Plusieurs initiatives récentes tels le cycle du séminaire de l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (Paris 1, ENS, CNRS, 2023-2024) intitulé Vers une histoire de l’abandon ou encore le séminaire Patrimoines abandonnés ? Ruines, friches et exploration urbaine (urbex) du Master Histoire de l’Art (Paris 1) témoignent du potentiel de l’histoire de l’abandon au sens large, qui s’impose comme un véritable champ à défricher. D’autres travaux, telle la publication de l’ouvrage d’Alain Schnapp Histoire universelle des ruines (2020) ou les activités de l’ANR Ruines et du GIS Patrimoines militaires, fondé en 2019, témoignent aussi de ce dynamisme scientifique.

Dans sa thèse, Aude Le Gallou définit l’abandon d’abord comme « un processus de désinvestissement matériel, économique, symbolique et affectif [caractérisé par] la perte de fonction d’un lieu, d’abord affecté à un usage donné (productif, récréatif, résidentiel, spirituel, politique…) et qui, pour des raisons diverses, s’en voit désinvesti » (Aude Le Gallou, 2021). Un deuxième élément correspond à l’absence d’un propriétaire connu ou identifié, qui aurait cessé d’assumer ses responsabilités légales, fonctionnelles et statutaires (Nicolas Offenstadt, 2024). Ces aspects se complètent sans toujours se superposer, tant chaque situation d’abandon est unique.
L’abandon est donc un processus dynamique, une situation transitoire particulière dont il importe de saisir chaque étape, de l’activité originelle à la réaffectation, l’oubli ou la destruction. Considérant que les questions de revalorisation et de réhabilitation constituent un sujet à part entière – par ailleurs davantage étudié (Stéphanie Lotz-Coll, 2017), elles sont exclues du propos qui entend se focaliser sur le temps de l’abandon. Si le processus est universel, le colloque ambitionne de questionner la spécificité du patrimoine militaire face à l’abandon.


D’un point de vue méthodologique, la situation d’abandon a produit une documentation aussi riche que complexe. Des sources archéologiques aux documents normatifs en passant par les ressources iconographiques, les dossiers documentaires sont nombreux à pouvoir être mis à profit pour servir le questionnement et une attention particulière sera portée à la représentation de cette variété dans les communications. L’archéologie illustre parfaitement ce paradoxe : bien souvent seule compétente pour expliciter des étapes d’abandon dont on ne conserve pas la trace par ailleurs (la technologie LIDAR fournit à cet égard des résultats probants), elle doit rivaliser d’ingéniosité pour exploiter des ressources difficiles d’accès et réticentes à la lecture.
Cette réflexion sur les sources de l’abandon est donc partie intégrante de la discussion, tout comme celle de la définition de notre objet d’étude qui se caractérise en effet par sa diversité : de la muraille à la base aérienne en passant par l’hôpital militaire, il englobe des bâtiments aux fonctions défensives, logistiques, sanitaires, stratégiques, administratives ou encore de casernement. En définitive, la patrimoine bâti militaire est entendu au sens large, comme l’ensemble des édifices construits par une autorité militaire ou caractérisés par leur usage militaire.
Si pour qu’il y ait ruines, il faut qu’il y ait abandon, l’inverse n’est pas forcément vrai. Ces remarques liminaires soulèvent d’ores et déjà un problème de définition qu’il s’agira en premier lieu d’éclaircir dans le cadre d’une table ronde qui introduira le colloque. L’étude de la bibliographie consacrée révèle un certain cloisonnement disciplinaire que cette manifestation entend dépasser en fournissant l’occasion de réunir une équipe de chercheurs internationale et pluridisciplinaire.
Les interventions sollicitées pourront s’intégrer dans l’un des quatre axes suivants :

1 – PROCESSUS ET CHRONOLOGIES DE L’ABANDON DES ÉDIFICES MILITAIRES
La notion d’abandon requiert de s’intéresser à son régime d’historicité (François Hartog, 2003). Si la périodisation « froide » peut expliquer le déclassement d’une structure militaire, une chronologie « vive » (Antoine Prost) et spécifique au lieu permet de mieux comprendre les enjeux autour de l’abandon. Le cas du château de Tancarville en Normandie, successivement actif et délaissé sur une période s’étendant du XIe siècle à la Seconde Guerre mondiale, en est la parfaite illustration. L’objectif de cette session est d’envisager le sujet sur le temps long afin de saisir l’ensemble des mécanismes à l’œuvre dans le processus complexe de l’abandon. Contrairement à la ruine, il est réversible et les édifices peuvent connaître de nombreux cycles au cours desquels se succèdent plusieurs états, entre activité originale et délaissement. Au cours de cette évolution, les transitions et les dynamiques de l’abandon, qui peuvent procéder autant de décisions actives que de phénomènes passifs, sont aussi révélatrices et cette rencontre attache une importance particulière à leur compréhension fine. L’approche diachronique est donc tout indiquée pour répondre à ces problématiques et nous invitons les chercheurs à se saisir de dossiers inédits et d’études de cas dont la confrontation permettra d’une part de déterminer s’il est possible de dresser une chronologie (universelle ou spécifique) de l’abandon du patrimoine bâti militaire et d’autre part de faire émerger un cadre méthodologique pour les études de l’abandon, compris comme un phénomène global.

2 – GÉRER L’ABANDON : ASPECTS JURIDIQUES, ADMINISTRATIFS ET ENVIRONNEMENTAUX
La série des places abandonnées (1VH2218) du Service Historique de la Défense à Vincennes permet de mesurer l’ampleur de la difficulté pour l’administration de qualifier et gérer la diversité des situations de délaissement. Le silence et l’absence relatifs des sources classiquement employées par l’historien quant à l’abandon des édifices militaires révèlent une incapacité chronique, pour les acteurs, à définir des statuts clairement établis du point de vue juridique. Chaque situation étant spécifique au lieu et à son contexte – historique, géographique, économique… – l’abandon s’impose comme un flou juridique qui freine la reconnaissance de ce patrimoine particulier. La discussion doit donc porter sur cette difficulté méthodologique et conceptuelle afin de faire progresser le débat et de proposer des pistes de réflexion pour l’avenir de ces édifices.
La question de l’évolution de la prise en compte par les autorités – politiques et militaires – de l’abandon est structurante dans cette session, et devra poser les principaux jalons de l’histoire de la gestion de l’abandon du patrimoine bâti militaire. Dans cette perspective, les périodes hautes, moins souvent convoquées sur ces problématiques, ont beaucoup à apporter. L’abandon entraîne souvent des situations inextricables: c’est le cas de ces casernes soviétiques en ex-Allemagne de l’Est, considérées depuis les années 1990 comme un lourd héritage à la charge des pouvoirs publics devant s’inquiéter de la pollution et du danger qu’elles représentent (Nicolas Offenstadt, 2019). Existe-t-il une jurisprudence propre à l’abandon? Ici, la comparaison – entre aires géographiques mais aussi périodes historiques – s’avèrera nécessairement fructueuse.


Les 600 sites militaires mis en vente entre 2000 et 2006, du fait de la loi de programmation militaire, semblent plaider en faveur de l’image « d’épine dans le pied » de ces espaces difficiles à mettre en valeur (Stéphanie Lotz-Coll, 2018). Pour autant, d’autres exemples militent pour nuancer très largement cette réputation : la ville de Rouen ne met-elle pas à profit, et ce dès le XVe siècle, les parties abandonnées de ses murs pour loger ses habitants les plus démunis, les chargeant de l’entretien contre la gratuité du logement ? Il semble bien que des stratégies soient à l’œuvre qui permettent de contourner cette difficulté juridique. Leur étude est un aspect plus novateur du sujet, sur lequel il importera de mettre l’accent.

3 – PRATIQUER LES ÉDIFICES MILITAIRES ABANDONNÉS : LES DIVERS USAGES DU PATRIMOINE
Paradoxalement, l’abandon est loin d’être synonyme d’inactivité, mais se caractérise au contraire par le dynamisme d’une vie – le plus souvent – informelle. La réappropriation illégale de ces lieux par une kyrielle d’acteurs aux motivations multiples, n’est pas sans engendrer des conflits d’usages. L’emprise foncière de ce patrimoine particulier le plus souvent bien placé attise ainsi les appétits des promoteurs, tandis que les associations de sauvegarde du patrimoine tendent à sacraliser la mémoire d’une histoire locale qui ne saurait être oubliée. Pour traiter ces questions, des sources d’un genre nouveau, comme les données contemporaines produites par les réseaux sociaux, peuvent être convoquées pour documenter les pratiques actuelles (urbex, clips musicaux, street-art etc.), tandis que pour les périodes hautes, les ressources archéologiques comblent efficacement les lacunes des sources descriptives (Isabelle Pimouguet-Pédarros, 2020).
Cette session doit donc dresser un panorama des pratiques dont le patrimoine militaire devient la scène, de la réappropriation plus ou moins clandestine des zones non aedificandi modernes et contemporaines (Émilie d’Orgeix, 2019) au phénomène mondial qu’est une distinction, que les contributions devront établir et discuter, entre usages officiels et officieux, infra-légaux et illégaux. L’oubli de l’identité du propriétaire foncier induit en effet une situation de flou juridique dans laquelle s’infiltrent nombre de pratiques dont on devra déterminer l’éloignement à la loi. Les sites militaires abandonnés peuvent ainsi faire l’objet de réemplois opportunistes – comme c’est le cas des matériaux récupérés par la Bande noire à la Révolution – ou encore devenir une véritable manne financière – comme le montre Aude Le Gallou à propos d’anciennes structures militaires d’Allemagne de l’Est, proposées à la visite par des tours opérateurs moyennant finance, aux frontières du dark tourism (Malcolm Foley et John Lennon, 1996).

4 – L’ABANDON DANS L’IMAGINAIRE COLLECTIF : LES REPRÉSENTATIONS DU PATRIMOINE MILITAIRE
Si l’abandon exerce une fascination universelle comparable à celui de la ruine qui a séduit les romantiques, il convient d’interroger la spécificité du patrimoine militaire. Investis d’un pouvoir symbolique fort, les bâtiments militaires font l’objet de tous les soins de la communauté de ses usagers quotidiens. Le sacrifice consenti par les villes médiévales, mettant un point d’honneur à l’entretien de leurs murs aux dépens de leur budget, est à ce titre représentatif d’un investissement symbolique de l’architecture militaire par la communauté urbaine. Les civils sont donc, loin d’être oubliés par le sujet, au premier plan de la réflexion et leur propre perception de l’abandon constitue un point de vue d’autant plus essentiel pour nourrir les débats qu’il a rarement été convoqué par l’historiographie classique.
De ce point de vue, les silences des documents sont révélateurs et devront faire l’objet de commentaires approfondis, tant l’absence de représentation de situations d’abandon est lourde de sens lorsque l’on connaît la valeur identitaire du patrimoine militaire. Les appels répétés à la sauvegarde de ces édifices suffisent d’ailleurs à mesurer l’ampleur des enjeux qu’ils représentent pour des acteurs nombreux, de l’institution aux usagers en passant par les professionnels du patrimoine.
La question des représentations, au sens large, permet de mobiliser des matériaux et méthodologies variés. Le patrimoine militaire peut en effet aussi bien être le sujet (voir l’exposition photographique Bunker archéologie de Paul Virilio en 1976) que l’objet – c’est le cas des artistes de streetart qui y trouvent autant d’espaces d’expression privilégiés – de riches pratiques artistiques. De nombreuses pistes méritent d’être éprouvées, comme celle de la survivance des toponymes d’origine militaire qui portent le souvenir impérissable – parfois depuis des époques hautes, de l’importance de ces édifices comme éléments de repère.
En définitive, ce colloque entend impulser une discussion entre tous les acteurs concernés par la question de l’abandon du patrimoine bâti militaire. Le caractère pluridisciplinaire de la manifestation doit permettre de mieux caractériser les processus à l’œuvre, de fournir des éléments de comparaison, et de proposer un cadre méthodologique pour l’étude de ces cas particuliers. Considérant qu’il s’agit d’un sujet à part entière la réhabilitation, reconversion, réaffectation du patrimoine militaire ne seront pas discutées mais ont naturellement vocation à nourrir le débat. Le parti d’écarter ces thématiques est aussi pris dans le but d’opérer un pas de côté par rapport aux lectures classiques de ces questions : il s’agira moins ici d’interroger le regard des professionnels et observateurs du XXIe siècle que celui des contemporains d’un abandon dont nous avons le plus souvent perdu les traces.

SESSION EXCEPTIONNELLE :
ATELIER JEUNE RECHERCHE DU GIS PATRIMOINES MILITAIRES P2ATS

Si le colloque fera la part belle aux propositions de jeunes chercheurs (doctorants et jeunes docteurs) qui pourront naturellement s’intégrer aux axes présentés ci-dessus, il fournira aussi l’occasion de la réunion annuelle du réseau du GIS Patrimoines Militaires P2ATS (Architectures, Aménagements, Techniques et Sociétés). Dans le sillage des éditions précédentes tenues depuis 2021, les organisateurs du colloque animeront le cinquième atelier jeune recherche au cours d’une session exceptionnelle consacrée exclusivement à la présentation des travaux des jeunes chercheurs du groupement (masterants, doctorants, postdoctorants). La thématique retenue pour cet atelier se confond avec celle du colloque et les propositions devront porter sur les questions développées dans le présent appel.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le colloque se tiendra au château de Vincennes du 25 au 27 juin 2025.
Les communications de 30 minutes devront être prioritairement formulées en français, mais l’anglais est naturellement admis, à charge pour le communicant de proposer un support (papier ou diaporama) en français. Les propositions de communications devront être envoyées au plus tard
Celles-ci devront être pourvues d’un titre et ne pas excéder 3.000 signes (espaces inclus). Elles seront par ailleurs accompagnées d’une courte présentation de l’auteur et de ses travaux.
Les jeunes chercheurs sont vivement encouragés à proposer leurs candidatures.
Nous attirons par ailleurs l’attention des communicants sur le fait que les actes du colloque seront publiés et augmentés, en collaboration avec le ministère des Armées. Ils devront fournir une première version rédigée de leur intervention avant la tenue de la manifestation afin de lancer sans délai le projet d’édition.

Source : Patrimoines Militaires

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Séminaire – Analyse historique de la circulation des savoirs scientifiques par le biais de l’image


Sorbonne Université, Campus Pierre et Marie Curie (Métro Jussieu) ou par Zoom
VHS project – Computer vision and Historical Analysis of Scientific Illustration Circulation

Programme :

17 septembre 2024 17h-19h
Stéphane Schmitt, CNRS, Archives Henri Poincaré, Nancy : Les planches de la première édition de l’Histoire naturelle de Buffon

8 octobre 2024 17h-19h
Dominic Olariu, Philipps-Universität, Marburg : Les images botaniques du Moyen Âge et de la Renaissance en tant que vecteurs de connaissances

5 novembre 2024 17h-19h
Jade Norindr et Matthieu Husson, EIDA, Observatoire de Paris : EIDA, work in progress and current discussions

13 décembre 2024 17h-19h
Brigitte Gauvin, Centre Michel de Boüard (CRAHAM), Université de Caen : Autour de quelques animaux aquatiques : décrire et représenter au Moyen Âge et à la Renaissance

7 janvier 2025 17h-19h
Sachiko Kusukawa, Trinity College, Cambridge : Copying practices of images of plants in early modern European publications of medical botany (c. 1530-c. 1630)

4 février 2025 17h-19h
Matteo Valleriani, Max Planck Institute for the History of Science, Berlin : A workflow to detect transformations of visual language in science

4 mars 2025 17h-19h
Charlotte Bigg, Centre Alexandre Koyré (CNRS-EHESS-MNH), Paris : L’illustration scientifique de l’époque de sa reproduction mécanisée à l’époque de son étude mécanisée

15 avril 2025 17h-9h
Reviel Netz, Stanford University, Californie : Who Changed the Ancient Diagrams?

6 mai 2025 17h-19h
Kristen Lippincott, Director of The Saxl Project, London : Some questions concerning the concept of an ‘iconography’ of scientific illustration

3 juin 2025 17h-19h
Nicolas Joannes et Anne Weddigen, doctorant et postdoctorante VHS, Paris : Recherches de similarités : premiers résultats de recherche sur le corpus VHS

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Publication – « Les élèves d’Eugène Viollet-le-Duc », éd. Bérénice Gaussuin, Mohammed Hadjiat, Florence Lafourcade

Although the architect Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879) only had a few direct teaching experiences, he nevertheless had many « students », as he never gave up on passing on his ideas. In addition to the institutions in which he taught, it was in the course of his practice, in his office or on restoration sites, or through his publications, that he passed on his knowledge. So, while some of these « students » had actually been taught by the « master » in an educational institution, others – the most numerous – received Violletleducian lessons through other means, without necessarily having met him, or even having been contemporaries. Widely used today, the expression « students of Viollet-le-Duc » deserved, we thought, some clarification. This is the ambition of this volume, which, thanks to contributions from 22 authors, examines the ways in which Viollet-le-Duc’s thought was transmitted, and the work of some of his followers.

Informations pratiques :

Les élèves d’Eugène Viollet-le-Duc, éd. Bérénice Gaussuin, Mohammed Hadjiat, Florence Lafourcade, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2024 ; 1 vol., 432 p. (Architecture et urbanisme). ISBN : 978-2-7574-4141-1. Prix : € 32,00.

Source : Presses universitaires du Septentrion

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