Paris, Institut d’Art et d’Archéologie 29 mai 2024
Depuis toujours, l’Homme entretient avec l’animal des relations diverses et complexes. Perçu tantôt comme une ressource, tantôt comme un objet d’inspiration, il peut également être un compagnon de travail ou de vie. Etudier l’animal en archéologie nécessite de s’intéresser aux nombreuses formes prises par ces liens, et implique donc de recourir tant aux vestiges qu’aux supports épigraphiques et iconographiques produits par les sociétés humaines.
Ainsi, seule une approche pluridisciplinaire permet d’appréhender la place réservée à l’animal à travers les siècles. Quels moyens peuvent être mis en œuvre pour comprendre et documenter la nature de ces liens, à la fois sociaux, économiques, ou encore symboliques ?
Cette journée d’échanges, durant laquelle l’accent sera mis sur la méthodologie des travaux présentés, s’organisera ainsi autour de trois axes directeurs :
• COHABITER. L’Homme face à l’animal : une appropriation du vivant. Au moyen de la chasse, de la pêche, de la domestication et de l’élevage, l’homme s’approprie les animaux afin de les exploiter. Comment documenter ces stratégies d’approvisionnement ? Quels choix sont opérés pour la sélection des espèces et pour les conditions de vie des animaux appropriés ? Quel est l’impact de ces activités sur la faune et plus largement sur l’environnement ?
• EXPLOITER. Une ressource plurielle et renouvelable : les matières et l’énergie d’origine animale L’exploitation de l’animal répond à des besoins multiples, qu’il s’agisse de la recherche d’une matière première, d’une ressource alimentaire ou encore d’une force motrice. Quelle place occupent les matières et ressources animales dans les systèmes économiques ? Quelles chaînes de transformation et de consommation sont mises en œuvre ?
• SIGNIFIER. L’animal ne saurait toutefois être réduit à sa seule matérialité. Loin de n’être qu’une réponse à des besoins tech- niques ou alimentaires, il est également intégré aux systèmes de croyances et à l’iconographie des sociétés passées. Comment est-il manifesté dans les comportements symboliques, s’intègre-t-il dans les manifestations cultuelles ? Quelle image l’homme se fait-il de la figure animale ?
Modératrice : Lamys Hachem, chargée de recherche, INRAP, UMR 8215 – Trajectoires
Modalités de soumission Tout doctorant souhaitant présenter ses idées et ses travaux autour des thématiques proposées est invité à soumettre le résumé de sa présentation (300 mots) avant le 1er mars 2024 à l’adresse suivante : jd2024.ed112@gmail.com.
Merci de préciser vos noms et prénoms, statut, organisme de rattachement et le titre de votre communication.
Les participations prendront la forme d’une communication orale de 20 minutes ou d’un poster faisant l’objet d’une présentation de 5 minutes, en français.
Les actes de cette rencontre feront l’objet d’une publication dans un prochain numéro de la revue Archéo.doct aux Éditions de la Sorbonne.
Comité organisateur: Chloé Chaigneau UMR 7041 – ArScan Pauline Coat UMR 8096 – ArchAm Io Cruz Vera UMR 8215 – Trajectoires David Ferreira UMR 8215 – Trajectoires Julien Vitani UMR 8215 – Trajectoires
Scotland’s Royal Women and European Literary Culture, 1424–1587 seeks to fill a significant gap in the rich and ever-growing body of scholarly work on royal and aristocratic women’s literary culture in the fifteenth and sixteenth centuries. There has, to date, been no book-length study of the literary activities of the female members of any one family across time and little study of Scotland’s royal women in comparison to their European and English counterparts. This book adopts the missing diachronic perspective and examines the wives and daughters of Scotland’s Stewart dynasty and their many and various associations with contemporary Scottish, English, and European literary culture over a period of just over 150 years. It also adopts a timely cross-border and cross-period perspective by taking a trans-national approach to the study of literary history and examining a range of texts and individuals from across the traditional medieval/early modern divide. In exploring the inter-related lives and letters of the women who married into the Scottish royal family from England and Europe — and those daughters who married outwith Scotland into Europe’s royal families — the resultant study consistently looks beyond Scotland’s land and sea borders. In so doing, it moves Scottish literary culture from the periphery to the centre of Europe and demonstrates the constitutive role that Scotland’s royal women played in an essentially shared literary and artistic culture.
Emily Wingfield is a Senior Lecturer in English Literature at the University of Birmingham. Author of The Trojan Legend in Medieval Scottish Literature, she specialises in Older Scots romance, book history and female literary culture
Table des matières :
Select Genealogy / Key Figures
Introduction
Part 1: The Wife and Daughters of James I of Scotland
Chapter 1. Joan Beaufort
Chapter 2. Margaret
Chapter 3. Isabella
Chapter 4. Eleanor
Part 2: Queens Consort, James II-V
Chapter 5. Mary of Gueldres
Chapter 6. Margaret of Denmark
Chapter 7.Margaret Tudor
Preface to Chapters 8 and 9. The Wives of James V
Chapter 8. Madeleine of Valois
Chapter 9.Mary of Guise
Part 3: Queen Regnant
Chapter 10. Mary Queen of Scots
Bibliography
Index
Informations pratiques :
Emily Wingfield, Scotland’s Royal Women and European Literary Culture, 1424–1587, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 448 p. (Text and Transitions, 14). ISBN : 978-2-503-60029-1. Prix : € 115,00.
De par son ampleur et sa durée – vingt-huit années entre 1407 et 1435 –, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons est un archétype de la guerre civile et, partant, une référence pour les historiens. Le meurtre de Louis d’Orléans, à l’instigation de Jean sans Peur, le fils du duc de Bourgogne, suivi de celui du même Jean douze ans plus tard, en 1419, sont à l’origine d’un cycle de violence sans précédent, conséquence fatale du vide politique créé par la folie du Valois Charles VI. Le royaume de France plonge à l’abîme, laissant le champ libre à l’invasion anglaise. De nouveaux et terribles outils, lèse-majesté et tyrannicide notamment, en sont comme banalisés.
Tout en retraçant les événements de manière exhaustive, le présent ouvrage, nourri aux meilleures sources, montre à quel point l’ensemble des situations régionales et internationales est affecté par cette guerre – que l’on songe au grand schisme d’Occident, à la guerre de Cent Ans ou aux séditions urbaines et paysannes – tant l’onde de choc est forte, tant elle bouscule la stabilité des alliances et des pouvoirs en place.
La société tout entière vacille sur ses bases, en même temps qu’on assiste à une prodigieuse effervescence culturelle, aussi bien dans les arts et les lettres que dans le droit et la philosophie politique. Une période éminemment troublée et foisonnante, d’où émergent des personnalités hors du commun, souvent féminines (Isabelle de Bavière, Christine de Pizan, Jeanne d’Arc, Yolande d’Aragon). Joël Blanchard propose ici une approche mieux articulée d’une séquence historique souvent négligée et noircie, qui constitue pourtant une page essentielle de notre histoire, car de ce chaos surgira le renouveau de la vie politique et intellectuelle.
Joël Blanchard, spécialiste reconnu du Moyen Âge tardif et professeur émérite au Mans Université, a publié plusieurs ouvrages dont, chez Perrin, une biographie de Louis XI, ainsi que La Fin du Moyen Âge.
Informations pratiques :
Joël Blanchard, Armagnacs et Bourguignons. La fabrique de la guerre civile (1407-1435), Paris, Perrin, 2024 ; 1 vol., 448 p. ISBN : 978-2-26209-424-9. Prix : € 25,00.
The Courtauld is seeking to appoint a scholar with a specialism in Italian Art, c. 1300 -1500. We encourage applications from scholars with innovative approaches to the art, architecture & material culture(s) of Italy, understood in relation to both local developments and transnational entanglements. The successful candidate will complement the existing strengths of the History of Art Department and will situate their research within wider European and transnational contexts. We are seeking candidates who will engage with and drive forward the theoretical and historiographic debates in their specialist research area, and who will engage with current issues in the discipline of Art History more broadly. Candidates should articulate how their research and teaching intersect with and take advantage of the world-famous collections of the Courtauld Gallery and other collections and resources in London. This is an excellent opportunity to strengthen a traditional field of excellence at The Courtauld and to develop it in new directions, with exciting potential relating to our new strategic relationship with King’s College London.
The Courtauld Institute of Art is the UK’s leading institution for teaching and research in Art History and the conservation of paintings. It is also home to one of the greatest art collections in the UK, which reopened to the public in November 2021 following a major transformation. The History of Art department has an outstanding research and teaching record from Late Antiquity to the Contemporary with an increasingly global outlook, and embraces its diversity of theoretical approaches and methodologies.
Teaching at The Courtauld takes a variety of forms, from small-group seminars, lectures, and tutorials, to teaching in front of works of art in galleries & museums both within the UK and internationally. The post-holder will also undertake research, supervise research students, participate in our thriving research community, and engage in activity that increases public awareness of and access to Courtauld resources, including the gallery.
We are seeking to appoint at Lecturer level and especially welcome applications from early career scholars who are starting to establish records in research, publication, curriculum design and/or reform, teaching and academic administration. The appointed academic will play an important role in transforming teaching and research at The Courtauld.
Research-active faculty are entitled to regular sabbaticals from teaching. In addition, they are encouraged to apply for external grants & fellowships, supported by The Courtauld’s dedicated Research Department.
The Courtauld is committed to equality, diversity and inclusion. We welcome applicants from diverse backgrounds as we have under-representation that we wish to address. The Courtauld warmly welcomes applicants from all backgrounds, including those through the Skilled Workers Route to work in the UK.
Applicants who are interested in discussing the role informally before submitting an application may contact the Head of Art History, Dr Caroline Levitt (caroline.levitt@courtauld.ac.uk).
Application is online. You should use the application questions to set out how you meet the criteria of this position and to describe your teaching & administrative experience, your current & future research plans and your potential to contribute to the research profile and impact of The Courtauld. Please address the criteria set out in the Person Specification when completing these questions. You will have the option of including a CV and should also give the names of 3 referees.
The deadline for applications is midnight on Monday 19th February 2024.
Interviews will take place on Thursday 7th March 2024.
L’opposition entre amis et ennemis, amitié et haine est universelle mais elle se décline sous des formes très diverses selon les sociétés, entre valeurs contraires et pratiques de médiation, émotions et relations. Dans les sociétés occidentales qui se sont développées sur les ruines de l’Empire romain, la guerre et l’honneur d’un côté, le christianisme de l’autre, ont été des facteurs d’identité collective et de puissants marqueurs sociaux. Selon les cas, les historiens ont décrit des sociétés de face à face, des sociétés de vengeance, mettant l’accent sur la faiblesse des régulations étatiques, ou au contraire des sociétés fluidifiées par l’amitié entre les élites et l’amour divin. Culture de la haine, de la violence ou culture de l’amour et du pardon ? Sociétés prédatrices ou sociétés du don ? Ce livre refuse ces dichotomies réductrices, comme les oppositions genrées et sexualisées qui ont été introduites au XIXe siècle entre amour et amitié, sentiments (ou sensibilité) et relations, nature et culture. Conçu dans une perspective anthropologique et décentrée, il considère que la personne médiévale n’existe que par ses relations et ses identités multiples, superposables et interchangeables, avec les vivants et les morts, ici-bas et au-delà. Par une relecture des sources et des exemples concrets, le livre s’attache ainsi à faire comprendre comment les femmes et les hommes du haut Moyen Âge vivaient et exprimaient leurs relations affectives et comment ils pensaient leur monde.
Professeure émérite à l’université Panthéon-Sorbonne, Régine Le Jan s’intéresse en particulier à l’histoire des élites et des femmes avec une approche croisant histoire et anthropologie. Elle a notamment publié : Histoire de la France : origines et premier essor, 480-1180 (Hachette, 2000), Les Mérovingiens, (Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 5é éd., 2024).
Informations pratiques :
Régine Le Jan, Amis ou ennemis ? Émotions, relations, identités au Moyen Âge, Paris, Seuil, 2024 ; 1 vol. 528 p. (L’Univers historique). ISBN : 978-2-02153-957-8. Prix : € 27,50.
Les territoires qui forment l’actuel département de Tarn-et-Garonne conservent d’importants témoins de leur riche passé médiéval, souvent méconnus.
De nombreux objets prestigieux, protégés au titre des Monuments Historiques, illustrent l’importance des commandes de communautés religieuses ou de laïcs fortunés. Les récentes fouilles archéologiques ont révélé de plus humbles artefacts, issus de la vie quotidienne, qui seront ainsi présentés pour la première fois. Enfin, des peintures murales, récemment mises au jour pour certaines, nous feront pénétrer dans l’intimité des maisons au temps des cathédrales.
Visites sur rendez-vous pour les scolaires.
Une exposition organisée par le Conseil départemental de Tarn-et-Garonne avec le soutien du Ministère de la Culture/ Direction régionale des affaires culturelles Occitanie site de Toulouse (Conservation régionale des Monuments Historiques, conservation des antiquités et objets d’art de Tarn-et-Garonne, service régional de l’archéologie).
Informations pratiques :
Montauban, Espace des Augustins
Entrée libre Du mardi au vendredi De 14h à 17h Dimanche de 14h à 17h30 (fermée le 31 mars)
The concept of love’s wound has haunted European culture for centuries. This book investigates this fundamental concept in Medieval French, Occitan, and Italian literature – with the purpose of tracing its transformation through a selection of medieval literary masterpieces, sacred and profane. The imagery of love’s wound is analysed with multiple approaches, considering also representations of the theme in manuscript illuminations.
Gaia Gubbini, Vulnus amoris. The Transformations of “Love’s Wound” in Medieval Romance Literatures, Berlin–Boston, De Gruyter, 2024 ; 1 vol., VII–206 p. (Beihefte zur Zeitschrift für romanische Philologie, 483). ISBN : 978-3-11072-164-5. Prix : € 89,95.
Le réseau Diplo21 (https://diplo21.hypotheses.org/) organise des rencontres scientifiques visant à offrir un espace de dialogue et de débat indépendant des traditions historiographiques nationales à de jeunes chercheur·ses consacrant leurs travaux à la diplomatique et aux pratiques de l’écrit de l’Europe médiévale. Le premier thème retenu est celui des « Lieux de l’acte ». Il s’agira notamment de montrer que la diplomatique participe au spatial turn pris par les sciences humaines et sociales depuis les années 1970-1980.
Trois axes de recherche sont proposés. Il s’agira d’abord de s’intéresser aux logiques spatiales de l’élaboration des actes, en s’intéressant à la géographie des chancelleries, bureaux d’écriture ou greffe, mais aussi en analysant les dates de lieu des chartes, et ce qu’elles peuvent révéler des négociations entre les autorités et les bénéficiaires des actes, ainsi qu’en interrogeant l’existence d’un « marché de l’acte » (axe n° 1). L’attention pourra aussi porter sur la manière dont les sources diplomatiques permettent de révéler les perceptions que leurs rédacteurs ou leurs bénéficiaires se faisaient de l’espace, par l’étude des confronts, par celle du vocabulaire spatial, voire territorial, ou encore par celle des éventuelles logiques topographiques guidant en leur sein l’ordre des biens, droits et revenus (axe n° 2). Enfin, les participant·es seront invités à considérer les actes eux-mêmes comme des lieux et à interroger la place des symboles graphiques vis-à-vis du texte, la manière dont celle-ci est rendue ou négligée lors de la copie des actes notamment dans les cartulaires et les moyens actuels à leur disposition pour modéliser l’espace des chartes (axe n° 3).
Spatialiser le processus d’élaboration des actes
a) Un tel sujet pose d’abord la question, assez classique en diplomatique, des lieux où les actes, chartes et diplômes, publics ou privés, furent élaborés : chancelleries, bureaux d’écriture et greffes. L’intérêt porte alors sur le personnel qui y travaillait, sur l’organisation et le fonctionnement de ces institutions, sur les formulaires qui s’y appliquaient et sur la manière dont ils évoluaient. La question de la rédaction par les bénéficiaires amène à considérer d’autres lieux et, en particulier, les scriptoria des monastères et collégiales. Les participant·es sont invité·es à prendre en considération la géographie de ces lieux d’élaboration des actes, à l’échelle d’un royaume mais aussi à celle bien plus locale. Se pose également la question de la circulation des formules et formulaires entre institutions, d’un lieu d’élaboration de l’acte à un autre. L’analyse des réseaux et les possibilités offertes par les humanités numériques et, en particulier, par les systèmes d’information géographique permettent de renouveler le questionnement.
b) Les eschatocoles des chartes comportent parfois des « dates de lieu » (Actum Atrebati, Datum apud Pruvinum…). Celles-ci ont souvent été utilisées par les historien·nes pour retracer les itinéraires des rois et des princes, ce qui a permis de mieux comprendre leurs pratiques de gouvernement et d’administration, tant à l’époque carolingienne qu’à la fin du Moyen Âge[1]. La formulation de ces dates de lieu a déjà fait l’objet d’études, qui se sont intéressées à leurs variations, chronologiques et régionales[2]. Les diplomatistes se sont aussi déjà demandé s’il s’agissait de noter le lieu de l’approbation royale ou princière des actions juridiques ou bien le lieu de rédaction ou de remise des documents – ce fut l’objet d’un débat entre Ferdinand Lot et Léon Levillain. Plus récemment, Jean Dufour a émis l’hypothèse d’une différence entre « l’approbation royale donnée à l’acte juridique (actum) et la délivrance de l’acte écrit (datum)[3] ». Les dates de lieu, plus ou moins développées et précises, gardent la mémoire des localités et, à l’intérieur de celles-ci, des bâtiments ou des endroits bien spécifiques dans lesquels les actions juridiques se sont déroulées et ont été mises par écrit ou dans lesquels les chartes ont été données à leurs bénéficiaires. Ces dates de lieux témoignent, dès lors, des logiques spatiales ayant conditionné l’élaboration des chartes et, en particulier, des logiques propres aux bénéficiaires qui choisirent de venir en tel lieu plutôt qu’en tel autre pour solliciter la rédaction des documents ou pour se les faire remettre[4]. Tout en tenant compte de la dimension symbolique du choix de certains lieux, il importe aussi de prendre en compte d’autres raisons, plus prosaïques, dont certaines sont spatiales ou circonstancielles : la fréquence ou la rareté du séjour d’un roi ou d’un prince dans tel lieu, l’origine géographique des bénéficiaires, l’implantation de leur temporel, l’urgence ou non de leur petitio, la nature de l’acte demandé…
D’autres parties du discours diplomatique (exposé, dispositif, mentions hors teneur…) peuvent par ailleurs contenir des informations sur les lieux dans lesquels les transactions ont été négociées ou conclues, les actes rédigés puis remis à leurs bénéficiaires, au cours on non d’une cérémonie diplomatique. Les chartes-notices offrent même parfois des récits, qui mettent en avant des lieux et renseignent sur le « parcours de l’acte », des premières négociations entre les parties à la remisede la charte.
c) Certaines transactions sont mises par écrit devant un notaire public ou un tabellion. Le recours à ces professionnels de l’écrit amène à s’interroger sur l’existence d’un « marché de l’acte au Moyen Âge » et à réfléchir à son organisation spatiale : en 1395, par exemple, les habitants de Bar-sur-Aube préférèrent aller à la Ferté-sur-Aube, localité sise à une vingtaine de kilomètres, pour faire rédiger un contrat, parce qu’ils trouvaient que le tabellion de leur ville était trop cher[5]. Là encore, il s’agit de mesurer comment les analyses de réseaux et le traitement des informations par les SIG permettent de renouveler la compréhension de ces « marchés de l’acte », présents et structurés à plusieurs échelles.
Les sources diplomatiques et la (re)construction de l’espace
a) Dans les actes de la pratique, les scribes et notaires doivent souvent décrire des terres et d’autres biens immobiliers. Il leur faut alors savoir « mesurer les terres[6] » et avoir « le sens des limites[7] ». L’étude des confronts peut ainsi être menée, d’autant qu’elle peut être renouvelée par l’apport des humanités numériques. Le traitement informatisé des confronts a d’ailleurs déjà été abordé par les spécialistes des cadastres urbains médiévaux[8]. En plus de l’étude de ces formules et de leur vocabulaire technique, il s’agit d’appréhender comment les sources diplomatiques participent à la construction de l’espace et témoignent de la perception de celui-ci, de sa mise en ordre, voire même de sa reconstruction en fonction de l’intérêt des autorités ou des bénéficiaires.
b) L’ordre des biens, droits et revenus dans les privilèges ou chartes récapitulatives et confirmatives du temporel des églises, de même que le classement des actes dans certains cartulaires peuvent répondre à des logiques topographiques (par diocèses, archidiaconés, granges, villes…) et correspondre à un « espace vécu[9] » (itinéraires de perception de cens ou de visites épiscopales…) ou bien à une « géographie mentale[10] » propre à chaque rédacteur, cartulariste ou institution[11].
c) Enfin, les toponymes cités dans les actes peuvent être utilisés par les chercheur·ses qui veulent spatialiser des phénomènes socio-politiques ou culturels : par exemple, celles et ceux qui étudient l’émergence de « territoires[12] », « espace de projection d’une institution » (Max Weber), ecclésiastique ou laïque ; de même, il a été tenté de mettre en relation les centres de production d’actes et les édifices dits « romans[13] ». Les participant·es pourront à ce titre s’intéresser à l’évolution du vocabulaire de l’espace dans les actes et se demander si, en la matière, les sources diplomatiques présentent des spécificités vis-à-vis d’autres types de sources médiévales. À la suite d’autres chercheur·ses, les participant·es pourront enfin se demander si certaines évolutions diplomatiques ou documentaires ne traduisent pas des évolutions de la dimension spatiale du dominium et, plus largement, de la perception et de la représentation de l’espace au Moyen Âge[14].
Les actes analysés comme des espaces
a) Les chartes médiévales sont dotées d’un certain nombre de symboles graphiques, participant à leur validation : chrismes, croix de souscriptions, monogrammes, rota, légendes chirographaires, seings manuels, etc. Ceux-ci ont attiré l’attention des chercheur·ses[15]. La peau de parchemin sur laquelle la charte est rédigée peut alors être considérée comme le lieu où ces signes sont représentés : leur taille, leur forme et l’évolution de celles-ci, mais surtout leur emplacement sur la peau de parchemin peuvent fait l’objet d’analyses et de comparaisons.
b) Lors de la réalisation de pseudo-originaux ou de cartulaires, les signes graphiques que portent les originaux peuvent être reproduits ou imités. Or, la manière dont ils le sont, avec plus ou moins de soin, avec modification ou non, ainsi que leur emplacement sur le pseudo-original ou dans le cartulaire peuvent révéler certaines des intentions des faussaires et des cartularistes[16]. Il faut aussi se poser la question des compétences nécessaires à ces copistes pour imiter des symboles graphiques plus ou moins complexes.
c) Les participant·es seront enfin invité·es à réfléchir à des représentations et modélisations graphiques de l’espace des chartes et des cartulaires. Ils pourront ainsi s’inspirer de la chorématique, mise en place par des géographes afin d’arriver à des modélisations spatiales[17], pour réfléchir à une méthode comparable qui permettrait de modéliser l’espace des sources diplomatiques et ainsi faire émerger de nouvelles typologies documentaires par l’examen de la disposition entre le texte, dont il ne faudra pas négliger la mise en forme (premières lignes en capitales ou non, éventuelles listes des témoins disposées en colonne ou en ligne, le traitement de certaines majuscules…), et les symboles graphiques ci-avant évoqués.
Modalités de soumission
L’appel s’adresse en priorité aux jeunes chercheur·ses consacrant leurs travaux à la diplomatique et aux pratiques de l’écrit de l’Europe médiévale. Les communications, d’une durée maximale de vingt-cinq minutes, seront suivies d’un temps de discussion. Les propositions de communication pourront être rédigées en allemand, anglais, français et italien. Elles feront entre 3 000 et 4 000 caractères (espaces compris) et devront préciser dans quel(s) axe(s) du présent appel elles s’inscrivent. Elles seront accompagnées d’une courte biographie indiquant affiliations et dernières publications (10-15 lignes), suivie des coordonnées des chercheur·ses. Ces documents devront être envoyés avant le 12 avril 2024 à l’adresse suivante : contact.diplo21@gmail.com.
Comité d’organisation
Hannes Engl (Aachen), Thomas Lacomme (Université de Namur, FNRS), Émilie Mineo (Université du Luxembourg), Robin Moens (RWTH Aachen University, Université de Namur), Nicolas Ruffini-Ronzani (Université de Namur, Archives de l’État) et Timothy Salemme (Université du Luxembourg), pour le réseau Diplo 21 : https://diplo21.hypotheses.org/.
À propos du colloque
Le colloque aura lieu les 10 et 11 octobre 2024, à l’Université de Namur. Langues acceptées pour les communications : allemand, anglais, français et italien. Prise en charge probable des frais de transport et d’hébergement des participants.
[1] La bibliographie étant considérable sur ce sujet, nous nous contenterons de renvoyer à Martin Gravel, « Déplacements et immobilités des souverains carolingiens. De l’Empire au royaume de Francie occidentale », dans Le gouvernement et le déplacement. Pouvoir et mobilité de l’Antiquité à nos jours, dir. Sylvain Destephen, Josiane Barbier et François Chausson, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 213-234, ainsi qu’à L’itinérance de la cour en France et en Europe : Moyen Âge-XIXe siècle, dir. Boris Bove, Alain Salamagne, Caroline Zum Kolk, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2021.
[2] Chantal Senséby, « La “date de lieu” et ses variations du xe au xiie siècle en Anjou et en Touraine », dans La formule au Moyen Âge [III], éd. Olivier Simonin et Caroline de Barrau, Turnhout, Brepols, 2021, p. 149-170.
[3] Jean Dufour, « État et comparaison des actes faux ou falsifiés intitulés au nom des Carolingiens français (840-987) », Fälschungen im Mittelalter, IVe partie : Diplomatische Fälschungen (II), Hanovre, Hahnsche Buchhandlung, 1988, p. 167-210, à la p. 169.
[4] Thomas Lacomme, « Actum Pruvini. Les chartes provinoises d’Henri le Libéral : présence du comte à Provins et origine des bénéficiaires », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de l’arrondissement de Provins, no 174, 2020, p. 5-23.
[5] Isabelle Bretthauer, « Le marché de l’acte au Moyen Âge : tarifs, prix, concurrence », Genèses, no 105, 2016/4, p. 8-35.
[6] Mireille Mousnier, « Mesurer les terres au Moyen Âge. Le cas de la France méridionale », Histoire & Sociétés rurales, t. 22, 2004/2, p. 29-63.
[7] Hadrien Penet, « Le sens des limites. Construction et perception de l’espace dans les actes de la pratique : l’exemple sicilien (xiie-xve siècles) », dans Construction de l’espace au Moyen Âge : pratiques et représentations, dir. Thomas Lienhard, Paris, Publications de la Sorbonne, 2007, p. 405-411.
[8] Élisabeth Carpentier, « Le traitement informatisé des plus anciens catasti : le problème des confronts », dans Les cadastres anciens des villes et leur traitement par l’informatique, Actes de la table ronde organisée par le Centre d’histoire urbaine de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, éd. Jean-Louis Biget, Jean-Claude Hervé, Yvon Thébert, Rome, École française de Rome, 1989, p. 255-268.
[9] Armand Frémont, La Région, espace vécu, Paris, PUF, 1976.
[10] Chantal Senséby, « Espace rêvé, espace convoité. Le témoignage des cartulaires monastiques », dans Territoires rêvés [2]. Du territoire rêvé au rêve de territoire : stratégies et processus d’appropriation ou de domination, Orléans, PU, 2006, p. 37-45.
[11] Paul Bertrand, Xavier Hélary, « Constructions de l’espace dans les cartulaires », dans Construction de l’espace au Moyen Âge…, p. 193-207.
[12] Les notions de « territoire » et « territorialisation » sont très utilisées en histoire médiévale depuis plusieurs années ; nous renverrons ici uniquement à Florian Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace (ve–xiiie siècle), Paris, Seuil, 2016.
[13] Nicolas Perreaux, « Des structures inconciliables ? Cartographie comparée des chartes et des édifices « romans » (xe -xiiie siècles) », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre, hors-série no 9, 2016, en ligne.
[14] Pierre Chastang, Lire, écrire, transcrire : le travail des rédacteurs de cartulaires en Bas-Languedoc, xie-xiiie siècles, Paris, Éditions du CTHS, 2001 ; Id., « Du locus au territorium. Quelques remarques sur l’évolution des catégories en usage dans le classement des cartulaires méridionaux au xiie siècle », Annales du Midi, t. 119, 2007, p. 457-474.
[15] Peter Rück, Graphische Symbole in mittelalterlichen Urkunden. Beiträge zur diplomatischen Semiotik, Sigmaringen, J. Thorbecke, 1996.
[16] Jean-Baptiste Renault (éd.), Originaux et cartulaires dans la Lorraine médiévale (xiie-xvie siècles), Turnhout, Brepols, 2017.
[17] La chorématique est la science des chorèmes, « structure[s] élémentaire[s] de l’espace géographique » et elle correspond donc à une sorte de grammaire de l’espace (Roger Brunet, « La composition des modèles dans l’analyse spatiale », L’Espace géographique, t. 9, n° 4, 1980, p. 253-265). La chronochorématique est une version de la chorématique qui prend en compte la dimension temporelle des phénomènes modélisés spatialement (Hervé Théry, « Chronochorèmes et paléochorèmes : la dimension temporelle dans la modélisation graphique » dans Modèles graphiques et représentations spatiales, dir. Yves André, Antoine Bailly, Maryse Clary, Robert Ferras et Jean-Paul Guérin, Paris, Anthropos/Reclus, 1990, p. 41-61). À propos des apports de la chorématique pour la médiévistique, voir Mireille Mousnier, « Quand la carte interroge le territoire », dans Les Territoires du médiéviste, dir. Benoît Cursente et Mireille Mousnier, Rennes, PUR, 2005, p. 417-438 ;BrunoVarennes, « Cartographier la territorialisation ecclésiale au Moyen Âge », Siècles, n° 52, 2022, en ligne. URL : http://journals.openedition.org/siecles/9435 ; DOI : https://doi.org/10.4000/siecles.9435.
Thursdays, 18:00-20:00 25. April 2024 – 18. Juli 2024 Universität Frankfurt IG Farben, room EG 311
The archaeology of the medieval world, and of historical periods in general, o en has an ambivalent relationship with pasts derived from other available sources. On the one hand, interpreting the archaeological record requires external evidence, thus texts and oral traditions may become important anchors. On the other hand, archaeologists frequently struggle to integrate their findings with those of history and anthropology, and the la er usually dominate in discourses on the past.
This seminar’s primary aim is to discuss various approaches to this challenge in different archaeological sub-disciplines. With a particular focus on ‘ci es’, the seminar will introduce case studies in which a gap can be found between archaeology and other sources. The second aim of the seminar is to broaden students’ contexts and allow them to get acquainted with other regions and with additional research traditions. Therefore, the meetings will present different studies from Asia, Africa and Europe which are conducted by scholars from African, Islamic, Byzantine, Indian, and medieval European archaeologies. This wide geographical spread will allow for the comparison and contrast of key issues in the 9th-14th century.
Programme :
Medieval Seminar final online.cdr
25/4 Anders Andrén (Stockholm University) Jewish minorities in medieval European cities: archaeological triangulations
2/5 Nick Gestrich (Goethe-University Frankfurt) Perspectives on the medieval world: an introduction to source conflicts
16/5 Nicolas Nikis (Université libre de Bruxelles & Royal Museum for Central Africa) Pottery manufacturing techniques as a source to reconstruct the past: the case of the north-eastern Congo Basin, 8th-15th centuries
23/5 Joanita Vroom (Leiden University) No schnitzel for the sultan: searching for wining and dining in Ottoman Istanbul
6/6 Tim Williams (University College London) The early Islamic city in Central Asia
13/6 Wolfgang David (Archäologisches Museum Frankfurt) Die Anfänge der Stadt Frankfurt: Archäologie und Geschichte
20/6 Coline Lefrancq (CNRS – UMR 7041 ARSCAN) The debate on the urbanization during the early medieval period in South Asia explained (with a focus on the northeastern part of Indian Peninsula)
27/6 Hagit Nol (Goethe-University Frankfurt) Different perspectives on urbanization in Palestine, 9th to 10th century
4/7 Nick Gestrich (Goethe-University Frankfurt) Trade and trading centres in West Africa
11/7 Sébastien de Valeriola (Université libre de Bruxelles) and Nicolas Ruffini-Ronzani (Université de Namur) Network Analysis and archeological artefacts: a medieval monetary corpus from the former Low Countries
18/7 Nick Gestrich, Carlos Magnavita and Hagit Nol (Goethe-University Frankfurt) Summary and discussion
Avant le XIXe siècle, la littérature ne distinguait pas l’écriture littéraire à préoccupation essentiellement esthétique de l’écriture fonctionnelle, utilitaire et notamment scientifique. C’est à partir du XIXe siècle que s’amorce un mouvement de détachement, de scission de l’un et de l’autre. La littérature se définit alors comme un ensemble de textes, un corpus s’appuyant sur une liste de productions restreinte. Il en résulte une exclusion pour les textes à vocation édifiante.
Cette exclusion tient au fait que les définitions actuelles du littéraire reposent principalement sur trois critères. Le premier est d’ordre esthétique ; le second fait reposer sur le plaisir la « valeur littéraire » qu’on accorde à une œuvre ; enfin, le troisième critère valorise le « surplus » du texte, ce qu’une première lecture n’épuise pas en terme herméneutique. En effet, selon Roland Barthes, est littéraire le texte qui dit autre chose que ce qui est dit explicitement (Degré zéro de l’écriture). Ces trois distinctions permettent d’exclure de la littérature un grand nombre de textes. Pourtant, ces critères peuvent être sujets à caution, à nuance. Si la littérature n’est pas encore apparue comme une réalité au Moyen Âge, le littéraire en est-il pour autant absent ? Car pour atteindre leur but – instruire et édifier – leurs auteur.e.s mettent en place des stratégies reposant sur deux piliers de la rhétorique antique : plaire et instruire, docere et placere. En outre, la seule dimension esthétique peut en effet sembler réductrice ; la question du plaisir est subjective ; et celle de la sursignification ne convient pas forcément aux époques que nous souhaitons interroger, dont les textes n’ont pas toujours été étudiés sous cet angle. C’est notamment ce dernier critère qui exclut de la littérature bon nombre de textes médiévaux, pourtant a priori plaisants, comme les exempla. Or cette définition pourrait être questionnée à l’aune des textes didactiques et exemplaires du Moyen âge au XVIIIe siècle, qui font implicitement reposer le littéraire sur d’autres fondements, notamment l’utile mêlé à l’agréable, ou encore la morale, qui justifient le fait d’écrire. Il nous semble donc légitime d’élargir ces grilles d’analyse pour fournir non pas de nouveaux critères une fois de plus excluants mais réfléchir au contraire à des lignes communes, non contraignantes, qui peuvent se dégager du Moyen Âge au XVIIIe siècle.
Quand on évoque la « littérature » didactique ou exemplaire, le terme « littérature » renvoie donc seulement à un ensemble de textes plutôt qu’à la dimension « littéraire » de ce type de textes. Ce type de littérature mérite-t-il pour autant d’être exclu de ce qui est considéré comme littéraire ? Se pose ici la question de la définition que nous donnons, depuis le XIXe siècle, de la littérature.
Le présent colloque envisage de réévaluer cette définition pour admettre que d’autres textes, d’époques passées, pourraient être littéraires, faire partie de la littérature. Nous aimerions ainsi interroger les facteurs de la canonisation littéraire qui s’est imposée à nous. Du Moyen Âge, par exemple, seuls quelques textes ont été consacrés par la critique du XIXe siècle comme « littéraires », comme dignes d’intérêts, tels que l’épopée ou la matière arthurienne. Les œuvres didactiques, sapientiales, morales ou exemplaires ont pourtant eu un large succès en leur temps. Par un examen littéraire, nous pourrions ainsi fournir de nouveaux éléments d’analyse, communs aux textes du Moyen Âge, des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, pour accueillir ces corpus dans l’histoire littéraire. Quelles différences fait-on en effet entre certains textes exemplaires, et les Fables de la Fontaine, par exemple, dont la canonisation est unanime ? Pourquoi ce qu’on accorde, à juste titre, à ce texte est refusé à d’autres qui reposent sur les mêmes mécanismes ?
Des travaux sur la littérature sapientiale ou hagiographique du Moyen Âge ont déjà montré combien des œuvres jusque lors considérées comme essentiellement didactiques ou morales s’avèrent riches lorsqu’on les étudie comme des textes littéraires. En appliquant cette analyse à ce type de textes nous aimerions déterminer en quoi les textes exemplaires et didactiques sont ou ne sont pas littéraires, pour offrir de nouvelles pistes qui sortent du cadre restreint du regard que nous portons actuellement sur ces textes et qui est conditionné par l’histoire littéraire.
En d’autres termes, nous voudrions réévaluer les critères de littérarité actuels (post XIXe siècle) et à la fois rendre compte de la littérarité propre aux textes composés avant le XIXe siècle.
Le colloque tentera d’apporter une réponse à ces quelques questions indicatives :
En quoi la contrainte de l’utile, de l’édification morale peut-elle avoir une vertu littéraire ? En quoi la littérature peut-elle avoir une vocation édificatrice ? Comment expliquer la marginalisation de ces textes ? Quelles nouvelles approches peut-on proposer pour définir la littérarité spécifique à ces textes ? Comment les auteur.e.s de la période étudiée réfléchissent à la possible dimension littéraire de leur texte ? Comment peut-on penser une conception large de la littérature, qui s’applique aux époques médiévales et modernes ?
Modalités de contribution
Le colloque se tiendra le 7 novembre 2024 à l’Université de Genève.
Les propositions de communication (max 200 mots) sont à envoyer à prunelle.deleville@unige.ch avant le 29 février 2024
Organisation : Prunelle Deleville, Université de Genève
Comité scientifique : Camille Carnaille, Université de Genève Prunelle Deleville, Université de Genève Philippe Frieden, Université de Genève
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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