Appel à contribution – Genre et manuscrits au Xe siècle

Paris, Campus Condorcet, 12 octobre 2024
(English version below)

Le Xe siècle, pendant un temps considéré comme un « siècle de fer » par l’historiographie, a fait l’objet de multiples réévaluations depuis le début du XXIe siècle. Du point de vue de la production manuscrite cependant, le Xe siècle apparaît comme un parent pauvre du Moyen Âge. Reconsidérant cet apparent déclin, les récents travaux interrogent les transmissions et les transformations des pratiques manuscrites carolingiennes, montrant au contraire le renouveau des codices au Xe siècle[1]. Des grands centres carolingiens comme Saint-Gall, Reims, Auxerre, Fleury ou encore Ratisbonne copient de nouveaux textes et insèrent de nouveaux commentaires et de nouvelles gloses dans les manuscrits. La production manuscrite s’accentue aussi dans des espaces périphériques comme le nord de l’Espagne et le sud de l’Angleterre.

En outre, cette production manuscrite n’a encore que peu été étudiée sous l’angle du genre, sans doute en raison du déclin des monastères féminins à partir de la fin du IXe siècle. Pourtant, certaines institutions féminines, notamment en Saxe ottonienne, continuent d’être des lieux de copie et de production écrite : c’est à Gandersheim que Hrotsvita compose ses poèmes, ses drames et ses œuvres historiques. Mais elle n’est pas seule : dans le royaume de León, Ende réalise les centaines de miniatures du Beatus de Gérone. Le psautier perdu de la reine Emma témoigne aussi de la commande et de la possession de manuscrits. Dans l’Europe du Xe siècle, les femmes composent, copient, possèdent et utilisent les codices

Le but de cette journée d’étude est donc de proposer une réflexion sur l’articulation entre les manuscrits du Xe siècle et le genre. L’approche sera résolument comparatiste : toute l’Europe de l’Ouest pourra être traitée, y compris des régions parfois encore considérées, à tort, comme marginales, à l’instar de l’Espagne ou de l’Angleterre. La borne chronologique du Xe siècle ne doit pas être comprise de façon restrictive et peut inclure les décennies précédentes et le début du XIe siècle.

Dans cette perspective, les participant‧e‧s sont invité‧e‧s à réfléchir autour de plusieurs axes :

La production, la diffusion et les réseaux de circulation des manuscrits. Les institutions masculines et féminines prennent-elles part de la même manière à la copie des manuscrits au cours du Xe siècle ? La forme prise par les manuscrits est-elle différente ? Les institutions féminines insèrent-elles dans les mêmes réseaux de production et de diffusion des codices ? Les femmes s’inscrivent-elles dans les mêmes réseaux de lettré·e·s que les hommes ?

Les œuvres lues et la literacy. Est-ce que les hommes et les femmes lisent les mêmes choses ? Leurs usages des manuscrits diffèrent-ils ? Quels est leur rapport à l’écrit ? La question vaut tant pour le latin que pour les langues vernaculaires, précocement écrites en Angleterre par exemple, et pour l’accès au grec.

La mise en scène dans le manuscrit. Les hommes et les femmes se mettent-ils en scène de façon similaire à travers les manuscrits ? Les colophons et, partant, les copistes ont-ils recours aux mêmes tropes et aux mêmes techniques ? Les inscriptions marginales ou non révèlent-elles des dynamiques genrées ? 

L’auctoritas. L’auctoritas est-elle genrée ? Les femmes sont-elles en marge ? En quoi la réception des œuvres féminines est-elle différenciée au Xe siècle ? La conservation et la transmission des œuvres féminines dépend-t-elle d’un critère genré ?

Les propositions de communication, en français ou en anglais d’une page maximum, doivent être envoyées avant le 22 janvier 2024 à justine.audebrand@univ-poitiers.fr et julie.richard-dalsace@univ-paris1.fr.

Comité d’organisation :

  • Justine Audebrand, ATER en histoire médiévale, université de Poitiers
  • Julie Richard Dalsace, ATER en histoire médiévale, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Comité scientifique :

  • Paul Bertrand, Université Catholique de Louvain
  • Geneviève Bührer-Thierry, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Sylvie Joye, Université de Lorraine
  • Octave Julien, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

[1] Warren Pezé (éd.), Wissen und Bildung in einer Zeit bedrohter Ordnung. Knowledge and Culture in Times of Threat: The Fall of the Carolingian Empire (ca. 900), Stuttgart, Hiersemann, 2020 ; Beatrice E. Kitzinger et Joshua O’Driscoll (éd.), After the Carolingians. Re-defining Manuscript Illumination in the 10th and 11th Centuries, Berlin, De Gruyter, 2019 ; Sarah Louise Greer, Alice Hicklin et Stefan Esders (éd.), Using and Not Using the Past after the Carolingian Empire, c. 900 – c. 1050, Abingdon, Routledge, 2019.

Paris, Campus Condorcet, 12th of october  2024
(English version)

For a long time, historians considered the tenth century to be an “iron century”. But since the beginning of the 21st century, it has been the subject of numerous re-evaluations. Considering the manuscript production, however, the tenth century still appears to be understudied. Recent research examined the transmission and transformation of Carolingian manuscript practices and showed on the contrary the revival of codices in the tenth century. Major Carolingian centres such as St Gallen, Reims, Auxerre, Fleury and Regensburg copied new texts and inserted new commentaries and glosses into manuscripts. Manuscript production also increased in peripheral areas such as northern Spain and southern England.

Moreover, this manuscript production has not yet been studied from a gender perspective, perhaps because of the decline of women’s monasteries from the end of the ninth century onwards. However, certain women’s institutions, particularly in Ottonian Saxony, continued to be places of written production: Hrotsvita composed her poems, dramas and historical works at Gandersheim. But she was not alone: in the kingdom of León, Ende produced hundreds of miniatures for the Beatus of Girona. The lost psalter of Queen Emma also bears witness to the commissioning and possession of manuscripts. In 10th-century Europe, women composed, copied, owned and used manuscripts.

The aim of this workshop is therefore to explore the relationship between tenth-century manuscripts and gender. The approach will be resolutely comparative: the whole of Western Europe may be covered, including regions that are still sometimes wrongly considered to be marginal, such as Spain or England. The 10th century should not be understood restrictively and may include the preceding decades and the beginning of the 11th century.

Participants are invited to reflect on several axes:

The production, distribution and circulation networks of manuscripts. Did male and female institutions took part in copying manuscripts in the same way during the 10th century? Were the forms taken by the manuscripts different? Were they part of the same production and distribution networks? Were women part of the same networks as men?

Reading and literacy. Did men and women read the same things? Did they use manuscripts differently? What was their relationship to the written word? This question applies to Latin as much as to vernacular languages, written at an early stage in England, and to access to Greek language.

Portraying inside the manuscripts. Did men and women portray themselves in similar ways in manuscripts? Did colophons and, by extension, copyists use the same tropes and techniques? Did marginal or non-marginal inscriptions reveal gendered dynamics?

Auctoritas. Was auctoritas gendered? Were women on the margins? How did the reception of women’s works differ in the 10th century? Did the conservation and transmission of women’s works depend on gendered criteria?

Proposals for papers, in French or English and no longer than one page, must be sent by 22 January 2024 to justine.audebrand@univ-poitiers.fr and julie.richard-dalsace@univ-paris1.fr.

Organizers:

  • Justine Audebrand, lecturer, Université de Poitiers
  • Julie Richard Dalsace, lecturer, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Scientific commitee :

  • Paul Bertrand, Université Catholique de Louvain
  • Geneviève Bührer-Thierry, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Sylvie Joye, Université de Lorraine
  • Octave Julien, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Bibliographie indicative
Selective bibliography

I/ Manuscrits et genre / manuscripts and gender

Beach Alison, Women as Scribes: Book Production and Monastic Reform in Twelfth- Century Bavaria, Cambridge, Cambridge University Press, 2004

Bodarwé Katrinette, Sanctimoniales litteratae: Schriftlichkeit und Bildung in den ottonischen Frauenkommunitäten Gandersheim, Essen und  Quedlinburg, Münster, Aschendorff, 2004.

Bosseman Gaëlle, « Femmes et memoria liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle). Une approche à partir des Beatus », Médiévales, 80, 2021, p. 119-135

Goullet Monique, La femme et l’écriture au Moyen Âge, Auxerre, Musée Abbaye Saint Germain, 1998.

Le Nan Frédérique, Poétesses et escrivaines en Occitanie médiévale. La trace, la voix, le genre, Rennes, PUR, 2021.

Saunders Corinne, Watt Diane (éd.), Women and Medieval Literary Culture. From the Early Middle Ages to the Fifteenth Century, Cambridge, Cambridge University Press, 2023.

II/ Manuscrits au Xe siècle / manuscripts during the 10th century

Greer Sarah L., Hicklin Alice et Esders Stefan (éd.), Using and Not Using the Past after the Carolingian Empire, c. 900 – c. 1050, Abingdon, Routledge, 2019.

Kitzinger Beatrice E. et O’Driscoll Joshua (éd.), After the Carolingians. Re-defining Manuscript Illumination in the 10th and 11th Centuries, Berlin, De Gruyter, 2019.

Pezé Warren (éd.), Wissen und Bildung in einer Zeit bedrohter Ordnung. Knowledge and Culture in Times of Threat: The Fall of the Carolingian Empire (ca. 900), Stuttgart, Hiersemann, 2020.

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Publication (en ligne) – « Le Moyen Âge des sciences sociales », dir. Étienne Anheim et Catherine König-Pralong

Accès : ici

Le dossier présenté dans ce numéro questionne la conception de la modernité par les sciences sociales aux XXe et XXIe siècles sous un angle spécifique, en enquêtant sur les relations que celles-ci ont entretenues avec la médiévistique et avec les constructions modernes du Moyen Âge. La référence médiévale traverse les sciences sociales, qui ont construit et mobilisé des Moyens Âges très divers afin de délimiter leurs champs de compétence et leurs objets, mais aussi pour penser, parfois de manière critique, la spécificité des sociétés modernes et contemporaines. Les articles réunis ici inscrivent le « Moyen Âge des sciences sociales » dans un cadre vaste, sans distinguer a priori médiévisme – c’est-à-dire l’étude scientifique du Moyen Âge – et médiévalisme – la référence culturelle au Moyen Âge –, mais en s’interrogeant sur la médiévistique et sur les sciences sociales comme des éléments interdépendants spécifiques de la modernité.

Dans une approche d’histoire et de sociologie des savoirs, une introduction programmatique et cinq études de cas abordent des sujets variés tels que la relation entre sociologie et ecclésiologie, l’urbanisme britannique, le folklore et l’ethnologie, les études étatsuniennes des médias et de la literacy et les Cultural Studies britanniques, pour explorer les sciences sociales à travers leur emploi des Moyens Âges et, réciproquement, pour saisir le monde médiéval comme une propriété émergente des savoirs modernes et contemporains.

Table des matières :

Étienne Anheim et Catherine König-Pralong, Introduction. Le Moyen Âge des sciences sociales

Dominique Iogna-Prat, Un Moyen Âge de modernes : ecclésiologie et sociologie

Pierre Chastang, Expériences de la distance : Walter Ong et le Moyen Âge

Raphaël Bories et Marie-Charlotte Calafat, Folklore, ethnologie de la France et Moyen Âge, du musée d’Ethnographie du Trocadéro au musée national des Arts et Traditions populaires

Stéphane Sadoux, Idéalisé et opérant ? Le statut de la ville médiévale dans la formation de la pensée urbanistique britannique au début du XXe siècle

Pauline Guillemet, Le voile culturel du Moyen Âge dans les sciences sociales britanniques (xixe-xxe siècles)

Document

« Ma conception du Manuel des Institutions ». Bibliothèque de l’Institut, fonds Ferdinand Lot, Ms 7302A, fo 469-474

Agnès Graceffa, Écrire le Manuel des Institutions françaises au Moyen Âge. Une note testamentaire de Ferdinand Lot

Géographies académiques

Géographies académiques

Kamel Chachoua, Excellence scientifique transnationale et disqualification des sciences humaines et sociales nationales en Algérie

Débats, chantiers et livres

Françoise Waquet : Agnès Graceffa, Une femme face à l’histoire. Itinéraire de Raïssa Bloch, Saint-Pétersbourg–Auschwitz, 1898-1943

Hinnerk Bruhns : Alexis Fontbonne, Introduction à la sociologie médiévale

Emily Hauptmann : Philippe Fontaine and Jefferson D. Pooley (eds.), Society on the Edge. Social Science and Public Policy in the Postwar United States

Mariana Osés : Ian Merkel, Terms of Exchange. Brazilian Intellectuals and the French Social Sciences

Victor Karady : Morgane Labbé, La nationalité, une histoire de chiffres. Politique et statistiques en Europe centrale (1848-1919)

Informations pratiques :

Le Moyen Âge des sciences sociales, dir. Étienne Anheim et Catherine König-Pralong, Revue d’historie des sciences humaines, t. 43, 2023. ISSN électronique 1963-1022, en ligne.

Source : Revue d’histoire des sciences sociales

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Appel à contribution – Les nouvelles vies des divinités grecques en Europe occidentale. Figurations textuelles et visuelles du XIVe au XVIe siècle

ERC Advanced Grant AGRELITA Project

The Reception of Ancient Greece in pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550) : How invented memories shaped the identity of European communities

Direction : Catherine Gaullier-Bougassas

https://agrelita.hypotheses.org/

The AGRELITA project ERC n° 101018777 was launched on October 1st 2021. It is a 5-year project (2021-2026) financed on an ERC Advanced Grant 2020 through the European Union’s Research and Innovation Programme Horizon 2020.

Jeudi et vendredi 23-24 mai 2024, Lille
Mercredi 29 mai 2024, Bibliothèque de l’Arsenal, Paris

Dans son ouvrage célèbre, La survivance des dieux antiques, 1939, Jean Seznec a démontré que la connaissance des dieux grecs n’a pas disparu durant le Moyen Âge et ainsi mis en question l’opposition souvent tracée entre Moyen Âge et Renaissance : « L’Antiquité païenne, loin de ‛re-naître’ dans l’Italie du XVe siècle, avait survécu dans la culture et dans l’art médiéval ; les dieux eux-mêmes ne ressuscitent pas ; car jamais ils n’ont disparu de la mémoire et de l’imagination des hommes[1]. » Il a étudié comment au Moyen Âge, les dieux grecs, qui portent alors souvent leurs noms latins, ont survécu grâce aux idées qu’ils ont incarnées et grâce à trois grandes lignes d’interprétation, en grande partie hérités de l’Antiquité – l’explication évhémériste, l’explication physique et astrologique, l’explication allégorique, morale et religieuse –. Il a aussi analysé comment, dans le même temps, leurs formes se sont transformées, avec des métamorphoses étonnantes, puis un retour à l’antique à la Renaissance. De nouveaux ouvrages mythographiques ont en effet été écrits du Ve au XIIIe siècle, à commencer par ceux de Fulgence et des trois mythographes du Vatican, et à partir du début du XIVe siècle, les évocations des divinités païennes se multiplient, tant dans des ouvrages latins, l’Africa de Pétrarque, les Genealogie deorum gentilium de Boccace ou le De formis figurisque deorum  de Pierre Bersuire, que des œuvres écrites en langue française, à partir de l’Ovide moralisé, suivi de nombreux remaniements, dont certains contiennent des adaptations françaises du texte de Bersuire. Les divinités païennes grecques ou gréco-latines, peu présentes dans les premiers romans antiques et dans les premières histoires universelles françaises, entrent alors dans des univers textuels divers, des histoires universelles et des chroniques nombreuses, des œuvres historico-romanesques, des romans, des ouvrages didactiques au contenu divers, des œuvres poétiques, des épopées, de nouvelles traductions des textes antiques, des livres d’emblèmes, des traités mythographiques… Parmi ces derniers, de nouveaux ouvrages dédiés spécifiquement aux dieux antiques s’écrivent en grand nombre à la fin de la période que nous considérons. Enfin tout au long de cette période, l’exploitation de nouvelles sources, à partir du XVe siècle en langue française, contribue au renouvellement.

Les très nombreux textes où ces divinités apparaissent, avec les illustrations des manuscrits et des imprimés, leur donnent une nouvelle vie plus encore qu’une survie, ou plus exactement de nouvelles vies. Elles sont en effet représentées dans de multiples formes d’écritures et dans des univers tout aussi multiples, dont certains sont éloignés du monde antique. Les métamorphoses de leurs formes par rapport aux traditions antiques, très variées mais non toujours présentes, accompagnent leur intégration dans ces contextes divers. De nouvelles « aventures » leur sont parfois inventées, et même, certes exceptionnellement, de nouveaux dieux antiques sont imaginés. La composition de traités qui leur sont consacrés exclusivement révèle de nouvelles analyses.

À partir d’études de cas, sur une ou sur plusieurs divinités, les journées seront consacrées à des analyses sur les multiplicités des représentations, des interprétations et des exploitations de ces divinités antiques durant les trois siècles considérés, dans un mélange de permanences et de renouvellement, de répétition et de variation, de continuité et d’innovation. Elles permettront ainsi de prolonger les recherches sur les modalités et les raisons d’une présence démultipliée des divinités antiques : Pourquoi insuffler une nouvelle actualité à leur mémoire, pourquoi et comment leur redonner une telle présence, leur rendre vie ?

Les propositions, sur des œuvres écrites en latin, en français ou en italien, porteront sur les questions suivantes, qui n’épuisent pas le champ des possibles :

-Les représentations textuelles des divinités grecques, les formes d’écriture – description, récit, commentaire – déployées à leur sujet

-De la traduction et de la compilation à l’adaptation et à l’invention : reconfigurations d’un savoir hérité

-Les contextes littéraires dans lesquels les auteurs élaborent ces images textuelles

-Les contextes culturels, politiques, les débats dans lesquels les auteurs s’emparent de ces divinités

-Les interprétations de ces divinités et les finalités diverses de leurs évocations – finalités politiques, éthiques, religieuses, scientifiques, poétiques…

-Les représentations visuelles de ces divinités dans les manuscrits puis les imprimés : leurs figurations et leurs significations, leurs liens avec les autres formes de représentations artistiques qui leur sont consacrées

-Les liens entre textes et images dans les manuscrits et les imprimés

-L’appropriation actualisante/anachronique ou au contraire le regard sur l’Antiquité et son altérité dont les images textuelles et visuelles de ces divinités témoignent

– La circulation, la réception et la transformation de ces représentations du XIIe au XVIe siècle : la transmission et le renouvellement de la mémoire de ces divinités

-La transposition de ces divinités dans de nouveaux univers

La journée du mercredi 29 mai 2024 sera consacrée en priorité à des communications en lien avec des ouvrages de la Bibliothèque de l’Arsenal.

Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots) avant le 15 janvier 2024 à Catherine Gaullier-Bougassas aux deux adresses suivantes :

catherine-bougassas@orange.fr

catherine.bougassas@univ-lille.fr

Les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge selon les modalités de l’Université.

Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » : http://www.brepols.net/Pages/BrowseBySeries.aspx?TreeSeries=RRA.

Présentation du projet : https://agrelita.hypotheses.org/


[1] Jean Seznec, La survivance des dieux antiques. Essai sur le rôle de la tradition mythologique dans l’humanisme et dans l’art de la Renaissance, Paris, Flammarion, 1993, préface de la seconde édition, p. 11.

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Appel à contribution – Droit et présence militaire 

Journées internationales d’histoire du droit et des institutions
DINANT (Belgique), les 10 et 11 mai 2024

Les journées internationales d’histoire du droit et des institutions 2024, co-organisées par l’Université de Namur, l’Ecole Royale Militaire belge, l’Université catholique de Louvain (Saint-Louis) et la Vrije Universiteit Brussel, auront lieu à Dinant (Belgique), les 10 et 11  mai 2024 et seront consacrées au thème de « Droit et présence militaire ».

Ce thème couvre de nombreuses questions, tant historiques que juridiques, de la coexistence entre civils et militaires, d’occupation militaire, tout comme de justice extraordinaire (justice militaire), de droit de la guerre, ou encore de statuts de militaires ou des zones militaires, ou autres…

Ce thème général n’exclut pas, par ailleurs, la possibilité de communiquer sur d’autres sujets d’histoire du droit, de la justice et des institutions.

Les interventions peuvent être faites en français, en anglais ou en néerlandais. Les orateurs sont priés d’envoyer un résumé à l’avance aux organisateurs (de préférence en français).

Les contributions seront publiées ensuite dans les Cahiers du CRHIDI (si acceptées après le peer review).

Les personnes désireuses de communiquer sont priées de faire parvenir leur proposition de communication avant le 1er avril 2024 à S. HORVAT par courriel: shorvat@skynet.be.

Internationale rechtshistorische dagen

DINANT (België), 10 en 11 mei 2024

Oproep aan kandidaat-sprekers

De internationale rechtshistorische dagen 2024 van de Société d’histoire du droit et des institutions des pays flamands, picards et wallons, georganiseerd door de Université de Namur, de Belgische Koninklijke Militaire School, de Université catholique de Louvain (Saint-Louis) en de Vrije Universiteit Brussel, zullen op 10 en 11 mei 2024 in Dinant (België) doorgaan.

Het thema is: “Droit et présence militaire” (“Recht en militaire aanwezigheid”).

Dit thema dekt talrijke aspecten, zowel historische als juridische, van het samenleven van burgers en militairen, van militaire bezetting, van buitengewone rechtspraak (militaire rechtbanken), van oorlogsrecht, van het statuut van militairen of van militaire zones, enz.

Dit hoofdthema sluit overigens lezingen over andere onderwerpen van rechtsgeschiedenis of van de geschiedenis der instellingen niet uit.

De lezingen kunnen in het Frans, het Engels of het Nederlands worden gehouden. De sprekers moeten vooraf een samenvatting bezorgen aan de organisatoren (bij voorkeur in het Frans en/of het Engels).

De bijdragen zullen nadien gepubliceerd worden in de Cahiers du CRHIDI (indien aanvaard na de peer review).

Kandidaat-sprekers kunnen hun voorstel van onderwerp vóór 1 april 2024 meedelen aan S. HORVAT (per e-mail: shorvat@skynet.be).

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Web – The Medieval Kingdom of Sicily Image Database

The Medieval Kingdom of Sicily Image Database is now housed at the Edith O’Donnell Institute of Art History

The Department of Art, Art History and Visual Studies at Duke University, the Edith O’Donnell Institute of Art History at the University of Texas at Dallas, and the Dipartimento di Architettura dell’Università degli Studi di Napoli “Federico II” are pleased to announce the transfer of The Medieval Kingdom of Sicily Image Database to its new home at the Edith O’Donnell Institute of Art History.

This transfer makes possible the continuation and further development of an invaluable digital resource for the study of the cultural heritage of southern Italy. At the time of its transfer, the database consisted of catalogue entries for over 9,000 historical images (including drawings, prints, paintings, and photographs) that document hundreds of medieval monuments in the former Kingdom of Sicily (c. 1100-1450). The database is accessible through a public website at https://koseodiah.org.

The Medieval Kingdom of Sicily Image Database was developed in 2011 at Duke University with a Collaborative Research Grant from the National Endowment for the Humanities. Its objective was to collect and make available to scholars, students, travelers, and local communities the rich patrimony of historical images scattered throughout Europe and the United States in museums, archives, and libraries. Close study of these images enables researchers to reconstruct the history of a site, monument, or city, as well as to attest to its form prior to renovation, restoration, or destruction (especially as the result of natural disasters and bombardment during World War II). From its inception, the database was conceived as a collaboration between scholars in the United States and Italy.

With the retirement of the project’s founder, Caroline Bruzelius, from Duke University, the Edith O’Donnell Institute of Art History and Associate Director Sarah K. Kozlowski emerged as the ideal partner to steward the American side of this international collaboration. On the strength of its individual scholars and collaborative research initiatives, the O’Donnell Institute has developed a strong focus on southern Italy and the Mediterranean world, as well as on digital cultural heritage practices. With the Museo e Real Bosco di Capodimonte the O’Donnell Institute founded the Center for the Art and Architectural History of Port Cities “La Capraia”, which will be a Naples-based platform for research for the Medieval Kingdom of Sicily Image Database project. At the Università degli Studi di Napoli “Federico II”, Paola Vitolo, who has been involved with the design and development of the database since its beginnings, will continue as co-Director (now with Sarah K. Kozlowski) and will represent Italian scholarship and contributions to the project’s future.

Current work on the database includes a comprehensive georeferencing campaign, the creation of new entries that document Arabic inscriptions from medieval Palermo, and the incorporation of material related to the ongoing projects of the team’s researchers and graduate student researchers.

The project team invites scholars, students, and the interested public to visit the relaunched website at https://koseodiah.org. Learn more about the project, its history, and our team. And follow us on Instagram at @medieval.kosid.

For the latest developments in our research, please subscribe to our email list by writing to arthistory@utdallas.edu.

Source : Medieval Art Research

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Publication – Simone Lombardo, « La crociata dopo la peste. Metamorfosi di un’idea (secolo XIV) »

Il Trecento era stato segnato da difficoltà, culminate con la peste di metà secolo. Le epidemie endemiche avevano colpito un mondo già scosso da problemi strutturali, oltre a conflitti e carestie. Questi cambiamenti avevano determinato un profondo impatto sulla mentalità a cui anche la crociata, dopo la definitiva perdita della Terra Santa nel 1291, non aveva potuto sottrarsi. Come mutava il fascino per l’impresa d’oltremare in un mondo in trasformazione?Il cambiamento dell’ideale di crociata si può rintracciare nella fine della trattatistica sul recupero della Terra Santa, in una ricomparsa del tema escatologico, negli scritti di mistiche come Caterina da Siena e Brigida di Svezia. Nella seconda metà del XIV secolo la crociata sembra aver perso attrattiva anche dal punto di vista religioso, sostituita da vie alternative, che ne riprendevano i simboli e il linguaggio, per rispondere a un generalizzato bisogno penitenziale. La terminologia utilizzata nelle lettere papali permette di osservare il cambiamento dell’idea di crociata da passagium per la riconquista della Terra Santa a guerra difensiva contro i turchi, così come la percezione letteraria del fenomeno in autori come Petrarca, Philippe de Mézières, Geoffrey Chaucer o i novellieri italiani. I mutamenti della crociata non riguardavano solo l’ambito concettuale ma anche le prospettive con cui vi aderivano i nuovi protagonisti: Ospitalieri e mercenari, mercanti genovesi e veneziani, l’aristocrazia franco-borgognona, che concepiva l’impresa come un’avventura cavalleresca, in contrasto con le proteste e le rivolte degli strati popolari. La crociata dopo la peste non sarebbe stata più la stessa.

Simone Lombardo (Monza, 1993), dopo gli studi presso l’Università di Genova e periodi di ricerca in Spagna, ha conseguito il dottorato in Storia medievale presso l’Università Cattolica di Mila­no in cotutela con l’Universität Heidelberg. Le sue attuali ricerche si concentrano su Genova e Venezia, la storia marittima, le crociate tardive e il mondo mediterraneo tra XIII e XV secolo. È autore della monografia La Croce dei Mercanti. Genova, Venezia e la Crociata Mediterranea nel tardo Trecento (1348-1402) (Brill, 2023).

Informations pratiques :

Simone Lombardo, La crociata dopo la peste. Metamorfosi di un’idea (secolo XIV), Milan, Vita e Pensiero, 2023 ; 1 vol., 320 p. (Ricerche. Storia – Ordines). ISBN : 978-8-83435-380-6. Prix : € 31,00.

Source : Vita e Pensiero

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Appel à contribution – Epic in the Latin West (4th-15th Century)

Epic, beyond other genres, has been both a guarantor of cultural continuity for millennia and a site of fundamental innovations in literary style and content in Western culture. It has also occasioned heated controversies, because of the complex associations it bears, e.g., with nationalism, colonialism or racism. How do such debates relate to Medieval Latin – or do they?

The conference Epic in the Latin West (4th–15th Centuries) proposes to explore the genre in its highly varied developments from Late Antiquity to the Early Modern Period. Medieval Latin gave expression to an overwhelming number of epics, many of them still little studied. The centre of gravity will be the Latin of the Middle Ages, but connections with Classics, other vernaculars, and modernity from the Renaissance to the present day are also possible topics. What do these earlier centuries have to say to the twenty-first?

Many avenues might be investigated, such as:

  • Epic Heroes and Heroines: adaptation of classical heroes (from Homer, Virgil, Lucan, and others); questions of gender; rise of new heroes (biblical and saintly); effects of Christianity on the nature of heroism.
  • Texts and Genres: epic and other genres (e.g., historical writing, hagiography, philosophy, or theology); defining features of epic; orality and literacy in composition and transmission; stylistics and metrics; verse in relation to prose.
  • Reception: intertextuality, concentrating on Latin but also relating to the vernaculars; text transmission and philological aspects; quotation and paraphrase; text and image; text and music; epic and other media (romances, novels, film, and recent media forms, so long as the connection with Medieval Latin is strong).

The conference will take place under the aegis of the International Medieval Latin Committee (president: Prof. Dr. Jan Ziolkowski, Harvard). Mornings will feature plenary lectures (keynote speeches) by internationally recognized specialists, while the afternoon will have papers given in panel sessions (each 20 minutes plus 10 minutes discussion).

The conference languages are German, English, French, Italian, Latin, and Spanish.

Submission guidelines

The call for papers is open to scholars at all career stages who would like to present in the panel sessions. Interested individuals should submit their proposals here: www.conftool.net/kongress-epos2024

by 1 March 2024.

Please note that presenters must also register for the congress. Please send, in addition to your C.V., the title of your contribution and an abstract in English (max. 300 words). The papers themselves may be delivered in any of the conference languages named above. In selecting papers, the organizers are looking to create a spectrum that is thematically and methodologically as broad as possible.

Some Sebaldus Bursaries in the amount of 400€ each will be available to travelling speakers under 35 years of age whose proposals are accepted. After the proposal has been accepted and the speaker has agreed to attend, successful recipients will be notified by the conference organizers. A separate application for a Sebaldus Bursary is not necessary. It is not possible to combine a Sebaldus Bursary with a bursary from the HWB Mittellatein Foundation (see below).

For more information about the conference and accompanying program, see our homepage: www.mittellatein.phil.fau.de/epos-2024/

Bursaries

For 10 young scholars, travel bursaries in the amount of 400€ each will be available on a competitive basis through the generosity of the HWB Mittellatein Foundation. Please send your application before 30 June 2024, including a full C.V. and a short statement describing your interest in Medieval Latin to: Dr. iur. Felix Berschin, Kennwort „HWB Mittellatein“, Max-Reger-Str. 41, 69121 Heidelberg (Germany).

Source : Calenda

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Conférence – Mara Calloni, « Le Roman de Renart illustré »

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 11 décembre 2023, à 17h30, à l’École du Louvre, amphithéâtre Goya. Elle pourra aussi être suivie à distance*. Nous aurons le plaisir d’écouter Mara Calloni, «Le Roman de Renart illustré».

Le Roman de Renart doit être considéré comme l’un des textes fondamentaux de la littérature européenne, puisqu’il représente la première épopée animale en langue vernaculaire : en effet, les aventures les plus anciennes du cycle ont été composées à partir du dernier quart du XIIe siècle. L’importance du Roman de Renart est attestée par la diffusion des contes directement relatifs au goupil, par la production des œuvres épigonales en France (le Renart bestourné de Rutebeuf, le Couronnement Renart, le Renart le Nouvel de Jacquemart Gielée et sa mise en prose, les deux versions du Renart le contrefait) et par les réécritures et les traductions dans d’autres langues (le Reinhart Fuchs en moyen haut allemand, le Rainaldo e Lesengrino en italien ancien et le poème flamand du Van den Vos Reinarde et sa suite Reinerts Historie). L’iconographie témoigne également de la fortune des personnages et des motifs typiques de la matière renardienne, représentés sur les portails et les sols des cathédrales à travers l’Europe.

Aujourd’hui on conserve XXVII branches (unités narratives autonomes, qui forment l’ensemble du cycle renardien), transmises par 14 manuscrits et 19 fragments, réalisés entre la fin du XIIIe et le début du XVe siècle. L’objet de la conférence sera en premier lieu l’analyse des témoins enluminés du Roman de Renart, afin de comparer leur iconographie et de comprendre l’évolution des rapports entre texte et image. La seconde partie se focalisera sur la présentation des cycles illustrés des œuvres épigonales des domaines linguistiques romans, en relevant les éléments de continuité, de changement et d’influence réciproque.

Mara Calloni a reçu sa formation de romaniste à l’université de Milan. En 2019 elle a soutenu à l’université de Macerata une thèse de doctorat sur la branche XI du Roman de Renart, dont elle a publié l’étude et la traduction en italien dans le volume Le metamorfosi della volpe (2021). Actuellement elle est titulaire d’une bourse de recherche post-doctorale de l’Opera del Vocabolario Italiano (OVI – CNR). Ses recherches portent notamment sur la tradition manuscrite renardienne et la matière des bestiaires et des encyclopédies médiévaux.

Merci de vous inscrire auprès de Claudia.Rabel@cnrs-orleans.fr au plus tard le vendredi 8 décembre 2023, 18h, et de préciser si vous souhaitez assister à la séance à distance (communication du lien de connexion)

    Légende de l’illustration : Renart devenu moine dévore les chapons offerts à son abbaye. Roman de Renart, France du nord, 1re moitié du XIVe s. Paris, BnF, fr. 12584, f. 76v.

Source : IRHT

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Offre d’emploi – PhD Funding : « Reading and Writing in Medieval Women’s Religious Communities (University of Cambridge and British Library) »

Applications are invited for an Open-Oxford-Cambridge AHRC DTP-funded

Closing date: 4 January 2024.

Project overview

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Appel à contribution – Production, Transmission & Interpretation. An interdisciplinary conference on Islamic Art, Architecture, History and Archaeology

14th and 15th March, 2024

It is with the aim to intervene within and disrupt this context that the Department of History of Art and the Department of Archaeology at the University of York present Production, Transmission, & Interpretation, a conference on Islamic Art, Architecture, History, and Archaeology. Foregrounding the voices of the historically marginalised, founded in material cultural narratives, and focussed on new sources and methodologies, this conference will bring together the latest research from scholars – doctoral to emeriti – and draw upon a range of cognate disciplines across the arts, humanities, and social sciences, to consider 1400 years of the Islamic world and society.

Submission Guidelines

We welcome abstract submissions intended to culminate into the standard format of 20-minute in-person academic paper presentations and invite applications from across disciplines, including art and architectural history, archaeology, conservation, heritage management, curation, museum studies and cultural studies, on themes that may include:

  • Islamic heartlands, hinterlands, and frontiers
  • Art and architecture of mobility, routes, travels, and transfers
  • Patronage – imperial, sub-imperial, male, female, and non-binary
  • Agency of architects, artists, and craftspersons
  • Sources – oral histories, local archives, epigraphy, calligraphy, endangered languages Archaeological material, bioarchaeological approaches, and conservation
  • Islamic approaches past and present to nature, culture, environment and sustainability
  • Conflicts, occupations, appropriations and adaptations
  • Islamic art markets – auctions, ethics, legislations

Abstracts should be limited to 250 words, indicate the target thematic cluster, and be accompanied by the researcher’s name, institutional affiliation and stage of study, location, and a brief biography not exceeding 100 words.

Source : Medieval Art Research

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