Appel à contribution – Playing War – Simulations, Games, Exercises, and the Representations of Military Force and Violence

Leibniz ScienceCampus Regensburg « Europe and America in the Modern World » (LSC) in Cooperation with Working Group on Military Forces and Violence of the Bundeswehr Centre for Military History and Social Sciences (ZMSBw) (Juliane Tomann (Univerität Regenbsurg), Kerrin Langer (ZMSBw), Jon-Wyatt Matlack (LSC) and Frank Reichherzer (ZMSBw))

Regensburg
27.11.2024 – 29.11.2024
Deadline : 25.04.2024

Leibniz ScienceCampus « Europe and America in the Modern World » Annual Conference 2024 in cooperation with Working Group on Military Forces and Violence of the Bundeswehr Centre for Military History and Social Sciences

Military organizations are unique in that their design, doctrine, training, and equipment are all based on an exception: warfighting. Especially in uncertain times, the military seeks to gain certainty of action through speculation. The military apparatus is constantly searching for ways to deal with unknowns and contingency. The largest NATO maneuvers since the end of the Cold War in response to Russia’s war in Ukraine, wargaming from hybrid attacks to full-scale warfare scenarios, mock invasion of Taiwan conducted by the Chinese People’s Liberation Army are just recent examples. In such contexts, the use of force and military violence must be imagined, represented, displayed, performed, – played. Using the concept of ‘play’ for this conference, we seek to decode how military force and violence functions within imaginatively created environments within the military and beyond.
Working towards decoding imagined military force and violence, we propose ‘Playing War’ as a key analytical lens for understanding how violence is represented, depicted, modeled, rendered, simulated, communicated, dialectically constructed and internalized. Military training exercises, digital battlefield simulations, wargames on paper, and table-top war games coincide with popular mediums of play, such as board games and video games. Historical reenactments of previous conflicts similarly recreate and reframe imagined and/or military violence of the past in the present and underline the complex temporalities of the military imaginary. In all these instances, the medium of play enables and entails the representation and performance of an imagined use of force.

Through ludic manifestations, play enables an otherwise absent enemy to be physically constructed and rendered ‘real’ in practical environments. For the military, simulations of the state’s enemy reify and reproduce multiple forms of violence and communicate specific notions of order. Games, too, rely upon the practices of the military to engender entertaining commercial or educational products. This is especially true for reenactment, where all participants playfully reimagine, reinterpret, and perform all involved parties of past battles and conflicts. ‘War’ simulated in such environments is necessarily synthetic, as training, reenactment, and gaming cannot replicate the anticipated violence of war onto its players.

Elucidating ‘Playing War’ entails a broad portfolio of disciplinary approaches. We especially invite historians, sociologists, political scientists, cultural studies scholars, law scholars, and anthropologists to engage in interdisciplinary discussion. Contributions addressing all periods of history, as well as ongoing and future conflicts, are welcome. Multidisciplinary contributions are welcome. We expressly welcome contributions on dealing with all global regions, as well as research addressing the intersections of or within ‘the West’, Latin America, East and Southeast Europe and the broader post-Soviet space.

As primers, we pose the following questions:

1) (military) Operations: What understanding of warfighting etc. form play- and rulebooks? How does the state perform its “enemy”? What impact does playing war have on ‘real’ conflicts and operations?

2) Practice: How are war games played? What continuities and changes can be observed in the practices of playing war games? How do war games represent force and violence, and what practices of representation are evident in their portrayal?

3) Environment: Under what conditions is war played? What are the infrastructures? What could be said about the material culture of playing war?

4) Design: How are conflict, war, and combat modeled? What informs these processes? What about “playing peace”?

5) Knowledge: How and what kind of knowledge shapes play? How and what kind of games produce knowledge?

6) Technology: How does technology enable specific forms of wargaming? What is the significance of (perhaps future) military technology?

Authors are invited to submit abstracts of original papers until 25 April 2024. Submissions must not exceed 500 words. Please add name, affiliation, and a short (one page max.) CV to your proposal.

If you want to organize a panel (3 slots max. for a two-hour panel), extend your submission for each author under the mentioned conditions and a short idea of the Panel.

It will also be possible to organize an author meets critic event. State in your proposal a book, its relevance, and a possible commentator beside the book author.

A hybrid format of the conference is planned. We offer hotel accommodation for all conference contributors for up to three nights. Additionally, we can offer a contribution to cover travel costs to and from the conference.

Please send your submission to: info@europeamerica.de

The organizing team,
Juliane Tomann, Kerrin Langer, Jon-Wyatt Matlack, and Frank Reichherzer

Source : H-Soz-Kult

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Exposition – Représenter le lointain. Un regard européen (1450-1950)

Organisée en partenariat avec l’International Conference on the History of Cartography (ICHC), cette exposition est consacrée aux espaces lointains vus à travers les cartes et les documents iconographiques que produisirent les Européens entre 1450 et 1950. Durant cette période de cinq siècles, depuis les expéditions portugaises dans l’océan Atlantique et sur les côtes africaines, à l’aube des Temps modernes, jusqu’aux prises d’indépendance des peuples colonisés, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Europe découvrit progressivement toutes les régions du monde et exerça sur elles une domination plus ou moins forte et durable. C’est dans ce cadre historique que doivent être replacées les 99 pièces sélectionnées : celles-ci constituent autant de témoignages significatifs sur la manière dont les Européens appréhendèrent et représentèrent les contrées lointaines et leurs habitants.

Le parcours proposé est structuré en trois parties. La première présente l’élargissement des horizons européens en privilégiant le support cartographique envisagé à différentes échelles. Lorsque Christophe Colomb aborda l’archipel des Antilles en octobre 1492, il crut avoir atteint l’extrémité orientale de l’Asie. Dans les premières années du 16e siècle, le navigateur florentin Amerigo Vespucci – dont le prénom fut retenu pour baptiser l’Amérique – fut le premier à défendre l’idée que les terres récemment explorées appartenaient à un continent jusque-là inconnu. La représentation du monde des Européens s’en trouva profondément bouleversée. Les nombreuses expéditions qui se succédèrent entre le 16e et le début du 20e siècle permirent d’identifier peu à peu les autres régions lointaines du globe (l’Australie au cours des 17e et 18e siècles, l’Antarctique au 19e siècle) et de découvrir plus finement les espaces dont l’existence était déjà connue. La conquête des pôles, à la veille du premier conflit mondial, marqua l’achèvement de l’exploration de la surface terrestre par les Européens.

Les formes d’appropriation du lointain font l’objet d’une seconde partie. L’exploration de contrées nouvelles par les Européens alla de pair avec l’affirmation de leur puissance. Cartes et illustrations mettent ainsi en avant leurs conquêtes territoriales, l’essor du commerce ou encore la diffusion du christianisme. À partir du 19e siècle, elles célèbrent les « apports » de la civilisation européenne (construction d’infrastructures de transport, création d’hôpitaux et d’écoles…) dans le cadre d’un discours visant à justifier les entreprises coloniales. L’iconographie fit en revanche beaucoup moins de place aux résistances opposées par les populations locales, au pillage des ressources et à l’exploitation des hommes et des femmes, même si l’image vint quelquefois soutenir les voix qui s’élevèrent pour dénoncer les exactions commises et condamner l’esclavage. Les Européens s’emparèrent également du lointain par le savoir et par l’imaginaire. Les représentations qu’ils donnèrent des peuples lointains empruntent aux deux registres. Si l’image véhiculée fut parfois positive ou tout du moins nuancée, elle s’inscrivit presque toujours dans une logique d’infériorisation qui culmina au 19e et dans la première moitié du 20e siècle avec le développement des théories raciales.

La troisième section délaisse la surface de la Terre pour saisir le lointain dans sa dimension verticale. En même temps qu’ils sillonnaient les régions du globe, les Européens cherchaient à mieux connaître les espaces du dessous – les profondeurs de la Terre et des océans – et ceux du dessus – les sommets des montagnes et, au-delà des limites planétaires, le vaste univers. Ils en donnèrent là aussi de nombreuses représentations figurées qui révèlent un imaginaire foisonnant et une puissante soif de découverte.

Tous les supports graphiques couramment utilisés entre le milieu du 15e siècle et les années 1950 ont été mobilisés : les cartes et les estampes en premier lieu mais aussi les enluminures de la fin du Moyen Âge, les affiches et les photographies. L’exposition met avant tout en valeur les collections de la bibliothèque, dont la richesse est grande en la matière. De nombreuses provenances reflètent l’intérêt soutenu et constant que les Lyonnais portèrent aux contrées lointaines. Le collège de la Trinité, le couvent des grands Augustins de Lyon, le bibliophile Pierre Adamoli ou encore la Société de géographie de Lyon figurent ainsi parmi les anciens possesseurs des documents présentés. Une part importante des pièces retenues est par ailleurs issue de la collection jésuite des Fontaines, déposée à la BmL depuis 1998. Un chapelet en ivoire faisant référence aux conquêtes des Espagnols en Amérique et deux portulans récemment découverts ont été généreusement prêtés par le musée des Beaux-Arts de Dijon, les archives départementales du Var et les archives départementales du Vaucluse : ces trois œuvres complètent avec profit la sélection, qui puise également dans les ressources mises à disposition par l’Agence spatiale européenne et la National American Space Agency (NASA).

Cette nouvelle exposition propose un voyage dans l’espace et dans le temps. Elle permet de se projeter vers des horizons lointains en examinant, avec l’approche critique nécessaire, le regard des Européens des siècles passés. Les cartes et les illustrations furent à la fois les réceptacles et les vecteurs de la curiosité, des peurs, des débats, de la convoitise, de la fascination ou de la répulsion qu’éveillèrent chez eux les régions éloignées. Ces représentations graphiques sont les miroirs d’une histoire longue dont l’héritage reste prégnant : une histoire de confrontation – à l’autre, à la différence, à l’inconnu – et d’affirmation de soi.

Jérôme Sirdey et Benjamin Ravier-Mazzocco, commissaires de l’exposition

Du 2 avril au 13 juillet 2024
Bibliothèque de la Part-Dieu, la Galerie

Du mardi au vendredi de 10h à 19h
Le samedi de 10h à 18h
Entrée libre

Source : Bibliothèque municipale de Lyon

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Publication – Nicole Bériou, « Les pouvoirs de l’éloquence Prédication et pastorale dans la chrétienté latine (XIIe-XIIIe siècles) »

Nous n’avons plus aujourd’hui qu’un écho du travail de communication des prédicateurs d’antan que furent au Moyen Âge les premiers disciples de saint Dominique et de saint François, et quelques autres clercs formés dans les écoles, voire à la faculté de théologie. Le contexte du tournant pastoral du XIIIe siècle donna à leur prédication, fréquente en ville, une place de choix un peu partout en Europe. À leurs appels à se repentir et à changer de vie, inspirés par les Évangiles, s’ajoutait la promotion d’une discipline centrée sur la pratique régulière de la confession annuelle. Nous mesurons difficilement la réception de leurs propos, mais il est certain que tous ces orateurs partageaient l’intime conviction de « l’efficience des mots » : avec l’aide mystérieuse de la grâce de Dieu, ceux-ci étaient dotés d’une capacité d’agir en produisant un effet attendu. L’historien peut au moins capter dans les sources dont il dispose la manière dont ces orateurs façonnaient leur parole d’exhortation. Le plus souvent préservée en ce temps de tout discrédit, elle était proférée publiquement, afin de susciter l’assentiment d’auditeurs à qui les prédicateurs parlaient en recourant au langage du quotidien, tout en chargeant celui-ci d’une grande richesse de sens.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Nicole Bériou, Les pouvoirs de l’éloquence Prédication et pastorale dans la chrétienté latine (XIIe-XIIIe siècles), Genève, Droz, 2024 ; 1 vol., 2024 (Titre Courant, 76). ISBN : 978-2-600-00576-0. Prix : CHF 32,00.

Source : Droz

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Exposition – Les arts en France sous Charles VII

Ce règne qui s’inscrit dans une période troublée porte en germe l’extraordinaire renouveau artistique de la fin du 15e siècle.
L’exposition entend montrer toute la diversité de la production artistique pendant le règne de Charles VII. Elle rassemble de prestigieux manuscrits enluminés, peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie, vitraux et tapisseries. Des oeuvres exceptionnelles y figurent, comme le dais de Charles VII (tapisserie, musée du Louvre), le manuscrit des Grandes Heures de Rohan (BNF) ou le tableau de l’Annonciation d’Aix (Aix-en-Provence) par Barthélémy d’Eyck, peintre du duc René d’Anjou qui enlumine son Livre des tournois (BNF).

Enfin, une section entière sera dévolue à Jean Fouquet, l’un des plus grands peintres français du 15e siècle. Enlumineur de génie, il est l’auteur du célèbre portrait peint sur bois de Charles VII (musée du Louvre), présenté en juste place dans l’exposition.

En partenariat avec la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.
Exposition organisée avec la collaboration exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France. 
Avec le soutien de The Selz Foundation, The Ruddock Foundation for the Arts, la Fondation Etrillard et The New York Medieval Society.

Commissariat :
Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé de Chantilly
Maxence Hermant, conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, service des manuscrits médiévaux
Sophie Lagabrielle, conservatrice générale au musée de Cluny, en charge des peintures, vitraux et arts graphiques
Séverine Lepape, directrice du musée de Cluny et conservatrice générale (commissaire générale)

Informations pratiques :

Musée de Cluny, Paris
Du 12 mars au 16 juin 2024

Source : Musée de Cluny

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Publication – Assaf Pinkus, « Giants in the Medieval City »

The visual landscape north of the Alps between the 14th and 16th centuries was shaped by colossal representations of epic and mythological giants, reincarnated and cast as Christian heroes. In contexts religious or lay, private or public, giants dominated urban spaces but also rural ones. They were painted on church facades and stood tall as sculptures in town squares. Rather than portraying specific characters from particular texts, the figures embodied the notion of “the gigantic” as it appeared in contemporary writings: superhuman creatures from foreign lands and liminal geographies, often associated with supernatural powers, magic, hypermasculinity, and, concomitantly, matriarchy. Since the naming and identity of these giants do not always correlate–thus destabilizing the images’ semiotics–the gap could be filled by fabricated memories of the ancient world. Hence, imagery of giants bridged mythological, biblical, and contemporary times, while producing novel political metaphors. This book explores the role and function of the vision and the experience of the gigantic. Executed “out of scale” and communicating ideas about excess, giants were experienced as physically and ethically abject and, at the same time, as magnificent, apotropaic, and redemptive; as such they came to embody the very notion of the medieval sublime.

Assaf Pinkus is Professor of Art History at Tel Aviv University and Professor Honorarium at the University of Vienna. His diverse studies engage with Gothic art and late medieval culture; workshop practices and economic models; patronage, narrative and spectatorship; nonreligious experience and response; imagination and somaesthetics; violence imagery; and, most recently, the global history of giants. He is a recipient of ISF, Minerva, GIF, and Gerda Henkel research grants and several international prizes.

Table des matières :

Introduction: Toward a Global Genealogy of Giants

Assaf Pinkus
Chapter 1: Being a Giant: Geographies and Temporalities

Assaf Pinkus
Chapter 2: Out of Scale: Experiencing the Gigantic

Assaf Pinkus
Chapter 3: A Giant in the City: The Protective Roland

Assaf Pinkus and Noeit Williger Aviam
Chapter 4: Chaos and Order in the Cities: Roland and his Companions

Orly Amit
Chapter 5: Giants of London

Michal Ozeri
Chapter 6: The Gigantic as the Late Medieval Sublime: St. Christopher in the Alps

Epilogue: More Good then Evil

Notes – Bibliography – Index

Informations pratiques :

Assaf Pinkus, Giants in the Medieval City, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 272 p. (Studies in the Visual Cultures of the Middle Ages, 20). ISBN : 978-2-503-60768-9. Prix : € 150,00.

Source : Brepols

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Exposition – Origines. Histoires de trésors

Le Musée ferme temporairement ses portes pour préparer son avenir ?
Dès lors la Société archéologique de Namur en profite pour se pencher sur les origines de ses collections…
Laissez-vous porter et remontez le temps et l’histoire avec nous pour partir à la découverte de nos plus magnifiques trésors.

Alors, si on vous dit « Trésors », à quoi pensez-vous ?

A une accumulation de richesses !
A quelque chose de précieux ?
Au contenu d’un coffre, d’une boîte précieuse, d’un écrin…
A un objet secret qu’il faut découvrir.

Le terme trésor fait rêver et fait toujours apparaître dans l’esprit de ceux qui prononcent ce mot un extraordinaire imaginaire.
C’est un immense plaisir pour nous de vous inviter aujourd’hui à pénétrer notre univers fantastique peuplé de trésors.

Des trésors de toutes sortes : des œuvres reconnues comme exceptionnelles et classées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, des trésors d’église, des trésors de dévotion, des trésors monétaires, …

Et l’écrin qui les protège tous et les dévoile à la fois, c’est le musée.

Le Musée des Arts anciens ouvre ses portes en 1964. Il est le fruit d’un partenariat entre la Province de Namur et la Société archéologique de Namur, l’une mettant son bâtiment à disposition, l’autre ses collections médiévales et renaissantes, alors dans l’attente d’un nouvel écrin.

Le nouveau musée était alors à la pointe de la modernité, digne vitrine de la « qualité et des efforts de ceux qui ont autrefois rassemblé les collections qui y sont présentées ».

Soixante ans plus tard, le Musée des Arts anciens se tourne vers l’avenir. Il veut s’ancrer dans le 21e siècle, tout en valorisant mieux encore les collections qu’il présente. Mais ce projet de « grand musée » nécessite d’importants travaux sur un ensemble immobilier classé par la Région Wallonne. Et la procédure impose de mener des investigations préalables sur le bâtiment dès à présent…

Informations pratiques

Au TreM.a-Musée des Arts anciens du Namurois

Hôtel de Gaiffier d’Hestroy

Rue de Fer 24 à 5000 Namur

+32(0)81 77 67 54

www.museedesartsanciens.be – musee.arts.anciens@province.namur.be

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les 14 et 15/09/24.

Télécharger le dépliant de l’évènement : dépliant.

Tarifs

Plein tarif (exposition et musée) : 5 € (+12 ans)

Tarif réduit (étudiants / 65+ / groupes) : 2,50 €

Groupes scolaires en visite libre : 1 €

Gratuit : < 12 ans, art. 27, 1er dimanche du mois, membres SAN, museumPassmusées, cartes ICOM et ICOMOS.

Visites et ateliers

Visites guidées pour groupes

En semaine et le week-end : 60 €/guide (1h) + droit d’entrée.

Possibilité de visite en 3 langues : fr/ndl/angl.

Max. 20 personnes/guide.

Animations à destination du public familial

10/04/2024, de 14h à 16h : Instant famille « Cabinet de curiosités, naissance d’une collection ! »
Pour les familles avec enfants à partir de 6 ans (max 12 pers.).

Je collectionne, tu collectionnes, il collectionne… Etes-vous plutôt numismate (collectionneur de monnaies), fibulanomiste (collectionneur de boutons), chionosphérophile (collectionneur de boules à neiges)… ou juste amateurs de petits trésors et grandes trouvailles échoués sur vos chemins ? Intéressons-nous au curieux monde du cabinet de curiosités et le voir devenir musée !
Et, pour ne pas quitter cette aventure les mains vides, créons notre petit cabinet de curiosités portatif !

7/06/2024, de 18 à 20h : Nuit au Musée « Promenade dans une forêt de statues… »
Pour les enfants de 7 à 10 ans (max 10 enfants).

Viens contempler une forêt de statues et autres sculptures du temps passé ! Explorons ensemble les formes et les matières, les gestes et les outils ! Déambulons sur un rythme ludique, entre histoires à écouter, piste à trouver, petits jeux ou énigmes à découvrir… Et terminons par un atelier ou prendront vie les personnages sortis de notre imagination sur un support original en bois !

25/09/2024, à 14h et à 15h30 : Instant famille « Contes et histoires de Trésors ! » (un petit goûter d’automne est prévu)
Pour les familles avec enfants entre 3 et 6 ans (max 12 personnes).

3 petites haltes contées au sein de l’exposition pour les petits entre 3 et 6 ans.

Les 1ers dimanches

Exposition accessible gratuitement le 1er dimanche de chaque mois de 10h à 18h (7/04, 5/05, 2/06, 7/07, 4/08 et 1/09/2024).

Visite guidée gratuite à 15h00. Sur réservation (max. 20 pers.). Durée : 1h.

Visites et ateliers pour scolaires

Pour les enfants de 3ème maternelle : Emotions et collections. Ma première visite au musée (1h)

Pour les enfants de la 1ère à la 6ème primaire : Histoires de trésors, suivie de l’atelier créatif « mon cabinet de curiosités » (2h)
ou Aux origines des œuvres. Dans l’atelier des artistes (visite sans atelier créatif : 1h)

Pour les élèves du secondaire : visite guidée classique ou orientée sur une thématique au choix : soit « cabinet de curiosité », soit « techniques » (1h)

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Publication – « Baptême et baptistères entre Antiquité tardive et Moyen Âge », dir. Béatrice Caseau, Lucia Maria Orlandi

Cet ouvrage regroupe des articles écrits sur le baptême et les baptistères antiques et médiévaux par un panel international d’archéologues et d’historiens renommés. Nous abordons une très grande variété de sujets qui concernent l’initiation chrétienne, de la liturgie à l’architecture, de la théologie à l’histoire des institutions et du droit canonique, du symbolisme religieux à la dimension politique du baptême. Nous traitons de ces questions dans un cadre géographique large qui va des Îles Britanniques à l’Éthiopie. Nous abordons et commentons un grand nombre de sources matérielles et textuelles qui concernent aussi bien les origines du christianisme que le début du Moyen Âge, tant en Occident qu’en Orient byzantin ou musulman. En regroupant ainsi ces différentes recherches, nous mettons en évidence le caractère multiforme du baptême qui est à la fois un miroir et un produit des différentes sociétés dans lesquelles il est devenu un rituel courant.

Avant-propos

Introduction
Béatrice Caseau, Lucia Maria Orlandi

1 – Baptistères dans l’espace construit : topographie et enjeux interprétatifs

Baptisteries and Monasteries in Hispania (Fourth–Eighth Centuries). Are they Compatible? Observations on Archaeological Identifications
Cristina Godoy Fernández

Topographie et structure des baptistères africains : reflets d’une liturgie ? Le témoignage de l’archéologie
François Baratte

Les édifices baptismaux en tant que marqueurs d’identité sociale
Lucia Maria Orlandi

How does the Form Transform Itself? The Diffusion of Plans in the Baptismal Architecture of Early Christian Greece
Athanassios Mailis

The Disappearance of the Ethiopian Baptismal Font
Mikael Muehlbauer

Baptism and Baptisteries of Roman Britain and Early Medieval England
Carolyn Twomey

2 – L’espace baptismal : formes, symboles et pratiques

Early Christian Piscinas with Curved Inner Walls and Ciborium Attachments
Sebastian Ristow

Les gestes rituels de la liturgie baptismale occidentale. L’exemple d’Ambroise de Milan et d’Augustin d’Hippone
Elisabetta Neri

De l’objet au corps : la culture matérielle et visuelle « mobile » dans l’initiation chrétienne (IVe-VIe siècles)
Ivan Foletti

Roman Circus Imagery as a Marker of Christian Identity. The chevaux vainqueurs in the Baptistery of Henchir-el-Koucha (Africa Proconsularis)
Stefanie Lenk

Nature Tamed and Framed: the Hortus Conclusus Trope in the Early Christian Baptistery
Nathan S. Dennis

Baptême du Christ et cosmologie chrétienne : le témoignage des peintures des manuscrits arméniens
Ioanna Rapti

3 – Baptême, institutions, société

La formule baptismale de Matthieu 28, 19 dans l’exégèse patristique grecque
Sébastien Morlet

Qui baptisait dans les communautés chrétiennes au Ier siècle?
Jonathan Cornillon

Chrétiens avant le baptême : les catéchumènes dans la législation canonique et civile en Occident tardo-antique (IVe-VIe siècles)
Matthieu Pignot

Multiple Fonts and Multiple Ministers of Baptism in the Fourth through Sixth Centuries in the West
Robin M. Jensen

Le baptême des rois mérovingiens : un rituel politique ? Autour du baptême de Clotaire II
Bruno Dumézil

Un débat dans l’Église byzantine sur le baptême des enfants et celui des Agarènes
Béatrice Caseau

Conclusion
Béatrice Caseau, Lucia Maria Orlandi

Illustrations
Annexes
Index des lieux et sites
Index des noms de personnes historiques
Index thématique
Crédits photographiques

Baptême et baptistères entre Antiquité tardive et Moyen Âge, dir. Béatrice Caseau, Lucia Maria Orlandi, Cinisello Balsamo, Silvana Editoriale, 2024 ; 1 vol., 360 p. ISBN : 978-8-83664-999-0. Prix : € 26,00.

Source : Silvana Editoriale

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Publication – « Arabic Textual Sources for the Crusades », éd. Alexander Mallett

Building upon previous volumes by the same editor, this book contains studies of nine of the most important writers of Arabic-language textual sources for the Crusades and the Frankish presence in the eastern Mediterranean in the period 1097-1291.

Table des matières : ici

Alexander Mallett is Associate Professor in the Faculty of International Research and Education and a member of the team of the Chair of the State of Qatar for Islamic Area Studies at Waseda University, Tokyo. He has previously edited Medieval Muslim Historians and the Franks in the Levant (Leiden, 2014) and Franks and Crusades in Medieval Eastern Christian Historiography (Turnhout, 2021).

Arabic Textual Sources for the Crusades, éd. Alexander Mallett, Leyde, Brill, 2024 ; 1 vol., XII–271 p. (The Muslim World in the Age of the Crusades, 5). ISBN : 978-90-04-67758-6. Prix : € 106,00.

Source : Brill

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École d’été – Summer Latin Program

The Centre for Medieval Studies at the University of Toronto offers a Summer Latin Programme consisting of three levels of study beginning this May!

Students who attend the courses regularly and complete assignments will be provided with an official letter detailing the course content and their participation. Following successful completion of Level I and Level II programming, students may also elect to register for a CMS Latin Exam to receive a Statement of Proficiency, as is a requirement for many post-secondary programs in both North America and internationally.

Students outside of Ontario will be pleased to know that Beginning Latin and its supplementary Beginning Review courses are both offered online. Students wishing to travel to Toronto to participate in either in-person course, Level I Latin, or Level II Latin may find financial support for mobility through the Medieval Academy of America / CARA Summer Scholarship Programme.

Beginning Latin – online – May 13-July 5

Monday, Tuesday, Thursday, Friday, 10:30 am-12:30 pm

An introductory intensive course for those with little or no previous exposure to Latin. Includes a Review Session (online, July 9-25) at no extra cost.

Level I Latin – in person – May 21-June 27

Monday-Friday, 10:30 am-12:00 pm

This course serves to refresh students’ knowledge of grammar and/or gain additional experience of readings texts in preparation for Medieval Latin Exams. Includes a Review Session (online, May 7-17) at no extra cost.

Level II Latin – in person – July 2-August 9

Monday-Friday, 10:30 am-12:00 pm

This course is intended for students who have a thorough knowledge of Latin grammar and a basic working vocabulary and prepares them for the Level II Latin Examination.

Registration Deadline: May 1, 2024

Source : University of Toronto

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Appel à contribution – Chantiers médiévaux. 56e Congrès de la Shmesp

Le 56e Congrès de notre Société se tiendra à l’Université Champollion (Albi), du 22 au 25 mai 2025, sur le thème des « chantiers médiévaux« . Nous vous prions de bien vouloir trouver l’argumentaire au lien suivant : Congrès-Shmesp-2025-Albi-argumentaire

Les propositions de communication doivent être adressées au secrétariat de la SHMESP avant le 25 mai 2024, délai de rigueur, exclusivement par courrier électronique à secretariat@shmesp.fr. Elles doivent être accompagnées d’un résumé d’une page, à défaut duquel il ne sera pas possible de les prendre en compte. Le comité scientifique fera connaître d’ici fin juin les contributions retenues.

Nous rappelons que la Société ne prend pas en charge les frais des intervenants. Des bourses sont toutefois proposées aux doctorantes et doctorants, ainsi qu’aux jeunes chercheuses et chercheurs, qui interviendraient lors de ce congrès.

Les actes des congrès de le SHMESP paraissent régulièrement à l’occasion de l’Assemblée générale de l’année qui suit, grâce notamment au travail des responsables des publications. Les collègues qui proposent une communication s’engagent donc moralement à publier leur texte en le rendant dans les délais imposés par ce calendrier serré, soit le pour 1er septembre 2025, et en respectant le nombre de signes défini par les responsables des publications ainsi que les normes de la collection.

Nous encourageons vivement les jeunes chercheurs à participer à ce congrès. Les directeurs de thèses sont donc invités à informer au plus vite les doctorants susceptibles d’être intéressés.

Congrès SHMESP 2025 — Albi

Chantiers médiévaux

Fondateur, le 3econgrès de la SHMESP à Besançon en 1972 était consacré à la « Construction au Moyen Âge, Histoire et Archéologie ». Depuis, le champ de recherche ainsi ouvert a fait preuve d’un remarquable dynamisme. « Enfin ! », comme l’écrivait en 1954 Lucien Febvre, pour qui il était inexplicable que, malgré la publication quelques années auparavant de l’ouvrage majeur de Douglas Knoop et G. P. Jones (1933), aucune enquête d’envergure sur les chantiers n’ait vu le jour. Abordant tour à tour les aspects techniques de la construction et du bâti, son économie ou sa société artisanale, les chercheurs ont exploré depuis de nombreuses facettes de l’histoire de la construction, en privilégiant le dialogue entre les disciplines et les sources. Désormais, elle s’intéresse non seulement au bâti, mais également au chantier, dans toute sa complexité.

En effet, le chantier est depuis les années 1960 envisagé dans le cadre d’une réflexion plus large, hors de la seule étude de la cathédrale, symbole emblématique de la construction médiévale retenue trop longtemps comme son unique marque par les historiens de l’art et les historiens. Les années 1970-1980 représentent le grand moment où les historiens s’emparent du chantier pour l’étudier dans ses aspects économiques, sociaux, structurels, organisationnels et techniques. Christiane Klapisch-Zuber marque cette voie (1969), avant que le congrès de la SHMESP déjà cité ne prenne définitivement possession du sujet (1973), en ouvrant de surcroît l’enquête aux chantiers de la maison d’habitation et de la construction rurale. La construction et le chantier sont désormais abordés par une approche technique de l’architecture, par le prisme également de l’histoire des sciences, et par des problématiques humaines et sociales. À partir des années 1990, en plus de la construction et du bâti, le chantier est donc devenu un objet de recherche complet, autour duquel l’archéologie, l’architecture, l’histoire de l’art, mais aussi l’histoire, le droit, l’économie, l’anthropologie historique ont établi un dialogue fécond. Le bâtiment n’est plus seulement envisagé comme le livrable, mais bien comme le marqueur et le résultat d’une série d’interactions humaines, de mises en œuvre et en synergie de compétences, de procédés et processus, fruits à la fois des contextes techniques, mais également économiques, politiques et sociaux. En fait, le bâtiment intéresse toujours, mais le « bâtir » et son terrain privilégié, le chantier, intéressent désormais tout autant, comme le souligne le titre de l’ouvrage fondamental de Philippe Bernardi (2011).

50 ans après le congrès de Besançon, il semble utile de faire un point d’étape sur ce champ de l’Histoire de la construction, selon les approches historiographiques récentes qui sont désormais le socle de ses questionnements[1]. Le congrès de 2025 de la SHMESP qui se tiendra à l’Institut National Universitaire Champollion d’Albi, avec le soutien de collègues de l’université Toulouse Jean-Jaurès et de l’UMR 5136 Framespa, retiendra donc le thème « Chantiers médiévaux » comme base des discussions. 

Les chercheurs du domaine seront invités à y montrer toute sa vitalité, incluant les travaux et réflexions des historiens, des historiens de l’art et des archéologues. Finalement, des historiens des techniques aux spécialistes des comptes et des savoirs comptables, des historiens des mondes du travail aux spécialistes d’Histoire politique ou économique, beaucoup de médiévistes ont croisé, dans leurs recherches, des chantiers. C’est cet objet qui sera au cœur des discussions. Ce sont leurs dossiers qui ici, dans toute leur diversité, permettront de faire le point, selon les axes proposés ci-après. Également, le congrès aura à cœur de sortir du seul Occident chrétien, ouvrant les débats à l’Islam et à l’aire Byzantine, pour lesquels des travaux existent mais sont assez peu comparés aux recherches dans le monde latin.

  • Du projet au chantier : Le chantier est le lieu par excellence où se traduit la volonté et le projet du prince, dans une inscription dans la pierre d’une volonté politique. Patrick Boucheron, par le cas italien, a largement labouré cette question à partir du début des années 2000, et d’autres après lui. Il sera utile ici d’aborder la dimension politique et symbolique des chantiers et de la construction, voire des usages politiques de la construction, mais également d’explorer les liens complexes entre la volonté des commanditaires, les expertises des artisans et architectes – comme l’envisageait Odette Chapelot étape par étape dans les phases du dialogue entre projet et chantier pour le domaine français (2001) – les savoirs savants et praticiens, les progrès techniques et les innovations ou l’inventivité par le bâti. L’espace oriental pourra ainsi être mobilisé sur la question des inspirations et des réinterprétations architecturales. On pourra également interroger à profit les réseaux et aires de recrutements, les modalités d’embauche, la valorisation des expériences et des savoir-faire.
  • Typologie et spatialité du chantier : Une question fondamentale, mais assez peu envisagée comme telle par l’historiographie, est de savoir ce qu’est un chantier au final. Les lieux d’extraction des ressources, de déchargement, de stockage font-ils partie du chantier, le bâtiment construit antérieurement puis « cannibalisé » pour un nouveau projet est-il également à considérer comme « en chantier » ? La communauté des artisans regroupée autour d’un projet constructif fait-elle chantier ? Quelles sont les spécificités des différents chantiers en fonction de leur environnement (espace rural, espace urbain) ? Quant à la spatialité du chantier, elle est à considérer tout d’abord au sein d’un même site de construction, interrogeant les liens entre des différents espaces et leur fonction, mais également dans les rapports externes que le chantier peut avoir avec la ville, le territoire ou les institutions environnantes. Le chantier bénéficie-t-il également d’un espace juridictionnel propre, d’une justice interne ou d’une réglementation fiscale différenciée ? Enfin, la question spatiale peut aussi permettre d’envisager les chantiers en réseaux, et ainsi interroger les liens entre les différents chantiers d’un même territoire ou d’un même commanditaire et pister les flux éventuels des ouvriers, des fournisseurs, des matériaux ou des savoir-faire techniques ou administratifs.
  • Matérialité et organisation du chantier : Enrichie du dialogue avec les archéologues et les historiens de l’art, la question de la matérialité du chantier peut également être envisagée par les textes. Chantiers de construction, mais aussi chantiers de démontage, de destruction ou de restauration sont à envisager dans leurs particularités, leur phasage, leur rythme et temporalité ou leur gestion. L’actualité récente après l’incendie de Notre-Dame de Paris a permis de mettre la lumière sur des questions concernant des chantiers de reconstruction après sinistre : quelles sont leurs spécificités et contraintes particulières, s’ils en ont ? Le groupe « Scientifiques de Notre-Dame » pose ainsi un cadre, qui peut être largement interrogé dans d’autres contextes, comme l’a proposé Alain Marchandisse pour le cas liégeois (1999).
  • Économies du chantier : L’historiographie a très tôt retenu ce thème économique pour entrer dans le sujet. Dès 1935, Marc Bloch s’interrogeait sur les salaires des ouvriers. Ces questionnements furent ensuite repris et complétés par Charles de la Roncière (1982) ou Bronislaw Geremek (1968). Ce thème classique, mais essentiel de la rémunération du travail[2], mais aussi des prix et des coûts, dans une approche plus globale de l’étude du financement de la construction[3], peut être complété désormais par les problématiques liées aux économies circulaires, au recyclage, au remploi, à la réutilisation des matériaux[4], selon de nouvelles approches portées en particulier par les chercheurs en histoire environnementale. Témoin de cet intérêt marqué pour ce sujet, le GDR Remarch place la réflexion dans un temps long des pratiques. Le monde musulman pourrait également permettre de questionner le sujet du remploi comme intégration consciente de références à un passé pré-islamique relu à l’aune d’un monde nouveau. Les questions de la rentabilité, de l’investissement et du recours au crédit sont également au cœur de cet axe. Elles ne sont pas sans rappeler les débats posés par Lopez sur les incidences supposées entre architecture médiévale et crise économique (1952). Enfin, les contrats, véritables cadres fonctionnels de cette économie de chantier, les commandes et les modalités particulières des prix-faits ou des régies seront aussi à explorer.
  • Sociétés du chantier : Les questions relatives à la société des artisans du bâtiment ont été posées par les chercheurs depuis de nombreuses années, par le biais des études sur le monde des Métiers et leur organisation, dans la lignée des études pionnières d’André Gouron (1958), Jacques Le Goff (1972) ou Jean-Pierre Sosson (1994), pour ne citer qu’eux, mais aussi plus récemment sur les parcours d’individus dans une approche plus fortement microhistorique. La question de l’apprentissage et de la transmission des savoirs dans le cadre ou hors cadre des métiers reste vive, tout comme celle des recrutements des ouvriers spécialisés et non spécialistes. Il reste cependant encore des questions en suspens, comme celle de définir plus exactement les effectifs que représente le monde du bâtiment dans les sociétés médiévales, leur démographie. Artisans, Métiers, mais aussi gens de plume, administrateurs, intermédiaires, entrepreneurs, négociants, experts, relais d’ordres et d’autorités : qui est actif sur le chantier, qui gravite autour de lui ? L’histoire sociale de l’économie commence à intéresser fortement les chercheurs. Quels sont les rôles de chacun et de chacune ? De qui se compose cette société productive ? Femmes, enfants, esclaves, minorités : quelles sont leurs places ? Comment intervient l’économie du travail forcé, comme par exemple sur les chantiers égyptiens où la fiscalité se traduit en temps dédié au chantier ? On peut aussi interroger les conditions de travail de ces ouvriers et en particulier l’accidentologie, assez peu traitée depuis les premières études de Legay (1981). Cette question sociale peut ainsi ouvrir à des remarques sur l’assistance et la solidarité dans le monde du travail, face aux accidents, aux maladies, ou à la mort. De même, il serait intéressant de s’interroger sur les conflits et leur résolution au cœur de ce microcosme. Dernièrement, la question de l’âge au travail a été posée par Corinne Maitte et Didier Terrier, permettant d’ouvrir cette perspective (2023). Actuellement, au-delà de la société artisanale, ce sont les agents de la gestion du chantier qui cristallisent l’intérêt des chercheurs, suite à de nombreuses recherches sur la structure administrative dans lesquels ces agents intervenaient : la fabrique. Ainsi, comme on est passé de l’étude du monument à celle de la société des ouvriers qui l’ont construit, on peut désormais scruter les relais administratifs de la décision de bâtir. Ces nouvelles approches mettent résolument au cœur du propos l’homme, qu’il soit artisan ou administrateur.
  • Savoirs du chantier : La question de l’expertise a mobilisé les chercheurs depuis le milieu des années 2010, en particulier lors du congrès de la SHMESP de 2012. Il s’agira ici d’interroger les arts mécaniques et les savoirs empiriques, la connaissance par l’expérience (les « recettes » des artisans), la transmission orale et écrite des manières de faire et de concevoir, les expertises profanes, les questions de transfert et de circulation des savoirs techniques et administratifs, etc. mais aussi les consultations d’experts dans les prises de décision architecturales ou techniques.
  • Le chantier à la source : le chantier est une administration, avec son personnel, avec ses procédures et ses processus. La question qui se pose ici est celle de la gestion par l’écrit, mais aussi des artisans producteurs d’écrits de gestion. Les comptabilités sont ainsi devenues les sources premières et privilégiées pour étudier l’organisation du chantier. Ces « écritures de l’économie » pour reprendre l’expression de Laurent Feller (2020) permettent en effet d’accéder à un niveau de détail très fin du quotidien des chantiers. La revue d’histoire des comptabilités, Comptabilité(S.), née en 2010, cristallise ainsi cet intérêt pour ce type de source. Dans le domaine de la construction, les études s’appuyant sur cette documentation ont été nombreuses. Dans les aires byzantine ou musulmanes, ces sources économiques plus rares peuvent être avantageusement remplacées par d’autres écrits régissant la construction : les documents issus du droit, les manuels, les traités d’urbanisme ou les textes de fondation des monuments, l’épigraphie. La question s’est aussi ouverte à toute écriture grise, produit d’un moment comptable ou notarié particulier et destiné a priori à la destruction. L’enjeu est ici de comprendre l’usage d’une pratique sociale, le recours à l’écriture, comme trace matérielle de l’action, mais également comme support de mise en œuvre et de réalisation de cette action. Jack Goody a interrogé dans divers domaines ce qu’il a appelé « la logique de l’écriture » (2018). La question de la place et de la pratique de l’écrit n’est pas neuve[5]. Mais, ces dernières années, les historiens ont travaillé plus particulièrement la question de l’administration par l’écrit, moyen de conjurer la distance, de valider la décision et d’en faire mémoire. En élargissant la focale, il est également possible d’envisager les maîtres artisans comme producteurs de ces écrits économiques par le biais des écritures d’entreprises. In fine, ces questions ouvrent sur l’étude des modes de communication et de diffusion de l’information, sur le chantier comme entre le chantier et les administrations en charge de la gestion. Ainsi, il sera utile d’envisager l’emploi des techniques graphiques hors de l’écriture, tels les dessins, les schémas, les marques, ou les signes. Également, il convient de prendre en compte la place de l’oralité comme media de transmission au cœur des équipes d’artisans, mais également dans la communication ascendante et descendante avec les organes gestionnaires, ouvrant la réflexion à la question de l’illitéracie. Les sources du chantier sont donc à envisager pleinement, y compris les sources épigraphiques ou l’iconographie. La question peut permettre d’interroger le chantier de façon plus épistémologique, dans une optique comparative entre disciplines ou entre espaces.

[1] Le dernier point d’étape date de presque 20 ans déjà : Jean-Pierre SOSSON, « Le bâtiment : sources et historiographie, acquis et perspectives de recherches (Moyen Âge, débuts des Temps Modernes) », in L’ediliza prima della rivoluzione industriale secc. XIII— XVIII, Prato, Lemonnier, 2005, p. 49‑108 ; Plus récemment, citons l’analyse de : Antonio BECCHI, Robert CARVAIS et Joël SAKAROVITCH (dir.), L’histoire de la construction : relevé d’un chantier européen / Construction history : survey of a European Building Site, Paris, Classiques Garnier, 2018.

[2] Patrice BECK, Philippe BERNARDI et Laurent FELLER (dir.), Rémunérer le travail au Moyen Âge : pour une histoire sociale du salariat, Paris, Picard, 2014 ; Thomas ROY, « Rémunérations, travail et niveaux de vie à Dijon à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat sous la direction de Martine Clouzot et Patrice Beck », Dijon, 2019.

[3] Wim VROOM, Financing Cathedral Building in the Middle Ages : The Generosity of the Faithful, trad. fr. Elizabeth MANTON, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2010 ; Audrey M. ERSKINE (dir.), The accounts of the fabric of Exeter Cathedral, 1279 – 1353., Torquay, Devonshire Pr, 1983 ; Jean-Louis BIGET, « Recherches sur le financement des cathédrales du Midi au XIIIesiècle », Les cahiers de Fanjeaux, La naissance et l’essor du gothique méridional au XIIIesiècle-9, 1976, p. 127‑164 ; Henry KRAUS, L’argent des cathédrales, trad. fr. Laurent MEDZADOURIAN et trad. fr. Dominique BARRIOS-DELGADO, Paris ; Paris, CNRS ; Cerf, 2012.

[4] Laura FOULQUIER, « La Métamorphose des pierres. Les remplois, entre rebut et souvenir », Les actes de colloques du musée du quai Branly Jacques Chirac, 1, 2009, p. [en ligne] ; Charles DAVOINE, Ambre d’HARCOURT et Maxime L’HÉRITIER (dir.), Sarta Tecta : de l’entretien à la conservation des édifices : Antiquité, Moyen Âge, début de la  période moderne, Aix-en-Provence, Presses Univ. de Provence, 2019 ; Philippe BERNARDI et Hélène DESSALES, « Les réemplois en architecture, entre Antiquité et Moyen Âge : introduction à l’école d’été (Rome, 19-23 septembre  2016) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, 129‑1, 2017, Philippe Bernardi et Maxime L’HÉRITIER, « Introduction », Ædificare 2018 – 2, n° 4. Revue internationale d’histoire de la construction, 2019, p.  23‑36.

 [5] Étienne ANHEIM et Pierre CHASTANG, « Les pratiques de l’écrit dans les sociétés médiévales (VIe-XIIIe siècle) », Médiévales, 56, 2009, p. 5‑10 ; Joseph MORSEL, « Ce qu’écrire veut dire au Moyen Âge… Observations préliminaires à une étude de la scripturalité médiévale », Memini. Travaux et documents, 4, 2000, p. 3‑43.

Source : SHMESP

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