La Chronique de l’Archéologie wallonne est une revue publiée annuellement depuis 1993. Elle rend compte des résultats des découvertes, opérations archéologiques et études spécifiques menées en Wallonie par la Direction de l’archéologie, les institutions scientifiques et les partenaires privés. La base de données en ligne autorise des recherches par mots-clefs dans toutes les notices et donne accès aux versions pdf de celles-ci.
Langue officielle et commune de l’Angleterre médiévale durant plusieurs siècles, le français a pourvu l’anglais d’un vocabulaire immense et surtout crucial. Traversant la Manche avec Guillaume le Conquérant, il lui a offert le lexique de sa modernité. C’est grâce aux mots français du commerce et du droit, de la culture et de la pensée que l’anglais, cette langue insulaire, est devenu un idiome international. Les « anglicismes » que notre langue emprunte en témoignent.
De challenge à vintage, de rave à glamour, après patch, tennis ou standard, de vieux mots français, qui ont équipé l’anglais, reviennent dans un emploi nouveau ; il serait de mise de se les réapproprier, pour le moins en les prononçant à la française.
Avec érudition et humour, Bernard Cerquiglini inscrit la langue anglaise au patrimoine universel de la francophonie.
Informations pratiques :
Bernard Cerquiglini, «La langue anglaise n’existe pas». C’est du français mal prononcé, Paris, Gallimard, 2024 ; 1 vol., 208 p. (Folios Essais, 204). ISBN : 978-2-07305-661-0. Prix : € 7,80.
Le colloque est organisé par Evelyne Samama (DYPAC, UVSQ) et Frank Collard (MéMo, Nanterre) avec le soutien de la MSH Paris-Saclay, la Graduate school Humanités Science du Patrimoine et l’OI Scult.
Institut d’études culturelles et internationales (IECI) Mercredi 13, UVSQ, Guyancourt (Maison de l’Etudiant Marta Pan, salle polyvalente ) Jeudi 14, Versailles, Grand Commun du Château (salle Le Nôtre) Vendredi 15, UPN, Nanterre (Bâtiment Max Weber – Grande salle de séminaire)
Programme :
Mercredi 13 mars Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Maison de l’Etudiant Marta Pan – Salle polyvalente
Connaissance des animaux et de leurs maux
14 h 00 – 14 h 25 : Thorsten Fögen (PU Littérature latine, Changchun & Durham) :The role of veterinary medicine in Roman agricultural treatises 14 h 30 – 14 h 55 : Evelyne Samama (PU Histoire grecque, UVSQ) : Hommages aux hippiatres grecs 15 h 00 – 15 h 25 : Laetitia Loviconi (MC Histoire des sciences médiévales, EPHE) : Penser et panser la maladie avec les animaux dans la médecine médiévale 15 h 30 – 15 h 45 : Pause 15 h 45 – 16 h 10 : Karin Ueltschi (PU Littérature médiévale, Reims) : Dresser ou soigner, exploiter ou chérir : l’animal dans le Mesnagier de Paris (1393) 16 h 15 – 16 h 40 : Susan Baddeley (PU Civilisation britannique, UVSQ) : L’étrange Dr Salmon et ses remèdes animaliers : génie, charlatan ou «influenceur» avant la lettre ? 16 h 45 – 17 h 10 : Irène Salas (chercheuse à l’EHESS, CRAL-CNRS) : Anatomie hétérodoxe : fluctuations de la frontière homme-animal à la Renaissance (Léonard de Vinci, Vésale, Coiter, Belon et Fabrizi)
Jeudi 14 mars Versailles, Grand Commun du Château salle Le Nôtre
Animaux ennemis de la santé ?
10 h 00 – 10 h 25 : Anaëlle Broseta (Doctorante littérature grecque, Nice-Sorbonne): L’horrible musaraigne et son venin mortel : recherches sur une légende noire oubliée 10 h 30 – 10 h 55 : Alessia Guardasole (Dir. Rech. CNRS – Orient & Méditerranée): Sang de mouche et tête de souris : les animaux guérisseurs dans les recettes de cosmétique grecque antique 11 h 00 – 11 h 25 : Isabelle Draelants (Dir. Rech. IRHT, CNRS) : Pulvis bufonum et « Wurmwasser » : la vermine ou les ‘vermes’, à la fois plaie et remède au Moyen Âge 11 h 30 – 11 h 55 : Franck Collard (PU Histoire médiévale, Nanterre) : Animal-poison et animal anti-poison dans la littérature vénénologique de l’Occident médiéval : un bifrons à explorer 12 h 00 – 12 h 25 : Arnaud Exbalin (MC-HDR Littérature américaine, Nanterre): Les cochons dans les villes des Indes espagnoles, un défi pour la bonne police
Au service de la santé des hommes ?
14 h 30 – 14 h 55 : Antonio Ricciardetto (Ch. Rech. papyrologie grecque, CNRS) : De l’automédication animale à la pratique médicale : l’ibis et l’utilisation thérapeutique des produits tirés de cet oiseau dans l’Antiquité gréco-romaine 15 h 00 – 15 h 25 : Laurence Moulinier (PU Histoire médiévale, Nanterre) : Animal soignant, animal soigné chez Hildegarde de Bingen 15 h 30 – 15 h 55 : Jean-Charles Ducène (Dir. d’études, EPHE) : Le scinque et son usage médical selon le médecin juif d’Egypte Ibn Jumay‘ (m. 1198) 16 h 00 – 16 h 15 : Pause 16 h 15 – 16 h 40 : Virginie Muxart (Dr. Littérature comparée) : La civette et son parfum prophylactique, curatif et aphrodisiaque du Moyen Âge à l’époque moderne 16 h 45 – 17 h 10 : Valérie Boudier (PU Histoire de l’Art moderne, Lille) : Donner l’animal à manger dans la représentation des fêtes en Italie à l’époque moderne 17 h 15 – 17 h 40 : Cristina Marinas (MC Histoire de l’Art, Ecole Polytechnique, UPEC) : Animal souffrant, animal soignant dans la peinture du Siècle d’Or (Espagne, Pays-Bas)
Vendredi 15 mars UPN Nanterre : Bâtiment Max Weber Grande salle de séminaire.
Les hommes au service de la santé des animaux ?
9 h 30 – 9 h 55 : François Vallat (Docteur vétérinaire et Dr. en histoire) : Soigner les animaux domestiques dans l’Antiquité et au Moyen Âge, entre respect des autorités et pratiques empiriques 10 h 00 – 10 h 25 : Annelise Binois-Roman (MC Archéozoologie Paris 1) : Approche archéologique des soins vétérinaires 10 h 30 – 10 h 55 : Baudouin Van Den Abeele (FNRS / Université catholique de Louvain) : Quels animaux faut-il pouvoir soigner ? Enquête dans les manuscrits médiévaux 11 h 00 – 11 h 25 : Julie Van Parys-Rotondi (MC Civ. britannique, Clermont-Ferrand) : Maux d’animaux, paroles d’hommes : panser et guérir dans les Bokes of Husbandry de la première modernité anglaise 11 h 30 – 11 h 55 : Ninon Maillard (MC Histoire du Droit, Nanterre) : L’animal soigné par l’homme, l’homme soigné par l’animal : approche juridique à l’époque moderne
Souffrances animales
14 h 00 – 14 h 25 : Margaux Spruyt (UMR 5133 Archéorient) : Douleur et mort du lion assyrien 14 h 30 – 14 h 55 : Pietro Li Causi (Ricercatore Littérature latine, La Sapienza) : Gli animali che soffrono sono animali che ‘pensano’? Per una ri-lettura dell’VIII libro della Naturalis historia di Plinio 15 h 00 – 15 h 25 : Adèle Di Lorenzo (Doctorante Univ. Nice) : Maladies et remèdes des rapaces dans les traités de fauconnerie du médecin byzantin Démétrios Pépagoménos (XVe siècle) 15 h 30 – 15 h 55 : Georges Chapouthier (Dir. rech. émérite CNRS, CTP) : Souffrance et expérimentation animales à l’époque moderne 16 h 00 – 16 h 25 : Michel Kreutzer (PU émérite éthologie, Nanterre) : La souffrance mentale des animaux : hier et aujourd’hui
Mercredi 13, UVSQ, Guyancourt (Maison de l’Etudiant Marta Pan, salle polyvalente ) 1, allée de l’Astronomie 78280 Guyancourt Jeudi 14, Versailles, Grand Commun du Château (salle Le Nôtre) 1, rue de l’Indépendance américaine 78000 Versailles Vendredi 15, UPN, Nanterre (Bâtiment Max Weber – Grande salle de séminaire) 200, av. de la République 92000 Nanterre
Raphaël Morera chargé de recherche, CNRS / Groupe de recherche sur l’histoire de l’environnement (CRH-GRHEN) Mickaël Wilmart ingénieur d’études, EHESS / Groupe de recherche sur l’histoire de l’environnement (CRH-GRHEN)
Romain Grancher (chargé de recherche, CNRS) et Émilie-Anne Pépy (maîtresse de conférences, Université Savoie Mont-Blanc) participent à l’organisation du séminaire
Les histoires de la France − générales, thématiques (économique et sociale, culturelle, religieuse) ou géographiques (rurale, urbaine) − relèvent d’une forme historiographique et éditoriale éprouvée, encore renouvelée ces dernières années par des entreprises visant à saisir l’objet France par-delà le cadre national, en prêtant attention aux circulations transnationales et aux jeux d’échelle entre le national et le global. Partant d’une réflexion sur l’intérêt et les limites d’un tel cadrage, l’objectif de ce séminaire sera de réfléchir à la possibilité d’écrire une histoire environnementale de la France (moderne en l’occurrence). Centrée sur les interactions entre nature et société, la perspective environnementale invite plus généralement à prêter attention à la matérialité du monde, à l’agentivité des non-humains qui l’habitent et à la diversité des environnements (terrestres et aquatiques, ruraux et urbains, etc.) qui le composent. De ce point de vue, elle se signale par son potentiel heuristique et sa capacité à envisager à nouveaux frais tout un ensemble de grandes questions historiographiques. Il s’agira ainsi d’adopter cette perspective pour essayer de relire l’histoire de la France moderne. Comment le prisme environnemental peut-il enrichir l’histoire de l’État moderne, de la société d’Ancien Régime, de l’économie et des pratiques de connaissances sur le monde ? Quelles chronologies et quelles périodisations permet-elle de faire émerger ? Quelles ruptures et quelles continuités permet-elle d’identifier ? Bref, peut-on parler d’un Ancien Régime environnemental ? Autant de questions que nous essaierons d’aborder durant cette première année de séminaire en faisant une large place à nos objets et à nos terrains de recherche respectifs.
Ce séminaire sera organisé en partenariat avec le laboratoire LLSETI de l’USMB et le laboratoire FRAMESPA (UMR 5136).
Programme :
5 mars 2024 : Penser le naturel (XIIIe-XVe siècle), Mickaël Wilmart
19 mars 2024 : Penser le naturel (XVIe-XVIIe siècle), Raphaël Morera
2 avril 2024 : Mesurer et décrire le territoire (XIIIe-XVIIe s.), Raphaël Morera et Mickaël Wilmart
7 mai 2024 : Posséder et mettre en commun (XIIIe-XVIIe siècle), Raphaël Morera et Mickaël Wilmart
21 mai 2024 : Polluer, détruire, règlementer (XIIIe-XVIIe siècle), Raphaël Morera et Mickaël Wilmart
4 juin 2024 : Face aux éléments (XIIIe-XVIIe siècles), Raphaël Morera et Mickaël Wilmart
Historiography on the Vikings of the East — the Rus’ and the Varangians — has been both multiform and varied, but it has been invariably focused on actual historical events, and the extent to which these are accurately reflected in written sources. In contrast, very little attention has been paid up to now to the narrators behind these medieval accounts, to their motives in writing, or to the context in which they were working.
This volume aims to redress the balance by offering a re-examination of medieval sources on the Eastern Vikings and by highlighting ongoing ‘debates’ concerning the identities of the Rus’ and the Varangians in the medieval period. The chapters gathered here compare and contrast sources emanating from different cultures — Byzantium, the Abbasid Caliphate and its successor states, the early kingdoms of the Rus’, and the high medieval Scandinavian kingdoms — and examine what significance these sources have attached to the Rus’ and the Varangians in different contexts. The result is a new understanding of how different cultures chose to define themselves in relation to one another, and a new perspective on the history of the Scandinavian peoples in the East.
Table des matières :
Illustrations
Abbreviations
Introduction Sverrir Jakobssen, Thorir Jonsson Hraundal, and Daria Segal
1. Rus’ Women in Islamicate Geography?Approaching a Study of Gender Tonicha M. Upham
2. Varangians in Arabic Sources Thorir Jonsson Hraundal
3. The Byzantine ‘Charm Defensive’ and the Rus’ Monica White
4. The West on the North in the East: Western Images of the Norse and the Rus’, 800–1250 AD Ryan Fenster
5. The Concept of ‘Varangian Christianity’ Revisited Ildar Garipzanov
6. Variagi, Nemtsy, Svei, and Urmane: Scandinavians in the Chronicle Writings of Medieval Rus’ Daria Segal
7. In Search of Haraldr harðráði’s Treasures Fedir Androshchuk
8. Stories of Nordic Missionaries on the Eastern Way Kjartan J. Richter
9. Remembering the Varangians: Cultural Memory and Lost Identities Sverrir Jakobsson
10. Deconstructing Væringjasaga: Byzantine and Old Norse Perspectives on the Varangians and on Haraldr Sigurðarson Roland Scheel
11. Origin Stories: The Kievan Rus’ in UkrainianHistoriography Valur Gunnarsson
Le présent ouvrage aborde l’évolution du mythe d’Hercule au fil de sa transmission textuelle, de l’Antiquité à la fin de l’époque médiévale, en s’intéressant en particulier à la mythographie et aux commentaires des classiques, à l’historiographie et à l’Ovide moralisé.
Publié avec le soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique.
Dans le processus de la translatio studiorum, deux étapes sont désormais bien connues: le mouvement de traduction des textes grecs en arabe dans la Bagdad abbasside aux IXe-Xesiècles et celui des traductions arabo-latines dans l’Occident médiéval entre le XIe et le XIVe siècle. Néanmoins les Byzantins ont longtemps semblé éloignés de ce vaste échange de savoirs circulant d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Explorant le phénomène peu étudié de la transmission des savoirs médicaux arabes à Byzance du XIe au XIVe siècle, ce volume collectif entend mettre en évidence la part active prise par les Byzantins à cette érudition pluriculturelle par une ouverture aux théories et aux pratiques médicales de leurs voisins orientaux et occidentaux. Le livre tente ainsi de retracer l’histoire de ce chaînon de transmission grâce à des enquêtes historiques et par l’étude philologique des traductions. Il offre, en outre, l’édition critique et la traduction de deux traductions arabo-byzantines inédites : le traité Sur le manuel de la santé d’après l’équilibre des six causes de Syméon Seth qui traduit partiellement les Tables de la santé (Taqwim al-sihha, en latin Tacuinum sanitatis) d’Ibn Butlan et une traduction anonyme de l’Épître sur l’oubli et son traitement d’Ibn al-Gazzar.
De Bagdad à Constantinople. Le transfert des savoirs médicaux (XIe-XIVe siècles). Actes du colloque international de Reims, 24-25 mai 2018, éd. Marie Cronier, Alessia Guardasole, Antoine Pietrobelli, Louvain, Peeters, 2023 ; 1 vol., 318 p. (Orient & Méditerranée, 42). ISBN : 978-9-04295-244-7. Prix : € 68,00.
This volume studies high and late medieval material culture in a Pan-European context. The idea of ‘unity of culture’ in Medieval Latin Europe is well known in historical texts, especially when it concerns the so-called ‘Europe North of the Alps’. This book investigates the similarities and differences in material culture between areas, regions and political entities and opens the dialogue for a more interregional discussion.
The editors acknowledge that there are numerous challenges in understanding the phenomenon the volume addresses, the fundamental one being defining (or even redefining) a common material culture of Europe. Important in determining this is greater appreciation of how objects reflect interactions between peoples, both local and foreign, which can be driven by a variety of factors, including trade, conflict and diplomacy etc. But just as important is observing the differences between ‘things’ across Europe, reflecting developments and transformations its cultural, social and economic history. These works are traditionally presented in isolation or at the local level, maybe even in very specialized tomes, as often it is thought their observation are not relevant to wider discourses. Conversely, what is clear, however, is that by interconnecting these seemingly introvert studies of specific artefact types or sites etc., readers can better appreciate the similarities and differences in material culture across Europe. This book is of interest to researchers in archaeology and material culture.
Institute of Archaeology of the Czech Academy of Sciences in Prague, Prague, Czech Republic Jakub Sawicki
Portable Antiquities Scheme, British Museum, London, UK Michael Lewis
Department of Archaeology, Charles University, Praha, Czech Republic Mária Vargha
Informations pratiques :
A United Europe of Things. Portable Material Culture across Medieval Europe, éd. Jakub Sawicki, Michael Lewis, Mária Vargha, New York, European Association of Archaeologists – Springer, 2023 ; 1 vol., XIII–135 p. (Themes in Contemporary Archaeology). ISBN : 978-3-031-48335-6. Prix : USD 99,00.
Pourquoi la grêle tombe-t-elle ici et pas ailleurs ? Qu’a-t-on fait au ciel pour que gronde le tonnerre ? Démunis face aux aléas de la nature, les paysans d’autrefois n’en ont pas moins toujours cherché à comprendre les causes des événements climatiques extrêmes. Au point de leur attribuer un sens moral ou symbolique que l’Église, et d’une manière générale tous ceux qui se croient détenteurs d’un savoir légitime, ont cru devoir rejeter comme superstition. C’est le cas de l’archevêque de Lyon Agobard qui, dans les années 810, rédige un petit traité intitulé Sur la grêle et le tonnerre. Il y évoque ces « tempestaires », ou « escamoteurs » qui prétendent éloigner les intempéries en jetant des sorts. Tel est le point de départ d’une passionnante enquête qui porte sur la longue durée des imaginaires paysans, mais aussi sur l’histoire politique et intellectuelle de leurs pratiques sociales, ainsi que sur leurs stratégies pour maîtriser la nature. Les oubliés de l’histoire, ceux qui n’ont guère droit de cité dans les sources écrites que produisent les élites, y retrouvent non seulement leur dignité, mais aussi leur capacité d’agir. Car elles sont fondées sur des rationalités pratiques dont ce livre entreprend l’archéologie sensible, à la recherche des « arrière-pays » du monde paysan.
Jean-Pierre Devroey est aujourd’hui l’un des médiévistes européens les plus savants et les plus inventifs. Eminent spécialiste des sociétés rurales du haut Moyen Âge et de l’histoire environnementale, il est professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles (ULB), membre de l’Académie royale de Belgique. Il a notamment publié La Nature et le roi. Environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne (740-820) (Albin Michel, 2019).
Informations pratiques :
Publication – Jean-Pierre Devroey, De la grêle et du tonnerre. Histoire médiévale des imaginaires paysan, Paris, Seuil, 2024 ; 1 vol., 448 p. (L’univers historique). ISBN : 978-2-02156-226-2. prix : € 26,00.
Selon une définition classique, nous entendons par aléa les phénomènes naturels susceptibles de se produire et par risque la confrontation des sociétés à ces aléas, qui se mesure par la gravité des enjeux et la vulnérabilité des populations.
Sur un site donné, à partir des sources textuelles, cartographiques ou archéologiques, l’analyse ponctuelle des dégradations, destructions, pathologies des espaces naturels et anthropisés pouvant advenir suite à un événement soudain (glissement de terrain, séisme, inondation…) ainsi que l’analyse des mutations progressives du milieu naturel (déforestation, transformations agraires, fluviales, maritimes…), est susceptible de fournir de solides indicateurs sur la façon dont les sociétés ont compris et géré les risques auxquelles elles étaient confrontées. Le questionnement portera sur la façon dont les hommes perçoivent et se représentent le risque, avant, pendant et après sa survenue ; la façon dont ils perçoivent leur vulnérabilité face à ce risque, et comment il y font face, dans le discours et dans l’action.
Cet atelier ne vise pas à l’exhaustivité historique mais invite à réfléchir collectivement sur une méthodologie cohérente et pertinente sur ces questions de risque et de vulnérabilité, au-delà des différences liées au contexte géographique et chronologique. Quelles sources employer et comment ? A quelle échelle de temporalité ? A quelle échelle spatiale ? A travers quels concepts ? Quels enseignements tirer des travaux récents sur l’histoire des catastrophes, des risques, de l’environnement, et comment apporter de nouvelles perspectives ?
Cette mise au point méthodologique s’inscrit dans le courant épistémologique de l’histoire environnementale, domaine de recherche très dynamique pour les périodes ancienne et médiévale depuis une trentaine d’années, qui a offert un important renouvellement thématique, méthodologique et épistémologique (voir Annales, 2022/1), en exploitant de nouveaux types de données archéologiques, géoarchéologiques et paléo-environnementales (Durand 2003, Valette & Carozza dir. 2019, Carcaud & Arnaud-Fassetta dir. 2015, Archaeomedes 1998, Archaedyn 2022), en promouvant interdisciplinarité et études de terrain fructueuses.
Le projet présenté s’inspire aussi des travaux sur l’environnement et la notion de risque en sciences sociales et en histoire contemporaine, qui ont posé la question de la prise en charge du risque par la société (Beck 1986), des objets hybrides (Latour 1991) et de la réflexivité environnementale des sociétés (Fressoz & Locher 2010). Il prend également en compte l’histoire des catastrophes (Thély 2016, Labbé 2020) et des formes du récit environnemental (Cronon 1992 & 2016).
Pour les périodes anciennes, l’analyse des perceptions et des représentations de l’environnement est un biais méthodologique essentiel, qui passe par l’étude critique des sources littéraires, épigraphiques, archéologiques. L’observation des aménagements et l’analyse du bâti peuvent permettre de mesurer non seulement la vulnérabilité des populations mais aussi, par les réponses ponctuelles ou globales qu’elles ont apportées, la conscience qu’elles en avaient. Pour le Moyen Âge, l’étude des chroniques, des sources littéraires, iconographiques, de la pratique (c’est-à-dire de gestion et d’administration) peut révéler la façon dont les sociétés construisent le récit du risque et de la catastrophe, et dont elles le prennent en charge (collectivement ou non, juridiquement, administrativement, économiquement etc.).
En raison de la nature des sources et des spécificités des périodes anciennes, où il est difficile voire impossible de disposer de sources sérielles, notre souhait est de mener un travail de réflexion collectif à partir d’études de cas particuliers. C’est donc principalement à partir de ces études de terrain que le questionnement méthodologique sera envisagé, afin d’évaluer les potentialités du sujet et ses éventuelles apories, de questionner le choix des sources et leur mode d’exploitation, de réfléchir sur des concepts et des questionnements mis en avant par les recherches récentes.
Pour mener à bien ce travail, un workshop sur deux journées se tiendra les 7 et 8 octobre 2024 à Orléans (France). Il inclura d’une part les communications d’une douzaine de participants (de format 30 minutes), et d’autre part un travail collectif à partir des études de cas présentées dans les différentes communications. Ces travaux donneront lieu à une publication rendant compte de l’ensemble des travaux menés pendant le workshop. Les frais de déplacement et de séjour des participants sont pris en charge par le programme.
Pour le workshop, nous souhaiterions mettre en avant deux questions qui nous paraissent centrales : la conscience du risque d’une part, et la réflexivité environnementale des sociétés d’autre part, c’est-à-dire « leurs manières complexes, historiquement déterminées (…) de penser les conséquences de l’agir humain sur l’environnement » (Fressoz et Locher 2010). Pour creuser ces notions, nous proposons quatre axes de questionnement qui pourront servir de structure au workshop :
La perception de l’aléa: peut-on déterminer dans quelle mesure et comment les sociétés anciennes percevaient – ou au contraire ne percevaient pas ou peu – les possibles aléas auxquels elles pouvaient être confrontées (présence ou absence d’observations, d’enquêtes et de relevés sur le terrain…) ?
L’appréhension du risque: une fois le risque perçu, comment était-il analysé et compris ? Quelles causes étaient-elles avancées ? Dans quelle mesure les effets de l’activité humaine étaient-ils pris en compte ? Une fois le diagnostic posé, comment le risque était-il pris en charge ? Donnait-il lieu à des prises de décision, des transformations ?
La mesure de la vulnérabilité: comment la société considérée mesure-t-elle sa vulnérabilité face au risque ? Sur la base de quels critères ? Comment l’exprime-t-elle ? Quels sont les acteurs impliqués ? D’autre part, comment l’historien peut-il mesurer la vulnérabilité de ces sociétés face au risque ?
La mémoire de la catastrophe: peut-on déceler une mémoire de la catastrophe et à travers quelles sources ? Comment cette mémoire est-elle entretenue ? Quel récit est construit autour de la catastrophe ?
Informations pratiques
Ce workshop est organisé dans le cadre du projet PARAMA porté par la MSH Val-de-Loire, les laboratoires POLEN EA 4710 et IRAMAT UMR 7065.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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