Publication – « Dictionnaire de l’empire ottoman », dir. François Georgeon, Nicolas Vatin, Gilles Veinstein

Comment rendre compte des multiples facettes d’un empire formé à la fin du xiiie siècle, contemporain de Philippe Le Bel, qui n’a disparu que dans les premières décennies du XXe des contrecoups de la Guerre de 14-18 ? D’un empire à la fois multilingue et multiconfessionnel, devenu une puissance mondiale de premier ordre et qui s’étendait à son apogée d’Alger à Budapest, en passant par Alexandrie, Bagdad et bien sûr Constantinople, sa capitale ?

En 720 notices, rédigées par 175 auteurs de nationalités diverses, ce dictionnaire relève le défi par une approche globale, transversale et transdisciplinaire, croisant histoire politique, sociale, économique, religieuse, militaire et culturelle. Cette entreprise de grande ampleur, attentive aux nouvelles perspectives et problématiques historiennes, s’est imposée comme une référence incontournable.

Informations pratiques :

Dictionnaire de l’empire ottoman, éd. François Georgeon, Nicolas Vatin, Gilles Veinstein, Paris, CNRS Éditions, 2022 ; 2 vol., 2368 p. ISBN : 978-2-27113-934-4. Prix : € 39,00.

Source : CNRS Éditions

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Appel à contribution – VIII International Conference on the Middle Ages: Religions in Medieval Urban Europe

Religion pervaded the medieval city and the lives of its citizens. Indeed, the city was frequently, in one way or another, crucial in the expansion of different religions, perhaps most notably Judaism, Christianity, and Islam. Cities harboured their first religious communities and their principal buildings in turn giving rise to topographies of the sacred comprising specific establishments associated both with serving the spiritual needs of the faithful and with accommodating various forms of religious life, all of which mediated and facilitated divine favour. In addition to the sacralisation of space, time itself underwent a parallel transformation becoming delineated by a calendar of feast-days and acts of worship commemorating the most important moments in each religious tradition and frequently highlighting feast-days especially connected to a particular host or home city and the powers there established. Such “urban” feasts could include celebration of the city’s celestial patrons and the most important events in its history – occasions capable of galvanizing an entire community. Further, differentiated time was imposed, guiding daily life between days of work and days dedicated to God which were to be sanctified and which included moments of exultation and exuberance, contrasting with times of penance.

The city was also the place of demonstrations of dissent and the presence of religious minorities, which both ecclesiastical and lay powers tried to contain and control, thereby preserving the power of the prevailing religious orthodoxy. At the same time, religion became an arena in which competing powers sought to affirm and legitimise themselves, a place of dispute over the possession of goods – sacred or profane -, of contests over offices and benefices, and of strategies aimed at achieving exclusive access to and dominion over sacred powers in broader strategic manoeuvring. There were also squabbles over congregations, influence, spaces, and times, which involved a variety of actors qualified to intercede both for the living and for the dead (and to perpetuate the memories of the latter), including monks, canons, mendicant orders, secular clergy, and even hermits or “religious women.”

The subject of religiosity in the medieval urban world encompasses a great multiplicity of themes which readily mingle the Christian, Islamic and Jewish worlds in seeking to understand how religion shaped the way in which the civic space was constructed and understood, the powers that converged in it, and the rituals and practices that guided the daily lives of inhabitants.

Accordingly, this year (2023) on 5th -7th October, the Institute of Medieval Studies (FCSH; Nova University, Lisbon) and the City Council of Castelo de Vide will host the VIII International Conference on the Middle Ages, entitled: Religions in Medieval Urban Europe. With a focus on Christian, Islamic and Jewish Europe, researchers from any scientific discipline (History, Archaeology, History of the Art, Literature, among others) are invited to present proposals for sessions and/or individual presentations suitable for inclusion in the following thematic panels:

Source : Idade Media

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Offre d’emploi – Appel à candidature pour les contrats post-doctoraux 2023-2024 (LabEx haStec)

Le labEx Hastec est évidemment soucieux de l’aide à apporter aux jeunes chercheurs dans la mise en œuvre de son programme. Notre Laboratoire d’Excellence en histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des croyances (HASTEC) propose pour l’année civile 2023, quatre contrats post-doctoraux (1 an) à de jeunes chercheurs inscrivant leur enquête dans les champs thématiques du LabEx.

> Appel d’offre et constitution du dossier de candidature (à télécharger)

> Contrat post-doctoral – fiche de renseignements (à compléter)

> Liste des laboratoires partenaires du LabEx Hastec (les correspondants scientifiques doivent être membres du Labex Hastec). Ensuite, une fois sur cette page, cliquez sur « Liste des membres et associés HASTEC » pour découvrir les membres rattachés au LabEx, pour chaque laboratoire.

Dépôt du dossier de candidature

Pour les candidatures aux contrats post-doctoraux, le dossier de candidature doit être envoyé sous forme électronique au format .pdf (un seul fichier portant le nom du candidat) et la publication significative (aussi au format .pdf), avant le lundi 13 mars 2023 (à 9h du matin), au Service de la Recherche de l’EPHE, à l’attention de M. Sylvain Pilon, Chargé d’appui à la coordination du LabEx Hastec : coordinateur.hastec@ephe.psl.eu

Les correspondants scientifiques doivent être membres du Labex Hastec  > Liste des partenaires

Examen des dossiers et pré-sélections

Mercredi 31 mai et jeudi 1er juin 2023

> Procédures de sélection pour les post-doctoraux Hastec   

Audition et sélection des candidats

Jeudi 8 juin 2023

Source : haStec

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Publication – Adrien Carbonnet, « Louis XI et les villes en révolte (1461-1483) »

Le règne de Louis XI est marqué par une cinquantaine de révoltes urbaines qui rompent l’image – dominante dans l’historiographie – d’une relation harmonieuse entre le roi et ses villes. En châtiant ces insurrections, le pouvoir royal impose un récit : celui de l’obéissance. Les révoltés sont criminalisés et leurs revendications sont tues par un discours royal qui qualifie le soulèvement de « rébellion et désobéissance ». Ce discours est mis en acte par une répression qui peut prendre de multiples formes. Louis XI élabore une politique répressive à large échelle dans laquelle le châtiment de la ville rebelle lui permet de renforcer son autorité dans le royaume et de construire sa souveraineté dans les territoires conquis par les armes.

Cet ouvrage est préfacé par Élisabeth Crouzet-Pavan, professeure d’histoire, médiéviste et spécialiste de l’histoire des derniers siècles du Moyen Âge, de l’histoire de l’Italie (âge communal, première Renaissance), des villes et des sociétés urbaines, tout particulièrement de Venise.

Table des matières : ici

Adrien CARBONNET est maître de conférences en histoire médiévale à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université et membre du Centre Roland Mousnier.

Informations pratiques :

Adrien Carbonnet, Louis XI et les villes en révolte (1461-1483), Paris, Classiques Garnier, 2022 ; 1 vol., 674 p. (Bibliothèque d’histoire médiévale, 33). ISBN : 978-2-406-14353-6. Prix : € 48,00.

Source : Classiques Garnier

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Publication – « Sklaven und Hörige im Mittelalter. Ausgewählte Quellen, übersetzt und kommentiert », éd. Peter Dinzelbacher

Im Mittelalter lebte in Europa der bei weitem größte Teil der Menschen in Unfreiheit. Ihre Existenzen reichten von Sklaverei im härtesten Wortsinn über Leibeigenschaft bis zu mäßigen Abhängigkeiten. Darüber sind zahlreiche bisweilen detaillierte Schilderungen erhalten. Davon wird hier eine breite Auswahl vorgelegt, sowohl in (oft erstmaliger) Übersetzung als auch in den lateinischen und volkssprachlichen Originalen, wobei der ganze Kontinent berücksichtigt ist, einschließlich der Randgebiete von Sizilien bis Skandinavien. An Einzelschicksalen wird deutlich, wie Menschen durch Geburt, durch Krieg und Raub, aber ebenso kraft weltlichen und kirchlichen Rechts zu Sklaven wurden, wie sich manche aus Not selbst verkauften, manche verhandelt oder verschenkt wurden. Die Quellen zeigen ihren Alltag mit seinen Gewalterfahrungen, berichten von Widerstand, Flucht und Befreiung. Unser Mittelalterbild wird hier um einen meist sehr vernachlässigten Bereich der damaligen Lebenswirklichkeit erweitert.

Informations pratiques :

Sklaven und Hörige im Mittelalter. Ausgewählte Quellen, übersetzt und kommentiert, éd. Peter Dinzelbacher, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2022 ; 1 vol., 340 p. (Schriftenreihe des Mittelalterlichen Kriminalmuseum, 15). ISBN : 978-3-534-40728-6. Prix : € 45,00.

Source : WBG

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Journée d’étude – Écrire avec le cœur : Spiritualité, savoir et autorité des femmes mystiques au Moyen Âge

Date : 27 Février 2023

Lieu : CESCM-Université de Poitiers, Salle Berger, 24 rue de la Chaîne, POITIERS

Programme :

9h – Mots d’accueil du comité d’organisation

09h30 – Conférence d’ouverture : Blanca GARI (Professeure d’Histoire Médiévale à l’Université de Barcelone) : Identité féminine et Mystique au Moyen Âge

Modération : Martin AURELL

10h15 : Pause

10h30-12h : Session 1 : Les voies/voix sensorielles des femmes mystiques

Modération : Ria LEMAIRE

Hélène TORCHEBOEUF (Doctorante à l’Université de Poitiers – CESCM) : L’expérience mystique de Mechthild de Magdebourg : une mise en scène théâtrale de l’ineffable au moyen des sens

Luciana DEPLAGNE (Professeure de Littérature à l’Universidade Federal da Paraiba/Coordinatrice du Groupe Christine de Pizan /Brésil) : L’utopie sensorielle dans les écrits mystiques de Marguerite d’Oingt

Débat

12h-14h : Pause déjeuner

14h–15h30 :  Session 2 : Traditions  mystiques et autorité religieuse des femmes au Moyen Âge

Modération : Martin AURELL

Katherine ZIEMAN (Maîtresse de Conférences en littératures anglophones et civilisation médiévale-Université de Poitiers) : Distrait par Dieu/Attendant Dieu

Ria LEMAIRE (Professeure de l’Université de Poitiers/Groupe Christine de Pizan) : Historiciser les voies des femmes mystiques

15h30 : Pause

16h : Geoffroy Dudouit (Flos de Spina) : Voix d’Hildegard

17h – Clôture par Martin AURELL (Professeur d’Histoire à l’ Université de Poitiers– CESCM) : Mots de clôture de la journée d’étude

Comité d’organisation :

Martin AURELL (Professeur d’Histoire à l’Université de Poitiers/CESCM)

Luciana DEPLAGNE (Professeure de Littérature à l’Universidade Federal da Paraiba/Coordinatrice du Groupe Christine de Pizan)

Ria LEMAIRE (Professeure de l’Université de Poitiers/Groupe Christine de Pizan)

Source : CESCM

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Publication – Philippe George, « Art et histoire au temps de Charles le Téméraire. “L’ymage d’or” du duc de Bourgogne à Liège (1467-1471) »

Le reliquaire de Charles le Téméraire est une œuvre d’art majeure du patrimoine artistique international et l’un des fleurons du Trésor rénové de la Cathédrale de Liège. La multiplicité des questions que suscite ce groupe orfévré, dans un dossier interdisciplinaire très complexe, contribue à l’engouement sans cesse croissant d’un large public pour le « siècle de Bourgogne ». L’ouvrage se veut novateur dans la problématique et apporte de nouvelles hypothèses; il ouvre aussi un vaste regard sur le mécénat des ducs de Bourgogne et le raffinement d’une des cours les plus riches du XVe siècle européen.

Philippe George est un médiéviste belge spécialisé dans l’art religieux.

Informations pratiques :

Philippe George, Art et histoire au temps de Charles le Téméraire. “L’ymage d’or” du duc de Bourgogne à Liège (1467-1471), Turnhout, Brepols, 2022 ; 1 vol., 136 p. (Art & Histoire du Pays de Liège, 3). ISBN : 978-2-503-59542-9. Prix : € 60,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – « Parole (s) ». Clio. Femmes, Genre, Histoire (60, 2024/2)

English version below

La revue Clio. Femmes, Genre, Histoire lance un appel à contributions pour un numéro intitulé « Parole(s) ». Les propositions doivent être envoyées avant le 1er mars 2023.

Dans ce numéro, Clio souhaite historiciser le genre de la parole en interaction dans différents espaces sociaux, des plus intimes aux plus politiques. Il ne s’agit pas tant d’interroger le genre de la langue dans son ensemble : les recherches féministes et queer ont bien identifié le langage comme objet et moyen de production, transmission et naturalisation des rapports de domination symbolique mais aussi comme lieu et outil d’action. Il ne s’agit pas non plus d’explorer le genre de la voix, mais de prendre comme objet le genre des paroles et des personnes engagées dans l’échange, en s’appuyant sur les recherches linguistiques sur le genre, le renouveau de l’historiographie de la parole, l’ethnographie des conversations et la prise en compte du plurilinguisme de fait des sociétés présentes et passées, soit l’état d’une communauté qui utilise concurremment plusieurs langues selon le type de communication.

On peut penser d’abord à la prise de parole dans des contextes religieux à travers les âges. Les historien∙nes du fait religieux et des spiritualités ont montré l’imbrication du caractère pluriel de la parole et du genre de l’autorité qui y est attaché : les mystiques, qui entendent-ils/elles ? Dieu ? ; les possédées, possèdent-elles leur propre parole ? Ou est-ce le diable qui parle ? Quelle(s) langues parlent-elles ? La glossolalie des Shakers américain∙es (capacité d’inventer et de parler une langue en état de transe), la xénoglossie dont faisaient preuve des saintes et saints au Moyen Âge et les spirites du XIXe siècle (faculté de parler une langue existante sans l’avoir apprise) : s’agit-il d’un don de Dieu, d’un message d’un être défunt aimé ou de la trace d’une action malfaisante ?

Dans d’autres contextes, la parole a pu être invoquée comme garante de vérité. En droit, au-delà de la fonction performative de certains actes de parole, elle vient valider les actes écrits au sein de procédés ritualisés, tels qu’étudiés par l’anthropologie juridique comme le serment prêté oralement de celui qui s’engage à dire la vérité, la lecture à haute voix de l’arrêt de mort sur le lieu de l’exécution, ou encore la parole vernaculaire des justiciables faisant foi au sein des procédures judiciaires écrites. Une dimension rituelle caractérise plus généralement la parole « publique », qu’elle soit prononcée en famille, dans la rue ou au sein d’une institution, individuellement ou collectivement ; elle participe en cela d’une « théâtralité » ordinaire ou professionnelle de l’échange verbal qu’incarnent, parmi d’autres, le spectacle vivant, la chaire ou encore la harangue du tribun. La semonce de l’enfant fautif par le père de famille du XVIIe siècle, le sermon du missionnaire jésuite au Paraguay auprès des Indiens guarani ou encore la leçon du professeur d’université devant des étudiants, hommes jusqu’au XXe siècle, la font apparaître comme l’apanage de l’autorité masculine, de la Vérité et de la Raison, comme celle du crieur public se fait vecteur de l’annonce officielle.

Or, la parole publique peut aussi être collective, celle du peuple, aussi bien sollicitée (acclamer le roi, applaudir le président) que redoutée et contrôlée, par les autorités. C’est dans ce contexte que les études des manifestations de rue depuis le XIXe siècle (slogans, défilés, chants) ou sur la rumeur dans les sociétés anciennes ont pu souligner la rationalité de cette parole collective insubordonnée et son importance comme vecteur d’information : les femmes, dont les interactions sociales étaient considérés comme des commérages sans portée, jouaient en réalité un rôle structurant et utilisaient leur statut minoré pour jouir de marges d’action considérables car moins prises au sérieux par les gouvernants.

La focalisation sur la parole en contexte collectif/partagé invite à s’éloigner de « la » langue, au singulier, et ce à au moins trois égards. Saisir la parole vive permet d’abord d’appréhender le langage au-delà de ses normes écrites, qui certes informent la performance orale dans les sociétés de l’écrit. En second lieu, ce choix rend attentif à la situation d’énonciation et invite à s’interroger sur le genre des personnes engagées dans l’échange et sur ce que la parole fait au genre. Enfin, et peut-être plus important encore, le fait de prendre au sérieux la parole comme un objet à part entière, ouvre justement sur « l’entre-les-langues », la pluralité des langues et des variétés, des registres des accents sociaux et régionaux, qui de fait constitue la condition commune de la plupart des sociétés ; si la formation des langues nationales depuis le XVIIIe siècle européen semble y avoir introduit de l’uniformité, c’est plutôt une manière de constituer, à travers des politiques linguistiques ou non, la pluralité des langues en régime linguistique, avec ses hiérarchies médiatiques, fonctionnelles et symboliques, mais aussi avec des hiérarchies genrées qui restent trop peu étudiées.

Écouter les paroles, écouter les locuteurs et les locutrices, c’est donc une tentative non seulement d’entendre plusieurs langues mais aussi de saisir ce qui émerge, furtivement, entre celles-ci, que ce soit dans le passé ou aujourd’hui ; donner à voir une parole ainsi conçue fait porter le regard à ce qui est discontinu, contradictoire, éphémère, instable, d’autant plus qu’elle ne nous parvient du passé que par la médiation du document écrit ou visuel.

Les propositions peuvent porter sur toutes les périodes historiques et des terrains en Europe et hors Europe. On portera une attention particulière aux situations d’énonciation (formel/informel ; intime/publique/institutionnelle ; face-à-face individuel ou échanges au sein de groupes, la parole prononcé à la tribune…), aux  conditions physiques de l’énonciation (disposition dans l’espace, postures corporelles, temps de parole, etc.), au genre des locuteurs et locutrices et à celui des paroles proférées (sont-elles qualifiées ou disqualifiées par les contemporain∙es des faits comme étant masculines ou féminines?), aux médiations et interactions entre oralité et écriture, aux limites des archives, écrites pour la plupart, etc. 

Les propositions d’articles inédits en anglais, français, espagnol ou italien ou de comptes-rendus sont à envoyer pour le 1er mars 2023 à :

capucine.boidin@sorbonne-nouvelle.fr

ulrike.krampl@univ-tours.fr

chloe.tardivel@efrome.it

Elles devront comporter 4000 signes et présenter les sources, la problématique, les thématiques envisagées et la manière dont l’article s’insère dans l’historiographie. Elles seront accompagnées d’une bibliographie de 5 titres maximum et d’un court CV.

Avril 2023 : réponse aux auteurs et autrices sur les propositions envoyées (acceptation ou refus)

15 septembre 2023 : remise de la première version des articles (ils seront soumis à expertise interne et externe au comité de rédaction).

Février 2024 : acceptation définitive des articles après examen par les pairs

Automne 2024 : publication du numéro

Présentation des éditrices

Capucine Boidin est anthropologue, spécialiste des sociétés de langue tupi-guarani sur la longue durée (XVIe-XXIe siècle)

Ulrike Krampl est moderniste, spécialiste du plurilinguisme dans les sociétés européennes au XVIIIe s.

Chloé Tardivel est médiéviste, spécialiste des pratiques langagières dans l’Italie de la fin du Moyen Âge

The journal Clio. Women, Gender, History is calling for contributions for an issue entitled « Parole(s) ». Proposals are welcome before March 1, 2023.

This issue of Clio wishes to historicize the gender of speech in interaction with varying social spaces, from the most intimate to the most political. Our ambition is less to question the gender of language as a whole (feminist and queer research has analyzed language as both an object of power relations and the means of producing, transmitting and naturalizing symbolic domination, as well as a space and a tool for action). Instead, we would like to address the gender of speech and of the people involved in communication, without focusing on the specific dimension of the voice. We are interested in contributions that dialogue with linguistic research on gender, with the renewal of the historiography of speech, with scholarship on the ethnography of conversation. Proposals that take into account the widespread multilingualism of present and past societies are also welcome.

Religious contexts through the ages provide multiple examples of the spoken word that merit exploration. Historians of religion and spirituality have shown how speech and gender interact: whose voice do mystics hear? What language(s) do they speak? Other terrains of investigation include the glossolalia (ability to invent and speak a language in a trance state) of the American Shakers or the xenoglossia (ability to speak an existing language without having learned it) displayed by saints in the Middle Ages and the spiritualists of the nineteenth century. Were these words a gift from God, a message from a beloved departed being, or the trace of an evil action? How does gender play into these understandings?

In other contexts, the word has been invoked as a guarantee of truth. In law, beyond the performative function of certain speech acts, it validates written acts within ritualized processes. Legal anthropology has studied, for example, the oral oath to tell the truth, the reading aloud of the death warrant at the place of execution, or even the vernacular speech of litigants, which serves as proof within written legal procedures. How does attention to gender nuance our understanding of these acts? A ritual dimension characterizes more generally the « public » word, whether pronounced in the family, the street or within an institution, individually or collectively. The public word is part of the ordinary and professional « theatricality » of communication expressed, for example, in the performing arts, at the pulpit or in public forums. The public word often appears to be the prerogative of male authority, of Truth and Reason. Witness the father’s reprimand of the offending child in early modern times, the Jesuit missionary addressing his sermon to the Guarani Indians in Paraguay, or the university professor delivering a lecture to his all male students, until the late 19th century.

The public word, however, can also be collective and emanate from the people (composed of both men and women). They can be invited to speak (in order to acclaim the king or to applaud the president) and their speech can be feared and controlled by the authorities. Studies of street demonstrations since the 19th century (slogans, parades, songs) or of rumours in ancient societies have underlined the rationality of insubordinate collective speech and its importance as a vector of information. Attention to women, whose social interactions were often considered to be meaningless gossip, shows that they often played a structuring role in these collective contexts and demonstrated a range of actions that their minority status, in the eyes of authorities, allowed them to deploy.

The issue’s focus on speech in a shared context invites contributors to question the singularity of language in at least three respects. First, concentrating on the spoken word encourages approaches that understand language beyond the written norms that nonetheless structure oral performance in contexts of literacy. Secondly, it draws attention to the situation of enunciation questioning the gender of the people involved in the exchange, as well as the effect of speech on gender relations. Finally, and perhaps most importantly, taking speech as an object in its own right raises the issue of what lies “in-between” languages, i.e. the plurality of languages and the range of social and regional accents that characterize most societies. The making of national languages since the 18th century in Europe may appear to have introduced uniformity; the angle taken here highlights the plurality of languages within a linguistic regime, structured by hierarchies and differences, be they the result, or not, of linguistic policies.  

Listening to words and listening to speakers is therefore an attempt not only to hear several languages but also to grasp what emerges, furtively, between them, whether in the past or today. Revealing the making of speech encourages an attention to what is discontinuous, contradictory, ephemeral, unstable, all the more so in that words mostly reach us from the past through the mediation of written or visual documents.

Calendar and process

Proposals may cover all historical periods and fields in Europe and outside Europe. The editors are particularly interested in studies that consider

  • situations of enunciation (formal/informal; intimate/public/institutional; individual face-to-face or conversations within groups, official addresses by …);
  • the physical conditions of enunciation (spatial arrangement, bodily postures, speaking time, etc. );
  • the gender of the speakers and the gender of the words uttered (are they qualified or disqualified by the contemporaries of the events as being masculine or feminine?);
  • the mediations and interactions between orality and writing;
  • the limits of mostly written archives, etc.

The deadline for proposals in English, French, Spanish or Italian is March 1st, 2023.

Please send to:

ulrike.krampl@univ-tours.fr

capucine.boidin@sorbonne-nouvelle.fr

chloe.tardivel@efrome.it

The proposals should be 4000 signs (ca. 500 words) and include the sources, the topic, and the argument as well as indicate the historiographical conversation in which the article is engaged; they should be accompanied by a bibliography of a maximum of 5 titles and a short c.v.

Acceptance of proposals:  April 2023

First draft of the article: September 15, 2003.

Definitive acceptance of articles following peer review: February, 2024.

Publication is scheduled for autumn 2024.  

Presentation of the editors

Capucine Boidin: anthropologist, specialist in Tupi-Guarani language societies

Ulrike Krampl: early modern historian, plurilinguism and European societies in in the 17th-18th century.

Chloé Tardivel: medievalist, vernaculars speaking and language practices in Late Medieval Italy

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Publication – Tobias Boestad, « Pour le profit du commun marchand ». La genèse de la Hanse (XIIe siècle–milieu du XIVe siècle)

À la fin des années 1350, à l’occasion d’un blocus contre le comté de Flandre, un grand nombre de villes allemandes d’Europe du Nord s’associent pour former une alliance commerciale durable : la Hanse. Si cet événement marque le début de plusieurs siècles de coopération, il s’inscrit lui-même dans la continuité d’associations plus anciennes, constituées par les marchands allemands depuis la fin du XIIe siècle sur leurs marchés d’activité en Europe septentrionale. Cette préhistoire de la Hanse est l’objet du présent livre. Il l’aborde sous un angle politique et juridique, en s’intéressant aussi bien à l’organisation interne et à la mise en réseau progressive des associations marchandes qu’à la naissance d’une culture politique de la coopération au sein des gouvernements municipaux. Les discours et l’apparition d’une rhétorique du « commun marchand » permettent ainsi d’identifier les promoteurs et les contours d’un premier espace politique « hanséatique », au sein duquel des normes et procédures de prise de décision nouvelles s’imposent pour présider aux interactions entre villes et marchands.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Tobias Boestad, « Pour le profit du commun marchand ». La genèse de la Hanse (XIIe siècle–milieu du XIVe siècle), Genève, Droz, 2022 ; 1 vol., XII-817 p. (Hautes études médiévales et modernes, 116). ISBN : 978-2-600-05753-0.

Source : Droz

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Publication – Isaac de l’Étoile, « Lettre sur l’âme. Lettre sur le canon de la messe », éd. Elias Dietz, Caterina Tarlazzi, Laurence Mellerin, Robert Favreau

Outre ses Sermons, Isaac, abbé de l’Étoile en Poitou († 1169), est l’auteur de deux lettres-traités portant sur des sujets forts différents, mais qui toutes deux retracent l’ascension de l’âme vers Dieu. Dans la Lettre sur l’âme, promise à une grande postérité car reprise dans un traité largement utilisé au XIIIe siècle, il présente de façon systématique cette progression de l’âme, depuis les réalités corporelles, grâce à ses cinq puissances : sens, imagination, raison, intellect, intelligence. Dans la Lettre sur le canon de la messe, unique témoin cistercien de ce genre littéraire, Isaac déploie une interprétation allégorique et spirituelle très originale de la liturgie eucharistique, liant actions du canon et étapes de la montée de l’âme. Ces brefs textes feront entrer le lecteur dans l’œuvre d’un esprit brillant, bel exemple de la fructueuse rencontre entre la culture du cloître et celle des écoles.

Elias Dietz (o.c.s.o.) est abbé de l’Abbaye de Gethsemani (Kentucky). Caterina Tarlazzi est chercheure en histoire de la philosophie médiévale à l’Université Ca’ Foscari de Venise. Laurence Mellerin coordonne l’édition des auteurs latins médiévaux de la collection Sources Chrétiennes. Robert Favreau est professeur honoraire d’histoire médiévale à l’Université de Poitiers.

Informations pratiques :

Isaac de l’Étoile, Lettre sur l’âme. Lettre sur le canon de la messe, éd. Elias Dietz, Caterina Tarlazzi, Laurence Mellerin, Robert Favreau, Paris, Éditions du Cerf, 2022 ; 1 vol., 285 p. (Sources chrétiennes, 632). ISBN : 978-2-20415-116-0. Prix :€ 27,00.

Source : Sources chrétiennes

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