Appel à contribution – Les évêques de Beauvais, Noyon et Senlis des origines à 1965


L’évêché de Beauvais, la Société académique de l’Oise et l’Unité de recherche TRAME de l’Université de Picardie Jules Verne saisissent l’occasion de l’anniversaire des 800 ans du début de la reconstruction gothique de la cathédrale de Beauvais après l’incendie de 1225 pour organiser une rencontre scientifique destinée à faire un point sur l’histoire des évêques qui ont dirigé le diocèse de Beauvais dans ses différentes dimensions géographiques.

L’actuel diocèse de Beauvais coïncide avec les limites du département de l’Oise depuis la Révolution. Cela implique donc de prendre en compte non seulement les évêques de Beauvais, mais aussi ceux de Noyon et de Senlis. En revanche, ne seront pas au centre des préoccupations les archevêques et évêques de Rouen, Amiens, Soissons et Meaux qui avaient juridiction sur certaines paroisses. Néanmoins, les territoires des évêchés de Noyon et de Senlis seront pris dans leur intégralité jusqu’à la Révolution.
Les investigations porteront sur la très longue période depuis les origines des ces évêchés, jusqu’en 1965, année correspondant au décès de Monseigneur Pierre-Marie Lacointe et à la clôture du concile du Vatican II (1965) qui a fortement repensé la vie de l’Eglise catholique et son rapport au monde.
Que cela soit sous forme d’une approche monographique ou prosopographique, l’attention sera avant tout portée sur la personnalité des évêques et sur leur gouvernement diocésain. Sont donc attendues notamment des études envisageant leurs origines sociales, leurs formations intellectuelles et spirituelles, leurs carrières. Puisqu’ils sont prêtres, prophètes et roi, il conviendra d’analyser leur pastorale, le recrutement de leur clergé, les dévotions religieuses qu’ils favorisaient, leur positionnement dans les débats théologiques.

Grâce aux témoignages dans les archives, il s’agira aussi d’analyser leur gouvernement de la communauté chrétienne qui leur était confiée dans leur diocèse, l’organisation institutionnelle et territoriale de ce dernier, le développement de leurs auxiliaires et de l’administration épiscopale, la juridiction exercée sur les institutions religieuses dans le diocèse.

Enfin, on s’intéressera aux relations entre ces évêques et les autres pouvoirs religieux et séculiers. Dans l’Eglise, on pourra scruter leurs relations avec le reste de l’épiscopat. La montée en puissance de la papauté, surtout à partir du milieu du XIe siècle, impliqua une redéfinition des rapports hiérarchiques et des compétences.

Ces évêques ont aussi été d’importants acteurs politiques et des agents administratifs de première importance au niveau régional dans l’exercice du pouvoir temporel.

Propositions (1500 signes) à envoyer avant le 20 décembre 2025 :
Roselyne LE BOURGEOIS roselyne.le-bourgeois@wanadoo.fr
Pascal MONTAUBIN pascal.montaubin@u-picardie.fr
Julien SEREY julien.serey@oise-catholique.fr

Source : Université de Picardie

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Les évêques de Beauvais, Noyon et Senlis des origines à 1965

Publication – Véronique Beaulande-Barraud, « La Chrétienté médiévale »

Au cœur du Moyen Âge, la réforme dite « grégorienne », conduite sous l’impulsion de la papauté, vise à confondre Église et société. L’institution ecclésiastique, dont la structuration et la hiérarchisation s’accroissent, entend encadrer la vie de l’ensemble de la population dans sa dimension collective, individuelle et même intime. C’est en abordant l’Église médiévale sous l’angle d’une histoire sociale du religieux que l’historiographie a accompli ses progrès les plus significatifs au cours des deux dernières décennies.

CENTRALISATION ET HIÉRARCHISATION DE L’ÉGLISE
L’Église, un corps hiérarchique et centralisé Le monde des réguliers Gouverner par le droit L’hérésie existe-t-elle ? Gouverner en assemblée Gouverner par la grâce Église et royauté Les chrétientés médiévales Le bas clergé et la paroisse

PRATIQUES RELIGIEUSES ET DÉVOTIONS
La pratique des sacrements La piété médiévale : vers le Christ par les saints Le salut, une œuvre collective ? Éduquer les fidèles et normer les comportements Pratique religieuse, pratique sociale Les vivants et les morts

ÉGLISE, CULTURE ET SOCIÉTÉ
Église et pouvoir seigneurial L’Église et les femmes, d’Ève à la recluse Église, sexualité, mariage Christianiser la guerre ? L’Église et le profit L’Église et les savoirs La charité en actes Une société de l’exclusion

Informations pratiques :

Véronique Beaulande-Barraud, La Chrétienté médiévale, Paris, CNRS Éditions, 64 p. (Documentation photographique). ISBN : 978-2-27115-273-2. Prix : € 11,00.

Source : CNRS Éditions

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – Véronique Beaulande-Barraud, « La Chrétienté médiévale »

Appel à contribution – Les animaux dans les sociétés et les arts de l’Antiquité à nos jours

Chaque année, l’association JANUA des jeunes chercheur·euses inscrit·es en Master et en Doctorat au CESCM, au Criham et à l’HeRMA de l’Université de Poitiers, organise une journée d’étude. Cette journée interdisciplinaire, ayant vocation à valoriser les travaux de jeunes chercheur·euses (étudiant·es de Master 2, doctorant·es et post-doctorant·es ayant soutenu leur thèse depuis moins de trois ans), portera en 2026 sur la thématique des Animaux dans les sociétés et les arts de l’Antiquité à nos jours.

La publication en 1984 du livre Les Animaux ont une histoire de Robert Delort a marqué un tournant dans l’historiographie française en réintroduisant les animaux dans le champ des études historiques, alors que même les tenants de l’École des Annales les avaient négligés. D’objets de l’histoire, les animaux en devenaient les sujets. L’intérêt universitaire pour les animaux est pourtant ancien. Dans la première moitié du xixe siècle, anthropologues, historiens, philosophes et naturalistes questionnent la domestication dans le cadre de discussions sur les liens entre histoire naturelle et « grande » histoire. Cependant, la structuration épistémologique des sciences humaines au tournant de 1900 a conduit à leur séparation d’avec les sciences naturelles et à l’exclusion des animaux de leur champ d’étude. À partir des années 1980, le renouveau des études historiques sur les animaux s’inscrit dans le décloisonnement des sciences humaines associé à l’Histoire des mentalités, avec les travaux de Michel Pastoureau notamment. Plus récemment, deux grandes orientations se sont dessinées, qui sous-tendent les recherches actuelles en France. D’une part l’« histoire éthologique » menée par Éric Baratay, écrite depuis le point de vue des animaux ; d’autre part, l’ « histoire politique des animaux » de Pierre Serna interrogeant les liens entre événements politiques et modalités de l’exploitation animale [Piazzesi, 2020].

À une époque où le spécisme est questionné, comment définir les « animaux » ? Cette catégorie a-t-elle évolué au cours du temps, de l’Antiquité à nos jours ? Pour le Moyen Âge, dans ce monde où le « surnaturel » est omniprésent [Bartlett, 2008], où situer les monstres [Maud Pérez-Simon, Pierre-Olivier Dittmar, 2024] ? Dans un monde où, lorsque l’on parle des espaces dominés par l’Ecclesia chrétienne, le récit biblique anthropocentré définit les « bestiæ » comme soumises à l’homme de sexe masculin et où toute description d’un monde « naturel » est conditionné par la Genèse, comment inscrire les animaux dans une interprétation sociale des rapports entre hommes ?

La place des animaux, entre sociétés humaines et espaces « naturels », est multiple. Des animaux que l’homme « met au travail » et qui vivent parfois au cœur même de la maisonnée, des animaux qui peuplent les espaces « sauvages » et qui peuvent être chassés, aux animaux mythiques, mythologiques, déifiés, vivant dans les temples et les rituels des hommes, la diversité des rapports entre humains et animaux ne cessent de questionner leur place dans le monde des hommes. Véritables « fait social total » tel que l’a défini Marcel Mauss en 1925, ils questionnent les contours de sociétés en perpétuelle évolution. Les travaux de Philippe Descola sur les rapports entre nature et culture rappellent eux aussi que s’intéresser aux animaux dans les sociétés et les arts, c’est questionner les systèmes de représentation des sociétés, i.e. les systèmes de valeurs, d’idées, de jugements et de représentations qui structurent les rapports des individus entre eux et avec ce qui les entoure.

La présente journée d’étude s’attachera à étudier les animaux dans toutes leurs dimensions en interaction avec les humains, ainsi que pour eux-mêmes. Pour cela, les propositions de communication, qui s’inscriront en archéologie, en histoire, en histoire de l’art, en littérature ou en musicologie, seront réparties selon quatre axes et pourront en recouper plusieurs.

Axe 1 – Les animaux : objets et instruments de discours

1.1 Les savoirs autour des animaux

Les intervenant·es devront ici étudier la production et l’évolution des savoirs sur les animaux. Comment le savoir animalier s’est-il construit ? Selon quels procédés ? Sous quelles formes ? Dans quels buts ?

La période antique a vu l’essor d’une véritable « zoologie » des animaux, telle qu’elle nous a été transmise par l’œuvre d’Aristote notamment, fruit d’une observation et d’une étude attentive du monde physique. L’influence de l’œuvre d’Aristote s’étire jusque dans les cultures médiévales et questionne la transmission des savoirs zoologiques d’une société à une autre (Sassi, Coda et Feola, 2018).

À l’époque médiévale, c’est à partir des xiie-xiiie siècles que les savoirs pragmatiques, y compris la médecine animale (chevaux, rapaces, animaux de ferme) sont parfois transcrits dans des textes didactiques, dont certains sont traduits en vernaculaire et connaissent ainsi une diffusion croissante aux siècles suivants. Dès l’antiquité égyptienne, de nombreux remèdes sont développés dans le champ de la médecine vétérinaire (Marganne, 2016). Les produits d’origine animale intègrent tôt la pharmacopée, dans le cas de l’ophtalmologie de l’époque romaine impériale (Boehm et Luccioni (dir.), 2003). Tout à la fois contaminateur et remède, l’animal est, dans le champ médical, objet de discours, de pratiques et de représentations éclairant les rapports humains-animaux et leurs évolutions (Collard et Samama, 2024). L’imprimerie transforme également cette catégorie du savoir.

L’étude de ces savoirs de l’Antiquité à nos jours permettra d’interroger la nature des rapports entretenus par les différentes sociétés avec leur environnement.

Il s’agira de questionner la place occupée par les animaux dans les cosmogonies des sociétés étudiées. Les intervenant·es interrogeront également les diverses identifications et classifications faites des animaux ainsi que le développement d’une approche scientifique des animaux.

1.2 L’invention de l’animal

Les intervenant·es devront questionner plus particulièrement l’essor dans les sociétés d’un intérêt pour les animaux décorrélé de leurs rapports avec les hommes et de ce qu’ils permettent d’en dire. Il s’agira notamment d’étudier la naissance et les développements de la zoologie, dont le premier ouvrage dédié, publié en 1661, est rédigé par le médecin, zoologiste et physicien allemand Johann Sperling. Plus généralement, il conviendra de prêter attention à l’essor de nouvelles sciences autour des animaux, à l’instar de la paléontologie, développée à la fin du xviiie siècle par l’anatomiste français Georges Cuvier.

Ce sous-axe sera également l’occasion d’étudier l’émergence des discours sur le bien-être animal et les pratiques afférentes. En 1847, la Vegetarian Society of the United Kingdom est fondée pour promouvoir le végétarisme. Elle est suivie par la Vegan Society en 1944. En 1901, Élisée Reclus, géographe, théoricien et militant anarchiste français publie un article dans une revue consacrée au végétarisme. Il évoque le souvenir de l’égorgement d’un porc dont le cri « continu, couplé de plaintes enfantines, d’appels désespérés, presque humains » le conduit à conclure qu’au moment où le porc est égorgé, « il semble que l’on entende un enfant ».

1.3 Le droit des animaux

Ce sous-axe permettra aux intervenant·es de questionner les divers statuts juridiques attribuées aux animaux aux différentes époques historiques, ainsi qu’aux permanences et aux évolutions qu’ils ont connues. Il s’agira de questionner les pratiques judiciaires et leurs représentations et d’envisager plus généralement les animaux comme source et objet d’interactions et de conflits entre humains. Ainsi, durant l’Antiquité et le Moyen Âge, les animaux sont, en Occident, considérés comme des biens matériels. Les procès d’animaux de la période médiévale interrogent la personnalité juridique des animaux (Chauvet, 2012). Les transformations profondes du droit aux xviie et xviiie siècles, sur lesquelles sont fondées notre droit contemporain, entraîne un changement de statut juridique des animaux mettant en lumière de nouveaux rapports au vivant.

1.4 Animaux et politique

Les intervenant·es sont ici invité·es à interroger les animaux dans leur dimension politique (pratiques diplomatiques, représentation du pouvoir). Certaines pratiques autour des animaux revêtent ainsi une forte dimension politique, à l’instar de la consommation de viande rouge dont une frange des militants masculinistes fait aujourd’hui un enjeu de virilité pour les hommes.

En outre, il s’agira également de questionner les lois de protection de la nature (et donc des animaux) en insistant sur ce qu’elles révèlent du rapport de l’humain avec son environnement et la nature. À quelles fins « protège-t-on » les animaux ? Selon quels procédés ? Les questions de la transformation des territoires, de leurs aménagements, des discours, des représentations qui en découlent et des oppositions (discours et représentations) qu’elles suscitent pourront également faire l’objet de propositions de communication.

1.5 Les animaux comme médium de diffusion d’un discours

De l’usage des poules et des poulets dans la prédication et les exempla du Moyen Âge (Polo de Beaulieu, 2017) au roman graphique Maus d’Art Spiegelman en passant par le Roman de Renart, les Fables de La Fontaine et Animal Farm: A Fairy Story de Georges Orwell, les intervenant·es devront questionner l’usage des animaux comme médium de diffusion de discours (critiques, moraux…) dans les arts et les lettres des différentes sociétés étudiées.

Les représentations – littéraires et visuelles – de chacun des points ci-avant développées pourront également faire l’objet de propositions de communication.

Axe 2 – Les animaux-ressources

2.1 Les animaux comme ressource alimentaire

Les intervenant·es questionneront les pratiques alimentaires des sociétés passées, en prenant en compte leurs aspects sociaux (pratiques élitaires par exemple) et culturels. Les apports récents de l’archéozoologie et les fouilles des fosses-dépotoirs – des demeures élitaires notamment, mais pas seulement – permettent de mieux connaître les goûts et les pratiques alimentaires des sociétés passées et d’en retracer les évolutions dans la longue durée.

Les communications pourront également étudier les pratiques de l’élevage et leurs évolutions (techniques notamment) en lien avec les contraintes environnementales des sociétés étudiées.

Une attention particulière pourra être accordée aux savoirs, discours et prescriptions médicaux autour de l’alimentation et de la consommation des animaux.

2.2 Le commerce des animaux

Ce sous-axe envisagera les animaux pris dans des enjeux et des pratiques économiques. De la question du développement d’infrastructures portuaires pour le commerce alimentaire et des évolutions techniques afférentes (pour la conservation des denrées par exemple) à celle du commerce des animaux de compagnie en passant par le braconnage et le trafic d’animaux menacés, il conviendra d’interroger les discours, représentations et pratiques autour de l’animal envisagé comme bien marchand et comme ressource économique.

Les communications pourront également s’intéresser à la question des parcs animaliers et des zoos et aux questions (éthiques notamment) qu’ils soulèvent. Les interventions pourront questionner les écarts observés dans les sociétés étudiées entre les normes et les pratiques et ce que cela révèle du rapport humains-animaux dans lesdites sociétés.

2.3 Les animaux comme ressource de matières premières

Dans ce sous-axe, les intervenant·es interrogeront les animaux comme ressource de matières premières dans la production d’objets et d’outils. Cette utilisation des animaux répond à des besoins tout à la fois primaires (vêtements pour se protéger du froid et des intempéries, armes pour se défendre) et artistique (os, peaux pour les manuscrits, boyaux pour des cordes d’instrument, colle de poisson pour la peinture et la marqueterie). Aujourd’hui encore, l’ébéniste restaurateur·ice travaille avec la colle de poisson. La structuration d’une économie autour de l’exploitation des matériaux d’origine animale (cuir, ossements, fibres) est ancienne. Les liens entre bouchers et artisans pour l’approvisionnement de ces derniers en attestent. Dans certains quartiers urbains, les artisans sont voisins et « associés ». Ce sous-axe sera également l’occasion d’interroger, pour l’ensemble des périodes étudiées, les liens entre les campagnes (élevage) et les villes sous l’angle du commerce et de la circulation des produits d’origine animale. Il conviendra également de questionner l’évolution de l’usage des matériaux d’origine animale, à l’instar de l’os remplaçant l’ivoire durant l’époque romaine, du fait de sa raréfaction. L’essor de la biocodicologie (skin studies) ouvre de nouveaux horizons autour de l’étude de l’origine géographique des manuscrits et des traitements appliqués aux matériaux (Lévêque et Campagnolo, 2024).

L’étude des matières animales dans les productions humaines interroge les rapports de l’homme à la nature et inscrit l’étude des animaux dans le champ de l’histoire matérielle et des techniques.

2.4 Les animaux au travail

Les intervenant·es sont ici invité·es à questionner les discours, les pratiques et les représentations autour de l’emploi des animaux dans les activités productives humaines et les évolutions qu’il induit (Jarrige, 2023). Une attention particulière pourra être accordée aux savoirs agricoles et ruraux autour des animaux, ainsi qu’aux différentes pratiques et techniques employées pour le travail des animaux après leur domestication et à leurs représentations (Lamy et Vabre, 2023).

Les intervenant·es pourront interroger plus largement toutes les pratiques humaines (sportives et de loisir) faisant intervenir des animaux, ainsi que les discours et les représentations afférents.

Les représentations – littéraires et visuelles – de chacun des points ci-avant développées pourront également faire l’objet de propositions de communication.

Axe 3. – Pratiques sociales et religieuses autour des animaux

3.1 Vivre avec les animaux 

Ce sous-axe permettra d’envisager les interactions humains-animaux selon une typologie variée (animaux sauvages, domestiques, nuisibles et alliés par exemple) qu’il conviendra d’interroger pour les différentes périodes et sociétés étudiées et leurs évolutions dans la longue durée. À l’instar du chat, vénéré dans l’Égypte ancienne, honni au Moyen Âge car jugé pernicieux et vivant essentiellement la nuit, mais dont on s’accommode car il se révèle plus efficace à chasser les rats que la belette, réhabilité au xviiie siècle et aujourd’hui devenu l’animal de compagnie le plus apprécié en France, il s’agira d’étudier les discours, les représentations et les pratiques autours des animaux en fonction des rapports entretenus avec eux par les humains. Les phénomènes d’exhibition et d’affirmation sociale, les relations d’affection avec les animaux, leurs liens avec les défunts (enfants et adultes) ainsi que les cimetières d’animaux pourront faire l’objet de communications. En outre, l’évolution de ces rapports (avec le déclin ou la disparition d’une espèce du paysage quotidien) peut entraîner la formation d’un nouvel imaginaire et de nouvelles représentations de ces animaux qu’il s’agira d’étudier.

3.2 Chasser les animaux

Une attention plus particulière sera accordée aux différentes pratiques de la chasse. De la subsistance au loisir en passant par la distinction sociale et la régulation d’espèces jugées « invasives », il convient de questionner les discours, les pratiques et les représentations autour de la chasse. De la chasse à courre nobiliaire à la chasse à l’éléphant de Juan Carlos Ier d’Espagne de 2006 ayant fait scandale en 2012, la pratique de la chasse questionne les liens humains-animaux et une hiérarchie entre un prédateur et un prédaté.

Ce sous-axe sera l’occasion pour les intervenant·es de questionner la construction de savoirs empiriques sur les animaux orientés vers la chasse, en particulier par la pratique d’une observation attentive. À cet égard, le Livre de chasse de Gaston Fébus, dans lequel son auteur évoque notamment les problèmes liés à la trop grande concentration de cerfs dans un parc de chasse restreint, constitue un bon exemple pour le Moyen Âge tardif.

Il s’agira également d’étudier l’usage d’autres animaux dans les pratiques de la chasse ainsi que les techniques employées dans l’art cynégétique et leurs évolutions, pour le dressage des animaux par exemple.

Parallèlement, les communications pourront traiter du développement et des évolutions des discours, représentations et pratiques des détracteurs de la pratique cynégétique mettant en lumière une diversité de rapports à la nature (Fabiani, 1984).

3.3 Animaux et rituels

« Aussi loin que l’on remonte dans le passé, il semble que l’animal soit mêlé aux traces que l’homme laisse de son activité religieuse. » (Peperstraete, 2016) Il conviendra ici de questionner l’utilisation – ou l’exclusion – des animaux dans les rituels religieux des différentes sociétés étudiées et leurs représentations. Comment la présence et l’intégration des animaux dans les rituels se manifestent-elles au sein des lieux de culte ? Quels aménagements (présence d’enclos par exemple) ont été pensés et réalisés pour les pratiques cultuelles impliquant des animaux ?  

Une attention particulière pourra être accordée à la question des interdits religieux autour des animaux et des écarts entre normes et pratiques. La question des interdits alimentaires pourra notamment être envisagée au prisme de la construction des identités religieuses. Plus généralement, les intervenant·es questionneront la place des animaux dans les discours, les pratiques et les représentations religieuses des sociétés étudiées.

Il pourra également s’agir de questionner les liens entre animaux et pouvoir rituel au prisme des pratiques « magiques » (Galoppin, 2015).

Ce sous-axe sera également l’occasion de questionner les liens entre animaux et symboles, à l’instar du zodiaque et des travaux des mois ou de l’utilisation des animaux dans l’expression d’une identité, dans l’héraldique ou les logos publicitaires.

3.4 Pratiques licites vs pratiques illicites 

Pendant du sous-axe 1.3, le présent sous-axe permettra aux intervenant·es d’interroger les législations des différentes époques et sociétés étudiées visant à encadrer les agissements des humains sur les animaux. Se dessine en filigrane de ces législations la mise en place d’une distance entre l’humain et l’animal et la nécessité de la préserver. Il s’agira de mettre ces évolutions en lien avec les évolutions plus générales des sociétés étudiées.

Les représentations – littéraires et visuelles – de chacun des points ci-avant développées pourront également faire l’objet de propositions de communication.

4. Monstres et animaux fantastiques

4.1 Aux frontières de l’être : quand la séparation entre humains et animaux se brouille

Dans ce sous-axe, les intervenant·es devront interroger les savoirs et les représentations littéraires et visuelles – ainsi que les modalités de ces représentations – dans lesquelles l’homme se fait animal. De l’homme sauvage au lycanthrope en passant par l’épisode du songe et du châtiment de Nabuchodonosor tels qu’ils sont racontés dans le livre de Daniel (Dn 4, 29-30 et 5, 20-21), il conviendra d’interroger les ressorts de l’animalisation et de la bestialisation de l’humain. Il s’agira de questionner les frontières entre humain et animal et leurs brouillements.

4.2 Monstres et monstruosités animales

Ce sous-axe sera l’occasion d’évoquer la figure du monstre animal dans tous ses aspects (juridique, littéraire, visuel) pour les sociétés étudiées. Il s’agira que questionner les frontières de l’animalité pour en définir les contours. À l’instar de la bête du Gévaudan, ce sous-axe permettra d’étudier des légendes et autres récits populaires autour des figures animales questionnant le rapport des individus et des sociétés à leur environnement, ainsi que les représentations auxquelles elles ils ont donné lieu.

4.3 Animaux monstrueux et « fantastiques » du passé dans les fictions d’aujourd’hui 

Dans ce sous-axe, les intervenant·es sont invité·es à questionner l’usage des animaux dits « fantastiques » hérités des sociétés passées dans les créations fictionnelles ultérieures. Ainsi, à l’image du dragon, certains animaux participent à la structuration de mondes et d’imaginaires fantastiques, tout en permettant une critique du monde réel (Blanc, 2019). Entre héritage et nouveautés, il conviendra de questionner les ressorts de la création des animaux monstrueux et leurs fonctions dans les œuvres fictionnelles. Les réflexions pourront questionner ce que ces bestiaires fantastiques disent du rapport au vivant et plus particulièrement aux animaux dans les sociétés étudiées.

Modalités de contribution

Les propositions de communication (environ 500 mots), qui pourront s’inscrire en archéologie, en histoire, en histoire de l’art, en littérature ou en musicologie, seront accompagnées d’une bibliographie indicative, d’une brève présentation de l’intervenant·e (mentionnant son laboratoire et son université de rattachement, son ou ses directeurs·trices de recherche et, s’il y en a, une liste des travaux d’ores et déjà publiés) ainsi que d’un CV. Le tout devra être envoyé avant le lundi 23 février à l’adresse suivante : association.janua@gmail.com

Une réponse sera communiquée aux intervenant·es retenu·es le vendredi 6 mars. Les interventions seront réparties sur une journée et demie. Le repas du midi sera pris en charge par l’association, ainsi que les frais d’hébergement des communicant·es. Le transport sera à la charge des communicant·es (se renseigner sur les possibilités de financement auprès de vos laboratoires et écoles doctorales respectifs). Les conférences pourront également se dérouler en distanciel.

Les communications retenues seront obligatoirement publiées l’année suivante dans la revue de l’association, les Annales de Janua.

Comité scientifique

  • Isabelle Bertrand – Directrice du service des musées et du patrimoine de Chauvigny ; chercheure associée au laboratoire HeRMA (UR 15071 – Université de Poitiers) et au laboratoire ADM (UMR 5140 – Université de Montpellier, équipe TP2C)
  • Mathilde Carrive (HeRMA) – Maîtresse de conférences en histoire de l’art et Archéologie antiques
  • Andrzej Chankowski (HeRMA) – Professeur d’histoire grecque
  • Harmony Dewez (CESCM) – Maîtresse de conférences en histoire médiévale
  • Bénédicte Fillion-Braguet – Chercheuse indépendante en histoire de l’art médiéval et membre associée au CESCM (UMR 7302 – Université de Poitiers)
  • Chloé Gaboriaux (Criham) – Professeure d’histoire contemporaine
  • Jérôme Grévy (Criham) – Professeur d’histoire contemporaine
  • Cécile Voyer (CESCM) – Professeure d’histoire de l’art médiéval

Comité d’organisation — Association Janua

  • Guillaume Avocat (Criham) – Docteur en musicologie et membre associé au Criham ; membre de l’équipe éditoriale des Annales de Janua
  • Camille Conte (Criham) – Docteure en histoire de l’art contemporain et membre associée au Criham ; membre de l’équipe éditoriale des Annales de Janua
  • Charlotte Cusintino (CESCM) – Étudiante en Master 2 « Mondes médiévaux » ; présidente
  • Léa Fouyet (CESCM) – Étudiante en Master 2 « Mondes médiévaux » ; secrétaire
  • Mathilde Froget (CESCM) – Étudiante en Master 1 « Mondes médiévaux » ; chargée des excursions et des biens de l’association
  • Thomas Guglielmo (CESCM) – Doctorant en histoire de l’art médiéval ; vice-président et membre de l’équipe éditoriale des Annales de Janua
  • Jeanne Ledan (CESCM) – Étudiante en Master 2 « Mondes médiévaux » ; vice-trésorière
  • Baptiste Nies (CESCM) – Étudiant en Master 2 « Mondes médiévaux » ; chargé de communication
  • Thomas Vogel (HeRMA) – Doctorant en histoire antique ; trésorier

Date, lieu et format de l’évènement

Les journées auront lieu les jeudi 16 et vendredi 17 avril 2026.

Université de Poitiers, UFR SHA (campus centre-ville) [précisions ultérieures]

Semi-présentiel. Les communications pourront être assurées à distance, de même que le suivi de la journée d’études. 

Contact

Toute question devra être adressée au courriel de l’association : 

association.janua@gmail.com

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Les animaux dans les sociétés et les arts de l’Antiquité à nos jours

Appel à contribution – Le trophée animal au Moyen Âge

University of Neuchâtel, 17 avril, 2026

Les trophées tels que nous nous les représentons, pièces naturalisées ou séchées d’un animal chassé et abattu, n’apparaissent qu’assez tardivement au Moyen âge. En effet, ce n’est qu’entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle que ces singuliers objets se multiplient dans les grandes demeures. Là, ils témoignent des exploits du seigneur des lieux qui, comme les mœurs du temps l’exigent, se doit d’exceller dans l’exercice de la chasse. Mais le trophée peut aussi s’entendre de manière plus large, comme un phénomène où la matière animale vient rehausser une sémiotique du pouvoir propre aux classes dirigeantes. En tant que tel, il peut se décliner de différentes manières: sur les vêtements, avec le port très codifié de la fourrure; sur les objets liturgiques ou la vaisselle de table, avec l’intégration de parties animales dans des reliquaires ou des vases à boire (œufs, cornes, coquillages, etc.); dans l’héraldique ou dans l’art (littérature, sculpture, etc.), voire dans les ménageries, où les espèces sont choisies et mises en scènes suivant un dessein précis. Compris de cette manière, le trophée ne se restreint pas à la fin de la période médiévale. Il révèle plutôt un rapport construit sur le long terme où l’animal, plus qu’une simple allégorie, est une véritable identité dont on s’approprie les attributs à travers la possession de son corps.

Le propos de cette journée d’étude est de réfléchir à la question du corps animal comme trophée, par le biais de représentations imagées, littéraires ou rituelles. À cette fin, nous encourageons les propositions de doctorant/es issus du champ des sciences historiques (archéologie, histoire, histoire de l’art etc.) de la littérature et de l’anthropologie.

Les propositions de communication, comprenant un titre et un résumé de cinq à dix lignes, sont à nous faire parvenir avant le 19 décembre 2025 à l’adresse suivante :
pierre-alain.mariaux@unine.ch.

La journée d’étude aura lieu le vendredi 17 avril 2026.

Source : Blog de l’ApAhAu

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Le trophée animal au Moyen Âge

Publication – Archéologie et histoire monastique et canoniale : chefs d’ordre et chefs de réseau

Le volume n° 39 de HMA, intitulé « Archéologie et histoire monastique et canoniale : chefs d’ordre et chefs de réseau », année d’édition 2025, rassemble douze conférences données lors des Journées d’études des 15-16 octobre 2021 par le comité scientifique de Grandmont, sous la coordination d’Anne Massoni (CRIHAM, Université de Limoges), de Julie Colaye-Rabiant (TRAME, Université de Picardie) et de Philippe Racinet (TRAME, Université de Picardie), avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine et du CAHMER. Les sessions se sont tenues dans les locaux de la Faculté des Sciences humaines de l’Université de Limoges.

Ces douze textes se répartissent sous deux têtes de chapitre énoncées d’une part, « Le monde canonial » et, d’autre part, « Le monde monastique ». Il est à noter que, selon les vœux des organisateurs, l’étude archéologique a été privilégiée mais que le dialogue avec les autres disciplines (histoire, histoire de l’art…) a été également l’objet de l’attention de ces rencontres.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Archéologie et histoire monastique et canoniale : chefs d’ordre et chefs de réseau, Compiègne, CAHMER, 2025 ; 1 vol., 324 p. (Histoire médiévale et archéologie, 39). Prix : € 30,00.

Source : Cahmer

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – Archéologie et histoire monastique et canoniale : chefs d’ordre et chefs de réseau

Publication – « Testaments as Historical Documents. Papers from the 17th Congress of the Commission Internationale de Diplomatique », éd. Claes Gejrot, Kurt Villads Jensen, Kirsi Salonen, Benoît-Michel Tock

What happens to the property of a deceased person? Who has the right to inheritance, and under which conditions? Who stipulates inheritance rights? These questions are as relevant nowadays as they were in the Middle Ages when the custom of making last wills spread all over the Latin West. Although the practice of making testaments became universal, forms and procedures varied considerably over time and in different regions.

The twenty-seven articles in this volume present and analyse medieval wills from various points of view. Geographically, the volume covers a large area, from Southern Europe to Scandinavia, from Ireland in the West to Eastern Europe. The contributions reveal changes over time and space and accentuate different regional patterns and particularities: the degree of orality or literacy, the social status of testators, urban versus rural, and much else. The volume also suggests the potential of testaments as historical sources for studies on ownership, social networks, legal practices, and economic resources.

Authors: Diego Belmonte Fernández • Annika Björklund •  Marie Bláhová • Karl Borchardt • Miguel Calleja-Puerta • Marta Calleri • Olivier Canteaut • Mª Milagros Cárcel Ortí • Maria Helena da Cruz Coelho • Maria do Rosário Morujão • Maria Cristina Cunha • Thérèse de Hemptinne • Els De Paermentier • María Luisa Domínguez-Guerrero • Peter Erhart • Guillermo Fernández Ortiz • Claes Gejrot • Saul António Gomes • Reinhard Härtel • Kurt Villads Jensen • Anders Leegaard Knudsen • Francesca Macino • Marta Luigina Mangini • Cristina Mantegna • Mark Mersiowsky • Janken Myrdal • Maria João Oliveira e Silva • Daniel Piñol-Alabart • Huw Pryce • Kirsi Salonen • María Josefa Sanz Fuentes • Ricardo Seabra • Anja Thaller • Benoît-Michel Tock

Informations pratiques :

Testaments as Historical Documents. Papers from the 17th Congress of the Commission Internationale de Diplomatique, éd. Claes Gejrot, Kurt Villads Jensen, Kirsi Salonen, Benoît-Michel Tock, Stockholm, Institutet för Rättshistorisk, 2025 ; 1 vol., 640 p. (Rätthistoriska Studier, Gröna Serien, 33).

Source : Institutet för Rättshistorisk

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – « Testaments as Historical Documents. Papers from the 17th Congress of the Commission Internationale de Diplomatique », éd. Claes Gejrot, Kurt Villads Jensen, Kirsi Salonen, Benoît-Michel Tock

Exposition – Archéo-Sexisme

ULB Culture, en collaboration avec la Faculté de Philosophie et Sciences sociales, la Bibliothèque des sciences humaines Simone Veil, et le CReA-Patrimoine, vous invitent à découvrir l’exposition «Archéo-Sexisme» à la Bibliothèque des sciences humaines Simone Veil (BSH), du 1ᵉʳ décembre 2025 au 31 janvier 2026.

Fruit d’une collaboration entre l’association Archéo-Éthique et le collectif Paye ta Truelle, Archéo-Sexisme met en lumière les différentes formes de sexisme rencontrées dans le milieu de l’archéologie, à travers des témoignages anonymes d’archéologues et d’étudiant·es. Ces récits, parfois poignants, parfois édifiants, sont illustrés par des artistes professionnels qui donnent une force visuelle à ces expériences vécues.

L’exposition invite à une réflexion collective sur les discriminations de genre dans les pratiques de terrain, les laboratoires et les milieux académiques. En donnant la parole à celles et ceux qui en sont témoins ou victimes, Archéo-Sexisme ouvre un espace de dialogue essentiel sur les questions d’égalité, de respect et de déconstruction des rapports de pouvoir dans la recherche.

– Lundi 1ᵉʳ décembre 2025
– 
Bibliothèque des sciences humaines Simone Veil (BSH), campus du Solbosch

Infos pratiques

Exposition : du 1ᵉʳ décembre 2025 au 31 janvier 2026
Lieu : Bibliothèque des sciences humaines Simone Veil (BSH), campus du Solbosch
Horaires : selon les heures d’ouverture de la bibliothèque
Entrée libre et gratuite

Source : Université libre de Bruxelles

Publié dans Exposition | Commentaires fermés sur Exposition – Archéo-Sexisme

Exposition – Marie de Hongrie. Art & Pouvoir à la Renaissance

Du 22 novembre 2025 au 10 mai 2026, le Domaine & Musée royal de Mariemont présente « Marie de Hongrie. Art & Pouvoir à la Renaissance ». L’exposition mettra en lumière le rôle politique, diplomatique et artistique d’une figure centrale du 16e siècle : Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint et gouvernante des Pays-Bas.

Œuvres historiques et installations multisensorielles – combinant modèles 3D, musique, images, animation, danse et vidéo – proposeront une approche renouvelée de la Renaissance.

Un clan, un avenir  

Le Domaine & Musée royal de Mariemont invite à suivre les épisodes vibrants d’une succession impériale sans pareil. L’exposition revient sur les tactiques fructueuses imaginées par la reine et Gouvernante bien connue de nos régions, et son clan familial. 

Contexte historique  

Au milieu du 16e siècle, Charles Quint, empereur et chef de la Maison de Habsbourg, étend son pouvoir sur une grande partie de l’Europe. Cette prédominance est néanmoins fragile et contraint le souverain à de nombreuses stratégies de renforcement. L’une d’elles passe par la préparation de sa succession en faveur de son fils, le futur Philippe II. Face à ces enjeux dynastiques et politiques, Marie de Hongrie, sœur de l’empereur, se révèle une stratège de premier choix.

Femme de pouvoir et stratège 

L’exposition retrace l’épique programme de propagande mené par Marie de Hongrie et son entourage entre 1539 et 1559. Combinant prestige et majesté, elle orchestre une savante mise en scène au service du noyau impérial, impactant par ses actes le cours de l’art et les lignes des territoires européens. Véritable femme de pouvoir et d’innovation, elle fait notamment appel à des artistes influents venus d’Italie, planifie une éclatante tournée de présentation de l’héritier, organise la défense militaire des Pays-Bas et ordonne la construction d’un palais à Binche et d’un vaste domaine de chasse à Mariemont.

« Marie de Hongrie. Art & Pouvoir à la Renaissance » plonge dans les origines de Mariemont pour s’étendre au cœur de l’Europe du 16e siècle. Sous l’égide de la Maison de Habsbourg, l’exposition retrace l’un des plus importants dénouements historiques de la Renaissance !   

Prêts 

Les œuvres présentées sont issues des collections du Musée royal de Mariemont ainsi que d’une quarantaine d’institutions belges et étrangères.  Tableaux, sculptures, dessins et gravures, documents d’archives et pièces archéologiques, éléments d’orfèvrerie originaux seront présentés, certains pour la première fois au public.

Parmi les pièces majeures figurent des portraits attribués à Titien, des éléments de décors sculptés de Jacques Du Brœucq, ou encore deux tableaux aux vues paysagères grandioses signés par Jan Brueghel de Velours et Denijs van Alsloot. L’exposition présente également la grande tapisserie acquise récemment et restaurée pour la circonstance par le Cercle royal des Amis de Mariemont.

Projet MARY4ALL

L’exposition présente également en avant-première quatre installations multisensorielles combinant modèles 3D, musique, images, animation, danse et vidéo. Ces reconstitutions immersives autour de l’art, l’architecture, les paysages et la musique de la Renaissance sont réalisées dans le cadre d’un projet européen d’innovation en médiation numérique, MARY4ALL. Le projet vise à allier patrimoine et technologies numériques au service d’une meilleure compréhension de l’histoire.

Commissariat

L’exposition est réalisée sous le commissariat de Gilles Docquier, Conservateur de la Section Histoire régionale et domaniale, au Domaine & Musée royal de Mariemont & de Krista De Jonge, Professeure émérite en histoire de l’architecture, à la KU Leuven.

Production et partenaires 

L’exposition est coproduite par le Domaine & Musée royal de Mariemont et la KU Leuven, avec le Centre d’études supérieures de la Renaissance de l’université de Tours.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine, l’exposition fait également partie du programme du festival Europalia España.

Le projet européen MARY4ALL est cofinancé par le programme Europe créative de l’Union européenne.

*Financé par l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA). Ni l’Union européenne ni l’EACEA ne sauraient en être tenues pour responsables.

 EUROPALIA ESPAÑA

L’exposition fait partie du programme du festival EUROPALIA ESPAÑA (08.10.2025 – 01.02.2026)

Cet automne, EUROPALIA célèbre sa 30e édition avec une grande biennale espagnole. Exactement 40 ans après une première édition en 1985, EUROPALIA ESPAÑA déploiera, du 8 octobre 2025 au 1er février 2026, un programme pluridisciplinaire alliant patrimoine et formes d’art contemporain. Il offrira des perspectives fascinantes sur des thèmes qui nous connectent et nous interpellent. Avec Francisco de Goya comme figure centrale et source d’inspiration, le festival met en lumière la richesse culturelle de l’Espagne à travers les arts visuels, l’architecture, le théâtre, la danse, la musique, la performance, le cinéma et la littérature. Au total, EUROPALIA ESPAÑA comprend pas moins de 150 événements réunissant plus de 120 artistes à travers toute la Belgique.

Source : Mariemont

Publié dans Exposition | Commentaires fermés sur Exposition – Marie de Hongrie. Art & Pouvoir à la Renaissance

Publication – Stef Espeel, « Prices and Crises. The grain economy in fourteenth-century Flanders »

This study examines the grain economy of fourteenth-century Flanders, a region marked by dense urbanisation, warfare, famines, and plague. Using extensive data from ecclesiastical landlords, it reconstructs grain price trends, analyses market integration, and explores the social impact of price shocks. It highlights the adaptive strategies of landlords and cities in managing food crises, offering new insights into resilience and vulnerability in premodern economies.

Stef Espeel is a historian specialising in the medieval Low Countries. He obtained his PhD in 2021 from the University of Antwerp, focusing on the grain economy of late medieval Flanders. Currently, he is a recipient of a postdoctoral grant from the FWO to investigate the short-term economic disruptions caused by epidemics during the late Middle Ages.

Informations pratiques :

Stef Espeel, Prices and Crises. The grain economy in fourteenth-century Flanders, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2025 ; 1 vol., 332 (Mémoires). ISBN : 978-2-8031-1011-7. Prix : € 35,00.

Source : Académie royale de Belgique

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – Stef Espeel, « Prices and Crises. The grain economy in fourteenth-century Flanders »

Appel à contribution – L’absence et ses interprétations. Interroger l’incomplet et le fragmentaire au Moyen Âge et à la première Modernité

8es Journées doctorales internationales de Transitions
Appel à communications
Université de Liège, 11-12 mai 2026

Les 11 et 12 mai 2026 se tiendra, à l’Université de Liège, la huitième édition des Journées doctorales internationales de l’Unité de recherches Transitions. Organisé en partenariat avec la Ruhr Universität Bochum et le Centre d’Études supérieures de la Civilisation médiévale (Université de Poitiers), ce colloque aura pour thème l’absence. Les bornes chronologiques prescrites pour le présent appel sont celles explorées par Transitions (Moyen Âge et première Modernité).

L’étude des sociétés médiévales et modernes nous confronte inévitablement à des silences, que ceux-ci résultent des aléas de la transmission documentaire et matérielle ou d’un acte intentionnel. Nos pratiques de recherche nous mènent ainsi constamment à interroger les zones d’ombre et à leur donner du sens ; nos travaux reposent sur des données fragmentaires, et laissent nécessairement une large part à l’interprétation. Ainsi, quiconque souhaite étudier ces périodes doit composer avec « ce qui reste ». Cette démarche indiciaire est profondément ancrée dans nos pratiques. Elle doit donc mener à une réflexion sur « ce qui manque ».

Forts de ces considérations, nous proposons ci-dessous trois axes selon lesquels l’absence peut être envisagée : l’absence telle qu’elle était pratiquée et vécue par les hommes et les femmes du Moyen Âge et de la première Modernité (1.), l’absence telle qu’elle est perçue et appréhendée aujourd’hui par les chercheur.euses (2.), et l’absence telle qu’elle est exposée et transmise au grand public (3.)

Pratiques et expériences de l’absence hier

Le premier axe interrogera l’absence en lien avec le corps humain dans les processus de deuil, dans les pratiques juridiques (e.a. la contumace, le bannissement, les enlèvements), médicales (e.a. l’amputation, les lacunes dans la transmission des savoirs, l’absence des praticiens) et spirituelles (e.a. la privation volontaire de nourriture, le célibat, le monachisme). Par ailleurs, il s’agira de comprendre ce que l’absence révèle du fonctionnement de la société. Elle sera ainsi envisagée à partir du corps social : étudier l’absence d’institutions spécifiques revient à interroger le sens social et politique de ce vide institutionnel. Comment interpréter l’absence de figure dirigeante ?

Comment l’absence d’institutions influence-t-elle la construction ou l’altération communautaire ? Des points de vue linguistique et littéraire, on relèvera et étudiera le vocabulaire de l’absence afin de mieux comprendre comment celle-ci était dite dans des corpus textuels variés. On envisagera encore la façon dont sont exprimés les différents affects liés à l’absence. On analysera enfin les représentations du corps absent (la mort, le divin, l’autel) dans l’art ou encore la réinterprétation picturale d’une oeuvre décrite dans la littérature antique (e.a. La Calomnie d’Appelle de Botticelli).

Perceptions de l’absence dans nos méthodes de recherche

Ce second axe examinera les modalités selon lesquelles les médiévistes et les modernistes peuvent interpréter l’absence au sein de leur corpus. L’absence demande à être interrogée différemment selon la part d’intentionnalité qui la cause. L’anonymat d’un texte n’implique pas la même lecture qu’un document dont on aurait arraché ou biffé la signature de l’auteur. Si les carences archéologiques, picturales ou textuelles relèvent bien souvent du passage du temps, celles-ci peuvent toutefois résulter d’une destruction ou d’une dissimulation volontaires (à l’image du processus de damnatio memoriae). Le cas échéant : pour quelles raisons effacer, cacher, taire ? Une page laissée blanche pourrait faire penser à un scribe distrait ou inviter le lecteur à la compléter. À l’inverse, la censure des textes littéraires et musicaux ainsi que la destruction d’objets obéissent à des logiques tout autres (politiques, idéologiques ou doctrinales).

De même, constater un silence soulève un questionnement déontologique : dans quelle mesure doit-on chercher à le compléter ? Selon quelles méthodes ? Faut-il l’interpréter pour lui-même ou en considérer les causes ? Quelle représentativité un fragment peut-il offrir d’un ensemble perdu lorsqu’il en constitue la seule trace? S’interroger sur ce qui préside au silence, sur ses modalités de mise en oeuvre et sur ce qu’il implique est-il plus opportun que de s’attacher à restituer le matériau absent ? Dans quelle mesure une approche interdisciplinaire peut-elle contribuer à pallier ce manque ? Que faire d’un vide documentaire autour d’une période, d’un espace ou d’un groupe donné ?

Exposition et vulgarisation de l’absence

Le troisième axe cherche quant à lui à exposer les regards d’hier et d’aujourd’hui en se focalisant sur les pratiques muséales de traitement de l’absence. En effet, la vulgarisation et la mise en scène nécessaires à l’exposition muséale enjoignent les muséologues et les conservateurs à traiter l’absence par des modalités spécifiques : on abordera ainsi la question de l’attractivité du public, des enjeux liés aux sources financières ou encore de la rédaction des cartels explicatifs. Comment exposer un objet absent ? Doit-on le remplacer ? Présenter des reproductions ? Comment combler le manque de certains thèmes dans le paysage muséal parce que moins « populaire » ? Jusqu’à quel point la reconstitution historique peut-elle constituer un outil de médiation autant qu’une méthode de recherche ?

Modalités pratiques

Les communications (max. 20 minutes) seront prononcées en français ou en anglais. Les propositions sont attendues pour le lundi 26 janvier 2026 au plus tard, sous la forme d’un document PDF adressé par courriel à jd.transitions@uliege.be. Ce dossier comprendra les coordonnées (nom, prénom, université) du/de la doctorant·e, le titre de sa thèse, l’intitulé de sa communication et un résumé de celle-ci de max. 300 mots en français ou en anglais. Les candidat·e·s seront informé·e·s des résultats de la sélection au plus tard le 9 février.

Une attestation de participation sera délivrée sur demande au terme de ces journées d’études. Les repas de midi et les pauses café des deux journées seront offerts. Les frais relatifs au transport pourront éventuellement être remboursés à hauteur de 150 euros par personne.

Comité organisateur
Ninon GAVAGE
Alix GIET
Fanny GOBLET
Perrine STENNIER
Emile THONAR
Victor VANDENBULKE

Comité scientifique
Éric BOUSMAR (UCLouvain – Saint-Louis Bruxelles)
Émilie CORSWAREM
Élise FRANSSEN
Ninon GAVAGE
Alix GIET
Fanny GOBLET
Christophe MASSON
Aude ROUQUIÉ (CESCM Université de Poitiers)
Perrine STENNIER
Emile THONAR
Victor VANDENBULKE

À propos de Transitions
L’Unité de recherches (UR) Transitions de l’Université de Liège (http://www.transitions.uliege.be) a pour vocation de questionner les dynamiques qui ont marqué le Moyen Âge et la première Modernité. De nombreux projets portés par ses membres encouragent la confrontation des pratiques de recherche selon une perspective interdisciplinaire, de même que le développement d’un réseau de collaborations à l’échelle nationale et internationale.

Les journées doctorales interuniversitaires de l’UR se tiennent tous les deux ans et sont ouvertes à des doctorant·e·s d’universités belges et étrangères, issu·e·s d’horizons de recherche variés tels que la philologie, la littérature, la linguistique, l’histoire, l’histoire de l’art ou la musicologie. Conçues comme un moment d’échanges autour d’une thématique commune, elles offrent aux jeunes chercheurs·euses la possibilité de partager leurs projets, mais aussi de confronter leurs méthodologies respectives avec celles de leurs pairs ou de collègues plus expérimenté·e·s.

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – L’absence et ses interprétations. Interroger l’incomplet et le fragmentaire au Moyen Âge et à la première Modernité