Cycle de conférences – Les arts et leurs mécènes. Cycle de conférences 2025/2026 du Nouveau Collège de Cluny

Le Nouveau collège de Cluny organise chaque année un cycle de conférences portant sur la culture et les arts du Moyen Âge. Né du partenariat entre Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le Musée de Cluny, ce projet s’attache à promouvoir et diffuser la recherche sur les civilisations du Moyen Âge menée au sein des laboratoires de notre université auprès d’un large public (le Lamop https://lamop.pantheonsorbonne.fr/ et l’HiCSA https://hicsa.pantheonsorbonne.fr/).

Les conférences ont lieu au Musée de Cluny, quatre jeudis par an, à 18h30.

Elles sont accessibles gratuitement aux étudiants de Paris 1, sur inscription.

Comité scientifique : François Chausson (professeur d’histoire romaine), Olivier Matteoni (professeur d’histoire médiévale), Philippe Plagnieux (professeur d’histoire de l’art médiéval), Anne-Orange Poilpré (professeure d’histoire de l’art médiéval).

20 novembre 2025
Anne-Orange Poilpré, Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Les Carolingiens et les arts : un mécénat politique

La cour des souverains carolingiens a brillé par son amour des arts et de l’Antiquité gréco-romaine. Inspirée par Rome et Byzance, cette esthétique se veut l’étendard d’un âge nouveau. Cette mémoire du passé est mise au service d’un projet politique façonné conjointement par le pouvoir temporel et l’autorité ecclésiale. Si l’Antiquité n’a jamais disparu de la culture médiévale, elle se fait ici l’instrument d’un discours et d’un mécénat artistique cherchant à promouvoir une conception impériale et chrétienne du monde. Les commanditaires eux-mêmes, en soutenant et en orientant la création artistique, expriment leur adhésion à cette vision.

15 janvier 2026
Emmanuelle Vagnon, chargée de recherche au CNRS/LaMOP
Pietro Vesconte de Gênes : mappemondes et cartes marines au début du xive siècle

Pietro Vesconte est le premier cartographe du Moyen Âge à signer de son nom ses œuvres. Il est l’auteur de plusieurs recueils de cartes de navigation parvenus jusqu’à nous, réalisés dans la première moitié du xive siècle. Ces « atlas » avant l’heure représentent les côtes de la mer Méditerranée et de la mer Noire, souvent décorés de fines enluminures. Il est également célèbre pour la mappemonde et les cartes réalisées à la demande de Marino Sanudo et de Paulin de Venise en 1321, dans le cadre d’un projet de croisade pour la reconquête de Jérusalem et de la Terre sainte. Cette représentation du monde fait la synthèse des savoirs géographiques de son temps, utilisant des connaissances issues de l’Antiquité, du monde arabe et des récits des voyageurs en Orient.

19 février 2026
Jean-Baptiste Vincent, maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aux origines de l’abbaye de Bonport : commanditaires et expression architecturale cistercienne en vallée de Seine (xiiie siècle).

Bien que fondée en 1189-1190 par Richard Cœur de Lion dans la partie normande de la vallée de la Seine, l’abbaye cistercienne de Bonport est construite au xiiie siècle sous autorité capétienne. Elle incarne une fondation royale stratégique, dont l’architecture articule vie monastique, rayonnement des commanditaires et enjeux fluviaux. Les recherches récentes, mêlant archéologie du bâti et nouvelles méthodes, renouvellent l’étude de son architecture, de son implantation et de son rôle territorial.

2 avril 2026
Maréva U, maîtresse de conférence, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aux seuils des églises byzantines : commanditaires et mémoire incarnée

Dans les églises byzantines, les portraits des commanditaires et les inscriptions dédicatoires sont souvent placés aux seuils, à l’articulation de deux espaces distincts. Le choix de cet emplacement relève d’une stratégie de visibilité, mais aussi d’un usage mémoriel de l’espace architectural. Cette conférence s’intéressera à la manière dont ces représentations contribuent à la construction d’une mémoire incarnée, située et activée par l’expérience du franchissement du seuil. À partir d’exemples choisis de l’époque byzantine moyenne et tardive, elle proposera une lecture croisée des images, des dynamiques spatiales et des parcours rituels, pour réfléchir au rôle des seuils comme lieux actifs de mémoire.

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Publication – Mark Bailey, « Serfdom in medieval England. Theory and practice 1200 to 1500 »

Serfdom was a coercive relationship between a landowner and peasant, which was widespread across medieval and early modern Europe. It features prominently in major historical debates, such as the origins of capitalism and the divergent pathways of western and eastern Europe to modernity. Scholars have paid particular attention to English serfdom, which is usually portrayed as highly oppressive and a major cause of the Peasants’ Revolt in 1381.

This comprehensive survey draws on a vast scholarship and new research to show how, in reality, English serfdom was weak, casting new light on the nature of its society and economy when the Black Death struck in 1348-9. The pandemic now assumes a central role in the rapid decline of serfdom, as illustrated in a case study of the estate of one of England’s harshest landowners, St Albans abbey.

Mark Bailey is Professor of Later Medieval History at the University of East Anglia.

Table des matières :

Introduction

Part I: Serfdom in theory and practice
1 Serfdom in legal theory
2 Serfdom in practice: freedom and unfreedom
3 Serfdom in practice: certainty and uncertainty
4 Serfdom in practice: access to the law

Part II: Serfdom in England: causes and consequences
5 Causes: explaining the weakness of serfdom
6 Consequences: serfdom and the crisis of the early fourteenth century

Part III: Serfdom in England: the impact of the Black Death through three case studies
7 The Black Death and serfdom
8 The manor of Codicote
9 The manor of Winslow
10 The manor of Norton
11 Serfdom, the Black Death and three manors of St Albans abbey


Conclusion

Bibliography

Index

Informations pratiques :

Mark Bailey, Serfdom in medieval England. Theory and practice 1200 to 1500, Manchester, Manchester University Press, 2025 ; 1 vol., 456 p. (Manchester Medieval Studies). ISBN : 978-1-52617-297-6. Prix : GBP 90,00.

Source : Manchester University Press

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Publication – « Hagiographica Wisigothica », éd. José Carlos Martín-Iglesias, Salvador Iranzo Abellán

L’Espagne wisigothique n’a pas beaucoup cultivé le genre hagiographique. Le Corpus Christianorum a déjà publié quelques œuvres hagiographiques de cette époque, comme les Vitas ss. patrum Emeretensium (BHL 2530), les notices consacrées à plusieurs célèbres évêques du VIIe siècle, comme Isidore de Séville (BHL 4482-4483), Ildefonse de Tolède (BHL 3917) et Julien de Tolède (BHL 4554), ou les passions hispaniques incluses dans le soi-disant Passionarium Hispanicum. Ce volume comprend les autres œuvres hagiographiques composées sans aucun doute dans l’Espagne wisigothique, à l’exception des écrits de Valère du Bierzo, qui mériteront un volume monographique : une composition de la première moitié du VIe siècle, le Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) de Juste de Urgell ; et quatre autres datées entre le premier quart et le dernier tiers du VIIe siècle, la Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (CPL 1298) du roi Sisebut, la Vita s. Aemiliani (CPL 1231) et l’Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232) de Braulion de Saragosse – qui complètent ainsi l’édition des œuvres de cet auteur dans le Corpus Christianorum – et l’anonyme Vita s. Fructuosi (CPL 1293).

José Carlos Martín-Iglesias (Université de Salamanque) est l’auteur de nombreuses études, éditions et traductions d’œuvres latines de l’Espagne tardo-antique et médiévale,  en particulier dans les domaines hagiographique et historique.

Salvador Iranzo Abellán (Université de Barcelona) est spécialiste de la poésie et de l’épistolographie de l’Espagne du haut Moyen Âge, et collabore à un important projet de lexicographie latine médiévale en Catalogne.

Les deux chercheurs ont déjà co-signé plusieurs publications consacrées à la littérature wisigothique.

Introducciones

I. El Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) atribuido a Justo de Urgel (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)
1. El Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) y su autor
2. La producción literaria de Justo de Urgel
3. La tradición manuscrita
4. Las ediciones precedentes
5. Criterios de esta edición

II. La Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (CPL 1298, BHL 2148) de Sisebuto de Toledo (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)
1. El santo: Desiderio de Vienne
2. Sisebuto de Toledo (612-621)
3. La Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
4. La Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (BHL 2148) y los restantes escritos de Sisebuto
5. Las fuentes literarias de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
6. El expediente hagiográfico de san Desiderio de Vienne
7. La tradición manuscrita de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
8. Las ediciones precedentes de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
9. Criterios de esta edición

III. Braulio de Zaragoza, Vita s. Aemiliani (CPL 1231, BHL 100) e Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232) (J. C. Martín-Iglesias)
1. La obra literaria de Braulio de Zaragoza
2. La Vita s. Aemiliani (CPL 1231): estudio literario
3. El Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232): estudio literario
4. Datación de la Vita s. Aemiliani y del Hymnus de s. Aemiliano
5. Las fuentes de Braulio de Zaragoza
6. La tradición manuscrita de la Vita s. Aemiliani
7. Las ediciones precedentes de la Vita s. Aemiliani
8. La tradición manuscrita del Hymnus de s. Aemiliano
9. Las ediciones precedentes del Hymnus de s. Aemiliano
10. Criterios de estas ediciones ediciones

IV. Vitae s. Fructuosi ep. Bracarensis: Vita s. Fructuosi prima seu breuior (BHL 3194a) y Vita s. Fructuosi altera seu longior (CPL 1293, BHL 3194) (J. C. Martín-Iglesias)
1. El problema de las dos Vitae s. Fructuosi
2. Fructuoso de Braga: entre la historia y la hagiografía
3. Autoría, datación y finalidad de la VSF II
4. La tradición manuscrita de las Vitae s. Fructuosi I-II
5. Estudio de la transmisión manuscrita de las Vitae s. Fructuosi I-II
6. Las ediciones precedentes de las Vitae s. Fructuosi I-II
7. Criterios de la presente edición

Bibliografía

Ediciones críticas

Iusti Vrgellensis episcopi Sermo de sancto Vincentio (CPL 1092) (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)

Sisebuti regis Visigothorum Vita uel passio sancti Desiderii episcopi Viennensis (CPL 1298) (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)

Braulionis Caesaraugustani episcopi Vita sancti Aemiliani (CPL 1231) (J. C. Martín-Iglesias)

Braulionis Caesaraugustani episcopi Hymnus in diem sancti Aemiliani (CPL 1232) (J. C. Martín-Iglesias)

Vita sancti Fructuosi episcopi Bracarensis prima seu breuior (BHL 3194a) (J. C. Martín-Iglesias)

Vita sancti Fructuosi episcopi Bracarensis altera seu longior (CPL 1293, BHL 3194) (J. C. Martín-Iglesias)

Additamenta III codicis O ad Vitam sancti Fructuosi episcopi Bracarensis alteram seu longiorem (J. C. Martín-Iglesias)

Indices
Index locorum Sacrae Scripturae
Index fontium
Index codicum manuscriptorum

Hagiographica Wisigothica. Iusti ep. Vrgellensis Sermo de sancto Vincentio, Sisebuti regis Toletani Vita uel passio sancti Desiderii ep. Viennensis, Braulionis ep. Caesaraugustani Vita sancti Aemiliani et Hymnus de sancto Aemiliano, Vitae II sancti Fructuosi, éd. José Carlos Martín-Iglesias, Salvador Iranzo Abellán, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., CCCXCVIII–210 p. (Corpus Christianorum Series Latina, 172). ISBN : 978-2-503-61265-2. Prix : € 420,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – 1027 – 2027 : Le monde où naît Guillaume

Colloque international de Cerisy-la-Salle et Caen (9-13 juin 2027)

Organisation : Pierre Bauduin, Alban Gautier, Marie-Agnès Lucas-Avenel
(Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM)

La date de naissance de Guillaume le Conquérant ne nous est pas connue avec précision. Selon toute vraisemblance, le futur duc des Normands et roi des Anglais naquit entre la mi-1027 et le milieu de l’année 1028 : le nom de sa mère, Arlette ou Herlève, n’est attesté que par des textes beaucoup plus tardifs ; quant à son père Robert, dit le Magnifique, il avait succédé, dans des circonstances troubles, à son frère le duc Richard III, mort le 6 août 1027.

Cette année 1027 avait été fertile en événements. Le jour de la Pentecôte (14 mai) avait eu lieu à Reims le sacre du jeune roi Henri, le futur Henri Ier, du vivant de son père Robert II le Pieux. Quarante ans après l’avènement d’Hugues Capet, la jeune royauté capétienne était désormais solidement établie et sa légitimité n’était plus contestée. Plusieurs des princes du royaume, dont Richard III, avaient assisté à la cérémonie. Peu auparavant, à Pâques (26 mars), s’était déroulé le couronnement impérial de Conrad II à Rome. Conrad était issu d’une nouvelle dynastie, les Saliens, et il avait succédé à Henri II, le dernier souverain ottonien mort sans héritiers en 1024. La succession avait été contestée, notamment en Italie, mais Conrad était enfin parvenu à ses fins et à ceindre la couronne impériale. Parmi les princes qui assistaient au couronnement figurait Cnut le Grand, roi des Danois et des Anglais. Dans une lettre qu’il adresse à ses sujets insulaires à l’occasion de ce voyage en Italie, Cnut dit sa fierté de participer à l’événement, d’avoir été accueilli par des grands venus de toute l’Europe et rappelle que cette cérémonie lui donnait l’occasion de se rendre en pèlerinage à Rome, un projet qu’il caressait depuis longtemps. Cette visite était un point d’orgue du règne du roi danois devenu l’un des princes les plus puissants d’Europe. Son pouvoir n’était plus guère contesté en Angleterre, où il avait eu l’habileté de se concilier une partie des élites du pays – l’earl Godwine, un des principaux soutiens de Cnut, a épousé une des parentes du roi et leur second fils, le futur roi Harold, est né quelques années auparavant. Cnut a aussi épousé la veuve de son prédécesseur anglo-saxon Æthelred II, Emma de Normandie, dont il avait eu un fils, Harthacnut. Emma était la sœur de Richard II de Normandie, et par conséquent la grand-tante de Guillaume le Bâtard. Les enfants issus de son premier mariage, dont le futur Édouard le Confesseur, avaient trouvé refuge à la cour normande, et ont sans doute fréquenté le jeune Guillaume dans ses années d’enfance. Pour l’heure, ils n’inquiètent guère Cnut, qui se consacre à d’autres projets, et en premier lieu à asseoir son pouvoir en Norvège, ce qu’il parvient à faire l’année suivante (1028), soutenu par une partie des Norvégiens révoltés contre leur roi, Olaf Haraldsson chassé du trône après avoir été vaincu à la bataille de Stiklestad. Olaf, qui avait été baptisé à Rouen selon Guillaume de Jumièges, trouva la mort deux ans plus tard et devint rapidement le saint national de la Norvège. Si nous poussons un peu plus ce jeu de concordances chronologiques, l’année 1027 voit aussi la mort de Gaimar III de Salerne, l’un des premiers princes du sud de la péninsule italienne à faire appel à des Normands, et de Romuald de Ravenne (le 19 juin) – saint Romuald, fondateur de l’ordre des Camaldules – l’un des réformateurs du monachisme occidental qui influença probablement la spiritualité de Jean de Ravenne, successeur de Guillaume de Volpiano à Fécamp en 1028.

Un élargissement des perspectives sur la quinzaine d’années qui entourent 1027/1028 amène à évoquer tant la mort de l’empereur Basile II (l’un des principaux souverains de l’Empire byzantin) en décembre 1025 que la désintégration du califat de Cordoue en 1031 ; tant le grand pèlerinage de Richard de Saint-Vanne en Terre sainte (1026 ; 700 personnes dont des Normands) que celui du roi de Dublin Sigtrygg Barbe-de-soie à Rome (1028 : après son retour via Cologne et Cantorbéry, il fonde l’évêché de Dublin) ; tant la mort de Wulfstan II, archevêque d’York (28 mai 1023), que celles de Fulbert de Chartres (10 avril 1028) et d’Adalbéron de Laon (27 janvier 1030), trois des grandes figures intellectuelles du temps ; tant les débuts de la reconstruction de l’abbatiale de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) après l’incendie de juillet 1026 que la construction, entamée vers 1030, de la cathédrale de Spire, l’un des plus importants monuments romans de l’Europe – sans oublier la construction de l’abbatiale du Mont-Saint-Michel (1023), dont il a été question dans un récent colloque de Cerisy.

Ces quelques événements ramassés autour du moment de la naissance de Guillaume suffisent à montrer que le monde où naît le futur duc-roi est traversé par des relations et des dynamiques qui interagissent entre elles. Nul contemporain ne peut évidemment prévoir que se noue là le fil d’événements ou de mouvements qui vont traverser le siècle, ni anticiper les liens que rétrospectivement l’historien établit entre eux.

Le projet de colloque aura à cœur de s’inspirer des méthodes ou des approches de l’« histoire connectée » définie ici simplement comme une démarche visant à relier entre elles différentes histoires nationales ou régionales longtemps restées cloisonnées, en évitant d’adopter une perspective qui serait centrée exclusivement sur la Normandie ou la France. Elle met l’accent sur les mobilités et leurs conséquences, les connexions et les transferts entre différentes communautés humaines. Dans une approche globalisante, elle n’exclut aucun domaine de la connaissance et des méthodologies (histoire, histoire de l’art, archéologie, philologie…) pour explorer ce monde où naît Guillaume. C’est aussi dans cette perspective qu’il conviendra de réunir des spécialistes venant d’horizons divers, tant sur le plan géographique que disciplinaire, autour des thématiques suivantes.

1/ Connaître le monde

Les connaissances géographiques ne sont pas, en ce début de XIe siècle, aussi réduites qu’on a pu le dire. Du monde islamique à l’Occident latin en passant par Byzance, des représentations de la terre, qu’elles soient cartographiques ou discursives, sont attestées. Ainsi la « Carte cottonienne », conservée à la British Library et réalisée entre 1025 et 1050, est à peu près contemporaine de la « Mappemonde de Saint-Sever » qui illustre un manuscrit du Commentaire sur l’Apocalypse de Beatus de Liébana conservé à la Bibliothèque nationale de France. Plus largement, en ce siècle qui s’achèvera avec le déclenchement de la première croisade, les connaissances sur le monde informent des représentations de l’Autre qui – que celui-ci soit chrétien oriental, musulman, juif ou païen – sont en pleine transformation. Nous tâcherons notamment de comprendre comment les Normands et les populations avec lesquelles ils étaient en contact se percevaient les uns les autres. Ainsi, le portrait que divers auteurs issus d’autres régions européennes font des Normands et de leurs ducs est alors en pleine évolution : alors qu’à la fin du Xe siècle les princes de la lignée de Rollon étaient encore assez souvent perçus et stigmatisés comme les descendants des pirates païens du Nord, ils apparaissent de plus en plus comme des chrétiens latins comme les autres, voire comme des modèles de comportement chrétien.

Thèmes traités :

  • Connaissance du monde.
  • Cartographie.
  • Connaissance et représentations de l’Autre.

2/ Parcourir le monde

Depuis la Normandie, bien des routes permettent de rejoindre d’autres régions du monde, et les Normands ne manquent pas de les emprunter. Ces routes peuvent être maritimes, vers les îles Britanniques ou la Scandinavie, mais aussi vers l’Aquitaine, la péninsule Ibérique et, au-delà, la Méditerranée, en particulier l’Italie du Sud, Byzance et la Terre sainte. Elles sont aussi fluviales et terrestres, et bien souvent les voyages combinent plusieurs modes de transport. On pourra donc suivre les circulations et retracer les itinéraires qu’empruntent les individus, les marchandises et les idées. On s’attachera plus particulièrement à identifier les lieux où se nouent les connexions et les personnes qui les rendent possibles, notamment quand elles impliquent des Normands. Un code de lois anglais témoigne ainsi de la présence de marchands normands à Londres dès la première décennie du XIe siècle, tandis que le poème Moriuht de Garnier de Rouen, atteste que Rouen reste à cette époque un port où se pratique la traite des esclaves. Parmi les routes qu’on mettra en lumière figurent aussi celles des pèlerinages : vers Rome bien sûr, mais aussi vers les Pouilles et le Mont-Gargan où le culte de saint Michel fait écho à celui qui se développe alors en Normandie, vers Saint-Jacques de Compostelle dont le premier essor date précisément du XIe siècle, vers Constantinople dont les reliques attirent des pèlerins de plus en plus nombreux, ou encore vers Jérusalem – et l’on n’oubliera pas que c’est en revenant de Terre sainte que Robert le Magnifique est mort en 1035.

Thèmes traités :

  • Itinéraires, routes terrestres et maritimes.
  • Circulations, connexions, réseaux.
  • Échanges commerciaux.
  • Pèlerinages.

3/ Lieux, genre et manière de vivre ou de mourir

Les terribles pages où Raoul Glaber rapporte la famine des années 1031-1033 rappellent la précarité de la vie de l’immense majorité de la population. Les équilibres économiques et démographiques et la croissance que connaît l’Occident dans les siècles centraux du Moyen Âge ont été aussi revus au travers de nouvelles grilles de lecture articulées autour des notions de besoin, de ressources, des rapports de l’homme à l’environnement. La part de la contrainte seigneuriale, celles du travail et de l’initiative des paysans, de l’innovation technique, de la circulation monétaire sont également des facteurs – parmi d’autres – qu’il conviendra d’interroger. Les regards croisés portés sur la « culture matérielle » ont conduit à des questionnements qui ouvrent plus globalement sur la relation homme-objet. La découverte et la publication de sites archéologiques contribuent à y répondre tout en apportant des indications neuves sur les cadres de vie et les manières d’habiter qu’illustrent par exemple l’habitat fortifié de Colletière à Charavines (Isère), occupé entre 1006 et 1040, le castrum d’Andone (Charente) déserté dans les années 1020 ou la résidence fossoyée de Pineuilh (Gironde)… En ville comme à la campagne, l’église et son cimetière polarisent toujours plus la communauté. Les échanges et liens entre les morts et les vivants restent une préoccupation essentielle des communautés familiales et ecclésiastiques. Des milliers de chartes rapportent les dons faits aux religieux pour le salut de l’âme (pro anima) ou pour la mémoire des fondateurs, des donateurs et de leurs familles. Le rôle des femmes dans cette memoria est bien connu et le colloque donnera ici l’occasion d’interroger plus largement leur place dans les évolutions des sociétés du temps. Si l’année de naissance de Guillaume n’est pas ici une date significative, les perspectives évoquées ci-dessus offrent matière à développer une réflexion comparative et diachronique qui permettra de situer la Normandie dans ces évolutions.

Thèmes traités :

  • Rapport à l’environnement.
  • Culture matérielle.
  • Modes de vie, habitats.
  • Rapport à la mort et à l’au-delà, mémoire des défunts.

4/ Croire, penser, créer

Tandis que le duché de Normandie ne semble pas avoir conservé de trace des croyances et rites païens importés par les Scandinaves au siècle précédent, il n’est sans doute pas totalement imperméable au « grand réveil de l’hérésie » (Dominique Barthélemy) qui affecte tout le royaume franc au début du XIe siècle et aboutit en 1022, par exemple, à la dénonciation des Orléanais, dont témoignent Raoul Glaber ou Adémar de Chabannes. La réforme des abbayes bénédictines guidée par l’esprit de Cluny, bien visible en Normandie par l’entremise de Guillaume de Volpiano puis de ses successeurs, est aussi à l’œuvre au même moment dans l’Est et le Nord-Est du royaume sous l’impulsion de Richard de Saint-Vanne de Verdun, puis de l’abbé Poppon de Stavelot. Une nouvelle élite religieuse contribue à la consolidation du pouvoir laïc et tisse des réseaux de confraternité qui favorisent l’échange des pratiques liturgiques et des idées, mais aussi l’essor des sciences et des arts. En témoignent le développement des écoles épiscopales, l’intensification de la copie et de la décoration des manuscrits religieux et profanes, la composition d’œuvres théologiques, historiographiques ou poétiques par Fulbert de Chartres ou Adalbéron de Laon, auquel Dudon de Saint-Quentin a dédié son histoire prosimétrique et panégyrique des premiers ducs de Normandie. En témoigne aussi l’expérimentation de techniques architecturales nouvelles, comme dans le chantier de l’église abbatiale du Mont Saint-Michel engagé en 1023 ou celui de la restauration de la cathédrale de Chartres en 1024. Le colloque sera l’occasion d’interroger ou de réinterroger les croyances et les catégories de pensée, les débats spirituels et intellectuels, les traditions et innovations littéraires et artistiques, perceptibles en ce début du XIe siècle.

Thèmes traités :

  • Pratiques et croyances religieuses, chrétiennes et païennes.
  • Réseaux religieux et culturels.
  • Production et circulation des manuscrits.
  • Circulation des idées et des savoirs, des procédés et techniques artistiques.

5/ Les Normands et les Normandes des années 20 (… du XIe siècle)

Les Normands et les Normandes des années 1020 nous apparaissent à partir d’une documentation plus diversifiée qui permet d’avoir une idée plus précise sur les différents aspects de la société contemporaine. Plus d’un siècle après la fondation du duché, ils ont adopté le genre de vie, la langue et les croyances des Francs, tandis que les traces du passé scandinave de la province s’estompent. Le colloque sera l’occasion de saisir l’état de ces transformations et leurs effets sur les habitants du pays. Qui sont les Normands et les Normandes des années 1020 ? Partagent-ils une identité commune, des affiliations ou des valeurs culturelles, et selon quels modes d’expression ? Un élément de cohésion du duché et de ses habitants est indiscutablement la famille et le pouvoir des ducs. Comment se manifeste l’autorité princière et encadre-t-elle la société et ses différentes composantes laïques et ecclésiastiques ? Dans quelle mesure perçoit-on l’action de liens sociaux fondés sur la parenté, l’amitié, l’alliance, les relations de fidélité sous leur différentes formes (y compris féodo-vassaliques) ? Quelle place y occupent alors les femmes ? Quelles aspirations ou contestations émergent de cette société ou s’y diffusent ? Le colloque amènera ainsi à interroger l’image d’une principauté dynamique, où l’ordre public résiste mieux qu’ailleurs et où la paysannerie jouit d’un statut ou d’une condition plus favorables que dans d’autres régions.

Thèmes traités :

  • Identité normande.
  • Rôle des ducs de Normandie et de leur parenté.
  • Fabrique sociale et politique du duché de Normandie.
  • Hommes et femmes dans le duché de Normandie.

6/ Les Normands et les Normandes dans le royaume de France et dans l’espace européen

Comme on l’a dit plus haut, les Normands parcourent le royaume et le monde. Si certains reviennent, d’autres s’exilent pour une longue période avant de revenir en Normandie, voire s’établissent définitivement en dehors du duché. Ainsi, Roger de Tosny s’en va combattre les Sarrasins dans le comté de Barcelone où il épouse vers 1020 la fille d’Ermessende, comtesse de Barcelone ; puis il revient auprès du duc Richard II. En 1022, l’empereur Henri II prête 24 Normands au service des neveux de Mélès qui, dans le but de combattre le pouvoir byzantin, sont investis du comté de Comino dans la province de Chieti. On connaît le nom de certains d’entre eux, comme Torstin Scitel ou Hugues Falloc, futur compagnon de Guiscard. D’autres s’établissent auprès du prince Gaimar, tandis que le duc de Naples offre à Rainolf la main de sa sœur et fortifie pour lui le comté d’Aversa en 1030. De l’autre côté de la Manche, c’est une Normande, Emma, fille de Richard Ier, qui règne à deux reprises en Angleterre après avoir épousé Æthelred II, puis Cnut : ainsi, une princesse normande recevait la couronne anglaise bien avant 1066. Ainsi, bien des chevaliers normands gagnaient alors fortune par le métier des armes et s’infiltraient par le mariage auprès des plus grandes familles dans le nord comme dans le sud de l’Europe.

Thèmes traités :

  • Les Normands dans les principautés voisines de la Normandie.
  • Les Normands en Italie du Sud et en Méditerranée.
  • Les Normands en Angleterre et dans le monde insulaire.

De manière générale, notre colloque valorisera les propositions qui croiseront ces diverses approches de manière à présenter une vision dynamique du monde où est né Guillaume et de comprendre dans quelle mesure le futur conquérant de l’Angleterre l’a fait évoluer.

Les contributions au colloque pourront prendre deux formes distinctes : d’une part, des communications de 30 minutes suivies d’une discussion ; d’autre part des posters qui porteront sur des études de cas spécifiques et qui seront présentés par leurs auteurs à l’occasion d’une séance dédiée. Nous accueillerons volontiers les propositions de jeunes chercheurs : le Centre culturel de Cerisy offre des conditions qui favorisent les discussions et qui leur permettront de bénéficier des conseils de membres du comité scientifique et d’autres spécialistes présents à l’occasion du colloque.

Les propositions de communications ou de posters devront être envoyées avant le 1er juin 2026 aux organisateurs, à savoir Pierre Bauduin (pierre.bauduin@unicaen.fr), Alban Gautier (alban.gautier@unicaen.fr) et Marie-Agnès Lucas-Avenel (marie-agnes.avenel@unicaen.fr). Merci de fournir deux fichiers distincts : un résumé précisant clairement comment la contribution pourra s’insérer dans un ou plusieurs des thèmes du colloque (environ 1 page), et un CV synthétique (1 page maximum).

1027 – 2027 : The World in which William was Born

International Conference in Cerisy-la-Salle and Caen (9-13 June 2027)

Organisation : Pierre Bauduin, Alban Gautier, Marie-Agnès Lucas-Avenel
(Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM)

We do not know exactly the date of William the Conqueror’s birth. It seems that the future Duke of the Normans and King was born between mid-1027 and mid-1028. His mother’s name – Arletta or Herleva – is mentioned only in much later sources; as for his father, Duke Robert ‘the Magnificent’, he had but recently succeeded his brother Richard III, who had died on 6 August 1027 in circumstances that remain uncertain.

The year 1027 was rich in political events. On Whitsun Day (14 May), the young Henry – that is, the future Henry I, King of France – was anointed in Rheims, his father King Robert II being still alive. Forty years after Hugh Capet’s accession, the new Capetian monarchy was now firmly established and its legitimacy was no longer disputed. Several princes of the realm, including Richard III, attended the ceremony. Not long before, on Easter Day (26 March), Emperor Conrad II had been crowned in Rome. This new emperor inaugurated a new dynasty, that of the Salians, having succeeded Henry II, last of the Ottonians, who had died without an heir in 1024. This succession had been disputed, particularly in Italy, but Conrad had been able to curb opposition and receive the imperial crown. Among the princes who attend the event was Cnut the Great, King of the Danes and of the English. In a letter addressed to his Insular subjects during his stay in Italy, Cnut told of his pride for participating in the event and being received by grandees from all Europe, and he also mentions the fact that it was for him an occasion to visit Rome as a pilgrim, something he had wanted to do for a long time. This visit may be seen as a climax in the reign of the Danish king, who had become one of Europe’s most powerful rulers. His power was by then undisputed in England, where he had been able to coopt some of the country’s elites: Earl Godwine, one of his most prominent supporters, had married one of the king’s kinswomen and their second son, the future King Harold II, had been born a few years earlier. Cnut had himself married Emma of Normandy, the widow of his Anglo-Saxon predecessor Æthelred II and the sister of Richard II of Normandy (which made her young William’s great-aunt), and their son Harthacnut was then still a young boy. Emma’s children from her earlier marriage, including the future Edward the Confessor, were then refugees at the Norman court, where they probably had many occasions to meet William in the years of his childhood. But at that time, they were no major threat to Cnut, who focussed on other plans: the main one was to establish control over Norway. It was done the year after (1028), when some of the Norwegians rebelled against their king Olaf Haraldsson, who was defeated in the battle of Stiklestad and forced to flee. If we are to believe William of Jumièges, Olaf had actually been baptised in Rouen in the mid-1010s; after his death in 1030, he was considered a martyr and rapidly became Norway’s national saint. If we take this game of chronological concordances a little further, the year 1027 was also that of the deaths of Gaimar III of Salerno, one of the first Southern Italian princes who called upon Normans, and of Romuald of Ravenna (on 19 June), that is St Romuald, founder of the order of the Camaldolese hermits, a reformer of Western monasticism who probably influenced the spirituality of John of Ravenna… who himself succeeded William of Volpiano at the Norman abbey of Fécamp in 1028.

A broader perspective over the fifteen of so years that surround the year 1027/8 allows us to mention the following events: the death of Emperor Basil II, one of the most important Byzantine rulers, in December 1025; the disintegration of the Umayyad Caliphate of Cordoba in 1031; Richard of Verdun’s great pilgrimage, which brought 700 pilgrims (including Normans) to the Holy Land in 1026; King Sigtrygg Silkenbeard of Dublin’s own pilgrimage to Rome in 1028, in the wake of which, having returned via Cologne and Canterbury, he founded the bishopric of Dublin; the deaths of Wulfstan II, archbishop of York (28 May 1023), of Fulbert of Chartres (10 April 1028) and of Adalbero of Laon (27 January 1030), three of the most important ecclesiastical and intellectual figures of the time. Several major construction works in Western Europe were also started in the same period, including the abbey church in Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) after the fire of July 1026, the cathedral of Speyer (one of the grandest Romanesque buildings) around 1030, and the abbey church of Mont-Saint-Michel in 1023 (which was the subject of a recent conference in Cerisy).

These few events, all taking place around the time of William’s birth, are enough to show that the world in which the future duke and king was born was characterised by interacting relationships and dynamics. Of course, nobody at that time could have guessed that here and then were woven the threads of events and motions that would span the next century, nor would they have anticipated the connexions which today’s historians see between them.

Our conference will draw inspiration from the methods of so-called ‘connected history’, here simply defined as an approach that aims to establish links between different national or regional historical traditions which have long remained isolated and tries to avoid a perspective that would focus exclusively on Normandy or France. We want to stress mobilities and their consequences, connexions and transfers between diverse human communities. Because of this global perspective, we do not wish to exclude any discipline or methodology (history, art history, archaeology, philology…) that helps exploring this world in which William was born. This is also why we wish to gather scholars from many horizons, countries and disciplines, in order to discuss the following topics.

1/ Knowing about the world

Geographical knowledge was not, in the early eleventh century, as reduced as it has been said to be. In the Islamic world, in the Latin West or in Byzantium, representations of the earth are known both in maps and texts. The British Library’s ‘Cottonian World Map’ was made around 1025/1050; it is roughly contemporary with the Bibliothèque nationale de France’s ‘Saint-Sever mappa mundi’, illustrating a manuscript of Beatus de Liebana’s Commentary on the Apocalypse. More broadly, in the century that ended with the First Crusade, knowledge of the world informed Western representations of the Other – Eastern Christian, Muslim, Jewish or pagan – that were undergoing radical transformation. We particularly aim to understand how the Normans and the populations with whom they came into contact perceived each other. By the late the tenth century, members of Rollo’s dynasty were still regularly perceived and stigmatised as descendants of pagan pirates of the North, but they increasingly appeared as Latin Christians like any others, even as models of Christian behaviour.

Proposed themes:

  • Knowledge of the world.
  • Cartography.
  • Knowledge and representations of Others.

2/ Moving through the world

Many roads allowed travellers from Normandy to reach other regions, and the Normans were keen to use them. There were maritime roads towards Britain, Ireland or Scandinavia, but towards Aquitaine, Iberia and, beyond that, the Mediterranean – especially Southern Italy, Byzantium and the Holy Land. There were also roads over land and up and down rivers, and travel often combined several means of transport. We will follow attested circulations and retrace the itineraries followed by people, commodities and ideas. We also wish to focus on the places where connexions were made and on the people who enabled them, especially in the case of Normans: in an English lawcode that mentions Norman merchants in London in the first decade of the eleventh century, or in Warner of Rouen’s poem Moriuht, in which Rouen is shown to be a port where slave trade was still in operation. Pilgrimage routes are also among those we want to highlight: to Rome of course, but also to Puglia and Monte Gargano (where the cult of St Michael echoes contemporary developments in Normandy), to Compostela (where pilgrimage to St James’s relics precisely took off in the eleventh century), to Constantinople (where a wealth of relics attracted people in ever greater numbers) and to Jerusalem (and here we should not forget that Duke Robert the Magnificent died in 1035 while he was travelling back from the Holy Land).

Proposed themes:

  • Itineraries, routes over sea and land.
  • Circulations, connexions, networks.
  • Trade.
  • Pilgrimages.

3/ Places, gender, life and death

Rodulfus Glaber’s terrifying pages on the famine of the years 1031 to 1033 remind us of how precarious life was then for most of the population. The economic and demographic balances of the time, and the growth that characterised the West in the Central Middle Ages have all been reconsidered through new approaches based on notions of need, resources and the relationship between humans and their environment. The role played by lordship and coercion, work and the peasantry’s initiative, technology and innovation, money and its circulation are also among the factors that should be interrogated. Varied approaches of ‘material culture’ have revealed new issues, which open more generally to questions about the relationship between humans and objects. Archaeological sites, newly excavated and published, help us answer them and bring new informations on conditions of life and residence: among them, the fortified settlement of Colletière in Charavines (Isère), occupied between 1006 and 1040, the castrum of Andone (Charente), abandoned in the 1020s, or the moated residence of Pineuilh (Gironde)… Both in urban and rural settings, churches and their cemeteries were increaslingly polarising the lives of communities. Exchanges and connexions between the living and the dead remained a crucial preoccupation of kin- or church-based groups. Thousands of charters record gifts made to ecclesiastics ‘for the sake of souls’ (pro anima) or in memory of founders, donors and their families. It is well-known that women played an important role in such memorial practices, and the conference will allow participants to explore more broadly their agency in the social changes of the time. Here, William’s birth may not be such a significant date, but the perspectives explained above are an occasion to develop comparative studies which will place Normandy in broader contexts.

Proposed themes:

  • Connexions with the environment.
  • Material culture.
  • Ways of life, settlements.
  • Connexions with the dead and the other world; memory of the deceased.

4/ Believing, thinking, creating

Even if the pagan beliefs and rituals imported by Scandinavians in the tenth century do not seem to have survived in Normandy, the duchy probably was not immune from what Dominique Barthélemy has called ‘the great awakening of heresy’: indeed, the whole kingdom was concerned in the early eleventh century, for instance when the ‘Orléans heretics’ were denounced in 1022, as told by Rodulfus Glaber or Ademar of Chabannes. There was also a movement towards reform of Benedictine monasteries in the spirit of Cluny: in Normandy with William of Volpiano and his successors, but also beyond the eastern and north-eastern borders of the kingdom with Richard of Saint-Vanne in Verdun and Abbo Poppo in Stavelot. A new ecclesiastical elite worked towards the consolidation of lay power, weaving networks of confraternity and fostering exchanges in the fields of liturgy, ideas, sciences and arts. This was also a time of development for episcopal schools, for copying and illuminating religious and non-religious manuscripts, and for creating new works in the fields of theology, historiography and poetry: we may mention here again Fulbert of Chartres and Adalbero of Laon, to whom Dudo of St Quentin dedicated his prosimetrical and panegyrical history of the earliest Norman dukes. New architectural technologies were also experimented at that time, for example in the abbey church of Mont-Saint-Michel (the construction of which began in 1023) or in the cathedral of Chartres (the restoration of which started in 1024). The conference will allow participants to question or revisit beliefs and categories of thought, spiritual and intellectual debates, traditions and innovations in literature and the arts, all visible in the early eleventh century.

Proposed themes:

  • Religious practices and beliefs, Christian and pagan.
  • Religious and cultural networks.
  • Production and circulation of manuscripts.
  • Circulation of ideas and knowledge, and of artistic processes and techniques.

5/ Norman men and women of the 1020s

The Normans of the 1020s may be approaches through varied sources that allow us to better understand aspects of the society of that time. More than a year after the duchy had been founded, they shared the ways of life, the language and the beliefs of the Franks; all traces of the Scandinavian past of the province were rapidly fading. The conference will revisit these transformations and how they affected the inhabitants of the duchy. Who were Norman men and women in the 1020s? Did they share common identities, affiliations, cultural values, and how did they express them? A crucial factor of cohesion in the duchy and between its inhabitants was the power wielded by the ducal dynasty. How was the dukes’ authority manifested and how did it frame society and its diverse components, both lay and ecclesiastical? To which extend can we perceive the action of social networks based of kinship, friendship, alliances or loyalty in their different forms (including feudal-vassalic)? What agency did women have in these networks? Which aspirations, which contestations can we see emerging or circulating in this society? The conference will allow us to revisit the current image of a dynamic principality, where public order resisted better than elsewhere and where peasant communities benefited for more a favourable status or condition.

Proposed themes:

  • Norman identity.
  • The role played by the Norman dukes and their kin.
  • The social and political fabric of the duchy of Normandy.
  • Men and women in the duchy of Normandy.

6/ Norman men and women in the kingdom of France and in Europe

As mentioned above, Normans are well-attesed both in the kingdom and in the wider world. Some of them returned quickly, others remained in exile for long periods before coming back, others settled permanently abroad. Take Roger de Tosny, who went to fight Saracens in the county of Barcelona, where he married around 1020 the daughter of Countess Ermesenda, but finally came back to Duke Richard II. In 1022, Emperor Henry II drafted 24 Normans to serve the nephews of Meles and fight the Byzantines, investing them with the county of Comino in Chieti province: we do know some of their names, such as Torstin Scitel or Hugh Falloc (this one later a companion of Robert Guiscard). Others settled with Prince Gaimar, while the Duke of Naples gave Rainulf his sister’s hand, fortifying for him the county of Aversa in 1030. On the other side of the Channel, a Norman queen, Emma, the daughter of Richard I, reigned twice, first as Æthelred II’s consort and then as Cnut’s: long before 1066, a Norman princess wore the English crown. Many Norman knights were also looking for military employment or marrying into the greatest families, both in Northern and Southern Europe.

Proposed themes:

  • The Normans in neighbouring principalities.
  • The Normans in Southern Italy and in the Mediterranean.
  • The Normans in England and in the Insular world.

Our conference will give priority to proposals that combine several of the approaches outlined above and help presenting a dynamic vision of the world in which William was born and understanding how the future ‘Conqueror’ made it change.

The conference will host two kinds of contributions: 30-minute presentations followed by discussions; and posters on specific case studies, which will be presented by their authors in a special session. We welcome proposals by early career scholars: the ‘Centre culturel international de Cerisy’ is an ideal venue, fostering discussion and allowing them to receive advice from members of the scientific board or from other scholars attending the conference.

Proposals for papers or posters must be sent before 1 June 2026 to all organisers: Pierre Bauduin (pierre.bauduin@unicaen.fr), Alban Gautier (alban.gautier@unicaen.fr) and Marie-Agnès Lucas-Avenel (marie-agnes.avenel@unicaen.fr). Applicants should submit two separate files: a 1-page abstract, clearly stating how the proposed contribution may fit within one or several topics outilned in the call for papers; and a 1-page CV.

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Appel à contribution – Des sociétés en transition : maillage territorial, funéraire et religieux au cours du premier Moyen Âge

46e Journées internationales de l’Association française d’archéologie mérovingienne, Bordeaux 14-16 octobre 2026

Des sociétés en transition : maillage territorial, funéraire et religieux au cours du premier Moyen Âge

Échéance : 1er février 2026

L’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge sont des temps de transformation et de transition entre deux formes de sociétés. Ces changements sont à la fois politiques, sociaux, religieux et ont incontestablement un impact sur les territoires perçus par l’archéologie. Ces transformations s’effectuent à différents niveaux. Certains se perçoivent sur le temps court (accidents, aléas, ruptures), d’autres sur le temps long du premier Moyen Âge (recomposition des repères spatiaux, des limites de territoires, des formes de regroupements humains). Les 46e journées de l’AFAM, qui se tiendront à Bordeaux du 14 au 17 octobre 2026, proposent donc de discuter les trajectoires et les rythmes des territoires à de multiples échelles : celle du site, d’une micro-région, voire plus largement.

La compréhension de ces changements préoccupe les chercheurs depuis longtemps. Localement, l’université bordelaise a promu, dès l’après-guerre, une école de géographie historique intéressée par l’occupation du sol sur le temps long à l’initiative de Charles Higounet et développé à sa suite par Jean-Bernard Marquette. Le territoire – paroissial notamment – était au centre de la démarche d’enquête avec cependant des outils insuffisants pour comprendre l’évolution de l’espace (présence antique, schéma de démembrement des finages, chronologie des vocables paroissiaux, méthode régressive à partir de la cartographie moderne…). La lecture des terroirs et de la formation du tissu urbain ancien au travers de la morphologie parcellaire a prolongé cette approche dans les années 1990 et 2000, inspirée de celle de Gérard Chouquer, avec les travaux entre autres de Cédric Lavigne et d’Ezechiel Jean-Couret ; la dynamique fut également relancée par une nouvelle forme éditoriale des Atlas historiques des villes de France (éd. Ausonius).  À partir des années 2000, plusieurs facteurs renouvellent sensiblement les approches spatiales (essor des opérations d’archéologie préventive sur de grandes surfaces, des outils numériques, des données paléoenvironnementales, de l’interdisciplinarité). Ces réflexions sur la représentation de l’espace, couplées aux premières utilisations des SIG, vont susciter de nouveaux travaux féconds, menés par exemple par les chercheurs de l’université de Tours. Ces explorations ont abouti à des réalisations pionnières, notamment dans les régions méridionales, à une échelle micro-régionale, et ont permis de saisir l’évolution sur la longue durée des dynamiques de peuplement (C. Raynaud, L. Schneider). Actuellement, les travaux des géographes et des sociologues proposent de nouvelles avancées en explorant les notions de paysage, d’espaces vécus, de voisinage et prennent en compte la sensorialité.

Pour ces 46e journées, la chronologie envisagée s’étend du IVe au XIe siècle. Elle correspond, selon les régions, à une, voire plusieurs phases de transitions entre deux modèles marquants de sociétés, celle de l’Antiquité finissante fortement marquée par la villa, à laquelle s’attache toujours au cours de la période alto-médiévale la question d’héritage foncier et de patrimoine, et celle du Moyen Âge, restructurée notamment par de nouveaux repères monumentaux que sont l’église et le château. Ces territoires sont donc mouvants, parfois multifonctionnels, et connaissent des changements importants. Il s’agit alors de caractériser leur structuration, aussi bien en campagne qu’en ville, et les changements qui y ont lieu, peut-être en lien avec leur nature et leur fonction. Ces analyses permettront d’aborder les notions de dynamiques et de transitions : l’identification des rythmes de changement au cours de cette période (ruptures ou, à l’inverse, transformations lentes) est l’objectif principal de ces journées. Le territoire pourra ainsi être discuté à partir de la construction des paysages, de la transformation des réseaux, de l’arrivée du christianisme et de son impact, notamment sur la gestion des morts, de la mise en place d’un maillage d’églises en lien avec la restructuration du territoire, de l’émergence de localités intermédiaires (mobilité, spécialisation de l’espace), ou encore plus largement à travers la plasticité de l’espace et de la transformation des limites territoriales. Ces différentes thématiques pourront être abordées à diverses échelles, mais les interventions devront s’organiser autour de la perception et de l’étude de ces transitions socio-spatiales pouvant mettre en évidence la place du haut Moyen Âge dans l’évolution des territoires sur le temps long.

Aussi, comme il est d’usage, une session sera consacrée à l’actualité de la recherche en Nouvelle-Aquitaine. Les découvertes récentes, qu’elles soient issues de l’archéologie préventive ou programmée, ainsi que les travaux universitaires et autres projets de recherches (PCR, PAS,…) pourront être proposés ici.

Les propositions de communications (orale ou affichée) devront être adressées au comité d’organisation avant le 1er février 2026, par courrier électronique à l’adresse suivante : afam.bordeaux.2026@gmail.com. Elles devront être accompagnées d’un résumé d’une longueur maximale de 300 mots.

Le comité scientifique chargé d’évaluer les propositions se réunira en février 2026 pour sélectionner les contributions et établir le programme.

Retrouvez les informations complètes ainsi qu’une orientation bibliographique.

Source : Association française d’archéologie mérovingienne

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Offre d’emploi – Doctoral Researcher Position in “History of Knowledge of the Medieval World”

The Cluster of Excellence ROOTS (Social, Environmental, and Cultural Connectivity in Past Societies) at Kiel University in Germany explores the deep history of tightly intertwined social and environmental processes, in order to explain their long-term developments and to understand how they resonate into the present (https://www.uni-kiel.de/en/cluster-roots). ROOTS combines expertise from a wide array of disciplines ranging from archaeology to other natural sciences, life sciences, and humanities, creating a unique bridge between different scientific cultures.

The ROOTS experts are organized into six subclusters (Hazards, Dietary, Knowledge, Urban, Inequalities, Conflict), three supportive research platforms (Technical Platform, Data Management and Data Science Platform, Outreach and Dissemination Platform), as well as diverse central units (ROOTS Academy, Reflective Turn Forum, Methods Nucleus) to collectively pursue a research agenda targeting key parameters of socio-environmental connectivity related to (1) human subsistence and biodiversity; (2) inequality and conflict; (3) technology and environmental impact; (4) boundaries and well-being.

ROOTS will be housed in the ARCWorlds research building, which is currently being established at Kiel University, in a few years’ time. It will offer high-end infrastructure to realize innovative interdisciplinary research.

For its 2nd phase, ROOTS is offering a Doctoral Researcher Position in “History of Knowledge of the Medieval World” (Subproject B7) starting 1st July 2026.

Profile: History, Economics, Philology

The PhD candidate will develop a project to analyse knowledge transfer in medieval accounts. The underlying concept is the dynamic nature of knowledge. The project will pursue the spread and implementation beyond linear transmissions and uncover fragile repositories and processes of complex retrievals. The candidate is open to contribute to the four overarching questions (1)–(4). The aim of the project is an independent contribution to the field of knowledge studies within the Roots cluster.

Required qualification: Eligible candidates must hold an outstanding MA in History and have experience in conducting archive studies with manuscripts.

This position (subproject B7) is part of a joint call for 9 doctoral and 5 postdoctoral positions within the Cluster of Excellence ROOTS.

The application deadline for all positions is December 15, 2025.

For further information and the full Job Advertisement please click the ‘Apply’ button

To learn more about working & living in Germany, please visit: www.jobs.ac.uk/germany

Source : Jobs.ac.uk

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Atelier – The Three Kings and Their Stallions – a nativity illumination workshop

The Nativity was one of the key markers on the medieval Christian calendar, with illuminations marking separate episodes of it. Equids played important roles at the Nativity, and in the previous years we explored and copied the images of the donkey and the ox present at the Nativity and of the Virgin riding the donkey sideways. This year, we will turn to the three kings, who joined the Holy Family riding atop elite horses, if we are to believe medieval illuminators. In this workshop, we will learn how the Magi became the Three Kings, explore a selection of visual images and copy one of them to create a Christmas card. The speakers are Dr Anastasija Ropa and Dr Jurg Gassmann.

Please register in advance by sending an expression of interest to anastasija.ropa@trivent-publishing.eu, if you want to join the practical part, so I could send the sample miniatures and a list of materials in advance. Otherwise feel free to drop in for the lecture and a chat.

The event is sponsored by Cheiron: The International Journal of Equine and Equestrian History. It will be recorded and shared on the Cheiron journal YouTube channel. The event is free of charge.

Join us on: https://rsu.zoom.us/j/93704389128?pwd=bzsKZaVgI947ADECr3j8UGXzgamrFG.1

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Appel à contribution – Amitiés médiévales

 “E pregue mos amics, sels que•m volen ondrar
que•s pesson de garnir e de lor cors armar

(Je vous prie donc, amis, de m’estimer assez
pour épouser ma cause et vous vêtir de fer)

Chanson de la croisade albigeoise, l32, v. 5-6.  

Ces quelques vers, empruntés à la célèbre chanson de geste occitane, exaltent l’amitié chevaleresque, forme emblématique de l’amitié telle que la mémoire collective l’associe généralement au Moyen Âge. Toutefois, comme le souligne Damien Boquet, lorsqu’il s’agit de « faire l’amitié », les médiévaux redoublent d’imagination. Loin d’être cantonnée aux seules relations interpersonnelles non-amoureuses, l’amitié apparaît comme un modèle relationnel idéal permettant de penser non seulement le lien personnel, mais aussi les liens politique, religieux ou encore amoureux. Cette idéalisation explique la place centrale que l’amitié occupe dans la société médiévale. Les rites et pratiques qui lui sont associés rythment aussi bien la vie politique et diplomatique, notamment en contexte féodal, que les vies personnelles des hommes et des femmes. Poser la question de l’amitié revient donc toujours à articuler théories et pratiques. À cela s’ajoute l’abondance des représentations : l’iconographie et la littérature, d’abord en latin puis en langues vernaculaires, relaient cet engouement social et intellectuel, et inventent des grammaires, visuelles et textuelles, pour représenter et/ou fantasmer l’amitié.  

Cette centralité médiévale explique également la place prépondérante que le thème occupe dans la recherche contemporaine. Depuis les travaux pionniers de John Boswell, Alan Bray et Stephen Jaeger dans les années 1980, l’amitié est devenue un véritable topos scientifique. Le tournant affectif des années 1990, puis l’essor de l’histoire des émotions dans les années 2000 (D. Boquet, B. Rosenwein, D. Sère, R. Le Jan), ont renouvelé les méthodes et les objets de l’étude de l’amitié en déplaçant l’attention des rites et des théories vers les affects. Depuis les années 2010, la publication de véritables sommes (comme celles de A. Classen ou de K. Lochrie)  confirme l’intérêt toujours vif pour ce sujet au sein des études médiévales, qu’il s’agisse d’histoire, de littérature, de philosophie ou encore d’archéologie.

Axe 1 : « Penser l’amitié » (Sère, 2007)  

Un premier axe pourra se concentrer sur l’effervescence des réflexions théoriques sur l’amitié qui parcourent l’ensemble du Moyen Âge.

(1) Héritage antique.

Nourrie par la philosophie antique, l’amitié constitue un thème majeur de la pensée grecque, hellenistique et latine : d’Aristote aux stoïciens en passant par Cicéron ou les épicuriens, elle est conçue comme un modèle d’accomplissement de la relation humaine, engageant à la fois l’affect, le politique, la morale et le rapport au commun. Les médiévaux reçoivent, traduisent et recomposent ce vaste ensemble doctrinal, notamment après la redécouverte d’Aristote au XIIIᵉ siècle et le tournant scolastique.

Les contributions pourront ainsi s’interroger :

  • Comment les auteurs médiévaux dialoguent-ils avec les théories antiques ?
  • Quelles transformations conceptuelles l’amitié subit-elle au cours de sa transmission ?
  • Peut-on proposer une chronologie ou une cartographie intellectuelle de l’amitié médiévale depuis ses racines antiques ?

(2) Conceptions médiévales de l’amitié.

Si l’amitié médiévale hérite incontestablement des pensées antiques, elle ne saurait pour autant s’y réduire : nourrie par la pensée chrétienne, structurée par les cadres féodaux, enrichie par la culture courtoise et façonnée par la spiritualité monastique, elle élabore ses propres formes, ses valeurs originales et ses limites spécifiques. Les réflexions théoriques se développent ainsi dans deux directions majeures, tantôt du côté de la théologie (où l’on interroge les liens entre amitié, charité et amour divin), tantôt du côté de la pensée politique, qui associe amitié et bon gouvernement, comme chez Alphonse X. À partir du XIIIᵉ siècle, ces perspectives demeurent mais s’ouvrent à de nouveaux courants : l’un scolastique, l’autre résolument pragmatique. En Italie notamment, prolifèrent de véritables manuels de conduite amicale réinvestissant de nombreux topoi aristotéliciens, tels que le De Amore d’Albertano de Brescia ou le De Amicitia de Boncompagno da Signa. Les œuvres théoriques ne constituent toutefois qu’un pan de la réflexion médiévale sur l’amitié : les correspondances, comme celle de Pierre le Vénérable et de Bernard de Clairvaux, participent pleinement à la construction et à l’idéalisation de ce lien. Ce développement n’accorde cependant pas à l’amitié les mêmes valeurs. La montée du soupçon et de la répression de la sodomie par exemple jette sur la relation amicale une ombre viciée et inquiétante qu’il s’agit de surveiller.

Les communications pourront notamment explorer :

  • Le statut théologique de l’amitié : métaphore communautaire, idéal moral, ou pratique spirituelle ?
  • La diversité générique des discours sur l’amitié (traités, correspondances,
  • commentaires, exempla, miroirs des princes).
  • Les valeurs attachées à cette relation.
  • La portée de son idéalisation et ses limites, voire ses critiques. 

Axe 2. “Faire l’amitié” (Boquet, 2007) : pratiques et fonctions sociopolitiques.

Un deuxième axe de notre étude examinera les pratiques amicales qui avaient cours au Moyen Âge et les fonctions sociales et politiques qu’elles jouaient. La question centrale est ici de savoir comment, au Moyen Âge, on devenait et restait l’ami de quelqu’un, ce que signifiait cette amitié et ce qu’elle impliquait concrètement.

(1) Rites amicaux.

On étudiera  la façon dont les médiévaux signifiaient leur amitié à leurs amis ainsi qu’au reste de la communauté sociale, en commentant tout un ensemble de rites : 

  • dons et échanges de biens plus ou moins symboliques: qu’offre-t-on à l’ami ? A quelles occasions (mariage, anniversaire, …) ? Une approche archéologique serait ici bienvenue pour décrire et analyser ces objets (écrins, tissus, cadeaux diplomatiques …), leurs conditions de fabrication, de circulation et leur sens.
  • gestes et attitudes physiques codifiées (baiser de paix…), performatifs en cela qu’ils signifiaient et réalisaient en même temps l’amitié. Quels étaient ces gestes ? Dans quels contextes étaient-ils accomplis (privés, publics…) ? A partir de ces gestes, on s’interrogera sur la dimension physique, corporelle de l’amitié. Peut-on (faut-il ?) toucher l’ami, le caresser, l’embrasser pour « faire l’amitié » ? Dans quels contextes ? Quels sens ces gestes revêtent-ils ? Quelle distance (physique et émotionnelle) les médiévaux admettaient-ils entre amis ?
  • Certains rites d’amitié sont langagiers : performer l’amitié, c’est aussi la dire. On pense au serment d’amitié, prononcé pendant la cérémonie de l’hommage vassalique. En quels termes était-il formulé ? Avec quelles garanties ? Quel était le sens de cet engagement, et jusqu’où allait-il ? Les mêmes questions se posent en ce qui concerne la coutume et le topos littéraire des fraternités jurées, qui emploient le lexique familial pour dire l’attachement et la fidélité à l’autre, et dont il faudra examiner ce qu’elles impliquent.

Au-delà des alliances politiques entre aristocrates et élites ecclésiastiques, des cérémonies officielles et des formules protocolaires, nous voudrions également insister sur la façon dont on fait l’amitié au quotidien, entre nobles, donc, mais pas uniquement. En s’inspirant de la microhistoire, et en croisant diverses sources (correspondances, traités d’ars dictaminis, iconographie) et approches méthodologiques (histoire des jeux, histoire des lieux de sociabilité comme la taverne, les représentations théâtrales…), nous aimerions étudier des pratiques amicales ordinaires : où et à quels moments (du jour, de l’année) se retrouvait-on entre amis ? pour faire quoi ? Quelles étaient les “petites attentions” qui tissaient les liens d’affection et d’entraide au quotidien ? Comment plaisantait-on, entre amis ?

(2)  Fonctions sociales et politiques de l’amitié.

L’amitié, ainsi performée et renforcée par ces rites, est fondamentale dans l’organisation et la structuration politique des sociétés médiévales. On s’interrogera sur son rôle au sein de quelques structures sociales fondamentales  :

  • la relation féodale, que l’amitié entre vassal et suzerain (performée par le baiser de paix, les serments lors de l’hommage puis par une série d’échanges et de dons) complexifie et fait sortir d’un cadre strictement juridique. Quel rôle, quelle importance, de l’amitié au sein de cette relation ? Est-ce qu’elle y introduit une dimension plus égalitaire, horizontale ?
  • les relations d’alliances entre nobles : dans quelle mesure l’amitié telle que la pratiquent les nobles aux Moyen Âge était-elle un outil politique (en vue d’intégrer des cercles de pouvoir, des réseaux d’influence, etc.) ?
  • la communauté des croyants (quelle amitié entre chrétiens, par exemple ?), et a fortiori les communautés monastiques : quels sont les liens qui peuvent se nouer entre moines ou nonnes vivant au même rythme et suivant la même règle ? Cette question est d’autant plus complexe que ces relations pouvaient faire naître le soupçon, et faire l’objet d’une surveillance particulière de la hiérarchie monacale. Dans ce dernier contexte, la question de l’homosociabilité et de l’homoaffectivité se pose tout particulièrement : comment les médiévaux pensent-ils et pratiquent-ils ces amitiés entre hommes ou entre femmes ? On pense, par exemple, aux béguines. Et inversement, tout en restant dans le cadre de ces communautés religieuses, nous voudrions traiter des relations de confiance qui ont pu se nouer entre confesseurs et nonnes : ces relations sont-elles des amitiés mixtes ?
  • la communauté urbaine ou villageoise : dans quelle mesure les amitiés et les inimitiés structuraient-elles ces communautés ? Comment cela se manifestait-il ?

Ces études de cas font apparaître l’ambiguïté des amitiés médiévales, tantôt relation exclusive entre deux individus, tantôt lien communautaire ; à la fois relation affective et lien d’alliance pragmatique.

Axe 3 : Représenter l’amitié

L’amitié médiévale nous est donnée à voir par divers intermédiaires : les textes littéraires, les textes historiques ou encore l’iconographie, qui proposent chacun des approches singulières à travers différents genres et différentes représentations de l’amitié.

Comment l’amitié est-elle représentée ? Selon quelles modalités  ? Comment parle-t-on de l’ami (quels mots utilise-t-on pour désigner une amitié, pour désigner un ami ?) et comment parle-t-on à l’ami : quels sont les termes d’adresse privilégiés ? les registres employés ? Par quels moyens le discours à l’ami parvient-il à signifier l’amitié ? Au sein d’un texte, faut-il distinguer ce que dit l’instance narrative des discours tenus par les personnages ? Peut-on observer une évolution entre les représentations, au sein d’une même discipline ? au sein d’un de plusieurs genres ?

Plusieurs approches peuvent permettre d’apporter des réponses à ces questions, qu’il s’agisse d’approches lexicale, stylistique, rhétorique ou encore narrative.

Les communications pourront ainsi porter sur :

  • le ou les sens de l’amitié : que désigne le terme « amitié » ? Quelles en sont les caractéristiques ? Qui parle de l’amitié ?
    • dans ce cadre on pourra s’interroger sur l’évolution sémantique des mots de l’amitié, en étudiant la richesse des substantifs ainsi que la composition des phrases, par exemple à travers l’usage de périphrases, de réseaux d’adjectifs ou encore de déterminants possessifs dans le cas des textes latins.
    • on pourra également se pencher sur les relations entre le champ lexical de l’amitié et des champs lexicaux proches, comme celui de l’amour, les termes amicaux étant incorporés dans le lexique amoureux, ou encore celui de la famille, les proches amis s’appellant « sœur  », « frère » ou « cousin », au XIIᵉ siècle (Legros, 1980).
  • la question du discours : on pourra se pencher sur l’évolution rhétorique du discours de l’amitié. À quel point est-il codifié ? Quels topoï développe-t-il ? Quelle est sa visée ?
  • la question de la place faite à l’amitié dans les œuvres et dans les textes : dans quel contexte l’amitié apparaît-elle ? Quelle est la place qui lui est faite dans les textes ou dans l’iconographie ? Est-elle centrale ou marginale ? Peut-on observer une évolution faite à cette place, au cours du temps, mais aussi entre les genres ? Ainsi, l’idée selon laquelle la chanson de geste serait le genre par excellence de l’amitié masculine, à l’opposé de genres courtois comme le roman de chevalerie qui seraient les genres de l’amour mixte (Tin, 2008) est-elle encore recevable ?
  • A travers quelspersonnages est-elle mise en scène ? on pourra se pencher sur des couples d’amis emblématiques, tels que Lancelot et Galehaut, Roland et Olivier, ou encore Ami et Amile :
    • quel est leur rôle dans l’économie de l’œuvre ?
      • comment le couple amical fonctionne-t-il ? Trouve-t-on toujours le binôme entre le héros et son compagnon ou d’autres configurations sont-elles possibles ? Si on trouve principalement des couples d’amis masculins, on pourra se pencher sur la question des amitiés féminines ou des amitiés mixtes, comme par exemple celle entre Lunette et Yvain dans Le chevalier au lion. Il sera aussi intéressant de s’interroger sur le positionnement de la relation amicale par rapport aux autres relations décrites dans un texte : l’ami est souvent le médiateur de la relation amoureuse. C’est le cas de Lunette pour Yvain, mais aussi de Galehaut pour Lancelot. Cette relation se fait-elle sans heurt ou peut-on observer des tensions entre le couple amical et le couple amoureux ?
      • les amis ont-ils toujours un rôle positif ? Quelle est leur place dans l’histoire ? Si on rencontre de nombreuses figures positives, comme celles que nous avons citées ci-dessus, il peut arriver que certaines amitiés soient malfaisantes, comme c’est le cas par exemple dans le lai de Frêne entre la mère des jumelles et sa suivante.
    • Quelle vision de l’amitié est-elle proposée à travers ces figures ? Quelles valeurs sont-elles suggérées au lecteur ? La conception de l’amitié évolue-t-elle avec le temps ? On trouve par exemple plusieurs visions de l’amitié épique : celle de l’amitié guerrière, représentée par le couple Roland/Olivier, mais on peut aussi se pencher sur les modèles alternatifs. Ainsi, dans La chanson de la croisade albigeoise, la dichotomie entre païens et chrétiens est ambiguë : chaque camp dispose d’un réseau d’amis fidèles, qui répondent aux critères d’une amitié sincère. 
  • La question de la réception : les représentations de l’amitié ne sont pas figées dans le temps, pas plus que la manière dont elles sont reçues. Plusieurs aspects pourront être considérés :
    • la lecture des textes ou des images : comment les couples d’amis sont-ils considérés au cours du temps, pendant la période médiévale mais aussi au-delà ? Leur interprétation (amitié ? fraternité ? homoaffectivité ? homosexualité ?) évolue en effet avec le regard que chaque époque porte sur l’amitié elle-même (Boquet, 2007).
    • les reprises et les réécritures : les héros médiévaux connaissent une longue postérité à travers les réécritures, entreprises aussi bien par les médiévaux eux-même que les créateurs du XXᵉ siècle. Que nous disent les reprises de personnages et de leurs relations dans les suites, les réécritures, jusque dans les nouveaux genres contemporains (films, séries, jeux vidéos ou encore mangas et BD), de leur temps, mais aussi du nôtre ?

Axe 4 : Limites de l’amitié

(1) Délimiter l’amitié.

L’ambiguïté et l’instabilité de l’amitié soulèvent l’enjeu de sa délimitation et de son articulation par rapport à d’autres formes d’affect :

  • quel rapport et quelles distinctions entre amitié et amour ? L’équivoque, à ce sujet, est bien attestée (le cas d’Héloïse et d’Abélard, par exemple, illustrant la perméabilité de ces deux affects), et d’autant plus grande que les notions et catégories médiévales ne correspondent pas aux nôtres, comme l’a montré l’étude de l’homoaffectivité (Boquet, 2013) et de l’homoérotisme (Zeikowitz, 2003) au Moyen Âge. Au demeurant, cette ambiguïté n’empêche pas certains textes d’opposer frontalement amitié et amour, en les concevant comme incompatibles (par exemple, les romans de Chrétien de Troyes).
  • comment s’articulent, au Moyen Âge, la notion d’amitié et celle d’alliance d’intérêt, qui se recoupent partiellement ? La dimension affective est-elle un critère suffisant pour les départager (au sens où l’amitié impliquerait nécessairement l’affection) ? Ou bien peut-on concevoir une forme d’amitié vraie sans affection ? Ces questions nous obligent à décentrer notre regard moderne, puisqu’à nos yeux l’amitié n’est véritable que si elle part d’un sentiment sincère. Elles se posent tout particulièrement dans certaines configurations sociales, comme les relations intra-familiales : peut-on (ne pas) se dire l’ami d’un membre de sa famille, au Moyen Âge ?
  • quel rapport entre amitié et rivalité ? En effet, non seulement ces deux notions ne sont pas a priori incompatibles, mais, dans une approche girardienne fondée sur la notion de « désir mimétique », elles pourraient même être nécessaires l’une à l’autre : pas d’amitié sans une forme d’admiration qui confine à l’envie, pas de rivalité sans une forme de désir du (ou : d’être le) rival (Girard, 1990). Nous nous efforcerons également de penser l’amitié en lien avec la haine, ce couple notionnel étant propice à toutes les ambivalences, à tous les retournements (les amis qui se font la guerre, les amis qui cessent de l’être…) (R. Le Jan, 2024).

(2) L’amitié entravée. 

Étudier l’amitié requiert également de s’intéresser aux entraves qu’elle connaît, aux situations qui la mettent en échec, mais aussi aux façons dont elle parvient, parfois, à surmonter ces obstacles. Parmi ces obstacles à l’amitié, on se propose d’étudier : 

  • le délaissement : la fidélité en amitié apparaît alors comme un effort pour renouveler dans le temps l’engagement affectif auprès de l’autre.
  • des tensions ponctuelles qui peuvent culminer jusqu’à la trahison de l’ami, et à la rupture amicale (cf. Iseut et Brangien dans le Tristan de Thomas).
  • le cas-limite, tragique, de la mort de l’ami, et le thème qui l’accompagne du deuil amical et de la réunion des amis au tombeau, comme une ultime tentative de réduire entre eux la fracture que la mort a faite. On pense à Lancelot et Galehaut, mais aussi au cas de Guillaume de Neuville et Jean de Clanvowe, morts à quelques jours l’un de l’autre, et ensevelis ensemble (Bray, 2001).

(3) L’amitié par-delà les limites (de genres, de classes sociales…).

L’amitié peut être envisagée comme une ouverture du sujet à une altérité plus ou moins radicale, transcendant les limites des catégories sociales où s’inscrivent les individus. On pourra ainsi étudier la possibilité :

  • d’amitiés transclasses : quelles formes d’amitié entre laïcs et clercs (Mazel, 2005) ? entre nobles et vilains ? entre suzerain et vassal ?
  • d’amitiés mixtes : y a-t-il des amitiés entre hommes et femmes qui ne soient pas un euphémisme pour désigner l’amour courtois ?
  • d’amitiés transnationales et transculturelles, entre deux personnes (ou personnages) issues de cultures radicalement différentes, voire hostiles l’une envers l’autre. 
  • d’amitiés interspécifiques, entre un être humain et un animal d’une autre espèce (Deutch Schotland, 2011). On pense par exemple aux récits de vies de saints : comment comprendre la relation entre Jérôme et son lion, ou bien encore entre François d’Assise et les oiseaux auxquels, selon la légende, le saint prêchait ? Qu’impliquent ces amitiés quant à la place de l’humanité au sein de la Création divine telle que les médiévaux la concevaient ?
  • amitiés marginales : quoique l’amitié soit au Moyen Âge un signe de distinction sociale, seuls les membres d’une élite sociale et culturelle étant réputés pouvoir comprendre et ressentir un sentiment aussi fin, on pourra s’intéresser aux limites de cet élitisme : l’amitié médiévale est-elle réservée à une élite ? N’y a-t-il pas d’amitié possible entre marginaux (vilains, criminels et traîtres) ou minorités (religieuses, de genre) : quelle solidarité y a-t-il (s’il y en a une) entre ces figures, et quelles formes d’entraide ?

Conditions de soumission

Cet appel à communication est ouvert aux étudiant.e.s de master, doctorant.e.s, jeunes chercheur.se.s en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, d’une longueur de 300 à 500 mots, doivent être envoyées à questes.amities@gmail.com avant le 26 décembre 2025. Elles devront être accompagnées d’une proposition de titre, d’une courte bibliographie, et d’une brève description des intérêts de recherche (sujet de thèse ou de mémoire, etc.).

Elles pourront donner lieu à une communication orale de 25 minutes, durant l’une des quatre séances de notre séminaire, le 30 janvier, le 13 février, le 20 mars et le 14 avril 2026, puis à une publication dans le bulletin de l’association Questes, sous format papier et numérique sur le site internet du bulletin.

Les candidates et candidats devront solliciter leur laboratoire ou leur école doctorale pour la prise en charge des frais de déplacement ; en cas de difficulté pour le transport ou l’hébergement, les personnes concernées peuvent néanmoins écrire aux organisateurs et organisatrices.


Le comité d’organisation : Geoffrey Derain, Alice Faure, Adélaïde Pilloux

Source : Fabula

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Publication – Bastiaan Waagmeester, « Pastoral Works. Priests, Books, and Compilatory Practices in the Carolingian Period »

Much of the Christian empire established by the Carolingians in the eighth century was not only built through royal initiative, but also through the work of local priests. Living among the laity, these clerics provided pastoral care and religious instruction. Yet despite their vital contribution to the development of Christianity in Western Europe, these clergymen and the communities they served remain understudied.

This book investigates the manuscripts they used, offering a glimpse into everyday life around the local church. Far from being poor and illiterate, priests had access to texts specifically adapted to their needs. By examining how these materials were compiled, this study reveals what mattered most in the early medieval countryside. Drawing on excerpts from collections of liturgy, canon law, and patristic expositions — often preserved in the great monastic and court libraries — it uncovers the diversity of local religious practice. These texts reflect how the efforts instigated by Carolingians to foster ‘good Christianity’ were interpreted and implemented outside the centres of power. In exploring these seemingly modest manuscripts, this study opens new pathways into the world of the Carolingian local church and the people who inhabited it.

1. Introduction
1.1 A New Model for the Local Priest
1.2 The Appearance of Books for Priests
1.3 Fragmented Perspectives
1.4 Instruments: Family Resemblance and Social Logic
1.5 On this Book

2. The Manuscript Corpus

3. Priests’ Books and Compilatory Practices
3.1 Introduction: Shared Ideas
3.2 Historical Context
3.3 Material Analysis
3.4 Content and Structure
3.5 Writing and Annotations
3.6 Tracing Compilatory Practices
3.7 Networks of Overlapping Similarities
3.8 Conclusion

4. Baptism and the Liturgy for the Local Church
4.1 Introduction: Priests as Liturgical Experts
4.2 Baptism during the Carolingian Period
4.3 Baptismal Ordines in MS Sélestat, Bibliothèque Humaniste, Ms. 132 (SE)
4.4 Conclusion

5. Canones, Knowledge and Compilations
5.1 Introduction: Knowledge of the Canones
5.2 Searching for Canones in Priests’ Books
5.3 Excerpting the Collectio Dionysio-Hadriana
5.4 Conclusion

6. The Lord’s Prayer and Religious Instruction
6.1 Introduction: Teaching and Being Taught How to Pray
6.2 The Lord’s Prayer during the Ninth Century
6.3 On the Corpus of Sources
6.4 Explaining What to Ask from God
6.5 Conclusion

7. Conclusions

8. Appendices
8.1 Details of All Closely Examined Codices
8.2 Description of MS Sélestat, Bibliothèque Humaniste, Ms. (SE)
8.3 Description of MS Vatican, Bibliotheca Apostolica Vaticana, 485 (VA)
8.4 Comparison of MS Sélestat, Bibliothèque Humaniste, Ms. 132 and MS Vatican, Bibliotheca Apostolica Vaticana, Pal. Lat. 485 (SE and VA)
8.5 Description of MS Einsiedeln, Stiftsbibliothek, Codex 27 (1195) (ES)
8.6 Comparison of Hrabanus Maurus’ Exposition of Baptism and the Third Ordo in MS Sélestat, Bibliothèque Humaniste, Ms. 132 (SE)
8.7 Comparison of « De Ratione Matrimonii » in MS Vienna, Österreichische Nationalbibliothek Cod. 1370 (WI) and the Collectio Hibernensis
8.8 Description of MS Paris, Bibliothèque nationale de France, Latin 1008 (P1)
8.9 Overview of the Collection of Canones in MS Paris, Bibliothèque nationale de France, Latin 1008 (P1)
8.10 Descriptions of Manuscripts with Expositions of the Lord’s Prayer

Bibliography
Manuscripts
Printed Primary Sources
Online Sources and Literature
Secondary Literature

Index

Bastiaan Waagmeester, Pastoral Works. Priests, Books, and Compilatory Practices in the Carolingian Period, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., XXII–328 p. (Utrecht Studies in Medieval Literacy, 64). ISBN : 978-2-503-59804-8/ Prix : € 95,00.

Source : Brepols

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Conférence – Johanne Jebe, « Le monachisme et la « correctio » carolingienne. L’apport des manuscrits de Saint-Gall et de Fulda »

Séminaire de recherche organisé par l’IHA (K. Wallenwein) en coopération avec l’EPHE (L. Morelle).

Johanna Jebe (univ. Tübingen), Le monachisme et la « correctio » carolingienne. L’apport des manuscrits de Saint-Gall et de Fulda

Présidence : Michèle Gaillard (univ. Lille)

Inscription
Le séminaire se déroulera sous un format hybride. Pour participer à l’événement, en ligne ou sur place, veuillez vous inscrire auprès de Kirsten Wallenwein au plus tard la veille du séminaire.
Pour une participation en ligne, merci de vous inscrire ici : Zoom

L’IHA et l’École pratique des hautes études organisent en commun un séminaire d’histoire médiévale où des doctorantes et doctorants en thèse bien avancée, mais aussi de jeunes postdocs viennent présenter leurs recherches en voie d’achèvement ou un dossier de leur thèse. La prestation, toujours en langue française, dure environ 50 minutes. Le séminaire a lieu tous les deux mois, un mercredi matin de 10h à 12h.

17 décembre 2025
10h00-12h00

Institut historique allemand (Paris)

Source : Institut historique allemand

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