XLIIe Journées de l’Association française d’archéologie mérovingienne 28 septembre- 1er octobre 2022
En 2014, les 35e Journées internationales d’archéologie mérovingienne qui se sont tenues à Douai avaient pour principal enjeu de comprendre l’organisation des communautés à travers les interactions entre les différents types d’aires funéraires et les secteurs d’habitat. Depuis, trois Projets Collectifs de Recherche ont été engagés en Île-de-France, en Champagne-Ardenne et en Alsace, avec pour principal objectif celui de fournir un bilan régional des connaissances acquises ces dernières années par l’étude des nécropoles alto-médiévales. Par le biais d’approches synthétiques, ils ont permis d’aborder diverses thématiques touchant autant à la sépulture qu’à la nécropole ou au mobilier funéraire, tout en abordant également des points plus méthodologiques. Ces programmes de recherche régionaux pluridisciplinaires incitent aujourd’hui à proposer, huit ans après le colloque de Douai, un nouveau bilan, orienté cette fois exclusivement sur les ensembles funéraires, à travers des approches globales et régionales mais aussi par le prisme des avancées méthodologiques. Deux principales thématiques viendront scander les journées de l’Association française d’archéologie mérovingienne.
La première session sera dédiée à la présentation des projets de recherche régionaux ainsi qu’aux autres travaux de synthèse, récents ou en cours.
Ces interventions auront pour objectifs de rendre compte de la diversité des approches dans l’étude des ensembles funéraires alto-médiévaux mais également d’exposer les acquis, les limites et tirer le bilan de ces projets. Les communications s’appuieront sur des exemples concrets et fourniront une présentation rapide des résultats obtenus dans le but, notamment, de dégager les éventuelles spécificités régionales.
La seconde session sera consacrée aux nouvelles méthodes utilisées pour l’étude des ensembles funéraires alto-médiévaux.
Pourront ainsi être présentées les travaux touchant à la restitution des architectures funéraires, à la caractérisation biologique des populations et à la notion de genre, à la fonction du mobilier dans les sépultures et ceux issus de données expérimentales. Durant les dernières décennies, ces nouvelles approches se sont en effet multipliées et généralisées et il apparaît aujourd’hui important d’en faire un premier état.
Une dernière session sera dédiée aux présentations portant sur les dernières actualités du haut Moyen Âge en Île-de-France, dix ans après les 32e journées de Saint-Germain-en-Laye consacrées alors sur le règne de Clovis.
Comité d’organisation
Cyrille Le Forestier, Inrap , UMR 6273
Hélène Barrand-Emam, Antea Archéologie, UMR 7044
Fanny Chenal, Inrap, UMR7044
Ivan Lafarge, CD93 , UMR 8066
Stéphanie Desbrosse-Degobertière, Inrap , UMR 6273
Fanny Hamonic, Musée d’ Archéologie nationale, UMR 7041
Information
Les propositions de communication orale ou de poster sont à transmettre avant le 1er février 2022 à l’adresse suivante : colloqueAFAM2022@gmail.com.
3 December 2021 – 18 April 2022 ST Lee Gallery, Weston Library Free admission
North Sea Crossings tells the story of Anglo-Dutch exchanges through beautiful medieval manuscripts, early prints, maps, animal stories and other treasures from the Bodleian’s collections.
For centuries the North Sea has been a highway connecting Britain with its Dutch neighbours, a mere 33 kilometres away at its closest point.
Focusing on the period from the Norman Conquest in 1066 to the Glorious Revolution of 1688, this exhibition will explore how exchanges between England and the Netherlands have shaped literature, book production and institutions such as the Bodleian itself, on either side of the North Sea. It also tells the story of a very crafty Dutch visitor, Reynard the Fox.
In the aftermath of Britain’s exit from the European Union, this exhibition on the long history of Anglo-Dutch relations has much to tell us about the benefits of international collaboration today.
Curators
Sjoerd Levelt, Senior Research Associate, University of Bristol
Ad Putter, Professor of Medieval English, University of Bristol
Anne-Louise Avery, writer and director of the children’s educational outreach organisation Flash of Splendour
Acknowledgements
North Sea Crossings is made possible with The National Lottery Heritage Fund
A collaborative project with the University of Bristol.
Hôtel Berthelot – Bât E13 – CESCM – 24 rue de la Chaine Poitiers, France (86000) 20-21 janvier 2022
Qu’il s’agisse de la matérialité de l’œuvre, de sa paternité, des commanditaires ou des destinataires qui en éclairent l’existence, des faits de langue qui la connotent, la localisent, la datent, l’inscrivent dans un continuum linguistique, des enjeux intellectuels, politiques ou religieux qui la subsument ou de la création poétique ou fictionnelle qui en font une réalité littéraire à la fois subsidiaire et autonome par rapport à l’horizon temporel dans laquelle elle s’écrit, la recherche est confrontée à l’éternel calibrage de la bonne distance critique. Si ce que l’on doit comprendre est déjà en partie compris dans le texte, il est alors indispensable pour l’herméneute de savoir reconnaître ce que l’intention des auteurs a voulu faire apparaître dans l’œuvre pour qu’elle soit ainsi comprise, de savoir identifier ce que s’y est glissé et qui constitue la partie résiduelle du cercle herméneutique que seuls le temps et la recherche peuvent révéler.
Or ces deux réels peuvent paraître antagonistes. Le premier, que Roland Barthes a baptisé « effet de réel », paraît signaler des processus esthétiques qui jouent sur les ressorts de l’illusion référentielle et de la suspension d’incrédulité. Le second, que Nancy Regalado a appelé avec une formule heureuse « effet du réel », semble désigner les traces plus ou moins conscientes des relations biunivoques que le texte entretient avec la réalité extratextuelle. Ainsi posés l’un en face de l’autre, ces deux réels semblent recouvrir la presque totalité des lettres médiévales. Rares sont en effet les œuvres où l’auteur n’a pas essayé d’entraîner le lecteur vers un monde en trompe l’œil ; encore plus rares sont les textes qui ne révèlent pas des signes, du moins à nos yeux, de la réalité historique, linguistique ou intellectuelle dont ils sont à la fois le reflet et le creuset.
Or la notion de réel n’est évidemment pas la même au Moyen Âge et aujourd’hui ; elle est aussi très différente pour un auditeur de la matière de Bretagne ou des chansons de geste au XIIe siècle ou pour un lecteur de Charles d’Orléans et de François Villon à la moitié du XVe siècle.
Les lettres médiévales posent alors au philologue/herméneute une multitude de questions qui gravitent autour de ces deux réels et de leurs seuils. Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas pour un lecteur médiéval qui croit davantage aux merveilles et aux miracles qu’à la réalité qui l’entoure ? En lisant le Roman d’Eneas, dont l’auteur ne revendique pas la source réelle, le lecteur médiéval reconnaît-il dans ce silence une volonté de dissimuler l’effet du réel, une sorte de refus de l’effet de réel ou un effet du réel poétique ? Et que pense ce même lecteur devant ce que nous appelons le topos du livre source qu’il rencontre dans la plupart des romans arthuriens ? Effet de réel ou effet du réel, ou les deux, selon que l’on se situe du côté de l’auteur ou d’un lecteur pas toujours suffisant ? Que perçoit au juste ce lecteur de l’effet du réel ? Les enjeux historiques, idéologiques, dynastiques qui traversent presque toutes les lettres médiévales et qui en expliquent en partie les raisons et les enjeux, sont-ils compris comme des effets du réel par des lecteurs qui seraient en dehors du cercle des commanditaires ou destinataires ? L’effet de réel du lecteur médiéval est-il le même que croit reconnaître aujourd’hui l’herméneute en quête d’illusion référentielle ? Et, a contrario, comment se façonne pour un auteur médiéval et pour son propre lecteur la perception du réel ? Robert de Clari décrivant Constantinople reflète-t-il ce qu’il voit, ou témoigne t-il de la diffusion de la matière d’Antiquité dans son milieu culturel ? Y a-t-il une langue pour les effets de réel et une langue propre à l’effet du réel ? Ces deux effets sont-ils l’un et l’autre liés plus spécifiquement à des genres, à des motifs, à des matières, à des auteurs ? L’illusion référentielle opère-t-elle de la même manière dans un poème en vers ou dans un récit en prose ? Comment la réalité psychologique et la réalité historique peuvent-elles modifier les confins entre ces deux réels jusqu’à parfois les confondre ? Et, encore, comment la réalité plurielle du texte médiéval s’articule-t-elle avec ces deux réels si intimement liés à la subjectivité littéraire ?
Il ne s’agit là que de quelques-unes parmi les interrogations que pose la question du réel, sous toutes ses formes, dans les textes médiévaux. Ces questions seront abordées lors des deux journées de communications et dans les deux conférences du samedi, ouvertes au grand public : au réel de la ville. Le colloque sera structuré en quatre séances qui recouvrent les principales questions ici évoquées et qui correspondent à autant d’approches du sujet : épistémologique, historique, linguistique et esthétique.
Programme :
Jeudi 20 janvier
8h45 – Accueil
9h – Introduction
9h15/10h30 – Conférences
Jean-Jacques VINCENSINI (Univ. Fr. Rabelais / CESR Tours) : Chassez le réel par la porte, il revient par la fenêtre. Observations post-barthésiennes.
Beate LANGENBRUCH (ENS de Lyon / CIHAM, UMR 5648) : Quête d’identité au miroir de l’altérité voisine : la matière de France et d’Alemaigne.
10h30/11h – Pause
11h/12h30 – Table ronde Éclats du monde
Thibaut RADOMME (ECCLA, Univ. Jean-Monnet Saint-Étienne) : Joinville metteur en scène : l’art du récit dans la Vie de saint Louis.
Sung-Wook MOON (Sorbonne Univ., EA 4349 ) : Études et édition de textes médiévaux’ : Rutebeuf contre les Mendiants, ou un sujet d’actualité.
Emmanuelle DANTAN (LiLPa, Univ. Strasbourg) : ‘Effet de réel’ et’ effet du réel’ Des voix de femmes dans les chansons de trouvères des XIIe et XIIIe siècle.
Gautier GRÜBER (Acad. Bordeaux / Lycée Paul-Guérin de Niort) : Réalités politiques dans la Geste des Loherains.
14h/15h15 – Conférences
Joana CASENAVE (Univ. Lille) : Le geste critique à l’épreuve du réel. Réflexions sur les éditions d’écrits contemporains de la PesteNoire.
Sébastien FRAY (Univ. Jean-Monnet Saint-Étienne / Laboratoire d’études sur les monothéismes, UMR 8584) :Discours hagiographique et réalité sociale : le cas des miracles de sainte Foy de Conques.
15h15/15h45 – Pause
15h45-17h – Table ronde Référentiels
Vera SOUKUPOVÁ (Univ. Charles de Prague) : La référentialité et le reflet du réel dans le discours allégorique : les polémiques tchèques et françaises au temps de crises.
Nicolas GARNIER (EA 4349 / Sorbonne Univ.) : Trubert : illusion référentielle et référence de l’illusion.
Valentine EUGÈNE (Sorbonne Univ.) : Fabliaux et sacrilège : le triomphe du réel ?
17h-17h30 – Pause
17h30-18h15 – Conférence Philippe HAUGEARD (Univ. Orléans / Laboratoire POLEN EA 4710) : Effet de réel et temporalité historique : le paradoxe de la vassalité (Marc Bloch) au miroir de la chanson de geste.
Vendredi 21 janvier
8h30h/10h – Conférences
Marco MAULU (Univ. Sassari, Sardaigne) : La notion de réel chez les Sept Sages de Rome.
Hélène BOUGET (Univ. Bretagne Occidentale, Brest) : Faille textuelle, faillite du réel dans quelques manuscrits de la Queste del Saint Graal.
10h/10h30 – Pause
10h30-11h45 – Table ronde Savoirs et institutions
Jérôme DEVARD (CESFima/Polen EA 4710) / Université d’Orléans) : Quand la littérature épique devient une source juridico-historique : l’illusion référentielle de lacour des pairs primitive à l’institution des douze pairs fictionnels.
Tamara ALVARADO (Sorbonne Nouvelle. ED 120, Littérature comparée) : Le topos du livre source dans les romans et les traités magico-scientifiques. L’utilisation de la fiction pour cacher la réalité des textes (XIIIe et XVe siècles).
Annelise RENCK (Carroll College, Helena, Montana, États-Unis) : La lecture dévotionnelle au XVe siècle : la médiation du livre dans La Grant Vita Christi en françoys.
13h30-15h00 – Conférences
Bernard RIBÉMONT (Univ. Orléans/ MARen) :Écriture philosophico-encyclopédique et effet de réel : Guillaume de Conches et Adélard de Bath.
Sabrina FERRARA (Univ. Fr. Rabelais / CESR Tours) : Historia « réelle » et historia personnelle dans les Epîtres de Boccace.
15h/15h30 – Pause
15h30/17h – Table ronde Cas « chroniques »
Charlotte GUIOT (Univ. Grenoble / UMR 5136) : Le chroniqueur poète : dialogue entre réel et fiction pastorale dans quelques pastourelles de Jean Froissart.
Ismérie TRIQUET (Univ. Rouen, GRHis EA 3831) : Le traitement iconographique de la Normandie et de l’Angleterre dans les chroniques historiques de la fin du Moyen Âge : entre réel et imaginaire.
Lucia ARRIGHI (Sorbonne Univ.-CLEA EA 4083 / Univ. Corse – UMR LISA 6240) : Les Choses de Corse de Giovanni della Grossa (1380-1464) : fable, fiction ou histoire ?
Cristian BRATU (Division Director for French & Italian; Department of Modern Languages & Cultures, Baylor University, États-Unis) : L’histoire et ses « effets » : effet de parlé et effet d’écrit dans les récits historiques médiévaux.
17h/17h30 – Pause
17h30/18h15 – Conférence
Edina BOZOKY (Univ. Poitiers) : L’effet de réel chez Jean d’Outremeuse : les épisodes de l’Histoire des Huns.
Christine FERLAMPIN-ACHER (Univ. de Rennes II) :Onomastique, gestes et émotions : effets de/du réel (XIVe-XVe s.) du manuscrit à l’imprimé dans quelques textes néo-arthuriens.
18h15/19h15 – Conférence de clôture Michel ZINK de l’Académie française
Espace Pierre Mendès France
Samedi 22 janvier
9h15/12h – Assemblée générale SLLMOO
14h-16h – Table ronde : Effet de réel et du réel du Moyen Âge à la Renaissance (Projet FESMAR)
6-7 janvier 2022 Institut historique allemand (Paris)
L’Institut historique allemand organise, en collaboration avec l’École normale supérieure, l’Institut franco-allemand de sciences historiques et sociales et l’université de Strasbourg, une journée d’étude sur l’histoire de la ville allemande au Moyen Âge. Elle s’adresse notamment aux candidats et candidates à l’agrégation, dont le sujet est cette année: »Villes et construction étatique en Europe du Nord-Ouest du XIIIe au XVe siècle (Empire, Anciens Pays-Bas, France, Angleterre)«.
Événement avec traduction simultanée (allemand/français).
Inscription pour une participation sur place: Rolf Große (un pass sanitaire est nécessaire) Inscription pour une participation en ligne:6 janvier 2022 // 7 janvier 2022
Pour toute question, veuillez vous adresser à Rolf Große.
Un enregistrement vidéo sera mis en ligne, à la suite de l’événement.
Une étude de la construction du pouvoir princier en Franche-Comté au temps de la première union bourguignonne En 1330, le duc de Bourgogne Eudes IV prend en main le gouvernement du comté de Bourgogne dont vient d’hériter son épouse. Comme après lui son petit-fils Philippe de Rouvres, il se retrouve alors à la tête d’une principauté incluant l’Artois et les duché et comté de Bourgogne. Quelles sont les retombées de cette situation inédite en Franche-Comté? C’est ce que se propose d’étudier l’ouvrage. Cet intermède de 31 ans a contribué à poser les bases du futur État bourguignon des ducs Valois par des réformes d’envergure. Cela n’a pas été sans difficultés et inachèvements de toute sorte. Ils tiennent autant à la conjoncture problématique des débuts de la guerre de Cent ans qu’à la puissance remarquable de la haute noblesse comtoise, menacée par la politique d’affirmation souveraine du duc-comte. Mais celle-ci ne peut paradoxalement être menée qu’avec le soutien de l’aristocratie: des grands, que les princes ont finalement choisi d’associer au pouvoir après de tumultueux épisodes de conflit armé; de la petite et moyenne noblesse, peu à peu ralliée à un système de gouvernement dont elle tire de multiples avantages. On trouve là des caractéristiques propres aux États princiers de la fin du Moyen Âge. Il se dégage cependant une forte singularité de la Franche-Comté en ce deuxième tiers du XIVe siècle. Elle s’illustre par les possibilités économiques liées à l’industrie du sel et les vicissitudes de la progressive intégration dans un vaste espace bourguignon.
Ancienne élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Sylvie Le Strat-Lelong a enseigné à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté. Ses recherches portent sur la Franche-Comté au XIVe siècle.
Table des matières :
Introduction Sources
Première partie. Au cœur de la principauté. Le domaine comtal. Permanences et mutations
Chapitre I. Héritages 1) L’héritage des derniers comtes 2) Les règlements des successions
Chapitre II. Assises territoriales 1) Tableau du domaine dans les années 1330 et en 1359 d’après les comptes généraux 2) Les modifications
Chapitre III. Une administration héritée 1) Mairies 2) Prévôtés 3) Châtellenies
Chapitre IV. Des réformes de structures 1) Bailliages 2) Eaux et forêts 3) Salines
Deuxième partie. La féodalité au comté de Bourgogne. Vitalité et réorganisation des forces
Chapitre I. Le droit du suzerain : les fiefs du comté 1) Les sources 2) Répartition géographique
Chapitre II. Des pouvoirs concurrents : les grands et leurs réseaux 1) Au nord : Faucogney 2) Au nord-est : Montfaucon-Montbéliard et Neuchâtel 3) À l’est et au sud : Chalon
Troisième partie. Le prince et sa noblesse. Collaboration ou opposition ?
Chapitre I. De la rébellion à la participation : un équilibre à trouver 1) Les causes du mécontentement 2) Le temps des guerres (1330-1349) 3) La nouvelle donne (1349-1361)
Chapitre II. Les hommes du comte 1) Les officiers 2) Les hommes d’armes 3) Au service du prince
Quatrième partie. L’élaboration du pouvoir princier et ses limites
Chapitre I. Fondements politiques 1) La dévolution de la Franche-Comté au duc de Bourgogne 2) Les conséquences
Chapitre II. Le droit du prince 1) La théorie : un postulat nouveau en Comté 2) L’affirmation souveraine aux dépens des grands féodaux 3) Dire le droit
Chapitre III. Appareil administratif et judiciaire 1) Les cours locales 2) Les officiers de justice 3) Le Parlement 4) Les réformateurs
Chapitre IV. Organisation militaire et financière 1) Les finances du prince 2) La défense de la principauté
Conclusion générale Annexes Bibliographie Index des noms de personnes
Informations pratiques :
Sylvie Le Strat-Lelong, Le comté de Bourgogne d’Eudes IV à Philippe de Rouvres (1330-1361), Turnhout, Brepols, 2021 (Burgundica, 32). 436 p., 8 b/w ill., 25 b/w tables, 156 x 234 mm, 2021 ISBN: 978-2-503-59079-0. Prix : 95 euros.
Vedove e immigrate, lavoratrici e schiave, religiose e criminali: i molti volti delle donne povere nel Medioevo tra Spagna, Francia e Italia sono presentati in questa raccolta di saggi, con un’attenzione particolare verso i drammatici fattori di vulnerabilità della condizione femminile (inferiorità sociale, tutele familiari, discriminazioni di genere), ma anche verso il tenace desiderio di resistenza e riscatto che animava queste figure.
Table des matières :
Laurent Feller, Introduction. La pauvreté des femmes au Moyen Âge: dépendance, soumission et agency
I. Vulnerabilità
Cristina La Rocca, Paupercula. Una donna sola tra povertà, disabilità e riscatto (secoli VI-IX)
Mireia Comas-Via, Vedovanza e povertà in Catalogna alla fine del Medioevo
Cristina Arcari, Reagire alla vulnerabilità: risposte femminili a solitudine e povertà nelle corti di giustizia della Bologna pepolesca (1337-1350)
Anne-Pauline Jarry, Didier Lett, Pauvreté et trouble dans le genre: hommes impuissants et femmes seules dans les Marches au XVe siècle
II. Tutele: famiglia, assistenza, agency
Lidia L. Zanetti Domingues, Rappresentazione e autorappresentazione della povertà femminile nelle suppliche giudiziarie a Siena a inizio Trecento
Giuliana Albini, Ospedali e confraternite. L’aiuto alle donne povere nell’Italia centro-settentrionale fra Due e Trecento
Beatrice G.M. Del Bo, La schiavitù femminile tra miseria e riscatto nel Mediterraneo bassomedievale
Denise Bezzina, Povertà femminile e famiglia a Genova tra Due e Trecento
III. Inferiorità: il lavoro
Laurent Feller, Pauvreté et travail des femmes à la campagne du IXe au XIVe siècle
Matthieu Scherman, Les femmes pauvres dans les villes: l’exemple des femmes trévisanes au XVe siècle
Jesús García Díaz, Trabajadoras y pobres: precariedad laboral y pobreza femenina en el mundo rural sevillano a finales de la Edad Media
Paolo Grillo, Maddalena Moglia, Conclusioni
Indice dei nomi
Informations pratiques :
Donne e povertà nell’Europa mediterranea medievale, dir. Laurent Feller, Paolo Grillo et Maddalena Moglia, Roma, Viella, 2021 (I libri di Viella, 401). pp. 256, 15×21 cm, bross. ISBN: 9788833138541. Prix: 28 euros.
À la fin du Moyen Âge, la production hagiographique manuscrite se transforme et connaît son dernier âge d’or entre le succès éditorial de la Légende dorée et l’arrivée de l’imprimerie. De nombreux textes anciens sont abrégés pour intégrer de nouvelles collections. Ce phénomène est en partie responsable du relatif désintérêt des historiens à leur égard : à quoi bon s’intéresser à ces abrégés alors qu’il reste tant à découvrir dans les grands légendiers du Moyen Âge central, et qu’on commence à peine à mieux connaître les tout premiers manuscrits conservés ? L’objectif de ce livre est de mieux saisir la fonction sociale du manuscrit hagiographique, à une période, celle du « christianisme flamboyant », caractérisée par l’accumulation et la multiplication des dévotions. En se focalisant sur les Pays-Bas méridionaux et une large France septentrionale, une région traversée par la devotio moderna et d’intenses dynamiques religieuses, son objectif est aussi de comprendre ensemble les légendiers latins et vernaculaires, en moyen néerlandais comme dans les parlers d’oïl. Il s’agit de saisir les conditions matérielles de la circulation des textes hagiographiques, mais aussi l’usage de ces manuscrits, dans le cadre de la pastorale et des pratiques cultuelles collectives comme dans celui de l’affirmation de l’individu à la fin du Moyen Âge.
Fernand Peloux est chargé de recherche au CNRS (Framespa- Toulouse). et membre associé du centre de recherche Pratiques Médiévales de l’Écrit (PRAME, université de Namur). Spécialiste d’hagiographie de la France du sud, il a dirigé une étude collective sur Le légendier de Moissac et la culture hagiographique méridionale autour de l’an mil (Hagiologia, 2018).
Table des matières :
Fernand PELOUX, « Introduction. Une culture hagiographique flamboyante au prisme de ses manuscrits (XIVe- XVIe siècle) »
Première partie. L’hagiographie vernaculaire du nord de la France : usages et réception des manuscrits
Catherine VINCENT, « Pourquoi réécrire des Vies de saints en français à la fin du Moyen Âge ? Quelques pistes » Ariane PINCHE, « Li Seint Confessor de Wauchier de Denain, une œuvre sérielle et son contexte manuscrit » Anne-Françoise LEURQUIN-LABIE, « Composition, usage et diffusion du légendier picard » Esther DEHOUX, Marc GIL, Mathieu VIVAS, « Un légendier picard illustré de la fin du XVe siècle (Lille, BM, ms. 795). Originalité et tradition d’un cycle iconographique unique » Florent COSTE, « Du local à l’universel. Modulations septentrionales de la Légende dorée dans quelques légendiers vernaculaires » Marie-Geneviève GROSSEL, « Les traductions en prose des Vies des Pères après le XIIIe siècle : reprise, évolution, transformation aux XIVe et XVe siècles »
Deuxième partie. Un terrain propice. Manuscrits et spiritualité dans l’espace belge et les anciens Pays-Bas
Werner VERBEKE, « Prolégomènes pour une Bibliotheca Hagiographica Neerlandica » Barbara FLEITH, « Fabrication, fonctions et usages de quelques manuscrits contenant des chapitres des traductions néerlandaises de la Legenda aurea » Chloé Clovis MAILLET, « Singularité et sérialité d’un très rare manuscrit latin enluminé de la Légende Dorée au XVe siècle (Glasgow UL 1111) » Véronique HAZEBROUCK-SOUCHE, « La figure de l’évêque dans l’œuvre de Jean Gielemans : de la collection de Vies abrégées à une chorographie sacrée du Brabant ? » Xavier HERMAND, « Composer, compiler, copier des textes hagiographiques à la fin du Moyen Âge : le cas des maisons religieuses du Namurois »
Troisième partie. De Brest à Trèves, approche typologique de la diversité des manuscrits hagiographiques.
Marjolaine LEMEILLAT, « Manuscrits hagiographiques et saints bretons en Bretagne à la fin du Moyen Âge (XIVe-début XVIe siècle) » Fernand PELOUX et Laura VANGONE, « Un légendier méconnu, commandité par le cardinal Georges d’Amboise vers 1500 (BM Rouen, A 40 [1412]) » Sarah OLIVIER, « Réécrire la sainteté. Autour du ms. BNF Lat. 917, libellus de sainte Clotilde au XIVe siècle : entre pratiques dévotionnelles et échos politiques » Mickaël WILMART, « Un placard hagiographique : les miracles de sainte Foy enregistrés à Coulommiers au XVe siècle » Sara PRETTO, « Entre dévotion et outil de travail : le Repertorium singulorum sanctorum per annum de l’abbaye du Saint-Sépulcre de Cambrai (Cambrai, BM, 116) » Bastien DUBUISSON, « Les transformations d’un recueil hagiographique monumental. Le grand légendier de Saint-Maximin de Trèves aux XVe- XVIe siècles »
André VAUCHEZ, « Conclusions » Bibliographie Résumés
Informations pratiques :
Dessaints et des livres. Christianisme flamboyant et manuscrits hagiographiques du Nord à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVIe siècle), dir. Fernand Peloux, Turnhout, Brepols, 2021 (Hagiologia, 17). 521 p., 34 colour ill., 156 x 234 mm, 2021 ISBN: 978-2-503-59585-6. Prix : 95 euros.
Papal Overlordship and European Princes, 1000-1270 offers a new perspective on the political history of the central Middle Ages by focusing on the alliances between popes and rulers who claimed a special relationship with the successor of St Peter. Rather than seeing these relationships as attempts by the popes to assert their lordship and monarchy over the entire world, as many past narratives have, this study asks what rulers got out of these relationships, what they meant, and how they were constructed. Papal government – in fact much pre-modern government in general – was based around replying to petitions. Thus, rulers and subjects, by entering into a relationship with the pope, were able to petition Rome and have their requests approved and given the sanction of papal authority. Papal power was enlisted in the causes of petitioners.
All of these relationships – between the popes and the kings of England, Aragon, Sicily, Hungary, Portugal, and a myriad of further polities – have at one time or another been called ‘feudal’, a word that explains little or nothing about the nature and expectations of the alliance. The second strand of this study examines how these relationships were constructed and how words and concepts circulated. Eventually terms like ‘fief’ and ‘vassal’, and ideas about deposition of vassal-kings, were introduced into the political discourse around papal authority over ‘their’ kings. It always remained the case, however, that rulers sought out papal overlordship because of the opportunity it gave them to adopt and adapt papal power for their own purposes.
Benedict Wiedemann is an Early Career Research Fellow at Fitzwilliam College, Cambridge. He was born in Bristol and received his PhD, postgraduate, and undergraduate degrees from University College London. He taught briefly at the University of Kent before coming to Cambridge in 2018.
Table des matières :
Introduction 1:Investiture: Papal Investiture of Secular Rulers prior to and during the Investiture Contest 2:Homage: Popes and Homage in the Twelfth Century 3:Protection: Papal Protection of Kings in the Twelfth Century 4:Vassalage: The Birth of Feudal Overlordship in Sicily, England, Man and Aragon in the early Thirteenth Century 5:State-Building: The Prince-Bishops of Maguelone and Papal Overlordship in Southern France in the Thirteenth Century 6:Wardship: Theory and Practice of Papal Protection for Underage Rulers in the Thirteenth Century 7:Confiscation: Deposing Vassal-Kings in the Thirteenth Century Epilogue
Informations pratiques :
Benedict Wiedemann, Papal Overlordship and European Princes, 1000-1270, Oxford, Oxford University Press, 2021. 272 p., 23,5 x 15,5 cm. ISBN: 9780192855039. Prix : 75 euros.
Colloque international, École du Louvre 15-16 septembre 2022
Depuis 2014, le programme de recherche Collecta interroge les pratiques érudites du Grand Siècle et les met en perspective à partir de l’exemple de la collection de François-Roger de Gaignières (1642- 1715).
Sa reconstitution et sa mise en ligne ont requis la création d’un outil numérique (collecta.fr) qui tente de rendre compte des liens et des cheminements qui se trament, au sein de la collection :
à travers les stades du travail de l’érudit – des sources, notes et brouillons aux dessins mis au net et classés pour la présentation au public ;
à travers les matériaux réunis par l’érudit – tableaux et gravures, manuscrits et imprimés, dessins et copies d’archives ;
à travers les points d’entrée retenus par l’érudit – personnes, familles, institutions, lieux, périodes.
Se dessinent ainsi les itinéraires mentaux, documentaires, mais aussi spatiaux de l’érudit à travers ses sources, son réseau de contacts, les lieux qu’il visite, ses centres d’intérêt et les méthodes qu’il déploie dans son objectif d’inventaire des monuments et des familles du royaume et de l’Europe.
Gaignières sillonne l’espace par le biais de gravures, de courriers à des notables ou de visites dans les établissements ecclésiastiques et seigneuriaux. Il questionne la société par le biais de l’histoire nobiliaire, de la généalogie et de l’emblématique, mais aussi à travers une curiosité ethnologique qui s’incarne dans ses recueils de modes de France et d’Europe. Il contemple le patrimoine médiéval comme le témoin d’un monde qui change, entre les destructions des guerres, la réforme liturgique post-tridentine et les nouvelles modes esthétiques de l’âge classique.
Tout en constituant une source primordiale sur un passé largement disparu, il invite ainsi les chercheurs contemporains à se pencher autant sur leurs méthodes et présupposés que sur ceux des érudits d’Ancien Régime.
Le colloque cherchera donc à articuler un questionnement méthodologique sur les pratiques de la recherche contemporaine avec une réflexion sur les centres d’intérêt et les méthodes des érudits modernes : histoire des familles, de l’Europe, patrimonialisation et visualisation.
Quelques pistes, sans exclusive, donneront lieu à des sessions dédiées :
Une géographie des savoirs
Comme les autres érudits et comme les chercheurs d’aujourd’hui, Gaignières agit dans un espace géographique et social qu’il parcourt pour réunir sa documentation et diffuser ses recherches. L’érudit a ses régions d’élection, qu’il explore au fil d’itinéraires déterminés par des contraintes pratiques, sociales et financières. Les archives et les dessins de villes ou de monuments relatifs à ses contacts (patrons, hôtes, correspondants) et à son projet d’histoire de la monarchie s’en trouvent souvent surreprésentés. Dans sa documentation imprimée – qui représente la part majoritaire de la collection, ne serait-ce que pour des raisons de coût – cette géographie est aussi vraisemblablement dépendante d’autres contacts, avec les éditeurs et marchands d’estampes françaises ou étrangères. Des contributions permettant de mettre en perspective cette géographie de l’érudition, entre nécessités pratiques, patronage et enjeux scientifiques, seront les bienvenues, bien au-delà du seul cas de Gaignières.
Mais la collection organise aussi sa géographie propre. Point nodal de l’espace savant, elle draine les voyages physiques ou épistolaires de curieux qui y trouvent un abrégé de la France et de l’Europe. Chacun y a ses attentes, le visiteur comme le créateur de la collection : trouver une documentation sur une famille ou une région dans un but précis (généalogique, historique, politique) ou au contraire rêver et s’évader devant des images d’autres temps ou d’autres lieux. À l’intérieur même des collections, différents territoires s’articulent. Il y a d’abord le territoire du cabinet, qui se répartit en salles, rayonnages, boîtes et portefeuilles que l’érudit peut utiliser pour ordonner le monde et le donner à voir à ses visiteurs. Mais il y a aussi les territoires traités, au sein desquels l’érudit construit un voyage intellectuel pour lui et son visiteur. Il sera ainsi intéressant de questionner les collections savantes comme des lieux métaphoriques du voyage – vers lesquels on se rend, dans lesquels on circule et qui finalement, permettent de voyager à travers une vision du monde et du savoir.
Le territoire des familles
Gaignières dresse une cartographie multiple du territoire des familles qui va des archives aux vues de monuments et dans laquelle l’articulation entre héraldique, toponymes et anthroponymes est centrale. La matière héraldique s’y déploie comme une mise en image du nom des personnes et des lieux, qui permettait aux individus et aux réseaux familiaux de marquer l’espace. Elle évoque le quadrillage emblématique qui caractérisait le paysage de l’Ancien Régime: tombes, portails, monuments jalonnaient les villes et les campagnes pour borner les fiefs, s’approprier les églises, proclamer les juridictions et inscrire dans le temps la puissance des familles et des individus sur leurs territoires, au même titre que les trésors archivistiques et généalogiques. Des contributions pourront donc porter sur la question de l’empreinte emblématique des puissants sur l’espace, mais aussi sur ses rapports avec les témoins et les « écritures grises ». Gaignières s’intéresse surtout aux tombes, parce qu’elles concentrent les informations dont il a besoin pour son projet : armoiries certes, mais aussi souvent portraits, dates, lieux, noms, fonctions qui complètent les informations des cartulaires. Les autres témoins avaient-ils d’autres priorités ?
Les armoiries avaient un autre avantage pour l’histoire des familles telle que la concevait Gaignières et ses contemporains : l’accumulation des quartiers dans un même écu ou à plusieurs endroits d’un monument en faisait un abrégé des filiations, utile à une histoire des lignages et de leurs prétentions généalogiques (et donc territoriales). Une réflexion sur les enjeux et les modalités de ce marquage généalogique, qui dessinait une carte des familles (cette fois déployée dans le temps et l’espace social), sera appréciée : monuments, sceaux, documentation permettent-ils de saisir des programmes, des contextes, des évolutions ? Surtout, leur évocation par les témoins, les érudits puis les savants et les universitaires permet-elle de réfléchir sur la réception et la compréhension de ces signes à travers le temps : ont-ils été l’objet d’argumentations ? de remplois ? de réinvestissements généalogiques ou polémiques, artistiques ou idéologiques ?
La mise en récit du patrimoine
Jean-Pierre Babelon et André Chastel ont jadis fait de Gaignières le préfigurateur d’une réflexion sur le patrimoine – au sens contemporain du terme. La collection donne en effet l’impression d’un inventaire des monuments artistiques et archivistiques du royaume et de l’Europe, organisé chronologiquement et géographiquement. Mais loin de n’en faire qu’une simple liste, l’érudit a mis cet inventaire en récit.
D’une part, il montrait sa collection, qui regorge d’indications contextuelles sur l’emplacement, les abords, l’échelle, l’état, l’historique des objets et des vues. Ces derniers se trouvent ainsi replacés dans une région, une époque ou un thème (histoire ecclésiastique, topographies, histoire dynastique, histoire du costume…) par des jeux d’échelle d’observation et de renvoi d’un portefeuille à l’autre. Gaignières créait ainsi des parcours et des récits qu’il adaptait au visiteur. Ils le menaient, à la manière d’un guide de voyage ou d’une démonstration juridique, dans une mise en récit du royaume, d’une contrée ou d’une famille où chaque vue ou objet avait un sens et une place. Cette attention à la contextualisation des objets patrimoniaux dans les collections d’érudits mérite toute notre attention et doit être replacée dans l’invention de notre approche historique, bien au-delà du cas de Gaignières : cette démarche était-elle isolée ? d’où tirait-elle ses racines ? en trouve-t-on des traces et des témoignages ailleurs ? quels en étaient les moyens ?
D’autre part, avec son mémoire au roi en vue d’établir un conservatoire des monuments nationaux dont sa collection d’originaux, de dessins et de copies est la préfiguration, Gaignières mettait en récit la transformation de la notion de patrimoine de son sens privé (le patrimoine d’un individu ou d’une famille) à son sens public (le patrimoine national). Chez lui, l’inventaire des monuments sert un double but : appuyer une histoire des familles et dresser une histoire de la monarchie. La fonction privée de preuve d’une histoire nobiliaire y rejoint donc la fonction publique de témoignage du récit national. La multiplication des mentions de destructions dans le dessin et les commentaires, ainsi que la place importante que prennent les Guerres de religion dans sa documentation historique mettaient cependant ces récits au défi d’une prise de conscience de la fragilité de ces patrimoines. Gaignières invite ainsi à réfléchir de façon globale sur les pratiques érudites comme lieu d’invention d’une réflexion sur les monuments du passé : preuves historiques à l’appui de droits, traces d’une histoire nationale à contextualiser, œuvres fragiles à conserver, toutes ces perceptions visibles dans l’érudition classique influencent encore nos propres conceptions.
« L’histoire qui se prend par les yeux » : du portefeuille au numérique
Chez Gaignières, l’image est centrale et son usage systématique. Au sein des portefeuilles, le jeu des copies articulées à différentes échelles et selon différentes thématiques sert à la fois l’élaboration de sa matière et son souci pédagogique et mondain d’offrir une vitrine à montrer à ses visiteurs.
Ces séries inscrivent sa collection dans la longue lignée des dispositifs visuels porteurs d’associations inattendues au service d’un savoir en construction. Certains, comme Bernard de Montfaucon ou plus tard Séroux d’Agincourt, rendront publics leurs dispositifs en multipliant les planches gravées illustrant leurs ouvrages ; d’autres tel Aby Warburg avec son Atlas Mnemosyne maintiendront comme Gaignières la dimension « artisanale » de leur objet, ouvert et évolutif, soutenu par un discours possiblement changeant et adaptable.
La révolution numérique, qui permet de multiplier les expériences visuelles à partir de corpus de données sous forme de cartes, de graphes ou de divers schémas, repose la question de ces dispositifs et de leur dimension critique et interprétative. Elle réinterroge les choix, loin d’être neutres, qui président à la collecte des corpus, mais aussi les usages et la diffusion des résultats obtenus. Il sera donc intéressant de considérer les formes visuelles du savoir qui ont modelé la matière historique sur le long terme. Quels sont les enjeux épistémologiques de ces visualisations construites sous l’Ancien régime ? Dans quelle mesure ont-elles contribué à forger nos savoirs et nos méthodes scientifiques ? Le design numérique qui propose une réflexion sur la forme et l’usage peut-il résoudre les difficultés des historiens face à la technicité du numérique ?
Informations pratiques :
Le colloque se tiendra les 15 et 16 septembre 2022 à l’École du Louvre (Palais du Louvre – Porte Jaujard, Place du Carrousel / 75038 Paris CEDEX 01).
Le transport et l’hébergement des participants résidant en dehors de l’Île-de-France seront pris en charge par le programme ANR « Archive numérique géolocalisée : la collection Gaignières ».
La langue principale du colloque sera le français, mais il est possible de proposer des interventions en anglais.
Modalités de soumission
Les participants peuvent inscrire leur intervention dans un ou plusieurs des axes proposés. Les propositions, d’une page maximum et accompagnées d’une courte biographie d’une demi-page, seront envoyées à colloquecollecta2022@ecoledulouvre.fr au plus tard le 14 janvier 2022.
Comité scientifique
François Bougard (CNRS-IRHT) Damien Bril (École du Louvre) Laurent Costa (ArScAn) Pierre Couhault (IRHT-CNRS) Sophie Fétro (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) Laurent Hablot (EPHE)
Michel Pastoureau (EPHE) Anne Ritz-Guilbert (École du Louvre/IRHT-CNRS) Flavia de Rubeis (Ca’ Foscari) Benoît-Michel Tock (Université de Strasbourg) Nicolas Verdier (EHESS)
Comité d’organisation
Anne Ritz-Guilbert (École du Louvre/IRHT-CNRS) Damien Bril (École du Louvre) Pierre Couhault (IRHT-CNRS)
La Ville de Beaune et les Hospices de Beaune présentent du 4 décembre 2021 au 31 mars 2022 l’exposition-événement « Le Bon, le Téméraire et le Chancelier – Quand flamboyait la Toison d’Or ». L’exposition, présentée dans trois lieux emblématiques de Beaune – les Hospices de Beaune, l’Hôtel des Ducs de Bourgogne et la Porte Marie de Bourgogne – met en lumière trois personnages de l’histoire de la Bourgogne médiévale en réunissant, de manière inédite, des chefs-d’œuvre venant des musées européens.
Commissaire de l’exposition : Philippe George
Digne héritière de l’exposition « Marie. L’Héritage de Bourgogne » présentée en 2000, cette exposition internationale au cœur de la capitale des Vins de Bourgogne propose un nouveau regard sur l’histoire et l’art bourguigno-flamand des XIVème et XVème siècles, en mettant à l’honneur les figures des deux derniers ducs – Philippe le Bon (1396 – 1467) et Charles le Téméraire (1433 – 1477) – et du chancelier, Nicolas Rolin (1376 – 1462), fondateur des Hospices de Beaune. Les œuvres exposées, en provenance de collections publiques et privées d’Europe, principalement belges, sont mises en regard d’objets actuellement conservés en France.
Plus de cent cinquante œuvres de l’art médiéval sont réunies, mêlant peintures, sculptures, orfèvrerie, tapisseries, manuscrits ou documents d’archives afin de dévoiler l’art de vivre des élites et le savoir-faire des artistes et artisans du « grand-duché d’Occident ».
Un catalogue accompagne l’exposition afin d’en développer le propos et de conserver un témoignage de sa présentation. Cet ouvrage de 250 pages réunit une quarantaine de spécialistes français et internationaux de l’art et de l’histoire des états bourguignons.
La médiation porte une attention particulière aux jeunes publics à travers la mise en place d’un parcours de visite ludique, doté d’un livret-jeu, et une programmation d’ateliers de pratique artistique en lien avec le thème de l’exposition.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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