Depuis les années 1980, une approche nouvelle s’est imposée autour de la construction en reprenant le principe archéologique de la stratigraphie des unités et des faits. Plusieurs colloques ont pu témoigner de ces progrès : par exemple, pour la France, Archéologie du bâti. Pour une harmonisation des méthodes. Actes de la table ronde (9-10 nov. 2001) Saint-Romain-en-Gal, Paris, 2004 ; ou la réunion à Liège, en 2010, de spécialistes allemands, anglais, belges, français, luxembourgeois et suisses, publiée sous le titre L’archéologie des bâtiments en question. Un outil pour les connaître, les conserver et les restaurer (Études et documents 35, Service public de Wallonie, Namur, 2015). Cette avancée va bien au-delà des études architecturales traditionnelles ; celles-ci reposaient essentiellement sur les formes et les grandes étapes de changement visibles à l’œil depuis le sol. Ces études nouvelles ont permis, en particulier, de dégager ce qu’on appelle désormais une critique d’authenticité. Le bâti, exploré de manière de plus en plus précise à travers ses composants structurels et ses matériaux, apparaît aujourd’hui non comme uniquement un ensemble de formes inscrites dans l’histoire mais comme une structure complexe toujours en renouvellement. La construction n’est plus celle d’un type entrant dans des cases mais celle d’un lieu aux fonctions et aux usages ayant évolué avec le temps. Sa permanence comme sa disparition interrogent l’archéologue.L’archéologie du bâti est avant tout une technique toujours renouvelée, non une discipline qui menacerait – aux dires de certains – celle bien assise depuis le XIXe s. de l’Histoire de l’art. Il n’y a pas à opposer les deux, pas plus qu’à la confronter au travail de l’architecte missionné pour une autre finalité. Dans les deux cas, l’exigence doit être celle du scientifique poussé toujours plus loin par son objet. À regarder de près cette pratique depuis trois décennies, on peut réaliser qu’elle touche toutes les périodes et peut s’envisager pour tous les supports, tels les enduits ou le décor sculpté.L’archéologie du bâti ne commence pas aux premiers niveaux d’élévation. Elle est partie prenante d’une seule archéologie qui appartient à une démarche globale. On comprend parfois mieux ce que l’approche sédimentaire a recueilli ou retrouvé si, dans le cas de structures bâties, on développe la même rigueur stratigraphique sur le bâti et inversement. Tout regard archéologique ou architectural sur le bâti ne relève pas pour autant de « l’Archéologie du bâti ». Cette archéologie est aujourd’hui dans « tous ses états » car elle doit s’imposer sans se séparer de ses disciplines mères que sont l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art.
Il nous faut ainsi redéfinir le sens de la pratique de l’archéologie du bâti, ses axes et méthodes, 20 à 25 ans après les premiers colloques, alors même que la tendance est d’appliquer ce terme à toutes sortes d’approches. Nous devons proposer des méthodes de travail et de recherches en amont et pendant les restaurations des monuments, en accord avec les règlements existant ou à venir. Pour cela, il nous faut échanger sur toutes les questions à travers des expériences internationales portant sur tous les aspects du bâti.Nous avons retenu, pour faire le point, l’idée d’un nouveau colloque international intitulé L’archéologie du bâti aujourd’hui et demain. Les partenaires institutionnels, autour d’ARTEHIS et du CEM d’Auxerre, en seront les universités de Neuchâtel (Suisse), ULB de Bruxelles (Belgique), de Bourgogne-Franche-Comté, Paris Sorbonne-Université et Paris-Ouest Nanterre, avec le soutien du Ministère de la Culture.
Actes du colloque ABAD, Archéologie du bâti, Aujourd’hui et Demain, 10 -12 octobre 2019, Auxerre (France)Proceedings of the ABAD conference, Archéologie du bâti, Aujourd’hui et Demain, 10 -12 October 2019, Auxerre (France), dir. Christian Sapin, Sébastien Bully, Mélinda Bizri et Fabrice Henrion, Artehis Éditons, 2021.
In Incidental Archaeologists, Bonnie Effros examines the archaeological contributions of nineteenth-century French military officers, who, raised on classical accounts of warfare and often trained as cartographers, developed an interest in the Roman remains they encountered when commissioned in the colony of Algeria. By linking the study of the Roman past to French triumphant narratives of the conquest and occupation of the Maghreb, Effros demonstrates how Roman archaeology in the forty years following the conquest of the Ottoman Regencies of Algiers and Constantine in the 1830s helped lay the groundwork for the creation of a new identity for French military and civilian settlers.
Effros uses France’s violent colonial war, its efforts to document the ancient Roman past, and its brutal treatment of the region’s Arab and Berber inhabitants to underline the close entanglement of knowledge production with European imperialism. Significantly, Incidental Archaeologists shows how the French experience in Algeria contributed to the professionalization of archaeology in metropolitan France.
Effros demonstrates how the archaeological expeditions undertaken by the French in Algeria and the documentation they collected of ancient Roman military accomplishments reflected French confidence that they would learn from Rome’s technological accomplishments and succeed, where the Romans had failed, in mastering the region.
Bonnie Effros is Professor of European History and Chaddock Chair of Economic and Social History at the University of Liverpool. She is author of Uncovering the Germanic Past.
Informations pratiques :
Bonnie Effros, Incidental Archaeologists. French Officers and the Rediscovery of Roman North Africa, Ithaca, Cornell UP, 2021. 396 p. ISBN : 9781501761676. Prix : USD 34,95.
Pourquoi s’intéresser au livre ancien et médiéval à une époque où la « raison numérique » déstructure et reconfigure les modalités de composition, de reproduction, de diffusion et de réception des textes ? Cet ouvrage propose une réflexion critique sur l’histoire du livre gréco-latin entre l’Antiquité et le Moyen Âge, au croisement entre « sciences du livre » et sciences sociales. Alors que le numérique contribue à dématérialiser les pratiques d’écriture et de lecture, le livre, dans sa matérialité même, reste, hier comme aujourd’hui, un objet social total qui ne doit pas être réduit à un nom d’auteur. Le cultivateur de papyrus au bord du Nil, le parcheminier de la Rome impériale, le moine copiste dans son monastère, le calligraphe professionnel au service d’un commanditaire princier, sans oublier ceux qui ont pu lire ou entendre lire ces ouvrages à travers le temps : tant d’acteurs, de pratiques et de matériaux qui ont contribué à façonner le livre antique et médiéval et ses usages. Des plus anciens exemplaires étrusques en lin aux polyptyques de bois gréco-romains, des rouleaux de papyrus provenant d’Égypte aux codices de parchemin du haut Moyen Âge, ce sont des centaines d’exemplaires produits entre le Ve siècle av. J.-C. et le XIIIe siècle de notre ère qui ont été étudiés par Filippo Ronconi à la lumière des sources littéraires et documentaires grecques, latines et arabes. Cette enquête met en évidence les persistances et les discontinuités qui ont caractérisé la création, la circulation, l’utilisation et parfois la destruction de ces objets hors du commun que sont les manuscrits. Se dévoile ainsi une histoire du livre renouvelée, qui éclaire non seulement l’Antiquité et le Moyen Âge, mais aussi la place centrale de cet objet dans la construction des sociétés modernes et contemporaines.
Informations pratiques :
Filippo Ronconi, Aux racines du livre. Métamorphoses d’un objet de l’Antiquité au Moyen Âge, Paris, EHES Éditions, 2021 (En temps & lieux, 110). 368 p., ISBN : 978-2-7132-2902-2. Prix : € 24,80.
Mail armour (commonly mislabelled ‘chainmail’) was used for more than two millennia on the battlefield. After its invention in the Iron Age, mail rapidly spread all over Europe and beyond. The Roman army, keen on new military technology, soon adopted mail armour and used it successfully for centuries. Its history did not stop there and mail played a vital role in warfare during the Middle Ages up to the Early Modern Period.
Given its long history, one would think mail is a well-documented material, but that is not the case. For the first time, this books lays a solid foundation for the understanding of mail armour and its context through time. It applies a long-term multi-dimensional approach to extract a wealth of as yet untapped information from archaeological, iconographic and written sources. This is complemented with technical insights on the mail maker’s chaîne opératoire.
Martijn A. Wijnhoven holds a PhD in archaeology from Vrije Universiteit Amsterdam. He specializes in ancient military studies and has published extensively on the analysis and reconstruction of ancient armour spanning from the Iron Age to the Middle Ages. His research combines methods from history, anthropology, and archaeology, rendering a holistic approach to material studies.
Informations pratiques :
Martijn A. Wijnhoven, European Mail Armour. Ringed Battle Shirts from the Iron Age, Roman Period and Early Middle Ages, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2021 (Amsterdam Archaeological Studies). 520 p., 30 x 21 cm. ISBN : 9789463721264. Prix : 161 euros.
Hagiographie bourguignonne 2.0 – corpus électronique et nouvelles recherches
Parmi les évolutions récentes du programme CBMA, la mise à disposition d’un sous-corpus de 325 textes hagiographiques latins, renseignés avec des nombreuses métadonnées, offre une extensive matière pré-organisée pouvant servir à des recherches les plus variées, mais aussi l’occasion de mesurer les lacunes que les recherches à venir pourraient combler à l’aide du numérique. En vue de confronter les résultats et de partager les découvertes de ces investigations nouvelles, trois ateliers sont prévus en 2022, où seront conjuguées des différentes approches, en variant les échelles d’analyse, de près et de loin, et diverses thématiques :
tradition manuscrite, érudition moderne et historiographie ;
datation, attribution et spatialisation ;
philologie, sémantique et intertextualité.
Alors que le « corpus hagiographique bourguignon » est un ensemble composé de productions irréductibles à une composante purement régionale, l’ouverture à d’autres espaces (Italie, Normandie, Provence, Septimanie, entre autres), les comparaisons, la prise en compte de la réticularité dont témoignent ces écrits devront aussi orienter les travaux. De même, l’articulation de ces textes avec d’autres formes de productions écrites, voire figurées, devront aussi retenir l’attention.
Ouverts à tous les intéressés, tous ceux qui souhaitent présenter leurs recherches sont invités à contacter eliana.magnani@univ-paris1.fr
Ces ateliers ont vocation à aboutir à la publication d’un volume collectif réunissant les résultats des travaux.
Organisation : Eliana Magnani (CNRS – LaMOP), Coraline Rey, (LEM/CERCOR), Nicolas Perreaux (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – LaMOP), Gabriel Castanho (UFRJ – Lathimm), Pierre Brochard (CNRS – LaMOP)
Colloque international Poitiers, 12-14 octobre 2023
CESCM – UMR 7302 et CRM – UMR 8596
Blood and Virtue. Nobility of Blood and Nobilities of soul in the Middle Ages
International colloquium Poitiers, 12th-14th October 2023
CESCM – UMR 7302 and CRM – UMR 8596
L’existence, au Moyen Âge, d’une catégorie sociale disposant d’une situation élevée en raison de sa naissance est un véritable lieu commun. Dès le viie siècle, Isidore de Séville, jouait sur notus (de gnosco, « connaître ») et sur ses dérivés notabilis et nobilis, et définissait le noble comme « celui dont le nom et la famille sont connus ». Cependant, alors que cette qualité se transmet de manière héréditaire, la prééminence sociale de la noblesse est aussi justifiée par les qualités et les vertus éminentes de ses membres. Vers 1030, Wolfhere de Hildesheim rappelle, dans sa Vita Godehardi, que « nul ne doit être considéré comme noble s’il ne peut prouver avoir été anobli par la vertu ». Les auteurs du xiie siècle reprennent longuement cette idée, s’appuyant sur les écrivains de l’Antiquité et notamment sur un célèbre passage des Satires de Juvénal : « À quoi bon les arbres généalogiques ? À quoi sert d’être célèbre en raison d’une longue suite d’aïeux ? La seule noblesse est la vertu ».
Cette contradiction est réutilisée à l’envi par les clercs qui, en opposant la noblesse de sang et la noblesse d’âme, entendent critiquer la conduite des aristocrates pour leur proposer un modèle comportemental davantage en accord avec la doctrine chrétienne ou encore mettre en exergue les qualités suréminentes d’une personnalité dépourvue de noblesse de sang mais revêtue de sainteté. D’autres penseurs résolvent assez facilement ce paradoxe apparent grâce à l’idée d’une transmission par le sang d’une prédisposition à la vertu. Si Jean de Meung, dans le Roman de la Rose, affirme d’abord « Nul n’est noble s’il n’est attentif aux vertus […] Noblesse vient des qualités de cœur. Car noblesse de lignage n’est pas noblesse qui vaille si la bonté du cœur y faille », il ajoute ensuite « Aussi, en eux doit reparaître la grandeur d’âme de leurs parents qui conquirent la noblesse par leurs grands exploits ». Le consensus autour de la supériorité de la noblesse d’âme sur la noblesse de sang se traduit par une attente sociale de l’existence de ces qualités éthiques chez ceux à qui l’on reconnaît une prééminence héréditaire. Cela implique également la possibilité de sa perte comme le souligne Jean Miélot, traduisant le De nobilitate de Buonaccorso de Montemagno : « Cuides-tu que on doive appeler ceulx cy nobles, desquelz la vie a este plus meschant de tant quilz ont estaient en eulx la plus excellente lumiere de noblesse ? » La réponse est sans appel : « Ilz ont deservi d’estre appellez non pas seulement non nobles, mais tres obscurs et descongneus ». La valeur sociale du sang et de la naissance est donc contrebalancée par le comportement individuel qui rejaillit sur chaque dynastie nobiliaire.
Partant du constat que la tension entre sang et vertu dans la conception de la noblesse mérite encore d’être approfondie, tout comme du besoin de faire la synthèse des recherches souvent éparses sur ces questions, une première journée de prospection a été tenue en mai 2021. Il est apparu que la dimension éthique de la représentation de la noblesse offrait un champ d’étude encore en partie à explorer, et qu’il s’agissait d’une voie d’approche particulièrement riche et prometteuse pour renouveler les travaux consacrés à la noblesse. Le projet de colloque issu de ces premières réflexions a pour objet d’examiner la manière dont s’articulent, dans la Chrétienté latine médiévale, noblesse héréditaire et noblesse d’âme. Il invite les participants à se pencher sur les représentations mentales partagées ou, au contraire, antithétiques, que les non-nobles et les nobles pouvaient avoir de la dimension éthique du rôle social de ces derniers. Il appelle à une approche largement interdisciplinaire, dans la mesure où ces thématiques relèvent de l’histoire, de l’histoire de l’art, de l’histoire du droit et de la littérature. Le cadre temporel et géographique doit amener à saisir aussi bien les continuités que les évolutions ou les spécificités régionales.
Nous proposons trois axes de réflexion pour ce colloque :
Axe 1 : La noblesse d’âme des nobles de sang.
Axe 2 : La noblesse d’âme comme fait social.
Axe 3 : La noblesse d’âme comme critère de noblesse.
Axe 1 : La noblesse d’âme des nobles de sang.
Ce premier axe questionne les conceptions théoriques de la noblesse d’âme et de la vertu qui est attendue de la part des nobles. À quoi correspondent ces qualités éthiques que l’on exige des nobles ? Quels sont les comportements attendus d’un noble qui permettent de justifier sa suprématie sociale ? Peut-on parler d’une position univoque de la société face à ces attentes ? Existe-t-il des modèles concurrents ? Comment le noble vertueux ou, au contraire, son antithèse est-il représenté dans l’iconographie ou la littérature ? Comment pense-t-on les rapports entre la virtus qui se transmet de manière héréditaire et les actes bons qui relèveraient du libre arbitre individuel ?
Axe 2 : La noblesse d’âme comme fait social.
Il s’agit ici de s’interroger sur la manière dont ces conceptions théoriques se traduisent dans les faits. Les nobles se sentent-ils tenus par des obligations éthiques ? La dialectique entre le sang et la vertu est-elle reflétée par le système de valeurs que les nobles se transmettent de génération en génération ? Se traduit-elle dans ses engagements politiques et religieux ? Qu’en est-il des communautés non-chrétiennes au sein de la Chrétienté latine ?
Axe 3 : La noblesse d’âme comme critère de noblesse.
Ce troisième axe entend s’interroger sur la noblesse d’âme en tant que critère discriminant au sein du groupe social nobiliaire, mais aussi de la société toute entière. La reconnaissance de qualités éthiques peut-elle entraîner un anoblissement ? Le mérite éthique facilite-t-il l’intégration à la noblesse ? Est-il perçu comme déterminant dans l’ascension sociale ? Quelle est la part de l’aspect éthique dans l’existence de professions anoblissantes ou, au contraire, dérogeantes ? Quelle part tient l’absence de ces « qualités de cœur » dans la déchéance d’un noble ? Est-il possible de perdre son appartenance à la noblesse pour des raisons d’ordre exclusivement moral ? La chute d’un individu entraîne-t-elle la damnatio memoriae de toute sa maison ? Existe-t-il des possibilités de regagner sa noblesse après une déchéance ? Qu’en est-il des enfants d’un noble déchu ? Comment cela se traduit-il aussi bien symboliquement que concrètement ?
The existence, in the Middle Ages, of a social category with a high situation because of its birth is commonplace. As early as the 7th century, Isidore of Seville played on notus (adjectivized past participle of gnosco, “know”) and its derivatives notabilis and nobilis, and defined the noble as “Someone whose name and family are known”. However, while this quality is inherited, the social pre-eminence of the nobility is also justified by the outstanding qualities and virtues of its members. Around 1030, Wolfhere of Hildesheim recalled that “no one should be considered noble if he cannot prove that he was ennobled by virtue”. The authors of the twelfth century take up this idea at length, relying on the writers of Antiquity and in particular on a famous passage of the Juvenal’s Satires: “What is the point of family trees? What is the point of being famous because of a long chain of ancestors? The only nobility is the virtue”.
This contradiction is reused nonstop by the clerics, who in opposing the nobility of blood and the nobility of soul, intend to criticize the conduct of the aristocrats to propose them a behavioral model closer with the Christian doctrine or to emphasize the overbearing qualities of a personality devoid of blood nobility but holy. Other thinkers quite easily resolve this apparent paradox through the idea of a blood transmission of a predisposition to virtue. If Jean de Meung, in the Roman de la Rose, first of all, affirms “No one is noble unless he is attentive to virtues… Nobility comes from qualities of the heart. For nobility of lineage is not nobility that is worth if the goodness of the heart fails it”, he then adds “Also in them must reappear the greatness of soul of their parents who conquered the nobility by their great exploits”. The consensus around the superiority of soul nobility over blood nobility results in a social expectation of the existence of these ethical qualities in those to whom we recognize a hereditary pre-eminence. This also implies the possibility of his loss. The social value of blood and birth is therefore counterbalanced by the individual behavior that reflects on each nobiliary dynasty.
Starting from the observation that the tension between blood and virtue in the conception of the nobility still deserves to be dealt in depth and the need to synthesize the often-scattered research on these questions, the first day of prospecting was held in May 2021. It appeared that the ethical dimension of the representation of the nobility offered a field of research still in part to be explored and that it was a particularly rich and promising approach to renew the nobility studies. The purpose of the draft colloquium resulting from these first reflections is to examine how are articulated, in medieval Latin Christianity, hereditary nobility and nobility of soul. It invites the participants to consider the shared or, on the contrary, antithetical mental representations that non-nobles and nobles could have of the ethical dimension of the latter’s social role. It calls for a broadly interdisciplinary approach, insofar as these themes relate to history, art history, the history of law, and literature. The temporal and geographical framework must make it possible to grasp both continuities and regional developments or specificities.
We propose three themes of reflection for this colloquium:
Theme 1: Blood nobles’ Nobility of soul.
Theme 2: Nobility of soul as a social fact.
Theme 3: Nobility of soul as a criterion of nobility.
Theme 1: Blood nobles’ Nobility of soul.
This first theme questions the theoretical conceptions of the nobility of soul and the virtue that is expected from the nobles. To what do these ethical qualities which are demanded of nobles correspond? What are the expected behaviors of a nobleman that justify his social supremacy? Can we speak of a firm’s unequivocal position in the face of these expectations? Are there competing models? How is the virtuous noble or, on the contrary, its antithesis represented in iconography or literature? How do we think about the relationship between the virtues that are passed on hereditary and the good acts that would come under an individual free will?
Theme 2: Nobility of soul as a social fact.
The question here is how these theoretical conceptions are translated into reality. Do nobles feel bound by ethical obligations? Is the dialectic between blood and virtue reflected in the system of values that the nobles pass on from generation to generation? Does it translate into its political and religious commitments? What about the non-Christian communities within Latin Christendom?
Theme 3: Nobility of soul as a criterion of nobility.
This third theme aims to question the nobility of the soul as a discriminating criterion within the aristocratic social group, but also within society as a whole. Can the recognition of ethical qualities lead to an anomaly? Does ethical merit facilitate integration into the nobility? Is it perceived as a determinant of social ascension? What is the share of the ethical aspect in the existence of ennobled or, on the contrary, derogatory professions? What part does the absence of these «qualities of heart» play in the decline of a nobleman? Is it possible to lose one’s nobility for exclusively moral reasons? Does the fall of an individual lead to the damnatio memoriae of his entire house? Are there opportunities to regain nobility after a forfeiture? What about the children of a fallen nobleman? How does this translate both symbolically and concretely?
Date/Date : 12-14 octobre 2023/12th-14th October 2023
Modalités d’intervention/Communication form
Les communicants interviendront sur une durée de 30 minutes qui sera suivie d’un temps de discussion.
Papers will be 30 minutes each, followed by a discussion.
Modalités de soumission/Submission form
Les propositions de communication devront correspondre aux thèmes de réflexion développés ci-dessus. Elles prendront la forme d’un résumé (300-500 mots), accompagné d’un titre provisoire. Elles devront être soumises par email en format Word ou OpenOffice (.doc, .docx, .odt) aux organisateurs avant le 1er juin 2022.
The communication proposals should correspond to the themes of reflection developed above. They will take the form of a summary (300-500 words), accompanied by a provisional title. They must be submitted by email in Word or OpenOffice format (.doc, .docx, .odt) to the organizers before 1 June 2022.
Canon law touched nearly every aspect of medieval society, including many issues we now think of as purely secular. It regulated marriages, oaths, usury, sorcery, heresy, university life, penance, just war, court procedure, and Christian relations with religious minorities. Canon law also regulated the clergy and the Church, one of the most important institutions in the Middle Ages. This Cambridge History offers a comprehensive survey of canon law, both chronologically and thematically. Written by an international team of scholars, it explores, in non-technical language, how it operated in the daily life of people and in the great political events of the time. The volume demonstrates that medieval canon law holds a unique position in the legal history of Europe. Indeed, the influence of medieval canon law, which was at the forefront of introducing and defining concepts such as ‘equity,’ ‘rationality,’ ‘office,’ and ‘positive law,’ has been enormous, long-lasting, and remarkably diverse.
Anders Winroth taught medieval history at Yale University from 1998–2020, and currently teaches at the University of Oslo. The author of The Making of Gratian’s ‘Decretum,’ (Cambridge University Press, 2000) which revolutionized our understanding of medieval canon law, he was a named a MacArthur Foundation Fellow in 2003. He serves as President of the Institute of Medieval Canon Law.
John C. Wei holds a Ph.D. in medieval history from Yale University and a J.D. from Yale Law School. He is the author of Gratian the Theologian (2016) and the editor of the decretist Reverentia sacrorum canonum. He has authored many articles on medieval law and theology.
Anders Winroth et John C. Wei, The Cambridge History of Medieval Canon Law, Cambridge, Cambridge University Press, 2021. ISBN : 9781107025042. Prix : GBP 140.
Thèses, articles, livres… tous les chercheurs en sciences humaines et sociales consacrent une partie de leur temps à écrire. Ce dénominateur commun masque à l’évidence une grande diversité quant aux pratiques d’écriture. En invitant les chercheurs à dire leur rapport à l’écriture, et même à raconter leurs expériences (heureuses ou douloureuses), ce second volet de la collection « Métier de chercheur·e » entend interroger frontalement une pratique trop peu souvent mise en discussion dans l’espace académique.
Christian Le Bart est professeur de science politique à l’université de Rennes. Ses travaux portent sur la vie politique et la communication politique.
Florian Mazel est professeur d’histoire médiévale à l’université de Rennes. Ses travaux portent sur l’histoire sociale de l’institution ecclésiale, les élites aristocratiques et les questions spatiales et territoriales.
Écrire les sciences sociales, écrire en sciences sociales, dir. Christina Le Bart et Florian Mazel, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021 (Métier de chercheur·e). 21 x 13 cm, 328 p. ISBN : 9782753583276. Prix : 20 euros.
19 janvier 2022, 18h00-20h00 Campus de Paris (ICP)
La Faculté des Lettres et l’Institut Supérieur de Théologie des Arts (ISTA) organisent une conférence autour de l’architecture carolingienne en France et en Europe.
Portée par la Faculté des Lettres et l’ISTA (Institut Supérieur de Théologie des Arts) de l’ICP, cette conférence présentera une nouvelle lecture de l’architecture carolingienne en France et en Europe à travers le prisme de l’archéologie et de l’Histoire de l’art.
Elle sera animée par Christian Sapin, archéologue et historien de l’art, directeur de recherches émérite au CNRS.
Intervenant : Christian Sapin
Christian Sapin est spécialiste de l’archéologie et de l’Histoire de l’art du haut Moyen-Âge ses recherches portent notamment sur :
Archéologie des sites religieux du haut Moyen Âge
Construction et liturgie des cryptes médiévales matériaux du bâti
Focusing on production and patronage, this new volume features over 150 images of magnificently illustrated books and precious bindings, drawn largely from North American collections. The book’s three sections are arranged chronologically, yet in each case with a different thematic focus. Opening with a look at the precedents set by the Carolingian forerunners of the Empire, the first section considers deluxe imperial manuscripts associated with the Ottonian emperors. The second section examines the role of imperial monasteries in the production of manuscripts, considering in particular the patronage of aristocratic elites. The final section offers a tour of imperial cities in the fourteenth and fifteenth centuries, from Vienna and Prague to Augsburg and Nuremberg. This final stop considers the impact of Albrecht Dürer and humanism on the arts of the book. The volume features a glossary, indexes, and maps showing the shifting borders of the Empire over 700 years.
Informations pratiques :
Imperial Splendor: The Art of the Book in the Holy Roman Empire, 800-1500, dir. Jeffrey F. Hamburger et Joshua O’Driscoll, New York, D Giles Ltd, 2021. 216 p. ISBN : 9781911282860. Prix : USD 45.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.