Publication – « Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales. LVe congrès de la SHMESP », éd. Cédric Quertier, Olivia Adankpo-Labadie

Durant le Moyen Âge, les sociétés de l’Orient et de l’Occident chrétien tout comme celles de l’Islam sont marquées par l’influence d’hommes et de femmes ferventes, qui firent le choix d’une vie à l’écart, faite de privations et de discipline du corps et de l’esprit. 

Ces « expériences ascétiques » rassemblent les diverses modalités de contrainte exercée sur les corps, qu’il s’agisse de pratiques, de modèles ou de règles que s’imposent des individus ou des collectifs en rupture avec les normes communes et les traditions, à des fins de purification, de sélection, de détachement ou encore d’exemplification. Ces différentes formes de discipline s’expriment dans les comportements, notamment alimentaires, sexuels et vestimentaires, mais aussi dans les modes de vie et les usages de la violence, dans le rapport à la culture écrite et au savoir et dans certaines formes de la culture matérielle.

Les actes du LVe congrès de la SHMESP et du XIe congrès du CERCOR abordent une grande variété de ces modèles et expériences en convoquant l’histoire du religieux, du politique, de l’économie, des groupes sociaux, l’archéologie, la littérature et l’anthropologie historique, tout en s’appuyant sur des sources très diverses, pour offrir ainsi un regard renouvelé et pluridisciplinaire sur les pratiques ascétiques dans les sociétés médiévales chrétiennes et musulmanes.

Avant-propos
L’ascèse ou la vertu de la rupture. Rapport introductif
Thierry Pécout

Du modèle contemplatif à l’idéal de perfection

Pour une histoire de l’ascétisme latin médiéval : typologies et tournants majeurs
Patrick Henriet

Quête de sainteté ou expiation des péchés : la diversité des modèles ascétiques dans le monde franc (VIe-IXe siècle)
Anne-Marie Helvétius

Le renoncement à la curiositas, une forme d’ascèse ? Monde monastique et société (XIIe-XIIIe siècle)
François Wallerich

Expériences de l’ascétisme dans les recueils d’exempla latins (XIIIe-XIVe siècle)
Marie-Anne Polo de Beaulieu

Une pratique du corps

Le jeûne hors du cloître dans un sermon de Rathier de Vérone (964)
Maureen Boyard

Expériences érémitiques, inspiration orientale et traditions locales dans le nord-ouest de la péninsule Ibérique (VIIe-Xe siècle)
Florian Gallon

Échapper à l’ascèse ou l’embrasser ? Les réguliers face aux réformes de l’observance (années 1490-1520)
Élisabeth Lusset

Apprehendite disciplinam. Représenter la discipline chez les confréries flagellantes italiennes à la fin du Moyen Âge.
Pauline Duclos-Grenet

L’idéal ascétique dans les communautés hiéronymites italiennes des XIVe-XVe siècles d’après les procès de béatification de Pietro Gambacorta et de Nicolò da Forca Palena
Philippe Castagnetti

Des moniales éthiopiennes inconnues : femmes et expériences ascétiques dans le mouvement stéphanite (Éthiopie, XVe siècle)
Martina Ambu

L’ascèse et l’action

Ascèse et pénitence impériales à Byzance, un discours politique (IXe-XIIe siècles)
Rosa Benoît-Meggenis

Le contrat des martyrs : cultures martiales de l’ascétisme dans l’ibadisme omanais (VIIIe-XIIe siècle)
Enki Baptiste

L’attrait des ascètes encuirassés. L’exemple de Wulfric de Haselbury et de Godric de Finchale
Edina Bozóky

L’appel au renoncement du vizir andalou Ibn al-Ḫaṭīb à la fin du XIVe siècle : entre ascétisme pratique et idéal ascétique
Abdelhak Boum-Sied

Les statuts de l’ordre de la Foi et de la Paix en Gascogne (1229). Un programme ascétique pour l’aristocratie laïque ?
Damien Carraz

La croisade comme ascèse ? L’idéal ascétique contraint des Hospitaliers lors des croisades tardives, fin XIIIe-XVe siècle
Eliott Boulate

Conclusions
Catherine Vincent

Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales. LVe congrès de la SHMESP, éd. Cédric Quertier, Olivia Adankpo-Labadie, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2025 ; 1 vol., 320 p. (Histoire ancienne et médiévale). ISBN : 979-1-03511-078-9.

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – « Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales. LVe congrès de la SHMESP », éd. Cédric Quertier, Olivia Adankpo-Labadie

Publication – « Nicole Oresme, Traitié de l’espere. A critical edition », éd. Ronald Thomson

Nicole Oresme (ca. 1320-1382) was a well-known French author and translator working under the patronage of King Charles V (1338-1380). He commented on a number of Aristotelian treatises as well as producing original texts in Latin or Middle French on natural philosophy, mathematics, astronomy, astrology, economics and monetary theory, theology and sermons.

The Traitié de l’espere, written between 1356 and 1377 for the benefit of Charles V and his court, is an introduction to basic physical astronomy (the elements, the spheres, the planets, eclipses, etc.) as well as the groundwork for mathematical astronomy (basic celestial circles – ecliptic and zodiac, colures, tropics, and the like). The text also includes a study of the habitable areas of the Earth (the various climes) and an interesting chapter on the phenomenon of « gaining » or « losing » a day if one circles the earth, travelling east or west.

This is the first critical edition of the Traitié based on the presentation copy (now in the library of St. John’s College in Oxford), collated with the other twelve Middle French manuscripts from the fourteenth and fifteenth centuries. The edition identifies nearly all of the sources quoted in the text, and the various geographical and mythological references. It includes explanations of scientific themes for the benefit of those not familiar with medieval science. An appendix lists possible French neologisms by Oresme found first in this treatise.

Ronald B. Thomson is a Fellow Emeritus of the Pontifical Institute of Mediaeval Studies in Toronto. He obtained his master’s degree in the History and Philosophy of Science and Technology from the University of Toronto, and his doctorate in Modern History from Oxford University. He has published critical editions of texts in medieval mathematical astronomy by Jordanus de Nemore, Abbo of Fleury, Pierre de Maricourt, and Pseudo-Masha’allah.

Table des matières :

Preface

1. Nicole Oresme

2. The Traitié de l’espere
The purpose of the Traitié
The contents of the Traitié
The Traitié and the De spera of Sacrobosco
The Traitié and the Livre du ciel et du monde
The Questiones
The middle French

3. The Manuscripts and Editions
The manuscripts
Ghost reference
Editions
Translations
The base manuscript

4. Editorial Apparatus
Editorial principles
The apparatus
Diagrams

Sigla
Source References
Appendix. Measurements
Appendix. Climes
Appendix. Phases of the Moon
Appendix. Neologisms

Bibliography
Primary sources
Secondary sources

Indexes
General Index
Text Index

Informations pratiques :

Nicole Oresme, Traitié de l’espere. A critical edition, éd. Ronald Thomson, Turnhout, BRepols, 2025 ; 1 vol., VIII–196 p. (Textes vernaculaires du moyen âge, 35). ISBN : 978-2-503-62091-6. prix : € 95,00.

Source : Brepols

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – « Nicole Oresme, Traitié de l’espere. A critical edition », éd. Ronald Thomson

Appel à contribution – Où (en) est le médiévalisme? Where is medievalism (at)?

Université Sorbonne Nouvelle les 12, 13 et 14 novembre 2026, avec le soutien de l’Institut Universitaire de France.

Vingt-cinq ans après La trace médiévale et les écrivains d’aujourd’hui (2000), quinze depuis la publication de Médiévalisme. Modernité du Moyen Age (2010) et Médiéval et militant. Penser le contemporain à travers le Moyen Âge ([2011], 2015), une décennie après Medievalism: Key Critical Terms (2014), et alors que viennent de paraître Les médiévistes face aux médiévalismes (2023) et le Dictionnaire du Moyen Age imaginaire (2022), ce colloque se propose de dresser une cartographie européenne et mondiale du médiévalisme, le domaine relatif à la réception érudite et créatrice du « Moyen Âge ».  

Dans quelles institutions et sur quels objets portent les études médiévalistes, quels en sont les acteurs, et dans quelles disciplines ? Partant de ces dernières années, il s’agira de remonter le temps jusqu’à la fin du XXe siècle, avec le lancement de la « vague » actuelle, conjointement par Paul Zumthor (Parler du Moyen Âge, 1980) et Leslie Workman (Studies in Medievalism, 1979-), afin de distinguer diverses phases, variables d’un pays à l’autre, parfois au sein d’une même aire géographique.

Les propositions de communications privilégieront les synthèses aux études de cas, même si ces dernières ne sont pas exclues, surtout si elles possèdent une valeur exemplaire.

Le colloque sera organisé à la Sorbonne Nouvelle les 12, 13 et 14 novembre 2026, avec le soutien de l’Institut Universitaire de France.

Les propositions (en anglais, espagnol et français) sont à envoyer pour le 15 février 2026 à l’adresse medievalismemedievalism@proton.me. Elles seront examinées par un comité scientifique composé de Justine Breton (U. de Lorraine), Clínio Oliveira de Amaral (Universidade Federal Rural do Rio de Janeiro), Juan Manuel Lacalle (Universidad de Buenos Aires), Antonio Huertas Morales (URJC, Madrid) et Richard Utz (Georgia Tech) – avec Vincent Ferré (Université Sorbonne Nouvelle, organisateur)

Twenty-five years after La trace médiévale et les écrivains d’aujourd’hui (2000), fifteen since the publication of Médiévalisme. Modernité du Moyen Age (2010) and Médiéval et militant. Penser le contemporain à travers le Moyen Âge ([2011], 2015), and a decade since Medievalism: Key Critical Terms (2014), this conference – following  Les médiévistes face aux médiévalismes (2023) et le Dictionnaire du Moyen Age imaginaire (2022) – aims to map medievalism (the field relating to the scholarly and creative reception of the “Middle Ages”) in Europe and around the world.

In recent years, which subjects have been the focus of medievalist studies ? In which institutions (universities, research centers)? We will go back in time to the end of the 20th century – since the launch of the current ‘wave’ by Paul Zumthor (Parler du Moyen Âge, 1980) and Leslie Workman (Studies in Medievalism, 1979-), to distinguish diverse phases, which vary from one country to another, and sometimes within the same geographical area.

 The conference will be held at the Sorbonne Nouvelle University on 12-14 November 2026, with the support of the Institut Universitaire de France.

Proposals (in English, Spanish and French) should be sent by 15 February 2026 to medievalismemedievalism@proton.me . They will be reviewed by a scientific committee composed of Justine Breton (U. de Lorraine), Clínio Oliveira de Amaral (Universidade Federal Rural do Rio de Janeiro), Juan Manuel Lacalle (Universidad de Buenos Aires), Antonio Huertas Morales (URJC, Madrid) et Richard Utz (Georgia Tech) – with Vincent Ferré (Sorbonne Nouvelle University)

Source : Fabula

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Où (en) est le médiévalisme? Where is medievalism (at)?

Web – Closer to Bosch

Hieronymus Bosch (c. 1450–1516), the famous Dutch painter whose actual name was Jheronimus van Aken, remains an exceptionally popular painter and draughtsman today. He is, for example, one of only three painters to be included in the historical Canon of the Netherlands, together with Rembrandt and Vincent van Gogh. The 500th anniversary of his death was commemorated in 2016 with numerous publications and celebrations, especially in the city where he lived and worked, ’s-Hertogenbosch. Among these events two major exhibitions (in Madrid and ’s-Hertogenbosch) stood out, which together drew well over one million visitors, an astonishing success. The scholarly interest in this remarkable master also remains exceptionally strong. Studies of Bosch were traditionally focused on the often-enigmatic iconography of many of his works, which historians of art have tried to decipher since the late 19th century. In the last decades, especially thanks to the work of the Bosch Research and Conservation Project (or BRCP, see below), numerous works of Hieronymus Bosch, his workshop and his followers have been studied with a large array of technical examinations as well.

Closer to Bosch

The innovative web site Closer to Bosch will go live on Monday 24 November 2025. The site will be officially launched at a festive gathering at the Jheronimus Bosch Art Center (or JBAC, see below) in ’s-Hertogenbosch, by Mariève Craste, alderman of the city. Closer to Bosch will provide full access to the images that were acquired by the BRCP. All these images, of the highest quality and in extremely high resolutions, have been reprocessed in recent years with the financial support of the JBAC. The detailed images were seamlessly stitched together to create enormous images of the entire painting, and the various images (such as visible and infrared light) were perfectly registered so they can be viewed in context. Users of the site will be able to study and compare paintings in unprecedented detail. The images are presented in combination with texts from publications by the BRCP, and additional paintings and Bosch’s drawings will be added later. This website will undoubtedly become an important resource for anyone interested in Bosch and late medieval art in general. Closer to Bosch will make the works of Bosch and the research of the BRCP accessible to a broad and international audience.

The Bosch Research and Conservation Project ran from 2010 to 2019, in the context of the organization of the large exhibition Jheronimus Bosch–Visions of Genius in ’s-Hertogenbosch in 2016. The BRCP was the first project ever to research and document a large group of works by a single painter with standardized procedures and the same equipment. The BRCP consisted of art historians, a technical art historian, a conservator/restorer, a specialized art photographer, and a computer specialist. This team traveled to numerous museums, always working with the same cameras and lights, even bringing along the same microscope. All paintings were documented in visible and infrared light at the same, extremely high resolutions. The award-winning project published two major books on Bosch’s oeuvre.

The Jheronimus Bosch Art Center is located in the former St. James Church in ’s-Hertogenbosch. Since its opening on March 26, 2007, the JBAC has been promoting appreciation for the work of Bosch, through offering broad educational programming for a variety of audiences, and a museum-like presentation of the entire oeuvre in full-scale, high-quality reproductions. The JBAC receives individual visitors as well as classes from primary and secondary schools, and it organizes exhibitions of contemporary art. The JBAC also serves Bosch scholarship through its specialized library, the organization of international conferences, scholarly publications, and now also with the interactive website Closer to Bosch.

For more information or interviews:
Ron Spronk, spronkr@queensu.ca, +31 623 275 730.
Jos Koldeweij, jos.koldeweij@ru.nl, +31 651 785 022.

Source : Historians of Netherlandish Art

Publié dans Web | Commentaires fermés sur Web – Closer to Bosch

Publication – Arnold von St. Emmeram, Meginfrid von Magdeburg, « Über den heiligen Emmeram und seine Verehrer », trad. Veronika Lukas

Um das Jahr 1020 fasste der Mönch Arnold von St. Emmeram in Regensburg den Plan, die Lebensbeschreibung seines Klosterpatrons, die 300 Jahre früher von Bischof Arbeo von Freising († 784) verfasst worden war, durch eine neue, zeitgemäßere Version zu ersetzen. Dieses Vorhaben stieß auf starke Widerstände im Kloster, die den Mönch sogar zur Flucht zwangen. Als Autor der Lebensbeschreibung Emmerams gewann Arnold den Domscholaster Meginfrid von Magdeburg; er selbst ergänzte das Werk durch zwei Bücher: eine Mirakelsammlung, die bis in die Zeit Bischof Michaels von Regensburg (942–972) reicht, und einen Dialog, der zunächst von Michaels Nachfolger, dem heiligen Wolfgang (972–994), und der weiteren Geschichte des Klosters handelt, sich aber bald zu einer Sammlung erbaulicher Geschichten unterschiedlicher Art entwickelt. Das Werk ist eine unschätzbare Quelle für die frühe Geschichte Regensburgs; es enthält die ältesten erhaltenen Lebensbeschreibungen des heiligen Wolfgang und des heiligen Gunther von Niederaltaich und zahlreiche singuläre Informationen zur Bau- und Klostergeschichte von St. Emmeram. Zugleich stellt es dank zahlreicher Exkurse Arnolds über eigene Erlebnisse ein seinerzeit seltenes und kulturgeschichtlich aufschlussreiches Ego-Dokument dar. Mit dem Band Arnold von St. Emmeram und Meginfrid von Magdeburg wird es erstmals vollständig in einer kritischen Edition mit deutscher Übersetzung vorgelegt.

Informations pratiques :

Arnold von St. Emmeram, Meginfrid von Magdeburg, Über den heiligen Emmeram und seine Verehrer, trad. Veronika Lukas, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2025 ; 1 vol., X–886 p. (Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum separatim editi, 84). ISBN : 978-3-447-11965-8. Prix : € 149,00.

Source : Monumenta Germaniae Historica

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – Arnold von St. Emmeram, Meginfrid von Magdeburg, « Über den heiligen Emmeram und seine Verehrer », trad. Veronika Lukas

Journée d’étude – Relire Cligès. “Un nouvel conte rancomance

Journée d’étude sur Cligès organisée par Nathalie Koble, Geoffrey Derain et Vanessa Obry, avec le soutien de la branche française de la société internationale de littérature courtoise et de l’ED 540 (Lettres, Arts, Sciences humaines et sociales).

Samedi 31 janvier 2026, 10h30-17h30, à l’ENS, 45 rue d’Ulm, Paris, salle des Actes

10h30 : Accueil et introduction.

11h-12h30 : Sophie Marnette (University of Oxford) – Les discours rapportés dans Cligès : quelques pistes d’analyse.

Claire Donnat-Aracil (Université Paris-Cité) – « ‘Quant Cligès antant le murmure’. Voix de la foule, silences de Fénice chez Chrétien de Troyes ».

Pause

14h-15h30 : Alain Corbellari (Universités de Lausanne et Neuchâtel) – La hantise tristanienne de Chrétien de Troyes.

Francis Gingras (Université de Montréal) – Cligès ou l’art de mieux faire accroire.

Pause

16h-17h30 : Christine Ferlampin-Acher (Université Rennes 2) – Cligès tendance Méditerranée : passéiste, mainstream, ou précurseur ?

Richard Trachsler (Université de Zurich) – Du Doppelkursus aux deulx parties. Cligès et sa mise en prose bourguignonne.

Source : Conjointures

Publié dans Colloque | Commentaires fermés sur Journée d’étude – Relire Cligès. “Un nouvel conte rancomance

Publication – Hôtels et vie de cour en pays bourguignons et voisins (XIVe-XVIe siècles)

Hôtels et vie de cour en pays bourguignons et voisins (XIVe-XVIe siècles). Rencontres de Lausanne (12-14 septembre 2024), Publications du Centre Européen d’Études Bourguignonnes, t. 65, 2025 ; 1 vol., XXII–385 p. ISBN : 978-2-8399-4784-8. Prix : € 85,00.

Table des matières :

Statuts du Centre européen d’Études bourguignonnes (XIVe-XVIe s.)

Liste des membres au 1er juillet 2025

Allocution inaugurale, par S.A.S. le Duc d’Arenberg

Rapport d’activités pour 2023-2024, par Alain Marchandisse et Gilles Docquier

Hervé Mouillebouche, Dijon : l’hostel de chair dans l’hôtel de pierre

Michel Fourny, Tranche de vie de la cour de Bourgogne à l’hôtel de Bruxelles :Mles fouilles archéologiques de l’aula de Philippe le Bon

Marie-Cécile Bertiaux, La couleur : une fonction pour hiérarchiser les espaces dans les demeures des évêques de Troyes à la fin du Moyen Âge

Yves Coativy, D’or et d’argent. L’orfèvrerie ducale en Bretagne au XVe siècle

Simon Frei, Dames de l’hôtel et entourage féminin des comtes et comtesses de Savoie (XIVe siècle)

Yannick Deloffre Daval, Sur les traces de l’hôtel de Jacques II de Bourbon, comte de La Marche (1393-1436) : esquisse des services et des serviteurs d’un prince

Théo Leblond, Au coeur de la cour : la chapelle de Philippe le Bon, duc de Bourgogne

Yann Morel, De l’hôtel de Philippe le Bon à celui de Charles le Téméraire : une difficile transition pour les officiers de bouche ?

Baptiste Rameau (Dijon), La pratique des étrennes sous Jean sans Peur et Philippe le Bon : un miroir des relations au sein de l’hôtel et de la cour ?

Lauréane Badoux, Les hôtels princiers de Savoie au travers des étrennes du 1er jour de l’an sous Amédée VIII et Louis Ier de Savoie (1391-1465). Hiérarchie et réseaux

Bertrand Haquette, Car nous avons grant desir d’en mengier. Comment l’approvisionnement de l’hôtel distingue l’Artois des autres cours princières au xive siècle ?

Eva Pibiri, Un hôtel aux fourneaux. L’organisation des banquets à la cour du duc Amédée VIII de Savoie XVe siècle)

Loïs Forster, S’afficher en guerrier dans la vie de cour : s’illustrer dans les lices à la cour de Bourgogne au XVe siècle

David Bardey, Une affaire de lignages ? Chambellanies et chambellans des ducs capétiens de Bourgogne (XIIe-XIVe siècle)

Mauréna Benteboula, Itinéraire d’un enfant gâté à la cour : la mobilité du Grand Bâtard Antoine de Bourgogne au sein des hôtels

Céline Berry, Louis de Luxembourg : un grand seigneur en son hôtel

Jean-Baptiste Santamaria et Fabio Ventorino, Robert de Florigny et Agnès de Blaisy : un noble couple à la cour de Bourgogne (1364-1425)

Jordy Saillier, L’hôtel des ambitions familiales : Guillaume et Louis de Contay, de « jeunes » nobles à la cour de Bourgogne (1435-1477)

Maxim Hoffman, Espionnage et diplomatie informelle dans les cours de Marie de Hongrie et d’Éléonore d’Autriche au XVIe siècle

Oskar J. Rojewski et José Eloy Hortal Muñoz, The Reception of Burgundian Tradition through a Court of Travelling Sovereigns: Courtiers of Philip the Fair during His Sojourn in the Iberian Peninsula (1501-1503)

Autre communication présentée aux Rencontres de Lausanne

Source : Brepols

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication – Hôtels et vie de cour en pays bourguignons et voisins (XIVe-XVIe siècles)

Offre d’emploi – Stellenausschreibung: Wissenschaftliche:r Mitarbeiter:in in Mittelalterlicher Geschichte (6.-12. Jh.) § 28 Abs. 1 HmbHG

Der Arbeitsbereich Mittelalterliche Geschichte sucht zum 01.04.2026 eine:n Wissenschaftliche:n Mitarbeiter:in 

Einrichtung: Fakultät für Geisteswissenschaften, Fachbereich Geschichte, Arbeitsbereich Mittelalterliche Geschichte
Wertigkeit: EGR. 13 TV-L
Arbeitsbeginn: 01.04.2026, befristet für die Dauer von zunächst vier Jahren (auf der Grundlage von § 2 Wissenschaftszeitvertragsgesetz)
Bewerbungsschluss: 11.01.2026
Arbeitsumfang: Teilzeit
Wochenstunden: 65 % der regelmäßigen wöchentlichen Arbeitszeit

Ihre Aufgaben
Zu Ihren Aufgaben gehören wissenschaftliche Dienstleistungen vorrangig in der Forschung und der Lehre. Es besteht Gelegenheit zur wissenschaftlichen Weiterbildung, insbesondere zur Anfertigung einer Dissertation; hierfür steht mindestens ein Drittel der jeweiligen Arbeitszeit zur Verfügung.

  • Arbeit an der eigenen Dissertation vorrangig zur kulturellen oder politischen Geschichte des Früh- und/oder Hochmittelalters
  • Unterstützung der Professur in Lehre (Proseminar oder Übung in Höhe von 2,6 LVS, Mitarbeit an der Betreuung der Studierenden des deutsch-französischen Studiengangs „HamBord“) und Forschung (Mitarbeit an der Durchführung von Forschungsprojekten der Professur)
  • Mitarbeit an Anträgen (ggf. Mitarbeit an der Konzeption eines Antrags für ein Anschlussforschungsprojekt)
    bei einem Dissertationsthema im Einklang mit dem Akademieprojekt „Formulae – Chartae – Litterae“ ist eine Aufstockung der Arbeitszeit ggf. möglich

Ihr Profil
Abschluss eines des Aufgaben entsprechenden Hochschulstudiums.

  • Masterabschluss in Geschichte oder (mittel)lateinischer Philologie
  • ein Dissertationsthema im Einklang mit den Schwerpunkten der Professur; das diesbezügliche Konzept soll im Anschreiben (siehe Bewerbungsunterlagen) skizziert werden
  • hervorragende Sprachkenntnisse in Wort und Schrift, in entweder Deutsch oder Englisch; falls Deutsch nicht die Muttersprache ist, ist das Sprachniveau B2 erforderlich
  • sehr gute Kenntnisse in Latein (klassisches Latein oder Mittellatein)
  • hervorragende Geschichtskenntnisse und großes Interesse für die Geschichte Europas im Früh- und Hochmittelalter
  • Teamgeist und Initiative
  • Französischkenntnisse sind erwünscht
  • Expertise in Hilfswissenschaften oder besonderes Interesse dafür sind erwünscht

Informationen zum Bewerbungsprozess finden Sie hier (Link zur Stellenausschreinung)

Kontakt:
Prof. Dr. Philippe Depreux
philippe.depreux@uni-hamburg.de
+49 40 42838-4837

Sekretariat:
Christina Nissen
sekretariat.mittelalter@uni-hamburg.de
+49 40 2395-22582

Standort
Von-Melle-Park 6
20146 Hamburg

Source : Universität Hamburg

Publié dans Offre d'emploi | Commentaires fermés sur Offre d’emploi – Stellenausschreibung: Wissenschaftliche:r Mitarbeiter:in in Mittelalterlicher Geschichte (6.-12. Jh.) § 28 Abs. 1 HmbHG

Séminaire – Écrit, culture et société (IXe-XVe s.) (2026)


Les lundis, de 11h à 13h, salle 526
P. Chastang, UVSQ-Paris-Saclay et L. Genton, Université de Paris 1

Les sciences dites auxiliaires de l’histoire, les recherches sur les pratiques d’écriture au Moyen Âge aux époques médiévale et moderne ont connu un profond renouveau. La source écrite n’est plus perçue comme un simple support de l’information mais constitue en elle-même un objet à étudier per se. De nouvelles saisies document permettent d’interroger à nouveaux frais des questions classiques d’histoire politique, économique et culturelle à la lumière de la place centrale que prend l’écrit dans les sociétés du passé. Ce séminaire de recherche a pour objectif de proposer aux étudiant·e·s et chercheur·se·s d’opérer un retour historiographique sur ces questionnements, d’interroger les méthodes et objets des recherches actuelles sur ce champ d’étude et de prolonger les réflexions sur les interactions entre écrit, culture et société entre les IXe et XVe siècles.

26 janvier – Séance introductive
L’histoire de l’écrit, un projet d’histoire totale ?

2 février
Pierre Chastang
« Les matériaux de l’écriture au Moyen Âge : enjeux interdisciplinaires ».

9 février
Isabelle Marchesin (Musée national de Port-Royal des Champs)
« Le Beatus de Saint- Sever, une communauté au travail ».

16 février
Laurent Feller (Université de Paris 1)
« Entre raison pratique et calculs : écrire l’économie au Moyen Âge ».

23 février
Serena Galasso (Università di Padova)
« Genre et scripturalité : autour de Le droit de compter : Les livres de gestion et de mémoires des femmes (Florence, XVe-XVIe siècles) (avec la participation de Justine Audebrand) ».

9 mars
Anne Rochebouet (UVSQ-Paris-Saclay)
« Consulter un livre ou appréhender un texte ? Table, pratiques de lecture, et textualité médiévale ».

16 mars
Justine Audebrand (Institut historique allemand)
« Les femmes et l’écrit : nouvelles perspectives de recherche (VIe-XIe siècle) ».

23 mars
Lucie Moruzzis (Archives nationales)
« Conserver les écrits hier et aujourd’hui : paradigmes et pratiques ».

30 mars
Davide Gherdevich (UVSQ-Paris-Saclay)
« Les rouleaux des morts au Moyen Âge : le projet interdisciplinaire Tituli ».

13 avril
Hugo Vidon (Université de Paris 1)
« Gouverner les eaux par le droit entre théorie et pratique ».

20 avril
Mahaut Cazals (ENS Paris)
« Pistes pour une diplomatique analogique. L’écriture pragmatique par-delà nature et culture ».

22 avril
Louis Genton
« Des archives retrouvées. Deux enquêtes matérielles sur la documentation de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à la fin du XIVe siècle ».

Publié dans Séminaire | Commentaires fermés sur Séminaire – Écrit, culture et société (IXe-XVe s.) (2026)

Appel à contribution – Le Moyen Âge à poils

12-13 juin 2026

La journée d’étude de Questes sera cette année consacrée au poil, envisagé dans son acception la plus large, qu’il soit humain (cheveux, barbe, pilosité corporelle) ou animal, cela sous toutes ses formes, usages et transformations (cuirs, fourrures, parchemins, étoffes, etc.). Élément corporel de première importance, le poil — visible ou dissimulé — se situe au cœur des enjeux esthétiques et participe pleinement à la construction des identités, tant sociales que genrées. À ce titre, il constitue un vecteur privilégié de représentations culturelles, religieuses et même politiques, et véhicule un discours sur les normes et les valeurs des différentes sociétés médiévales.

Au-delà de cet aspect physique, le poil est aussi une matière première essentielle, au centre d’une véritable économie : circulation des matières, transformation artisanale, commercialisation. Il mobilise des savoir-faire spécialisés, des métiers, des techniques et des instruments que cette journée souhaite également mettre en lumière.

Enfin, le poil se trouve au cœur de préoccupations culturelles – propres comme partagées entre les différents espaces médiévaux – à partir desquelles s’élaborent tout un ensemble de références littéraires et artistiques. Véritable motif, le poil et la pilosité deviennent objets de métonymie afin de discourir sur des valeurs ou identités qui leur seraient proprement associées.

S’inscrivant dans le renouvellement des recherches menées depuis une dizaine d’années autour de l’histoire du corps et des sensibilités, ainsi que dans les approches relevant de l’histoire des techniques et de l’archéologie, cette rencontre se veut résolument interdisciplinaire[1]. Elle invite historiens, historiens de l’art, littéraires, archéologues, codicologues ou anthropologues à croiser leurs perspectives. L’objectif n’est donc pas de se limiter à l’étude de la pilosité humaine dans les mondes médiévaux ou à ses relations avec l’animalité, mais bien de dépasser cette dichotomie pour proposer une compréhension globale du poil, qu’il soit matière vivante, matière travaillée ou matière représentée.

Axe 1 : Peaux et fourrures au cœur du quotidien des sociétés médiévales

Une matière première omniprésente. Toutes les sociétés médiévales, quelles qu’en soient l’époque ou la région, ont eu recours aux peaux animales pour façonner une partie de leurs vêtements, de leur literie, de leurs pièces d’ameublement, et jusqu’à leur support d’écriture. Comptabilités, inventaires après décès, iconographie ou sources littéraires témoignent de la présence constante de ces matériaux dans la vie domestique, des plus modestes aux plus aisés. Les fourrures, indispensables dans les régions septentrionales, demeurent très prisées même dans les sociétés méridionales, où elles apparaissent comme des objets de luxe[2]. Leur intégration à la culture matérielle et la symbolique médiévale est telle qu’elles trouvent place jusque dans l’héraldique.

Matérialité et techniques de production. La fabrication des objets en peau ou en fourrure — qu’ils proviennent d’animaux sauvages (hermine, écureuil, fennec, cerf, phoque …) ou d’animaux d’élevage (veau, mouton, truie…) — mobilise un ensemble complexe de techniques, depuis la mise à mort de l’animal jusqu’à la transformation finale de sa peau. Les procédés de tannage et de préparation du cuir connaissent des perfectionnements constants au cours du Moyen Âge, accompagnés d’une spécialisation croissante des métiers : pelletiers, fourreurs, parcheminiers forment des corps de métiers de plus en plus structurés[3]. Certaines innovations techniques circulent largement et témoignent de savoir-faire spécifiques. Ainsi, des analyses menées sur les reliures en peau de phoque de manuscrits du xiie siècle provenant de l’abbaye de Clairvaux suggèrent l’existence de pratiques techniques propres au réseau cistercien, du nord de l’Irlande à l’Angleterre, jusqu’à la Champagne[4].

Un objet d’histoire sociale et économique. La peau et la fourrure s’inscrivent au cœur de réseaux de circulation internationaux. Elles alimentent ainsi un commerce florissant : qu’il s’agisse de la laine intégrée au puissant commerce drapier des régions flamandes, picardes ou anglaises[5], ou des fourrures servant de monnaies d’échange dans les sociétés d’Europe orientale et jusque dans les mondes musulmans. Ce matériau est ainsi au fondement de dynamiques économiques majeures : il contribue à l’enrichissement des villes d’Europe occidentale, à l’essor d’élites urbaines commerçantes, mais aussi au développement et à la puissance de certains peuples nomades des steppes eurasiennes, pour lesquels le commerce des fourrures constitue une ressource centrale[6].

Axe 2 : Le poil, marqueur identitaire révélateur de pratiques culturelles et de valeurs morales

Un marqueur social et ethnique. Le poil, au cœur de l’apparence physique, constitue au Moyen Âge un puissant marqueur identitaire : il signale le genre, la richesse, l’âge, mais aussi l’appartenance culturelle ou religieuse. Comme le vêtement, son traitement obéit à des normes précises et participe à la distinction sociale des individus entre eux. Dans l’Occident chrétien, la tonsure sépare le clerc du laïc, tandis que la longueur des cheveux distingue hommes et femmes. Ces codes varient d’une société à l’autre et inscrivent l’individu dans un groupe social aussi bien qu’ethnique. Ainsi, tandis que les sociétés latines valorisent un visage glabre, la barbe est au contraire prisée dans les mondes byzantin et musulman, devenant un véritable marqueur civilisationnel – un signe visuel encore associé aujourd’hui à certaines traditions religieuses[7]. La conformité à ces attributs peut même revêtir une dimension politique : en 1191, lors de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion, après la conquête de Chypre, contraint les barons chypriotes à se raser la barbe pour signifier leur nouvelle allégeance au pouvoir latin[8].

Au cœur des pratiques culturelles et médicales. Le poil occupe une place centrale dans la vie quotidienne médiévale et reflète pleinement les pratiques culturelles de l’époque. Étroitement soumis aux phénomènes de mode, il révèle les canons esthétiques des sociétés. Ces tendances circulent et s’influencent : ainsi, l’essor de l’épilation intime féminine en Europe à partir du xiiᵉ siècle s’explique en partie par les contacts accrus avec les mondes orientaux. Ces pratiques esthétiques reposent également sur des techniques exposées dans les nombreux traités qui fleurissent durant cette période et qui transmettent diverses recettes d’onguents, procédés de coloration ou méthodes dépilatoires. Ces traités témoignent de leur intégration dans un cadre plus large de rituels d’hygiène et de santé dont les innombrables traces archéologiques comme les peignes aux matières variées et autres accessoires de l’intimité sont les sources privilégiées. Dans le Moyen-Orient médiéval, par exemple, teinture au henné et épilation trouvent une place dans une routine codifiée comprenant bains, sudation, exfoliation et collations[9]. Les soins du poil relèvent ainsi d’un univers qui dépasse le simple champ de l’esthétique et cohabite avec la culture médicale de l’époque : le barbier est un véritable praticien, intermédiaire entre esthétique et santé. Les papes d’Avignon s’entourent ainsi de « barbiers-chirurgiens », chargés non seulement de la coiffure ou du rasage, mais aussi de la saignée comme des soins dentaires[10].

Un attribut hautement moral. Le poil, parce qu’il est immédiatement visible, porte une forte charge morale dans les sociétés médiévales ; il révèle la vertu de l’individu. Ainsi, la coiffe ou le voile de la femme, comme le couvre-chef de l’homme, symbolisent humilité et probité. De même dans la littérature courtoise, la blondeur des cheveux de la Dame fonctionne comme un gage de sa vertu[11]. À l’inverse, le poil indiscipliné trahit l’indécence : l’« homme échevelé » devient la figure du désordre à l’image dans l’iconographie de l’homme hirsute qui incarne la sauvagerie et les mœurs dépravées[12]. Dans les arts, la représentation du poil est donc soigneusement codifiée pour exprimer la pudeur ou l’impudeur. Cheveux attachés ou détachés, couvrant ou découvrant le cou, le dos ou la poitrine : chaque détail participe d’un langage visuel qui définit la norme et désigne la transgression. La chevelure, souvent chargée de connotations érotiques, joue ainsi un rôle essentiel dans la représentation des frontières entre le licite et l’obscène[13]. Là où les cheveux longs de la Vierge tombent sagement sur son dos ou ses épaules, ceux de Marie-Madeleine — tout aussi abondants — glissent sur sa poitrine pour la masquer tout en la révélant.

Axe 3 : Une symbolique au poil. Des pilosités mythiques au service du pouvoir

Le poil et ses racines. Excroissance corporelle, le poil n’en est pas moins au cœur d’intrigues mythologiques illustrant bien son importance dans toutes les sociétés médiévales[14]. Il se fait alors vecteur de morales destinées à assurer l’union derrière des croyances partagées, ou une communauté resserrée. Dans la Bible, la chevelure devient source de virilité masculine, le fameux nazir Samson y puise sa force jusqu’à ce que son inconstance ne le pousse à trahir son secret à l’oreille de Dalila (Jg 16, 19). Emblème de la beauté féminine, Snorri Sturluson raconte comment l’attention déraisonnée que porte la déesse Sif à sa toison dorée entraîne les dieux d’Asgard dans un inéluctable mécanisme conduisant au Ragnarök. Le mythe se fait aussi source de liberté, Paul Diacre rapporte ainsi dans son Histoire des Lombards le conte selon lequel ces derniers auraient triomphé des Vandales en grimant leurs femmes en hommes, celles-ci arrangeant leur coiffure pour se donner l’apparence de porteuses de longues barbes. Critique de la légende, l’auteur y reconnaît pour autant l’origine onomastique du peuple dont il écrit les racines. Ce port de la barbe serait dès lors constitutif d’une identité lombarde, caractérisée par la liberté dont jouiraient ses représentants depuis cette même victoire[15]. Cela explique l’épilation que souhaite leur imposer Charlemagne – qui en triomphe au tournant du viiie siècle – et les résistances que soulève une telle privation. 

Une toison pour les gouverner tous. Ce rapport au poil peut aussi s’ériger en source d’un pouvoir politique. Lorsque les moines de Ripoll souhaitent au xiie siècle vanter l’autonomie de leur maître, le comte de Barcelone, ils opposent ainsi à son aïeul, Guifred le Velu, son injuste roi et antagoniste, Charles le Chauve[16]. Reconnu par sa mère pour sa pilosité inégalée – tel un nouveau Jacob (Gn 27, 1-29) – elle l’introduit auprès des grands de sa patrie qui lui jurent fidélité et service (GCB, III). Ici, le poil se trouve à la source de l’autorité permettant à ce comte de la frontière de revendiquer l’exercice souverain d’une telle charge. Au xiie siècle toujours, le corpus des Usatges de Barcelone accorde lui aussi au poil une place décisive à la mise en ordre des rapports sociaux. Destiné à encadrer les violences au sein de cette société féodale, il interdit le tirage des cheveux, à une (cinq sous) ou deux mains (dix sous), de même que le tirage de la barbe (vingt sous) ou encore la tonte du crâne (quarante sous). Un crachat au visage ou un assaut entraînant son saignement n’étant sanctionné que de vingt sous, il apparaît bien là encore que l’honneur chevaleresque réside dans la chevelure, vieille marque de distinction des aristocraties latines[17]

La sacralité du poil. Au regard de cette matérialisation capillaire d’une prééminence sociale, des pratiques telles que la tonsure des souverains renversés, préliminaire à leur cloisonnement monastique – cela autant chez les rois francs du premier Moyen Âge que chez leurs contemporains byzantins ou wisigoths – apparaissent bien plus clairement à notre regard moderne[18]. Dans ces sociétés ne distinguant pas les aspects politiques et religieux, la foi et ses institutions restent essentielles à l’exercice d’un pouvoir qu’elles légitiment et renforcent. Le Livre des Cérémonies rapporte ainsi le récit de la première coupe des cheveux du jeune Léon, à l’orée du ixe siècle. Héritier du trône impérial, il est alors « coiffé » par le patriarche de Constantinople au cœur du palais, se tenant au milieu des grands officiers amenés à servir leur futur souverain[19]. Le poil enfin, peut atteindre une dimension sacrée. Ceux des illustres défunts deviennent des reliques, ainsi de poils de la barbe de Muhammad conservés au cœur du palais de Topkapi à Istanbul. En vue d’accroître l’authenticité d’un sceau, déposer quelques cheveux sur la cire fraîche était là encore une pratique mobilisant cette symbolique, où l’on liait une partie de soi à son emblème et aux décisions qu’il véhiculait. En cas de deuil, il était commun chez toutes les civilisations médiévales de la Méditerranée de matérialiser sa peine par l’abandon de poignées de cheveux. Dans le roman de chevalerie enfin, ces quelques mèches abandonnées deviennent le symbole du lien inébranlable unissant symboliquement le prétendant à sa promise, ainsi de Lancelot qui s’émeut des fils d’or encore attachés au peigne de la reine Guenièvre qu’il s’efforce de secourir[20].


Conditions de soumission : 

Cet appel à communication est ouvert aux étudiant.e.s de master, doctorant.e.s, jeunes chercheur.se.s en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, d’une longueur de 300 à 500 mots, doivent être envoyées à jequestes@gmail.com avant le 12 février 2026. Elles devront être accompagnées d’une proposition de titre, d’une courte bibliographie, et d’une brève description des intérêts de recherche. Elles pourront donner lieu à une communication orale de 25 minutes, durant la journée d’étude qui se déroulera le 12 ou 13 juin 2026 à Paris.

Le comité d’organisation : Matthieu Bayle, Line Bondetti et Donatien Guégan


[1] En témoignent les travaux précurseurs de Georges Vigarello par exemple dans Le propre et le sale : Histoire de l’hygiène du Moyen Âge à nos jours, Seuil, Paris, 1985 et les monographies plus récentes telle Histoire du poil (dir.) Joël Cornette et Marie-France Auzépy, Belin, Paris, 2017, ou le colloque organisé à Florence par le Netherland Interuniversity of Art institute for Art History le 24-25 octobre 2025 sous le titre « Hirsute, Dawny, Hairless. Meanings and Forms of Body Hairs in Modern Visual Culture ».

[2] Pierre Bonnassie, « Les fourrures dans la Catalogne du xie siècle ». Milieux naturels, espaces sociaux, édité par Franco Morenzoni et Élisabeth Mornet, Éditions de la Sorbonne, Paris, 1997.

[3] Véronique Montembault et Gilles Deborde, « Le cuir, une réinvention médiévale ? », La Peaulogie – Revue de sciences sociales et humaines sur les peaux, 2021, Cuirs et peaux dans les sociétés humaines. Techniques de transformation, fonctionnalités, représentations et symbolismes, 7.

[4] Élodie Levêque, « Les reliures romanes de la bibliothèque de Clairvaux : étude archéologique et biocodicologique », Thèse de doctorat soutenue le 27 mai 2020 sous la direction de François Bougard à l’Université Paris-Nanterre.

[5] Robert Delort, Le Commerce des fourrures en Occident à la fin du Moyen Âge, École française de Rome, Rome, 1978.

[6] Claire Dessus–Gilbert, De fourrure et d’argent. Histoire économique, politique et culturelle des échanges entre l’Islam et l’Europe orientale (ixe-xiiie siècles), mémoire de master 2 d’histoire médiévale sous la direction de Marie Favereau et Emmanuelle Tixier du Mesnil à Paris-Nanterre, 2024. 

[7] Debra Higgs Strickland, Saracens, Demons, and Jews: Making Monsters in Medieval Art, Princeton University Press, 2003 ; Sara Lipton, Dark Mirror: The Medieval Origins of Anti-Jewish Iconography, New York, 2014.

[8] The Chronicle of the Third Crusade: The Itinerarium Peregrinorum et Gesta Regis Ricardi, trad. Helen J. Nicholson, Aldershot, Ashgate (Crusade Texts in Translation, 3), 1997, chapitre XXXVII.

[9] Geneviève Dumas, « Le soin des cheveux et des poils : quelques pratiques cosmétiques (xiie-xvie siècles) ». Chantal Connochie-Bourgne (éd.), La chevelure, Op. Cit., 2004.

[10] Claire Clément, « Barbier du pape, chirurgien dans la cité. Questionner le statut et l’activité médicale d’un obligé du pontife, Robin de Singallo (†1381) », Médiévales, 88(1), 2025, p. 163-182.

[11] Elena Rouzomniak, « Le vêtement et la coiffure dans les romans français des xiiie et xive siècles : étude de lexicologie, de critique littéraire et d’histoire des sensibilités médiévales », thèse de doctorat dirigée par Philippe Ménard et soutenue à l’Université Paris IV-Sorbonne le 9 décembre 2006

[12] Florent Pouvreau, Du Poil et de la bête. Iconographie du corps sauvage en Occident à la fin du Moyen Âge (xiiie-xvie siècle), CTHS, Paris, 2015.

[13] Noëlle Lévy-Gires, « Se coiffer au Moyen Âge ou l’impossible pudeur ». La chevelure dans la littérature et l’art du Moyen Âge, édité par Chantal Connochie-Bourgne, Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence, 2004.

[14] Bertrand Lançon, Marie-Hélène Delavaud-Roux (éd.), Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité. Le sens du poil, L’Harmattan (Le corps en question), Paris, 2011

[15] Paul Diacre, Histoire des Lombards, Brepols, Turnhout, 1994, Livre i, Chap. viii-ix

[16] Martin Aurell, « Aux origines de la Catalogne : le mythe fondateur de la Maison de Barcelone dans l’historiographie du xiie siècle », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142ᵉ année, n° 1, 1998. p. 15.

[17] Usatges de Barcelona. El Codí a mitjan selge XII, Bastardas, Joan (éd.), Fundació Noguera (Textos i Documents 6), Barcelone, 1984, Us. 16 & 19.

[18] Bruno Dumézil, Les Barbares, « Cheveux et poils », Presses Universitaires de France, Paris, 2020.

[19] Histoire du poil (dir.) Joël Cornette et Marie-France Auzépy, Op. Cit., p. 85.

[20] Claire Rozier, « Le peigne de la reine dans l’épisode de la Charrette (Chrétien de Troyes, Lancelot en prose et Prosa-Lancelot) », Chantal Connochie-Bourgne (éd.), La chevelure, Op. Cit., 2004.

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Le Moyen Âge à poils