Offre d’emploi – Postdoctoral Fellow in the Study of Historical Psychology in Latin Texts

Harvard University
Department of Human Evolutionary Biology

Position Description

We seek a postdoctoral fellow with research experience in computational approaches to language and literature to work on a cross-institutional project on the study of historical psychology in Latin texts. This is a one-year full-time position beginning in Spring 2023 and potentially renewable for one additional year. Besides regular meetings with the project PI, Joe Henrich (Harvard University; Culture, Cognition, and Coevolution Lab), and co-PI, Jonathan Schulz (George Mason University), the position will entail close collaboration with the Quantitative Criticism Lab, co-directed by Joseph Dexter (Harvard University) and Pramit Chaudhuri (University of Texas at Austin). The aim of the project is to develop computational methods for the study of diachronic changes in psychology based on current research in the social sciences and recent advances in computational text analysis for Latin and other pre-modern languages. The work forms part of a larger multi-institutional project, funded by the Templeton Foundation, entitled “Religion, Family Structure and the Origins of Individual Freedom and Economic Prosperity.”

The successful applicant will join a cross-disciplinary, highly collaborative team of humanists, social/life scientists, and data scientists; this position will contribute to the team through expertise in natural language processing, corpus linguistics, computational literary studies, digital humanities, or a related area. Experience in Latin language and literature is desirable, but interested applicants who have worked on other literary traditions, or on text mining of large English corpora, are strongly encouraged to apply and will receive full consideration. Other desired but optional areas of experience include one or more of the following: cultural analytics, cultural evolution, history of ideas, and lexicography. The fellow will have no teaching responsibilities.

Basic Qualifications

A Ph.D. in a computational, statistical, linguistic, or literary field is required; possible disciplines include (but are not limited to) anthropology, applied mathematics, bioinformatics, classics, cognitive science, comparative literature, computer science, English, evolutionary biology, information science, linguistics, psychology, and statistics. By the start date of the position, applicants should either have the Ph.D. in hand or be able to provide certification from their home institution that all degree requirements have been fulfilled. The Culture, Cognition, and Coevolution Lab space is based at Harvard University; residence near Cambridge during the fellowship period is preferred but not required.

Special Instructions:

Applicants should submit the following materials by February 15, 2023 at https://academicpositions.harvard.edu/postings/11991.

– Cover letter describing their interest in the position and any relevant prior work;

– CV;

– Short (1-3 page) summary of past and current research interests, which gives particular attention to any computational work and includes links to a GitHub page or other online coding portfolio, if available;

– Writing sample of not more than 30 pages;

– Names and contact information of three referees (letters will be requested only for short-listed candidates).

Contact Information:

Questions regarding the position may be directed to jdexter@fas.harvard.edu. Given the interdisciplinary nature of the position, interested applicants are encouraged to discuss their interests and qualifications with the project team before applying.

We are an equal opportunity employer and all qualified applicants will receive consideration for employment without regard to race, color, religion, sex, national origin, disability status, protected veteran status, gender identity, sexual orientation, pregnancy and pregnancy-related conditions or any other characteristic protected by law.

Source : The Medieval Academy Blog

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Publication – Michel Pastoureau, « Les Couleurs au Moyen Âge. Dictionnaire encyclopédique »

Etudier l’histoire des couleurs n’est jamais un exercice facile. Le Moyen Âge ne fait pas exception, bien au contraire. Sur les objets, les images et les œuvres d’art qu’il nous a laissés, nous voyons les couleurs non pas dans leur état d’origine mais tel que le temps les a transformées ; l’écart est parfois considérable. Nous les voyons en outre dans des conditions de lumière sans rapport avec les éclairages anciens, tous produits par des flammes. A ces difficultés documentaires et matérielles s’ajoute l’impossibilité de projeter dans le passé, sans précaution aucune, nos connaissances actuelles, nos définitions, nos classifications, nos sensibilités. Ce n’étaient pas celles du Moyen Âge, ni celles de l’Antiquité ou des temps modernes. Le danger d’anachronisme est là qui guette l’historien à chaque coin de document.


Le présent dictionnaire tente de cerner ce qu’est la couleur au Moyen Âge, tantôt matière, tantôt lumière, tantôt vocable, tantôt concept. Pour ce faire, il nous propose un ensemble d’environ deux cents notices, prenant en compte tous les domaines où la couleur est à l’œuvre : le lexique et les faits de nomination, la chimie des pigments et des colorants, les techniques de peinture et de teinture, les systèmes vestimentaires et les codes qui les sous-tendent, la place de la couleur dans la vie quotidienne, les règlements émanant des autorités, les moralisations des hommes d’Eglise, les spéculations des hommes de science, les créations artistiques et littéraires, le monde des emblèmes et des symboles.
Le dictionnaire lui-même est accompagné d’un ensemble de trente-deux documents iconographiques, commentés avec précision et mettant en valeur les différentes fonctions de la couleur dans les images médiévales. Historien, spécialiste des couleurs, des images et des emblèmes, Michel Pastoureau est directeur d’études émérite de l’École pratique des hautes études, où il a occupé pendant 35 ans la chaire d’histoire de la symbolique occidentale. Il a publié une soixantaine de livres, dont plusieurs ont été traduits dans une trentaine de langues. Sous la forme d’un dictionnaire, le présent ouvrage met à la disposition d’un public élargi le bilan des travaux qu’il a conduits depuis un demi-siècle sur l’histoire des couleurs au Moyen Âge.

Informations pratiques :

Michel Pastoureau, Les Couleurs au Moyen Âge. Dictionnaire encyclopédique, Paris, Le Léopard d’Or, 2022 ; 1 vol., 360 p. ISBN : 978-2-86377-283-6. Prix : € 60,00.

Source : Le Léopard d’Or

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Conférence – Benoît Beyer de Ryke, « Jean Tauler, le disciple strasbourgeois de Maître Eckhart »

Benoît Beyer de Ryke
Historien médiéviste et philosophe
Collaborateur scientifique à l’Université Libre de Bruxelles
Membre du Collège des Alumni de l’Académie royale de Belgique

Avec Eckhart et Suso, Tauler est l’un des trois grands représentants de la « mystique rhénane » du XIVe siècle. Sa vie, assez mal connue, peut se résumer de la sorte. Il est né à Strasbourg autour de 1300, dans une famille aisée. Dès l’adolescence, il entre chez les dominicains où il est marqué par l’enseignement de Maître Eckhart. En 1339, les dominicains sont chassés de Strasbourg, car ils soutiennent le pape contre l’empereur germanique. Tauler réside quelques mois à Cologne, puis plusieurs années à Bâle. Il revient ensuite dans sa ville natale, où il assume la direction spirituelle d’un couvent de dominicaines et d’un groupe de laïcs parmi lesquels les « Amis de Dieu ». Ce sont ces moniales qui ont mis par écrit ses prédications, dont 83 sont parvenues jusqu’à nous. Il meurt le 16 juin 1361.

Informations pratiques :

Monsieur Benoît Beyer de Ryke dispensera au Collège Belgique un cours-conférence intitulé « Jean Tauler, le disciple strasbourgeois de Maître Eckhart » le 31 janvier 2023 à 17h.

Inscription – Conférence : Jean Tauler, le disciple strasbourgeois de Maître Eckhart

Jean Tauler, né vers 1300 à Strasbourg et mort en 1361 dans cette même ville, est un théologien, un mystique et un prédicateur alsacien influent. Dominicain, il fut le disciple strasbourgeois de Maître Eckhart. Il conseillait les « Amis de Dieu », un mouvement de pieux laïcs en quête de spiritualité très actif en cette période. C’est grâce à lui, et à Henri Suso, que la pensée de Maître Eckhart a franchi les siècles.

Toutes les informations sur cette conférence sont disponibles sur notre site.

Argumentaire :

Jean Tauler (vers 1300-1361)[1] est né et mort à Strasbourg[2]. Issu d’une famille bourgeoise très aisée, il entre chez les dominicains de sa ville natale vers 1315[3]. Il y suit le cursus d’études qui, chez les prêcheurs, dure de sept à huit ans. Il a certainement côtoyé Eckhart pendant la période strasbourgeoise (1313-1323/1324). On ne pense pas toutefois que Tauler ait accompagné le Thuringien lorsqu’il est allé enseigner au Studium generale de Cologne. De sorte qu’il n’y a sans doute pas rencontré Suso comme on l’a prétendu quelques fois. Lors du Reichstag de Francfort en 1338, Louis de Bavière, bravant l’interdit lancé par le pape Benoît XII (1334-1342, alias Jacques Fournier) contre Strasbourg qui était restée fidèle à l’empereur, ordonna que l’on célèbre le culte religieux dans la ville, ce qui contraignit les prêcheurs à l’exil car ils étaient fidèles à la papauté. Expulsé de Strasbourg en 1339, avec tous les dominicains, Tauler réside alors quelque temps à Cologne, puis quatre ans à Bâle, où il fait la connaissance du prêtre séculier Henri de Nördlingen et de la mystique dominicaine Margaretha Ebner († 1351), deux figures de proue du groupe fervent des Amis de Dieu (Gottesfreunde)[4]. Au cours de ces années bâloises, il se rend à plusieurs reprises à Cologne, probablement pour s’y procurer des copies de textes spirituels. De retour en 1343 à Strasbourg, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort, sauf pour des voyages épisodiques, Tauler poursuit son compagnonnage avec les Amis de Dieu, dont le banquier strasbourgeois Rulman Merswin[5] est le représentant le plus célèbre et le principal promoteur. Issu d’une famille riche et influente de Strasbourg, Rulman Merswin est né en 1307. En 1347, âgé d’une quarantaine d’années, il se retire des affaires et des mondanités pour mener une vie de pénitence avec sa femme, et c’est en 1348 qu’il choisit Tauler comme maître spirituel. Plus tard, après la mort de Tauler, il fera l’acquisition d’un ancien prieuré bénédictin à l’abandon, dans le quartier maraîcher, en un lieu-dit l’Île Verte (daz Grüne Woerth), afin d’y fonder un ermitage. En accord avec les autorités ecclésiastiques, il y installera des chapelains séculiers, puis, suite à des querelles, ceux-ci seront remplacés par des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1370. En 1371, sa femme étant morte, Rulman Merswin viendra alors vivre à la commanderie[6] où il mourra en 1382. Merswin y rédigea quelques ouvrages, dont Le livre des neuf rochers qui eut un certain succès. Rulman Merswin fut par ailleurs l’auteur d’une supercherie qui suscita de vives controverses et fit couler beaucoup d’encre. Francis Rapp en donne un bon résumé : « La bibliothèque de l’Île Verte contenait un ensemble de lettres et de traités attribués à « l’Ami de Dieu de l’Oberland ». Ce personnage y racontait sa conversion et son apostolat dont l’instrument était la société des « Amis de Dieu ». Merswin était un membre éminent de cette compagnie. Depuis la fin du XIXe siècle, les historiens ont acquis pour la plupart la conviction que le bourgeois retiré des affaires inventa la figure de « l’Ami de Dieu de l’Oberland » afin de faciliter la diffusion de ses propres idées ; il pensait qu’en les insérant dans cette fiction littéraire, et en y injectant une dose de mystère, il retiendrait à coup sûr l’attention des lecteurs »[7]. Mais revenons à Tauler. D’après Pomerius (XVe s.), le premier biographe de Ruusbroec, Tauler aurait rendu plusieurs fois visite à Ruusbroec à Grœnendael, mais rien n’est moins sûr. Ceci témoigne toutefois du fait que la réputation de Tauler s’était répandue fort loin[8]. Par contre, il est exact que Tauler a connu L’ornement des noces spirituelles que Ruusbroec a envoyé en 1350 aux Amis de Dieu. Tauler est décédé le 16 juin 1361, cinq ans avant Suso, comme nous l’apprend une dalle funéraire[9] conservée aujourd’hui au Temple Neuf, dans l’ancien cloître du couvent des dominicains de Strasbourg[10].

Tauler est essentiellement prédicateur et directeur spirituel. Sa doctrine n’a pas fait l’objet d’un enseignement systématique, elle est exposée dans ses Sermons en allemand, lesquels, au nombre de 83, nous sont connus par des reportationes, des notes d’auditeurs. Le thème principal de la prédication de Jean Tauler, écrit le P. Édouard-Henri Wéber, « est sans contredit celui de la naissance du Fils ou Verbe de Dieu en l’âme du croyant »[11]. Ce que l’on exprime également par les termes de théogénésie ou d’inhabitation. Tauler appelle Gemüt le lieu qui en l’homme est « capable de Dieu ». Dans son Sermon pour la fête de Noël (Sermon 1), il développe la thèse des trois nativités : génération éternelle du Fils dans l’essence divine, naissance de Jésus à Bethléem, naissance de Dieu en l’âme bonne. Tauler reprend donc le cœur de la mystique eckhartienne, à savoir la déification du chrétien. Toutefois, plus prudent qu’Eckhart, il insiste davantage encore sur le rôle de la grâce dans cette transformation, reprenant après son Maître la phrase de Maxime le Confesseur : « Devenir par grâce ce que Dieu est par nature ». Par ailleurs, il souligne que l’union de l’âme à Dieu n’abolit pas la distinction de leurs natures. Comme Eckhart, Tauler s’inspire des philosophes païens, de Platon et surtout de Proclus (cf. Sermons 44, § 5 et 53, § 2) qu’il connaît par Berthold de Moosburg, le successeur d’Eckhart à la tête du Studium generale de Cologne en 1335 et l’auteur d’un monumental commentaire des Eléments de théologie de Proclus[12]. C’est une des particularités de l’approche taulérienne que de réaliser la synthèse de l’eckhartisme et du néoplatonisme betholdien. Cependant, plus soucieux de recherche spirituelle que de spéculations philosophiques, il dit se méfier des « grands docteurs de Paris » qui « lisent les gros livres » mais ignorent le « Livre de la vie » (Sermon 69, § 4). Tauler ne se veut pas Lesemeister mais Lebemeister. Il développe toutefois une doctrine personnelle de l’abîme divin. Tauler adopte également l’approche apophatique dionysienne de Dieu que le Thuringien avait portée à sa perfection. Mais alors qu’Eckhart n’avait pas décelé d’étapes bien précises dans le cheminement spirituel, Tauler, de même que Suso, distingue les trois stades du commençant (l’homme extérieur ou sensitif), du progressant (l’homme intellectuel ou raisonnable) et du parfait (l’homme intérieur ou spirituel), qui correspondent aux trois étapes classiques de la purgation, de l’illumination et de l’union. C’est le schéma traditionnel des trois voies : via purgativa, illuminativa, unitiva. Contre les tenants du Libre Esprit, Tauler insiste sur la nécessité de pratiquer les vertus et de recevoir les sacrements.


[1] Pour une première approche de Tauler, cf. S. Eck, Initiation à Jean Tauler, Paris, Cerf, 1994 (« Épiphanie-Traditions dominicaines : initiations »). Le point le plus récent sur cet auteur se trouve dans M.-A. Vannier, éd., 700e anniversaire de la naissance de Jean Tauler, numéro spécial de la Revue des sciences religieuses, 75/4, 2001 [contributions de : A.M. Haas, Fr. Rapp, V. Beyer, M. Enders, J. Reaidy, M.-A. Vannier, G. Pfister, R. Valléjo, G. Littler, J. Devriendt, M. Gruber, É. Mangin, S. Eck, R. Goetschel, M. Vannini, J. Doré] ; et dans La vie spirituelle (dossier : Cheminer avec Tauler. Pour le 7e centenaire de sa naissance, p. 5/57-140), 738, 2001 [contributions de : M.-A. Vannier, Fr. Rapp, L. Gnädinger, A.M. Haas, É. Mangin, M. Vannini, S. Eck]. Cf. également E. Filthaut, éd., Johannes Tauler. Ein deutscher Mystiker. Gedenkschrift zum 600. Todestag, Essen 1961. Et aussi, J.-A. Bizet, « Tauler auteur mystique ? », dans La mystique Rhénane, Colloque de Strasbourg, 16-19 mai 1961, Paris, PUF, 1963, p. 169-178 (« Travaux du Centre d’études supérieures spécialisé d’Histoire des religions de Strasbourg ») ; M. de Gandillac, Valeur du temps dans la pédagogie spirituelle de Tauler, Montréal-Paris, 1956 ; L. Gnädinger, « Tauler », Dictionnaire de spiritualité, XV, col. 57-79 ; Id, Johannes Tauler. Lebenswelt und mystische Lehre, Munich, C.H. Beck, 1993 ; É.-H. Wéber, « Jean Tauler et Maître Eckhart », dans Jean Tauler, Sermons, édition intégrale, traduction de E. Hugueny, G. Théry, M.A.L. Corin, éditée et présentée par J.-P. Jossua, Paris, Cerf, 1991 (« Sagesses chrétiennes ») [l’édition de référence en français]. Pour l’édition allemande des sermons de Tauler, cf. F. Vetter, éd., Die Predigten Taulers, Berlin, 1910 (« Deutsche Texte des Mittelalters », 11). Pour une approche exhaustive à propos de la mystique rhénane, cf. Encyclopédie des mystiques rhénans : d’Eckhart à Nicolas de Cues et leur réception. L’apogée de la théologie mystique de l’Église d’Occident, Paris, Cerf, 2011, 1280 p. Signalons enfin que l’on pourra trouver une foule d’informations et de documents à télécharger sur Jean Tauler, Rulman Merswin et les Amis de Dieu, sur le site de Jean Moncelon : http://insulaviridis.moncelon.fr/index.htm.

[2] Sur Strasbourg comme foyer de la mystique rhénane à l’époque de Maître Eckhart, de Tauler et de Rulman Merswin, cf. R. Valléjo, « Cité, désert et solitude, Strasbourg et la mystique rhénane au XIVe siècle », dans A. Dierkens et B. Beyer de Ryke, éds, Maître Eckhart et Jan van Ruusbroec. Études sur la mystique « rhéno-flamande » (XIIIe-XIVe siècle), Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2004, p. 151-169 (« Problèmes d’histoire des religions », 14).

[3] Pour la biographie de Tauler, cf. C. Scheeben, « Zur Biographie Johann Taulers », dans E. Filthaut, éd., Johannes Tauler. Ein deutscher Mystiker. Gedenkschrift zum 600. Todestag, op. cit. ; et aussi, A.M. Haas, « L’itinéraire de Jean Tauler », dans M.-A. Vannier, éd., 700e anniversaire de la naissance de Jean Tauler, op. cit., p. 407-409.

[4] Sur les Amis de Dieu, cf. B. Gorceix, Amis de Dieu en Allemagne au siècle de Maître Eckhart, Paris, Albin Michel, 1984 (« Spiritualités vivantes »). Cf. aussi A. Chiquot, « Amis de Dieu », Dictionnaire de spiritualité, I, col. 493-500. Cf. aussi, M.-A. Vannier, « Jean Tauler et les Amis de Dieu », dans M.-A. Vannier, éd., 700e anniversaire de la naissance de Jean Tauler, op. cit., p.456-464.

[5] Cf. Fr. Rapp, « Rulman Merswin », Dictionnaire de Spiritualité, t. X, 1056-1058, 1980.

[6] Cette commanderie est aujourd’hui le siège de l’Institut national du service public (INSP), institution qui, depuis le 1er janvier 2022, a remplacé l’ENA (École nationale d’administration), laquelle avait été transférée de Paris à Strasbourg en 1991.

[7] Fr. Rapp, « La mystique à Strasbourg », dans La numérisation des manuscrits de la mystique rhénane de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, Strasbourg, 2001, p. 9.

[8] Sur la réception de Tauler aux Pays-Bas, cf. M.J. Hoenen, « Johannes Tauler († 1361) in den Niederlanden. Grundzüge eines philosophie- und rezeptionsgeschichtlichen Forschungsprogramms », Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie, 41, 1994, p. 389-444.

[9] D. Delattre et J. Devriendt, « Un portrait de Jean Tauler selon Rulman Merswin ? », dans M.-A. Vannier, éd., Les mystiques rhénans, numéro spécial de la Revue des sciences religieuses, 70/1, 1996, p. 136-153. Comme le disent les auteurs de cet article, on retrouve dans cette tombe « nombre de symboles qui illustrent la façon dont Jean Tauler était perçu en 1361. Par des images simples, la colonne, le livre, l’agneau, cette tombe est un véritable petit traité mystique, dont la pointe est l’exposé de l’inhabitation divine. L’étude de ce monument amène celle des Amis de Dieu, et en particulier celle de Rulman Merswin ».

[10] Cf. Fr. Rapp, « Le couvent des Dominicains de Strasbourg à l’époque de Tauler », La vie spirituelle (dossier : Cheminer avec Tauler. Pour le 7e centenaire de sa naissance, p. 5/57-140), op. cit., p. 59-74. Cf. également, V. Beyer, « Les vitraux de l’ancienne église des Dominicains de Strasbourg », dans M.-A. Vannier, éd., 700e anniversaire de la naissance de Jean Tauler, op. cit., p.422-428.

[11] É.-H. Wéber, « Jean Tauler et Maître Eckhart », op. cit., p. 679.

[12] Sur ce point, cf. R. Imbach, « Le (néo)-Platonisme médiéval : Proclus latin et l’école dominicaine allemande », Revue de théologie et de philosophie, 110, 1978, p. 427-448.

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Séminaire – Meetings with the Psalms and Psalters

International scholars partake in a 9-part seminar series devoted to psalms. The event is free and open to all, but registration is required. Once registered, you will be sent an email with an invitation to the Zoom link for each session.

12:00 Eastern Standard Time (NEW YORK, INDIANAPOLIS)
17:00 Greenwich Mean Time (LONDON, DUBLIN)
18:00 Central European Time  (WARSAW, BRUSSELS)

(Individual session times are subject to change due to daylight savings time. Please check each session and the time conversion as the day approaches)

Sponsored by The John Paul II Catholic University of Lublin, the Research Group for the Study of Manuscripts (SIGLUM) and the Institute of English Studies at the University of Warsaw, Poland, and the Nanovic Institute for European Studies at the University of Notre Dame.

Programme :

January 26, 2023 – « Rescuing Rolle: H.R. Bramley edits the English Psalter »
Michael P. Kuczynski (Tulane University, New Orleans, LA)

February 23, 2023 – « Practice and Symbolism in An Unpublished Fifteenth-Century Psalmic Prayer to the Five Wounds »
Samira Lindstedt (University of Oxford)

March 23, 2023 – « On Augustine’s Enarrationes in Psalmos »
Hildegund Müller (University of Notre Dame)

April 27, 2023 – « The Oldest Middle Dutch Translation of the Psalms (c. 1250-1300): Context(s) of Origin, Functions and Nachleben’ »
Youri Desplenter (University of Ghent)

May 25, 2023 – « Writing between the Lines: Towards a Typology of Glossing Techniques in the Old English Glossed Psalters »
Thijs Porck (Leiden University)

June 22, 2023 – « Literary, Exegetical and Theological Aspects of Aramaic Translations of Psalms of Pilgrims (Psa 120-134) »
Mirosław Wróbel (John Paul II Catholic University of Lublin)

October 26, 2023 – « Renaissance translations of the Psalms into Polish: A Bibliological Approach »
Rajmund Pietkiewicz (Pontifical Faculty of Theology)

November 23, 2023 – « Putting the Pieces Back Together: on the Reconstruction of the Fragmentary N-Psalter »
Monika Opalińska (Warsaw University)

December 14, 2023 – « Psalter in Exile: On an Early Modern English translation of the Psalms from the Vulgate »
Magdalena Charzyńska-Wójcik (The Nanovic Institute at University of Notre Dame and John Paul II Catholic University of Lublin)

Source : Nanovic Institute

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Colloque – Landschaft – Herrschaft – Repräsentation. Burgen und Pfalzen in Mitteldeutschland und Mitteleuropa

Das Kolloquium setzt sich zum Ziel, die Tradition der Burgenforschung an der Universität Halle-Wittenberg mit neuen Ansätzen, interdisziplinären Perspektiven und aktuellen Forschungsmethoden der Gegenwart zu verbinden.

Am Institut für Kunstgeschichte und Archäologien Europas findet vom 10.2. bis 12.02.2023 die Tagung « Landschaft – Herrschaft – Repräsentation. Burgen und Pfalzen in Mitteldeutschland und Mitteleuropa » statt.

Veranstalter: Prof. Dr. Ute Engel/Prof. Dr. Tobias Gärtner

Anmeldungen bitte bis 31.01.2023 unter: stefanie.bagehorn@praehist.uni-halle.de

Programme :

Freitag, 10.02.2023

13.00 Anmeldung
13.30 Begrüßung und Einführung
Begrüßung Prof. Dr. Ute Engel, Prof. Dr. Tobias Gärtner (Halle)
Einführung Dr. Irene Roch-Lemmer (Halle)

Sektion 1: Burgen und Burgenforschung in Halle (Moderation: Prof. Dr. Ute Engel)


14.00 Dr. Dirk Höhne (Halle): Das Institut für Kunstgeschichte der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg und die Burgenforschung in Sachsen-Anhalt
14.30 Jasmin Heinrich/Antje Seeger (Halle): Hermann Wäscher und sein Nachlass im Institut für Kunstgeschichte und Archäologien Europas der MLU
15.00 Jane Unger (Halle): Burg Giebichenstein und ihre 3D-Visualisierung
15.30 Diskussion
15.45 Kaffee/Tee

Sektion 2: Burgenlandschaften in Mitteldeutschland (Moderation: Anna Bartrow M.A. M. Sc.)


16.15 Dr. Yves Hoffmann (Dresden): Forschungen zu hoch- und spätmittelalterlichen Burgen in Obersachsen seit 1960 – Ergebnisse, Probleme, Fragestellungen
16.45 Dr. Ines Spazier (Erfurt): Aktuelle Burgenforschung in Thüringen
17.15 Prof. Dr. Tobias Gärtner (Halle): Burgen und Wüstungen im Selketal
17.45 Diskussion
18.30 öffentlicher Abendvortrag:
Prof. Dr. Stefan Breitling (Bamberg): Burgenlandschaften – Perspektiven kulturhistorischer Forschung
20.00 Empfang

Samstag, 11.02.2023

Sektion 3: Königspfalzen in Mitteldeutschland (Moderation: Timo Feike M.A.)


9.00 Prof. Dr. Stephan Freund (Magdeburg)/Prof. Dr. Tobias Gärtner (Halle): Die Königspfalzen in Sachsen-Anhalt und ihre historische und archäologische Erforschung
9.30 Prof. US Dr. Felix Biermann (Halle/Stettin): Die ottonische Königspfalz Helfta – Archäologie und Geschichte
10.00 Dr. Petra Wolters (Jena): Neues aus der karolingisch-ottonischen Königspfalz Salz: Palatium – Castellum – Motte
10.30 Diskussion
10.45 Kaffee/Tee

Sektion 4: Frühmittelalterlicher Burgenbau in Mitteleuropa (Moderation: Prof. Dr. Tobias Gärtner)


11.15 Dr. Sabine Felgenhauer (Wien): Das bairische Ostland im 10. Jahrhundert und die Burg « Sand »
11.45 Tobias Schoo (Lüneburg): Predigt mit eiserner Zunge. Bischöflicher Burgenbau im Frühmittelalter
12.15 Dr. Fred Ruchhöft (Goldberg): Burgen der nordwestlichen Slawen – Aktuelle Untersuchungen auf der Burg Arkona auf Rügen
12.45 Diskussion
13.00 Mittagspause und Besichtigung der Burg Giebichenstein (bis ca. 15.00 h)

Sektion 5: Burgen als Orte der Herrschaft (Moderation: Dr. Antje Fehrmann)


15.30 PD Dr. Christofer Herrmann (Mainz): Die Organisation der Repräsentationsräume bei den Residenzen des Hochmeisters in Marienburg und des livländischen Landmeisters in Riga und Wenden
16.00 Dr. Georg Peter Karn (Mainz): Burg Eltz – Bauforschung und denkmalpflegerische Praxis an einer Adelsburg im Moselland
16.30 Aaron Pattee (München): Die Suche nach dem Bauherrn: Multi-modale Analysen anhand einer Graphbasierten Datenbank
16.45 Diskussion
17.00 Kaffee/Tee

Sektion 6: Burgen und Medien der Repräsentation (Moderation: Prof. Dr. Ute Engel)


17.15 Prof. Dr. Simone Schultz-Balluff (Halle): Die höfische Jagd in deutsch(sprachig)en Text- und Bildzeugnissen des Mittelalters
17.45 Prof. Dr. Harald Wolter-von dem Knesebeck (Bonn): Die Wandmalereien des 13. Jahrhunderts auf Burgen und ihre Auftraggeber
18.15 Philipp Jahn (Halle/Jerichow): Sakralarchitektur und Repräsentation. Zu Kapellen und Kirchen in Burgen und Pfalzen im hochmittelalterlichen Ostsachsen
18.45 Diskussion
19.30 gemeinsames Abendessen

Sonntag, 12.02.2023

Exkursion: Neuenburg, Querfurt
9.00 –10.00 Uhr Fahrt von Halle zur Neuenburg
10.00–12.00 Uhr Besichtigung Neuenburg
12.00–13.30 Uhr Mittagspause und Fahrt nach Querfurt
13.30–15.00 Uhr Besichtigung Querfurt
15.00–16.00 Uhr Fahrt von Querfurt nach Halle (Hbf)

Programme au format PDF : ici

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Appel à contribution – Seigneurs et maîtres : dominer en Normandie médiévale (XIe-XVe siècle)

25.09.24 – 29.09.24

CCIC de Cerisy-la-Salle (Manche)

            Pour reprendre une expression fameuse de Robert Fossier, qui domine la « terre et les hommes » en Normandie entre le XIe et le XVe siècle ? Tout en rouvrant les dossiers classiques de l’historiographie normande, telle la question de la féodalité ou de l’absence du servage, cette rencontre souhaite faire émerger de nouvelles réflexions autour de la notion de domination. Ici entendue comme le contrôle effectif de groupes ou de territoires, elle renvoie également aux stratégies mises en œuvre par les dominants pour légitimer et justifier l’ordre social. À travers la relecture de phénomènes politiques, économiques, sociaux et religieux, pris dans leur ensemble, le colloque s’inscrit dans la continuité de travaux récents sur la fabrique du pouvoir dans les sociétés médiévales tout en souhaitant interroger et peut-être redéfinir le concept de domination. En effet, si la domination contribue à hiérarchiser la société, d’autres aspects comme la coopération, la négociation et la contestation sont à prendre en compte.

Argumentaire

Héritière du latin médiéval « dominium », la notion de domination invite à reconsidérer l’histoire de la société normande médiévale, ses sources (textuelles, iconographiques, archéologiques, numismatiques, etc.) et les relations de pouvoir qui s’y jouent. Le « dominium », dont découlent nombre de mots médiévaux, du « dominus » au « domeigne », est, selon Alain Guerreau, un « rapport social original constitué par la simultanéité et l’unité de la domination sur les hommes et sur les terres ». Si le concept n’apparaît jamais en tant que tel dans les sources écrites, il est de plus en plus employé par les historiens, dans une perspective interdisciplinaire, comme en témoigne le récent programme « Domination : formes et modalités de la gouvernementalité médiévale »[1]. Dans la continuité de plusieurs rencontres récentes du cycle « Normandie médiévale » au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle (Manche), le colloque tirera lui aussi profit du dialogue avec les sciences humaines et sociales – on pense notamment aux travaux de Max Weber, Pierre Bourdieu et James Scott – pour comprendre les ressorts de la domination en Normandie. Contribuant à ces nouvelles approches, les outils récemment développés dans le champ des humanités numériques pourront être mobilisés par les communicants.

Qui détient le pouvoir ? Du règne fondamental du duc Richard II (996-1026) au recouvrement du duché par Charles VII en 1450, la Normandie a souvent changé de maître. Disputée par plusieurs dynasties jusqu’au milieu du XVe siècle – « Rollonides », Plantagenêts, Capétiens, Lancaster – conquise et occupée à plusieurs reprises, la principauté normande est aussi le théâtre de conflits internes entre ses différents composantes (princes, communautés ecclésiastiques, aristocratie, communautés d’habitants rurales et urbaines) pour le contrôle des hommes et des ressources. Dominer n’est pas le privilège de quelques-uns : hormis quelques figures habituelles du pouvoir qu’il faudra réinterroger, du roi à l’évêque et de l’abbé au comte, d’autres groupes, tels que les « coqs » de village (vavasseurs, laboureurs, etc.), le patriciat urbain (maires, négociants, etc.) et les administrateurs (prévôts, sergents, etc.) seront examinés. Leur appartenance commune aux élites ou à une aristocratie pourra également être débattue.

Il s’agit de considérer la domination autrement que comme une somme de rapports binaires (seigneur/dépendant, clerc/laïc, prince/sujets), figés (une domination chasse l’autre ou peut être contestée) et compartimentés (économique, social, politique, culturel, etc.). Son imbrication et ses effets cumulatifs, à différents échelons de la société, sont donc constitutifs de la domination : un dominant peut aussi être un dominé et plusieurs formes de domination peuvent s’exercer sur un seul individu ou un seul groupe. En effet, d’après Michel Senellart, la domination « n’a d’autre but que de se renforcer indéfiniment ».

Toutefois, la domination n’est pas un synonyme de pouvoir ou de gouvernement. Construite à hauteur d’homme, par une large gamme de relations qui s’entrecroisent dans tous les aspects de l’existence, la notion met l’accent sur la complexité du jeu des acteurs dans la société normande des XIe-XVe siècles. Sur une période de près de cinq cents ans, les changements politiques et dynastiques, les événements épidémiques ainsi que les transformations économiques et sociales de fond ont recomposé les rapports de domination. C’est pourquoi une attention particulière sera portée à leurs dynamiques, leurs rythmes et leurs réactivations épisodiques. D’autres questionnements pourront aussi être soulevés, tant du point de vue de la place des femmes dans les mécanismes de la domination que de l’évolution de certaines formes de pouvoir dans le temps, comme le périmètre de compétences des charges et offices.

Comment les dominants s’imposent-ils ? Pour construire et maintenir leur pouvoir, les dominants usent de tout un ensemble de stratégies, de discours, de relations et de techniques de gouvernement spécifiques, qu’il est nécessaire d’analyser. Si la coercition ou l’emploi de la violence viennent de prime abord à l’esprit, d’autres formes de contrôle social existent. Par exemple, la féodalité normande demeure un enjeu crucial fondée sur la relation entre un seigneur et son vassal. Le langage et les discours de la domination (titulature, monnaie, patronage littéraire, etc.) participent de même à la légitimation du pouvoir et aux mécanismes de la distinction sociale. Au-delà d’une forme de contrainte, elle s’accompagne d’une justification de l’ordre social, dont les relais et la réelle pénétration dans la société peuvent être interrogés, ce qui soulève le problème de l’association au pouvoir et du consentement des populations.

Où les dominants exercent-ils leur pouvoir ? Les intervenants sont invités à réfléchir aux instances et aux lieux de la domination. Bien que la seigneurie et la paroisse permettent le contrôle des populations, d’autres territoires peuvent être étudiés tels que les cours princières, les communes urbaines, les ateliers et les circuits judiciaires. Le fonctionnement et la gestion interne des seigneuries, notamment par la perception des redevances et des coutumes, sont aussi à envisager. Pour approfondir les travaux de Charles Homer Haskins, de Joseph Strayer et Thomas Bisson, on s’attachera, en outre, à décrire le rôle des acteurs au sein des institutions, plus que des institutions elles-mêmes. Quel est le périmètre d’action des comtes, des baillis, des vicomtes, des officiers de l’Échiquier et des prévôts ? Dans quelle mesure se superposent ou se concurrencent-ils ? En outre, la domination s’inscrit concrètement dans le paysage et la vie quotidienne par le recours à des politiques de construction, à l’aménagement des territoires ainsi qu’à des stratégies de distinction sociale. Si la place du château et des fortifications dans la société médiévale normande a fait l’objet de nombreuses recherches depuis les travaux pionniers de Michel de Boüard, le colloque souhaite tirer parti de l’apport récent des études archéologiques sur les résidences élitaires, les infrastructures seigneuriales (fours, granges dîmières, moulins, pêcheries, ponts, gués, parcs, routes, etc.), l’habitat rural et la culture matérielle.

Afin de souligner les spécificités des structures sociales normandes (dont l’originalité doit aussi être interrogée), les interventions s’inscriront dans un cadre chronologique élargi, allant du début du XIe siècle à la fin du XVe siècle, qui permettra de confronter des cas de figure et des situations variées. Si des temps forts scandent l’histoire de la Normandie entre ces deux dates, il ne faut pas non plus négliger d’autres périodes jusqu’ici moins explorées tel le règne de Philippe le Bel et de ses fils. Dans le prolongement de la réflexion sur la domination, la rencontre sera également l’occasion de soulever des questions sur des points débattus. Dominer signifie-t-il appartenir aux élites ? Les dominants forment-ils une « société politique » ?  L’émergence de l’État, prégnante à partir du XIIIe siècle, favorise-t-elle de nouvelles formes de domination ?

Axes thématiques

Construire la domination. Il convient de penser la domination à travers le jeu des acteurs, en partant du principe qu’elle n’est pas seulement conflictuelle mais qu’elle laisse place à toute une gamme de stratégies qui passent par la coopération, l’accommodement, la compétition, la coercition et la violence, comme Dominique Barthélemy et Joseph Morsel l’ont bien souligné pour les XIe-XVe siècles. La domination met en jeu des hiérarchies complexes, du comte au chef de paroisse, que les interventions devront examiner. Y a-t-il une cohérence au groupe des dominants ? Leurs intérêts se rejoignent-ils ou s’opposent-ils, et sous quelles modalités ? À ce titre, il faut insister sur le rôle des dominés dans la construction des rapports de pouvoir. Les communications pourront mettre en lumière des groupes, des communautés ou des individus particuliers dans des études de cas développées. Il s’agit de souligner l’existence de formes entremêlées de domination. Les acteurs ecclésiastiques seront aussi pris en compte, dans la mesure où l’Église participe à l’encadrement des hommes et des terres et contribue à redéfinir les dominations, notamment après le « tournant grégorien » et sa mise en application spécifique à la Normandie.

Nouveaux maîtres, nouvelle domination. Les intervenants sont incités à revenir sur quelques grandes figures de maîtres du duché. Si la biographie de Guillaume le Conquérant par David Bates a posé quelques réflexions en termes de domination, il reste à les élargir à l’ensemble des princes successifs qui ont régné sur la Normandie. Les moments de rupture politique entraînent souvent, sans que cela soit obligatoire, une évolution des formes de domination. Se pose donc la question des modes de gouvernement et de leur pérennité à travers les changements dynastiques. Les communications pourront porter sur les phénomènes de conquête (1106, 1144, 1204, 1417, 1450) et l’instauration de nouveaux pouvoirs, de coopération avec les élites locales et les communautés d’habitants. De plus, dominer en Normandie n’est pas un phénomène proprement normand. La domination peut venir d’ailleurs et des individus extérieurs au duché participent à l’exercice du pouvoir. Français, Anglais, Angevins, Bretons, Bourguignons (la liste n’est pas exhaustive) sont également des maîtres au sein du duché.  La pertinence de la notion d’État, admise à partir du XIIIe siècle mais débattue pour la période précédente, devra être interrogée. Dans ce sens, une attention particulière sera portée aux officiers de l’administration ducale et royale.

L’archéologie de la domination. Qu’il s’agisse de fortifications ou de résidences élitaires, la domination marque les paysages, les échanges commerciaux et les modes de vie. Comment les dominants ancrent-ils leur pouvoir au sein de territoires, à la vue des dominés ? Quels types de consommations spécifiques emploient-ils ? Y a-t-il des marqueurs archéologiques de la domination ? Des travaux récents ont mis en exergue l’importance des processus de distinction sociale et de territorialisation du pouvoir à toutes les échelles, de la paroisse à l’ensemble du duché. Par conséquent, les sources archéologiques sont essentielles pour analyser ces phénomènes. Les communications pourront notamment être consacrées à l’étude de sites, porter sur des corpus de mobilier ou adopter une démarche plus synthétique.

Questions anciennes. Ce colloque sera aussi l’occasion de revenir à d’anciens dossiers, ouverts en leur temps par Léopold Delisle ou Lucien Musset, relatifs à de grandes questions de l’historiographie normande, aujourd’hui quelque peu délaissés. En premier lieu, la notion de féodalité devrait être interrogée pour discuter de sa pertinence, ceci afin de réévaluer le modèle normand et son degré de structuration. Est-elle un facteur essentiel qui a contribué à faire émerger une classe de dominants ? La seigneurie, en tant qu’interface entre dominants et dominés, est un autre point crucial. À qui la terre appartient-elle ? Avec quels droits ? Quels sont les statuts des hommes qui l’occupent ? Des variations géographiques des modalités et formes de la domination peuvent-elles être identifiées ? Les communicants seront encouragés à proposer des réinterprétations de débats spécifiques à l’histoire du duché, souvent controversés, si l’on pense à Guy Bois, telle la question du servage, de l’esclavage et de la relative liberté de la paysannerie normande.

Quelques problématiques transversales irrigueront enfin l’ensemble de la réflexion. Premièrement, le rapport à l’espace et la territorialisation des pouvoirs, mis en avant par les recherches de Florian Mazel, sont essentiels dans la société médiévale qui a ses propres modes d’habiter. Les intervenants pourront aussi se demander si les évolutions de la fin de la période médiévale permettent d’envisager des formes de domination où le rapport à la terre tend à s’estomper. Deuxièmement, il faudra réfléchir aux régimes documentaires de la domination. Comment les sources, considérées ici de la manière la plus large possible (textuelles, archéologiques, numismatiques, iconographiques, etc.), traduisent-elles et mettent-elles en scène la domination ? Cela amènera à prendre en compte les discours et les normes, en gardant à l’esprit leurs évolutions et leurs liens avec ses formes effectives. Les rapports de domination doivent aussi être étudiés par le biais du droit et de la justice (droit canon, coutumes, compilations, ordonnances, procès, etc.) qui constituent à la fois les instances où l’on pense la domination et le lieu de son exercice.

Aspects pratiques

Le colloque se tiendra au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle (Manche). Les communications de 30 minutes devront être prioritairement faites en français. Exceptionnellement l’anglais et l’italien sont acceptés, à charge du communicant de proposer un support papier ou un diaporama en français. Nous encouragerons par ailleurs ceux qui communiquent en langue française à proposer un support en anglais pour le public non francophone. Les propositions de communication devront être soumises au plus tard le 15 juin 2023. Elles comprendront un titre explicite, un résumé entre 1500 et 3000 signes, espaces compris (250-300 mots) et une courte présentation de l’auteur et de ses travaux. Elles doivent être envoyées à l’adresse suivante : cerisydominor@gmail.com. Les communicants retenus seront informés en octobre 2023. Nous invitons les intervenants à se saisir de dossiers spécifiques ou d’études de cas afin de proposer une réflexion sur la domination en contexte et de prendre position par rapport à cette notion. Une attention particulière devra être accordée au rôle des acteurs (individus, groupes ou communautés).

Les jeunes chercheurs sont vivement encouragés à soumettre des propositions. Une aide au financement spécifique aux doctorants et jeunes chercheurs sans poste est prévue par les organisateurs.

Organisation

Hugo Fresnel, Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273.

Bastien Michel, Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273.

Comité scientifique

  • Pierre Bauduin (Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273) ;
  • Boris Bove (Université de Rouen Normandie, GHRIS, EA 3831) ;
  • Gaël Carré (DRAC de Normandie, SRA) ;
  • Anne Curry (University of Southampton, Faculty of Humanities) ;
  • Antoine Destemberg (Université d’Artois, CREHS, UR 4027) ;
  • Laurence Jean-Marie (Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273) ;
  • Frédérique Lachaud (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier, UMR 8596) ;
  • Fabien Paquet (Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273) ;
  • Daniel Power (Swansea University, MEMO) ;
  • Diane Rego (Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, UMR 6273).

[1] https://dominatio.hypotheses.org/

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Publication – New Publishing Series: Religion and War in the Middle Ages

RELIGION AND WAR IN THE MIDDLE AGES  

Trivent Publishing, H-1119 Budapest, Etele u. 59-61

Imprint: Trivent Medieval



SERIES EDITORS

Radosław Kotecki, Kazimierz Wielki University in Bydgoszcz, radoslaw_kotecki@ukw.edu.pl

Jacek Maciejewski, Kazimierz Wielki University in Bydgoszcz, jmac@ukw.edu.pl


EDITORIAL BOARD

Martín Alvira Cabrer, Universidad Complutense Madrid

Marie-Madeleine de Cevins, Université Rennes 2

Edward L. Holt, Grambling State University

Carsten Selch Jensen, University of Copenhagen

Elizabeth Lapina, University of Wisconsin-Madison

Stefanie Rüther, Max Planck Institute for Legal History and Legal Theory

Mamuka Tsurtsumia

Monica White, University of Nottingham


ABOUT THE SERIES 

This series publishes interdisciplinary scholarship about religious and ideological aspects of warfare in Medieval Age. It aims to contribute to a broader and in-depth understanding of the cultural phenomena which grew out of the interaction of religious imagination and martial activity like, among others, religious rituals of war, practices aimed at securing the divine aid in war, the concept of saintly patronage over the military enterprises and soldiers, as well as the role of clergy in wartime environment. Further, it seeks to explore the mentality and the perceptions about the relationship between armed violence and the supernatural, both through the study of specific practices and materiality, and through narrativist research into the meaning hidden in medieval historiographical and literary works.


The series challenges the application of the concepts of cores and peripheries, and both-side transmission of organizational patterns, social customs and religious-ideological concepts. It is intended as a platform to show how the relationship between religion and war has shaped and changed in the process of long duration in a vast territory of medieval world, and how and why it has weakened and faded in some places and gained prominence in others. To date, studies of the relationship between religion and war have been viewed primarily through the paradigms of holy war and crusade, which have proven ideological chameleons difficult to grasp. Rather than applying these largely artificial notions, the works published in this series will show through the lens of sources how, in the historical process, religion, ritual, eschatology and biblical thought have shaped the imaginary and practice of war, and, conversely, how war has determined religious customs, imaginary and rhetoric.


The series welcomes submissions (monographs and edited volumes) on Western Europe and Byzantine world, but is also particularly keen to regions less well studied within the themes of the series, situated in between those great centers of medieval Christianity.


Chronological scope:
fourth to sixteenth centuries.


Geographical scope:
wider medieval Europe from Iberia to Rus and from Scandinavia to Mediterranean; Byzantium and Near East.


Keywords:
sacralization, liturgization, ritualization and theology of war; religious warfare; divine/saintly aid in war; wartime devotion; miraculous in the writing of war narrative; Bible and war; war as god’s judgment; victory bringing relics and artifacts; church/clergy and war; holy warriors; religious-military rhetoric; the impact of religion and war on cultural and social identity.


Download series flyer HERE.

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Séminaire – Disability and War in the Middle Ages

The online monthly webinar « Disability and War in the Middle Ages », hosted by the University of Liège and the « Transitions » unit, is about to begin on February 2, 2023 (4 pm, Bruxelles Time).

The full program for 2023-2024, scheduled for 1.5 years, will gather international scholars:

1. Disability in Warfare

February 2, 2023 – Giulia MOROSINI (University of the Republic of San Marino) – The Limping Captain: Injuries, Wounds, and Scars between Praise and Mocking in Renaissance Italy.

March 2, 2023 – Kristina HILDEBRAND (Dalarna University, Sweden) – Hungry for love: disabling the knightly body and mind through starvation.

April 6, 2023 – Yoav TIROSH (University of Iceland) – Disability in Battles and Disability from Battles in Medieval Icelandic Literature.

 2. Handling combat-caused disability

September 7, 2023 – Quentin VERREYCKEN (F.R.S/FNRS-Catholic University of Louvain, Belgium) – Impotent Soldiers? Military Service and War Disabilities in Late Medieval Pardon Letters (France, England, and the Low Countries).

October 5, 2023 – Wendy J. TURNER (Augusta University, USA) – Considering the Recovery after Trauma of Bellatores in Medieval England.

November 2, 2023 – John GAGNÉ (University of Sydney, Australia) – Substitutions, Extensions, and the Refashioned Body, 1450-1650.

December 7, 2023 – Michael DEPRETER (Oxford University, UK) – Urban militia, dynastic armies, and soldiers’ care in the Burgundian Low Countries (15th-16th centuries).

 3. The actual disabilities

February 1, 2024 – Bianca FROHNE (Kiel University, Germany) – „What pain I suffered during that time, anyone can well imagine…“ Experiences of War, Injury, and (Chronic) Pain (15th-16th centuries).

March 7, 2024 – Sasha PFAU (Hendrix College, Arkansas, USA) – Traumatic Repercussions: Warfare and Disability in the French Countryside.

April 4, 2024 – Christopher KNÜSEL (University of Bordeaux, France) – “So badly disfigured that he will ever be an object of pity, and unable to gain a living, except in seclusion from society.”

You can find the full program with the paper’s summaries by clicking here.

Source : DisHist

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Conférence – Sebastian Gensicke, « Les coopérations entre les évêques de Reims, Soissons et Laon à l’époque de la réforme grégorienne. Une approche par les actes épiscopaux »

Séminaire de recherche organisé par l’IHA (R. Große) en coopération avec l’EPHE (L. Morelle).

Séminaire Moyen Âge 10h00 (08.02.) – 12h00 (08.02.) IHA

Sebastian Gensicke (IHA), Les coopérations entre les évêques de Reims, Soissons et Laon à l’époque de la réforme grégorienne. Une approche par les actes épiscopaux.

Présidence: Ghislain Brunel (Archives nationales).

Inscription
Le séminaire se déroulera sous un format hybride. Pour participer à l’événement, en ligne ou sur place, veuillez vous inscrire auprès de Rolf Große au plus tard la veille du séminaire.

Pour la participation virtuelle, merci de vous inscrire ici: Zoom

Crédit photo: La cathédrale Notre-Dame de Laon, Wikimedia Commons.

L’IHA et l’École pratique des hautes études organisent en commun un séminaire d’histoire médiévale où des doctorantes et doctorants en thèse bien avancée, mais aussi de jeunes postdocs viennent présenter leurs recherches en voie d’achèvement ou un dossier de leur thèse. La prestation, toujours en langue française, dure environ 50 minutes. Le séminaire a lieu tous les deux mois, un mercredi matin de 10h à 12h.

Source : DHIP – IHA

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Appel à contribution – Œuvres d’art et numérique : Collaborations, limites, apports mutuels à la connaissance et à la médiation

Colloque organisé par

Marc Gil (Université de Lille) et Pierre Hallot (Université de Liège), co-responsables du projet e-thesaurus Dates

Jeudi 11 et vendredi 12 mai 2023

Lieux

11 mai : Auditorium de l’Espace Culture, Université de Lille, site Cité scientifique, Villeneuve d’Ascq 12 mai : Auditorium, Palais des Beaux-Arts de Lille, place de la République, Lille

Descriptif

Dans le cadre du programme de recherche e.thesaurus, l’orfèvrerie à l’épreuve de la modélisation 3D (Programme CPER MAuVE Médiations visuelles, culture numérique et création)1, le colloque des 11 et 12 mai 2023, organisé en partenariat avec le Groupe d’Étude de Recherche interdisciplinaire en information et COmmunication (GERiiCO-ULille–ULR 4073), viendra clore cinq années de recherche et d’expérimentations autour d’enjeux techniques, numériques, d’histoire de l’art et de médiations muséales, à partir de la modélisation 3D de pièces d’orfèvrerie médiévale et leur exploitation à la fois sous forme d’hologramme interactif (musée hors les murs) et dans une application web d’e.corpus 3D, permettant l’annotation directe d’objets dont les caractéristiques principales sont une complexité de fabrication, un fort pouvoir de réflectance des matériaux, véritable verrou technologique2, et, du point de vue de l’histoire de l’art et de la médiation, une difficulté certaine pour les publics actuels à appréhender ces témoins exceptionnels des mentalités religieuses, de la dévotion et de thèmes iconographiques complexes propres au monde médiéval.

Dès mars 2018, en prolégomènes au projet, nous avions organisé un premier workshop, où il s’était alors agi de confronter plusieurs expériences de recherche en cours consacrées à la modélisation numérique et aux systèmes d’acquisition d’informations liés au patrimoine3. En avril 2019, la 7e édition de Muséohub, à Saint-Omer, était consacrée aux impacts sur la recherche et la médiation de l’usage de la 3D pour la valorisation des patrimoines4 ; rencontres suivies en octobre de la même année de deux journées d’études à Liège sur les plateformes numériques dévolues aux patrimoines5. Deux ans plus tard, un second workshop de deux journées, en collaboration avec Isabelle Paresys, coordinatrice du projet du « Camp du Drap d’Or »6 et Laure Bolka-Tabary du laboratoire GERiiCO (ULille), portait la réflexion sur les questions des visualisations numériques du passé et du patrimoine, à travers les processus d’immersions et les dispositifs de médiations considérés avant tout du point de vue des concepteurs7. Enfin, en avril 2022, une table ronde permettait alors de se placer, cette fois, du côté des publics, en ouvrant une première discussion sur la place de ces derniers dans la conception de ces outils numériques de médiation8.

Aujourd’hui, à travers les deux thématiques proposées ci-dessous, nous envisageons ces dernières rencontres à la fois comme un bilan sur les objets d’étude et une ouverture. En effet, qu’apporte, tant du point de vue de la recherche fondamentale en histoire de l’art et en sciences de l’informatique, que dans la vulgarisation scientifique et la médiation pour des publics divers, la confrontation des œuvres avec les technologies du numérique ?

Ainsi l’appel à communication vise aussi bien les programmes de recherche achevés que les expérimentations et donc les retours d’expériences.

Thématiques

Thématique 1. L’objet d’étude face aux technologies du numérique : apports et limites

De plus en plus d’historiens de l’art et d’archéologues passent aujourd’hui par les sciences du numérique pour envisager leurs objets d’étude, considérant, à tort ou à raison, que ces sciences sont un passage obligé dans l’approfondissement de leurs recherches et surtout un moyen de les valoriser, tant auprès du milieu académique que du grand public. Face à eux, nombre de spécialistes des technologies du numérique, qu’ils appartiennent au monde de la Recherche ou de l’Entreprise, montrent un intérêt croissant pour le patrimoine au sens large et le prennent en considération dans le développement de technologies numériques, en particulier la 3D.

Cette première thématique a pour objet d’explorer ces intérêts croisés et les processus de collaborations dans des projets pluridisciplinaires, en s’interrogeant sur les apports, et sans doute les limites, du numérique (par exemple la modélisation 3D) dans une nouvelle perspective de la recherche en histoire de l’art et archéologie (hors médiation).

Les propositions pourront concerner
– La mise en place d’un vocabulaire commun
et de processus de recherche concertés entre les différents acteurs de projets. La définition d’une sémantique commune – voire d’une ontologie – est une clé à la réussite de projets pluridisplinaires qui ont mis en place des bonnes pratiques. Les communications attendues pourront s’appuyer sur des exemples de projets existants pour exemplifier la mise en place de la structuration du vocabulaire et la définition des thesaurus communs. Une attention particulière sera donnée à la façon dont le vocabulaire est fixé dans le temps et peut ainsi être réutilisé pour d’autres projets similaires de collaboration.

L’utilisation de techniques de numérisation et la mise en place de protocoles de numérisation communs. Les techniques utilisées en numérisations d’objets d’arts sont très variées. La plupart ne sont pas développées dans l’intention de numériser de tels artefacts mais sont souvent détournées d’autres cas d’applications. Les communications attendues pourront explorer cette utilisation dans le champ de l’art et préciser la façon dont ce cas d’application particulier fait évoluer la technologie soit via de nouveaux développements techniques, soit via un protocole d’utilisation novateur. Les techniques de documentation pourront explorer les numérisations de surfaces comme les explorations non destructives des structures internes des objets. Enfin, un aspect lié au développement logiciel et son financement pourra être abordé de façon à exemplifier les moyens mis en œuvre pour financer les applications relatives à l’acquisition et au traitement des données numériques en lien avec l’art (sur le modèle développé par le logiciel CloudCompare).

-La communication des résultats scientifiques de numérisation et de documentation vers la communauté de chercheurs. La diffusion des informations collectées vers une communauté scientifique est une pratique de médiation tout à fait spécifique qui ne cherche pas à limiter ou simplifier le message communiqué mais qui vise plutôt l’exhaustivité des données collectées. Selon la quantité d’informations produites, il n’est pas toujours possible de présenter l’ensemble de ces éléments de façon concurrente, des mécanismes de filtres, de sélections, de recherche doivent être proposés pour structurer l’information de documentation des objets. À cette fin, nous attendons des communications qui portent sur les outils de médiation destinés aux chercheurs leur permettant d’augmenter les connaissances sur les objets présentés. Une attention particulière sera portée sur les propositions mettant en avant les plateformes en ligne et les applications de réalité virtuelle et augmentée.

– La pérennisation et la réutilisation des informations collectées grâce aux outils numériques sur le long terme. La collecte d’informations numériques n’est pas sans conséquence sur le plan écologique et de conservation des données à long terme. La fin de projets de recherche signe souvent l’arrêt du maintien et de l’accessibilité des données et informations produites à moyen terme. Bien que des guides de bonnes pratiques et des environnements de pérennisation de données soient disponibles pour certaines applications (via le consortium 3D, Huma-Num…), un travail important reste à mener pour intégrer cette dimension dès la planification et la réalisation des projets de recherche. Force est de constater que l’aspect humain et financier de ces missions sont souvent négligés. Les communications relatives aux méthodologies, les principes communs de pérennisation des données sont attendues. La diffusion de données implique la création et structuration de métadonnées de découverte et d’usage. Les métadonnées d’usage requièrent la description qualitative des modèles produits (résolution, qualité géométrique, texturale…). Les communications présentant la validation des modèles produits au regard des objectifs de documentations sont également les bienvenues.

Thématique 2. Usages des dispositifs numériques pour la médiation du patrimoine

L’objectif ici est d’interroger l’appropriation des dispositifs numériques de médiation du patrimoine et de réfléchir à l’apport de la médiation numérique dans la relation des publics aux objets patrimoniaux, aux institutions qui les hébergent et aux savoirs scientifiques développés sur ces objets. Par cette thématique, nous souhaitons aborder à la fois les processus de conception des dispositifs numériques (menés pour ou avec les publics et avec des acteurs divers), les expériences des publics et les différentes dimensions de l’appropriation des dispositifs9.

Les propositions pourront concerner
– Les processus de conception et ce qu’ils révèlent des imaginaires des usages
. Quels sont les publics imaginés par les concepteurs ? Que disent les processus d’élaboration des outils du public « idéal » ou « supposé » des dispositifs et de ses « bons » usages ? Quels positionnements des acteurs cela révèle-t-il ? Que disent les processus de négociation des « régimes de vérité » soutenus par les concepteurs, financeurs, ou autres acteurs du numérique patrimonial et culturel ? En quoi les processus de conception, de design et d’ajustement des dispositifs numériques sont-ils révélateurs des tensions autour de l’identification des profils des publics du patrimoine culturel visés ?

– Les interfaces, leurs fonctionnalités et leur mise en situation. Celles-ci peuvent être observés dans la mesure où elles préfigurent certains types d’expériences des publics. En quoi l’environnement numérique développé, ses composantes, ses caractéristiques, les modes de manipulation prévus, matérialisent une (ou plusieurs) figures de l’usage et de l’usager ? Quelle relation aux savoirs et aux objets patrimoniaux est configurée par le dispositif et ses éléments textuels, visuels, sonores, par les parcours proposés, par l’expérience immersive offerte ?

– La place donnée aux savoirs savants, aux savoirs vulgarisés, à l’expérience sensible, à l’émotion. S’il ne s’agit pas d’application web, en quoi le dispositif (borne, tablette…) s’intègre-t-il dans des espaces (espaces publics, espaces muséaux, espaces informationnels, institutionnels, scolaires) et quels sont les effets recherchés ou espérés par les proximités expérimentées entre le dispositif et sa « mise en situation » spatiale, institutionnelle ? Que disent les technologies de l’image, du son et de la visualisation déployées (films, hologrammes, infographies…) des usages et des publics prévus, souhaités, espérés ?

– Les enjeux de la médiation du patrimoine par et avec des dispositifs numériques. Comment les publics s’emparent-ils de ces propositions de médiations par le numérique ? Ces dispositifs sont-ils susceptibles d’amener vers le musée un « nouveau » public ? De renouveler l’expérience des publics ? De proposer une expérience sensible du patrimoine ? Quelle place occupent alors les savoirs scientifiques ? Comment les médiateurs et médiatrices s’emparent à leur tour de ces mêmes dispositifs, pour ajuster (ou pas) leurs pratiques et leurs discours ?

– Les méthodologies employées pour analyser les usages des dispositifs. Quelles analyses et hybridations méthodologiques sont actuellement expérimentées pour appréhender l’appropriation des dispositifs numériques patrimoniaux par les publics ? Quelles leçons sont à tirer de l’étude et l’analyse des usages de ces dispositifs ? Quels sont les leviers, atouts et écueils de ces méthodologies ? Quel est le rôle assigné ou le rôle assumé par des médiateurs (de musée, des bibliothèques, des espaces culturels) dans le développement des liens entre ces dispositifs, les objets mis en représentation et les publics ?

Proposition de communication

Les propositions, sous forme d’un court résumé (250-300 mots) accompagné d’un bref curriculum vitae, devront être envoyés, au plus tard le 31 janvier 2023, à Marc Gil (marc.gil@univ-lille.fr), Pierre Hallot (p.hallot@uliege.be) et Christine Aubry (christine.aubry@univ-lille.fr).

Nous informerons des communications retenues le 15 février 2023.

Comité scientifique

  • LaureBOLKA-TABARY,MaîtressedeconferencesenSciencesdel’informationetdelacommunication,GERiiCO,ULille
  • Christine DESCATOIRE, conservatrice générale du patrimoine, Musée National du Moyen Âge-musée de Cluny, Paris
  • Sophie DUTHEILLET DE LAMOTHE, conservatrice du patrimoine, Palais des Beaux-Arts de Lille
  • Philippe GEORGE, conservateur honoraire du Trésor de la cathédrale de Liège
  • MarcGIL,MaîtredeconférencesHistoiredel’artmédiéval,IRHiS,ULille
  • Thibault GUILLAUMONT, directeur de la Société Holusion, Roubaix
  • PierreHALLOT,professeurensciencesdel’informatique,laboratoiresLNA/DIVA-UnitédeGéomatique,ULiège
  • Susan KOVACS, professeure en Sciences de l’information et de la communication, ENSSIB (Villeurbanne), laboratoire Elico – ULyon, membre associée GERiiCO ULille
  • Julien MAQUET, conservateur du Trésor de la cathédrale de Liège
  • Florence RAYMOND, attachée de conservation du patrimoine, musée de l’Hospice Comtesse, Lille
  • Romain SAFFRÉ, conservateur du patrimoine, directeur des musées de Saint-Omer
  • FrédéricTIXIER,MaîtredeconférencesHistoiredel’artduMoyenÂge,CRULH,ULorraine-PôledeNancy Comité d’organisation
  • Christine AUBRY, ingénieur de recherche, IRHiS, ULille
  • Marc GIL, MCF Histoire de l’art médiéval, IRHiS, ULille
  • Pierre HALLOT, PR Documentation du Patrimoine, DIVA, ULiège Contact

• Christine Aubry, christine.aubry@univ-lille.fr, +33 (0)3 20 41 62 87

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