Publication – Florian Besson, William Blanc, Christophe Naudin, « Dix questions sur les croisades »

La croisade. Un mot célèbre, qui brasse immédiatement un imaginaire à la fois flou et précis : on voit des chevaliers en armures, arborant de grandes croix rouges, on pense à Antioche, à Acre, à Jérusalem, on invoque Godefroy de Bouillon et Saladin, Louis IX et Richard Cœur de Lion. Les Templiers apparaissent aussitôt, tout comme les cathares.

Il faut dire que la mémoire de ces expéditions médiévales n’a jamais disparu : devenues des légendes dès le XIIIe siècle, les croisades n’ont cessé d’être mises en vers et en chansons, d’être représentées sur des tableaux ou des scènes de théâtre, avant d’être réinventées au cinéma ou dans des jeux vidéo.
À la différence d’autres moments ou figures historiques, il n’y a jamais eu d’éclipse de la croisade. Et pourtant, force est de constater qu’il existe peu de livres en français qui soient accessibles au grand public.

Poussés par ce constat – qui, vu combien les croisades sont fréquemment convoquées et instrumentalisées dans l’espace public, soulève un véritable manque –, les trois auteurs proposent un texte clair, concis et illustré en dix entrées.

Florian Besson, William Blanc et Christophe Naudin sont historiens du Moyen Âge et spécialistes de ses représentations contemporaines.

Informations pratiques :

Florian Besson, William Blanc, Christophe Naudin, Dix questions sur les croisades, Paris, Libertalia, 2025 ; 1 vol., 190 p. ISBN : 978-2-37729-374-2. Prix : € 10,00.

Source : Libertalia

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Publication – Kyle Killian, « Saint-Pierre d’Orbais. Social Space and Gothic Architecture at a Benedictine Monastery »

The fragmentary remains of the Benedictine monastery of Saint-Pierre d’Orbais in northwest Champagne preserves a particular iteration of Gothic style and technological achievement as well as the built environment of a community deeply embedded in the world around them. Through their architecture, successive generations of monks of Orbais, whose institutional life stretched from the end of the seventh century to end of the eighteenth century, were constantly seeking to clarify their position in the changing physical and social landscapes they inhabited. Although connected by a shared site, the architectural evidence from Orbais preserves remnants from several episodes of use and reuse. The site is treated thematically, starting with the boundaries that define the site, then the resources that shaped monastic life in this particular location, followed by the monastic landscapes that shaped the community as an institution. These categories reflect both the nature of our evidence for the contexts of building construction and the types of landscapes that were most active for the monastic community at Orbais over the long life of the site. The final chapter resituates the architectural history of the monastic church in light of these interrelated landscapes, contextualizing existing scholarship that treats it as a specifically Gothic monument, and providing lines of connection to medieval built environments more broadly.

Kyle Killian (Department of Art History, Florida State University) specializes in archaeology, history of architecture, and cultural heritage studies with a primary focus on the Middle Ages. His scholarship covers a range of geographic and cultural areas including Gothic France, Byzantine Cyprus, and Native North America. He has also worked for several years in cultural resource management in the United States. He directs the Archaeological Field School for the Art History Department, which gives students the opportunity to learn the basics of archaeological and architectural recording in the field. He teaches Art Appreciation and undergraduate courses in medieval art and architecture, and graduate courses in Cultural Heritage management and theoretical approaches to Medieval Architectural History.

Chapter One. Introduction

Chapter Two. Borders: Defining Spaces and Communities

Chapter Three. Resources: Distributed Bodies and Spaces

Chapter Four. Monastic Life

Chapter Five. Architectural Landscapes

Appendix. Transcription and Translation of Abbot William’s Commemorative Document from 1180

Bibliography

Index

Informations pratiques :

Kyle Killian, Saint-Pierre d’Orbais. Social Space and Gothic Architecture at a Benedictine Monastery, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 273 p. (Medieval Monastic Studies, 9). ISBN : 978-2-503-61386-4. Prix : € 95,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – Pauvreté et propriété. Colloques et rencontres de la SHRF

AAC : 23-28 novembre 2026, Lyon : Pauvreté et propriété

Les propositions de communication sont à adresser au comité scientifique shrflyon2026@gmail.com avant le 31 octobre 2025. Elles comprendront un résumé de 4000 signes avec un titre et une très brève présentation de l’auteur.

Argumentaire : La pauvreté n’est pas un manque passager de ressources mais un état. Ce qui manque au pauvre est la possession assurée d’un bien durable qui le sorte de sa condition. La propriété est précisément un tel bien, dont la possession est reconnue en droit et donne lieu à un changement d’état, la propriété étant conçue, non seulement comme une ressource à disposition, mais comme une extension de la personne. Dans les sociétés qui admettent l’esclavage, l’aboutissement ultime d’un processus d’appauvrissement est la réduction de l’individu à l’état d’objet aliénable : celui qui n’a plus que des dettes perd la possession de lui-même avec sa liberté personnelle.

Soixante après la publication dans la Revue d’histoire de l’Église de France d’un dossier sur le thème « Église et pauvreté », le congrès se donne pour but d’étudier ensemble pauvreté et propriété, dans l’hypothèse que la première gagne à être pensée, comme condition, à la lumière de la seconde, dans une perspective très large d’histoire religieuse. Toutes les religions sont concernées, du paganisme antique jusqu’à ce que l’époque moderne a appelé la religion naturelle ou la religion universelle, de même que tous les espaces peuvent être pris en considération, sans se limiter à l’espace de la France contemporaine.

Qu’apporte le point de vue religieux sur la pauvreté et la propriété aux définitions économiques et sociales ? Des historiens du christianisme parlent d’un renversement conceptuel radical [Brown 2012] : parce que le Jésus des évangiles fait du renoncement à la propriété la condition nécessaire pour le suivre [Mtt 19, 21], en cohérence avec le discours des épîtres apostoliques sur le pauvre, véritable héritier du Royaume [Jc 2, 5] et la description des premières communautés de fidèles comme fondées sur la mise en commun des biens [Ac 4, 32], la christianisation de l’empire romain aurait provoqué un renouvellement majeur du sens de ces deux mots, en inversant dans l’ordre spirituel leurs valeurs économiques objectives.

Mais pour quoi faire concrètement ? L’inventivité pragmatique des religions vis-à-vis de la pauvreté et de la propriété est l’une des manifestations les plus essentielles de leur volonté de transformer les hommes et le monde [Galston et Hoffenberg 2010]. Renforcer l’initiative privée en faveur du pauvre par l’aumône collective et légale (zakat) transforme les croyants en gestionnaires, et les gestionnaires en administrateurs du bien commun. Asseoir la microfinance, dont le micro-crédit sur les liens confessionnels pourrait renforcer l’efficacité d’un des leviers actuels les plus essentiels pour faire reculer la pauvreté en l’absence de propriété privée [Mohamed & Fauziyyah 2020]. De façon complémentaire, les théories économiques éclairent des phénomènes qu’on aurait tort de lire comme seulement religieux : la Réforme naît sûrement de l’exégèse luthérienne de Paul, mais peut-être aussi du monopole économique que Rome exerce sur le trésor des grâces [Ekelund, Hébert, Tollison 2002].

Les pistes de réflexion qui suivent ne dessinent pas les demi-journées du programme, mais pointent des chantiers à ouvrir, y compris dans le domaine de l’histoire de l’art ou de l’histoire de la philosophie.

1. La pauvreté, entre manque et détachement

Quand Ambroise de Milan (m. 397) commente le portrait d’Abram dans la Genèse – « il était très riche et propriétaire de troupeaux, d’or et d’argent » (Gn 13, 2) – il fait du bon propriétaire celui qui sait ne manquer de rien :

« Il était très riche comme est riche celui à qui aucun bien ne manque, qui ne convoite pas le bien d’autrui parce qu’il n’a pas besoin d’appeler quoi que ce soit ‘sien’ ; voilà ce que c’est qu’être riche, avoir de quoi satisfaire sa volonté ; la frugalité est mesurée, la fortune ne l’est pas, sinon par le jugement de celui qui sait borner quelque part sa soif. » Ambrosius Mediolanensis, De Abraham II, 5, 19.

Une telle conception interroge notre définition de la pauvreté comme absence de propriété. On peut se demander si ce critère est suffisant (peut-on être démuni sans être pauvre ?) et s’il est nécessaire (peut-on posséder mais être néanmoins pauvre ?). Il existe toute une gradation de situations. Les auteurs chrétiens pointent notamment le dénuement, au sens propre, et utilise le critère du vêtement : est considéré comme pauvre celui qui ne possède qu’un seul vêtement, à l’image du Christ, si l’on suit Augustin [« qui n’avait que de quoi se vêtir le jour même », Nihil habens praeter quod ipso die vestiebatur, Augustin, Lettre 20* (J. Divjak)].  La mention d’un capital (vêtement ou autre) s’apparente-elle à la traduction du classement censitaire du populus qui appelait à une définition chiffrée de la pauvreté dans l’Antiquité païenne [Carrié 2003] ?

De fait, l’absence de propriété n’est pas la seule définition possible de la pauvreté. Elle peut la définir en partie ; en être seulement une condition nécessaire, mais non suffisante ; ou même être contestée comme seulement accidentelle à ce qui constitue l’essence de la pauvreté. On peut faire valoir d’autres critères, comme la précarité, la dépendance ou la marginalité. Avant l’époque moderne, les pauvres ne sont pas opposés aux possédants ni aux riches, mais aux puissants [Mollat 1974]. Est pauvre tout homme qui n’est pas capable d’assurer sa propre protection, qui doit recourir au patronage d’autrui, c’est-à-dire qui n’obtiendrait pas la justice ou le respect de ses droits sans reconnaître sa dépendance à l’égard d’un puissant, quand bien même il subviendrait à ses besoins vitaux. Pauvre et propriétaire ne sont pas antinomiques.

La conséquence de cette organisation sociale est qu’en contexte chrétien, les moines peuvent être désignés comme les pauvres par excellence, sans doute pour s’être volontairement dépris de leurs possessions individuelles, mais aussi pour avoir remis le soin de leur propre protection à d’autres – à Dieu, au saint patron de leur communauté, au roi, aux princes, à un abbé laïc, à un avoué [Magnani 2008]. Leur pauvreté statutaire, qui les désigne comme les meilleurs récipiendaires possibles de la charité, n’est pas considérée comme contradictoire avec le fait que leur monastère soit propriétaire de terres et de droits : au contraire, la propriété collective est la garantie que la dépossession individuelle sera vécue comme une ascèse spirituelle sans conduire à un dénuement matériel excessif [Jacques 1986]. La pauvreté convertit le moine, elle ne doit pas le tuer. On pourrait aller jusqu’à dire que, dans un contexte chrétien médiéval, la bonne pauvreté du moine est garantie par la propriété collective de l’Église, quand la pauvreté qui avilit est la conséquence de l’avidité des grands laïcs qui accaparent [Little 1978 ; Calvet-Marcadé 2018]. L’inobservance ou l’assouplissement, au fil du temps, des règles de pauvreté sont par ailleurs sources de débat et de conflits renouvelés au sein de l’ordre monastique [Plongeron 1966].

La pauvreté volontaire remet en question l’idée même que la pauvreté soit un manque pour en faire une forme d’accomplissement de soi. Sous sa forme religieuse chrétienne, elle se vit comme une remise en cause radicale de la propriété avec l’apparition et la multiplication des ordres mendiants au XIIIsiècle [Wolf 2003]. La pauvreté apparaît alors comme le moyen privilégié d’atteindre à la perfection évangélique par imitation du Christ [Piron 2009, 2012]. Les justifications que ces ordres élaborent de leurs règles impliquent de repenser le droit de propriété, dans l’extension de sa validité (les ordres mendiants se situant dans une certaine mesure hors de ce droit et des obligations qu’il implique), dans son objet (distinction entre propriété et usage), et dans ses fondements (querelles sur la pauvreté du Christ) [Todeschini 2004 ; Franks 2009]. L’apparition d’un concept de pauvreté infâmante est l’une des conséquences les plus marquantes de ces réflexions médiévales [Todeschini 2007]. Dès l’époque tardo-antique, la moralisation du discours chrétien alimente le stéréotype social du mendiant importun [Chill 1962 ; Freu 2007 ; Engebretsen 2011] et pose la question du rapport au travail, des moyens financiers qui en découlent et d’un éventuel accès à la propriété par ce biais. Il s’agira de mieux comprendre le lien entre religion, travail, richesse et propriété, et de montrer comment la pauvreté volontaire se prolonge parfois, au-delà du contexte religieux où elle est d’abord instituée. Au sein du christianisme par exemple, l’existence de plusieurs traditions orientales des rapports entre travail et spiritualité, puis leur exportation et adaptation dans les sociétés occidentales [Brown 2016] peut-elle rendre compte de la nature organique, antinomique, concurrentielle ou complémentaire des liens entre pauvreté et propriété autour du pourtour méditerranéen ? 

2. La propriété : justification, contestations, concurrence

La propriété se distingue de la simple possession en tant qu’elle est reconnue comme légitime, mais cette légitimité ne va nullement de soi. Dans les religions qui confessent l’existence d’un Dieu créateur, on peut plaider que la propriété éminente de l’univers n’appartient pas aux hommes, qui n’en sont que les dépositaires. Thomas d’Aquin soutient en ce sens que l’homme n’a un dominium sur les choses naturelles que dans la mesure où Dieu les a ordonnées à son usage, « et sous ce rapport il ne doit pas se les attribuer en propre, mais les considérer comme à tous, afin d’être plus disposé par là même à les mettre au service des autres en cas de besoin » (Summa theologiae, IIa IIae, q. 66, a. 2). Si cet usage au service du bien commun relève de la loi naturelle, la propriété privée, nécessaire à la gestion et disposition des biens, relève de seule la loi civile, donc du pouvoir politique. La propriété privée comme droit naturel de l’individu trouve ses premiers développements dans la Seconde Scolastique [Renoux-Zagamé 1987], mais éclot à l’époque moderne, particulièrement avec la figure de John Locke, dont la doctrine a pu inspirer la défense de la propriété privée comme réponse efficace à la pauvreté qu’on trouve dans l’encyclique Rerum novarum [Astier et Disselkamp 2011].

L’étude de ces discussions doit donner toute sa place à la longue histoire de la propriété collective. Le cas des biens d’Église a souvent été exploré : dans le contexte du droit romain tardo-antique, ils ont été définis comme inaliénables au nom de leur destination, qui est le soulagement des pauvres. Peut-on établir un lien entre cette notion héritée et une écologie intégrale qui étend à toutes les ressources naturelles l’idée d’une propriété collective, au nom de leur destination commune ? Ou le souci écologique doit-il s’inspirer du renoncement franciscain à toute forme de propriété et de son éthique de « l’usage pauvre », comme condition d’un renoncement à la domination de la terre et des créatures non-humaines [Piron 2024] ?

Le congrès réservera une place à l’étude des différentes formes de contestation ou de critique de la propriété, en se demandant notamment en quoi les différentes révoltes (jacqueries médiévales, mouvements ouvriers) peuvent être comprises à partir d’un déséquilibre dans la répartition des biens ou d’un dysfonctionnement des dispositifs d’assistance aux pauvres. Une grande attention sera portée à la façon dont un discours religieux peut justifier l’abolition de la propriété privée ou un partage égalitaire des richesses pour abolir la pauvreté, en contexte de réforme ecclésiastique [Stayer 1991], de contestation politique de régimes de domination [Freeze 1989 ; Swartz 2009] ou de révolution [Markov 1967 ; Gousseff 1993 ; Sanchez 2015]. Des réformes du XVIsiècle aux révolutions des XVIIIe-XXsiècles, la critique de la richesse supposément abusive des monastères a servi d’aliment a un discours anticlérical ou a justifié des politiques de confiscations qu’il conviendrait d’aborder dans une perspective comparatiste [Bazant 1971 ; Le Gall 2001 ; Beales 2003 ; Murzaku 2016]. En effet, les expropriations des institutions religieuses, réalisées à l’occasion de réformes agraires ou de politiques sécularisatrices, constituent un phénomène massif qui touche toutes les confessions. Au-delà des impacts sur leur fonctionnement concret, ces expropriations conduisent les institutions religieuses à redéfinir la nature même de leur pouvoir dans les sociétés sécularisées. De façon archétypale, la perte en 1870 de son « patrimoine » impose au centre romain de l’Église catholique non seulement des réformes financières (denier de Saint-Pierre « moderne », collectes mondiales ad hoc, convention financière avec l’État italien en 1929), mais aussi un détachement du « temporel » pour reconfigurer son pouvoir sur le plan spirituel [Crocella 1982 ; Pollard 2005 ; Jankowiak 2007].

Dans la mesure où la pauvreté dépend de la propriété, devenir pauvre résulte d’une dépossession, qui peut prendre plusieurs formes : l’expropriation due à des crises économiques, les spoliations liées à des conflits armés, les héritages inégaux, ou encore les dettes insurmontables. Inversement, l’accès à la propriété sera un moyen pour le pauvre de sortir de sa condition. Il s’agira donc d’interroger les trajectoires de régression ou d’émancipation sociale et économique, et le rôle que jouent la perte ou l’acquisition des biens dans l’appauvrissement [Benito i Monclús, Carocci, Feller 2023]. Il s’agira également d’interroger les processus mêmes de perte et d’acquisition : quels sont les mécanismes d’érosion de la propriété ? Qu’est-ce qui peut conduire à une dépossession subite ? Quelles voies peuvent être suivies ou quelles occasions peuvent être saisies pour accéder à la propriété ?

3. Posséder pour soulager la pauvreté ? Assistance, charité, solidarité

La pauvreté conjoncturelle n’est pas la pauvreté structurelle [Freu 2007]. Dans l’Antiquité méditerranéenne, la pauvreté sanctionne l’écart entre les revenus d’un individu et les charges qui découlent de sa fonction sociale ou politique. Dans les sources juridiques tardo-antiques, lorsque l’État cherche à secourir les pauvres, le législateur emploie indifféremment pauper (pauvre), inops (sans ressource) ou egens (nécessiteux). L’ambiguïté des termes employés dans le Code théodosien semble naître de la rencontre des concepts civiques avec les concepts économiques [Freu 2008]. Loin de se substituer aux mécanismes de l’évergétisme civique ou des solidarités de groupe (associations professionnelles ou religieuses), l’État antique manifeste de l’intérêt aux pauvres pour des raisons fiscales, lorsqu’il s’agit notamment de substituer des peines corporelles aux peines financières. Car, du point de vue étatique, la possession d’un seul capital – physique – caractérise le pauvre : son corps constitue sa force de travail et, en cas de condamnation pour dettes par exemple, le pauvre paye de sa personne [Grodzynski 1987]. Lorsque l’Église à son tour joue ce rôle, la rhétorique évolue. Les prédicateurs et les textes chrétiens incitent à accorder aux pauvres, de manière englobante, une véritable reconnaissance sociale et à en faire des bénéficiaires d’une forme de droit à la générosité. L’ensemble de ces pauperes ou pénètai forment le peuple des inférieurs, reconnus comme ceux qui doivent désormais être pris en charge grâce aux richesses des Églises et selon le principe de la mise en commun des biens économiques [Cornillon 2020].

L’Antiquité tardive voit éclore un évergétisme d’État où les systèmes d’assistance païen, juif et chrétien entre en interaction voire en concurrence (Julien, Lettre 84, 10-18). Vis-à-vis de l’évergétisme païen, la motivation évolue [Pietri-Duval 1997], mais les mécanismes de régulation économique persistent [Patlagean 1977] et l’évergétisme chrétien n’échappe pas toujours aux traits de l’ostentation. Le discours chrétien trouve surtout d’autres moyens d’exprimer la régulation sociale : désormais tous les fidèles doivent participer à un tel devoir de générosité, le plus pauvre pourra aider le moins pauvre, selon ses moyens. La pauvreté n’en est que plus relative. Exalté, l’acte de donner justifie en partie la richesse et les possessions afférentes [Gasper et Gullbekk 2015]. L’institution ecclésiastique prend progressivement en charge les établissements d’assistance à la faveur d’une législation étatique favorable dès Constantin, et grâce aux ressources croissantes de l’Église qui peut désormais recevoir des legs ou être propriétaire de terres. Parallèlement à la christianisation et à l’institutionnalisation des pratiques d’assistance [Crislip 2005], et selon des logiques plus ou moins divergentes entre mondes occidental et byzantin [Miller 1985], sont aussi impliqués dans l’action charitable les particuliers, laïcs, riches ou moins riches. Mais le financement privé demeure-il réellement solidaire ; s’apparente-t-il à un mécanisme de répartition des surplus hérité de l’évergétisme antique ; ou bien masque-t-il un investissement lucratif dans un secteur en voie d’expansion [Cabouret 2020] ? Quels liens établir dès lors entre aspirations célestes et possessions terrestres, matérialisées par la propriété [Aubrun et alii 1994] ?

Ainsi, la lutte contre la pauvreté prend des formes variées et se développent sur des substrats culturels et historiques variés. En Occident, l’assistance publique, d’abord portée par des institutions religieuses (hôpitaux, hospices, confréries, maisons charitables), puis progressivement assumée par l’État, vise à soulager les miséreux [Gutton 1971 ; Gutton 1974 ; Depauw 1999 ; McIntosh 2011 ; Healey 2014 ; Fehler et Thomley 2023]. Cependant, ces dispositifs peuvent aussi instaurer des rapports de dépendance et de distinction, entre ceux qui bénéficient de ces aides et ceux qui en sont exclus. Il s’agira d’interroger ces formes d’assistance institutionnelles en les contrastant entre elles et avec les pratiques, plus précaires, de charité privée, ainsi qu’avec les solidarités horizontales et les phénomènes d’entraide, qui ne dépendent pas de la bonne disposition des possédants et permettent en cela d’accéder à une forme d’autonomie relative [Fairchilds 1976 ; Schen 2002 ; Hindle 2004 ; Tomkins 2006]. La comparaison entre les pratiques charitables de différents groupes religieux sera la bienvenue [Frenkel et Lev 2009]. L’époque moderne est le théâtre d’une sécularisation de la charité sous la forme de la philanthropie, devoir social universel dépassant l’appartenance confessionnelle [De Swaan 1988 ; Duprat 1994 ; Safley 2003 ; Grenot 2014 ; Fontaine 2022]. L’un des enjeux de la rencontre sera d’interroger la façon dont le devoir religieux d’assistance aux pauvres entre en conflit ou au contraire s’agrège à cette conception séculière de l’aide aux plus démunis [Chopelin-Blanc et Clément 2008].

La révolution industrielle et les défis du « paupérisme » qui touchent les sociétés de façon graduelle à partir de la fin du XVIIIe siècle stimulent de nouvelles formes d’organisation de l’assistance aux pauvres. Les acteurs de la charité se multiplient et se diversifient, offrant de nouveaux champs d’action aux laïcs et aux femmes [Gambasin 1958 ; Brejon 2018], tout en stimulant enquêtes et réflexions inédites au sein des sciences sociales naissantes [Dion 1967]. Cette dynamique caritative touche toutes les religions : elle est souvent le fruit d’une émulation avec les confessions concurrentes, un État qui envisage de plus en plus son rôle sous le signe de la « providence » [Maurer 1999], mais aussi de compétitions et collaborations avec le mouvement socialiste ou encore les organisations humanitaires en pleine structuration à l’échelle internationale [Houlihan 2024]. Ce faisant, la solidarité avec les plus fragiles n’est pas qu’un mouvement descendant d’assistance. De nombreux dispositifs visent à refonder en profondeur les rapports sociaux : le mutualisme entend aider les plus fragiles à sécuriser eux-mêmes leur situation sociale, voire à emprunter pour accéder à la propriété de l’habitat ou des moyens de production. Sur le plan théologique, certaines confessions repensent leur enseignement : la « doctrine sociale », approfondie par l’Église catholique depuis 1891, définit ainsi les moyens individuels et collectifs de la quête du « bien commun ». La solidarité avec les plus pauvres débouche parfois sur la revendication de droits sociaux dans le champ politique [Brodiez-Dolino 2008] et, dans une dynamique qui dépasse les frontières, sur la dénonciation tiersmondiste des rapports de domination dans un monde interdépendant [Pelletier 1996].

5-7 octobre 2023 – Nancy, Campus Lettres et Sciences humaines : Le pouvoir de décider (Christianisme, Occident, du Grand schisme à nos jours)

Deux ânes symbolisent la confrontation du sujet à la prise de décision : dans la Bible, l’ânesse de Balaam (Nb 22, 21-35), plus clairvoyante que son maître pour comprendre la volonté divine, lequel finit par s’y conformer et refusa de maudire le peuple d’Israël face à ses ennemis de Moab ; dans la philosophie, l’âne du maître ès arts parisien du XIVe siècle, Buridan, qui, selon la tradition, mourut incapable de trancher entre la satisfaction de sa faim et celle de sa soif. Deux exempla qui enseignent que l’art de décider, le pouvoir de trancher, constitue une expérience commune aux conséquences vitales. C’est dans la même direction que point la racine latine du verbe « décider » : decidere, c’est d’abord trancher, couper une branche d’arbre, un membre, une tête ; mais c’est aussi terminer une affaire, sens qui glisse vers l’idée de transiger, de s’accommoder, dans la perspective de clore un différend. Les résonances du terme vont donc plus loin que la définition lapidaire du Robert : « disposer en maître par son action ou son jugement ». L’historien sait que l’affaire n’est pas si simple et que se cachent des réalités multiples derrière le sujet qui dispose, les conditions dans lesquelles les jugements sont forgés, la mise en œuvre des actions.

Il a semblé au CRULH et à la SHRF que l’histoire du christianisme occidental, de la fin de la période médiévale à nos jours, constitue un terrain fécond pour approfondir ces notions et invitent à le faire au cours d’une rencontre scientifique qui se déroulera à Nancy entre le 5 et le 7 octobre 2023. L’Église occidentale puis les Églises après la Réforme, sont en effet le cadre d’un riche éventail d’expérimentations en matière de prise de décision. À titre collectif, tout d’abord. Au sein d’une Église par nature communautaire (ecclesia, assemblée), la question du pouvoir de décider n’a cessé de se poser. Dans le monde latin, elle a pris toute son ampleur au fur et à mesure que se mettait en place la puissante construction institutionnelle que l’on connaît, affectée à la fin du Moyen Âge par une crise de croissance majeure, le Grand Schisme, sur lequel s’ouvre la chronologie retenue pour cette rencontre. Et les débats sur le pouvoir dans l’Église sont loin d’être clos de nos jours, comme le suggère la réflexion inaugurée par le pape François sur le cléricalisme et la synodalité. À l’échelle individuelle, dans la mesure où elle s’adresse à la conscience de ses membres auxquels elle demande une adhésion de foi et dont certains engagent leur vie dans ses rangs par la cléricature ou l’entrée dans un ordre religieux, l’Église a réfléchi au processus du discernement intérieur : les Jésuites en ont fait un maître mot de leur spiritualité. Dans cette perspective, le « pouvoir de décider » renvoie au débat du libre arbitre et de la grâce, qui a fait couler beaucoup d’encre dès la Réforme et tout au long de l’époque moderne. Entre ces deux extrêmes, tout un ensemble de groupes, communautés monastiques, ordres religieux, diocèses, paroisses se sont aussi trouvés aux prises avec la question du pouvoir de décider.

La réflexion à laquelle invite cette rencontre pourra se décliner selon les thèmes suivants : qui décide et comment ; dans quelles conditions et en fonction de quelles options s’élabore la décision, dans la mesure où le sujet ne s’en remet pas à la grâce seule ; comment la décision est-elle appliquée ?

La détention du pouvoir de décider

– Quel sujet détient le pouvoir de décider et au titre de quelle légitimité ?

Est-ce une personne qui ne décide que pour elle-même ou le fait pour d’autres (rôle du supérieur vis-à-vis de ses inférieurs). Est-ce un sujet collectif qui décide pour lui-même ou pour un groupe plus large encore ? Quelle est la légitimité sur laquelle s’appuie le sujet qui décide, quel qu’il soit ?

– Selon quelles modalités s’opère la prise de décision ?

A-t-elle été préparée par des échanges préalables, avec quels partenaires ? En cas de décision prise par un sujet individuel, celui-ci est-il entouré de conseillers ? En cas de décision collégiale, qui a « voix au chapitre », peut y prendre la parole et participer à la prise de décision ? Comment s’élabore la décision : au terme de débats ; à l’unanimité (la voix la plus prisée au Moyen Âge) ; suivant l’avis de la sanior pars (le groupe le plus sage, le plus expérimenté, plutôt que le plus âgé, même si l’un suppose en partie l’autre) ; par mode de suffrage (à savoir vote : mais un vote par tête ou par groupe ?).

– Quelles relations entre les instances de décision et d’autres sources d’autorité ?

La question peut s’envisage ad intra, au sein de la hiérarchie ecclésiale, le cas échéant : comment s’établissement les rapports entre les divers échelons (paroisse, diocèse, province ecclésiastique, concile, papauté). Elle se pose aussi ad extra, pour les relations avec des pouvoirs d’autre nature, principalement le pouvoir civil. En quels termes se négocient ces relations, par exemple, après le XVIe siècle, tant côté catholique que côté protestant. Y a-t-il des instances spéciales prévues à cette fin comme, en France pour les Catholiques, les assemblées du clergé ? Pour les Protestants, il s´agit de questionner la légitimité, ou non, pour un acteur politique (le souverain, le prince, le magistrat, etc.) à imposer un choix confessionnel ou théologique à l´ensemble d´une communauté de foi. Peut-on décider pour autrui ce qui relève de la liberté religieuse théorisée par nombre de réformateurs ? L’acceptation ou le refus de l’autorité politique est à l’origine, entre autres, de la césure entre Réformes magistérielles et Réformes radicales).

Pouvoir de décider et liberté de choix

– Quelles sont les contraintes qui pèsent sur les acteurs ?

Ces contraintes sont plus ou faciles à percevoir par l’historien. La question n’est pas pour autant à esquiver ! Peut-on connaître les motivations de la décision ? L’agent estime-t-il les conséquences de sa prise de décision ? La décision est-elle éclairée et consciente ?

L’horizon s’élargit par la contextualisation de la prise de décision. On se demandera quelles sont les contraintes sociales, politiques, matérielles et culturelles qui ont pu s’exercer, en toute conscience ou à son insu, sur l’agent qui prend la décision et ceux qui l’assistent. 

– Les autorités mobilisées

Qu’elle soit prise à titre individuelle ou collectif, pour une cause personnelle ou commune, la décision repose sur un certain nombre de justifications. Elle s’opère au nom de critères qui sont, à nouveau, plus ou moins clairement identifiés par la conscience du sujet. Ces facteurs qui guident les choix peuvent être d’ordre théologique, familial, affectif ; faire place à au calcul au nom de l’intérêt personnel. Ils se rapportent à des « autorités » à entendre au sens le plus large qu’il importe d’identifier : autorités morales en référence à un corpus scripturaire ou une tradition ; autorité de personnes (supérieur, directeur de conscience) ; autorité divine, sous l’influence de l’Esprit, comme dans l’épisode de l’ânesse de Balaam.

– Refuser de décider

Pour en revenir à l’âne de Buridan, il faut aussi envisager le cas où le sujet se refuse à décider, à trancher entre les partis qui se présentent. Comment appréhender les terres sablonneuses de l’indécision, de l’hésitation, de l’angoisse que peut générer le choix et la peur de se tromper ? Qu’en est-il selon que la décision n’engage que le sujet ou concerne un groupe qui peut pâtir de l’indécision de son responsable ? Refuser de décider, c’est s’en remettre à d’autres pour opérer des choix, d’autres qui peuvent être Dieu lui-même.

– Le débat de la grâce et du libre arbitre

La réflexion sur le pouvoir de décider débouche sur le débat entre le libre-arbitre et la grâce, donc sur la question de la la prédestination. Sous bénéfice d’inventaire et quelle que soit l’influence de la de la pensée d’Augustin durant la période, on remarquera que la spiritualité médiévale se montra peu sensible à la prédestination, sauf à partir de la fin du XIVe siècle (Wycliff*). Le discours des prédicateurs est celui de l’appel à la conversion qui peut intervenir jusque sur le lit de mort : jusqu’au dernier souffle de vie, le fidèle peut décider d’accepter ou de refuser Dieu et sa miséricorde.

Les choses changent avec les courants réformateurs et le débat sur la grâce : si celle-ci est efficace, l’homme ne peut que prendre acte de la décision voulue par Dieu. Que signifie alors choisir si, dans ce cadre théologique, Dieu a déjà décidé de toute éternité du salut de chaque créature ? Qu’en est-il du serf-arbitre ? On pourrait également dans cet ordre d’idées examiner les conséquences dans le champ politique et économique des positionnements théologiques.

De la décision au passage à l’acte

– Des processus particuliers ?

Une fois la résolution prise, qu’elle soit individuelle ou collective, reste à voir comment s’opère sa mise en œuvre : une chose est de décider, une autre de passer à l’acte ou de voir se réaliser ce qui a été élaboré. Retrouve-t-on des conditions qui rappellent celles de la prise de décision ? L’application de la décision donne-t-elle lieu à des rituels propres à la performer, à la rendre visible, publique, ou, au contraire, conserve-t-elle un caractère purement formel et juridique ? À moins que ne s’observe un mélange de ces deux options.

– Revenir sur la décision ?

Le devenir d’une décision renvoie à son caractère irrévocable et, en matière de foi à la question des relaps. La formulation et/ou la sa mise en acte signifient-ils une sacralisation, interdisant tout retour en arrière ? Qui dispose de l’autorité souveraine dans l’éventuelle annulation de la décision ? En contexte théologique, quand parle-t-on de valeur dogmatique ? En cas de contexte collectif, une décision doit-elle être remise au vote de manière régulière ? Ou doit-elle se voir reproduite sous forme de confirmation réitérative, comme il était d’usage à l’avènement d’un nouveau souverain ? A-t-on la liberté de faire appel de la décision, de la refuser ? L’initiative en suspend-elle la réalisation ?

– Contrôler l’application ?

Une dernière série de question abordera le contrôle de l’application de la décision. Tout pouvoir, quand il n’est pas absolu, requiert un contrôle : missi dominici sous Charlemagne ou enquêteurs sous Louis IX, jusqu’aux inspecteurs de l’administration contemporaine. On s’interrogera sur l’existence ou non de telles instances de surveillance, censées garantir contre l’arbitraire, sur leurs prérogatives, leurs relations avec les acteurs de la prise de décision, leur efficacité et donc les sanctions possibles pour la mauvaise application de la décision, voire sa non-application.

Source : Société d’Histoire religieuse de la France

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Publication – « The Medieval Mediterranean between Islam and Christianity: Crosspollinations in Art, Architecture, and Material Culture », éd. Sami Luigi De Giosa, Nikolaos Vryzidis

The coexistence of Christianity and Islam in the medieval Mediterranean led to an interchange of knowledge in architecture and material culture that went well beyond religious and geographical boundaries. The use of Islamic objects in Christian contexts, the conversion of churches into mosques, and the mobility of craftsmen are only some manifestations of this process. From crosses found in mosques to European-Christian coins with pseudo-shahada inscriptions, medieval material culture is rich with visual evidence of the two faiths intermingling in both individual objects and monuments.

In this volume, thirteen international scholars explore various aspects of pan-Mediterranean Christian-Islamic encounters in material culture and art, from textiles to precious oils, and from metalwork to ceramics, covering most of the Mediterranean, as well as parts of its extended hinterland, from Spain and Italy to Egypt and Georgia.

Within this frame, one of the most relevant, yet underexplored lines of investigation is that of the “aesthetic space,” the notion that aesthetic pleasure transcends boundaries, paving the way to a cross-religious experience and appreciation. “Indeed, God is beautiful, and He loves beauty,” as mentioned in a Hadith narration, a universal cry of visual beauty that resonates with all cultures and civilizations.

Sami De Giosa is assistant professor at the College of Fine Arts and Design, University of Sharjah. His most recent publication is The Crosses of the Sultan. He has curated exhibitions on Islamic art around the world including Hajj: Memories of a Journey Exhibition at the Sheikh Zayed Grand Mosque in Abu Dhabi.

Nikolaos Vryzidis is post-doctoral research fellow in the Department of History and Archaeology at the Aristotle University of Thessaloniki. His latest publications include the article « Between Three Worlds: The ‘Veneto-Saracenic’ Candleholder of Docheiariou Monastery » for which he has received the N. Drandakis Prize by the Christian Archaeological Society.

Introduction: The Aesthetic Space of Interreligious Encounter: Microhistorical Case Studies from the Medieval Mediterranean
Sami Luigi de Giosa and Nikolaos Vryzidis

Islamo-Christian Mediterranean Trade and Its Artistic Ramifications
1. From One Edge of the Mediterranean to the Other: Prolegomena on Mamluk and Iberian Ceramics in Venetian Crete
Maria Bormpoudaki
2. Reconsidering “Andalusi” Textiles in Two Christian Contexts: The San Isidoro and Bayonne Silks between Art Historical Myth and Reality
Ana Cabrera-Lafuente

3.The Mamluk Contribution to Christian Liturgy: A Critical Reading of the Arabic and Coptic Sources on the Balsam Oil of Matariya
Hani Hamza

4. Judging a Book by Its Cover: The Contribution of Islamic Bindings to the Look of the European Book
Alison Ohta

Rituals and Liturgies: Objects, Meaning, and Decoration
5. Counter-propaganda and Talismanic Power: The Conciliar Edict of 1166 from Hagia Sophia to Suleiman’s Mausoleum
Faruk Bilici and Hélène Fragaki
6. Venetian Cross Fixed on aSeljuk Candleholder: Composite Mediterraneanism at Saint Paul’s Monastery, Mount Athos
Nikolaos Vryzidis and Paschalis Androudis
7. Inscribing the Christian Body in Life and Death: Tiraz Textiles with Coptic and Greek Inscriptions
Arielle Winnik

Monumental Legacies
8. Stone and text: Christian Architectural Spolia in Egypt during the Mamluk Period (1250–1517)
Sami Luigi de Giosa
9. The Syncretism of Regal Images in Georgia: The Sculpted Program of the Church of Saint John the Baptist of Oshki (963–976)
Nino Simonishvili
10. The Use of Muqarnas in the Christian Buildings of Medieval Anatolia and Mosul
Richard McClary

Informations pratiques :

The Medieval Mediterranean between Islam and Christianity: Crosspollinations in Art, Architecture, and Material Culture, éd. Sami Luigi De Giosa, Nikolaos Vryzidis, Le Caire, The American University in Cairo Press, 2025 ; 1 vol., 342 p. ISBN : 978-1-64903-187-7. Prix : GBP 60,00.

Source : The American University in Cairo Press

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Publication – Maître Eckhart, « Commentaire sur l’Évangile de Jean », trad. Jean-Claude Lagarrigue

Le Commentaire de l’Évangile de Jean est le plus volumineux et le dernier des commentaires bibliques de Maître Eckhart, rédigé probablement lors du deuxième magistère parisien (1311-1313), puis remanié petit à petit lors de son séjour à Strasbourg, puis à Cologne. Il constitue le sommet de l’oeuvre mystique de l’auteur et développe notamment l’idée que la grâce, après la grâce de la création et de l’Incarnation, est celle de la divinisation, de la filiation divine. Dieu opère en effet grâce sur grâce (Jn 1, 16) : en Marie, la naissance de Dieu dans l’âme a précédé la naissance de Dieu dans la chair, mais en nous l’Incarnation a rendu possible l’inhabitation divine.

Les analyses exposées dans ce commentaire ont de quoi surprendre le lecteur, peu habitué à mêler la liberté philosophique à l’interprétation des Évangiles. Beaucoup de thèses furent d’ailleurs jugées hérétiques, à l’époque, par les autorités ecclésiastiques, qui intentèrent à Eckhart un procès d’Inquisition à Cologne puis en Avignon (1325-1329).

Ce volume propose la première traduction intégrale en français de ce long commentaire, qui permet de mesurer l’ancrage biblique de la mystique eckhartienne. Eckhart prend soin de rédiger une « Table des autorités » en début de livre, complétée ici, en fin d’ouvrage, par une série d’index pour que chacun puisse entrer à sa guise dans l’ouvrage : s’y trouvent recensés les auteurs et les personnages bibliques, mais aussi les couples de notions et les questions évoquées dans le corps du commentaire.

Jean-Claude Lagarrigue est professeur agrégé et docteur en philosophie. Il a également un master en théologie et est membre actif de l’Équipe de recherche des mystiques rhénans de l’Université de Lorraine. Il a déjà publié précédemment aux Belles Lettres la traduction de trois autres oeuvres latines de Maître Eckhart.

Marie-Anne Vannier est professeur de théologie à l’Université de Lorraine. Membre de l’Institut universitaire de France, elle a écrit de nombreux ouvrages sur Maître Eckhart, Augustin et les Pères de l’Église. Elle a rédigé les introductions des trois ouvrages de Maître Eckhart parus aux Belles Lettres et traduits par Jean-Claude Lagarrigue.

Maître Eckhart, Commentaire sur l’Évangile de Jean, trad. Jean-Claude Lagarrigue, Paris, Les Belles Lettres, 2025 ; 1 vol., 554 p. (Sagesses médiévales, 29). ISBN : 978-2-25145-726-0. Prix : € 55,00.

Source : Les Belles Lettres

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Appel à contribution – Matérialité et enfermements au Moyen Âge et à l’époque moderne : objets, acteurs et expériences

Depuis les débats théoriques des années 1960 et les premiers travaux sur la question des prisons (Goffman 1961, Foucault 1975, Perrot 1980, Ignatieff 1980) qui suscitèrent un intérêt durable pour la thématique, diverses perspectives ont permis d’appréhender à nouveaux frais les institutions carcérales et les pratiques d’enfermement. L’histoire sociale et la microhistoire, ainsi que le spatial turn et l’archival turn ont notamment permis aux historien·ne·s d’ouvrir de nouveaux champs de recherches et de mettre au jour de nouvelles sources. En particulier, le déplacement de la focale des institutions aux « expériences » carcérales des détenu·e·s (Spierenburg 1991) a mis en évidence le potentiel des archives des prisons et de la justice pour accéder au quotidien carcéral (p. ex. Geltner 2008, Gibson 2019, Muchnik 2019, Abdela 2019). Très récemment cependant, des études ont plaidé pour centrer davantage l’analyse sur les expériences et les trajectoires des individus en s’appuyant sur les sources pour documenter l’ordinaire carcéral (Abdela 2023, 2024) – de l’alimentation aux maladies, en passant par la sociabilité, les révoltes ou encore les évasions. Si quelques travaux ont commencé à s’intéresser à la matérialité de l’enfermement (p. ex. Carr 2025, Cassidy-Welch 2001, 2011), la question demeure cependant largement sous-explorée (Abdela 2024). Pourtant, les objets et les choses se situent au centre des expériences d’enfermement, défini après tout par la présence physique de murs séparant les individus de la société. Ces murs constituent une infrastructure à la fois spatiale et administrative qui limite les contacts physiques ou mentaux des individus enfermés avec l’extérieur, mais aussi au sein des institutions. Outre les murs, les interactions quotidiennes entre les individus enfermés, les autorités et le personnel de l’institution sont largement caractérisées et définies par un large éventail de choses : la nourriture, l’eau, les livres, les graffitis, les habits, l’argent, les lettres, les registres d’écrou, les médicaments, les objets de punition corporelle, etc. De ce point de vue, à la suite du material turn depuis le début des années 2000, les choses – qu’elles soient « tangibles », c’est-à-dire conservées et à la disposition des historien·ne·s, ou « textuelles », soit décrites dans les sources (Lester 2024, 191) – pourraient offrir une perspective innovante sur l’histoire des enfermements, tout particulièrement concernant les formes de « prison avant la prison » (Peters 1997).

Le colloque international « Matérialité et enfermements au Moyen Âge et à l’époque moderne : objets, acteurs, expériences » se propose d’explorer les enfermements à l’aune de leur matérialité. Se basant sur un récent élargissement du champ de recherche (Claustre, Heullant-Donat, Lusset et Bretschneider 2011, 2015, 2017), le colloque porte sur diverses formes d’enfermement médiéval et moderne, à la fois judiciaires et non judiciaires : prisons, galères, hôpitaux, maisons de travail, couvents, monastères, etc. Par la même occasion, il s’agit de mener une réflexion sur l’histoire matérielle comme méthode et sur ses sources. La « culture matérielle », pour reprendre la définition d’Anne Gerritsen et Giorgio Riello, « englobe bien plus que les seuls objets matériels. Les objets portent des significations pour les individus qui les produisent et les possèdent, les achètent et les offrent, les utilisent et les consomment. La culture matérielle ne se compose donc pas uniquement de ‘choses’, mais aussi des significations qu’elles revêtent pour les individus » (Gerritsen et Riello 2021, 3), ainsi que de leur dimension socio-économique. Dès lors, la matérialité pourrait ouvrir de nouvelles manières d’appréhender et de faire l’histoire des enfermements, en révélant « d’autres registres et modalités de savoir au-delà de l’intellectuel et du cognitif » (Lester 2024, 203).

Les contributions sont encouragées à réfléchir à la manière dont l’histoire matérielle et ses sources pourraient permettre de mieux appréhender les différentes institutions d’enfermement, leurs acteur·rice·s (individus enfermés, moines, geôliers, médecins, fournisseurs, etc.), pratiques et infrastructures. En effet, sachant que « l’objectif de l’étude de la culture matérielle est avant tout de comprendre comment les individus utilisent le monde matériel qui leur est accessible » (Auslander 2012, 354), il s’agit de saisir ce à quoi les individus enfermés avaient bel et bien accès dans des contextes carcéraux, monastiques ou encore hospitaliers, et la manière dont ils et elles interagissaient avec différents objets, artefacts et choses selon les époques. Dans la plupart des cas, ces individus n’ont pas laissé d’egodocuments, et les archives ne permettent donc pas d’accéder à leurs témoignages écrits sur leur expérience d’emprisonnement, d’internement ou de réclusion : dans quelle mesure la focale sur la matérialité apporte-t-elle des informations complémentaires, voire divergentes – qu’elles soient décrites dans les sources ou accessibles sous d’autres formes ? Y a-t-il des différences entre choses « textuelles » et « tangibles » ? Enfin, il s’agit d’explorer les éventuelles spécificités des choses carcérales / de l’enfermement par rapport à des choses similaires situées dans d’autres contextes. Nous souhaitons en outre réunir des contributions relatives à différents moments de l’histoire des enfermements, telles que les pratiques ecclésiastiques de detrusio in monasterium et d’immuratio (de la fin de l’Antiquité au XVIIIe siècle en particulier), le tournant au XVIe siècle marquant la cristallisation de plusieurs siècles d’influence de la pratique canonique pénale sur le droit civil, ou encore l’introduction d’une corrélation entre gravité du crime et temps purgé en prison qui caractérisera les sociétés de l’époque moderne. À l’aune de la matérialité, le colloque sera ainsi l’occasion de discuter de l’évolution des enfermements au cours des périodes médiévale et moderne, d’identifier d’éventuels changements, tournants et continuités, et de proposer des comparaisons.
Les contributions sont invitées à s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes de recherche suivants (sans nécessairement s’y limiter) :

1. Quotidien et sociabilité
Que ce soit en prison, dans les hôpitaux ou les couvents, les objets sont utilisés, échangés, fabriqués, détournés de leur usage initial, autorisés ou interdits. Des livres à la nourriture, en passant par les outils de travail, les lettres, l’argent ou encore les lits, les objets informent et façonnent les expériences quotidiennes. Des études récentes ont ainsi suggéré que les choses sont « capables […] de reconfigurer les relations sociales » (Lester 2024, 197). Il s’agira ainsi d’interroger la matérialité de la vie quotidienne et de la sociabilité : dans quelle mesure les choses représentent-elles ou affectent-elles les relations sociales des individus confinés (ou l’absence de telles relations) ? Quel est l’impact des choses sur l’agentivité des individus au quotidien ? Il s’agira d’aborder différents aspects de la vie quotidienne, allant du travail aux échanges d’ordre spirituel, y compris la question du temps de l’enfermement. Le colloque permettra de réfléchir au rôle de la matérialité dans la sociabilité entre individus enfermés, mais aussi entre les différent·e·s acteur·rice·s de l’enfermement, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des murs – y compris les visiteur·euse·s et les réseaux de solidarités des individus enfermés.

2. Les espaces de l’enfermement
Si les espaces de l’enfermement ont récemment suscité l’attention des historien·ne·s à la suite du spatial turn (p. ex. Charageat, Lusset et Vivas 2021), la question demeure encore largement sous-étudiée en histoire (Abdela 2024, Bretschneider 2017) en comparaison avec le développement du champ en sociologie ou en géographie (p. ex. Milhaud 2017). Il s’agira d’interroger la matérialité et la culture matérielle des espaces de l’enfermement, à la fois à l’intérieur des murs (y compris l’impact de l’architecture sur les espaces de l’enfermement et le rôle que les choses jouent dans la séparation spatiale (ou l’absence de séparation) entre différentes populations enfermées) et autour des infrastructures. Cet axe pourra interroger les spécificités architecturales propres aux périodes médiévale et moderne, telles que l’adaptation des cloîtres et autres édifices religieux à des usages carcéraux/liés à la justice, ou la diffusion d’espaces spécifiquement dévolus à certains groupes selon l’appartenance sociale, le crime, le genre ou l’âge. Sachant que les espaces de l’enfermement des époques médiévale et moderne étaient caractérisés par leur porosité, les contributions sont invitées à explorer les liens entre intérieur et extérieur (p. ex. via la mobilité des objets, comme les lettres), ainsi que les activités se déroulant hors les murs comme le travail (forcé), les transactions économiques, les visites familiales, ou encore les sorties à l’église ou pour convalescence.

3. Administration et transmission des savoirs et des pratiques
Les institutions d’enfermement médiévales et modernes étaient étroitement liées au monde extérieur, et ce à de nombreux niveaux – en premier lieu sur le plan administratif et financier (Bretschneider 2008). De la tenue des registres d’écrou à l’approvisionnement en nourriture et en lits, les choses étaient essentielles au bon fonctionnement des institutions d’enfermement. Dans quelle mesure la matérialité nous renseigne-t-elle sur la manière dont ces institutions s’inscrivaient dans les sociétés auxquelles elles appartenaient (économiquement, socialement ou politiquement) (Abdela 2024) ? Les contributions sont aussi invitées à se pencher sur le fonctionnement matériel et concret des institutions au quotidien ainsi que leurs actrices et acteurs (y compris les marchand·e·s, entrepreneur·e·s ou artisan·e·s), sur les connaissances administratives nécessaires au fonctionnement de ces institutions, mais aussi sur la matérialité des archives institutionnelles et leur conservation. De plus, les prisons, couvents ou hôpitaux étaient emplis non seulement des savoirs et des pratiques portées par différents actrices et acteurs (médecins, prêtres ou encore geôliers), mais également par les choses qui s’y rapportaient : « la matérialité d’un objet véhicule une myriade de savoirs différents qui s’entrecroisent » (Lester 2024, 187). Que révèlent les objets en termes de transmission des connaissances et des pratiques, à la fois à l’intérieur des murs et au-delà ? Dans quelle mesure les individus enfermés produisent-ils du savoir ? Nous nous intéresserons à différents types de savoirs et de pratiques, de l’écriture carcérale aux savoirs médicaux, religieux ou liés au travail – qu’ils aient été acquis avant l’enfermement/hors les murs ou sur place.

4. Rapports de pouvoir et violence
La vaste majorité des sources relatives à l’histoire de l’enfermement ont été produites par les autorités des institutions elles-mêmes. Le colloque vise à réfléchir au potentiel de la matérialité pour proposer une approche from below des expériences individuelles. Il s’agira ainsi d’interroger les confrontations avec l’autorité (qu’il s’agisse d’évasions, de punitions, de cas de violence, etc.) et la manière dont les objets ont façonné les rapports de pouvoir dans des contextes d’enfermement. En outre, comme des études récentes l’ont suggéré, les choses sont à même de construire et de déconstruire les statuts sociaux (Cerutti, Glesener et Grangaud 2024). S’agissant des évasions, des révoltes ou des punitions, quel rôle les objets auxquels les détenu·e·s avaient accès ont-ils joué dans l’obtention de leur liberté ? Enfin, il s’agira aussi de réfléchir au rôle des choses dans la manière dont les autorités régissaient les institutions d’enfermement (par le biais de la violence et des punitions par exemple).

Les propositions de contributions sont invitées à baser sur des sources tangibles et/ou textuelles (matérielles, écrites, iconographiques, archéologiques) portant sur les différentes institutions d’enfermement et les différentes populations des périodes médiévale et moderne (jusqu’à la période révolutionnaire, mais sans l’inclure). Les propositions se focalisant sur le genre, les différences religieuses et sociales ainsi que les régions du monde sous-étudiées sont particulièrement bienvenues.

Keynote
Sophie Abdela, professeure au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, Canada

Comité scientifique (par ordre alphabétique)
Frances Andrews (University of St Andrews), Pascal Bastien (Université du Québec à Montréal), Falk Bretschneider (EHESS, Institut franco-allemand de sciences historiques et sociales de Francfort), Christian G. De Vito (University of Vienna), Joachim Eibach (University of Bern), Laurence Fontaine (EHESS), Anne Gerritsen (University of Warwick), Guy Geltner (Monash University), Johan Heinsen (Aalborg University), Marie Houllemare (Université de Genève), Élisabeth Lusset (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Mary Laven (University of Cambridge), Ludovic Maugué (Équipe Damoclès, Université de Genève), Vincent Milliot (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis), Renaud Morieux (University of Cambridge), Natalia Muchnik (EHESS), Xavier Rousseaux (Université catholique de Louvain), Riccarda Suitner (Ludwig Maximilians University Munich), Mathieu Vivas (Université de Lille).

Informations pratiques
Les langues de travail du colloque sont le français et l’anglais.
Le colloque se tiendra en présentiel à l’Université de Lausanne. Une requête sera soumise au Fonds national suisse pour pouvoir rembourser les frais de voyage et d’hébergement des participant·e·s.
Nous prévoyons la publication d’une sélection de contributions dans un numéro thématique d’une revue internationale à comité de lecture ou dans un ouvrage collectif chez une maison d’édition à l’international.

Soumission des propositions et dates
22 septembre 2025 Délai pour l’envoi des propositions à nathalie.dahn-singh@unil.ch. Les propositions (max. 350 mots) doivent comprendre un titre, une question de recherche claire et une courte bibliographie. Veuillez également fournir une bio-bibliographie (max. 150 mots).
Début novembre 2025 Notification d’acceptation des propositions.

Organisation
Dr. Nathalie Dahn-Singh, Université de Lausanne : nathalie.dahn-singh@unil.ch
Dr. Anna Clara Basilicò, FBK – Istituto Storico Italo Germanico : abasilico@fbk.eu

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question relative à cet appel à contributions.

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Appel à contribution – La liste : enjeux d’édition critique et questions de transmission

Cette journée d’étude propose de s’interroger sur les spécificités induites par la forme de la liste en matière d’édition critique et de transmission. Les cas d’études concerneront le monde latin, de l’Antiquité au Moyen Âge.

La liste antique, grecque ou romaine, a été l’objet d’un intérêt scientifique récent (voir, par exemple, M. Ledentu, R. Loriol [éds.], Penser en listes dans les mondes grec et romain, Bordeaux, 2020). Les réflexions ont porté, tantôt sur leur cohérence, tantôt sur leur fonction ou visée, tantôt sur la dynamique de création et de réception. En revanche, les enjeux philologiques n’ont pas retenu l’attention des chercheurs. Pourtant, la liste, entendue comme une succession d’items reliés sans structure syntaxique, pose des problèmes d’édition spécifiques. En effet, une liste est une forme textuelle labile, sujette à l’instabilité et aux transformations. Elle peut avoir été conçue initialement comme un ensemble fermé, clos sur lui-même, ou au contraire ouvert, appelant des intégrations ultérieures. Elle peut avoir été augmentée ou réduite au fur et à mesure de sa transmission en fonction de besoins et de contextes qu’il faut identifier et situer autant que possible dans l’espace et dans le temps. Elle peut aussi être distraite du texte ou du document auquel elle se trouvait originellement associée, le cas échéant, et acquérir une autonomie. Établir de façon critique le texte d’une liste dans une édition ou dresser l’histoire de sa transmission suscitent donc des questions d’ecdotique, de critique textuelle et d’approche historique des sources. Ces questions ouvrent elles-mêmes sur des réflexions méthodologiques plus larges : peut-on parler d’un original pour une liste ? dans quel(s) cas la liste a-t-elle une dimension auctoriale ? dans quelle mesure la mise en page de la liste importe-t-elle ? Les cas d’études proposés s’inscriront dans le monde occidental, dans une chronologie ample, allant de l’Antiquité au Moyen Âge.

Types de listes (non exhaustif) :

  • Paratextes (capitula et tituli, tables, indices etc.)
  • Textes-listes (glossaires, exempla elocutionum etc.)
  • Listes onomastiques (nécrologes, confraternités etc.) ou toponymiques (itineraria etc.)
  • Inventaires et catalogues

Axes de réflexion possibles :

  • Listes à recensions multiples
  • Interpolations et/ou abréviations
  • Extraction d’une liste hors de son contexte natif et implications philologiques de cette autonomisation
  • Importance de la disposition et de la présentation matérielle de la liste

Les propositions de communication, titre provisoire et résumé (300 mots max), sont à envoyer par mail (camille.gerzaguet@univ-montp3.fr),

avant le 4 juillet 2025

Format : 30 min de présentation + 10 min de discussion. Les communications pourront être faites en français, anglais, italien, allemand.

Les autrices et auteurs des propositions retenues seront informé·e·s dans le courant du mois de juillet.

La journée d’étude aura lieu le 15 avril 2026.

Modalités : l’hébergement et les repas sont pris en charge. Le transport reste à la charge des participants. Si celui-ci ne peut pas être pris en charge par l’institution d’origine (doctorants sans financement etc.), une solution pourra être trouvée.

Source : Calenda

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Web – Le trésor retrouvé : l’Antiphonaire du Mont-Renaud dévoile ses couleurs

Après des décennies d’attente, l’un des manuscrits liturgiques les plus précieux de France révèle enfin tous ses secrets. Le projet Repertorium met aujourd’hui en ligne la première numérisation complète en couleurs de l’Antiphonaire du Mont-Renaud, un double livre liturgique du Xe siècle d’une importance capitale pour la musicologie médiévale.

Voir le manuscrit en-ligne : https://musmed.eu/source/9475

Un manuscrit aux multiples mystères

Conservé aujourd’hui dans une collection privée anonyme, ce graduel-antiphonaire (Xe siècle, 133 feuillets, 230 × 145 mm) porte en lui l’histoire complexe des traditions liturgiques carolingiennes. Contrairement à la plupart des manuscrits liturgiques, le Mont-Renaud n’avait pas été conçu initialement pour recevoir une notation musicale. Le texte fut copié vers le milieu du Xe siècle, probablement à l’abbaye de Corbie, mais destiné au monastère Saint-Éloi de Noyon.

Environ cinquante ans plus tard, dans un élan de « musicalisation » caractéristique de l’époque, sept mains différentes ajoutèrent une notation neumatique française, transformant ce livre de textes en véritable manuscrit musical. Cette notation en neumes corbéiens, serrée entre les lignes du texte original, témoigne d’une adaptation progressive des pratiques liturgiques.

Un double livre exceptionnel

Le Mont-Renaud présente la particularité rare d’être un double livre liturgique combinant :

Un graduel (ff. 1-48v) contenant les chants de la messe, malheureusement lacunaire pour la période des Rameaux à l’Ascension. Les messes y sont soigneusement capitulées, et le ton des antiennes d’introït et de communion est précisé en marge, révélant un souci pratique remarquable.

Un antiphonaire (ff. 49-107v) rassemblant les chants de l’office, originellement conçu pour un usage monastique puis adapté à l’usage séculier par des annotations marginales et interlinéaires. Cette évolution illustre parfaitement l’adaptation des livres liturgiques aux besoins changeants des communautés.

Des liens prestigieux avec Saint-Denis

L’analyse liturgique révèle des connexions fascinantes avec l’abbaye de Saint-Denis. Le manuscrit contient notamment l’Office de la Sainte-Trinité composé par Étienne de Liège après 920, situant ainsi sa rédaction dans le mouvement de rénovation liturgique du Xe siècle. La présence de saint Éloi et saint Étienne dans les litanies et le sanctoral confirme son origine noyonnaise, tout en révélant l’influence du réseau dionysien.

Un patrimoine sauvé de l’oubli

L’histoire moderne de ce manuscrit relève du roman d’aventure. Découvert au château du Mont-Renaud en 1874, il était connu du chanoine Morel avant 1914. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que le château était attaqué et sa bibliothèque détruite, le manuscrit fut miraculeusement sauvé. Son importance exceptionnelle ne fut véritablement reconnue qu’en 1952 par le chanoine Jeanneteau.

L’œuvre de Dom Daniel Saulnier

C’est à Dom Daniel Saulnier (+2023), éminent musicologue de l’abbaye de Solesmes, que nous devons la préservation visuelle de ce trésor. Grâce à l’autorisation du propriétaire anonyme, il put photographier le manuscrit en couleurs argentiques, permettant ainsi aux chercheurs d’accéder à des détails impossibles à discerner dans les reproductions en noir et blanc de la Paléographie musicale (tome XVI, 1955).

Dom Saulnier consacra plusieurs études approfondies aux spécificités neumatiques du Mont-Renaud, analysant notamment ses climacus et torculus, révélant les subtilités de cette notation française de l’Île-de-France unique en son genre.

Une numérisation de haute qualité pour la recherche

Depuis la disparition de Dom Daniel Saulnier, le contact avec le propriétaire du manuscrit semble perdu. Heureusement, les photographies couleurs réalisées par le regretté moine musicologue ont pu être numérisées dans le cadre du projet Repertorium, offrant désormais à la communauté scientifique internationale un accès privilégié à ce témoin irremplaçable.

Cette numérisation révèle :

  • La beauté des deux grandes lettrines, dont l’une n’a pas été finie, et la qualité du parchemin
  • Les subtilités de la notation neumatique française
  • Les interventions successives des différentes mains
  • Les annotations marginales témoignant de l’évolution des usages
  • Les traces d’usure révélatrices de l’utilisation liturgique intensive

Un outil indispensable pour la recherche

Pour les musicologues et liturgistes, cette mise en ligne représente un événement majeur. Le Mont-Renaud demeure l’un des témoins les plus anciens et les plus complets du répertoire grégorien en France, comparable en importance aux célèbres manuscrits de Saint-Gall ou de Laon.

Sa notation neumatique française, avec ses particularités régionales, éclaire d’un jour nouveau l’évolution du chant liturgique au tournant du premier millénaire. Les sept mains identifiées dans la notation musicale offrent un laboratoire unique pour comprendre les pratiques d’écriture et de transmission du répertoire grégorien.

Vers une meilleure compréhension du patrimoine musical

Cette numérisation s’inscrit dans l’effort plus large du projet Repertorium pour rendre accessible le patrimoine musical médiéval. Aux côtés des manuscrits d’Ivrée, Bénévent et bien d’autres récemment mis en ligne, le Mont-Renaud enrichit notre compréhension des échanges culturels et liturgiques de l’Europe carolingienne.

Dans un monde où le patrimoine manuscrit demeure fragile et parfois difficile d’accès, malgré les projets de mise en ligne, ces numérisations constituent un pont précieux entre le passé et l’avenir de la recherche.

 L’Antiphonaire du Mont-Renaud est désormais consultable en haute définition sur le site MMMO, perpétuant ainsi l’œuvre de préservation initiée par Dom Daniel Saulnier et offrant aux chercheurs du monde entier un accès unique à l’un des joyaux de la musicologie médiévale française.

Cet article rend hommage à la mémoire de Dom Daniel Saulnier (1944-2016), sans qui cette numérisation n’aurait jamais été possible, et au propriétaire anonyme qui, par sa générosité, a permis la préservation et la diffusion de ce patrimoine exceptionnel.

Source : Musicologie médiévale

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Colloque – Innover pour gouverner ? L’innovation diplomatique dans les chartes impériales, royales et princières du Moyen Âge

Ces deuxièmes journées d’étude du réseau Diplo 21 sont organisées par le CIHAM, sous le patronage de la Commission internationale de diplomatique (CID).

L’innovation dans la diplomatique des empereurs, des rois et des princes du Moyen Âge concerne à la fois l’évolution des caractères externes, du formulaire et du mode de validation des chartes, celle des titulatures des souverains et des princes, le déclin ou l’abandon, temporaires ou plus durables, de formes traditionnelles et l’apparition de nouvelles formes d’actes. Les confirmations des chartes de leurs prédécesseurs, sous la forme parfois de vidimus/inspeximus, les copies de ces chartes au sein de cartulaires de chancellerie firent aussi l’objet d’innovations. Ces dernières firent rarement table rase du passé, si bien qu’il s’agira aussi de considérer la dialectique entre innovation et tradition au sein des chancelleries.

Les changements dans la manière d’enregistrer les chartes au sein des chancelleries ou encore leurs archivages dans les trésors des chartes ne sera pas pris en considération dans le cadre de cette rencontre lyonnaise.

L’enjeu de ces journées d’étude est d’interroger les conséquences de ces innovations diplomatiques sur la politique des souverains et des princes, à savoir sur leur gouvernement, leur administration et leur capacité d’affirmation ou de puissance, et d’évaluer non seulement leur efficacité, mais aussi leur durabilité. De même, il s’agit d’envisager la manière dont ces innovations reflètent l’imaginaire et les ambitions du pouvoir, la Herrschaftsauffassung des historiens allemands.

L’impact des évolutions politiques sur la diplomatique des empereurs, des rois et des princes doit aussi être interrogé. L’avènement d’un nouveau souverain ou la nomination d’un nouveau chancelier peuvent avoir directement entraîné des innovations diplomatiques. De même, l’annexion ou l’acquisition d’un nouveau territoire ou bien les crises de pouvoir peuvent faire évoluer la diplomatique, au sens large du terme, des souverains et des princes. Celles-ci peuvent aussi avoir évolué avec les changements de pratiques gouvernementales et administratives (accroissement et circulation du personnel au sein des cours, hôtels et chancelleries ; développement des bailliages, prévôtés ou équivalents ; « genèse de l’État moderne » …).

Enfin, il faudra se poser la question de la diffusion de certaines innovations diplomatiques d’un détenteur du pouvoir à un autre, sans négliger les innovations au sein de la diplomatique des souverains et des princes qui furent influencées par un acteur ecclésiastique (l’influence de la diplomatique pontificale sur celle des souverains et des princes, par exemple). La diffusion de ces innovations peut alors se faire de manière descendante (d’un suzerain à son vassal) ou inversement, mais aussi entre détenteurs d’un niveau de pouvoir similaire (d’un comte à un autre comte). Cela revient à poser la question de la capacité d’influence diplomatique et des voies ou modalités de celle-ci (imprégnation, transferts, circulations…). Au contraire, des empereurs, des rois et des princes purent résister face à certaines innovations diplomatiques et les refuser, temporairement ou de manière pérenne. Là encore, ces refus d’intégrer des innovations diplomatiques peuvent avoir une portée politique.

25 septembre 2025

13h Accueil

Mot d’accueil du CIHAM, par Guido Castelnuovo (Avignon Université)

Présentation de Diplo 21, par Robin Moens (KU Leuven)

13h15-13h45 : Introduction, par Thomas Lacomme (Université Jean-Moulin Lyon 3) et Hannes Engl (Regesta Imperii, Tübingen)

Session n° 1 : « Innover, gouverner, administrer », présidée par Guido Castelnuovo (Avignon Université)

13h45-14h30 Jean-François Moufflet (Archives nationales), « Évolutions de la forme des actes de chancellerie et de leur discours sous le règne de Louis IX : quelques observations »

14h30-15h15 Timothy Salemme (Université du Luxembourg), « Gouverner par l’écrit : innovations diplomatiques dans le comté de Luxembourg (fin XIIIe-XIVe siècles) ».

15h15-15h30 Pause

Session n° 2 : « Imiter, se démarquer », présidée par Marie-Céline Isaïa (Université Lyon 3)

15h30-16h15 Claire de Cazanove Hannecart (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Les actes des fils de Louis le Germanique »

16h15-17h Christelle Balouzat-Loubet (Université de Lille), « Forme des actes et affirmation du pouvoir en Artois (1250-1329) ».

17h45-18h Pause

18h-19h30 Table ronde « Quelles méthodes et approches pour la diplomatique royale et princière en 2025 ? » avec Jean-François Moufflet (Archives nationales), Nicolas Perreaux (CNRS) et Laurent Ripart (Université Savoie Mont-Blanc), animée par Sebastian Gensicke (RWTH Aachen University) et Émilie Mineo (Université du Luxembourg)

26 septembre 2025

Session n° 3 : « Les marqueurs de l’innovation », présidée par Nicolas Carrier (Université Lyon 3)

9h-9h45 : Bruno Marques dos Santos (Universidade de Lisboa – École pratique des hautes études), « La place des enfants royaux dans les actes des rois de León et Castille (IXe-XIIe siècle) »

9h45-10h30 : Nicolas Ruffini-Ronzani (Archives de l’État – Université de Namur), « L’utilisation de la forme du chirographe dans la diplomatique princière en Hainaut (XIIe-début XIIIe siècle) »

10h30-10h45 Pause

10h45-11h30 David Bardey (Université d’Orléans), « Quand le duc est devenu prince. De l’introduction des termes princeps et prince dans les chartes bourguignonnes (XIIIe siècle) »

11h30-12h15 Emmanuel Johans (Le Mans Université), « Approche comparée de la titulature des comtes d’Armagnac dans les actes princiers et royaux de 1360 à 1418, reflet d’un partage équilibré du pouvoir ? »

12h15-14h Déjeuner

Session n° 4 : « Des moments politiques propices à l’innovation », présidée par Didier Méhu (Université Lyon 2)

15h30-16h15 Maïté Billoré (Université Jean-Moulin Lyon 3), « Gouverner in absentia : l’utilisation des sceaux de substitution et de régence dans le royaume de France (XIIIe-XVe siècle) »

16h15-16h30 Pause

16h30-17h Conclusions, Laurent Morelle (École pratique des hautes études)

Informations pratiques :

Université Jean-Moulin Lyon 3, CIHAM
25 et 26 septembre 2025
Amphithéâtre Huvelin, Palais de l’Université, rez-de-chaussée ; 15 Quai Claude Bernard, 69007 Lyon

Visioconférence avant le 23 septembre : contact.diplo21@gmail.com.

Ces deuxièmes journées d’étude du réseau Diplo 21 sont organisées par le CIHAM, sous le patronage de la Commission internationale de diplomatique (CID).

Diplo21 : https://diplo21.hypotheses.org.

Contact : contact.diplo21@gmail.com.

Source : Diplo 21

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Appel à contribution – Iconographie et numérique en histoire de l’art médiéval. Journée d’études 2 : « Transformations épistémologiques et méthodologiques »

Mercredi 19 novembre 2025
Université de Lille-IRHiS
Date limite de proposition : 15 septembre 2025

Adresse d’envoi : mathieu.beaud@univ-lille.fr ; bertrand.cosnet@univ-lille.fr

Cet appel à communications concerne le second volet du cycle de rencontres « Études iconographiques et technologies numériques » organisé par l’IRHiS à l’Université de Lille. Alors que le premier volet, tenu le 12 décembre 2024 (« Les nouveaux outils de la recherche et de l’analyse en Histoire de l’art médiéval »), s’était présenté comme un bilan des projets passés et de l’actualité des bases encore existantes aujourd’hui, cette seconde journée souhaite explorer plus particulièrement les « Transformations épistémologiques et méthodologiques » générées par les outils numériques. 

Ce second volet est prévu pour la fin de l’année 2025 et le présent appel à communications cible des propositions portant sur les changements d’optique, de méthode, voire de paradigme à la fois dans les chantiers de construction, de refonte et de mise en relation des bases de données iconographiques mais, également, dans leur usage pour la recherche. Ces deux paramètres doivent porter à identifier, non seulement, un changement de l’approche par le médiéviste investi dans l’étude des sources visuelles du Moyen Âge, mais aussi, possiblement, un déplacement du document visuel lui-même pour la compréhension de la période dans un champ de recherche qui communique de plus en plus avec les sciences du patrimoine.

Cette journée sera ainsi attentive aux propositions portant une réflexion sur :

  • la place de la description iconographique dans le phénomène très engagé d’interopérabilité des bases de données et de son intérêt dans les bases agrégeant une plus grande variété de données issues des sciences du patrimoine.
  • par là-même, l’interrogation de la notion de corpus de recherche à partir des possibilités nouvelles de récolte de la documentation ou encore l’interrogation de ce même corpus sur critères iconographiques.
  • les modes de restitution du document visuel au regard de l’utilisateur, qu’il s’agisse de sa restitution numérique ou celles des documents visuels qui lui sont liés, ou encore des possibilités d’interaction offertes (superposition, annotation, accès restreint ou non aux métadonnées), autant de réflexion sur la visualisation qui interroge la pratique et les besoins du chercheur.
  • l’intérêt des descripteurs iconographiques qui, réunis en thesaurus, sont souvent l’œuvre de décennies de patient travail humain, et peuvent servir le machine learning.

Comité d’organisation :

Mathieu Beaud, Université de Lille-IRHiS
Bertrand Cosnet, Université de Lille-IRHiS

Comité scientifique :

Mathieu Beaud, Université de Lille-IRHiS
Bertrand Cosnet, Université de Lille-IRHiS
Sabine Maffre, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits
Anne-Orange Poilpré, Université Paris I Panthéon-Sorbonne-HiCSA
Laure Rioust, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits

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