Séminaire – Présentation des projets de recherche du GEMCA (UCL)

2 mars 2016
Séminaire du GEMCA
Université catholique de Louvain

GEMCA - Séminaire

Programme :

Lise Constant
Le pouvoir des images mariales. Étude iconologique des statues miraculeuses de la Vierge dans les Pays-Bas méridionaux et la Principauté de Liège au XVIIe siècle

La Vierge, figure triomphante de la Contre-réforme, est placée au centre des dévotions du XVIIe siècle. Protectrice des monarchies, son culte est particulièrement soutenu par les archiducs Albert et Isabelle dans les Pays-Bas méridionaux, tout comme dans la Principauté de Liège des Wittelsbach. Dans ce contexte, des statues d’apparence simple mais réputées miraculeuses, sont élevées au centre d’édifices richement ornés et font l’objet d’une large production de textes et d’images contribuant au rayonnement croissant de ces lieux de pèlerinage.

Ce projet visera à comprendre le rôle de l’image et de ses modes de présentation dans la foi en leur puissance miraculeuse. Elle portera sur un corpus réunissant les statues mariales au centre d’un culte dans les Pays-Bas catholiques et la Principauté de Liège au XVIIe siècle. L’analyse des sanctuaires et des statues conservées sera couplée à l’étude critique des textes qui les décrivent (livrets de dévotion, récits de miracles,…) et des images qui les représentent (estampes, peintures, ex-voto, drapelets de pèlerinage,…).

En nous inscrivant dans la perspective des travaux en anthropologie de l’image, nous étudierons les aspects matériels (contribution de la matière à l’animation et à la présence de l’image) et formels (rôle de la mise en forme dans la nature de la dévotion) de ces images-objets, tout autant que la manière dont leur perception est modifiée par leurs modes de présentation (éclat de la mise en scène de l’image et diffusion de ses représentations) et par les relations qui s’opèrent avec et autour d’elles dans le cadre du culte. Notre objectif est d’offrir une analyse approfondie de leurs diverses modalités de fonctionnement au sein du contexte spatial et rituel dans lequel elles s’inscrivent et par lequel elles prennent sens.

Roxanne Loos
L’inscription de la peinture murale dans l’architecture durant la Renaissance à Rome

Ce projet de recherche a pour objectif d’étudier des modalités d’inscription de la peinture dans l’architecture à la Haute Renaissance romaine (1500-1530 et prémices à partir des années 1480). Les décors muraux de cette période de maturité de la Renaissance au cœur du (Saint-)Siège de la création artistique doivent se comprendre comme de véritables « systèmes » de relations qui agencent et mettent en scène la représentation. Aussi, les principaux enjeux se jouent-ils autour de la question du cadre comme seuil, opérant la jonction entre l’espace (fictif) de la représentation et l’espace (réel) du spectateur. Et bien que ce corpus d’œuvres des fresques de la Haute Renaissance romaine ait déjà fait l’objet de nombreuses études, ces dernières se sont principalement cantonnées aux innovations iconographiques et stylistiques, au détriment de la variation et de la variété des dispositifs d’encadrement, dont le rôle est pourtant déterminant pour la transmission du message véhiculé par la représentation et pour ses effets produits sur le spectateur.

Dans une dimension interdisciplinaire, il s’agira de s’appuyer sur les récentes recherches menées d’une part sur la question de l’intermédialité, essentiellement appliquée aux relations des médias contemporains, et d’autre part, sur le cadre, principalement étudié pour les époques maniéristes et baroques. Cette recherche ambitionne donc de jeter un nouvel éclairage sur ce corpus d’œuvre par le biais d’une approche en marge de l’histoire de l’art traditionnelle et sur les marges de la représentation. Car l’intention sous-jacente est également de mettre en lumière la relation entre les arts de la peinture et de l’architecture et ses jeux sur les cadres qui ont en partie jeté les bases de ce qui adviendra dans l’art maniériste et baroque, époques desquelles on date habituellement les premières formes de transgression des limites de la représentation, fondatrices de la première modernité.

Informations pratiques :
De 14h à 17h00
Collège Mercier – SOCR 25
Faculté de philosophie, arts et lettres
Place Cardinal Mercier, 14
1348 Louvain-la-Neuve

Source : GEMCA – UCL

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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