Appel à contribution – « Jouer à la flamme bien moyenâgeuse » : médiévisme dans la culture populaire contemporaine

Échéance : 31 juillet 2016
INU Champollion, Albi, France

Cette journée d’étude aura lieu les 25 et 26 novembre 2016 à l’Institut National Universitaire Jean-François Champollion dans la ville épiscopale d’Albi dans le Tarn. Les propositions de communications (250-500 mots, en anglais ou français) sont à envoyer accompagné d’un court CV à john.ford@univ-jfc.fr avant le 31 juillet 2016.

Présentation :

La culture populaire d’aujourd’hui est riche en allusions au Moyen Age, non seulement dans la littérature et les arts visuels – comme elle l’a toujours été dans les siècles passés (par exemple, les préraphaélites ou Connecticut Yankee dans la cour du roi Arthur de Twain, Idylles du roi de Tennyson, ou le Hobbit et le Seigneur des Anneaux de Tolkien, etc.) – mais aussi dans les romans graphiques et dans les bandes dessinées, sur le petit comme sur le grand écran, ainsi que sur les écrans d’ordinateur des amateurs de jeux vidéos, les parcs d’attractions, les festivals et les foires.

Mais combien de ces références dont le contexte est médiéval – présentées comme de nouvelles versions de vieux récits ou tout simplement utilisant de manière plus libre un cadre ou un thème médiéval – reflètent fidèlement le Moyen Age ? Et de quelle manière et dans quelle mesure ces références médiévales modifient-elle ou déforment-elle la réalité de cette époque ? A quel point cette époque est-elle romancée comme, par exemple, dans un Camelot idéalisé où «la pluie ne peut tomber qu’après le coucher du soleil »? Dans quelle mesure est-elle, comme l’atteste l’expression « Jouer à la flamme bien moyenâgeuse » qui implique la menace d’une vengeance féroce, diabolisée, vilipendée? Dans quelle mesure et à quel point ces constructions, ces références, influencent-elles sur notre compréhension du Moyen Age? Est-il donc important d’être exact ? Enfin, dans quelle mesure ces modifications mettent-elles à jour les textes et les récits en leur permettant de rester en vie et en constante évolution ? Et pourquoi le Moyen Age est-il l’éternel sujet favori, exploité année après année, décennie après décennie, siècle après siècle?

Cette journée d’étude va tenter de répondre à ces questions en ouvrant le dialogue par le biais de différentes disciplines : histoire, littérature, linguistique diachronique, arts visuels, cinéma, théâtre, télévision, mais aussi via les jeux vidéos et les parcs d’attraction, etc. Il s’agira d’étudier la popularité durable des thèmes médiévaux et la manière dont les récits et les textes médiévaux sont transmis, conservés, déformés, renouvelés et utilisés pour construire la nouvelle culture populaire résolument moderne, de l’Europe, de l’Amérique du Nord et du monde du 21ème siècle.

Il est important de considérer l’importance de la précision dans les représentations prétendument basées sur des textes réels, comme par exemple la série Vikings, ou les divers remakes de Beowulf. Et, dans quelle mesure ce libre traitement est-il acceptable, ou même à encourager? Dans quelle mesure les idées reçues, souvent douteuses, sont-elles employées dans des œuvres originales au contexte médiéval, mais pas forcément dans un cadre véritablement médiéval comme Game of Thrones ou Harry Potter?

Outre les ouvrages mentionnés ci-dessus, la conférence est ouverte à toute proposition portant sur l’utilisation des œuvres ou des thèmes médiévaux dans tous les aspects de la culture populaire actuelle ou antérieure, les conduisant à une place ancrée dans la culture populaire moderne – non seulement dans la fiction et l’art, mais dans toute forme de divertissement ou de représentation. Enfin, la valeur de la littérature et de la culture médiévales, de la culture populaire, ainsi que leur interdépendance, sera étudiée.

Source : Fabula

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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