Journée d’étude – Décrire la ville. Textes, espaces, identités urbaines

Journée d’étude d’histoire textuelle

Jeudi 8 décembre 2016 CNRS-Villejuif, 7 rue Guy Moquêt, 94800 Villejuif Salles verte (E04) et prune (E05)

Organisateurs : Christopher Fletcher, Emmanuelle Vagnon, Aude Mairey, Benoît Grévin LaMOP, CNRS-Université de Paris I

lamop

Comment décrit-on la ville au Moyen Âge ? De nombreuses études se sont intéressées aux représentations iconographiques, mais il est moins fréquent de réfléchir sur les descriptions textuelles des villes et leurs significations.

Les travaux d’histoire urbaine s’interrogent toujours en préambule sur la définition même d’une ville au Moyen Âge. Que considérait-on alors comme une véritable ville et à partir de quels critères ? S’il est si difficile de donner une réponse claire et univoque, c’est précisément parce que les témoins médiévaux eux-mêmes ont différents points de vue sur cette question, selon leur origine et les relations qu’ils ont avec l’espace urbain.

Une première approche consiste à se demander si les descriptions renvoient à une réalité matérielle, qui peut par exemple servir de point de départ à des recherches archéologiques ou d’histoire de l’art et de l’architecture. Nombre de descriptions en effet définissent l’emplacement des principaux monuments, de la voirie, des marchés, des paroisses, des cimetières, et aussi, ne l’oublions pas, des espaces agricoles –vergers, jardins, champs-insérés dans la ville.

Or la ville ne se définit pas seulement par son espace, mais aussi par ses habitants. Les descriptions des villes sont structurées à la fois par des réalités physiques, par des lieux communs (applicables à toutes les villes), et par le point de vue de l’observateur. Les descriptions des villes sont l’expression des habitants eux-mêmes, du regard qu’ils portent sur leur environnement, mais cela peut être aussi un regard extérieur, celui d’un voyageur qui découvre la ville et en donne les caractéristiques qui frappent son regard, qui attirent sa curiosité, celui d’un marchand qui y vient régulièrement pour ses affaires, celui d’un officier ou d’un seigneur.

Être de la ville ou ne pas en être change le regard qu’on porte sur elle. En effet, la description d’une ville est une question d’identité : la description assigne à la ville une identité, une personnalité, par des monuments emblématiques (tour, pont, monastère, beffroi…), mais aussi par la définition d’un espace circonscrit – souvent par des remparts- où se définissent des statuts juridiques (bourgeois ou non), des droits, des redevances.

Enfin, les descriptions des villes relèvent d’un genre littéraire, qui mobilise des archétypes urbains. Il y a des éléments communs à toutes les villes médiévales, qui peuvent être réutilisés en fonction des contextes pour une ville réelle, mais aussi pour les villes imaginaires ou mythiques qui parsèment la littérature. De Jérusalem à Troie, de Rome à Babylone, ce sont les mêmes mécanismes descriptifs qui sont sollicités par les auteurs des textes.

Programme :

9h15 : Accueil

9h45 : Dominique Iogna-Prat – Introduction

10h-12h30 : Topos et topographie symbolique
Présidence : Dominique Iogna-Prat

Daniela Caso (Strasbourg) – Éloges de la ville gréco-romaine au XVe siècle
Aude Mairey (Paris, Lamop) – « De l’ancienne à la nouvelle Troie ». Un imaginaire politique dans la littérature anglaise de la fin du Moyen Âge.
Lisa Demets et Jan Dumolyn (Gand) – Bruges comme la Sainte Vierge : le genre et la construction de l’image d’une ville.

14h-16h30 : Matérialité et identité urbaine
Présidence : Christopher Fletcher

Pierre Monnet (EHESS) – « Ultimo loco describenda mihi venit Ulma civitas… » : une révolution visuelle dans les villes allemandes de la fin du Moyen Âge ?
Cléo Rager (Paris 1) – Lieux urbains et lieux communs : la valeur des descriptions de ville dans les mémoires urbains à travers l’exemple de Troyes (fin du XVe siècle).
Lucie Malbos (Paris 1) – Portus, vici, emporia, mercimonia, castra, urbes… : des perceptions contrastées des sites portuaires en Europe du Nord- Ouest (VIIe-Xe siècle).

Discussion finale

Source : LAMOP

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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