Appel à contribution – Caves et celliers au Moyen Âge et à l’époque moderne

Ce colloque, qui s’inscrit dans le cadre du programme de recherche SICAVOR (Système d’Information Contextuel sur les Caves d’Orléans), vise à exposer de nouvelles connaissances sur les caves et les celliers du Moyen Âge et de l’Epoque moderne. Ces espaces, souvent situés dans les niveaux inférieurs d’habitations ou de bâtiments, font figure de parents pauvres de l’histoire de l’architecture. Dans son acception ancienne, le terme de cave désigne un espace se caractérisant par sa situation, en sous-sol, alors que celui de cellier se définit par sa fonction, à savoir principalement un lieu de stockage et de conservation de denrées ou de matériels. Ainsi, les celliers ne correspondent-ils pas nécessairement à une cave, puisque certains ne sont que partiellement excavés ou de plain-pied. Inversement, certaines caves ne peuvent être assimilées à des celliers lorsqu’elles ne servent pas à entreposer des biens.

Ce colloque réunit des études récentes, principalement portées sur l’habitat, qui s’appuient sur l’examen des vestiges bâtis ou des observations architecturales et qui sont parfois croisées aux sources écrites et graphiques. À coté d’analyses monographiques à l’échelle d’une ville ou d’une région de France, seront développées des études de synthèse ou des réflexions méthodologiques. Un éclairage particulier sera accordé à la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne. Les carrières souterraines pourront être abordées lorsqu’elles sont en lien avec l’aménagement des caves, comme cela a pu être fréquent en milieu urbain. Des parallèles seront établis avec les caves et celliers situés en milieu rural, notamment ceux d’établissements seigneuriaux, de châteaux, mais aussi ceux d’abbayes ou d’autres établissements religieux. En ce qui concerne les bornes chronologiques, la question de l’apparition des caves et celliers durant le haut Moyen Âge sera présentée conjointement à l’étude du stockage aux IXe et Xe siècles. Enfin, les utilisations artisanales ou industrielles des caves à la fin de l’Epoque moderne et au début de l’Epoque contemporaine seront abordées.

Les principaux objectifs sont :

– De mieux définir ces espaces et d’essayer de préciser certaines typologies.

– De présenter et d’analyser les observations concernant les techniques de construction des caves, comme par exemple : les modes de creusement des cavités (en fosse, en sape), la construction des murs soumise aux contraintes de l’environnement, telles que la nature du substrat, la présence de niveaux de remblais ou de structures anthropiques préexistantes. Une attention particulière sera accordée à la diversité des modes de couvrement, maçonné (voûtes en berceau, d’arêtes, d’ogives, etc.) ou charpenté, dont les choix découlent de multiples facteurs.

– De souligner l’importance de l’étude des sous-sols comme connaissance des centres urbains. Moins sujettes aux destructions ou aux transformations que les élévations, les caves sont donc riches en information sur la topographie de la ville et sur l’occupation du sol. L’étude de ces vestiges renseigne sur la formation du tissu urbain de certains quartiers : il est alors possible de restituer le réseau de voirie et la trame parcellaire hérités ‒ parfois de l’Antiquité ‒ ou mis en place au Moyen Âge. Ces réseaux souterrains, qui restent parfois mal identifiés, peuvent permettre d’évaluer aujourd’hui un facteur de risques dans les aménagements urbains. Les remembrements urbains successifs, les reprises en sous-œuvre des édifices, la nature parfois hétérogène des matériaux utilisés, les effondrements liés ou non à des infiltrations, les bouleversements du sol liés à l’installation des réseaux secs et humides, les pollutions liées aux activités artisanales ou industrielles anciennes ou récentes sont autant de facteurs de risques dont l’enregistrement est nécessaire.

– D’établir un état de la question sur les usages anciens de ces espaces. La multiplicité des appellations relatives à ces cavités dans les sources textuelles anciennes ne permettent pas toujours de préciser les usages (« cellarium » ou « cellier », « caves », « salles basse », « volte » ou « voûte », « bove », « seulle », « crota », « rochas », « caveau », « cavereau », « subterraneum », etc.). Les principales fonctions assignées à ces niveaux sont habituellement, outre leur rôle technique de vide sanitaire, celles de stockage et de conservation de denrées (vin, fruits, légumes, produits laitiers, affinage de fromages, etc.), de matériel ou de matériaux divers. D’autres usages sont parfois donnés : lieu d’exposition et de vente dans un cadre commercial, débit de boisson ou taverne, habitats, ateliers d’artisans voir accueil d’activités industrielles pour la fin de la période concernée, etc. La question des accès avec les niveaux supérieurs ainsi que de la circulation sera essentielle pour mieux cerner les usages de ces lieux, tout comme celle de l’aération et de l’éclairage (soupiraux, luminaires) ou bien la présence d’aménagements ou d’équipements spécifiques (niches, placard, puits, latrines, trémies, cheminées, etc.). Lorsqu’il est présent, l’étude du décor (mouluré et sculpté, plus rarement peint ?) a souvent servi de jalon chronologique pour la datation, et a parfois été pris en compte comme indice pour la compréhension des fonctions de ces espaces ; il s’agira de développer cet aspect méthodologique.

Date limite de proposition et publication : 30 janvier 2017.

Les membres du comité d’organisation attendent des propositions avant le 30 janvier 2017 à l’une des adresses suivantes : lucie.gaugain@univ-tours.fr ou luciegaugain@wanadoo.fr.
Elles devront comporter un titre, un résumé (300 mots maximum, la langue choisie pour la communication (français, anglais, italien ou espagnol), les noms et qualités des intervenants.

Afin de publier les actes du colloque au plus vite, le rendu des articles est fixé au 1er septembre 2017.

Lieu : Le colloque se tiendra les 4, 5 et 6 octobre 2017 à Tours, site Clocheville, Amphi George Sand et salles 1et 2.

Comité d’organisation : Clément Alix (CESR / pôle archéologie ville d’Orléans), Alain Salamagne (CESR), Lucie Gaugain (CESR).

Comité scientifique : Frédéric Epaud (LAT), André Guillerme (CNAM), Gilles Dehayes (Service archéologique de l’Eure), François Blary (Professeur d’histoire de l’art et d’archéologie du Moyen Âge, Université libre de Bruxelles), Jean-Pierre Gély (LAMOP CNRS-UMR 8589, Paris I), Luc Bourgeois (professeur Université de Caen, CRAHAM), Elisabeth Lorans (professeur d’archéologie Université de Tours, LAT).

Contacts (inscriptions, informations, publications) : Lucie Gaugain (CESR), lucie.gaugain@univ-tours.fr ou luciegaugain@wanadoo.fr. ou 06-84-14-81-18.

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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