Publication en ligne – « Pise de la peste noire à la conquête florentine (1348-1406). Nouvelles orientations pour l’histoire d’une société en crise », dir. Sylvie Duval, Cédric Quertier et Alma Poloni

Mélanges de l’École Française de Rome – Moyen Âge, 129/1, 2017
« Pise de la peste noire à la conquête florentine (1348-1406). Nouvelles orientations pour l’histoire d’une société en crise »
Dossier sous la direction de Sylvie Duval, Cédric Quertier et Alma Poloni

Accès : https://mefrm.revues.org/3422

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Table des matières :

Sylvie Duval, Alma Poloni et Cédric Quertier
Pise dans la seconde moitié du XIVe siècle : sortir d’une vision décliniste

Sylvie Duval
La société pisane vue à travers les testaments. Adaptations, mutations et permanences face aux crises du XIVe siècle

Résumé : Les testaments, conservés par milliers dans les archives des époques médiévales et modernes, constituent une porte d’entrée incomparable vers l’étude des sociétés, mais doivent être abordés avec prudence : régis à la fois par le droit commun et le droit canon, ils se réfèrent en outre implicitement à un corpus de normes locales qui encadrent la succession d’une génération à l’autre. À Pise, dans les années 1340-1400, la pratique testamentaire est très répandue ; elle concerne presque autant de femmes que d’hommes, et l’ensemble des testateurs sont, à une courte majorité, des personnes sans enfants. Dans le contexte d’une crise qui est à la fois démographique, économique et politique, le testament apparaît en lui-même comme un élément de continuité et de solidité. On y perçoit notamment l’importance prise à l’intérieur de la société par les veuves et les orphelins, qui bénéficient de protections spécifiques, ainsi qu’un certain resserrement des Pisans sur les liens familiaux restreints (parents/enfants, époux) et, surtout, une individualisation de la crainte du péché et des stratagèmes portant vers le salut, notamment par la restitution des usures commises.

Cecilia Iannella
Culti civici ed epidemie a Pisa nei secoli XIV-XV. Guglielmo di Malavalle e Nicola da Tolentino

Résumé : Come in molte altre città europee, l’insorgere e il diffondersi della peste durante il XIV e XV secolo indussero Pisa a chiedere la protezione divina attraverso manifestazioni devozionali (traslazioni di reliquie, processioni, produzione di immagini dipinte) che coinvolsero l’intera città e si espressero nei confronti di più antichi e di nuovi destinatari celesti. I culti per san Guglielmo di Malavalle e san Nicola da Tolentino rappresentano, rispettivamente, il recupero di una devozione civica debole e la creazione di un culto assente in città. Attraverso le pagine che seguono, cercheremo di indicare le forme e i modi in cui ordini religiosi, clero locale, privati cittadini e magistrati pubblici furono coinvolti negli eventi e il diverso grado di partecipazione espresso dalla città, intesa quest’ultima come insieme di persone che manifesta i propri vincoli identitari attraverso specifiche forme cultuali.

Mauro Ronzani
Il Duomo e la città : i segni di una rinnovata attenzione dopo il primo soggiorno pisano di Carlo IV (1355-1362)

Résumé : Il Duomo di Pisa fu al centro della vita cittadina sin dalla ricostruzione iniziata nel 1064. Nel 1355 Carlo IV vi ambientò sistematicamente i propri atti di governo. Questa nuova esperienza impressionò E colpì i cittadini e indusse le autorità comunali degli anni immediatamente successivi a dedicare un’attenzione più forte alla tutela degli spazi interni ed esterni del Duomo e A cercare di « trasfigurare » l’edificio sacro nella sua Titolare celeste: la Madonna Assunta

Alma Poloni
Pisa negli ultimi decenni del Trecento : i mercanti-banchieri e i ritagliatori

Résumé : L’idea che Pisa sia andata incontro, dalla fine del Duecento, a un processo di inarrestabile declino economico e a una progressiva subordinazione agli interessi fiorentini è stata già confutata validamente dagli studi di Federigo Melis, Marco Tangheroni, Giuseppe Petralia. Su queste basi, l’articolo propone un’immagine decisamente « ottimista » dell’economia pisana tardotrecentesca, analizzando le attività di due categorie di operatori, integrati, in varie forme, nelle reti del commercio internazionale : i mercanti-banchieri e i ritagliatori, mercanti specializzati nella compravendita di pannilana. L’evoluzione dell’economia cittadina è messa in collegamento con le più ampie trasformazioni che interessarono i circuiti del commercio e della finanza internazionali nella seconda metà del Trecento. Questa fase sembra caratterizzata da una struttura dei mercati e delle reti mercantili assai più frammentata, fluida e acentrica rispetto a quella che aveva improntato la prima metà del secolo. Tale mutamento favorì l’integrazione, in vari punti del sistema, di gruppi mercantili di provenienza e retroterra diversi ; tra di essi i pisani giocarono un ruolo non secondario.

Cédric Quertier
Le jeu des six différences ? Comparer les nations florentine et catalane à Pise dans la seconde moitié du XIVe siècle

Résumé : Dans la seconde moitié du XIVe siècle, Pise est réputée pour son cosmopolitisme et son ouverture aux influences extérieures, qui sont pourtant difficiles à évaluer dans leur ensemble en raison de la conservation fragmentaire de ses archives. Les actes des conseils pisans accordent des exemptions aux nouveaux arrivants dans les années 1370-1380 et suggèrent une augmentation de l’immigration. Le recours aux archives de la couronne d’Aragon ou à celles de la Mercanzia de Florence permet de contourner les lacunes des archives pisanes et offre une image précise des nations catalane et florentine, aux destins liés en raison de leur complémentarité économique. Bien plus, Florentins et Catalans sont implantés dans le même quartier, leurs consuls sont issus des mêmes familles de l’élite du popolo marchand de Pise (Gambacorta, Dell’Agnello, Bonconti, etc.), et l’organisation des deux nations présente de grandes similarités, au point qu’elles sont situées dans le même palais Gambacorta. Les Florentins ont davantage de privilèges commerciaux mais la taille de la communauté est quasiment impossible à établir, alors que celle des Catalans devait comprendre une vingtaine de personnes extrêmement mobiles dans les années 1380.

Jérôme Hayez
S’observer, coopérer, se fréquenter ou rester avec les siens. Les interactions entre marchands florentins et pisans dans les correspondances Datini vers 1400

Résumé : Pise connaît un destin différent d’autres villes annexées à l’État florentin : après 1406 les familles de ses notables prennent massivement la voie de l’exil plutôt que de s’installer dans la dominante. Une étude des interactions entre marchands florentins et pisans au cours de la génération précédente peut contribuer à éclairer cette attitude, en tirant parti de correspondances privées de l’Archivio Datini qui jettent un jour sur les pratiques mais aussi sur la signification de contacts binationaux qui peuvent aller de la collaboration à la concurrence, de la fréquentation à l’évitement. Si l’on rencontre des exemples de compagnies associant Pisans et Florentins à Avignon, où la complémentarité des statuts, réseaux et autres atouts peut se révéler avantageuse, les Florentins, nombreux à l’embouchure de l’Arno, paraissent y avoir davantage vécu dans l’entre-soi, pour leurs principales collaborations comme dans leurs pratiques récréatives. Mais il conviendrait de prendre aussi en compte la diversité marquée de cette communauté, qui pouvait connaître à ses marges quelques cas d’assimilation locale.

Source : Mélanges de l’École française de Rome

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