Appel à contribution – Les Miracles de Notre Dame du Moyen Âge à nos jours. Histoire d’un genre. De l’apostolat marial à la littérature

Au XIIe siècle apparaissent d’abord en Angleterre anglo-normande puis sur le continent européen des collections de Miracles de la Vierge Marie, en latin puis en langue vernaculaire. Ces récits relativement brefs ont pour but de transmettre les vérités de la foi au public lettré et aux illitterati (ceux qui ne connaissent pas le latin) et d’encourager le culte marial. Les histoires présentées comme vraies ont des origines et des traditions très variées qu’il sera intéressant de retracer. Très vite, dans les versions romanes, il s’agit de dépasser l’exemplum édifiant et de faire œuvre littéraire en concurrence avec une littérature déjà florissante, notamment dans le contexte courtois.

De véritables écrivains s’illustrent dans ce genre : Adgar, Gautier de Coinci, Berceo, etc. A partir d’un corpus international (grec, latin, français, slave, hongrois, ancien anglais, ibéro-roman, islandais, etc.) on essaiera de définir le genre et d’en montrer la richesse et les enjeux littéraires. On n’exclura pas l’étude de l’iconographie, par exemple les enluminures des Miracles de Notre-Dame de Gautier de Coinci (manuscrits de Saint-Pétersbourg). Les études peuvent être génétiques : comment ces miracles s’inscrivent-ils dans une intertextualité complexe, qui met en jeu un travail de traduction et d’écriture ? L’objectif sera de faire progresser la recherche sur ces Miracles. Analyses stylistique, structurale, historique, religieuse sont bienvenues, que le corpus soit large ou limité à un texte. « Les miracles par personnages » (dramatiques) du XIVe siècle peuvent aussi être considérés.

Après le Moyen Âge le genre disparaît. Cependant les miracles et les apparitions de Marie continuent de jouer un rôle important dans la foi, la culture et même la politique. Les récits, les descriptions, les romans, les essais, cherchent à rendre compte du phénomène de diverses façons. Un discours polémique, théologique, historique, scientifique, littéraire s’empare du témoignage des voyants. Zola, Huysmans, Bloy écrivent sur Lourdes. Ce colloque a pour but, sans parti pris, d’observer et d’analyser ces discours dans leur variété, afin d’évaluer la place de la figure mariale dans la société où elle s’obstine à se manifester. Ce colloque se situe dans le prolongement du colloque de Dublin et Maynooth : Miracles of the Virgin Mary. Medieval narratives through time and space, Anthony John Lappin et Ewa Balicka-Witakowska, (dir.), 2017, qui a eu pour but de constituer et de comparer un vaste corpus international, ainsi que du colloque La Vierge Marie dans la littérature française : entre foi et littérature, Université de Bretagne-Sud, Jean-Louis Benoit (dir.) Jacques André éditeur, 2014.

Les communications peuvent se faire en anglais et en français.  On attend, de toute façon, le texte de l’article dans les deux langues pour la publication et dès le jour du colloque. De même les propositions de communication, d’une quinzaine de lignes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, se feront dans les deux langues.

Date du colloque : 21, 22, 23 mars 2019

Institut Catholique de Rennes (ICR) Campus de Kerlann, rue Blaise Pascal, 35170 Bruz, France

Date limite des propositions : 1er novembre 2018.

Comité scientifique : Françoise Laurent (université de Clermont-Auvergne), Jean-Louis Benoit (université de Bretagne-Sud), Ewa Balicka-Witakowska (université d’Uppsala), Anthony John Lappin (National University of Ireland, Maynooth), Karin Ueltschi (université de Reims), Elisabeth Cardon (ICR), Benoît Mérand (ICR).

Responsable : Jean-Louis Benoit.

Adresser les propositions à la fois à :

j.louis.benoit@orange.fr

Ewa.Balicka-Witakowska@lingfil.uu.se

Source : Fabula

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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