Appel à contribution – L’Italie du long Quattrocento Influences, interactions, transformations. Première rencontre : le politique / L’Italia del lungo Quattrocento Influenze, interazioni, trasformazioni. Primo incontro: il politico

Colloque international
Rome, 10-11 juin 2020

L’ambition de ce colloque est de revenir de manière critique sur l’idée d’une singularité de l’Italie du long Quattrocento (soit de 1400 environ au sac de Rome de 1527), souvent présentée comme un espace clos et peu sensible aux influences étrangères. Il ne s’agit pas de nier ni même de relativiser la vigueur de l’humanisme ou l’efflorescence des arts dans la Péninsule, mais d’insister sur le jeu d’influences qui l’affectaient – sans croire pour autant à l’existence de blocs qui auraient une existence autonome et sans souscrire à une conception passive et dépréciative de ce qui est influencé, car il n’est pas d’influences exercées mécaniquement, subies passivement ou actives de façon univoque. Il s’agit en somme d’explorer le jeu d’influences qui affectaient la Péninsule : un jeu complexe, qui sera au centre de notre attention. Des influences subies donc, mais aussi des interactions entre l’Italie et le reste de l’Europe et de la Méditerranée et des transformations complexes opérées en Italie.

D’abord parce que l’Italie paraît un espace extraverti, comme projeté hors de lui-même : son développement économique, en particulier, suppose d’innombrables projections internationales – et, de fait, on trouve des emporia, des colonies ou des comptoirs italiens de l’Angleterre jusqu’en Orient, et des marchands, des aristocrates ou des marins italiens sur toutes les routes du monde connu des Occidentaux. Ils exportent leur savoir-faire et leurs techniques, mais que rapportent-ils chez eux ? Des impressions de voyage, des modes vestimentaires ou alimentaires, une nouvelle vision du monde ? En outre, l’Italie attire les étrangers – main d’œuvre dalmate et albanaise, Grecs réfugiés, marchands et artisans du monde germanique, pèlerins venant à Rome et étrangers demeurant en nombre dans la capitale de la chrétienté occidentale, ambassadeurs et procurateurs présents un peu partout, Juifs toujours plus nombreux dans la Péninsule quand leur situation se dégrade ailleurs, et encore étudiants, prêcheurs, soldats, épouses des princes italiens, etc. Quelle(s) influence(s) ces diverses communautés exercent-elles sur le monde italien ?

Non seulement l’Italie du Quattrocento n’est pas un monde clos, mais elle paraît peut-être plus ouverte que d’autres pays européens aux influences extérieures. Plus de la moitié de la Péninsule se trouve sous la domination de dynasties ayant leur siège hors d’Italie : fondé par les Normands sur le dos des Byzantins, des Arabes et des Lombards, le royaume de Naples est tour à tour angevin, aragonais, français et espagnol, ce qui fait de lui l’un des États les plus multiculturels du siècle. Le nord-est demeure dans la sphère d’influence française (Savoie, Montferrat, Saluces, sans oublier l’extraordinaire enclave française d’Asti et les liens politiques entre Gênes et la France), voire (durant les premières guerres d’Italie) sous le contrôle direct de la monarchie française. À Ferrare, les Este se distinguent aussi par une francophilie très ancienne et très poussée. Il est de fait impossible d’indiquer des limites nettes, claires et intangibles entre l’espace italien et les autres espaces européens et méditerranéens. Et pourtant, l’Italie existait dans la conscience des contemporains, comme espace culturel et politique ouvert, perméable et extraverti tout à la fois – évoquons sans exhaustivité des régions comme le Trentin, la Dalmatie ou la Corse.

Pour toutes ces raisons, nombreux sont les domaines où les apports non-italiens sont décisifs et finissent même parfois par façonner des formes culturelles jugées a posteriori parfaitement italiennes (rien de moins que l’opéra). On peut penser à la présence massive, ancienne et durable de la culture chevaleresque et courtoise, d’origine française ; à la question passionnante, car très débattue, de l’architecture gothique, vomie par les humanistes italiens, mais en vogue chez leurs compatriotes ; aux innombrables influences flamandes en peinture et en musique ; ou à la présence, enfin, d’arts parfaitement « étrangers » quant à leur technique et leur origine (tapisseries, vitraux). Et il ne faudrait pas oublier le domaine plus technique et décisif des grandes découvertes du temps : imprimerie, artillerie, marine etc. Sans oublier non plus l’ombre encombrante dans tous les domaines, et souvent non déclarée, du puissant voisin ottoman.

Une première rencontre envisagera le volet politique de la réflexion : la pensée politique, bien sûr, mais aussi les pratiques, de la communication à la guerre en passant par la diplomatie. La complexité et la pluralité du système politique italien ont été l’objet d’une intense réflexion intellectuelle. Si certains régimes (le podestat, la seigneurie) sont typiquement italiens, cela ne veut pas dire qu’on n’ait pas examiné, admiré, essayé d’adopter des modes ou des techniques de gouvernement étrangers. La royauté, notamment française, est particulièrement mise en valeur. On admire aussi l’Espagne, notamment la Couronne catalano-aragonaise, on s’intéresse à l’Empire. Et d’autres modèles politiques encore interviennent dans le débat, tels les cantons helvétiques et leur forme de démocratie unique dans l’Europe du temps, et même l’empire ottoman.

Une deuxième rencontre, qui se tiendra à Naples en 2021, considérera les cultures – littéraires et artistiques au premier chef, mais aussi matérielles.

Des communications s’inscrivant dans la thématique de ce premier colloque sont attendues. Plutôt que les communications monographiques proposant l’exploration d’un cas isolé (par exemple un individu ou un texte), seront privilégiées les communications transversales, qui se proposeront d’étudier des vecteurs d’interactions (par exemple des communautés humaines, des réseaux), ou encore des objets ou des lieux, d’échelle variable, permettant d’observer et d’apprécier ces interactions. Les propositions doivent être adressées par courrier électronique aux organisateurs du colloque, MM. Pierre Savy et Laurent Vissière (savy_pierre@yahoo.fr et lvissiere@gmail.com). Elles doivent parvenir d’ici le 31 mai 2019 et compter au moins 3000 caractères.

Partenaires
Centre Roland Mousnier (UMR 8596)
École française de Rome
Fonds de la recherche scientifique
Institut historique belge de Rome – Academia Belgica

Organisateurs
Pierre Savy
Laurent Vissière

Comité scientifique
Élisabeth Crouzet-Pavan
Serena Ferente
Alain Marchandisse
Giovanni Ricci
Pierre Savy
Francesco Senatore
Laurent Vissière

L’Italia del lungo Quattrocento.Influenze, interazioni, trasformazioni
Primo incontro: il politico

Convegno internazionale
Roma, 10-11 giugno 2020

L’ambizione di questo convegno è di riflettere in modo critico sull’idea di una singolarità dell’Italia del lungo Quattrocento (dal 1400 circa al sacco di Roma del 1527), un’Italia spesso presentata come uno spazio chiuso e poco sensibile a influenze straniere. Non si tratta di negare e neanche di sminuire il vigore dell’umanesimo o la fioritura delle arti nella penisola, ma di sottolineare il gioco delle influenze che hanno inciso su di essa – senza per ciò credere che esistessero dei blocchi dotati di un’esistenza autonoma e senza sottoscrivere una concezione passiva e spregiativa di ciò che è influenzato, perché non esistono influenze esercitate meccanicamente, subite passivamente o attive in modo univoco. Si tratta insomma di esplorare il gioco delle influenze che si sono esercitate sulla penisola: un gioco complesso che sarà al centro della nostra attenzione. Influenze subite dunque; ma anche interazioni, tra l’Italia e il resto dell’Europa e del Mediterraneo; e trasformazioni complesse che avvenivano in Italia.

Primo, perché l’Italia sembra uno spazio estroverso, proiettato fuori di sé: il suo sviluppo economico, in particolare, comporta innumerevoli proiezioni internazionali – e, in effetti, emporia, colonie o banchi italiani dall’Inghilterra all’Oriente, e mercanti, aristocratici o marinai italiani su tutte le strade del mondo conosciute dall’Occidente. Esportano il loro know-how e le loro tecniche, ma cosa portano a casa? Viaggi impressioni, mode o abitudini alimentari, una nuova visione del mondo? Inoltre, l’Italia attira gli stranieri – manodopera dalmata e albanese, profughi greci, commercianti e artigiani del mondo germanico, pellegrini diretti a Roma e stranieri residenti in gran numero nella capitale della cristianità occidentale, ambasciatori e procuratori presenti un poco ovunque, sempre più ebrei nella penisola quando la loro situazione si deteriora altrove, e ancora studenti, predicatori, soldati, spose dei principi italiani, ecc. Che influenza esercitano queste diverse comunità sul mondo italiano?

Non solo l’Italia di Quattrocento non è un mondo chiuso, ma sembra forse più aperto di altri paesi europei con influenze esterne. Più della metà della penisola è sotto il dominio di dinastie aventi sede fuori d’Italia: fondato dai Normanni a spese di Bizantini, Arabi e Longobardi, il regno di Napoli è alternativamente angioino, aragonese, francese e spagnolo, rendendolo uno degli stati più multiculturali del secolo. Il Nordovest rimane nella sfera di influenza francese (Savoia, Monferrato, Saluzzo, per non parlare della straordinaria enclave francese di legami Asti e dei legami politici tra Genova e la Francia), o (nei primi guerre d’Italia) sotto il controllo diretto della monarchia francese. A Ferrara, gli Estensi si distinguono anche per una francofilia molto antica e molto sviluppata. È infatti impossibile indicare confini chiari e immateriali tra lo spazio italiano e altri spazi europei e mediterranei. Eppure l’Italia è nella coscienza dei contemporanei, in quanto spazio politico e culturale aperto, permeabile ed estroversa allo stesso tempo – basti evocare senza pretesa di completezza, regioni come il Trentino, la Dalmazia e la Corsica.

Per tutti questi motivi, ci sono molte aree in cui i contributi non italiani sono decisivi e talvolta finiscono per plasmare forme culturali giudicate a posteriori perfettamente italiane (persino l’opera). Possiamo pensare alla presenza massiccia, antica e duratura della cultura cavalleresca e cortese di origine francese; all’affascinante questione dell’architettura gotica, molto dibattuta, aborrita dagli umanisti italiani, ma in voga tra i loro compatrioti; innumerevoli influenze fiamminghe nella pittura e nella musica; o la presenza, infine, di arti perfettamente « estranee » alla loro tecnica e alla loro origine (arazzi, vetrate). E non dobbiamo dimenticare il campo più tecnico e decisivo delle grandi scoperte del tempo: stampa, artiglieria, marineria, ecc. Per non parlare dell’ombra ingombrante in tutti i settori, e spesso non dichiarata, del potente vicino ottomano.

Un primo incontro prenderà in considerazione l’aspetto politico della riflessione: il pensiero politico, naturalmente, ma anche le pratiche, dalla comunicazione alla guerra attraverso la diplomazia. La complessità e la pluralità del sistema politico italiano sono state oggetto di un’intensa riflessione intellettuale. Se certi regimi (podestarile, signorile) sono tipicamente italiani, ciò non significa che non si sia esaminato, ammirato, cercato di adottare modi o tecniche straniere di governo. La regalità francese gode di grande prestigio. Si ammira anche la Spagna, in particolare la corona catalano-aragonese, si è interessati all’impero. E altri modelli politici intervengono ancora nel dibattito, come i cantoni svizzeri e la loro forma di democrazia unica nell’Europa del tempo, e persino l’impero ottomano.

Un secondo incontro, che si terrà a Napoli nel 2021, prenderà in considerazione le culture – letterarie e artistiche in primo luogo, ma anche materiali.

Si attendono comunicazioni sul tema di questo primo simposio. Piuttosto che le comunicazioni monografiche che propongono l’esplorazione di un caso isolato (ad esempio, un individuo o un testo), saranno privilegiate le comunicazioni trasversali, che propongono di studiare i vettori di interazioni (ad esempio comunità umane, reti, ecc.), o oggetti o luoghi, di varia scala, per osservare e apprezzare queste interazioni. Le proposte devono essere inviate per e-mail agli organizzatori della conferenza, MM. Pierre Savy e Laurent Vissière (savy_pierre@yahoo.fr e lvissiere@gmail.com). Devono arrivare entro il 31 maggio 2019 e avere almeno 3000 caratteri.

Istituzioni organizzatrici
Centre Roland Mousnier (UMR 8596)
École française de Rome
Fonds de la recherche scientifique
Institut historique belge de Rome – Academia Belgica

Organizzatori
Pierre Savy
Laurent Vissière

Comitato scientifico
Élisabeth Crouzet-Pavan
Serena Ferente
Alain Marchandisse
Giovanni Ricci
Pierre Savy
Francesco Senatore
Laurent Vissière

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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